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| La présidentielle américaine 2008 |
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| INSIDE ELECTION |
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| Obama - McCain : L'un sera président |
Les Américains élisent cette nuit leur 44e président, en tête de tous les sondages depuis plus d'un mois, Barack Obama peut-il perdre ? Dernier regard sur les deux candidats et leurs programmes.
Barack Obama peut-il encore perdre ? Et John McCain gagner ? Poser la question, c'est se demander si les sondages américains tiennent la route. Depuis plus d'un mois, tous placent en tête de la course à la Maison-Blanche le candidat démocrate. Pourtant, un dernier doute demeure. Et si celui que les Français et les Européens plébiscitent échouait au dernier moment ? Comme John Kerry en 2004 ou Al Gore en 2000.
Trois points nourrissent ce doute :
1. L'effet Bradley. En 1982, le candidat donné gagnant au poste de gouverneur de Californie, le Noir Tom Bradley, a perdu : une partie des sondés n'osait pas avouer qu'elle ne voterait jamais pour un Noir. La société américaine a-t-elle changé ? Les sondeurs prennent-ils assez en compte cette donnée ?
2. Les nouveaux électeurs. Des millions d'Américains votent pour la première fois. Les sondeurs jugent qu'ils se recrutent essentiellement parmi les jeunes et les minorités ethniques, favorables à Obama. Et s'ils se trompaient ? Et si les Blancs et les personnes âgées étaient eux aussi plus nombreux à voter, passionnés, comme toute l'Amérique, par cette élection ?
3. Les grands écarts. Des sondages donnent Obama vainqueur par plus de dix points, d'autres par deux points. Comment expliquer cette différence ?
Les deux candidats, bien conscients de l'enjeu, ne laissent en tout cas aucune place au hasard : hier, McCain sillonnait encore sept États américains et Obama trois. Suffisant ?
Quelles sont leurs priorités ?
LA CRISE ÉCONOMIQUE
Obama : « La crise économique est le verdict final des politiques économiques ratées des huit dernières années entreprises par George W. Bush et soutenues par le sénateur McCain. » Obama prône « une politique nouvelle, qui fait appel à ce qu'il y a de meilleur en nous au lieu d'exploiter nos pires instincts », qui « dépasse les vieux débats idéologiques et les divisions entre gauche et droite ».
McCain : il compte lutter contre le déficit budgétaire par la réduction des dépenses publiques. « Pourquoi ne pas geler toutes les dépenses, excepté celles pour la Défense, les anciens combattants, les droits à la Sécurité sociale ? »
LES IMPÔTS
Obama : « Il faut soutenir l'économie à partir du bas. Je propose une baisse d'impôt pour 95 % des familles qui travaillent (...) Je veux supprimer les niches fiscales dont bénéficient les entreprises, arrêtons de favoriser celles qui délocalisent et encourageons celles qui investissent aux États-Unis. »
McCain : « Je veux réduire la dépense publique et maintenir un bas niveau d'imposition (...) Je veux réduire l'impôt sur les sociétés pour que les entreprises restent aux États-Unis et y créent des emplois . »
LES SUBPRIMES
Obama : « La crise des subprimes continue de menacer le rêve américain pour des millions de familles . »
McCain : « Il n'y a rien de plus important que le rêve américain d'être propriétaire de sa maison . »
L'IRAK ET L'AFGHANISTAN
Obama : « John, tu as dit qu'on savait où se trouvaient les armes de destruction massive en Irak. Et tu avais tort. Tu as dit qu'on serait reçus en libérateurs. Et tu avais tort . » Lui veut retirer les troupes américaines en seize mois, pour se concentrer sur l'Afghanistan, centre nerveux d'Al Qaida.
McCain : « Le sénateur Obama refuse de reconnaître que nous sommes en train de gagner en Irak. » Il met en garde contre les risques d'un retrait prématuré, sans plan précis pour le transfert du pouvoir.
L'IRAN
Obama : « Rappelez-vous de " l'axe du mal " (Corée du Nord, Iran, Irak). Pas question de négocier avec eux. Et qu'est-ce qui s'est passé ? Ils ont quadruplé leur capacité nucléaire . » Il est prêt à négocier avec le président iranien Ahmadinejad.
McCain : « Si l'Iran acquiert l'arme nucléaire, il s'agit d'une menace existentielle à l'encontre de l'État d'Israël (...) Nous ne pouvons permettre un deuxième Holocauste. » Il se dit prêt à employer la force.
LA RUSSIE
Tous deux sont pour un « recadrage » de la Russie après l'invasion de la Géorgie. Ils soutiennent l'intégration de la Géorgie et de l'Ukraine au sein de l'OTAN, ce qui ne fait pas l'unanimité en Europe.
L'IMMIGRATION
Obama : « Nous n'allons pas utiliser toutes nos ressources policières à renvoyer les gens chez eux. »
McCain : « Nous devons sécuriser nos frontières avant de parler d'une réforme de l'immigration . »
L'ÉNERGIE
Obama : « Il nous faut une indépendance énergétique. Je propose un plan qui nous permettrait, en dix ans, de ne plus dépendre du pétrole du Moyen-Orient, en augmentant la production aux États-Unis mais, plus important, en commençant à investir dans les énergies alternatives : solaire, éolien... »
McCain : « L'énergie nucléaire n'est pas seulement importante pour mettre fin à notre dépendance vis-à-vis du pétrole étranger, mais aussi du point de vue de notre responsabilité dans le changement climatique. »
SÉCURITÉ INTÉRIEURE
Quel que soit le président élu, la lutte contre l'islamisme armé, au coeur des guerres d'Irak et d'Afghanistan, restera un objectif majeur de la politique étrangère américaine.
Obama : « La principale menace pour les États-Unis viendrait d'un terroriste qui s'emparerait d'armes nucléaires . »
McCain : « Je pense que l'insécurité est bien moindre que juste après le 11-Septembre. »
L'ÉDUCATION
Obama : « Nous allons investir dans des domaines tels que l'éducation qui permettent aux simples citoyens de réaliser leur rêve . »
McCain : « Il nous faut secouer la bureaucratie dans les écoles pour les rendre plus compétitives . » Il est favorable au salaire au mérite des professeurs.
L'AVORTEMENT
Obama , en faveur du droit à l'IVG : « C'est un choix profondément ardu pour les femmes qui prennent cette décision . »
McCain : « Je suis pro-life (anti-avortement) parce que je crois en la dignité de la vie humaine . »
L'HOMOSEXUALITÉ
Obama : « Le mariage est une union entre un homme et une femme, mais je n'accepterai pas un amendement constitutionnel interdisant le mariage homosexuel . »
McCain : totalement opposé au mariage ou aux unions civiles des couples homosexuels.
L'ASSURANCE-SANTÉ
Obama : « Je propose un système d'assurance-maladie qui garantisse à chacun une couverture de base . » Il prône une couverture universelle qu'il veut rendre obligatoire pour les enfants.
McCain : « Je veux que chaque famille ait droit à 5 000 dollars de crédit d'impôt pour payer sa propre assurance-maladie . » Il souhaite ouvrir le marché de l'assurance-maladie.
LES ARMES
Obama est favorable à leur interdiction.
McCain y est défavorable.
LA PEINE DE MORT
Obama y est favorable pour les crimes les plus extrêmes (viols d'enfants, terrorisme, meutres de personnes âgées).
McCain est favorable à la peine de mort et à son élargissement aux violeurs d'enfants. |
Derniers jours de campagne pour Obama et McCain |
Samuel Laurent (lefigaro.fr) - 02/11/2008 - A quelques heures de la fin de la plus longue et de la plus intense campagne électorale depuis des décennies, Obama conserve un avantage certain sur son adversaire, qui continue de lutter pour inverser la tendance.
Dernières heures. Après une longue, très longue campagne électorale, Barack Obama et John McCain ont continué, à deux jours de l'élection, de sillonner les Etats-Unis dimanche pour tenter de glaner quelques ultimes voix ou de convaincre les derniers indécis.
Dimanche, alors que dans les quelques Etats qui autorisent leurs citoyens à voter en avance, la participation était en hausse spectaculaire, c'est l'Ohio et ses 20 grands électeurs qui ont eu les attentions de deux candidats. Avec la Floride (27 grands électeurs), il fait partie des « battleground states », ces Etats encore indécis qui feront pencher la balance mardi. |
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Si les jeux ne sont pas faits, Obama aborde ces derniers jours de campagne avec un net avantage, qui lui permet de passer la journée dans l'Ohio quand McCain doit partager son temps entre trois Etats. Le dernier sondage Gallup, publié dimanche, lui donne 8 points d'avance sur McCain (51% contre 43%). Selon la moyenne de tous les sondages publiée par le site spécialisé realclearpolitics, le candidat démocrate a 6,4 points d'avance au vote populaire. Quant à McCain, pas un seul des 250 derniers sondages publiés ne l'a placé en tête. Quant au vote des grands électeurs, il est clairement en faveur d'Obama. CNN lui en donne d'emblée 291, soit 21 de plus que les 270 requis pour remporter l'élection. Parmi ceux-ci, 210 semblent acquis, 81 penchent en sa faveur. McCain, quant à lui, ne peut compter que sur 157 votes électoraux, dont 121 semblent assurés. Entre les deux, 90 votes restent à prendre. Des chiffres proches de ceux du New-York Times. McCain soutenu par le vice-président Cheney
John McCain et son épouse devant leurs supporters à Scranton, Pennsylvanie.
Pourtant, McCain refuse de s'avouer vaincu. En meeting samedi, il a fait scander à ses partisans «Mac is back» (Mac est de retour) et continue à affirmer qu'il va l'emporter au finish, comme il l'a fait lors des primaires républicaines. McCain a reçu ce weekend le soutien du vice-président Dick Cheney. Un soutien bien encombrant, alors que McCain fait tout pour se distancier de l'administration Bush. Le camp démocrate ne s'est d'ailleurs pas privé de rappeler que McCain continuerait la politique de Bush. De leur côté, les républicains ont observé une relative discrétion sur les révélations de la presse à propos d'une tante kenyanne de Barack Obama qui vivrait illégalement aux Etats-Unis. Le candidat démocrate s'est dit serein face à cette nouvelle, demandant à la justice de faire son travail et se distanciant de cette tante, qu'il n'aurait pas vu depuis des années.
Cette affaire n'a pas empêché Obama de répéter son message d'unité et de changement. Dans une allocution à la radio, le candidat démocrate a expliqué : «si vous me donnez votre vote mardi, nous ne nous contenterons pas de gagner l'élection, nous changerons ce pays et nous changerons le monde». Sur la défensive, contraints à une campagne de plus en plus agressive envers Obama, les républicains ont également dû endurer les railleries de la presse lorsque la candidate à la vice-présidence, Sarah Palin, s'est fait piéger au téléphone par deux humoristes canadiens qui se sont fait passer pour… Nicolas Sarkozy. Une ultime humiliation pour le gouverneur de l'Alaska, dont les gaffes à répétition ont plombé le ticket républicain.
Les démocrates toujours inquiets
Si Obama part superfavori de l'élection, les démocrates n'osent pas encore se réjouir, craignant des sondages déformés ou une catastrophe de dernière minute qui les priverait de cette victoire. Parmi les hypothèses, celle d'une faillite du système de vote, qui pourrait être dépassé par la participation, attendue en forte hausse.
Autre question, celle des sénatoriales. Le camp démocrate, qui possède déjà une faible majorité (51-49), espère parvenir à la «supermajorité» au Sénat en récupérant 60 des 100 sièges, ce qui lui permettrait d'imposer leur rythme aux débats sans craindre que les Républicains ne les fassent traîner en longueur (ce qu'on nomme le « filibuster »). Pour se faire, il leur faut reprendre aux républicains les sièges des Etats du sud, ce qui semble possible si l'électorat noir se mobilise massivement.
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| Les démocrates rêvent d'être les rois du Sénat |
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Trente-cinq sièges, sur les 100 que compte le Sénat américain, sont remis en jeu le 4 novembre. A l'issue du scrutin, les républicains pourraient bien voir leur rôle d'opposants réduit à sa plus simple expression.
Les démocrates pourraient se retrouver avec tous les atouts en main au Sénat. C'est loin d'être encore fait, mais ils se sont fixé comme objectif le chiffre magique de 60 sénateurs, une majorité qui empêche tout recours à la procédure d'obstruction dite filibuster. Les résultats des sénatoriales dans quelques Etats, le 4 novembre, pourraient leur permettre d'étoffer la petite majorité qu'ils détiennent pour le moment et franchir ce seuil, ce qui constituerait une première en trente ans pour les démocrates. Pour leur part, les républicains n'ont pas détenu une majorité pareille depuis 1911. Si les démocrates conservent également leur majorité à la Chambre des représentants, ce qui est pratiquement assuré, et remportent la présidence, ils concentreront le pouvoir à un degré jamais vu depuis la présidence du démocrate Lyndon Johnson, en 1965. |
Le filibuster est une arme originale mais puissante. Elle permet à 41 sénateurs, sur les 100 que compte cette assemblée, de bloquer le processus d'adoption d'une loi. Si les démocrates remportent la Maison-Blanche, le filibuster serait le dernier pouvoir institutionnel qui resterait au Parti républicain. Voilà pourquoi ses membres se sont récemment mis à faire campagne sur les dangers d'un pouvoir politique sans contre-pouvoir. Les démocrates détiennent actuellement une majorité de 51 voix au Sénat. Plusieurs observateurs estiment que les démocrates peuvent gagner de six à neuf sièges. Mitch McConnell, du Kentucky, le chef du groupe républicain au Sénat, et Saxby Chambliss, de Géorgie, pourraient perdre leur siège si les électeurs se déplacent en masse le jour du scrutin pour chasser les candidats sortants dans les Etats républicains. C'est sans doute l'aspect le plus surprenant dans ces élections sénatoriales : les démocrates sont sur le point de rafler des sièges dans le Sud, bastion républicain depuis la présidence de Ronald Reagan. "Je ne pense pas que les républicains vont perdre dans le Kentucky ou en Géorgie, mais je ne parierai pas grand-chose là-dessus au train où vont les choses", confie Larry Sabato, qui dirige le Centre de science politique de l'université de Virginie. "Ça va être un raz-de-marée pour les démocrates. Ils vont faire très fort", ajoute-t-il. Mais même si les démocrates obtiennent cette majorité ou une majorité suffisante pour attirer certains républicains modérés afin de parvenir à 60 voix sur certaines questions, ils ne seront pas à l'abri des difficultés. Leur majorité actuelle repose sur deux sénateurs indépendants, Joe Lieberman, du Connecticut, et Bernie Sanders, du Vermont. Les démocrates peuvent compter sur Sanders mais Lieberman, qui a rompu avec le parti à propos de l'Irak et a été battu lors des primaires démocrates aux élections sénatoriales de 2006, fait campagne pour John McCain. Ce n'est pas le grand amour entre les démocrates et Lieberman. De plus, certains des nouveaux sénateurs démocrates potentiels prendraient la place de républicains modérés. Or ces démocrates penchent à droite et seront peut-être enclins à rompre les rangs. Parmi eux, on recense quelques conservateurs comme Ronnie Musgrove, dans le Mississippi, Mark Warner, en Virginie, qui fait une campagne de modéré, et Kay Hagan.
Carolyn Lochhead
San Francisco Chronicle |
| À 72 heures du 4 |
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Agence France-Presse
- 11/01/08 - Pour Obama, le temps est venu de concrétiser dans l'urne sa solide avance dans les sondages. «Ça va jouer dur», a prévenu Barack Obama devant ses militants à Columbia, au Missouri. Tout est à la guerre de terrain, à 72 heures de la présidentielle de mardi prochain, les discours politiques prennent inévitablement fin sur un appel aux millions de bénévoles à faire «sortir le vote». «N'allez pas penser une seconde que cette élection est terminée.» Obama sera-t-il le premier Noir à devenir président des États-Unis? «Qu'il perde, et l'aile progressiste du Parti démocrate ne s'en remettra pas avant longtemps», affirme David Mendell, journaliste au Chicago Tribune et auteur de Barack Obama: From Promise to Power, publié fin 2007. |
| Les sondages continuent de donner une avance substantielle au sénateur de l'Illinois à l'échelle nationale (51 % contre 40 % pour John McCain, selon la dernière enquête New York Times/CBS), mais ils indiquaient hier un resserrement des intentions de vote dans plusieurs «swing states», ce qui n'est pas un phénomène inhabituel en fin de campagne. Ainsi, les deux hommes sont à égalité dans les États clés du Missouri et de la Caroline du Nord, assez facilement remportés par George W. Bush en 2004.
Une situation plus délicate, à trois jours du scrutin, pour M. McCain que pour M. Obama dont les appuis sont nettement plus solides et diversifiés. Il faudrait en fait que le républicain l'emporte dans l'ensemble des sept États -- dont la cruciale Floride -- où la lutte est actuellement la plus serrée pour espérer remporter la présidence. Et il n'atteindrait même pas le total des 270 grands électeurs nécessaires pour décrocher la présidence: il lui faudrait aussi renverser la tendance dans des États pro-Obama. C'est pourquoi il a mis beaucoup de ses oeufs depuis une semaine dans le panier de la Pennsylvanie, qui compte 21 grands électeurs, en espérant que son discours anti-taxe et anti-«redistributionniste» lui permettra de marquer assez de points auprès des travailleurs blancs pour l'emporter. Ça n'est pas gagné: le sondage relevé hier par RealClearPolitics (RCP) donne cinq points d'avance à Obama dans cet État qui vote démocrate à la présidentielle depuis 1988. À la traîne dans les enquêtes d'opinion, écrivait cette semaine The Christian Science Monitor, McCain «attaque Obama avec tout ce qui lui tombe sous la main».
Plus M. McCain, affligé d'une colistière qui lui est aujourd'hui moins un atout qu'un boulet, semble mathématiquement sur le point de perdre, plus il affiche la conviction qu'il est en train de gagner. «Je suis confiant en notre victoire», a-t-il encore déclaré hier en entrevue à ABC depuis l'Ohio, un autre État clé où M. Obama dispose d'une avance de six points, selon RCP. M. McCain y faisait campagne, hier, avec le gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger.
Ses chances seraient sans doute meilleures si l'organisation d'Obama, qui a fait un usage brillant de l'Internet pour recruter des volontaires, ne réussissait à tenir tête à la machine électorale républicaine, pourtant réputée supérieurement efficace. Témoin, l'Ohio, un État qui a joué un rôle capital dans le choix de Bush à la présidence en 2004. Alors que le démocrate John Kerry n'avait de bureaux que dans 16 des 88 comtés de l'État, Obama en a un dans chacun d'eux
Le sénateur de l'Illinois revendique «plusieurs millions de bénévoles» dans 770 bureaux à l'échelle du pays. Ses équipes de campagne disent avoir quotidiennement 400 000 contacts directs ou téléphoniques avec les électeurs potentiels. Le camp républicain dit de son côté avoir réalisé 5,3 millions d'appels téléphoniques ces derniers jours, dont 1,3 million dans la seule journée de jeudi, et affirme disposer sur le terrain de 1,1 million de bénévoles.
Meilleures seraient ses chances, ensuite, si le démocrate n'était aussi dominant au plan financier. Entre le 21 et le 28 octobre seulement, il a dépensé trois fois plus d'argent que McCain en spots publicitaires (21,5 millions contre 7,5 millions), selon des données recueillies par l'Advertising Project de l'Université du Wisconsin.
À défaut, John McCain espère se rendre plus «présidentiable» en participant ce soir à l'émission humoristique Saturday Night Live, comme Sarah Palin l'a fait il y a deux semaines.
Hier matin, le directeur de campagne de Barack Obama, David Plouffe, a nargué l'adversaire: il a annoncé que les démocrates allaient porter la bataille au coeur du camp républicain en diffusant pour la première fois de la campagne des publicités télévisées en Arizona, le fief de M. McCain.
Des sondages aux urnes
Il y a loin, pour autant, des sondages aux urnes. Après le vol de l'élection en 2000 et la défaite de John Kerry en 2004, beaucoup de démocrates ne peuvent s'empêcher de craindre que les sondages soient trop beaux pour être vrais.
Pour que l'avance démocrate se concrétise, il faudra que les millions de jeunes nouvellement inscrits sur les listes électorales se rendent mardi au bureau de vote. Les moins de 30 ans se déplacent traditionnellement en très petit nombre. On sait que 20 millions d'Américains (16 % des inscrits) ont voté par anticipation et que les sondages de sortie des urnes montrent qu'ils penchent clairement pour Barack Obama. Mais on a également remarqué qu'en Floride les jeunes n'avaient pas été significativement plus nombreux à se rendre aux urnes.
Il faudra ensuite que les électeurs noirs aillent voter massivement si le démocrate veut pouvoir l'emporter dans un État du sud comme la Caroline du Nord; il faudra aussi que se mobilise l'électorat latino, dont les deux tiers disent appuyer Obama. La croissance de cette communauté rend de moins en moins possible pour un candidat de décrocher la présidence s'il n'a pas son appui dans les États du Nouveau-Mexique, du Nevada, du Colorado et de la Floride.
Il faudra enfin que l'«effet Bradley» joue au minimum, ce sale phénomène par lequel une partie de l'électorat n'avoue pas ses préjugés racistes aux sondeurs, mais l'exprime sur leur bulletin de vote, dans le plus grand secret de l'isoloir. Ce racisme s'est ouvertement manifesté il y a une semaine et demie lorsque deux jeunes néonazis ont été arrêtés à Jackson, au Tennessee, pour avoir voulu tuer 102 Noirs, avec pour but ultime d'«assassiner le candidat à la présidentielle Barack Obama». Jeudi encore, deux hommes ont été arrêtés pour avoir pendu à un arbre du campus de l'Université du Kentucky un mannequin à l'effigie d'Obama. Sinistre allusion aux lynchages de Noirs qui se produisaient dans le Sud à l'époque de la ségrégation. Le sondage New York Times/CBS donne pourtant à penser que la candidature de M. Obama aura modifié positivement certaines perceptions raciales: un nombre croissant d'Américains, par rapport à un sondage mené en juillet, digèrent l'idée de l'égalité des chances pour les Noirs.
Le grand hebdomadaire britannique The Economist, défenseur de la libre entreprise, a apporté jeudi un appui sans réserve à Barack Obama dans la course à la Maison-Blanche. Comment gouvernera-t-il s'il est élu? «C'est un homme honnête et pragmatique, un libéral traditionnel qui se définit comme un centriste, affirme le biographe Mendell. C'est aussi un homme extrêmement sûr de lui... Une jeune star qui se retrouverait commandant du navire.» Si, d'ailleurs, M. Barack a mis en garde ces derniers jours ses militants contre tout triomphalisme précoce, le site Politico faisait état hier d'informations selon lesquelles il réfléchirait sérieusement à la formation de son premier cabinet.
Entre-temps, les supporters des deux camps «jouent dur», en effet, dans le but de se nuire mutuellement, ainsi que le veulent les habitudes électorales aux États-Unis. Les accusations de fraude dans les inscriptions sur les listes électorales volent depuis des semaines. En Virginie, une fausse circulaire a été distribuée, indiquant que «tous les partisans des républicains et les indépendants soutenant les républicains voteront le 4 novembre comme le prévoit la loi», mais que les démocrates «voteront le 5 novembre». Une publicité du National Republican Trust PAC affirme qu'Obama, que ses détracteurs aiment bien faire passer pour un musulman, a financé l'obtention d'un permis de pilotage pour le pirate de l'air du 11-Septembre, Mohammed Atta.
À gauche, l'association BraveNewPAC.org a diffusé une publicité s'interrogeant sur la santé de McCain, âgé de 72 ans, et met en garde les femmes au sujet de l'interdiction de la contraception sous son administration. Sous prétexte d'une pénurie de sièges, le camp Obama a chassé de l'avion de campagne du candidat les journalistes du Washington Times, du New York Post et du Dallas Morning News, trois journaux qui ont donné leur appui à John McCain. |
Quel avenir pour les républicains si John McCain perd ? |
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31/10/2008 - Reuters - Si le républicain John McCain perd l'élection présidentielle américaine, le 4 novembre, comme certains sondages le laissent présager, son parti ne pourra faire l'économie d'une profonde réflexion sur sa stratégie. Certains analystes et une partie des militants estiment qu'une défaite mettrait en lumière le piège qui a consisté pour les républicains à compter quasi-exclusivement sur leur base d'électeurs chrétiens conservateurs, dont le soutien est toutefois devenu indispensable au Grand Old Party pour remporter une élection. Certains conservateurs font valoir, au contraire, qu'une victoire du démocrate Barack Obama, qu'ils considèrent comme très libéral sur les questions de société, les galvanisera en vue des élections de mi-mandat et de la prochaine présidentielle. "Une victoire d'Obama galvanisera les conservateurs pour 2010 et 2012 et ils se chercheront une figure de proue autour de laquelle ils pourront se rassembler", estime ainsi Richard Land, président de la Commission pour l'éthique et la liberté religieuse de la Convention des baptistes du Sud, bras politique de la plus grande organisation évangélique américaine. |
Proche du président sortant George W. Bush, Land a déclaré à Reuters que la personne qui pourrait jouer ce rôle de rassembleur sous une administration Obama serait très probablement Sarah Palin, la colistière de John McCain. La gouverneure de l'Alaska a séduit la frange conservatrice du Parti républicain avec ses prises de position tranchées sur l'avortement, le mariage gay ou le contrôle des armes, tout en provoquant un effet de repoussoir sur les électeurs modérés.
EFFET GALVANISATEUR
Selon William Donohue, président de la Ligue catholique, organisation hostile au droit à l'avortement, les chrétiens conservateurs se préparent à entrer dans une nouvelle phase de "la guerre culturelle".
"J'ai parlé au téléphone ces derniers jours avec certains de mes amis (...) et nous nous préparons à la plus grande guerre culturelle qui ait jamais existé", a-t-il expliqué.
"Aucun candidat à la Maison blanche dans l'histoire des Etats-Unis n'a été un partisan aussi enthousiaste du droit à l'avortement qu'Obama", a-t-il ajouté.
George Bush a capté les voix de près de 80% des électeurs blancs évangéliques lors de la dernière élection présidentielle en 2004. Les chrétiens conservateurs ont de fait joué un rôle-clé dans chacune des victoires des républicains depuis celle de Ronald Reagan en 1980, ce qui montre selon certains analystes que le parti de l'Eléphant ne peut pas gagner sans eux. Un adulte sur quatre est de confession évangélique aux Etats-Unis, ce qui leur confère un poids important aux Etats-Unis où politique et religion sont souvent mêlées. Mais la victoire de Bush en 2004 s'est jouée à un peu moins de 120.000 voix dans un seul Etat, l'Ohio, et il a fait de l'opposition au mariage gay l'un des thèmes centraux de la campagne pour mobiliser l'électorat religieux.
Cette année, Obama doit en partie son avance dans les sondages à la crise financière qui a relégué au second plan les thèmes servant de ralliement à la base républicaine conservatrice comme l'avortement ou les droits des homosexuels. Les républicains modérés soulignent qu'une défaite de McCain ferait apparaître les limites de la "stratégie Palin" et démontrerait que le parti ne peut pas gagner s'il se contente de satisfaire sa base sans tenter de convaincre les modérés.
"Se concentrer sur les conservateurs éloigne les modérés et les électeurs lambda et nous cantonnera à 160 sièges à la Chambre des représentants avec les voix du Sud et du Midwest", explique Patrick Sammon, président de Log Cabin Republicans, une association de républicains gays.
UNE STRATÉGIE QUI MONTRE SES LIMITES
"Nous avons besoin de personnes issues de tout le spectre politique qui se présentent aux élections au nom du Parti républicain. (Nous) devons construire un parti basé sur le futur et non sur le passé", a-t-il ajouté.
Une telle stratégie serait délicate à mener pour les républicains.
"Les Républicains ont besoin du soutien des évangéliques mais ils ne peuvent pas les attirer avec des arguments trop grossiers parce que lorsqu'ils le font, ils font fuir les modérés", explique David Domke, professeur de communication à l'université de Washington à Seattle et spécialiste des questions religieuses dans la politique américaine.
D'autres analystes soulignent également que les évangéliques ne forment pas un bloc monolithique et que leurs préoccupations évoluent avec le temps, pour inclure aujourd'hui la lutte contre le réchauffement climatique. Les sondages montrent que les questions de société comme l'avortement ou le mariage homosexuel ne figurent plus en tête de leurs préoccupations même si elles demeurent très importantes à leurs yeux.
"Leur discours va évoluer, ce sera essentiel pour une victoire des républicains dans les années à venir", souligne Michael Lindsay, professeur de sociologie politique à l'université de Houston.
Version française Gwénaelle Barzic |
| L'EFFET BRADLEY C'EST QUOI ? |
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A en croire les républicains et les partisans de John McCain c'est une source d'espoir. Pour les démocrates de Barack Obama c'est surtout un moyen de mobiliser les troupes jusqu'au jour de l'élection.
UN EFFET "RACISTE"
Machines à voter truquées comme en l'an 2000 ? Electeurs décédés mais revenants d'entres les morts pour soutenir un Jean Tibéry local ? Non, le Bradley effect, qui fait suer sondeurs et analystes politiques, a pour origine l'élection de 1982 au poste de gouverneur de Californie. A l'époque un certain Tom Bradley, maire noir de Los Angeles et candidat du Parti démocrate, affrontait le républicain blanc George Deukmejian. Comme pour Obama aujourd'hui les derniers sondages effectués avant l'élection plaçaient systématiquement Bradley en tête avec une avance confortable. Mais la pioche fut mauvaise puisqu'à la surprise générale c'est le candidat blanc qui l'emporta sur le fil. En effet, au dernier moment, et dans le secret de l'isoloir, une partie des électeurs californiens rechigna à voter pour un homme noir pour se décider contre toute attente en faveur du candidat blanc.
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Pour le Boston Globe l'effet Bradley "c'est avant tout un vieux réflexe raciste, une peur irraisonnée face à la perspective d'un homme noir au pouvoir". Triste présage s'il en est.
UN EFFET QUI FERAIT Pschittt ?
Alors quid de l'élection présidentielle de 2008 et du cas Obama ? Une des théories pour expliquer l'effet Bradley est que "certains électeurs donnent une réponse fausse lors des sondages, de peur qu'en déclarant leur réelle préférence, ils ne prêtent le flanc à la critique d'une motivation raciale de leur vote". Admettons, mais si on ne peut nier l'importance du facteur racial dans la campagne en cours, force est de constater que l'Amérique de 1982, celle de Ronald Reagan, n'est plus celle 2008. Ni même celle de papa Bush qui officiait lors du médiatique matraquage de Rodney King en 1991. Entre temps Colin Powell et Condoleezza Rice ont ouvert la voie de la Maison Blanche... avec le président Palmer de la série "24 heures chrono" qui a tant marqué l'inconscient collectif américain. Aujourd'hui les rassemblements immenses autour de Barack Obama dans des États aussi conservateurs que la Virginie et la Pennsylvanie laissent réellement penser que les USA ont enfin changé. Ou du moins qu'ils sont devenus aptes au changement. Change.our les républicains et les partisans de John McCain, l'effet Bradley ressemble surtout à une bouée de sauvetage avant la raclée, une dernière lueur d'espoir néoconservatrice avant le grand tournant Obama. A contrario, du coté des stratèges démocrates, qui ne sont pas nés de la dernière pluie, le Bradley effect pourrait même être un moyen de tenir en haleine - et de mobiliser - les troupes jusqu'au jour de l'élection. Question d'enfoncer le clou. Allez, yes they can ! |
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| Elections USA - Face à l'"effet Bradley", l'"effet Obama "? |
LCI - 10/29/08
Interview - Les sondages, favorables au candidat démocrate, sont-ils faussés par le racisme et le politiquement correct des électeurs blancs ? Réponse avec François Durpaire, historien.
Contrairement à la situation qui avait entraîné la défaite Tom Bradley en 1982 en Californie, il estime que beaucoup d'électeurs blancs n'osent cette fois pas dire qu'ils vont voter pour un candidat noir.
En 1982, Tom Bradley, l'ancien maire noir de Los Angeles, briguait le gouvernorat de Californie. Donné vainqueur dans tous les sondages, il s'était finalement incliné face à son adversaire blanc. Les électeurs blancs, de peur d'être taxés de racistes, avaient en fait affirmé vouloir voter pour lui lors des enquêtes. Mais dans l'isoloir, ils s'étaient reportés sur le candidat blanc.
LCI.fr : L'"effet Bradley" est-il un mythe ou une réalité ?
François Durpaire : Cet effet existe bel et bien puisqu'il s'est reproduit plusieurs fois après la défaite de Tom Bradley, notamment en 1989 avec Douglas Wilder (ndlr : candidat pour le poste de gouverneur de Virginie, il fut néanmoins élu, mais avec une marge très faible alors que les sondages prédisaient un raz-de-marée en sa faveur). Mais comme l'a montré Daniel Hopkins, un universitaire américain, il n'y a pas eu d'"effet Bradley" sur un candidat noir depuis 1996. L'" effet Bradley" dont on parle tant cette année pour relativiser l'avance de Barack Obama dans les sondages semble donc surtout provenir d'une volonté des médias américains de renforcer le suspense jusqu'à l'élection.
LCI.fr : Peut-on comparer la situation sociopolitique qui prévalait en 1982 en Californie à celle de 2008 pour l'ensemble du pays ?
F.D. : Non. Tout d'abord, il s'agit de deux générations totalement différentes. A l'époque de Tom Bradley, la société américaine était divisée en blocs électoraux (Noirs, Blancs, Hispaniques) beaucoup plus compartimentés qu'aujourd'hui. Le vote communautaire existait alors bel et bien, ce qui est moins le cas désormais. Les Noirs ne votent plus seulement pour des candidats noirs, les Latinos pour des candidats latinos.
Ensuite, la personnalité d'Obama est différente de celle de Bradley puisqu'il séduit les Blancs. Lors des primaires, sa candidature a été crédibilisée par les Blancs de l'Iowa (ndlr : le sénateur de l'Illinois avait remporté le scrutin dans cet Etat qui ne compte que 3% de Noirs). D'ailleurs, un récent sondage Gallup/Pew Center montre qu'Obama est le candidat démocrate préféré des Blancs depuis Jimmy Carter. Il obtient 42% d'opinions favorables, soit plus que Bill Clinton, Al Gore ou John Kerry à leur époque.
"Politiquement correct inversé"
LCI.fr : Peut-on alors dire qu'Obama pourrait ne pas subir cet "effet Bradley" ?
F.D. : Il pourrait même bénéficier, au contraire, d'un "effet Bradley inversé" que l'on pourrait appeler "effet Obama". Lors des primaires, on a en effet sous-estimé le vote blanc pour Obama. En Caroline du Sud, l'un des Etats les plus racistes du pays, seulement 10% des Blancs disaient vouloir voter pour Obama dans les sondages. Au final, il a obtenu 28%. Dans cet Etat marqué par la ségrégation, les sondés, dans une sorte de politiquement correct inversé, n'ont pas réussi à avouer qu'ils avaient envie de voter pour un Noir.
LCI.fr : Cet "effet Obama" peut-il se reproduire lors de l'élection générale ?
F.D. : C'est difficile à dire puisque, par définition, lors des primaires, seule une minorité d'électeurs votent. Mais lors d'une élection générale, certains ressorts peuvent être néanmoins identiques. Même si des Américains n'osent pas dire qu'ils vont voter pour lui, ils le feront quand même. Certains Blancs vont aussi voter pour lui pour prouver qu'ils ne sont pas racistes, que l'Amérique a changé, pour pouvoir dire aux Noirs : "avec un Noir à la Maison-Blanche, il n'y a plus de problème racial, donc arrêtez de nous parler de discrimination". Dans ce cas, la couleur de peau peut favoriser un candidat. Geraldine Ferraro (ndlr : candidate à la vice-présidence en 1984 et fervente supportrice d'Hillary Clinton) avait d'ailleurs brisé le tabou en soulignant lors des primaires que si Barack Obama en était arrivé là où il était, c'était grâce à sa couleur. |
| Elections USA - Un complot pour assassiner Obama déjoué ? |
LCI - 27/10/2008 - Depuis le début de la campagne, c'est une question que nombre d'Américains se posent : et si quelqu'un tentait d'assassiner Barack Obama ? A huit jours du scrutin, les autorités américaines ont annoncé lundi que deux hommes qui projettaient de tuer le candidat démocrate à la Maison-Blanche avaient été arrêtés mercredi dernier, à Alamo, dans le Tennessee. Selon l'agence de presse Associated Press, ces personnes, deux jeunes skinheads néonazis, projettaient de tuer 102 personnes noires dans cet Etat du sud des Etats-Unis, avec comme cible ultime Barack Obama . Toujours selon l'agence, qui cite des agents de la police fédérale, les deux skinheads avaient élaboré un plan pour dévaliser une armurerie, avant de se rendre dans un lycée, où ils voulaient abattre 88 |
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étudiants noirs et en décapiter 14 autres. Des chiffres symboliques pour la communauté blanche suprématiste. Le complot aurait été déjoué par des agents du Bureau alcool-tabac-armes à feu-explosifs. " Ils ne pensaient pas s'ils seraient capables de le faire, mais ils ont dit qu'ils voulaient essayer ", a raconté un agent fédéral cité par AP.
Des menaces plus ou moins sérieuses
Présenté au tribunal vendredi dernier, les deux néo-nazis, âgés de 18 et 20 ans, ont été inculpés de " menaces contre un candidat à la présidence ", " possession illégale d'une arme à feu " et " complot pour vol d'arme ". Plusieurs armes à feu, dont un fusil à canon scié, avaient été saisies dans leur voiture.
En août déjà, lors de la convention démocrate à Denver, dans le Colorado, trois personnes suspectées de vouloir assassiner Barack Obama , avaient été arrêtées en possession d'armes à feu. Les trois suspects avaient déclaré vouloir tuer le candidat démocrate lors de son investiture officielle, mais les autorités avaient jugé qu'ils ne présentaient pas une menace réelle pour la vie du sénateur de l'Illinois. Cette semaine, deux universités ont par ailleurs découvert sur leur campus une effigie en carton d'Obama pendue à un arbre et un cadavre d'ours brun entouré d'affiches électorales du candidat. Le mois dernier, une organisation nationaliste prônant la suprématie des Blancs, la Ligue des patriotes américains, avait de son côté distribué un fascicule affirmant qu'un " dirigeant noir " mènerait le pays à la destruction. Face à ces diverses menaces, le candidat fait l'objet d'une protection très rapprochée de la part des services secrets. |
Larry Flynt veut provoquer les républicains avec un film X sur Sarah Palin |
| LEMONDE.FR | 22.10.08 -
L arry Flynt ne s'est jamais privé de mettre son grain de sel dans la politique américaine. Le patron du groupe Hustler, qui touche aussi bien aux films pornographiques qu'aux magazines de charme et aux casinos, est connu pour être un proche du Parti démocrate, mais surtout un pourfendeur de la droite chrétienne conservatrice. Personne n'a donc été surpris d'apprendre après la nomination de Sarah Palin sur le "ticket" républicain que Flynt, qui se considère comme un apôtre de la liberté d'expression, souhaitait faire un film X en reprenant l'image de la gouverneure d'Alaska, peu subtilement titré Who's Nailin' Paylin ? .Après avoir passé une annonce sur le site de petites annonces Craiglist – "recherche une sosie de Sarah Palin pour un film X dans les dix prochains jours" –, les médias ont été alertés sur l'existence du projet, qui comporterait
des rencontres coquines avec des soldats russes, des sosies d'Hillary
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Clinton ou encore de Condoleezza Rice. Selon Hustler , le film, dont le script et une bande-annonce sont disponibles, devrait sortir avant le scrutin du 4 novembre. Au-delà des détails sur le long métrage, la démarche de Flynt s'inscrit dans une longue lignée de batailles contre les conservateurs.
"REVENDEUR D'OBSCÉNITÉS"
En mars 1978 en Géorgie, un militant raciste lui tire une balle dans le dos pour avoir publié des photos érotiques montrant un homme noir et une femme blanche. Paralysé à vie, Flynt ne cesse pas pour autant de provoquer l'Amérique conservatrice. Cinq ans plus tard, il s'attaque au révérend Jerry Falwell, figure incontournable de la Christian Coalition, en publiant une caricature laissant entendre qu'il avait perdu sa virginité avec sa propre mère dans des toilettes publiques. Après avoir perdu en première instance, puis deux fois en appel, Flynt finit par emporter le procès en diffamation intenté par Falwell en 1988. A l'unanimité, la Cour suprême des Etats-Unis décide que "le revendeur d'obscénités" , comme il se décrit lui-même, était protégé par le premier amendement de la Constitution américaine. Cette décision historique a fait jurisprudence et explique peut-être le silence de la campagne républicaine et de l'entourage de M me Palin. "Vous pouvez penser ce que vous voulez de Larry Flynt, mais il connaît le premier amendement comme sa poche" , reconnaît un juriste de la Fox chargé de préparer un éventuel recours devant la justice.
Pendant l'hystérie médiatique qui a entouré la tentative de destitution de Bill Clinton, Flynt est même allé jusqu'à embaucher des enquêteurs pour fouiller le passé des accusateurs du président. "C'est un peu grâce à moi que Clinton a pu rester à la Maison Blanche. En dévoilant la vie cachée de ses accusateurs, j'ai détourné l'attention du public, ça a relativisé toute l'affaire" , confiait-il récemment au Monde .
Luc Vinogradoff |
| Obama pèse plus de 600 millions de dollars |
| Les opérations de levée de fonds effectuées par le camp de Barack Obama ont apporté en septembre 150 millions de dollars (111 millions d'euros) d'argent frais dans les caisses du candidat, doublant le montant record de 62 millions de dollars déjà établi au cours du mois précédent.
Depuis le début de sa campagne, en 2007, Barack Obama a réussi à lever la somme jamais égalée de 600 millions de dollars, dont une bonne partie a servi durant les primaires démocrates. La machine mise en place à cette époque se révèle redoutable au moment où la campagne officielle pour la présidentielle bat son plein.
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Le candidat démocrate a refusé les fonds publics pour financer sa course à la Maison-Blanche, il n'est donc pas tenu de respecter les plafonds de dépenses électorales fixées par la démocratie américaine. John McCain, qui, lui, a accepté cet argent, fait aujourd'hui figure de Petit Poucet face au démocrate. Sa campagne est limitée à 84 millions de dollars, un montant qu'Obama devrait largement dépasser, rapporte The Wall Street Journal .
"Cet avantage se fait clairement sentir. Au cours de la semaine écoulée, Obama a dépensé 39 millions de dollars en spots télé, contre 11,9 millions pour McCain", note le quotidien financier. Les petits donateurs continuent à affluer pour soutenir Obama : 632 000 se seraient ajoutés à sa liste en septembre, en versant en moyenne 100 dollars. |
| USA : Sarah Palin accusée d'abus de pouvoir en Alaska |
WASHINGTON, 10 octobre (Xinhua) -- La colistière du candidat républicain à la Maison Blanche, Sarah Palin, a commis un abus de pouvoir en tant que gouverneur de l'Alaska, a conclu un enquêteur de l'Etat d'Alaska dans un rapport rendu public vendredi. "La gouverneure Palin avait en connaissance de cause laissé se poursuivre une situation où une pression inacceptable avait été exercée à l'encontre de plusieurs subordonnés dans un but personnel", a indiqué l'enquêteur Steve Branchflower dans son rapport. |
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Dans ses conclusions, M. Branchflower a estimé que Mme Palin avait commis un abus de pouvoir en faisant pression sur des agents de l'Etat pour licencier un agent de police, Michael Wooten, l'ex-beau frère de Mme Palin et qui était engagé dans un divorce houleux avec la soeur de la gouverneure.
Le 11 juillet, le chef de la sécurité publique de l'Alaska, Walt Monegan, a été licencié. Il a attribué ce licenciement par son refus de limoger Michael Wooten. Le rapport juge que la décision de Mme Palin du licenciement de Wooten ont violé les règles éthiques de l'Etat, qui interdisent de poursuivre une personne à des fins personnelles.
Mme Palin, de même que son mari Todd, ont démenti toutes ces accusations, dans l'affaire du "Troopergate" qui a perturbé leur famille.
L'enquête a été dirigée par le Conseil législatif de l'Alaska, qui a adopté le rapport de M. Branchflower de 263 pages après le licenciement de M. Monegan. |
Biden-Palin, la guerre des "Veeps" d'Obama et McCain |
| Joe l'expérience contre Sarah le changement : la bataille des Veeps (le Veep est le vice-président) est à fronts renversés. Et le candidat de l'audace n'est pas celui qu'on croyait, en tout cas sur ce coup-là. John McCain le Républicain, un des piliers du Sénat qui excipe de sa longue pratique du pouvoir mais aussi de ses 72 ans de vie mouvementée pour briguer la Maison-Blanche, vient de jeter les dés dans l'espoir de rafler la mise en sélectionnant Sarah Palin comme co-équipière dans la course à la présidence. Madame la gouverneure de |
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l'Alaska est une jeune femme de 44 ans,totalement dépourvue d'expérience de politique nationale (et encore plus internationale) qui ne gère son État que depuis deux ans. Elle doit incarner le dynamisme de la nouveauté, et d'une Amérique profonde (et profondément conservatrice) dont l'hostilité au gouvernement fédéral de Washington est un réflexe. Par contraste, Barack Obama le Démocrate, chantre du changement qui promet de révolutionner la politique à Washington, a choisi pour colistier le sénateur Joe Biden, vieux routier du Congrès qui a passé plus de trente ans dans les couloirs et les lobbies du Capitole. À 65 ans, Joe doit apporter au ticket démocrate un supplément d'expérience, et ses cheveux blancs compenser la jeunesse du candidat âgé de 47 ans qui ne siège que depuis quatre ans au Sénat.
Issus de l'Amérique profonde
McCain a pris en faisant le choix de Sarah un (gros) risque, qui peut lui rapporter gros tout autant que couler définitivement ses chances de l'emporter le 4 novembre. Obama a fait au contraire en Joe un choix rationnel, sérieux et sans risque autre que celui d'apparaitre conventionnel et sur la défensive. Dans les deux cas, il s'agit bien entendu d'une question d'image. Les deux " Veeps" viennent d'États, le Delaware pour Biden, l'Alaska pour Palin, qui ne pèsent pas lourd dans la bataille pour les " grands électeurs " qui éliront le président (ils en ont 3 chacun, sur 538). Aucun de ces deux États n'est un enjeu électoral, l'Alaska votant toujours républicain, le Delaware démocrate. Les deux candidats à la vice-présidence ont en fait la même mission. Ils doivent attirer dans leur camp respectif ce qui sera le bloc décisif pour le scrutin du 4 novembre : l'électorat populaire blanc, et en particulier les 18 millions d'électeurs et (surtout) d'électrices qui ont préféré Hillary Clinton à Barack Obama lors des primaires démocrates. McCain n'a pas fait mystère qu'en choisissant une femme pour exercer la seconde plus haute fonction de l'État, une première dans l'histoire du parti républicain, il veut séduire les déçues d'Hillary, ces femmes persuadées que la défaite de la sénatrice de New York et le refus d'Obama d'en faire la candidate démocrate à la vice présidence, ont été la manifestation du sexisme qui continue d'imprégner la vie politique et les médias américains. Sarah Palin s'est d'ailleurs immédiatement placée comme la continuatrice d'Hillary dans la lutte des femmes pour briser "le dernier plafond de verre" en devenant la première femme à entrer a la Maison-Blanche.
L'un et l'autre doivent symboliser, par leur histoire et leur comportement, l'Amérique profonde. Sarah Palin est une mère de famille (cinq enfants dont l'un est atteint de mongolisme), épouse d'un Américain d'origine Eskimo, salarié de l'industrie du pétrole et pêcheur professionnel, qui est aussi un ancien combattant blessé en Irak, où l'aîné de leurs fils sert. Cette fille de l'Ouest qui n'a pas froid aux yeux, adore le hockey sur glace, la chasse et la pêche, mange des hamburgers d'élan et a été reine de beauté de la petite ville dont elle a été maire, Wasilla, 6700 habitants. Elle s'est acquis les surnoms de " Sarah Barracuda " par sa détermination à gagner, mais aussi celui de " Sainte Sarah " pour avoir osé se rebeller contre la machine républicaine corrompue et les grands intérêts pétroliers qui dominent son État. Elle refuse toute protection policière, conduit elle-même sa voiture, et a revendu l'avion privé que son prédécesseur avait acheté aux frais du contribuable. Sa popularité exceptionnelle (83% d'opinions favorables) va bien au-delà de son propre parti. Cette Incorruptible, aux antipodes du monde politique de Washington, a le profil rêvé pour séduire les classes moyennes blanches. Joe Biden chasse sur les mêmes terres. Il met en avant ses origines irlandaises et catholiques dans les quartiers ouvriers de Scranton (Pennsylvanie) et Wilmington (Delaware), son histoire personnelle marquée par la tragédie familiale (la mort de sa première épouse et de sa fille dans un accident de la route) et son action au Sénat en faveur des femmes battues, de la hausse du salaire minimum ou des libertés syndicales. Il espère ainsi convaincre les " cols bleus " des grands États industriels de l'Est et du Midwest où Obama continue d'être vu avec méfiance que le tandem démocrate est bien celui qui aura le plus à coeur de défendre leurs intérêts et de tenir compte de leurs difficultés économiques grandissantes.
Une élection historique
Les deux " Veeps " ont cependant les défauts de leurs qualités. Dès la nomination de Sarah Palin annoncée vendredi, les Démocrates ont tiré à boulets rouges sur son manque total d'expérience. Même dans les milieux républicains, et y compris dans l'entourage de McCain, beaucoup se disent atterrés par un choix qui placera, si le candidat républicain est élu, une novice complète à un battement de coeur du Bureau Ovale, d'autant que l'âge du vieux soldat, 72 ans, augmente beaucoup le risque d'un accident de santé. L'idée de voir propulsée la " reine de Wasilla " au poste dont Hillary Clinton avait rêvé a de quoi faire frémir plus d'un électeur. La très longue carrière de Joe Biden à Washington, de l'autre côté, rend beaucoup moins convaincantes les attaques d'Obama contre la " créature de Washington " qu'il accuse McCain d'être devenu. En faisant appel à Biden, Obama a pris en outre le risque de se voir accusé d'être dominé par son second, comme George W.Bush l'a été par Dick Cheney. Avec Palin pour colistière, McCain s'expose aux déboires qu'avait connu George H.W.Bush quand il avait fait son vice-président d'un jeune sénateur de l'Indiana, Dan Quayle, sans autre qualifications que son conservatisme. Les gaffes à répétition de ce dernier ont peut-être coûté à Bush senior sa réélection en 1992. On peut craindre que le vieux renard Biden ne fasse qu'une bouchée de Palin dans le débat télévisé qui doit les opposer.
En créant la surprise par un choix que nul n'avait prévu qui court-circuite tout l'establishment républicain, McCain fait d'une pierre deux coups. Il s'assure le soutien enthousiaste de la droite chrétienne, car "Sainte Sarah " est une adversaire farouche du droit à l'avortement et une protectrice résolue du droit de posséder des armes. Et il a relancé sa réputation de " maverick ", c'est a dire de dirigeant inclassable, incontrôlable, imprévisible, qui refuse les étiquettes comme Monsieur Maverick, Texan du 19ème siècle refusait de marquer son bétail. Il a montré une nouvelle fois qu'il est prêt à aller contre son propre parti au nom de sa volonté de réforme et de sa conception de l'intérêt général, et qu'il n'en fait qu'à sa tête, et a chipé à Obama, pour un temps, le halo du changement et de la nouveauté. II a probablement marqué plus de points qu'Obama n'en a gagné en sélectionnant Joe Biden pour réunifier un parti démocrate divisé par la bataille des primaires et lester sa candidature d'une garantie de sérieux et de compétence.
Le scrutin de novembre sera serré, reconnait-on dans les deux camps et il sera décidé par les 20 à 30% d'indépendants, ces électeurs qui refusent de s'identifier à l'un ou l'autre parti. Seront-ils séduits par le coup de culot de McCain, ou au contraire perturbés et poussés vers un Obama soudain devenu beaucoup plus rassurant? Paradoxalement, alors que la bataille des vice-présidents n'a en général pas beaucoup d'impact sur le résultat de la présidentielle, 2008 pourrait être différent, parce que le résultat en sera d'une manière ou d'une autre historique, en ouvrant les portes de la Maison Blanche au premier Africain-Américain ou la première femme.
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Présidentielle américaine: la campagne suspendue à l'arrivée de l'ouragan Gustav |
| Publié le 31/08/2008 à 11:15 AFP - Les campagnes des candidats à la Maison Blanche, le démocrate Barack Obama et le républicain John McCain, étaient suspendues samedi à l'arrivée du dangereux ouragan Gustav qui menace de frapper les côtes du sud des Etats-Unis dans les prochains jours. Cet ouragan, désormais de catégorie 4 sur une échelle de 5, pourrait créer une catastrophe majeure comme Katrina en 2005. McCain a indiqué samedi que son parti pourrait être amené à suspendre la convention républicaine si l'ouragan Gustav provoquait un désastre. Gustav pourrait toucher le sol américain lundi soir ou mardi, au moment où débutera à St Paul (Minnesota, nord), la convention républicaine. Son équipe de campagne a également indiqué qu'il se rendrait dimanche avec sa colistière Sarah Palin dans le Mississipi pour constater les mesures prises en prévision de l'arrivée de Gustav. Le maire de La Nouvelle-Orléans, |
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le démocrate Ray Nagin, très critiqué pour la gestion de Katrina, a annoncé samedi avoir ordonné l'évacuation de la ville à compter de dimanche matin. "Nous voulons une évacuation à 100%", a-t-il dit, qualifiant Gustav de "tempête du siècle".
En marge de sa campagne, M. Obama a exhorté samedi soir les habitants de la région à "prendre les évacuations au sérieux", qualifiant la situation de "très grave". "Sortez de la ville", a renchéri son colistier Joe Biden. M. Obama n'a pas dit s'il comptait se rendre sur place, indiquant qu'il ferait son possible pour être utile.
Le président George W. Bush devait s'exprimer à la convention républicaine lundi soir. Mais, avec l'arrivée imminente de Gustav, sa présence n'est pas certaine. M. McCain avait jugé "honteux" la réaction de l'administration Bush au passage de Katrina en 2005. Le choix audacieux de John McCain de choisir comme candidate à la vice-présidence la novice Sarah Palin, gouverneure de l'Alaska depuis deux ans et auparavant maire d'une ville de 9.000 habitants, continuait par ailleurs samedi d'agiter les commentateurs. Le choix d'un colistier est considéré comme la décision la plus importante d'un candidat à la présidence. Des éditorialistes suggéraient que ce choix soulignait la propension du sénateur de l'Arizona (sud-ouest) à prendre des décisions impulsives, voire téméraires.
Le sénateur républicain n'avait rencontré Sarah Palin qu'une seule fois --en février-- avant de la convoquer cette semaine à sa résidence de Sedona, en Arizona, où il lui a offert de rejoindre le ticket républicain. La désignation de Mme Palin, farouche adversaire du droit à l'avortement, a été saluée par la droite chrétienne. En choisissant une femme, M. McCain espère aussi attirer à lui des électrices qui soutenaient Hillary Clinton.
Dans un spot télévisé, le camp Obama a minimisé le choix d'une femme comme colistier de M. McCain. L'essentiel reste que M. McCain est d'accord "à 90% avec George W. Bush" et est prêt à continuer à dépenser 10 milliards de dollars par mois en Irak. "Qui que soit son colistier, l'Amérique sait quel est le programme de M. McCain", relève le spot démocrate.
Selon un sondage Gallup publié samedi, M. Obama bénéficie d'une avance de huit points sur M. McCain (49% contre 41%).
Mais les républicains espèrent rattraper leur retard, voire devancer les démocrates à l'issue de leur convention de St Paul. De son côté, Barack Obama est en campagne avec Joe Biden dans des Etats pouvant faire basculer l'élection. Samedi soir, son meeting à Dublin, dans la banlieue de Columbus (Ohio) a attiré 18 à 19.000 personnes. Comme la veille en Pennsylvanie, il a décliné les thèmes économiques et sociaux de sa campagne: couverture santé, création d'emplois non délocalisables, éducation et "une réduction d'impôts pour 95% d'entre vous". En 2000 et 2004, M. Bush s'était imposé dans l'Ohio et cet Etat reste un enjeu majeur en 2008.
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| Les dollars pleuvent sur la campagne électorale américaine |
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Par Deborah Charles Reuters - Mercredi 26 mars - WASHINGTON (Reuters) - A huit mois de l'élection présidentielle américaine, les candidats ont déjà recueilli au total près d'un milliard de dollars pour financer leur campagne, soit plus que le budget de plusieurs pays africains.
La course à la Maison blanche, qui a commencé particulièrement tôt - il y a an - a provoqué une avalanche de dollars, notamment chez les démocrates, qui battent tous les records. Les républicains sont à la traîne mais ont déjà engrangé des dizaines de millions de billets verts et ils ont encore le temps de refaire leur retard d'ici l'élection présidentielle, le 4 novembre. Entre janvier 2007 et février 2008, les candidats ont collecté la somme record de 814 millions de dollars. Les analystes s'attendent à ce que d'ici la fin du mois, le total des fonds collectés et dépensés par les candidats atteigne un milliard. "L'Amérique a indéniablement franchi un cap en terme de dépenses dans cette élection", estime Steve Weissman du Campaign Finance Institute, un organisme de recherche associé à l'université George Washington. |
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Selon Weissman, les trois principaux candidats - les démocrates Barack Obama et Hillary Clinton et le républicain John McCain - collectent chaque mois au minimum la somme totale de 100 millions de dollars. D'après les comptes de campagne, ils dépensent 93% des fonds qu'ils ont engrangés. A titre de comparaison, plusieurs pays africains et certaines îles ont un Produit intérieur brut (PIB) inférieur à un milliard de dollars, selon les statistiques du Fonds monétaire international. Il s'agit de Sao Tome et Principe, de la Guinée-Bissau, de la Gambie, des Comores, des Seychelles, du Liberia et de Djibouti.
AVEC 150 MILLIONS DE DOLLARS...
Sans critiquer le processus électoral américain, certaines organisations humanitaires s'interrogent sur l'importance de cette somme et les autres usages qui pourraient en être faits. Une responsable de Care souligne ainsi qu'une petite partie seulement du milliard de dollars pourrait permettre d'aider des dizaines de millions de personnes. "Cent cinquante millions de dollars supplémentaires pourraient permettre d'offrir une éducation de qualité à dix millions de filles. Cent cinquante millions de dollars supplémentaires pourraient permettre à 30 millions de femmes de dix pays de vivre leur grossesse et l'accouchement en toute sécurité", souligne Deborah Neuman, vice-présidente pour le développement des ressources à Care. De l'avis des experts, les Américains dépensent beaucoup plus d'argent pour leur campagne électorale que le reste des autres pays bien que cela ne représente qu'une petite partie de ce qui est dépensé au quotidien dans la publicité, par exemple, ou au restaurant. Une grande partie des fonds collectés est utilisée pour acheter des espaces publicitaires à la radio ou à la télévision alors que dans d'autres pays, chacun des candidats a droit à un temps d'antenne dans les médias, souligne Weissman. Les candidats américains ont également besoin de plus d'argent car la campagne est généralement plus longue aux Etats-Unis que dans les autres pays. Dans le système américain, chaque Etat organise une primaire ou un caucus pour départager les candidats dans chaque camp avant l'élection de novembre.
POURQUOI AUTANT D'ARGENT ?
Généralement, le suspense ne dure pas longtemps et on connaît le nom des candidats républicain et démocrate à l'issue des premières consultations. Mais cette fois-ci la compétition a été beaucoup plus longue et n'est toujours pas terminée chez les démocrates.
"Nous avons commencé il y a deux ans. Même d'un point de vue américain c'est une élection longue", souligne Gary Klaman, de l'organisation US PIRG (Public Interest Research Groups). Selon des organisations indépendantes qui surveillent le déroulement de la campagne comme US PIRG ou le Centre pour une politique responsable (Center for Responsive Politics), un plus grand nombre de personnes ont pu participer à la campagne en donnant de petites sommes d'argent par le biais d'internet, mais l'essentiel des sommes collectées provient toujours de grands donateurs.
"Oui, ça fait beaucoup d'argent. Mais ce qui est important, c'est moins le montant de la somme totale que d'où vient l'argent et qui l'a donné", explique Klaman. Selon Massie Ritsch du Centre pour une politique responsable, même avec les contributions sur internet, seulement 4% des Américains font une donation à un homme ou une femme politique au niveau fédéral. "Le gros de l'argent vient d'un petit groupe d'Américains le plus souvent aisés dont l'impact est disproportionné par rapport à leur nombre sur quelque chose qui devrait être important pour tout le monde", souligne-t-elle.
"C'est ce qui devrait inquiéter les Américains. Lorsque ces gens-là sont élus, est-ce qu'ils pensent d'abord à l'intérêt général ou aux dettes dont ils sont redevables ?", renchérit Klaman. Version française Gwénaelle Barzic. |
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