L'ESPION REPENTI
Les révélations : - sur le coup d'Etat du 24 décembre 99 - la tentative du putsch des 7 et 8 janvier 2001 - l'espionnage au Burkina Faso (L'Inter -- Mercredi le 5 Juin, 2002) -- Interview réalisée par N'Dri Kouamé J.C
L'inter : Pouvez-vous nous décliner votre identité ?
Zadi Ikpo Jean-Guy : Je me nomme Zadi Ikpo Jean-Guy. Je suis né le 10 juin 1975 à Bingerville. Officiellement sur mes documents, je suis commerçant, mais en réalité, espion d'Etat, ayant servi sous les gouvernements Bédié, Guéi, et sous celui de la IIe République, c'est-à-dire le régime actuel.
L'inter : Vous êtes officiellement commerçant, mais espion d'Etat, comme vous l'avez dit. Peut-on savoir les tâches qui vous ont été confiées sous les régimes Bédié, Guéi et Gbagbo?
Z.I.J. : Il faut rappeler que je suis celui-là même qui fut à l'origine de l'annonce du premier coup d'Etat qu'a connu notre pays, la Côte d'Ivoire, sous le régime du gouvernement Bédié. Sous ce régime, j'avais le code : "Fruit mûr". Aujourd'hui, bien que Bédié ne soit plus au pouvoir, il doit se souvenir de ce code là, ainsi que Gla N'Guetta Ernest, ancien sous-chef d'Etat major particulier du président Bédié, Ernest Attoh Nangui, ancien DGPN (l'ex-directeur général de la Police nationale). Tous, doivent se souvenir de l'agent de renseignement portant le nom de code : "Fruit mûr", car c'est moi Zadi le premier dans toute la Côte d'Ivoire, à avoir annoncé au général Attoh Nangui, si vous voulez au président Bédié, par le biais du général Attoh Nangui, que le gouvernement burkinabé préparait un coup d'Etat militaire contre la Côte d'Ivoire. A deux jours du putsch militaire du 24 décembre 1999, le 22 décembre 1999, depuis l'hôtel Houri au Burkina Faso, (non loin de l'ASECNA à l'aéroport de Ouaga pour ceux qui connaissent Ouaga), j'ai appelé le lieutenant N'Gadhi qui fut l'aide de camp du général Attoh Nangui, sur son portable pour lui dire que "c'est gâté..."(c'est un mot de passe), qui voudrait signifier que la situation était vraiment mauvaise et que la procédure de déstabilisation du régime Bédié était entamée. Malheureusement, avec tout ce que cela m'a demandé comme énergie, avec tout ce que cela comportait comme risque incalculable que j'ai accepté de courir pour mon pays, ce qui s'est passé le 24 décembre n'a pu être déjoué malgré l'information capitale que j'ai pu fournir aux autorités qui m'ont envoyé en mission d'espionnage. Et le régime Bédié fut déchu. Mais la leçon qu'on doit retenir de tout cela, c'est que ceux-là même qui ont été à la base de cette opération se connaissent. Ils savent qui ils sont. Ils font partie du pouvoir actuel, ils faisaient partie de l'ancien pouvoir militaire. Chacun a joué sa partition pour que ce coup d'Etat du 24 décembre 1999, aboutisse. Pourquoi ? Parce que ceux-là même qui ont été les principaux instigateurs du coup d'Etat du 24 décembre 1999 font partie du gouvernement Gbagbo, d'autres ont fait partie du gouvernement Guéi. C'est pour vous dire que tous les opposants politiques d'alors du régime PDCI-RDA y étaient impliqués. Chacun à son niveau a joué sa partition pour faire aboutir ce putsch.
L'inter : Vous étiez à Ouaga. Etait-ce une mission commandée par le régime Bédié ?
Z.I.J. : Oui, j'étais effectivement à Ouaga en mission commandée. La preuve, je remettais mes rapports comme je l'ai signifié tout à l'heure au D.GPN, Ernest Attoh Nangui. Je faisais mes aller et retour entre Abidjan et Ouaga. J'étais en mission commandée, en mission secrète à l'insu du gouvernement burkinabé. C'est avec dextérité que j'opérais au risque de ma vie. Je glanais des informations que je transmettais par code au D. GPN. Et je le faisais par amour pour mon pays, un pays beaucoup jalousé dans la sous-région. Croyez-moi, j'ai beaucoup tourné dans la sous-région et je sais de quoi je parle. Les Ivoiriens ne savent pas la chance qu'ils ont d'avoir un pays comme le leur. Et nous, qui nous sacrifions pour que ce pays là ne sombre pas dans le chaos, c'est nous, qui sommes payés en monnaie de singe. C'est vraiment dommage...
L'inter : Pourquoi, dites-vous que vous avez été payé en monnaie de singe ?
Z.I.J. : Je reviendrai peut-être là-dessus. Mais sachez que j'ai été payé en monnaie de singe pour tous les sacrifices que j'ai consentis, pour tous les risques que j'ai pris pour préserver mon pays d'un chaos, en acceptant d'aller faire du renseignement, notamment au Burkina-Faso, pour le compte de mon pays. Voyez-vous, j'ai travaillé avec tous les régimes successifs depuis Bédié. tous savent ma compétence dans les renseignements... Le régime Gbagbo m'envoie donc en mission commandée au Burkina Faso, après les événements des 7 et 8 janvier 2001. J'accepte d'y aller et au passage, je fais arrêter deux mercenaires vers la frontière ivoirienne, précisément à Ouangolodougou, je les remets aux forces de l'ordre et je continue ma mission au Burkina Faso. A mon retour de mission, au cours de laquelle j'ai d'ailleurs connu toutes sortes de difficultés (j'ai même été incarcéré là-bas), on me fait appeler au cabinet du ministre Boga Doudou pour y percevoir ma prime de 5 millions de Fcfa pour l'exécution de la mission. En lieu et place de la prime promise, on me soumet plutôt à une confrontation avec le commandant Oulatta Gaoudi, attaché de défense à l'ambassade de Côte d'Ivoire aux Etats-Unis, que j'avais nommément cité comme celui qui a remis un plan de défense national de la Côte d'Ivoire au Burkina Faso. Il a été discrètement rappelé à Abidjan et on me met en confrontation avec lui en lui faisant comprendre à demi-mot que "s'il lui arrive de ne plus "manger" dans le gouvernement Gbagbo, c'est bien à cause de moi Zadi qui le met en cause". Naturellement, il a nié les accusations que je portais contre lui. Puis par un tour de passe-passe, comme dans un mauvais rêve, moi, qui ai été appelé pour venir prendre ma prime , c'est moi qui suis maintenant accusé d'escroquerie de 5 millions de Fcfa. On me fait arrêter et on me jette à la MACA où je suis resté plus de deux semaines avant d'être relaxé pour délit non établi par le tribunal correctionnel comme l'atteste mon billet de sortie de la MACA que je vous autorise à publier, ainsi que tous les autres documents. Comment peut-on appeler cela, si ce n'est pas être payé en monnaie de singe, après tous les risques que j'ai pris pour mon pays ?
L'inter : On y reviendra tout à l'heure. Mais pour le moment, peut-on savoir les dignitaires du régime Bédié avec lesquels vous avez travaillé ?
Z.I.J. : Sous le régime Bédié, j'ai filé la plus grande partie de mes informations au général Ernest Atto Nangui. Quand il s'agissait de coups de fil, je les passais directement au lieutenant N'Gadhi, son aide de camp, qui lui, se chargeait de lui rendre compte. Quand j'étais au pays, je faisais un mémoire que je lui remettais directement. A son tour, il devrait se charger de le remettre au président Bédié. Cela dit, je voudrais toutefois révéler, qu'après ce coup d'Etat du 24 décembre 1999, le général Attoh Nangui m'a expliqué qu'il a tout fait pour que les rapports que je lui faisais parvenir, arrivent au président Bédié. Mais malheureusement, ce dernier les remettait à chaque fois, aux têtes de file qui étaient citées dans le coup d'Etat. Allez y comprendre quelque chose. Combien de façons y a-t-il de traiter un dossier, si cela avait vraiment été le cas ? Vous nommez un officier supérieur pour diriger un service aussi délicat que la police nationale. Il vous envoie un rapport de renseignement relatif à la déstabilisation de l'Etat, et vous prenez ce même rapport pour le transmettre à ceux-là même qui sont mis en cause, cela veut dire que vous doutez de la capacité de votre officier supérieur, de la crédibilité des dossiers qu'il vous fournit. Voilà l'erreur que le président Bédié a commise.
L'inter : Quelles sont les missions particulières que vous avez effectuées sous le régime Bédié ?
Z.I.J : Il s'agissait essentiellement de définir les mouvements des troupes du Burkina Faso, recueillir les propos confidentiels circulant dans le cercle fermé des officiels burkinabé, notamment dans l'entourage du président de la Chambre du Commerce du Burkina Faso, de l'aide de camp du président Blaise Compaoré, le commandant Kéré, de son chef d'Etat major particulier, Gilbert Djindjéré etc. Il fallait recueillir le maximum d'informations de toutes ces personnes-là. Des informations concernant la Côte d'Ivoire, relatives entre autres à la destabilisation du pays . Je peux dire que j'ai réussi mes missions, car trois mois avant le coup d'Etat, j'ai pu fournir des informations de cette opération. Et cela je dis bien trois mois avant la date fatidique du 24 décembre. Ce n'est pas rien. J'ai vraiment fait mon boulot, même à 48 heures du coup d'Etat, j'ai appelé l'aide de camp du général Attoh Nangui, le lieutenant N'Gadhi pour lui dire de faire le nécessaire. J'ai accompli ma mission.
L'inter ; De quels moyens, disposiez-vous pour mener à bien, votre mission de renseignement ? Et qui vous les remettait ?
Z.I.J. : Le général Ernest Attoh Nangui me donnait le nécessaire qu'il fallait. C'est-à-dire les moyens financiers. Et comme la réussite de nos missions de renseignement nécessitait beaucoup de secret, j'avais le même train de vie, sans tapage, dans la discrétion absolue, alors que j'aurais pu m'adonner à des folies pour quelqu'un qui brassait des liasses de billets de banque. Mais c'est dans la discrétion que j'ai efficacement accompli mes missions.
L'inter : Après le coup d'Etat, vous êtes revenu en Côte d'Ivoire. Et vous avez travaillé pour le général Guéi. Comment cela s'est-il passé ?
Z.I.J. : Pour le général Robert Guéi, il faut dire que j'ai été confronté à une question de choix. Il fallait faire le choix entre son pays et ses propres intérêts. J'ai reçu une information d'une extrême importance de la part du commandant Kéré, l'aide de camp du président Blaise Compaoré qui m'a fait la confidence qu'une personnalité du pays serait en train de préparer l'arrivée de mercenaires en Côte d'Ivoire. J'ai aussitôt averti le colonel Dieket Max Jérémie qui était à l'époque l'attaché de défense de l'ambassade de Côte d'Ivoire au Burkina, de l'arrivée de ces mercenaires. Mais figurez-vous que l'attitude du colonel Dieket m'a surpris quand je lui ai rapporté l'information. Je lui ai dit, mon colonel, il faut qu'on avertisse le général Robert Guéi (président de la République sous la transition militaire) parce qu'il y a une arrivée imminente de mercenaires en Côte d'Ivoire. Il m'a répondu ceci : "Pourquoi trahir tes amis qui t'ont fourni ces informations si tu considères leur amitié ? J'ai aussitôt compris l'inconscience de ce colonel ivoirien chargé à l'extérieur du territoire ivoirien de la défense de la Côte d'Ivoire, parce que je n'arrive pas à comprendre qu'on fasse un choix entre un ami et son pays. Pour moi, le choix n'existe pas. Il n'y a pas de choix entre sa patrie et son ami. J'ai donc contourné le colonel Dieket Max Jérémie, je ne lui ai plus jamais rapporté d'informations, et j'ai directement saisi le colonel N'Douti, qui fut à cette époque, le secrétaire à la défense du général Robert Guéi. Nous étions à quelques jours des événements des 4 et 5 juillet 2000. J'ai dit ceci au colonel N'douti que j'ai joint au téléphone : "Rappelez-moi, urgemment". Ce qu'il a fait dans les minutes qui ont suivi. Et je lui ai donné les informations ainsi que les noms des officiers impliqués dans cette affaire. Le colonel N'Douti a fait le nécessaire en saisissant le général Robert Guéi... Voilà comment la mutinerie des 4 et 5 juillet 2000 dont le but était de déposer le général Robert Guéi, a échoué . Aujourd'hui, Dieu merci, le colonel N'Douti est là, il est vivant, devant Dieu et sa conscience, il peut attester que c'est grâce au nommé Zadi, que les événements des 4 et 5 juillet 2000 ont pu être contrôlés.
L'inter : Vous avez travaillé pour le régime Guéi. Quels sont les hommes forts de ce régime avec lesquels, vous avez travaillé ?
Z.I.J. : Je connaissais des hommes forts de ce régime. Mais, je ne dirai pas les noms de ceux avec qui j'ai eu à travailler. Je parlerai plutôt de ceux qui servaient d'agent-double, dans ce régime militaire de la transition. Je citerai en l'occurrence le commandant Oulatta Gaoudi, aujourd'hui lieutenant colonel, attaché de défense à l'ambassade de Côte d'Ivoire aux Etats-Unis. S'agissant de cet officier supérieur de notre armée, (j'insiste là-dessus et je souhaiterais que cela soit souligné ), je l'ai connu en 1998 au Burkina Faso lors du match Côte d'Ivoire - Egypte. Oulatta Gaoudi avait le code : "Ouédraogo" et dormait à cette époque à l'hôtel Okehine, à la douane qui donne sur la route de pô. De là, il est allé au Centre National d'Entraînement Commando (CNEC de pô) où il a fait un recyclage pendant que tout le monde en Côte d'Ivoire pensait qu'il était à Londres. Comme à cette époque on ne parlait pas de coup d'Etat, Oulatta était libre de se promener où bon lui semblait. Du CNEC de pô, Oulatta est parti pour Paris. De Paris, il est allé à Londres. Le coup d'Etat du 24 décembre 1999 est arrivé. S'est-on posé la question de savoir comment ce coup d'Etat est arrivé ? C'est avec la même complicité d'Oulatta Gaoudi que le coup d'Etat qui a renversé Bédié est arrivé. Entre la date de la CAN 98 qui s'est tenue au Burkina Faso, et le coup d'Etat du 24 décembre 1999, il y a juste quelques mois. Oulatta était détenteur d'un passeport diplomatique burkinabé. Plus tard, après le coup d'Etat, il a eu à dire devant des officiers, notamment l'officier Bouah de la DST du service de renseignement défense, qu'il aurait décollé de Londres après le coup d'Etat du 24 décembre, ce qui est absolument faux. Il avait ses éléments ici, à l'intérieur des forces armées avec lesquels il était en liaison. Il ne faisait que les téléguider depuis sa base du Burkina. Mieux, il avait ses hommes à l'intérieur de l'appareil d'Etat. En 1998, quelques mois avant le coup d'Etat, il avait remis un plan de défense nationale de la Côte d'Ivoire au Burkina Faso. Et quand le coup d'Etat du 24 décembre 1999 a réussi, il a été nommé commandant du groupement de sécurité présidentielle (GSPR). C'est ce même Oulatta Gaoudi, qui va donner un coup de main à Gbagbo pour sauter le général Guéi du pouvoir.
L'inter : Avant d'arriver au régime Gbagbo, quelles sont les missions qui vous ont été confiées sous le régime Guéi ?
Z.I.J. : J'ai effectivement eu des missions particulières sous le régime du général Robert Guéi. J'ai eu ces missions par le biais du colonel Georges Déon , le commandant supérieur de la gendarmerie nationale. Il y avait par exemple cet agent burkinabé qui devait nous donner un coup de main. Ce que cet agent a d'ailleurs magistralement réussi. Je l'ai fait venir du Burkina. Nous avons payé son billet d'avion le 30 août 2000, Ouaga-Abidjan. Je me suis personnellement rendu à l'agence Air-Burkina au Plateau pour acheter le billet d'avion du missionnaire.
L'inter : Quelle était la mission de cet agent?
Z.I.J. : Puisqu'on soupçonnait des manoeuvres, cet agent burkinabé devrait venir pour nous fournir des renseignements précis. Ce à quoi, Gaoudi était opposé. On ne savait plus s'il travaillait pour le régime ou contre le régime, car il avait reçu à l'insu de Guéi, à l'hôtel Ibis, le chef d'Etat major particulier de Blaise Compaoré, Gilbert Djindjeré accompagné de Salif Diallo qui fut le ministre de l'Environnement et de l'Eau à cette époque . Malgré cela, cet agent est venu en Côte d'Ivoire, il y a séjourné quelques temps avant de repartir. C'est que juste après son départ qu'il y a eu les événements des 17 et 18 septembre 2000 . Aujourd'hui, je comprends pourquoi cet agent n'est jamais arrivé dans son pays. Oulatta Gaoudi en sa qualité de commandant du GSPR, avait connaissance de l'arrivée de cet agent. C'est lui qui avait chargé son secrétaire, l'adjudant Woapeu , avec qui il est aujourd'hui aux Etats-Unis, de "s'arranger afin que cet agent puisse retourner dans son pays". Mais cet agent n'est jamais arrivé dans son pays. Depuis, les événements des 17 et 18 septembre jusqu'aujourd'hui, il est toujours en route. Même s'il était à pied, il serait déjà arrivé au Burkina Faso.
L'inter : Venons-en aux événements qui ont précédé la chute du général. Vous qui étiez dans les secrets du renseignement, pouvez-vous nous dire ce qui s'est passé ?
Z.I.J. : Je ne parlerai pas de tous les événements qui se sont produits à cette période. Mais je voudrais m'attarder un peu sur le rôle qu'a joué le commandant Oulatta Gaoudi. C'est un officier à surveiller de près, car c'est un véritable couteau à double tranchant . Sous le régime Bédié, il avait été radié des Fanci pour atteinte à la sûreté de l'Etat, à l'époque avec le général Robert Guéi. Oulatta est revenu en force le 24 décembre 1999 avec Guéi Robert. Il a servi sous le régime Guéi en tant que commandant du GSPR. Pendant qu'il était avec Guéi Robert et que la population s'est levée à l'appel de Laurent Gbagbo, lui et le colonel Dano , le patron du GMMG, ont dit à Guéi : "Mon général, Bingerville est en ébullition, nous avons dépêché une partie des éléments du premier bataillon de la Firpac à Bingerville. Ils l'ont fait sachant pertinemment que la population prenait possession des principaux axes. En guise de récompense, il a été nommé attaché de défense à l'ambassade de Côte d'Ivoire aux Etats-Unis. Et c'est ce même Oulatta Gaoudi que j'ai tantôt accusé d'avoir remis un plan de défense de la Côte d'Ivoire à un de nos voisins.
L'inter : Vous serviez le régime Guéi, mais cela ne vous a pas empêché de fournir quelques informations confidentielles au Colonel-major Emile Constant Bombet, candidat aux élections législatives de Bangolo. Pouvez-vous nous en dire un mot ?
Z.I.J. : Il faut dire que j'ai gardé de bons rapports avec certains barons du régime PDCI. C'est ainsi qu'à la veille des élections législatives, j'ai reçu une information disant que le ministre Emile Constant Bombet ne devrait pas être élu à l'issue des élections législatives du 6 décembre 2000 auxquelles il participait dans sa région de Bangolo. Tout avait été mis en oeuvre pour faire mordre la poussière au candidat Bombet. J'ai donc pris le car pour Bangolo où j'ai rencontré le ministre Bombet. Je lui ai expliqué que le général Robert Guéi avait miné le terrain et qu'il n'allait pas être élu . Il m'a silencieusement écouté avant de me raccompagner. Ne pouvait-il plus faire machine arrière ? Je ne saurais le dire. Mais les résultats m'ont donné raison. Il sait que je l'ai averti que le général Robert Guéi lui en voulait terriblement. En fait, le général n'a jamais digéré que le ministre Bombet lui dispute le leadership dans la région de l'Ouest. Pire, il lui en voulait parce que Bombet et quelques barons du PDCI-RDA ont brisé son rêve de porter l'étendard du PDCI-RDA aux présidentielles d'octobre 2000. Et cela, tenez-vous bien, après avoir déboursé 100 millions de FCFA, puis 140 autres millions à la convention de Yamoussoukro qu'il a remis au secrétaire général, président par intérim du PDCI-RDA d'alors pour être tête de liste de ce parti. Mais en vain.
L'inter : Abordons maintenant le volet des missions que vous avez effectuées sous la IIe République.
Z.I.J. : Je suis heureux que nous arrivions maintenant à ce point, car j'ai beaucoup à dire sur ce chapitre. Il faut qu'on arrête de jouer avec les gens. Il faut qu'on arrête de se jouer des gens. La sûreté de l'Etat ce n'est pas une mince affaire. Et quand des personnes emploient des termes à tort et à travers, ça fait mal. Voyez-vous, nous avons vécu près de 40 ans de parti unique. Aujourd'hui où nous vivons un semblant de démocratie, il faudrait abandonner les habitudes du passé. C'est-à-dire les éliminations extra-judiciaires, les règlements de compte etc. Je m'explique. Après les événements des 7 et 8 janvier 2001, j'ai été contacté par le commissaire Gnahoa Guy Dorgeles qui était à cette époque le chef de cabinet adjoint du ministre Boga Doudou. Je me suis présenté à son bureau. Il m'a dit qu'ils avaient rencontré le général Ernest Attoh Nangui et qu'ils ont entendu parler de moi, qu'ils avaient besoin que je leur donne un coup de main parce que je suis celui qui connaît le mieux le terrain burkinabé et y compte de nombreux amis dans les cercles fermés de l'appareil d'Etat burkinabé. Que les autorités de votre Etat, l'Etat de Côte d'Ivoire, auquel vous appartenez vous sollicitent de la sorte, cela vous va droit au coeur. J'ai aussitôt répondu que j'étais prêt pour le service, car il s'agissait d'aider les autorités ivoiriennes de la IIè République dans la mission d'information et de renseignement portant sur les événements des 7 et 8 janvier 2001. Et c'est à ce titre là que je suis allé en mission d'espionnage au Burkina Faso en vue de leur fournir des informations crédibles. J'ai quitté Abidjan le 17 janvier 2001 à 17H. Nous sommes arrivés à Ouangolo, le lendemain à 8 H du matin. Je me suis reposé à l'hôtel du Nord, jusqu'à 16 heures et j'ai repris la route ensuite. Dans le même car qui devrait nous transporter, j'aperçois un élément que je connaissais à la 152è compagnie saharienne motorisée - zone de défense n° 2 à Agades , et que j'ai par ailleurs retrouvé plus tard au centre national d'entraînement commando de pô (CNEC) en 1998. La présence de cet individu sur le territoire national, alors qu'une tentative de putsch militaire venait d'échouer m'a intrigué. J'ai trouvé cette coïncidence troublante. J'ai alors approché la compagnie territoriale de Korhogo qui était en position à la frontière afin qu'elle empêche cet élément qui était en compagnie d'un autre élément du nom de Sery Bi Sylvestre , de sortir du territoire. C'est ainsi que sous ma recommandation, nous avons tous été pris par les militaires et conduits comme je l'avais suggéré, au commissariat. On aurait pu nous conduire à l'Etat-major de l'armée, ou au commandement supérieur de la gendarmerie, c'est moi qui ai demandé qu'on nous conduise au commissariat de police de Ouangolo. C'est parce que j'étais en mission commandée pour le compte du ministère de l'Intérieur et de la sécurité nationale que j'ai soufflé aux militaires de nous conduire au commissariat de Ouangolo. Là, j'ai confié les deux éléments au sous-lieutenant Koré, commissaire adjoint au commissaire de Ouangolodougou, Sikeli Lebato. Je me suis fait établir un certificat de déclaration de perte avec un nom d'emprunt et au lieu d'aller directement à Yandéré pour rentrer au Burkina, je suis passé par Bobo - Sikasso, Sikasso - Worodara, Worodara - Bobodioulasso, Bobodioulasso - Ouagadougou. Le 21 janvier 2001, le commandant Kéré, aide de camp de Blaise Compaoré, président du Faso, me dit, "Zadi, le président dit de te mettre aux arrêts ". Je lui ai demandé pourquoi, mon commandant ? Il m'a répondu, pour nécessité d'enquête. J'ai automatiquement su qu'il y a quelque chose qui n'allait pas. Tenez-vous bien, j'étais menotté du 21 janvier 2001 jusqu'au 24 février 2001, date à laquelle j'ai été déféré à la Maison d'arrêt et des consignes strictes avaient été données par l'aide de camp du président du Faso pour que je sois surveillé vingt quatre sur vingt quatre. A quelques personnes qui venaient rendre visite à leurs parents incarcérés, je leur transmettais en cachette quelques notes afin d'alerter le ministère de l'Intérieur, de la Décentralisation et de la Sécurité. Mais curieusement, les autorités de la Sécurité nationale qui m'ont envoyé en mission d'espionnage au Burkina Faso, ne réagissaient plus, y compris le commissaire Gnahoa Guy-Dorgeles, qui était le directeur de cabinet adjoint du ministre Boga Doudou. Tous avaient changé de numéro de portable. Le numéro du commissaire Gnahoa par exemple ne répondait plus. Je suis donc resté dans la prison burkinabé dans le dénuement total, sans soutien. J'y ai même contracté une tuberculose pulmonaire.
L'inter : Combien de mois êtes-vous resté en prison ?
Z.I.J. : Je suis resté dans cet univers carcéral du 21 janvier à fin septembre 2001, mois au cours duquel, j'ai pu m'évader par la grâce de Dieu, en sortant par le Niger, alors que la gendarmerie burkinabé alertée de mon évasion m'attendait du côté de notre frontière. Je suis ensuite passé par le Nigeria, puis le Bénin, le Togo et le Ghana. Arrivé au Ghana, je suis rentré en contact avec l'attaché de défense de l'ambassade de Côte d'Ivoire, M. Rabé qui a appelé directement la présidence de la République pour signifier ma position. C'est comme cela que je suis arrivé en Côte d'Ivoire. Cela dit, je voudrais indiquer que j'en ai aujourd'hui gros sur le coeur. Avec les documents que je détiens, les informations que j'ai sur tous les coups tordus qui se sont passés ici en Côte d'Ivoire, ces deux dernières années, on verra bien qui rira le dernier. Ce n'est qu'un tout petit pan du voile des nombreuses intrigues que je lève ici. Je ne parlerai pas du projet d'assassinat du président Bédié, à son retour d'exil, que certaines personnes voulaient exécuter pour le mettre sur le dos de Gbagbo afin de le mettre en difficulté .
L'inter : Revenons si vous le voulez bien sur le cas des deux assaillants que vous avez fait arrêter à la frontière alors que vous partiez en mission d'espionnage. Que sont-ils devenus, puisqu'on ne les a pas vus au procès des assaillants ? Ont-ils été remis à la DST comme vous le soutenez ?
Z.I.J. : Effectivement, les nommés Sery Bi Sylvestre, un ancien gendarme radié, et Jethème Elvis Olivier , un mercenaire hors pair ayant une parfaite connaissance des maniements des armes, jadis formé à la 152ème compagnie saharienne motorisée à Agades, sous le régime de Barré Maïnassara , que j'ai fait arrêter alors que je partais en mission d'espionnage au Burkina Faso, ont été bel et bien remis à la direction de la surveillance du territoire (DST) comme le mentionne d'ailleurs la main courante du commissariat de la police de Ouangolodougou et je vous laisse une copie de cette main courante pour que vous la publiiez. Mieux, le rapport de la main courante dit ceci : Sur ordre du sous-lieutenant Koré du service, mettons, nous chef de poste, à la disposition des éléments de la direction de la surveillance du territoire/ dont les noms suivent : S/C Zekré Gérard Honoré Mle 4519 (chef de mission) Sgt Tapé Jonas Vincent Mle 6034 Sgt Konan Gadeau Germain, Mle 6366 Sgt Gbobouo Bouazo, Mle 4722 Les nommés : Séry Bi Sylvestre et Jethème Elvis Olivier. Les éléments de la DST dont les noms ont été mentionnés ci-dessus sont entrés en possession des mis en cause sus-cités pour compter de ce jour 21/01/2001 à 13H30 à bord de la Pajero Mitsubishi, immatriculée 8755Ct 01, couleur blanche. Le départ pour Abidjan a eu lieu le même jour. Le chef de mission signe la décharge avec nous. Adjt Guinsou . Voici donc le document qui prouve que ces deux éléments ont été remis à la DST, qui y a dépéché ses agents pour les récupérer. Ça veut dire que ces deux assaillants ont été transférés à la DST. Alors question. Que sont-ils devenus ? Où sont ces deux éléments que j'ai fait arrêter le 19 janvier 2001 à Ouangolodougou ? Aujourd'hui, on dit qu'on juge une trentaine de personnes impliquées dans les événements des 7 et 8 janvier 2001. Ces deux personnes auraient dû être parmi les trente individus jugés. Si ces deux individus n'étaient pas présents à la barre, où sont-ils ? Faut-il comprendre par leur absence physique au procès, qu'ils ont été relâchés parce que le DGA de l'ONI, le commissaire Gnahoa Guy Dorgeles ne reconnaît pas que ces deux éléments aient été acheminés sur Abidjan. Il a eu à le dire devant l e chef Karim et le chef Amani, de la Brigade de Recherche. Où sont donc passés ces deux éléments remis à la DST ? Ils ne sont ni à la Maca où j'ai passé arbitrairement plus de deux semaines, ni chez eux. Ils sont portés disparus et on ne retrouve leur trace nulle part. Ont-ils été liquidés ? Si tel est le cas, qui a donné l'ordre de les liquider, alors que ces éléments étaient désarmés. Cela ne remet-il pas sur le tapis la question du charnier de Yopougon dans lequel on n'a jamais su qui a fait quoi ? Cette Côte d'Ivoire a changé et il faut dire les choses comme elles sont. Soit, il y a eu tentative de coup d'Etat les 7 et 8 janvier 2001 et on juge une trentaine d'assaillants y compris les deux personnes arrêtées à la frontière, soit il n'y a pas eu tentative de coup d'Etat et on ne juge personne. Car s'il y avait bel et bien eu tentative de coup d'Etat les 7 et 8 janvier, la logique recommanderait que ces deux personnes arrêtées à la frontière du Burkina juste après les événements de janvier et remises à la DST soient à la barre du procès des assaillants et qu'elles soient également entendues par le juge Deli Sepleu comme les autres le sont. Si ces deux individus ne sont pas à la barre, quelle peut-être la crédibilité de ce procès des assaillants ? Comment ne pas douter de la réalité de cette tentative de coup d'Etat ? Et tenez-vous bien, parmi les individus dits "assaillants", arrêtés à l'issue des événements des 7 et 7 janvier 2001 et écroués à la MACA pour le même délit, il y a certains qui percevaient l'intégralité de leur solde de militaire alors que d'autres ont les leurs suspendues. Allez y comprendre quelque chose. On dit que vous avez fait une tentative de coup d'Etat. On vous arrête, on vous met tous à la MACA et certains parmi vous perçoivent leur solde de militaires et d'autres ne perçoivent rien. Comment comprenez-vous cela ? N'y a-t-il pas matière à s'interroger ? Et je me suis beaucoup interrogé sur la réalité de cette tentative de putsch militaire des 7 et 8 janvier lorsque j'avais été arbitrairement incarcéré à la MACA, en même temps que les "assaillants".
L'inter : Pourquoi décidez-vous aujourd'hui de rompre le silence, vous qui êtes officieusement dans le renseignement ?
Z.I.J. : Je le fais surtout par devoir de vérité. Il fallait que je laisse commencer le débat. Il fallait que j'ai la liste totale des personnes à passer en jugement. Et c'est ce que j'ai fait. J'ai attendu que le procès des assaillants soit ouvert, j'ai attendu que la liste des assaillants soit établie avant de me prononcer. Parce que le nommé Sery Bi Sylvestre ne figure pas au nombre des assaillants, le nommé Jethème Elvis Olivier non plus. Alors que sont-ils devenus ? Voilà la question. Je vous ai dit tout à l'heure que lors de mon incarcération à la MACA, où j'ai retrouvé les assaillants, je me suis beaucoup interrogé sur la réalité de cette tentative de coup d'Etat. Pour moi, qui fut un espion de la République, payé en monnaie de singe après avoir rendu d'énormes services à mon pays, moi, qui ai fait arrêter deux individus que je connais comme des mercenaires au moment même où la République criait à une tentative de coup d'Etat, cette détention arbitraire à la MACA m'a fait réfléchir. J'en suis arrivé à la conclusion que cette tentative de coup d'Etat des 7 e 8 janvier tenait beaucoup plus du montage que de la réalité. N'oubliez surtout pas qu'aucun des assaillants n'a été pris sur les lieux du putsch, c'est-à-dire ni à la télévision, ni à la radio,. En prison, je me suis beaucoup interrogé sur la réalité de ce coup d'Etat, car j'étais comptable du sort des deux individus que j'avais fait arrêter alors que j'étais en partance pour l'étranger en mission commandée d'espionnage. Je rompt le silence pour ne pas être complice des magouilles, car ne pas réagir, c'est cautionner que des personnes soient écrouées et condamnées alors qu'on ne sait pas réellement ce qui s'est passé. Ce serait vraiment injuste. Nous avons affaire à des pères de famille, à des enfants de personnes. C'est pourquoi, pour la crédibilité de ce jugement, je demande qu'on retrouve ces deux individus, aujourd'hui portés disparus, afin qu'ils disent eux aussi leur part de vérité si tant est qu'il y a eu bel et bien tentative de coup d'Etat les 7 et 8 janvier 2001.
L'inter : Vous parlez tout à l'heure de mission commandée d'espionnage à l'étranger. Quelles sont les personnalités du régime avec lesquelles vous avez personnellement pris contact avant votre départ ?
Z.I.J. : J'ai personnellement eu contact avec le chef de cabinet du ministre Boga Doudou, le chef de cabinet adjoint (Gnahoa Guy Dorgeles), le directeur de cabinet (Tagro) . Dans un pays, cela n'est pas rien. Surtout, lorqu'après avoir fait arrêter les deux individus à la frontière, je préviens le cabinet et qu'on dépêche dans l'immédiat des agents de la DST pour les prendre, ça veut dire que je ne suis pas inconnu de nos autorités policières. Et je préviens que si ces deux individus arrêtés à la frontière ne sont pas publiquement présentés à l'opinion nationale et internationale, je porterai plainte contre le gouvernement Gbagbo pour assassinat et recel de cadavres.
LA TETE DE L'ESPION REPENTI MISE A PRIX A - 2 MILLIONS DE FCFA PROPOSES A LA POLICE POUR SA CAPTURE (L'Inter -- Lundi le 10 Juin, 2002) -- N'Dri Kouamé J.C. --
"Il faut qu'on arrête de jouer avec les gens. Il faut qu'on arrête de se jouer des gens. La sûreté de l'Etat, ce n'est pas une mince affaire. Et quand des personnes emploient des termes à tort et à travers, ça fait mal. Voyez-vous, nous avons vécu près de 40 ans de parti unique. Aujourd'hui, où nous vivons un semblant de démocratie. Il faudrait abandonner les habitudes du passé. C'est-à-dire, les éliminations extrajudiciaires, les règlements de compte, etc...", a déclaré M. Zadi Ikpo Jean-Guy, dans l'interview publiée dans nos colonnes la semaine dernière (Cf. L'Inter n° 1222 & 1223). Au nom de la liberté d'expression, même pour un agent de renseignements, l'homme ne croyait pas si bien dire. Car, dès la publication de la première partie de son interview, le mercredi 5 juin dernier, des agents de police, en civile ont effectué une perquisition au domicile de celui-ci. Selon des renseignements concordants, recueillis sur les lieux auprès des témoins de la descente policière, des agents de l'ordre, au nombre de cinq, sont venus perquisitionner le domicile de l'ex-espion repenti des gouvernements Bédié, Guéi et Gbagbo, le mercredi 5 juin aux environs de 11 heures. Les policiers seraient à la recherche des documents que l'ex-espion repenti détiendrait. "Ils ont tout saccagé dans la maison. Tout a été mis sens dessus-dessous. Visiblement, ils donnaient l'impression d'être à la recherche de documents confidentiels. Ils ont tout fouillé... Puis, ils nous ont demandé où était Zadi ? ...Nous leur avons répondu que nous ne l'avons pas vu depuis près de deux semaines. Et ils sont aussitôt partis comme ils sont venus...", témoigne, sous le sceau de l'anonymat, une dame, qui a tout de même pris le soin de mentionner que cette perquisition s'est déroulée sans brutalité, ni violence sur les autres résidents de la cour. Après avoir brisé la loi de l'omerta qui régnait jusqu'ici dans le milieu des agents de renseignement, l'ex-espion repenti, aujourd'hui en cavale, est traqué par des unités de forces de l'ordre lancées à ses trousses. Selon des indiscrétions émanant des sources proches des autorités de la sécurité "la tête de Zadi Ikpo Jean-Guy, a été mise à prix". Mieux, des instructions auraient été données aux agents de l'ordre de le rechercher partout sur tout le territoire national et le mettre aux arrêts. Grâce à des intermédiaires, nous avons pu, de notre côté, joindre l'intéressé qui n'a pas hésité à confirmer l'information . "Je sais effectivement que ma tête à été mise à prix, à hauteur de 2 millions de FCFA par le ministre Boga Doudou . J'ai mes réseaux qui m'informent constamment sur tout ce qui est décidé. Toutefois, je voudrais saisir cette occasion pour prendre publiquement à témoin l'opinion nationale et internationale. Je voudrais saisir publiquement les organisations de défense de droit de l'homme pour tout ce qui pourrait m'advenir...", a-t-il lâché avant de révéler qu'il a tenté de prendre également contact avec l'ex-patron de la police nationale, le général Ernest Atto Nangui, pour l'informer des déboires qu'il connaît suite à ses déclarations dans nos colonnes. Mais celui-ci lui a raccroché au nez dès qu'il s'est présenté. "Comment peut-on me traquer comme un bandit de grand chemin, dans mon propre pays, alors qu'on crie partout que la parole est libérée ? Qui veut-on tromper ? A qui ai-je fait du tort en révélant les missions de renseignements qui m'étaient confiées sous les régimes successifs depuis Bédié ? N'ai-je pas simplement voulu dire ma part de vérité ? Pourquoi m'en veut-on ? Si j'ai rompu le silence, c'est bien par devoir de vérité pour ne pas être complice des magouilles, car il s'agit, après tout, de la vie de deux personnes que j'ai fait arrêter et remettre à la D.S.T.. Je suis donc comptable de leur sort. Si on veut me réduire au silence pour m'empêcher de parler de ces deux individus que j'ai fait arrêter à la frontière (OuangoloDougou) et remettre à la D.S.T., c'est qu'il y a problème. Alors, sommes-nous vraiment à l'ère de la refondation, de la transparence, de la démocratie qu'on chante sur tous les toits ? En tout cas, pour moi, je ne cesserai de le dire, les événements des 7 et 8 janvier 2001 sont un grotesque montage. Qu'on apporte la preuve contraire pour me contredire", martèle-t-il. Au cours de notre entretien avec l'ex-espion repenti, on apprendra que le lieutenant Colonel Oulata Gaoudi, attaché de défense à l'ambassade de Côte d'Ivoire aux États-Unis est à Abidjan depuis quelques jours . "Si c'est pour me réduire au silence qu'ils ont fait revenir précipitamment au pays le commandant Oulata Gaoudi (qui circule dans une voiture de la présidence, de marque Peugeot 406, immatriculée D10 139, couleur bleu ciel), ils se détrompent. Autant, ils voient le dos des nageurs comme ils le disent, autant je vois également le leur...", a-t-il prévenu en indiquant qu'il ne demande qu'une seule chose, que les autorités fassent la lumière sur le cas des nommés Sery Bi Sylvestre et Jethème Elvis Olivier. Deux individus qu'il a fait arrêter le 17 janvier 2001 par la compagnie territoriale de Korhogo, après la "tentative de putsch militaire" des 7 et 8 janvier 2001 et qu'il a remis au commissariat de Ouangolodougou, où des agents de la D.S.T, placés sous le commandement de Zékré Gérard Honoré (chef de mission), sont venus les prendre le 21 janvier 2001 à 13h10 à bord de la Pajero Mitsubishi, de couleur blanche, immatriculée 8755 CT01. "Qu'on nous les présente et qu'ils soient également entendus à la barre par le juge Deli Sepleu", a-t-il dit.
ABANDONNE, MENACE D'EXPULSION DE SA RESIDENCE DE FONCTION : Depuis les USA, le Colonel Gaoudi Oulata crie sa colère contre Gbagbo - Le Nouveau Réveil - 15/12/2004
Le Colonel Gaoudi Oulata n`est pas content du régime du Président Laurent Gbagbo. Cet officier supérieur de l`armée ivoirienne qui a joué un rôle de premier plan dans la protection et dans l`installation de l`actuel chef d`Etat au pouvoir lors des événements post-électoraux d`octobre 2000 et qui est présentement attaché militaire de défense près l`ambassade de Côte d`Ivoire aux Usa est très amer. La raison, il fait l`objet d`une procédure d`expulsion de son domicile pour loyers impayés aux USA.
Il se sent humilié et abandonné par son ami Laurent Gbagbo depuis qu`il a été convoqué et entendu par le tribunal de Montgomery dans l`Etat de Maryland parce que tout simplement, la résidence officielle qu`il occupe dans le Maryland et qui lui a été attribué par l`Etat ivoirien en sa qualité d`attaché de défense accuse sept (7) mois d`arriérés de loyer. Le Colonel Gaoudi qui fait l`objet d`une procédure d`expulsion donc est passé devant le tribunal de Montgomery le mercredi 8 décembre dernier à 12h30 (heure locale) pour s`expliquer devant le juge sur les causes de ce manquement grave. Des sources proches de l`intéressé indiquent que depuis cette convocation devant le juge, le colonel est très remonté contre Laurent Gbagbo. Ce, d`autant plus que lors de son récent séjour aux USA, le Colonel Oulata aurait approché le Président Laurent Gbagbo pour lui poser son problème. Le chef de l`Etat ivoirien si friand des promesses lui aurait alors promis que dès son retour à Abidjan, il donnerait rapidement des instructions afin que ce petit problème de retard de loyer soit réglé. Mais depuis août 2004 à ce jour, le Colonel Gaoudi Oulata a beau attendre et regarder vers Abidjan, rien. En effet, selon des indiscrétions dignes de foi, la délégation militaire ivoirienne aux USA est sans dotation financière. De sorte qu`elle existe sans pouvoir vraiment travailler. L`ambassade de Côte d`Ivoire aux USA connaît également les mêmes difficultés financières. "Le budget de fonctionnement de l`ambassade n`a pas été mis en place depuis deux ans", nous confie une source assez introduite.
Le Colonel Gaoudi Oulata se sent d`autant plus humilié par le sort qui est le sien aux USA que Gbagbo lui aurait confié ce poste d`attaché de défense près l`ambassade de Côte d`Ivoire aux USA pour le récompenser du rôle de premier plan qu`il a joué lors des événements d`octobre 2000. En effet à cette époque, Gaoudi Oulata était le patron de la poudrière d`Akouédo. Ce sont ses hommes qui ont pris "le risque" de protéger le candidat Laurent Gbagbo lorsque celui-ci s`est déclaré élu devant Robert Guéi, chef de la junte militaire. Aujourd`hui il se sent trahi et abandonné par son ami qui lui a offert ce poste presque comme une "retraite tous frais payés". Mais la retraite dorée vire de plus en plus vers l`enfer et le colonel fâché menacerait de se livrer à une grande scène de déballage. Affaire à suivre donc.
Paul Koudou
LE COLONEL GAOUDI OULATA (Attaché de défense de Côte d`Ivoire) humilié et traduit devant le tribunal aux USA : Oulata rugit et déballe tout - Le Nouveau Réveil - 12/21/2004 5:46:38 PM
Le colonel Gaoudi Oulata est très amer contre Laurent Gbagbo. A la suite de notre article de la semaine dernière sur l`humiliation qu`il a subie et se faisant convoquer devant le tribunal de Maryland pour loyer impayé, l`attaché de défense de la Côte d`Ivoire aux USA a décidé de parler. De tout. Sans détours. Sinon presque. Lisez plutôt cette interview réalisée par internet précédée d`un propos liminaire.
PROPOS LIMINAIRE DU COLONEL GAOUDI
En tirant sur la sonnette d`alarme concernant les conditions de vie et de travail du Service de l`attaché de Défense de la Côte d`Ivoire aux U.S.A, dans votre journal "Le Nouveau Réveil" du 15 décembre 2004, vous me donnez l`opportunité de me confier à nos compatriotes, frères et soeurs ivoiriens. En effet, ce fameux 25 octobre où d`une place d`armes du camp d`Agban, j`ai fait un appel à la raison sur les antennes de deux radios internationales afin d`éviter un bain de sang massif et certain à mon pays, je suis rentré dans ma réserve jusqu`à ce jour, conformément aux exigences de mon métier.
Cependant, le devoir de réserve trouve ses limites et se brise là où commence l`entorse aux Droits de l`Homme. En l`occurrence, la vie et la dignité humaine, dans notre cas. Ce sont des valeurs sublimes, chères à tout être humain né libre et inaliénables pour notre peuple qui a choisi la démocratie pour disposer de lui-même. Et contre ces valeurs, aucune autorité, aussi puissante soit-elle, ne peut prospérer indéfiniment. Soumis donc à cette vérité universelle, je me résous à reconnaître que je ne dois pas garder la langue de bois, avec le risque évident de mettre en péril la vie des familles des militaires en poste, en mission commandées, sous ma responsabilité aux Etats-Unis d`Amérique.
C`est pourquoi, je tiens à féliciter la perspicacité avec laquelle vous avez saisi le moment de ma comparution devant la Cour de l`Etat du Maryland (USA) le 8 décembre dernier. Et quand on sait que je suis le représentant des Forces de Défense et de Sécurité de la Côte d`Ivoire aux U.S.A, ma posture de grande faiblesse face au juge Américain ce jour-là, était manifestement un autre symbole de nos armées maltraitées, humiliées et laissées pour compte depuis bien avant les événements du 19 septembre 2002. J`ai la ferme conviction que c`est en partie là que réside la cause profonde de la situation chaotique que connaît notre Nation. Permettez-moi alors avant de commencer cet entretien, de m`incliner avec un profond et sincère respect devant la mémoire de chaque être humain fauché par la mort en Côte d`Ivoire, de part et d`autre de la zone de confiance et à l`intérieur des limites de celle-ci. Puisse Dieu, Notre Père Tout Puissant les accueillir dans sa maison pour leur procurer à titre éternel, cette grâce - la Vie - que la méchanceté et l`égoïsme terrestres leur ont arrachée si brutalement.
Dans l`état de recueillement et de méditation quasi permanent où je me trouve depuis le début de l`horreur que vivent nos compatriotes, je ferai l`économie d`un déballage à mes frères et soeurs déjà sous le choc des affres de la guerre. Faisant strictement l`effort de nous appesantir sur les aspects essentiels, nécessaires à la compréhension des points a évoquer, il s`agit d`éclairer les uns et les autres, sans passion aucune; mais avec l`objectivité et la franchise qui m`ont toujours caractérisé chaque fois que sont dangereusement mises en cause les conditions de vie et de travail du soldat et la sécurité nationale.
Mon colonel, vous avez été nommé au poste très envié d`attaché de défense près l`ambassade de Côte d`Ivoire aux USA par votre ami Laurent Gbagbo. Pourtant, depuis quelques temps vous ne cessez de vous plaindre de vos conditions de vie et de travail aux USA. Que se passe-t-il au juste ? Quels sont vos problèmes ?
J`ai rencontré Laurent Gbagbo pour la première fois en 1994. Et depuis lors, son discours en faveur d`une Côte d`Ivoire moderne et profondément démocratique a rencontré ma conviction en une Armée nationale réellement républicaine. A partir de là, nous avons sur notre chemin exploré les voies et moyens pour atteindre ce but, dans une communion sacrée.
Grâce à Dieu j`ai pu élaborer les grandes stratégies décisives de la dernière ligne droite de son accession au pouvoir le 26 octobre 2000. Le camp d`Akouedo, d`Agban, RFI et BBC du 25 octobre 2000 s`en souviennent encore.
Pour toute reconnaissance, il m`a chassé du pays en me nommant aux USA, seulement trois semaines après la prise de ce pouvoir d`Etat que nous lui avons donné sur un plateau d`or , grâce à Dieu. C`était son destin. Mais en retour il aurait pu être reconnaissant à Dieu en ménageant ceux que le Tout-Puissant a choisis pour l`élever à la magistrature suprême de notre Pays. Ne serait-ce que ce signe de gratitude élémentaire.
Au lieu de me mettre dans les conditions idéales de travail, il met en péril la vie et l`avenir des familles des militaires en poste aux USA sous ma responsabilité . Depuis plus de deux ans, le régime Gbagbo refuse de mettre à notre disposition le budget de fonctionnement du Service de l`Attaché de Défense. Du coup, tout nous est interdit. Nous n`avons pas droit à l`assurance médicale, nos enfants ne sont pas régulièrement scolarisés et nos salaires toujours en retard se perdent dans le paiement des charges locatives qui relèvent exclusivement de l`Etat ivoirien.
Certains de vos proches nous avaient pourtant confié que vous avez saisi personnellement le Président Gbagbo lors de son dernier séjour aux USA de ces problèmes. Que lui avez-vous dit et qu`est-ce qu`il vous a répondu au juste?
Tout le monde sait que j`ai rencontré, naturellement, le Président Laurent Gbagbo lors de son dernier séjour aux USA et qu`il a promis fermement, devant témoins, de donner des instructions dès son retour à Abidjan afin que notre situation soit régularisée. Nous attendons toujours. Pendant ce temps j`ai soumis la situation désastreuse du Service de l`Attaché de Défense à tous nos chefs militaires, à tous les ministres et autres conseillers présidentiels, en mission à Washington DC; et j`ai même utilisé bien d`autres canaux pour rappeler mon cas au Président afin que nous recevions ne serait-ce que le 1/10 du montant considérable de nos budgets 2002, 2003, 2004 toujours bloqués au Trésor. Jusqu`à présent rien ne s`améliore à notre niveau. A ma grande surprise des rumeurs sont sécrétées depuis la Présidence à Abidjan que le Chef de l`Etat m`aurait offert 80 millions de francs CFA lors de ce dernier séjour aux USA . Ce qui est évidemment un grossier mensonge doublé d`une rare bassesse: faire croire à tout le monde que je suis un ami qu`on met au beurre alors qu`en réalité on met tout en oeuvre pour me détruire.
Les choses ne sont pas arrangées. Vous avez été attrait devant le tribunal. Racontez-nous ?
Plusieurs fois déjà j`ai fait l`objet de convocation devant la Cour de l`Etat du Maryland pour impayés de charges locatives et autres factures de fonctionnement. La dernière comparution date du 8 décembre 2004.
C`est une situation humiliante et dégradante pour nous, soldats en mission à l`étranger. Mais au-delà, c`est le signe de notre Armée, trahie, abandonnée et maltraitée depuis 2001. C`est également l`image de notre pays déjà amoché qui continue de souffrir.
Croyez-vous que c`est volontairement que Gbagbo ne veut pas régler vos problèmes ? Tout cela n`est-il pas lié aux difficultés actuelles du pays ?
Au vu de toutes mes démarches tournées en dérision et de ces promesses au plus haut niveau non tenues, comment ne pas croire que c`est sciemment que nous ne recevons pas notre budget sur plus de deux ans ? Évidement compte tenu des difficultés que rencontre notre pays, je ne devrais pas être le seul Attaché de Défense dans ce problème financier. Mais, je sais que de tous les budgets en retard de transfert, c`est celui de l`attaché de Défense aux USA qui souffre cette curieuse sécheresse, continuelle, depuis avant le 19 septembre 2002.
Nous avons été patients, très patients, devant l`Eternel. A cause de la situation dans notre pays. Mais nul ne peut vivre que de patience seulement. Surtout que nous sommes renseignés de ce que la guerre a fait plutôt des milliardaires, même dans l`entourage de ceux que nous avons vu venir au pouvoir. En plus, nous les militaires, avons été sevrés de nos budgets de fonctionnement et de nos salaires à Washington D.C. longtemps avant la guerre.
Donc la guerre au pays ne saurait à elle seule justifier le mauvais traitement réservé aux militaires du Service d`Attaché de Défense aux USA, et par ricochet à leurs nombreuses familles. (A suivre).
Interview réalisée par Paul Koudou
COL. GAOUDI OULATA CONFIRME : Gbagbo a été installé par un coup d'Etat militaro-civil
LeFront -23/12/2004
Révélation de taille. Le colonel Oulata Gaoudi, exaspéré et dupé par Laurent Gbagbo et la refondation, a craqué et laissé tomber la bombe. Dans une interview accordée à un confrère de la place, le ‘'vaillant'' et ‘'intrépide'' soldat a enfin lâché la vérité : « Gbagbo a été installé au pouvoir en octobre 2000 par l'armée ». Du coup, désormais, en Côte d'Ivoire, l'on sait que l'ancien opposant à Houphouet-Boigny n'est guère le démocrate qu'il - prétend - être.
« La vérité rattrape toujours le mensonge, même si celui-ci se lève de bonne heure », a dit l'adage. Cette maxime populaire vient encore de se vérifier sur les bords de la lagune Ebrié. Après avoir longtemps tenté de masquer les faits, Laurent Gbagbo et son régime viennent d'essuyer un cinglant désaveu avec l'interview-vérité de Gaoudi Oulata. Celui-ci, sans faux-fuyant, a confirmé à la presse que, « c'est l'armée qui a installé Gbagbo au pouvoir en octobre 2000 ». Une thèse pourtant contraire à celle qui, jusque-là, a été servie aux Ivoiriens par la refondation. Celle-ci a, à maintes reprises, soutenu et ressassé que Laurent Gbagbo a été élu par le peuple de Côte d'Ivoire. A telle enseigne que le chef de l'Etat, lui-même, s'en est enorgueilli, tout en narguant son adversaire d'alors, le général Robert Guéi. Aujourd'hui, en levant le voile sur cette ténébreuse victoire de Gbagbo, le colonel Oulata fait ressortir au moins deux faits majeurs. D'un, il prouve que le chef de l'Etat ivoirien n'a jamais été un démocrate chevronné. De deux, le soldat met à nu la manipulation de l'armée ivoirienne, dont Laurent Gbagbo s'est souventes fois rendu coupable. On comprend maintenant pourquoi ordre est donné à l'armée de se défendre par tout moyen, chaque fois, que le peuple veut exprimer son ras-le bol. A ce propos, des éléments des forces de l'ordre ne s'en cachent pas : « Allez-vous plaindre où vous voulez ; c'est nous qui avons installé Gbagbo au pouvoir », narguent-ils. Dans un cas comme dans l'autre, Oulata Gaoudi apporte de l'eau au moulin de tous ceux qui ont toujours soutenu que le chef de l'exécutif ivoirien est réfractaire à une compétition loyale, transparente et ouverte à tous. Par ailleurs, cette sortie de l'attaché militaire, auprès de l'ambassade ivoirienne aux Usa, met également à nu l'inconséquence, la mauvaise foi, et surtout le manque de reconnaissance de l'homme Gbagbo. Un véritable adepte de la politique du citron pressé. C'est-à-dire, celui qui se débarrasse de son bienfaiteur, une fois l'avoir utilisé. Et c'est le cas de Gaoudi Oulata, qui fait aujourd'hui les frais de l'éternelle roublardise de Laurent Gbagbo. Assurément, on aura tout vu avec les actuels tenants du pouvoir.
J. J.