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ELLECTIONS PRESIDENTIELLES 2008
 

USA: John McCain rejette le soutien embarrassant du pasteur John Hagee

WASHINGTON - Le candidat républicain à la Maison Blanche John McCain a officiellement rejeté jeudi le soutien que lui avait apporté le télévangéliste américain John Hagee qui a affirmé que la décision des nazis de chasser les juifs d'Europe était la volonté de Dieu. "Evidemment, je trouve ces remarques et d'autres profondément offensantes et indéfendables et je les désavoue", a dit M. McCain dans un communiqué. Cette affaire survient un mois après celle de l'ancien pasteur de Barack Obama, Jeremiah Wright, accusé d'avoir tenu des propos anti-américains. Plusieurs sites internet ont diffusé mercredi un sermon du pasteur Hagee datant des années 1990 où il affirmait que Adolf "Hitler était un chasseur" envoyé par Dieu pour forcer les juifs d'Europe à rétablir un Etat hébreu sur la terre d'Israël. M. McCain a expliqué qu'il ne connaissait pas ce sermon avant que le révérend Hagee lui apporte son soutien. "Je rejette ce soutien", a dit M. McCain. Contrairement à ce qui s'était passé au moment de l'affaire Wright, les grandes chaînes de télévision se sont montrées très discrètes sur les propos du pasteur Hagee. Alors que les sermons du révérend Wright passaient en boucle sur la plupart des chaînes de télévision, les propos du pasteur Hagee ne sont diffusés sur sur des sites comme YouTube.
Dans son communiqué, M. McCain s'en prend à M. Obama. "Le révérend Hagee n'a pas été et n'est pas mon pasteur ou mon guide spirituel et je n'ai pas fréquenté son Eglise durant 20 ans", s'est-il justifié en faisant référence au pasteur Wright qui avait marié le couple Obama et baptisé leurs enfants. Le révérend Hagee s'était déjà récemment excusé auprès de la communauté catholique pour ses propos injurieux contre l'Eglise catholique qu'il avait qualifié de "grande p...". En 2006, le pasteur Hagee avait également estimé que le cyclone Katrina, qui avait causé la mort d'environ 1.500 personnes dans le sud de la Louisiane, était une punition divine car La Nouvelle-Orléans avait accueilli une marche homosexuelle.Et les problèmes de M. McCain avec certains de ses supporteurs religieux risquent de perdurer. Selon la chaîne ABC, le pasteur Rod Parsley, qui a apporté
son soutien au sénateur de l'Arizona en février, a décrit la religion musulmane comme "l'Antéchrist" et le prophète Mahomet comme "le porte-parole d'une conspiration diabolique". Selon ABC, lors d'un meeting au début de l'année dans l'Ohio, M. McCain avait présenté le pasteur Parsley comme "l'un des grands dirigeants d'Amérique, une boussole morale et un guide spirituel".
   
SCANDAL

 

Un scandale dans le placard de McCain ? La "relation" de John Mccain et Vicki Iseman à la une!
Y a-t-il un scandale dans le placard de John McCain, le candidat virtuel du Parti républicain? Le New York Times vient de publier sur son site cet article laissant entendre que le sénateur de l'Arizona a peut-être noué une liaison amoureuse avec une lobbyiste il y a huit ans. McCain et la femme en question, Vicki Iseman (photo), nient aujourd'hui avoir eu une relation romantique. Mais les conseillers de l'aspirant à la Maison-Blanche étaient convaincus à l'époque que les deux avaient une aventure. Craignant que leur patron ne mettent en péril son avenir politique, ils auraient tenté de bannir Iseman de son entourage. Rappelons que McCain dénonce depuis plusieurs années l'influence des lobbyistes à Washington. Le reportage du Times fournit d'autres exemples remettant en question l'intégrité du sénateur. P.S. : Selon le Drudge Report, McCain et son entourage ont tout fait pour que la même histoire ne soit publiée l'an dernier dans le NYT. Pourquoi le quotidien new-yorkais passe-t-il aujourd'hui à l'action? L'histoire méritait-elle d'être publiée? Voilà des questions qui ne manqueront pas d'être soulevées au cours des prochains jours. P.P.S. : Le camp McCain diffuse ce communiqué dénonçant le NYT.
 
McCain dément une liaison extraconjugale

John McCain se voit obligé de démentir une liaison extraconjugale. C'est le très sérieux New York Times qui accuse le favori des Républicains pour l'élection présidentielle, dans son édition de jeudi, d'avoir entretenu une relation avec une lobbyiste, Vicki Iseman, il y a 9 ans. Ils nient tous les deux. "Je suis très déçu par l'article du New York Times, ce n'est pas vrai", a dit M. McCain jeudi.

L'équipe de campagne du sénateur avait pris soin de limiter leurs contacts lors de la campagne de l'an 2000 pour ne pas nuire à l'image de défenseur de l'éthique que mettait en avant John McCain.

WASHINGTON (AFP) — John McCain, candidat à l'investiture républicaine pour la présidentielle américaine, a démenti jeudi avoir entretenu une liaison extraconjugale avec une lobbyiste, sa porte-parole ayant accusé le New York Times de mener une campagne calomnieuse.

Selon le journal, M. McCain, 71 ans, et Vicki Iseman, une lobbyiste aujourd'hui âgée de 40 ans, ont tous deux nié avoir eu une relation amoureuse, mais les conseillers du sénateur avaient tout fait pour limiter les contacts de la jeune femme avec lui, inquiets que leurs relations ne nuisent à son image de défenseur de l'éthique pendant sa campagne présidentielle en 2000, perdue face à George W. Bush.

"Je suis très déçu par l'article du New York Times, ce n'est pas vrai", a dit M. McCain jeudi lors d'une conférence de presse organisée pendant une étape de campagne à Toledo (Ohio, nord), au côté de sa femme Cindy, qu'il a épousée en 1980 après un divorce.

"C'est une honte que le New York Times se soit abaissé à se livrer à une campagne calomnieuse", avait déclaré dès mercredi soir sa directrice de communication Jill Hazelbaker, assurant que "les Américains en ont marre de cette politique de caniveau".

Interrogé directement jeudi sur la nature de ses relations avec Vicki Iseman, le sénateur de l'Arizona (sud-ouest) a précisé qu'ils étaient juste des "amis", et qu'il l'avait vue pour la dernière fois "il y a plusieurs mois".

"Nous allons continuer cette campagne", a-t-il poursuivi, "et j'ai confiance que nous allons remporter l'investiture" du parti républicain. Au bout de six semaines de primaires M McCain est largement en tête de la course devant son principal rival encore en lice, l'ex-gouverneur baptiste de l'Arkansas (sud) Mike Huckabee.

M. McCain a également précisé qu'il n'avait jamais rendu de services indus à des clients de Mme Iseman lors qu'il était président de la commission du Commerce du Sénat. "A aucun moment je n'ai fait quoi que ce soit qui trahirait la confiance du public", a-t-il affirmé.

L'article en Une du New York Times, dont les accusations reposent largement sur des sources anonymes, est le fruit de plusieurs mois d'enquête.

Vicki Iseman, la lobbyiste

Les clients de Mme Iseman étaient des sociétés de communication en relation avec la commission du Commerce du Sénat, souligne le New York Times. Ses clients auraient participé à hauteur de plusieurs dizaines de milliers de dollars au financement des campagnes électorales de M. McCain.

En 1999 et début 2000, Mme Iseman faisait de fréquentes apparitions au bureau du sénateur de l'Arizona et à des réunions de campagnes, et aurait même voyagé avec lui bord d'un avion privé d'un de ses clients entre Miami et Washington.

"Convaincus que cette relation avait pris un tour amoureux, certains hauts conseillers (de M. McCain) sont intervenus pour le protéger", écrit le New York Times, et deux d'entre eux auraient confronté le sénateur à plusieurs reprises.

Selon ces deux assistants parlementaires, M. McCain aurait reconnu s'être mal conduit.

Le Washington Post écrit pour sa part que Mme Iseman était connue pour se vanter dans Washington de ses bonnes relations avec l'influent sénateur.

 

QUI EST JOHN McCAIN?

John Sidney McCain III

John Sidney McCain III (né le 29 août 1936, sur la base militaire américaine de Coco Solo, au Panamá) est un vétéran de la guerre du Viêt Nam et un homme politique américain, membre du Parti républicain, sénateur de l'Arizona au sénat des États-Unis depuis 1987, réélu en 1992, 1998 et 2004.

Il fut candidat contre George W. Bush à l'investiture républicaine lors de l’élection présidentielle de 2000 et est de nouveau candidat à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2008.
John McCain est né dans la zone du canal de Panamá, alors sous contrôle des États-Unis d'Amérique.

Ses parents sont John S. "Jack" McCain, Jr. (1911-1981) et Roberta (Wright) McCain (née en 1912). Jack McCain est commandant de sous-marins durant la Seconde Guerre mondiale puis amiral en chef de l'US Navy dans la zone Pacifique pendant la guerre du Viêt Nam. Il est décoré de la Silver Star et de la Bronze Star.

Son grand-père paternel est aussi un amiral de l'US Navy. John S. "Slew" McCain, Sr, pionnier de l'aéronavale et amiral dans la flotte du Pacifique, dirigea avec héroisme plusieurs assauts lors de la bataille du golfe de Leyte lors de la guerre du Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale. Il est encore présent sur le pont du cuirassé USS Missouri (BB-63) le 2 septembre 1945 lors de la reddition japonaise dans la baie de Tōkyō avant de mourir 4 jours plus tard.

Sénateur, Arizona

Son grand-père paternel est aussi un amiral de l'US Navy. John S. "Slew" McCain, Sr, pionnier de l'aéronavale et amiral dans la flotte du Pacifique, dirigea avec héroisme plusieurs assauts lors de la bataille du golfe de Leyte lors de la guerre du Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale. Il est encore présent sur le pont du cuirassé USS Missouri (BB-63) le 2 septembre 1945 lors de la reddition japonaise dans la baie de Tōkyō avant de mourir 4 jours plus tard.

Durant les 10 premières années de sa vie, John McCain est transbahuté au gré des affectations de son père. Il passe ainsi une enfance entre New London, Connecticut et Pearl Harbor, Hawaii. Il a 5 ans lors de l'attaque de Pearl Harbour le 7 décembre 1941.

Après la Seconde Guerre mondiale, les McCain s'installent dans le nord de la Virginie. John McCain fréquente alors l'école Saint Stéphane de la ville d'Alexandria de 1946 à 1949 puis fréquente le lycée épiscopalien d'Alexandria.

De 1954 à 1958, il est élève à l' Académie navale d'Annapolis d'où il manque de se faire renvoyer pour ses actes d’indiscipline et des amours agitées notamment avec un mannequin brésilien [1] ou pour avoir amené une strip-teaseuse à un cocktail en grande tenue de l’amirauté. Véritable tête brûlée, il s'écrase ainsi à deux reprises à l'entraînement avec un appareil.


Carrière militaire

Pilote militaire, John McCain est d'abord cantonné à la tâche d'instructeur de vol et effectue des missions en mer Méditerranée et en Océan Atlantique. Le 29 juillet 1967, McCain échappe à un tir de roquette accidentel, à bord de l'USS Forrestal, qui heurte son avion A-4 Skyhawk en stationnement et propage un incendie à bord du navire qui tue 134 marins.Un peu plus tard, le 26 octobre 1967, au cours de sa 23è mission de bombardement au-dessus du Nord-Viêt Nam où son objectif est la centrale électrique d'Hanoi, son avion est abattu par un missile sol-air SAM-2. Lorsqu'il s'éjecte, la violence du choc lui brise les deux bras et une jambe. Tombé en parachute au milieu du lac Truc Bach, situé au cœur de la capitale nord-vietnamienne, il manque de se noyer lorsque des habitants le tirent de l’eau, lui arrachent son équipement et le rossent [2]. Récupéré par les soldats nord-vietnamiens, un garde transperce son épaule avec la baïonnette de son fusil tandis qu'un autre lui perce la cheville. Il en gardera des séquelles physiques toute la vie [3] comme une cicatrice sur la tempe, un bras gauche qui ne se lève plus, une jambe qui traîne un peu et une démarche assez raide.

Grièvement blessé, il est emméné dans une prison où il est jeté dans une cellule à même le sol. Durant 4 jours, il est interrogé et battu. Au 5ème jour, quand les nord-vietnamiens découvrent qu'il est le fils d'un amiral américain, il est transféré dans un hôpital où il reçoit des transfusions de sang et de plasma. Au bout du 10ème jour d'hospitalisation, un membre du bureau politique du Parti communiste vietnamien lui annonce qu'il va parler à la télévision française. Suite aux menaces qu'il encourrait pour la suite de son hospitalisation si il persistait à refuser, John McCain obtempère et reçoit la visite du journaliste français de l'ORTF François Chalais. Ce dernier diffusera dans cinq colonnes à la une les images de McCain déclinant son identité et en donnera une copie à l’épouse du pilote [5].

En mars 1968, il parvient pour la première fois à se tenir debout et à marcher mais il est alors placé pendant deux ans en isolement total. Suivront ensuite 5 années de mauvais traitements, de solitude et d’angoisse. Prisonnier de guerre, il est ligoté et humilié régulièrement par ses geoliers qui lui cassent à nouveau le bras ainsi que quelques côtes [6]. Roué de coups pendant des jours ou suspendu par ses bras fracturés, il en vient à signer des confessions de piraterie aérienne, avant de tenter de se pendre dans sa cellule[7].

En juin 1968, il refuse, par solidarité avec ses ca­marades, une offre de libération anticipée lorsque ses geôliers, réalisant que son père venait d'être nommé commandant en chef du United States Pacific Command, ont espéré en faire une opération de propagande [8]. En décembre 1969, John McCain est transféré à la prison de Hoala, le « Hanoi Hilton », construite par les Français en 1945. Cette fois, il n'est plus en isolement total et peut communiquer avec d’autres Américains, notamment un compagnon de cellule qu’on lui adjoint. A plusieurs reprises, il refuse de rencontrer des délégations étrangères de pacifistes venues à Hanoï ce qui lui vaut de nouveaux coups et blessures [9].

En janvier 1972, son père, amiral en chef de la zone Pacifique fait bombarder Hanoï par les B-52 en dépit des risques pour son fils, toujours prisonnier du Việt Cộng [10].

Libéré en mars 1973, après avoir survécu à ses blessures, aux humiliations, aux coups, aux tortures et à 2 années de confinement solitaire, John McCain est décoré à son retour par le président Richard Nixon.

En 1977, il devient officier de liaison de la Navy au sénat des États-Unis.

En 1981, le capitaine McCain quitte la Navy le jour où, coïncidence, son propre père est enterré au cimetière national d'Arlington. Il est alors titulaire d'une multitude de décorations honorifiques et prestigieuses comme la Silver Star, la Bronze Star, la légion du mérite ou encore la Purple Heart.

John McCain a depuis pardonné les personnes qui l'ont torturé et s'est consacré à sa carrière politique.

Carrière politique

Le sénateur John McCainEn 1982, quand le député républicain de l'Arizona, John Jacob Rhodes, renonce à solliciter un nouveau mandat à la chambre des représentants des États-Unis, John McCain fait acte de candidature pour lui succéder. Lors de la campagne, à son adversaire démocrate qui le traite de "parachuté", parce que McCain n'a aucune attache dans le district, le vétéran du Vietnam lui rétorque « Ecoute, vieux, j'aurais aimé avoir le luxe, comme toi, de grandir et de vivre toute ma vie dans un endroit merveilleux comme l'Arizona. Mais en fait, quand j'y pense, l'endroit où j'ai vécu le plus longtemps c'est à Hanoi »[11]. John McCain est élu. Durant ses 2 mandats, il se fait remarquer par des positions politiques iconoclastes vis à vis de son parti et du président Ronald Reagan, notamment quand il s'oppose au maintien des troupes américaines dans la force multinationale stationnée au Liban et approuve les sanctions économiques contre l'Afrique du Sud pour protester contre la politique de l'apartheid qui était en vigueur[12].

En 1986, il est élu au Sénat au siège laissé vacant par son prédécesseur, le républicain conservateur Barry Goldwater. En 1989, il est impliqué dans le scandale politicio financier connu sous le nom de Keating Five. Il est alors reproché à John McCain d'avoir accepté, avec 4 autres sénateurs américains, une importante contribution financière à sa campagne électorale de la part du président d'une association de caisse d’épargnes californienne, afin, semble t-il de ne pas ébruiter les malversations financières de ce dernier. La commission d’enquête du Sénat chargée de l’enquête conclua à une erreur de jugement du sénateur de l’Arizona dont l'intégrité avait alors été mis en doute .

En 1993, c'est avec un autre vétéran du Vietnam, le sénateur démocrate John Kerry, qu'il milite et obtient la réouverture des relations diplomatiques avec le Vietnam.

En 1997, Time magazine le cite parmi les 25 personnes les plus influentes des États-Unis.

En 1999, il raconte dans son autobiographie intitulé "Faith of my Fathers" sa détention au Vietnam.

L'année suivante, en 2000, John McCain se présente aux élections primaires du parti républicain en vue de l'élection présidentielle. Son principal concurrent est alors le gouverneur conservateur du Texas, George W. Bush.

Contre toute attente, McCain gagne les primaires du New Hampshire, du Michigan, de l'Arizona, de Rhode Island, du Connecticut et du Vermont et met en difficulté le gouverneur Bush, soutenu par la direction du parti républicain. Durant ses meetings, utilisant son image nationale d'honnêteté et de probité, il n'hésite pas à se comparer à Luke Skywalker en lutte contre les forces obscures de l'empire, représentés par le gouverneur Bush et les évangélistes Pat Robertson et Jerry Falwell, ces derniers étant qualifiés "d’agents de l’intolérance et de la corruption religieuse et politique". Cependant, à la veille de l'importante primaire de Caroline du Sud, McCain est victime d'une campagne de calomnie orchestrée par des proches du gouverneur Bush. Il est ainsi accusé d'avoir fait un enfant à une femme noire, d'avoir trahi au Vietnam, d'avoir transmis la syphilis à sa seconde épouse ou d’avoir perdu la raison en captivité [13]. Il est finalement battu par le gouverneur Bush lequel reçoit la nomination pour être candidat républicain à l'élection présidentielle de 2000. Il s'éloigne alors du devant de la scène pour soigner un début de cancer de la peau et se fait opérer d'un mélanome qui lui laissera une profonde cicatrice sur la joue gauche.

Au Sénat, McCain sera un des plus fermes partisans de la réforme du financement des campagnes électorales, qu'il fait aboutir en 2002 avec le sénateur démocrate Russ Feingold. Lors de la convention nationale républicaine en 2004, il apporte son plus ferme soutien au président George W. Bush, qu'il a pourtant beaucoup critiqué dans le passé, et prononce un discours de combat contre les démocrates bien que son ami John Kerry, candidat démocrate, ait tenté d'en faire son colistier. Il prononce d'ailleurs à cette occasion un virulent discours contre les « mensonges et manipulations malhonnêtes des pseudo-réalisateurs gauchistes », visant Michael Moore, sans jamais le nommer.

Doctrine politique

John McCain à l'occasion de son 69ème anniversaire et George W. BushPolitiquement, McCain n'appartient à aucune chapelle politique. Il est conservateur sur les questions militaires et sociales mais libéral sur les questions fiscales.

Il est pro-vie, c’est-à-dire hostile à l'avortement (IVG) qu'il qualifie de tragédie humaine et qu'il souhaite voir interdire sauf en cas de viol, d'inceste et d'atteinte grave à la santé de la mère [14]. Cependant, alors qu'il se déclare opposé au mariage homosexuel, il a refusé d'amender la Constitution américaine pour les interdire et s'est déclaré favorable au financement public de la recherche sur les cellules souches d'embryons, deux approches qui lui ont attiré les reproches des conservateurs sociaux au sein du parti républicain [15].

Il est un ferme partisan des lois anti-tabac, est favorable à la peine de mort et opposé au contrôle des armes à feu. Partisan d'une réforme libérale de l'immigration à l'instar sur ce sujet de George W. Bush [16] et de la majorité des sénateurs démocrates, il a déposé sans succès en 2006 une proposition de loi prévoyant de renforcer les contrôles aux frontières et de régulariser les clandestins.

Il est également très sensible aux questions sur le réchauffement climatique [17] et souhaite développer des énergies alternatives, en favorisant le nucléaire et le biocarburant.

Républicain indépendant et franc-tireur, John McCain s'est attiré tant l’affection du grand public, des indépendants et des modérés que la rage meurtrière des durs et des idéologues de sa propre famille politique[18]. Il s'est mis à dos une partie de son camp en déposant au Sénat un amen­dement contre la torture et en faisant adopter une limitation des dépenses électorales. En votant contre les réductions d'impôts du président George W. Bush pour ne pas creuser le déficit budgétaire, il s'est attiré l'animosité des conservateurs fiscaux bien qu'il ait accepté ensuite de les pérenniser [19]. Spécialiste des questions internationales et de défense, il fut un partisan de l’intervention américaine au Kosovo sous le mandat de Bill Clinton à qui McCain reprocha cependant de ne pas envoyer davantage de troupes. Lors de sa campagne électorale de 2000, il a proposé un projet de politique internationale intitulé "refoulement des Etats voyous" (Rogue State Rollback). Celui-ci prévoyait de fournir un soutien politique et matériel aux forces locales présentes à l’intérieur et à l’extérieur des états voyous, visant notamment l’Irak, la Corée du Nord et la Serbie, "afin de renverser les régimes qui menacent" les intérêts et valeurs américaines. Soutenu par les néoconservateurs, il précisait alors que, en cas d'agression des alliés américains, les États-Unis avaient le devoir de répliquer par la force [20].

Partisan de la guerre en Irak en 2003 et du renversement de Saddam Hussein, il a cependant toujours contesté la stratégie mise au point par le secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld, exigé la démission de ce dernier dès le début des difficultés de l'occupation de l'Irak pour l'impréparation matérielle des troupes. Il a très tôt prôné un renforcement des troupes militaires qu'il n'obtient qu'à partir de janvier 2007. Lors de sa campagne électorale pour la présidence des États-Unis en 2008, il est le seul candidat à brandir l'Irak comme un argument électoral, se refusant de s'engager sur un calendrier de retrait, «même si c'est dans cent ans !» [21], remarquant en même temps que personne ne demandait combien de temps encore les troupes américaines resteraient en Corée du Sud [22]. Ayant par ailleurs regretté l'absence de soldats américains pour empêcher le génocide au Rwanda, il soutient le principe d'une intervention militaire au Darfour [23]. Certains au sein de son propre camp politique le qualifient de "Républicain seulement de nom" (Republican In Name Only - RINO) pour avoir parfois fait défaut à son parti lors de votes cruciaux [24]. Ainsi, lors de la campagne des primaires présidentielles en 2008, Rush Limbaugh, un animateur de radio ultra-conservateur, est l'un de ses plus virulents détracteurs alors que l'égérie de la droite républicaine, Ann Coulter, promet le cas échéant de voter Hillary Clinton qu'elle estime plus conservatrice que McCain [25].

L'amendement McCain contre la torture
En octobre 2005, en dépit de l'hostilité de la Maison Blanche et sans le soutien de la Chambre des représentants, il fait adopter au Sénat par 90 voix contre 9 un amendement sur la « prohibition de traitements cruels, inhumains, ou dégradants » envers des prisonniers, une semaine après la condamnation de la soldate Lynndie England, pour les sévices infligés dans la prison irakienne d'Abu Ghraib.

Cette démarche reçut le soutien de l'ancien secrétaire d'État Colin Powell et de l'organisation de défense des libertés individuelles (Union américaine pour les libertés civiles) alors que le président Bush menaçait de mettre son veto au budget de la défense.

Cet amendement stipule qu'« aucun individu sous la garde ou le contrôle physique du gouvernement des États-Unis, quels que soient sa nationalité et son lieu de détention, ne doit être soumis à des traitements ou punitions cruels, inhumains ou dégradants ». Une norme uniforme est fixée à propos des pratiques autorisées lors des interrogatoires de prisonniers (« les hommes et les femmes menant les interrogatoires auront le confort de savoir qu'ils ont des instructions précises sur ce qu'ils peuvent faire et ne pas faire »).

Le gouvernement Bush compta sans succès sur la navette parlementaire avec la Chambre des représentants pour torpiller l'amendement alors que pour John McCain, cet amendement vise avant tout à protéger les militaires américains, plutôt que les prisonniers. Il estime en outre que « les valeurs américaines devraient l'emporter contre toutes les autres dans toute guerre des idées » et qu'on ne peut laisser ces « sévices contre les prisonniers ternir l'image des États-Unis ».

La campagne présidentielle de 2008

John McCainBien qu'âgé, McCain est un des prétendants républicains les plus populaires pour l'élection présidentielle de 2008. Selon les quelques sondages réalisés en 2005, lui et Rudolph Giuliani sont les seuls républicains à être donnés vainqueurs d'une confrontation électorale avec n'importe lequel des candidats démocrates.

En novembre 2006, se faisant l'avocat du « conservatisme du bon sens » et de l'incarnation de l'avenir du Parti républicain, dans la veine de Ronald Reagan, John McCain annonça la formation de son comité exploratoire chargée de travailler sur son éventuelle candidature à la candidature présidentielle. Il déclara officiellement sa candidature le 28 février 2007. Il est alors le troisième républicain à faire part officiellement de ses prétentions présidentielles après l'ancien maire de New York, Rudolph Giuliani et Duncan Hunter, un élu de Californie.

Respecté par ses adversaires et relativement charismatique au delà de son propre camp politique, il reçoit le soutien de l'ancien candidat démocrate à la vice-présidence en 2000, le sénateur indépendant du Connecticut Joseph Lieberman. Les débuts de sa campagne sont difficiles et pratiquement sans argent, il doit se séparer de plusieurs collaborateurs.

John McCain en campagne électoraleNéanmoins, après avoir été distancé lors du Caucus de l'Iowa par ses concurents républicains, il arrive en tête des candidats républicains, lors des primaires du New Hampshire le 8 janvier 2008, avec 36,8% des suffrages devant Mitt Romney (32%), Mike Huckabee (11%), Rudolph Giuliani (9%) et Ron Paul (8%). Il relance alors sa campagne présidentielle. Lors des primaires suivantes qui se tiennent dans le Michigan, un État gravement touché par la crise automobile, principale industrie locale, il tient un "discours de vérité" déclarant aux électeurs que « la gloire passée ne reviendra plus, il faut s'adapter » alors que son concurrent le plus sérieux, Mitt Romney promet un « redémarrage de l'automobile » par l'octroi de milliards de dollars de fonds fédéraux. Au soir de la primaire le 15 janvier 2008, McCain est second avec 30% des suffrages, derrière Romney (39%) [26].

S'il ne parvient pas à rallier une majorité de militants républicains lors des premières primaires, il doit ses bons scores à la mobilisation en sa faveur des électeurs indépendants qui ont la possibilité de participer à ces élections. C'est ainsi qu'il s'impose également face à Mike Huckabee en Caroline du Sud. Avant la primaire suivante et décisive qui se tient en Floride, il reçoit le soutien du populaire gouverneur de l'Etat, Charlie Crist, du sénateur de Floride Mel Martinez, très influent auprès de la communauté américano-cubaine mais aussi du général Norman Schwarzkopf ancien commandant de l'United States Central Command qui avait dirigé les forces de la coalition lors de la guerre du golfe en 1991. Dans un tout autre genre, Sylvester Stallone est le premier acteur d'Hollywood à appuyer sa candidature suivi peu de temps après par Arnold Schwarzenegger, également gouverneur de Californie.

En remportant la primaire républicaine de Floride le 29 janvier avec 36% des voix contre 31% à Mitt Romney, John McCain passe pour la première fois en tête des candidats républicains en nombre de délégués. L'élection de Floride est marquée par le mauvais score de Rudolph Giuliani, arrivé en troisième place, qui solde ses ambitions présidentielles et son ralliement dès le lendemain à John McCain [27].

La campagne du sénateur de l'Arizona est aussi alors financièrement relancée. Alors qu'il était quasiment sans ressources au mois de décembre, McCain recueille en janvier plus de 7 millions de dollars (4,5 millions d'euros) [28] et en deux mois, reçoit le soutien de 17 000 journaux américains à commencer par le Des Moines Register [29] mais est aussi désigné comme le meilleur choix au sein de son parti par le New York Times [30].

Lors du Super Mardi qui a lieu le 5 février, McCain remporte neufs états (New York, Californie, Missouri, New Jersey, Illinois, Connecticut, Delaware, Oklahoma et Arizona) ce qui lui permet d'obtenir 615 délégués (plus de la moitié de ceux nécessaires pour remporter l'investiture républicaine), contre 268 pour Mitt Romney et 169 pour Mike Huckabee. Suite à ces résultats, le 7 février, Mitt Romney annonce lors d'une conférence à Washington DC qu'il se retire de la course à l'investiture républicaine [31]. Le retrait de Romney permet à Mike Huckabee de devenir le principal rival de McCain sans espoir cependant de pouvoir menacer sa désignation à l'investiture républicaine. Ainsi, le 9 février, lors des caucus du Kansas et de la primaire de Louisiane, McCain est devancé par Huckabee et ne s'impose, que de justesse, avec 26% des voix contre 24% à Mike Huckabee et 21% à Ron Paul lors des caucus de Washington. Le 14 février 2008, lors d'une conférence de presse avec le sénateur de l'Arizona à Boston, Mitt Romney annonce son ralliement à la candidature de John McCain lui apportant théoriquement ses 291 délégués assignés lors des élections primaires [32].

Ce maintien de Huckabee souligne alors les difficultés de John McCain à faire l'unanimité dans le camp républicain où, aux yeux de la partiela plus conservatrice de cet électorat et dans les milieux religieux, il continue à apparaître comme un candidat par défaut. C'est aussi à ce stade de la campagne électorale qu'il reçoit néanmoins un appui tacite du président George W. Bush [33] .

 
Vie personnelle

John et Cindy McCainDivorcé de sa première épouse, John McCain est marié depuis 1980 à Cindy Lou Hensley. Il est le père de sept enfants dont Bridget, une fille adoptée dans un orphelinat de Mère Teresa au Bangladesh en 1991, et grand-père.

Son fils ainé, John Sydney McCain IV, est élève officier à l'Académie navale d'Annapolis et son cadet, James, est engagé dans les US Marines et a participé à une rotation de sept mois en Irak entre 2007 et début février 2008 [34]. Enfin, sa fille Meghan tient un blog consacré à la campagne électorale présidentielle de son père en 2008.

Cindy Lou Hensley McCain (née en 1954) est l'héritière du grand distributeur de bière Hensley et présidente de la compagnie de distribution Budweiser depuis 2000. Elle siège également aux conseils d’administration des

John et Cindy McCain
associations "Halo Trust", qui se bat contre les mines antipersonnel, et "Operation Smile", qui aide les enfants souffrant d’une fente palatine. Ancienne pom pom girl lorsqu'elle était lycéenne à Phoenix en Arizona, diplômée de l'Université de la Californie du Sud, elle avait rencontrée John McCain en 1979 et l'avait épousé un an plus tard. Elle avait été au coeur d'une polémique en 1994 qui l'avait obligé à suivre une cure de désintoxication pour s'affranchir de sa dépendance aux analgésiques qu'elle prenait en grande quantité pour supporter les douleurs consécutives à deux opérations du dos et au stress du scandale dit des "Keating Five". John McCain avait été à l'époque accusé d'avoir dérobé des cachets antidouleur à l’"American Voluntary Medical Team", une association œuvrant pour le tiers-monde que Cindy McCain avait elle-même fondée. Plutôt que d’avoir à subir un procès, elle avait choisi de suivre une cure de désintoxication. En 2004, elle est victime d'un grave infarctus qui manque de la tuer [35].
otes et références
1. Article du Figaro du 31 janvier 2008 intitulé Patriotes de père en fils
2. John McCain: Un Rambo à la Maison-Blanche-Journal du Dimanche du 3 février 2008
3. Article du Monde du 6 février 2008 intitulé Mac is back
4. Article du Figaro Magazine du 8 février 2008 signé Jean-Marie Gonin et intitulé Good morning McCain
5. Article du Figaro Magazine du 8 février 2008 signé Jean-Marie Gonin et intitulé Good morning McCain
6. Article du Figaro Magazine du 8 février 2008 signé Jean-Marie Gonin et intitulé Good morning McCain
7.John McCain, le survivant par Philippe Coste, L'Express n°2954 du 14 février 2008
8. Article du Figaro du 9 janvier 2008 intitulé John McCain, le revenant du New Hampshire.
9. Article du Figaro Magazine du 8 février 2008 signé Jean-Marie Gonin et intitulé Good morning McCain
10. Article du Figaro du 31 janvier 2008 intitulé Patriotes de père en fils
11. John McCain: Un Rambo à la Maison-Blanche-Journal du Dimanche du 3 février 2008
12. John McCain: Un Rambo à la Maison-Blanche-Journal du Dimanche du 3 février 2008
13. John McCain: Un Rambo à la Maison-Blanche-Journal du Dimanche du 3 février 2008
14. Présentation de John McCain, ibid
15. http://www.lefigaro.fr/elections-americaines-2008/2008/02/07/01017-20080207ARTFIG00353-le-super-tuesday-couronnele-republicain-mccain.php Le Super Tuesday couronne le républicain McCain (Le figaro du 7 février 2008)]
16.La réforme de l'immigration - L'échec de Bush ou des Etats-Unis par Véronique Bourbeau, coordonnatrice à l'Observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM
17.John Mc Cain le héros inflexible, article de Cyberpresse du 8 janvier 2008
18. John McCain, le survivant par Philippe Coste, L'Express n°2954 du 14 février 2008
19.http://www.lefigaro.fr/elections-americaines-2008/2008/02/07/01017-20080207ARTFIG00353-le-super-tuesday-couronnele-republicain-mccain.php Le Super Tuesday couronne le républicain McCain (Le figaro du 7 février 2008)]
20. Article du Los Angeles Times, Courrier international n°901 version abonnée "le paradoxe McCain
21. Article du Figaro, ibid
22. Article du Los Angeles Times, Courrier international n°901 version abonnée "le paradoxe McCain
23. Article du Los Angeles Times, Courrier international n°901 version abonnée "le paradoxe McCain
24. Présentation de John McCain sur le site de France 2
25. Article du Monde du 6 février 2008 intitulé Mac is back
26. Article du Monde du 16 janvier 2008
27. Défait en Floride, Giuliani devrait se rallier à McCain
28. Article du Monde du 30 janvier 2008 - Les électeurs républicains de Floride choisissent John McCain
29. Article du Los Angeles Times, Courrier international n°901 version abonnée "le paradoxe McCain
30. Le NYT soutient Hillary Clinton dans le camp démocrate
31. Article du Monde du 7 février 2008
32. Mitt Romney va soutenir McCain, article du journal Le Figaro du 15 février 2008
33. Article du Figaro du 11 février 2008 intitulé Huckabee embarrasse John McCain
34. (en) McCain's Marine son returns from Iraq, CNN, 14 février 2008
35. Une héritière sous pression, article de Courrier international n°902 du 14 février 2008, version abonnée, reprenant un article de Tim Shipman paru dans The Sunday Telegraph

Source: Wikipedia