November 17, 2004
LeConservateur.com
Informe, et vous decidez..
"LA PAIX, CE N'EST PAS UN VAIN MOT MAIS UN COMPORTEMENT"
ACCUEIL
Trouvez un Emploi
Immobilier
Archives
INFO
Cote d'Ivoire
Afriques
USA
Monde
Societe
Economie
Science et sante
Multimédia
ASSOCIATIONS
ABACI
UFI
ARCO
CIAN
Autres
14
 
 
 
 
LIVRES
FORUM ARCHIVES MAIL GRATUIT NEWSLETTER BOUTIQUE
La Politique
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Groupe LeannConsulting | Leconservateur.com | LeBaoule.com | Cian.com| LIvoirite.com | LeLyceeClassiqueDeBouake.com
ACCRA III :
 
 
 
 

Préservation de la paix Les 4 solutions de Laurent Gbagbo

En recevant les populations des 3A, le Chef de l'État a stigmatisé les 4 plaies qui créent l'instabilité de manière générale en Afrique. Il a proposé des pistes de réflexion.

Le débat est engagé et il ne s'épuisera pas. Hier, à la visite qu'elles ont rendue au Chef de l'Etat, “le premier des patriotes, le porte-flambeau de la résistance, le défenseur intransigeant des intérêts supérieurs de notre pays et des valeurs de démocratie”, les populations akyé, gwa, agni et abbey des 3A (départements d'Alépé, d'Adzopé et commune d'Anyama) se sont prononcées sur l'amendement de l'article 35 de la Constitution. Par la voix de Félix Ogou, leur porte-parole, elles ont fait campagne pour la voie référendaire en déclarant qu'il “revient au peuple de trancher en dernier ressort”, afin que “la démocratie s'exerce pleinement et rigoureusement”.

Laurent Gbagbo, après avoir pris clairement position samedi dernier devant la jeunesse panafricaine en faveur de la votation populaire, ne s'est pas démenti. Mais, à partir de la crise ivoirienne, il a voulu s'appesantir sur les quatre raisons des troubles et de l'instabilité politiques en Afrique: l'illégalisme, les ingérences étrangères dans les affaires intérieures d'un autre Etat et la mauvaise gestion des dirigeants.

C'est pour cette raison que pour lui, la préservation de la paix dépend de quatre principes. D'abord, le respect de la loi du pays. “Il ne faut pas tordre le cou aux lois que nous nous sommes librement données”, a-t-il répondu à ses hôtes. Ensuite, les relations de bon voisinage entre les pays, conformément aux règles de la défunte Organisation de l'unité africaine (OUA). Explicitement, il condamne le Burkina Faso qui a servi de base arrière à la rébellion armée ayant attaqué la Côte d'Ivoire dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002.

Troisièmement, le respect de la souveraineté des pays. Depuis les événements de novembre dernier au cours desquels les soldats français ont détruit tous les aéronefs de l'armée ivoirienne, tiré sur les manifestants aux mains nues et occupé tous les points stratégiques d'Abidjan, Laurent Gbagbo ne cesse de le dire: Paris, comme Moscou en 1968 à Prague, a voulu lui faire plier l'échine.

Enfin, il a lancé un appel pressant à tous les élus afin que leurs actions de développement soient le reflet de leurs discours alléchants de campagne. “Il faut que celui qui est élu respecte les droits de ceux qui l'ont élu et veillent à leur prospérité”. A cet effet, il ne trouve aucun inconvénient à rendre annuellement compte de sa gestion. Car, les réformes qu'il a engagées avec l'école gratuite, l'assurance maladie universelle (qui n'est pas encore entrée en vigueur, malgré le vote de la loi en raison de la crise armée), la gestion de la filière café-cacao par les producteurs et la décentralisation ne sont pas achevées. Elles doivent se conclure par la communalisation de tous les villages de Côte d'Ivoire et la création des conseils régionaux.

C'est pourquoi, aux Akyé qui lui ont permis, en 1990, de sauver la démocratie en le soutenant massivement, Laurent Gbagbo a tenu un discours de campagne électorale. “Quand on élit un Chef d'Etat et qu'on ne lui donne pas les députés qu'il faut pour conduire à bien son programme, c'est comme quand vous demandez à votre femme de faire la cuisine sans lui donner de l'argent”, a-t-il imagé pour demander aux 3A d'entretenir leur ardeur militante et de persévérer dans le raz-de-marée électoral en faveur du FPI, à tous les scrutins.

Les Akyé, Gwa, Agni et Abbey des départements d'Adzopé, d'Alépé et de la commune d'Anyama ont pris cet engagement de donner au FPI la victoire au prochain scrutin. “Les gens nous montrent souvent du doigt en disant: ‘Vous les populations des 3A, c'est vous qui supportez Gbagbo'. Nous leur répondons: Oui, nous supportons Gbagbo car Gbagbo, c'est nous et nous, c'est Gbagbo”, a souligné le porte-parole des populations. Car, selon Assi Akawa, maître de cérémonie, “Laurent Gbagbo est le leader charismatique capable de traduire dans les actes nos aspirations”. Et pour exprimer cette adhésion à la politique du Chef de l'Etat, les 3A se sont déplacées en grand nombre, faisant mentir tous ceux qui ont prononcé le divorce militant entre les amoureux.

D'où l'assurance du Président de la République qui s'est exprimé en ces termes: “Je tiens la barre parce que le peuple est avec moi. Vous êtes ma force, la clé de la victoire. Si vous tenez bon, Laurent Gbagbo tiendra bon, si vous êtes forts, Laurent Gbagbo sera fort, si vous êtes courageux, Laurent Gbagbo sera courageux. Tant qu'il y a une adéquation entre le Chef de l'Etat, l'armée et le peuple, aucune entreprise de déstabilisation du pays ne peut réussir”.

Signalons que le Président de la République et ses hôtes ont unanimement salué la médiation du Chef de l'Etat sud-africain, Thabo Mbeki, dans la crise ivoirienne. A ce sujet, Laurent Gbagbo a déclaré qu'il finirait bientôt l'application de l'accord conclu avec l'envoyé de l'Union africaine. “J'aurai fait ma part dans une dizaine de jours. Que les autres fassent la leur”, a-t-il conclu.

Auteur: Bi Bally Maurice FERRO

 


Vous êtes très nombreux encore à réagir aux événements de début novembre et à imaginer des scénarios pour l'avenir.

La France doit partir

Qu'on le veuille ou non, la France partira de Côte d'Ivoire en marchant sur nos cadavres s'il le faut. Neuf soldats français valent-ils davantage que tous ces jeunes abattus de sang-froid par l'armée française ? Nous prouverons à la face du monde que cette terre

appartient à nos ancêtres. Cela prendra peut-être du temps, mais l'armée gauloise partira comme les Américains ont quitté le Vietnam.

Cessons de nous entre-tuer

Aujourd'hui, notre pays est en guerre, et nous sommes traités de xénophobes. Nous récoltons ce que nous avons semé. Ne cherchons pas les responsables et les solutions ailleurs. Que ce soit du côté du gouvernement ou du côté de l'opposition, nul ne veut faire de concession, ni même écouter pour mieux dialoguer. Personne ne pense au peuple. Au contraire, il est utilisé de part et d'autre. Le voisin d'hier est aujourd'hui l'ennemi. Cessons de nous entre-tuer et de chercher à savoir qui a tort ou raison. Combattons plutôt la corruption, la misère, l'analphabétisme, la prostitution, l'intolérance. La solution de la crise ivoirienne passe par le respect, la tolérance et le dialogue entre tous les fils et les filles de Côte d'Ivoire.

Nouveau Rwanda ?

Ce qui se passe en Côte d'Ivoire ressemble étrangement à ce qui a eu lieu au Rwanda en 1994. Il y a une ancienne puissance coloniale, la France, qui dirige une force d'interposition comme ce fut le cas naguère avec la force belge dans la Minuar. Des accords ont été signés, mais rien n'est mis en application, comme au Rwanda. Comme avec les Belges, les Français sont accusés par les protagonistes, à tort ou à raison, d'être de connivence avec les ennemis des uns et des autres. Une portion de la population est accusée d'être étrangère. D'autre part, l'organisation des « Jeunes patriotes » rappelle dangereusement les jeunes des Interahamwes. Enfin, tout cela se passe au vu et au su de la communauté internationale sans que rien ne soit fait pour neutraliser les forces maléfiques.

Un cauchemar

Je lis avec grand intérêt ce que J.A.I. écrit sur la Côte d'Ivoire. J'apprécie la qualité et l'abondance des informations que vous nous donnez sur cette affaire qui est un cauchemar pour nous autres, non-Ivoiriens. J'ai eu la chance de visiter ce pays et je suis

triste de constater que rien n'est fait pour y ramener l'ordre. Je vous encourage à continuer votre travail d'investigation et à nous informer, nous autres qui ne sommes pas sur place et qui pensons à tous ceux qui souffrent dans ce pays.

À nous de réagir

Pourquoi la communauté internationale et l'ONU ne réagissent-elles pas contre la France, dont la politique est inchangée depuis la décolonisation ? Les chefs d'État africains ne sont que des marionnettes. Tout est contrôlé par l'Élysée et c'est pour cela que je tire mon chapeau à Laurent Gbagbo. Les frontières européennes deviennent de plus en plus difficiles à franchir ; les Européens deviennent de plus en plus nationalistes, pourquoi

pas nous ? Je ne parle pas d'émeutes antifrançaises, mais qu'ils nous respectent comme nous les respectons. Nous devons déplacer le pouvoir des Français et le remettre entre les mains des peuples africains. Je suis père de famille et je préfère apprendre à mes

enfants à se débrouiller seuls.

Éviter le scénario somalien

Durant des décennies, la France a servi de levain aux dictatures les plus ignobles en Afrique. L'apparition de situations explosives, comme c'est actuellement le cas en Côte d'Ivoire, était inévitable. Contrairement à ce que l'on aimerait faire croire, la crise en Côte d'Ivoire n'est nullement une « chasse aux Blancs », mais le début d'un processus d'émancipation vis-à-vis de l'ancienne colonie. Sans le retrait des forces françaises et leur remplacement par des forces neutres, acceptées par la population, une « somalisation » de la crise est à craindre.

Paris a bon dos

Le drame vécu par les familles des victimes ivoiriennes est égal à celui des familles des neuf soldats français qui ne s'attendaient pas du tout à être canardés par l'armée ivoirienne. La douleur n'a pas de camp ni de couleur et encore moins de nationalité. Dans

mon village, il est conseillé de « ne pas regarder où tu tombes mais l'endroit où tu as trébuché ». La France a sa part de responsabilité. Mais ce n'est pas elle qui a fabriqué le concept d' « ivoirité » source de tous les maux actuels.

Pour un changement radical

Le président Gbagbo a été élu par miracle grâce à des manipulations. Il n'est pas prêt à perdre le pouvoir, ni lui ni son clan. La présence des Français (tant l'armée que les opérateurs économiques) est souhaitée par la majorité apeurée et silencieuse des Ivoiriens

soucieuse de sécurité. La France doit cependant reconnaître ses erreurs et prendre l'initiative du changement dans ses relations avec la Côte d'Ivoire. La partition menace sérieusement le pays. Beaucoup d'imagination est requise de la part des médiateurs dans ce

conflit. Les accords de Marcoussis et d'Accra ont montré leurs limites. La rédaction d'une nouvelle Constitution, à fondement fédéraliste, serait la bienvenue.

 

 

 

Lorem Ipsum Dolor