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UN FILS AUTHENTIQUE DU NORD DENONCE : « Il n'y a ni exclusion ni xénophobie en Côte d'Ivoire »
SANOGO Mamadou Patriote Ivoirien

Un fils authentique du Nord dénonce :« Il n'y a ni exclusion ni xénophobie en Côte d'Ivoire »
« Les ressortissants du Nord, en particulier les Malinkés ( malencontreusement appelés Dioulas ) et les musulmans sont l'objet de persécution et d'exclusion de la part du régime du Président GBAGBO. Avec GBAGBO, la Côte d'Ivoire est devenue xénophobe. » Voici le discours distillé depuis un certain temps, par une nouvelle race de politiciens ( à ne pas confondre avec les hommes politiques ) apparus brutalement sur la scène politique dans notre pays, et qui polluent notre quotidien. Conséquence, l'atmosphère de bonne ambiance qui a toujours prévalu entre les Ivoiriens de toutes les ethnies, régions et religions d'une part, et d'autre part, entre les Ivoiriens et leurs frères étrangers qu'ils ont accueillis chez eux, de bon cœur, est devenue nauséabonde.
Face à cette « prise en otage » dont nous ( nordistes et musulmans Ivoiriens) sommes l'objet de la part de ces gens, se taire encore plus longtemps, serait se rendre complice d'une situation qui n'existe que dans l'esprit de ses concepteurs et de leurs ouailles. Surtout que cette situation exécrable vaut à notre pays, la sale guerre qu'elle subit depuis la nuit du 18 au 19 Septembre 2002.
C'est pourquoi, en tant que Patriote Ivoirien, Malinké et musulman originaire de Boundiali ( Nord ), nous voulons partager avec vous cette modeste contribution.
Ainsi, nous aborderons tour à tour, à travers des faits, les notions d'exclusion, de laïcité de l'Etat et de xénophobie et nous terminerons par un appel à nos parents du Nord et aux musulmans de Côte d'Ivoire.

1 - de l'exclusion des nordistes
Le « Petit Robert 1 » définit l'exclusion comme étant ‘'l'action de renvoyer, chasser quelqu'un de l'endroit où il était admis, de le priver de certains droits; de tenir à l'écart en interdisant l'accès.''
Alors de quoi nous a-t-on exclus dans ce pays ? Je réponds, RIEN !

a) Au niveau administratif
Tout le monde sait dans ce pays que le Nord ne produit pas assez de richesses; mais que de réalisations effectuées dans cette partie de la Côte d'Ivoire, grâce aux ressources produites dans les autres Régions! J'en veux pour preuve le plus grand nombre de villages électrifiés, connectés au réseau téléphonique et dotés de pompes hydrauliques, contrairement au Centre, à l'Ouest, au Sud.
Nous avons plus de sous-préfectures et de mairies par rapport aux autres régions du pays. La preuve est que dans le département de BOUNDIALI, Kolia, Gbon et Kouto qui ne sont distants que de six(6) km, sont des chefs lieux de sous-préfecture. Kasséré qui est à environ 25 km de ces trois (3) villes a aussi sa sous-préfecture et sa mairie. Ces cas qui sont légion dans le Nord de la Côte d'Ivoire ne se voient nulle part ailleurs sur le territoire national.

b) Au niveau économique
Les villages qu'on dit développés au Sud et à l'Est sont en grande partie le fait des fils de ces villages. Pourquoi n'en ferait-on pas de même au Nord, surtout que ce sont les nordistes qui détiennent la plus grande part du pouvoir économique ?
En effet, 90% des cars et taxis qui roulent en Côte d'Ivoire, appartiennent aux Nordistes, mais entreprenez un voyage au Nord, vous comprendrez notre malheur. A ce sujet, un richissime ressortissant d'Odienné à qui on demandait d'investir à Odienné, répondait invariablement :
« la tè yôrô mina, la tè kè la yé » traduisez: « on ne fait rien, là où il n'y a rien ».
Et les maisons et autres immeubles d'Abidjan, de Daloa, de Bouaké, de Gagnoa, de Bongouanou, d'Abengourou, de Man, d'Agboville, d'Adzopé, de Dabou, d'Aboisso, de San-Pédro..? A qui appartiennent-ils ? Toujours aux ressortissants du Nord, qui y sont allés, y ont fait fortune, s'y sont installés sans jamais retourner chez eux. Si nous ne sommes donc plus retournés chez nous, c'est que les autres nous ont acceptés et nous nous sommes intégrés. Des mariages existent même entre eux et nous, et nous avons des Dioulabougou ou dioulakro
(quartiers Dioula) dans toutes les villes et hameaux du Sud, du Centre, de l'Ouest et de l'Est. Or, vous ne verrez jamais de Bétéhio, de Didalilié, de Baoulékro ou Agnikro, de Abbeyguié, de Akyépé et que sais-je encore, à Korhogo, Ferké, Katiola, Boundiali, Odienné, Séguéla, Mankono ou à Tengrela. En ce moment qui exclut qui ? Nous vivons ensemble chez les autres et seuls chez nous.
Le projet de bitumage de l'axe BOUNDIALI-TENGRELA qui devait entrer dans sa phase active le
20 Septembre 2002 (de source proche du BNETD), est-il aussi un acte d'exclusion du Nord ? Que dire des réformes engagées dans le secteur de l'anacarde et du coton? Et l'augmentation du prix du coton en pleine guerre avec la mise en place d'un couloir économique pour convoyer ce coton sur Abidjan ? Que dire du Projet belge - santé auprès duquel, le gouvernement AFFI avec la bénédiction du Président LAURENT GBAGBO venait d'obtenir plus de DOUZE MILLIARDS ( 12 000 000 000 ) de FCFA pour le financement de projets en matière de Santé dans la Région des Savanes ( Nord )? Sont-ce là des mesures d'exclusion du régime GBAGBO à l'encontre de nos parents ? Soyons sérieux et arrêtons d'entraîner nos pauvres parents dans cette cabale à laquelle ils ne comprennent certainement rien.
Abordons à présent le volet socio-politique de notre réflexion.

c) Au niveau socio-politique :
Depuis l' indépendance jusqu'à l'avènement de S.E.M. Laurent GBAGBO au pouvoir, les nordistes n'ont jamais été oubliés, encore moins exclus. La liste est longue des fils et filles de cette partie de la Côte d'Ivoire qui ont occupé et occupent encore aujourd'hui, de hautes responsabilités dans l'appareil d'état. Citons pêle-mêle :
Feu Mamadou Coulibaly (Président du CES), les Ministres Klognougo Konaté, KONE Ibrahim Dodo, Bamba Issouf, Nanlo Bamba, Gaston Ouassenan Koné, Dibona Koné Marcel, Noël NEMIN, Coulibaly Adama Nibi Zana, N'Golo Coulibaly, Gl Lansana Palenfo, Gl Abdoulaye Coulibaly, Assana Sangaré Ouattara, l'Ambassadeur S.E.M. Seydou Elimane Diarra ( ex - Premier Ministre), Yaya Ouattara, Timité Amadou, Amadou Ouattara, Mohamed Lamine Fadika, Bamba Vamoussa, Dr. BALLA Kéita... Aujourd'hui, avec le Président GBAGBO, voyons nous - mêmes : Pr Mamadou Koulibaly (Président de l'Assemblée Nationale, 2ème personnalité du pays), Laurent Dona Fologo (Président du CES), Gl Issouf Koné (Grand Chancelier de l'ordre national), les Ministres Sangaré Aboudramane (Ministre d'Etat), Pr Koné Dramane, Zémogo Fofana, Bamba Mamadou, Soumahoro Amadou. Autres prsonnalités : Mme Touré Sarata OTTRO (Directeur de cabinet adjoint du Président de la République), M. Coulibaly Abou Sangolobè (S.G.A. de la présidence de la République), M. Koné Lanciné (Conseiller spécial du Président de la République), Koné Al Moustapha ( Conseiller spécial du Président de la République ), Ange Barry Battesti de Séguéla ( PCA du Port Autonome d'Abidjan), et ces nombreux ambassadeurs dont Bamba Issouf, Diabaté Aboubakar Sidick et j'en passe.
Au Conseil économique et social (CES), les nordistes représentent 28,33% (soit 34 conseillers sur 120) des membres de cette institution. Ils sont tous nommés par le Président de la République SEM Laurent GBAGBO. Même des ivoiriens d'origine étrangères (des libanais) y siègent.
De quelle exclusion parle-t-on ? Arrêtons de distraire les gens.
En ce qui concerne les postes électifs, les nordistes deviennent députés, maires et conseillers généraux et municipaux partout en Côte d'Ivoire, sans que cela ne gène personne. Voyez par exemple les cas des maires ISSOUF SYLLA ( Adjamé ), ADAMA TOUNGARA ( Abobo ) pour ne citer que ceux-là. Pendant que les ressortissants des autres régions du pays, même dans leurs rêves les plus fous ne peuvent prétendre être simples candidats au Nord. Entre nous-mêmes, on s'exclut selon que l'autre est « Djéli » (griot), Forgeron, « Lôgon », « Mangôrô »(potiers de Katiola) ou Sénoufo de seconde zone. Cela est un fait de culture et tout le monde s'en accommode parfaitement. Ce qui est plus grave, c'est quand vous êtes ressortissant du Nord ou musulman non militant du RDR, vous êtes pire que le SIDA, aux yeux des militants de ce parti. En ce moment qui exclut qui, quand on sait que nous Nordistes, sommes les mieux intégrés en Côte d'Ivoire?
Au passage, je voudrais proposer que l'ONI fasse appel à de vrais Malinkés ivoiriens pour certaines opérations, car il suffit que vous parliez pour que nous vous disions d'où vous êtes.
Le Président Laurent GBAGBO qui a une haute idée de l'Etat, fortement attaché à la bonne gouvernance, à l'équilibre régional, à la justice sociale, à la cohésion nationale, au développement intégral de l'Homme Ivoirien, ne vient-il pas de mettre en place les conseils généraux pour corriger les disparités régionales ? Ainsi, chaque département vient d'être doté d'un budget conséquent pour se prendre en charge, et ces budgets sont attribués sans tenir compte ni de l'ethnie, ni de la religion, ni de l'appartenance politique dominante du département. Sinon Korhogo n'aurait pas eu 4.672.900.000 FCFA pendant que Gagnoa ( région d'origine du Président Gbagbo) n'a que 3.466.900.000 FCFA, Boundiali n'aurait près de QUATRE MILLIARDS
( 4 000 000 000 ) de FCFA pendant que Adzopé ( bastion du FPI au pouvoir ) ne s'en tire qu'avec à peine TROIS MILLIARDS ( 3 000 000 000) de FCFA.
Au vu de ce qui précède, peut-on raisonnablement soutenir que les ressortissants du Nord sont victimes d'exclusion en Côte d'Ivoire ? Nous répondons évidemment par la négative, avant de faire un clin d'œil à la laïcité de l'Etat où encore les mêmes parlent d'ostracisme (ou d'exclusion) au niveau des musulmans.

2 - De la laïcité de l'Etat ou de l'exclusion des musulmans
Pour commencer, entendons-nous sur la définition du concept de laïcité de l'Etat. Ici, c'est le dictionnaire « Le Petit Robert 1 » qui nous éclaire en ces termes: la laïcité est le « caractère de ce qui est laïc ». Un Etat laïc étant un « Etat indépendant de toute confession religieuse », un « Etat neutre entre les religions ».
Nous verrons que déjà dans le préambule de notre constitution (adoptée à plus de 86% les 23 et 24 juillet 2002 et promulguée le 1er Août de la même année), l'Etat proclame sa laïcité, à l'alinéa 2. Mieux, au Titre I ( Des libertés, des droits et des devoirs ), Chap. 1er (des libertés et des droits), Article 9, il est bien écrit que : « la liberté de pensée et d'expression, notamment la liberté de conscience, d'opinion religieuse ou philosophique sont garanties à tous, sous la réserve du respect de l a loi, des droits d'autrui, de la sécurité nationale et de l'ordre public ». Aussi, au Titre II ( De l'Etat et de la souveraineté ), l'article 30 stipule- t-il que : « la République de Côte d'Ivoire est une et indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure à tous égalité devant la loi, sans distinction d'origine, de race, d'ethnie, de sexe et de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son principe est le gouvernement du peuple par le peuple et pour l e peuple. »
Au surplus, dans le code électoral, il n'est fait mention nulle part qu'interdiction est faite aux musulmans de briguer un quelconque poste électif ou nominatif en Côte d'Ivoire.
Quand on a lu cela et jeté un regard sur toutes les actions menées par l'Etat au profit des musulmans, de quelle exclusion un musulman sincère peut-il se sentir victime dans ce pays ?
En vérité, de tout temps, des églises et des mosquées ont été bâties dans ce pays avec l'argent du contribuable, et cela n'a jamais gêné personne. Alors, depuis bientôt trois (3) ans, on s'acharne sur le Président GBAGBO, dont les actes posés au profit des musulmans méritent d'être rappelés ou portés à la connaissance de ceux qui ne savent pas. De quoi s'agit-il ?
En Août 1991, Laurent GBAGBO, alors Secrétaire général du FPI, a entrepris une tournée politique au Nord. A l'étape de SAMATIGUILA ( j'y étais Secrétaire général de section FPI ) le jeudi 27 Août 1991, c'est l'Imam adjoint de la ville, El Hadj Kalilou Diaby qui a fait un véritable plaidoyer pour l'ouverture d'une ambassade de Côte d'Ivoire en Arabie Saoudite, afin de mettre fin aux souffrances des pèlerins musulmans à la Mecque.
En réponse à cette requête, le Président GBAGBO a dit exactement ceci : « je comprends parfaitement votre préoccupation. Si j'étais chef de l'Etat je vous dirais que c'est acquis, mais ce que je peux faire en l'état actuel des choses, c'est de transmettre votre requête au Président de la République. Soyez sûrs que dès mon arrivée à Abidjan, je lui transmettrai votre cri de cœur ». Mieux il a ajouté que: « je trouve anormal que l'Etat subventionne les écoles confessionnelles chrétiennes et que leurs homologues musulmanes ne le soient pas. Bien qu'étant chrétien, je trouve cela injuste ». A cet effet, il a dit que dans le programme de gouvernement du FPI, il est inscrit la prise en compte de toutes les écoles confessionnelles par le Ministère de l'Education Nationale, sans discrimination aucune. Aujourd'hui, les conditions d'applicabilité de cette mesure sont déjà arrêtées par le Ministère de l'Education Nationale.
Effectivement, quand il est rentré de sa tournée, il a formé une délégation conduite par son adjoint d'alors, S.E.M. Aboudramane Sangaré ( actuel Ministre des affaires étrangères et des ivoiriens de l'étranger ) qui est allée rencontrer le Ministre des Affaires étrangères d'alors, SEM. AMARA ESSY, pour lui proposer l'ouverture d'une ambassade de Côte d'Ivoire en Arabie Saoudite. Ce qui fut fait en 1992 avec comme premier ambassadeur, SEM. ABOU CISSE, cadre de banque et fils de Samatiguila. Houphouët venait ainsi de faire droit à un vœux cher aux musulmans, par l'entremise de M. Laurent GBAGBO. Aujourd'hui qu'il est au pouvoir, il vient de donner gracieusement aux saoudiens des locaux pour abriter leur ambassade en Côte d'Ivoire, en attendant qu'ils construisent sur le site à eux offert par le même GBAGBO. Et l'ambassadeur d' Arabie Saoudite est ici aujourd'hui.
Toujours sur sa lancée, il a augmenté les fonds alloués aux pèlerins musulmans. Ainsi, un plus grand nombre de musulmans peut accomplir le 5e pilier de l'Islam. En ce qui concerne l'organisation du pèlerinage, il faut dire que cela était la chasse gardée d'un petit cercle d'amis affairistes; parce que ce qu'on ne dit jamais aux musulmans, c'est que sur chaque pèlerin, les organisateurs (associations musulmanes) prélevaient une commission. Certains parlent même de 120.000 FCFA par pèlerin enrôlé.
Conséquence, cafouillage et grande souffrance de nos parents aux lieux Saints de l'Islam. Le Président GBAGBO a mis de l'ordre, en libéralisant l'organisation du pèlerinage. Tout organisateur devra satisfaire désormais se conformer aux termes du cahier des charges élaboré par le Ministère d'Etat, Ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation. Voyant leur avoir s'amoindrir, parce qu'incapable de mobiliser le plus grand nombre de pèlerins, certains Imams ont tenté en février 2002, de dresser les musulmans contre le régime, en affirmant que : « l'Etat veut saboter l'organisation du pèlerinage » (Cf. le quotidien « Le Jour » N° 2025 du jeudi 10 janvier 200 ). Ils iront même jusqu'à affirmer que « la Côte d'Ivoire est sur la liste rouge en Arabie Saoudite. » Malheureusement pour eux, le pèlerinage 2002 mieux organisé qu'un pèlerinage ne l'avait été auparavant, et tous les pèlerins étaient vraiment à l'aise. De retour au pays, ce sont ces mêmes détracteurs du régime qui sont allés féliciter le gouvernement pour sa parfaite maîtrise de l'organisation du pèlerinage. Malheureusement une fois de plus, ce n'est pas ce langage de vérité qu'ils ont tenu devant les fidèles musulmans. Ils ont leurs raisons.
Autre œuvre du Président GBAGBO, la création du Conseil National Islamique. En effet, à la première Assemblée Générale constitutive du CNI en 1991, les musulmans ont été dispersés, sans ménagement par la police à la Mosquée d'Adjamé. ADO était le Premier Ministre. C'est le même Laurent GBAGBO qui a appelé le FPI, son parti, dans la rue, et le CNI naquit. A-t-on oublié tout cela ? Le musulman, en tout cas le vrai, n'est pas ingrat.
La Banque Islamique de Développement (BID), parlons-en; c'est avec le Président Laurent GBAGBO que la Côte d'Ivoire a adhéré à cette institution. Tout ça, on n'en souffle pas un traître mot aux fidèles musulmans. Cette banque vient d'ailleurs de signer avec le gouvernement, un accord de financement du prolongement de l'autoroute du Nord et des infrastructures hydrauliques dans la région des Savanes ( Nord )et du Fromager. Les actes posés par le Président GBAGBO en faveur de la communauté musulmane sont nombreux, et il ne mérite pas le faux procès que certains chefs religieux musulmans lui font. Il n'est donc pas juste d'affirmer que : « GBAGBO se comporte en chef d'Etat chrétien dans un Etat laïc » et que « les musulmans sont victimes de toutes les persécutions » (Le Jour N° 2024 du mardi 09 janvier 2002). La Côte d'Ivoire n'a jamais écarté qui que ce soit de quoi que ce soit, simplement parce qu'il est musulman ou ressortissant du Nord. On embouche une autre trompète, celle de la xénophobie dont on accuse le même régime.

3 - De la xénophobie
La xénophobie peut se définir comme ‘' l'hostilité à ce qui est étranger, le rejet de l'étranger, de ce qui vient d'ailleurs''. Cette définition s'oppose à un autre concept qui est la xénophilie : sympathie pour les étrangers. Le xénophobe est donc celui qui a de l'hostilité pour les étrangers, qui n'aime pas les étrangers, le xénophile étant celui qui a de la sympathie pour les étrangers, qui les aime.
La Côte d'Ivoire est-elle xénophobe ou xénophile ? La réponse avec les chiffres fournis par l'Institut National de la Statistique ( INS) de Côte d'Ivoire, à l'issue du recensement général de la population et de l'habitat de 1998. Ce recensement donne ce qui suit :
15 366 672 habitants dont 11 366 625 Ivoiriens et 4 000 0047 non ivoiriens (étrangers), soit 26% de la population totale. Ces chiffres nous indiquent clairement que la Côte d'Ivoire est un pays xénophile et non xénophobe. Le pays ouest africain qui vient juste après la Côte d'Ivoire est le Sénégal avec moins de 2% d'étrangers. Malgré ces chiffres, la Côte d'Ivoire n'a jamais chassé ses étrangers, à l'opposé d'autres pays qui ont moins de 1% et qui les expulsent chaque fois qu'ils en éprouvent le besoin. Ceux-là ne sont pas traités de xénophobes, mais c'est nous qui leur avons tout donné qui sommes traînés dans la gadoue.
Bien évidemment, tout cela a une explication et une origine.
En effet, il était une fois, un certain président d'un certain Comité interministériel ( 1989 ), nommé par la suite premier ministre ( 1990 ) par feu le Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY, pour relever, dit-on, notre économie branlante. Ce technocrate devant l'éternel, n'a trouvé mieux que d'aller chercher l'argent dans la poche des étrangers vivant en Côte d'Ivoire, par la confection des cartes de séjour. La démarcation venait ainsi d'être créée entre Ivoiriens et non ivoiriens vivant en Côte d'Ivoire. A la recherche donc de « son argent », les étrangers ou tous ceux soupçonnés comme tels, seront traqués partout, surtout dans les mosquées où des descentes policières musclées seront organisées. En fait, ce Monsieur venu d'ailleurs qui connaît très mal la Côte d'Ivoire, assimilait tous les musulmans et tous ceux qui portent des boubous aux étrangers. Voici l'origine de l'amalgame et de la confusion voire de la déchirure de notre pays. Pire, le même technocrate prononcera une phrase terrible en 1999, comme quoi, « c'est parce que je suis musulman et dioula ressortissant du Nord'' qu'on ne veut pas que je sois candidat à la présidence de la République. » Ce discours diabolique envoûtera nombre de nos parents qui s'aliènent aujourd'hui; or, notre ‘'expert'', ALASSANE DRAMANE OUATTARA ( ADO ), car c'est de lui qu'il s'agit, n'est ni l'un, ni l'autre. A-t-on déjà vu un musulman aussi riche que lui qui n'ait jamais accompli le pèlerinage à la Mecque qui est le 5e pilier de l'Islam ? C'est un acte obligatoire pour tout musulman qui en a les moyens. Le clou, c'est la politique d'identification initiée par ADO himself en 1992 avec la carte d'identité infalsifiable. Le Président GBAGBO ne fait que poursuivre cette politique pour mettre de l'ordre dans l'état civil ivoirien où de nombreux faux sont constatés. Les étrangers qui ont triché par le passé se liguent. Ceux qui les exploitent comme fonds de commerce politique se liguent. Quel est ce pays auquel l'on veut interdire de connaître ses citoyens réels ? Le nombre de ses étrangers réels ? Qui d'entre nous n'a-t-il pas de village ? Même si on est né à Abidjan depuis plus de 60 ans, on connaît au moins le nom de son village! Les ivoiriens n'ont pas à se faire de complexe parce que nous sommes plus xénophiles que ceux qui nous traitent de xénophobes. La France, la grande France ne vient-elle pas de refuser le droit de vote aux élections locales aux étrangers ? Alors, qu'on arrête de nous distraire. La Côte d'Ivoire de la Refondation doit être un état moderne, qui donne dos à l'informel pour amorcer son développement économique, politique, social et culturel. Par conséquent, il faut qu'elle identifie tous ceux et celles qui vivent sur son territoire, l'identification étant un élément essentiel de ce développement. Cela s'appelle planification et non exclusion, encore moins xénophobie.
Les mêmes gens parlent d'une certaine majorité qu'ils auraient. En fait, ils se fondent sur le nombre d'étrangers présents chez nous depuis des lustres et dont la majorité n'a jamais éprouvé le besoin de se naturaliser. Et l'on veut nous les imposer comme ivoiriens. Seuls 88.714 ( soit 02,21% ) sur les 4.000.047 étrangers officiels se sont naturalisés, bien que 47% d'entre eux soient nés en Côte d'Ivoire. Peut-on obliger des personnes à faire ce qu'elles n'ont pas envie ? Il faut que chacun assume ses choix et son histoire dans la vie.
C'est pourquoi, le gouvernement doit être encouragé à poursuivre sa politique d'identification de la population. Surtout qu'on sait que l‘ indice synthétique de fécondité ( ISF ) indique que l'Ivoirien en général fait 5,1 enfants, là où le non ivoirien en fait 6,2 . Il faut se mettre à l'abri d'un envahissement très imminent. C'est ce qu'un gouvernement responsable fait partout dans le monde, pour protéger ceux qui habitent sur son sol.
Quel appel peut-on lancer à nos parents nordistes et aux musulmans de Côte d'Ivoire?

Notre appel :
Ces mots et maux (exclusion, xénophobie, arbitraire) qui étaient presque méconnus des Ivoiriens avant 1990 feront leur apparition dans leur vocabulaire, concomitamment avec l'irruption sur la scène politique de notre économiste hors pair, venu de la planète Mars pour nous enfoncer, sur la base de sa fameuse Charte du Nord. Avec la bénédiction de Houphouët-Boigny qui ne nous a jamais dit la vérité sur sa nouvelle recrue. Les conséquences sont là, horribles, désastreuses, effroyables. Le pays est installé en permanence dans un cycle infernal de troubles à répétition qui ont abouti à cette sale guerre à nous imposée depuis le 19 septembre 2002. Brisant le pays en deux, matérialisant ainsi le tracé prémonitoire fait par le quotidien « Le Patriote » ( porte-voix d'ADO) du 04 décembre 2000.
Il faut que nos parents sachent que cette guerre n'est pas la leur, parce qu'aujourd'hui, c'est le Nord (zone naturellement pauvre) qui en souffre. Ce sont eux qui sont pris en otage, ce sont eux qui sont coupés du monde, ce sont eux qui n'ont plus rien à manger bien que l ‘autre soit descendant de Crésus, ce sont eux qui ne peuvent pas vendre leur coton, ce sont eux qui ne reçoivent plus rien de nous, leurs enfants de la basse côte, ce sont nos petits frères qui ne vont plus à l'école, qui sont drogués aujourd'hui et sont devenus des machines à tuer, ce sont eux qui ne peuvent plus se soigner, ce sont eux qui ont vu leurs pièces administratives détruites, ce sont eux qui n'ont plus d'édifice administratif et de sécurité, ce sont eux qui voient leurs biens détruits, ce sont eux qui compteront leurs victimes (morts et mutilés) de guerre, ce sont eux qui resteront tourmentés à jamais par les bruits de canons et j'en passe. Contrairement à ce qu'on leur fait croire, cette guerre est venue pour détruire le Nord et les nordistes, toutes ethnies, religions et sensibilités politiques confondues. Parce que les balles ne trient pas. Il est donc impérieux qu'ils se ressaisissent et tournent définitivement le dos à ces aventuriers qui leur disent : « on lutte pour vous les nordistes et les musulmans ». Archi-faux. Il est temps, grand temps qu'ils arrêtent de prêter l'oreille à ce genre d'aphorisme qui est d'une simplicité qui taquine fortement l'ineptie.
Et nos chefs religieux, je pense simplement qu'ils ont été trompés, manipulés, floués et abusés. Ils peuvent toujours se ressaisir, car les supports (sermons et autres manifestations religieuses) qu'ils ont utilisés, pour se faire les jardiniers arroseurs de la graine de la haine religieuse semée par qui on sait, existent toujours. Ils peuvent les utiliser pour ramener la paix dans le cœur des nombreux musulmans qui ont cru en eux. C'est leur rôle, qu'ils ne s'en dérobent pas au nom d'Allah (Loué Soit-Il) le Tout-Puissant, le Tout Miséricordieux. Il saura leur pardonner leurs fautes, car, Allah est Pardonneur. Ils doivent savoir que de par leur fonction, leurs paroles sont prises pour paroles divines. Par conséquent, ils devraient manier la parole avec beaucoup de sagesse, la maîtriser, en n'ayant à l'esprit que la paix, la tolérance et l'union. Je voudrais très respectueusement les inviter à méditer ce qui suit :

1 - Un Hadith enseigne aux hommes que :
« l'homme glisse plus souvent avec la langue qu'avec les pieds ».

2 - Un Maître Soufi à qui on avait demandé, quel était le signe de l'homme sincère, il avait répondu :
« une langue économisée et des paroles pesées dans la balance de la vérité ».

3 - Le même Maître à qui on avait également posé la question de savoir quel est l'homme qui préserve le mieux son âme, il avait répondu :
« celui qui reste le mieux maître de sa parole ».
J'ajouterais qu'il convient d'être prudent dans l'usage de la parole, c'est-à-dire qu'il faut « tourner sept fois la langue avant de parler », comme on le dit communément chez nous.
Nous vivons dans une république organisée et, tous autant que nous sommes, avons l'impérieux devoir de respecter ses lois - c'est de cela que découlent nos droits -, ses institutions et les autorités que Dieu y a établies. Etant entendu que, seul Dieu donne le pouvoir à qui il veut et quand il le veut. Tout musulman sait que s'opposer à ce choix divin ou le renier, c'est s'opposer à Dieu lui-même (qu'ils nous en garde). Par conséquent, il s'expose à la colère de Dieu. Vivement donc que chacun le comprenne et révise son comportement pendant qu'il est encore temps.
Pour tout dire, je souhaite que chaque Nordiste, musulman ou pas, sache que le taux d'analphabétisme se situe vers 86% chez nous, au Nord, et que le taux de scolarisation y est inférieur à 30%. Pourtant, ce ne sont pas les écoles primaires, les collèges et lycées qui manquent. Voyez par exemple que Boundiali à Kouto (distants seulement d'environ 50 km), nous avons trois (3) lycées publics (Boundiali, Gbon et Kouto) et deux (2) collèges d'enseignement technique en création dont les premières pierres sont déjà posées (Boundiali et Kolia). C'est vrai qu'il existe des insuffisances dans d'autres domaines, mais cela est partagé par tout le pays. Et c'est pour corriger ces anomalies que le Président GBAGBO a mis au centre de sa politique, la DECENTRALISATION, l'Assurance Maladie Universelle (AMU) et l'ECOLE GRATUITE pour tous du CP1 à la classe de 3e. Chaque département est désormais doté d'un budget propre pour concevoir et réaliser son développement. Malheureusement, pendant que les autres réfléchissent à des mécanismes de développement pour leurs départements, nous nous enfermons dans des considérations (exclusion, xénophobie, problème de nationalité) qui sont très loin d'être les nôtres.
Pour terminer, je demande humblement, à tous mes frères et sœurs du Nord de soutenir le Président de la République, S.E.M. Laurent GBAGBO dans tous ses efforts qui ne visent qu'un seul but: le bien-être de l'homme Ivoirien et de tous ceux qui vivent sur le sol de Côte d'Ivoire.
Haut les coeurs !

SANOGO Mamadou
Patriote Ivoirien, Malinké et Musulman
originaire du Département de BOUNDIALI ( NORD
)