June 21, 2005

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Le rapport de mission rédigé par Cheikh Yérim Seck

Je sais que mon pays, entre plusieurs préoccupations, a choisi de privilégier deux d'entre elles. D'abord la paix dans la liberté, dans la dignité, dans la tolérance, dans l'amour. La deuxième préoccupation, c'est l'éducation des enfants, la formation de la jeunesse, notre espoir , notre certitude du meilleur devenir de notre pays.
Félix Houphouët-
Boigny
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La Côte d'Ivoire : l'après Houphouët-Boigny -De la dévaluation de 1994 à l'élection présidentielle de 2000 - Valéry Garandeau
L'affaire Jean hélène - lesraisons... L'investigat..
Rapport -violation des droits de l'homme en CI
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Déclaration suite au référendum.

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15 ans après La Baule, le bilan démocratique africain est mitigé

LIBREVILLE (AFP) - lundi 20 juin 2005 - 9h37 - Quinze ans après le discours de la Baule, le multipartisme est devenu la norme en Afrique mais le bilan démocratique reste mitigé, certains pays affichant une incontestable réussite alors que d'autres peinent à rompre avec certaines habitudes. En juin 1990, lors du Sommet France -Afrique de La Baule (ouest de la France ), le discours du président français d'alors François Mitterrand, liant démocratie, aide internationale et développement, coïncide avec l'ouverture progressive de nombreux pays africains à la démocratie et au multipartisme.

Réussites exemplaires, le Mali et le Ghana ont, dès le début de la décennie, rompu spectaculairement et sans heurt avec des années de régime militaire, alors que le petit archipel du Cap-Vert est passé en 1990 du monopartisme à une démocratie parlementaire.

Le Sénégal, rare pays du continent où le multipartisme existait avant 1990, les rejoint en 2000 avec la fin de quarante ans de pouvoir socialiste, suivi du Kenya où Daniel arap Moi a transmis en 2002 à l'opposition un pouvoir vieux de 24 ans. Quelques abus ont toutefois récemment assombri le bilan sénégalais, de même qu'en Gambie, où des élections transparentes ne peuvent occulter certaines dérives du régime.

L'élan démocratique n'aura en revanche pas déboulonné certains "dinosaures" tels que le Gabonais Omar Bongo ou le Togolais Gnassingbé Eyadéma - jusqu'à sa mort en févier - qui ont réussi à conserver un pouvoir détenu depuis 1967. Il aura néanmoins permis de nettes avancées au Gabon , où Omar Bongo a préféré habilement affaiblir l'opposition, aujourd'hui quasi-inexistante. Eyadéma ne concèdera que des ouvertures beaucoup plus timides, avant de décéder en février dernier après 38 ans d'un pouvoir de fer.

La succession de son fils Faure Gnassingbé, au terme d'un processus controversé, a par ailleurs fait naître, après le précédent de Joseph Kabila en République démocratique du Congo (RDC), le spectre de "dynasties africaines" au Gabon, au Tchad, en Libye, au Sénégal ou en Guinée équatoriale, où les "fils de" sont présentés comme des successeurs potentiels de leur père.

Le bilan démocratique est pour le moins mitigé au Burkina, au Cameroun , en Mauritanie et au Tchad. En dépit de certains progrès, Blaise Compaoré, Paul Biya, Maaouiya Ould Taya et Idriss Deby se maintiennent au pouvoir à coups d'élections contestées, de partis hégémoniques et/ou de contrôle sévère sur médias et opposition. A Conakry et à Malabo , les changements n'ont été que de façade.

Le régime guinéen de Lansana Conté, au pouvoir depuis 1984, est qualifié de "démocrature": les élections n'y ont jamais été libres et transparentes, le débat politique est inexistant et l'opposition n'y dispose que d'un accès limité aux médias.

En Guinée équatoriale, le pouvoir reste depuis 1979 aux mains du clan de l'autoritaire général-président Teodoro Obiang Nguema. N'est tolérée qu'une opposition dite "démocratique", alliée au pouvoir. L'opposition "radicale" est réprimée et la liberté de la presse remplacée par le culte obligatoire du chef de l'Etat.

Quant au Zimbabwe , le régime de Robert Mugabe, longtemps porteur d'espoir, est devenu de plus en plus autoritaire ces dernières années, marquées par la violence politique, les atteintes aux libertés et la répression de l'opposition.

Ces pouvoirs monolithiques mettent en avant la stabilité de leur régime, alors que la démocratisation n'a pu empêcher la poursuite de crises récurrentes dans certains pays, quand elle n'a pas été elle-même facteur de crises.

En Guinée-Bissau, en proie à l'instabilité depuis son indépendance, se succèdent ainsi coups d'Etat militaires et élections multipartistes depuis 1991, et le pays s'attend à une présidentielle sous haute tension le 19 juin. Les troubles politico-militaires qui ont mis la Centrafrique à genoux depuis des années ont perduré malgré le multipartisme. Mince espoir, François Bozizé, énième putschiste du pays, vient de réussir à mener à bien une transition en remportant des élections dans un climat politique apaisé.

En Algérie, l'annulation, après la victoire des islamistes, des premières élections multipartistes en 1991 va déclencher une confrontation entre pouvoir et islamistes, marquée par de nombreux massacres de civils et qui fera 150.000 morts. La situation tend à se normaliser depuis l'arrivée au pouvoir en 1999 d'Abdelaziz Bouteflika, malgré un recul des libertés.

En Côte d'Ivoire , la succession du père de l'Indépendance Félix Houphouët-Boigny, décédé en 1993, a généré de profondes divisions. Le concept identitaire "d'ivoirité" développé par son successeur Henri Konan Bédié sera l'un des détonateurs de la crise qui secoue le pays depuis 2002.

Cas à part, l'ex-Zaïre aujourd'hui RDC attend toujours, 15 ans après le multipartisme et 40 ans après son indépendance, ses premières élections. La chute du maréchal Mobutu Sese Seko en 1997 n'aura laissé la place qu'à une nouvelle dictature et à une guerre régionale. Le premier scrutin de l'histoire du pays est prévu en juin 2006, mais le retard pris risque à tout moment de faire repartir la crise.

 
Au moins 70 morts dans les tueries de l'ouest ivoirien -AFP

Au moins soixante-dix personnes ont été tuées mercredi et jeudi dans les tueries interethniques dans la région de Duékoué (ouest de la Côte d'Ivoire), a affirmé le ministre de la Réforme administrative Eric Kahé qui n'exclut pas un bilan plus lourd."D'après les statistiques dont je dispose, nous sommes à 70 morts vérifiables de sources médicales", a déclaré le ministre, originaire de cette région. Selon le ministre, le bilan des tueries entre Dioula, musulmans originaires du nord de la Côte d'Ivoire ou de pays voisins, et autochtones Guéré, de la région de la sous-préfecture de Duékoué, pourrait être plus lourd encore.

Il a précisé que tous les corps de victimes n'avaient certainement pas été découverts dans ce secteur de forêt et de plantations de cacao.

Un dernier bilan de sources concordantes faisait état d'une soixantaine de personnes tuées depuis mardi dans des affrontements ethniques dans les villages de Guitrozon et de Petit Duékoué, ainsi qu'à Duékoué même (400 km à l'ouest d'Abidjan).

Jeudi soir, un calme apparent était revenu dans la région de Duékoué, sous contrôle loyaliste, où le couvre-feu est instauré entre 19H00 et 06H00 (locales et GMT).

Des renforts de l'armée ivoirienne ont été acheminés sur place et le chef d'état-major le colonel-major Philippe Mangou se trouvait jeudi soir à Duékoué, a constaté un journaliste de l'AFP.

Il s'est notamment adressé à des Guéré réfugiés à la mission catholique de Duékoué, après avoir fui leurs villages.

Le Premier ministre du gouvernement de réconciliation nationale, Seydou Diarra et le ministre de la défense, René Amani devraient se rendre vendredi à Duékoué, a-t-on appris de source officielle dans cette ville.

 

Tueries de Duékoué : la "passivité" des militaires au centre des critiques LEMONDE.FR | 03.06.05 | 19h26  •  Mis à jour le 03.06.05 | 19h26

Après les tueries interethniques à Duékoué et sa région, dans l'ouest ivoirien, qui ont fait mercredi et jeudi 3 juin au moins 70 morts entre autochtones Guéré et Dioula du nord, les forces armées ivoiriennes sont accusées de "passivité" pour ne pas les avoir empêchées.

Un calme précaire était revenu vendredi dans la ville où patrouillaient des éléments des Forces armées de Côte d'Ivoire (Fanci) arrivés en renfort, mais cette présence militaire n'a guère rassuré les deux communautés qui continuent de fuir la ville, affirmant ne "plus avoir confiance" .

RESPONSABILITÉ DES MILITAIRES

"La plus grande part de responsabilité dans ces tueries appartient aux forces de l'ordre" , accuse, Narcisse Sahé, 48 ans, adjoint administratif de la ville. "Leur distraction favorite est de boire dans les maquis (bars populaires), draguer les jeunes filles et s'adonner aux rackets" , dénonce, M. Sahé, soulignant sa "déception totale" .

Accroché à la portière d'un car de transport en partance pour Abidjan, M. Sahé donne les dernières consignes à sa femme et à ses deux enfants qu'il évacue en raison de "rumeurs d'attaques" contre les Guéré, sa communauté d'origine.

Les avis abondent sur le rôle des militaires. Abou, Dioula de 25 ans fait état d'un manque de confiance criant entre sa communauté et les militaires. "Nos quartiers n'ont pas bénéficié de protection adéquate lors de ces événements" , déplore-t-il, très sceptique sur une issue positive de la crise.

Accoudé à un camion, où s'entassent femmes et enfants prêts à partir, Kouadio, planteur baoulé, une ethnie du centre installée aussi dans la région, crie son "ras-le-bol" contre les militaires . "Malgré la présence de cinq camps militaires à Duékoué, ils (les militaires) n'arrivent pas à sécuriser la ville" , dénonce-t-il.

De son côté, Jean, enseignant, souligne que "les militaires font partir leur famille, ce qui n'est pas de bon augure" . "La rancoeur est telle que la situation peut dégénérer à tout moment" , estime-t-il.

DES CONFLITS FONCIERS A L'ORIGINE DE LA CRISE

Jeudi, près d'un millier de jeunes guéré réfugiés à la mission catholique de Duékoué ont exprimé leur "colère" au chef d'état-major de l'armée ivoirienne, le colonel-major Phillipe Mangou, réclamant le limogeage du commandant militaire de la ville. "Je vous ai compris, nous prendrons les mesures très fermes qui s'imposent" , a répondu le colonel Mangou.

Pour l'heure les communautés guéré et dioula affirment "attendre beaucoup" du premier ministre ivoirien, Seydou Diarra, venu vendredi pour décanter une situation très explosive.

"Il faut tenir un langage de vérité au premier ministre, ce n'est pas une crise communautaire, mais une situation née de conflits fonciers mal résolus" , affirme un habitant de cette riche région agricole de la boucle du cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial. "Les gueré, qui ont vendu des terres aux allogènes, veulent aujourd'hui les reprendre" , souligne-t-il.

Une situation, exacerbée selon lui, par la crise politico-militaire, créée par une rébellion qui occupe le nord du pays depuis près trois ans, et dont la quasi-totalité des responsables appartiennent à la communauté dioula.

Malgré leurs graves différends, les Guéré et les Dioula de Duékoué ont "un seul regret" , le départ de la région, en octobre dernier, des soldats de l'opération française Licorne. "Les Français ont plus sécurisé la région que l'ONU et les Fanci. Ils partageaient les repas avec la population et sympathisaient avec elle pour comprendre ses problèmes" , lance, avec amertume, un veillard

 
Massacres de Duékoué : Le cri de cœur des Wê : L'armée et le gouvernement ont démissionné
Le Nouveau Réveil - 10/6/2005 
Les cadres, élus et les fils des quatre départements Wê se sont retrouvés hier au Conseil Economique Social, pour selon les initiateurs de la réunion, réfléchir à ce qui leur arrive et proposer des solutions. Les Wê, toutes tendances confondues ont mis l'accent sur le lourd tribut que paient les populations de Toulépleu, de Bloléquin, de Bangolo, de Facobly, de Kouibly, de Nidrou de Sémien et maintenant de Duékoué depuis décembre 2002, date du déclenchement de la guerre à l'ouest.
A la suite des initiateurs dont le porte-parole Roger Kocan a situé le cadre et fixé les objectifs de la rencontre, la présidente de la réunion, Madame Angèle Gnonsoa, ministre d'Etat, ministre de l'Environnement, a tout de suite mis les pieds dans le plat « Ceux qui sont morts sont de tous les partis politiques. Ce qui les unit, c'est qu'ils sont tous Wê et sont nos parents…Nous ne sommes pas ici pour régler des comptes personnels, des comptes domestiques, des comptes entre nous. Parce que le règlement de comptes des autres nous tue. Jusque-là aucun Wê n'est encore candidat…Chacun pourtant prend le problème de Duekoué comme il veut.

Certains demandent la démission du Président Gbagbo, d'autres demandent la démission du Premier ministre Seydou Diarra et du Gouvernement, d'autres encore disent qu'il n'y aura pas d'élection en 2005. Mais personne ne se préoccupe du sort des Wê… », ainsi Mme la ministre traduit le cri de cœur des Wê qui se retrouvent ainsi dans la peau des chairs à canon pour être mieux abandonnés une fois qu'on a fini de les utiliser politiquement. Sur ce point, Roger Kocan n'y est pas allé de langue morte : « Pourquoi c'est chez nous que la guerre se poursuit, alors qu'elle n'y a pas commencé ? Pourquoi c'est chez nous qu'on parle de milices, de désarmement ? Est-ce nous les rebelles ? On veut nous utiliser et demain quand ça sentira bon, on va nous oublier. Mais à qui la faute ? Le Président a dit que ce qui est arrivé à Duékoué est un acte planifié. Certains parlent de début de la guerre civile. Est-ce chez nous que la guerre civile doit commencer ? Pourquoi ? », s'est-il écrié. Comme pour montrer à tous que les populations de Petit Duékoué et de Guitrozon étaient abandonnées à elles-mêmes, aux mains des tueurs, Mme Gnonsoa s'étonnera de la non réaction des Forces de Défense et de Sécurité qui étaient pourtant à Guitrozon : « … Duékoué est en zone loyaliste, les FANCI sont là, visibles partout à Duékoué. Mais depuis le début de la guerre, il y a toujours des massacres à Duékoué… Dernièrement, toute la hiérarchie militaire était informée de ce qu'il devait y avoir une attaque. C'est le Chef d'état major que nous avons rencontré qui nous l'a dit. Cette nuit là, le CEMA a donné des ordres pour sécuriser la zone. On ne sait pas pourquoi ces ordres n'ont pas été exécutés…Duékoué était sous couvre feu, Guitrozon est électrifié. On a brûlé des maisons et leurs occupants. Mais curieusement, on n'a pu arrêter une seule mouche de ceux qui nous tuent. » Que faire donc pour que ce qui reste des populations Wê ne périsse pas ? C'est à cette question que les Wê étaient appelés hier à répondre. Le ministre Kaé Eric qui revient du terrain a tenté de donner une orientation à cette concertation, après avoir retracer le film de ce qui apparaît aujourd'hui comme un génocide « Que le peuple Wê, tout en menant, de façon légale, le combat de son droit à la vie puisse donner au monde la leçon de tolérance, de pardon et d'amour ». Le ministre Kaé, en même temps qu'il disait ce qui n'a pas marché, s'est voulu conciliateur. Ainsi pour lui, il ne faut plus trop chercher à indexer qui que ce soit, mais voir ce qui n'a pas marché pour le corriger. « …Les allogènes gèrent l'équilibre de la terreur. Quand un des leurs est tué, ils doivent en tuer plusieurs… Le jeudi, 4 sénoufo ont été tués, on savait déjà qu'il y aurait des représailles… Pour des problèmes de dysfonctionnement au niveau de l'armée, le dispositif de sécurisation n'a pas marché… », a-t-il expliqué, avant d'insisté que sous l'impulsion des autorités et des élus, les jeunes des différentes communautés se sont rencontrés le mercredi dernier à Duékoué. Ils ont discuté et ont même fait une marche commune pour la paix.

Toutefois, les Wê dans leur quasi-totalité ont exprimé hier leur volonté de rencontrer le chef de l'Etat pour lui exprimer de vive voix ce qui leur arrive. « Ont a l'impression que nous sommes abandonnés par le Président Gbagbo », ont-ils dit, non sans avoir reconnu qu'à son retour de son périple africain, le Chef de l'Etat a promis prendre la sécurité de la région en main. Le ministre Gnonkonté Désiré a exhorté les Wê, au sortir de cette rencontre à prendre des résolutions fortes pour interpeller le gouvernement.

Les préoccupations des Wê sont entre autres : la reconstruction des villages, la mise en place des conditions pour que les populations retournent dans leurs villages et campements, la sécurisation totale de la région, l'assistance matérielle à tous les déplacés. Pour cela, ils entendent absolument rencontrer incessamment le Président Gbagbo pour lui dire de vive voix leur déprime. D'ici là, le député Déhé Gnahou recommande qu'on punisse les militaires des FANCI qui n'ont pu protéger les populations, alors qu'ils sont payés par le travail de ces populations.

Eddy PEHE

 
L'Onu place les élections en Côte d'Ivoire sous haute surveillance
NEW YORK (AFP) - vendredi 03 juin 2005 - 18h57 - Le Conseil de sécurité des Nations unies a placé vendredi sous haute surveillance les élections en Côte d'Ivoire, pour s'assurer qu'elles se dérouleront selon des critères acceptables par la communauté internationale.

Dans sa résolution 1603 adoptée à l'unanimité, le Conseil a menacé de sanctions quiconque tenterait d'empêcher que les élections soient "ouvertes, libres, justes et transparentes".

Un dispositif de sanctions individuelles contre des personnes jugées coupables d'avoir fait obstacle aux accords de paix de Linas-Marcoussis, d'avoir commis des violations des droits de l'homme ou d'avoir incité à la haine en Côte d'Ivoire est déjà en place, aux termes d'une précédente résolution du Conseil, la 1572 de novembre 2004.

La 1603 stipule que toute tentative d'empêcher que les élections soient conformes aux critères internationaux serait considérée comme un obstacle à la mise en oeuvre de l'accord inter-ivoirien de Pretoria du 6 avril dernier et à ce titre serait passible des sanctions prévues par la 1572.

Le Conseil de sécurité a également demandé au secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, de désigner, après consultations avec l'Union africaine (UA) et son médiateur dans la crise ivoirienne, le président sud-africain Thabo Mbeki, "un Haut représentant pour les élections en Côte d'Ivoire".

Ce Haut représentant, qui sera distinct de l'actuel envoyé spécial de M. Annan en Côte d'Ivoire, le Suédois Pierre Schori, sera notamment chargé de vérifier la régularité de chaque étape du processus devant mener au scrutin présidentiel du 30 octobre prochain, puis aux élections législatives qui doivent suivre.

Le Haut représentant devra notamment participer au travail de la Commission électorale indépendante avec pour mission de s'assurer que toutes les étapes du processus électoral soient "ouvertes, libres, justes et transparentes".

Il devra rapporter tout manquement dans ces domaines au Conseil de sécurité et à M. Mbeki.

Il devra en particulier s'assurer que les listes électorales et les cartes d'électeur soient établies de manière à garantir la régularité des scrutins.

Il sera aussi chargé de conseiller et d'aider les autorités ivoiriennes à surmonter tout obstacle qui pourrait survenir dans l'organisation, dans les délais prévus, de ces élections.

Ces élections, notamment la présidentielle, sont considérées comme la clé d'une sortie de la crise politico-militaire sans précédent que traverse la Côte d'Ivoire depuis plus de deux ans et demi.

A la source de la crise, se trouvait notamment la décision des autorités ivoiriennes d'éliminer de la précédente présidentielle l'opposant Alassane Ouattara, au motif que sa nationalité ivoirienne était douteuse. Il a été autorisé à se présenter à la prochaine présidentielle, suite à un compromis obtenu par la médiation Mbeki.

Le Conseil de sécurité se propose par ailleurs de renforcer et d'élargir le mandat de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) et des forces françaises "Licorne" qui la soutiennent, dans environ trois semaines.

Il est prévu qu'aux termes de son mandat élargi, l'Onuci soit chargée, entre autres, de soutenir l'organisation d'élections libres et transparentes.

Après l'adoption de la résolution 1603, l'ambassadeur de Côte d'Ivoire à l'Onu, Philippe Djangoné-Bi, s'est félicité, dans un communiqué, de "l'engagement du Conseil à prêter aide et expérience" à son pays pour l'organisation des élections.

Il s'est également réjoui de la nomination future du Haut représentant de l'Onu pour les élections, à qui il a promis la "pleine coopération" des autorités ivoiriennes.