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L'AFFAIRE GNAGBE KRAGBE ET DU SANWI

La position officielle du PDCI-RDA

Sanwi, d'Assabou et du Guébié. On a ainsi, par cette dilution, transformé le forum en un vaste procès du PDCI-RDA. La victime est devenue ainsi le bourreau. Certes, chaque nation dans son histoire se trouve confrontée à des crises. Mais l'important, c'est la capacité qu'a le pays de les surmonter, chaque fois, sans être victime de la pathologie de la mémoire qui empêche d'oublier l'offense et d'accorder le pardon sincère. La Constitution d'une nation repose sur la capacité d'oubli. Toutefois par souci d'édification de nos conscience et de notre jeunesse, le PDCI-RDA va s'attacher : 

1. à rétablir la vérité des faits relatifs aux évènements du Sanwi et du Guébié qui ont fait l'objet d'une loi d'amnistie, 

2. à déterminer la signification de la crise ivoirienne actuelle et ses facteurs. 

3. Le PDCI terminera son propos par des propositions et suggestions. I. Les événements du Sanwi et du Gébié 

1.1. -Le Sanwi Le 4 décembre 1958 la Côte d'Ivoire devient une République dans le cadre de la communauté franco-africaine. A l'occasion du règlement d'un litige foncier opposant Agni et Ehotilé, le roi du Sanwi exige du gouvernement ivoirien la reconnaissance de l'intégrité du royaume sanwi dans les limites consacrées par le traité de protectorat du 4 juillet 1843, signé entre la France et son royaume, en vue de l'installation d'un résident français”. N'ayant pas obtenu satisfaction, les autorités du Sanwi s'adressent directement au gouvernement français, afin d'obtenir leur indépendance vis-à-vis de la Côte d'Ivoire. Pour les autorités ivoiriennes, il ne s'agit pas seulement d'un acte de défiance, mais surtout d'une menace réelle et grave sur l'intégrité territoriale du jeune Etat. Bref, il s'agit d'une sécession. Mais ce que beaucoup ignorent, c'est que, dans le cadre de la Constitution de l'époque, le domaine du maintien de l'ordre relevait de la compétence exclusive de la France, qui a rétabli l'ordre et sauvegardé l'intégrité du territoire de la Côte d'Ivoire. Cette affaire aurait pu connaître là son terme, si en 1962 un mouvement de libération du Sanwi réfugié au Ghana n'avait tenté de l'internationaliser en tentant à plusieurs reprises de saisir l'Onu et l'OUA. En 1966, après la chute de N'Krumah, les responsables de ce mouvement livrés à Houphouët seront remis immédiatement en liberté. Toutefois en 1969, tirant prétexte de la reconnaissance du Biafra par Houphouët, le mouvement Sanwi reprend. Les détenus seront libérés pour la 3ème fois en 1970. En mai 1981, une rencontre de réconciliation et de pardon a été organisée à Yamoussoukro sous l'égide du président Houphouët qui autorisera le Sanwi à introniser son nouveau roi. Replacé dans son vrai contexte, l'affaire du Sanwi doit cesser d'alimenter le fond de commerce politique des adversaires du PDCI-RDA. Le président Houphouët, exerçant la plénitude du pouvoir que lui confère la Constitution, était le garant de l'unité nationale et de l'intégrité territoriale de la Côte d'Ivoire. Il ne pouvait tolérer la partition de ce pays. C'est, d'ailleurs, le lieu de rappeler à l'attention du pouvoir FPI que le peuple de Côte d'Ivoire n'admettra jamais une quelconque atteinte à l'intégrité du territoire de la nation. Pour le PDCI, cette exigence est un devoir d'Etat. 

1.2.- Le Guébié Qu'en est-il des événements du Guébié ? Pour les adversaires du PDCI-RDA, les événements du Guébié seraient un génocide qui tire sa source du refus d'appliquer l'article 7 de notre Constitution. Cette allégation ne peut résister à l'analyse, pour la simple raison que la suspension de l'application de l'article 7 est le résultat non seulement d'un consensus de tous les partis politiques de l'époque autour du PDCI-RDA, au terme de son écrasante victoire aux élections générales de 1956, 57 et 58 mais surtout une exigence fondamentale du développement de notre pays, à l'aube de son indépendance. Ce qui lui a valu l'avance que tout le monde lui reconnaît. La remise en cause d'un tel accord indispensable à la stabilité, à l'unité, à la cohésion et au développement du jeune Etat équivalait à la rupture de ses équilibres internes et externes et constituait une menace pour sa survie. C'est dans un tel contexte que s'inscrit ce que l'on appelle communément “l'affaire du Guébié” et qui n'est en fait que “l'affaire Kragbé Gnagbé”. 

1.2.1.- Présentation des faits C'est en août 1966 que Kragbé Gnagbé fait son apparition sur la scène politique ivoirienne. Après une entrevue avec les autorités politiques ivoiriennes, Kragbé Gnagbé déverse dans tous les quartiers d'Abidjan et le reste de la Côte d'Ivoire, des tracts. Il y dénonce “le vol des terres des paysans Bété par les allogènes Baoulé avec la complicité du pouvoir central” et s'élève contre la confiscation des libertés. Interpellé par les autorités du pays, il rejette tout compromis et repart pour la France. En 1967, revenu de France, Kragbé Gnagbé manifeste le désire ardent de créer un parti politique dénommé le Parti national (Pana). Cette requête a eu une fin de non recevoir, compte tenu du consensus réalisé depuis 1958 par les partis politiques autour du PDCI-RDA réaffirmé par le congrès de 1965, placé sous le signe de l'unité nationale pour conjurer toutes les tentatives de déstabilisation du pays. Qu'on se souvienne des événements du Sanwi, des tensions politiques intérieures des années 1963-65 et des bouleversements intervenus dans certains pays de la sous-région. En 1969, Kragbé Gnagbé crée à Gaba, son village natal, un maquis où il prélève des cotisations sur les paysans, lève des troupes et s'adonne à des activités subversives et sécessionnistes. Arrêté puis libéré, Kragbé Gnagbé est sommé par les populations de quitter Gaba. Quelque temps après, Kragbé Gnagbé va clandestinement ériger un nouveau maquis dans la forêt située entre les villages de Bobia, Dikouéhipalégnoa et Tipadipa. Allant plus loin dans la défiance, il proclame une République indépendante de celle de la Côte d'Ivoire dite République d'Eburnie, dont il s'autoproclame Chancelier. Il publie un manifeste intitulé : La proclamation aux tribus d'Eburnie et une Constitution dénommée : La loi organique de l'Etat d'Eburnie. Il y déclare solennellement “qu'il faut se battre avec tous les moyens, même avec nos mains nues, dussions-nous y mettre le prix en hommes et en sang. Le sang parle mieux aux masses, car c'est le langage de la politique…” Joignant l'acte à la parole, le 23 octobre 1970, M. Kragbé organise une descente armée sur Gagnoa, où nuitamment, il va hisser son drapeau sur les bâtiments de l'Etat : le commissariat de Dioulabougou, les bureaux de la sous-préfecture et de la mairie. Dans la matinée du 27 octobre 1997, les assaillants attaquent la brigade de la gendarmerie. Suite aux échanges de coups de feu, on dénombre six morts parmi les militants du Pana. Pour calmer les esprits, l'adjudant de police, le commandant du corps urbain Obou Kouadio est dépêché pour négocier une trêve avec les insurgés. Il sera atrocement décapité, émasculé et ses parties intimes enfoncées dans sa bouche à cause de son nom à consonance Akan et singulièrement Baoulé, alors qu'il était originaire de Daloa. Après l'échec de la tentative d'annexion de la ville de Gagnoa, revenus dans les villages, les militants du Pana s'en prennent à tous ceux qui ont refusé de prendre fait et cause pour eux. C'est ainsi que dans les campements et sur les routes, des Guébié et des allogènes sont assassinés, pendus, jetés dans des puits, enterrés vivants, loin des regards. Face à tous ces crimes atroces perpétrés dans une région faisant partie intégrante du territoire ivoirien, l'autorité centrale, garante de l'intégrité territoriale et de la sécurité des personnes et des biens, a fait appel à l'armée qui prend le contrôle de la situation dès le 30 octobre 1970. Un gouvernement sérieux et responsable, autre que celui du PDCI-RDA, aurait-il agit différemment ? C'est dans le cadre de cette intervention que s'est forgée la rumeur d'un génocide Guébié qui aurait fait 4000 morts pour les uns et 6000 pour d'autres. Pour le PDCI-RDA, toute vie humaine est sacrée et tout mort mérite respect. Dès lors, le PDCI s'incline devant la mémoire des victimes de cette malheureuse affaire. Mais, à la vérité, peut-on parler de génocide ? Le génocide se définit comme l'extermination massive, systématique et planifiée d'une population donnée, au seul motif de son appartenance raciale, ethnique ou religieuse. Sans entrer dans la guerre des chiffres, les trois villages que sont Bobia, Dikouéhipalegnoa, Tipadipa, théâtre des opérations, et qui, d'ailleurs, relèvent des tribus Zabia et Pacolo, et non du Guébié, comptaient respectivement 337, 365, 568 habitants, tandis que Gaba, le village natal de Kragbé comptait 469 habitants en 1956 soit une population totale de 1739 habitants. (source : Répertoire des villages de la Côte d'Ivoire publié par le service de la statistique générale et de la mécanographie, éd. Mise à jour au 31 décembre 1955) (tome 1) p.199-201). En faisant la projection la plus optimiste, selon laquelle, une population double tous les dix ans, la population totale serait, en 1970, de l'ordre de 4000 habitants. Est-ce à dire que tous les habitants, allogènes et étrangers y compris, ont été tous exterminés pour que l'on puisse avancer le chiffre de 4000 à 6000 morts, et ce en trois jours d'affrontements ? Souvent, on a fait croire que sur les 17 villages que comptait le Guébié à l'origine, il n'en reste plus que 7 à nos jours et que les autres auraient été rayés de la carte par suite de ce prétendu génocide. En réalité, il n'en est rien. Car, c'est à la suite d'un programme de regroupement de villages que les 17 villages sont devenus 7, comme cela se fait partout dans nos régions. Dès lors, le PDCI-RDA réfute les allégations mensongères et démagogiques selon lesquelles le président Félix Houphouët Boigny aurait à la fin de sa vie reconnu le génocide de 4000 Guébié. Qu'on arrête d'abuser le peuple de Côte d'Ivoire, car, à la vérité, s'il est juste de pleurer nos frères du Guébié, le moment est venu aussi de reconnaître que de nombreux autres Ivoiriens ont été des victimes innocentes de cette aventure de Kragbé Gnagbé. C'est là, la vraie histoire de l'affaire Kragbé Gbagbé qu'il faut retenir afin de mettre un terme aux histoires servies à longueur de journée à des militants pour les rendre haineux et revanchards. Concernant “les internés d'Assabou”, le PDCI-RDA a, par la voix de son président Félix Houphouët Boigny, demandé solennellement pardon aux victimes pour les répressions et les exactions commises. Concernant le Sanwi et le Guébié, le gouvernement du PDCI-RDA a fait voter des lois d'amnistie des faits pour en effacer les effets au plan judiciaire. Pour l'ensemble des victimes, le PDCI-RDA a procédé à leur réhabilitation et, pour la plupart d'entre elles, des mesures de réparation des préjudices et des torts ont été prises. Rappeler ces événements dans un cadre qui ne les concerne pas, c'est mettre en cause le fondement même de l'amnistie et oublier, par delà ces mesures, que le successeur d'Houphouët Boigny, le président Henri Konan Bédié a poursuivi cette action du PDCI-RDA, par des actes d'apaisement dans le Guébié et par l'érection d'un mausolée à la mémoire d'Ernest Boka à Grand Morié au terme de funérailles officielles. II. La situation de la crise ivoirienne actuelle Pour le PDCI, les déchirements auxquels la Côte d'Ivoire est en proie aujourd'hui sont artificiels. Ils sont volontairement entretenus pour prendre en otage la conscience ivoirienne afin de la détourner de sa trajectoire de pays émergeant qui a fait penser qu'elle est une “oasis de prospérité dans un désert de misère et de pauvreté”. Dans son combat pour construire la Côte d'Ivoire comme une nation unie, le PDCI-RDA s'est attaché à promouvoir la formation des hommes par un système éducatif républicain, laïc, gratuit, sans discrimination de sexe, de religion, d'ethnie et de région. Dans la lutte contre les disparités régionales, le PDCI-RDA s'est toujours préoccupé à réaliser une répartition équitable des fruits de la croissance. Toutefois, le PDCI reconnaît que la lutte contre les disparités régionales est un combat permanent. C'est pourquoi aucun pays au monde ne peut se vanter d'avoir réalisé la plénitude de son développement. 

2.1.- Les facteurs de la crise de l'unité nationale Pour le PDCI, les facteurs déterminants de la crise de l'unité nationale sont de trois ordres : politique, économique et culturel. Au plan politique Le PDCI-RDA a toujours pensé avoir résolu dans l'équité les conflits nés à l'aube de notre accession à l'indépendance. Aussi pour bâtir la nation, le PDCI-RDA s'est soucié de rassembler les Ivoiriens dans une famille, de promouvoir entre eux la paix par le dialogue et la recherche du consensus afin de mobiliser prioritairement toutes les énergies en vue du développement. Toutefois, le PDCI-RDA constate que depuis 1959, chaque fois que son programme de gouvernement s'annonce comme une source d'accélération de notre développement (barrages d'Ayamé, de Kossou, de Buyo, l'aménagement de la Vallée du Bandama, du port en eaux profondes de San-Pédro, les 12 travaux de l'Eléphant d'Afrique, le réaménagement de la dette publique…) des forces politiques adverses s'organisent pour briser son élan. C'est ainsi que s'expliquent les tentatives de sécession du Sanwi de 1959 et de 1966, du Guébié de 1966, 67 et 70, le boycott actif par le Front républicain (c'est-à-dire la coalition FPI-RDR) en 1995, le coup d'Etat militaire de décembre 1999. Toutes ces tentatives visent à obtenir une alternance politique par la force et non par les urnes. En réalité, le dessein des adversaires du PDCI-RDA est d'œuvrer à sa disparition de la scène politique nationale. D'où sa diabolisation par nombre d'intervenants au cours de ce forum censé créer les conditions de la réconciliation nationale. Ce que l'on qualifie abusivement de “fracture sociale” n'est rien d'autre que les effets pervers de la réinstauration du multipartisme dans notre pays. Celle-ci s'est traduite par la libération des tensions qui ont trouvé leur libre cours depuis la disparition des conseils nationaux et des journées du dialogue instituées par le PDCI-RDA. Le PDCI-RDA n'a jamais perdu de vue la nécessité de renforcer la démocratie et le progrès des libertés dans notre pays, depuis son engagement et son combat pour l'émancipation et la dignité de l'homme africain. La libéralisation des candidatures aux législatives et aux municipales, à partir de 1980, participe de cette volonté. A partir de 1990, suite à la réinstauration du multipartisme devenu une donnée incontournable, le PDCI-RDA, fidèle à l'idéal panafricain, a opté pour un code électoral qui maintenait, à titre transitoire, notre tradition de faire voter nos frères de la Cedeao. Cette pratique sera purement et simplement abandonnée, en 1995, à la demande des partis d'opposition. Cependant, en l'absence d'une véritable culture démocratique, le retour au multipartisme a engendré les conditions de la fragilisation de l'unité nationale en déclenchant la culture de l'irrévérence, de la mauvaise foi, l'intolérance et l'intransigeance politiques, la désobéissance civique, les agitations syndicales, l'instrumentalisation de la violence en vue de rendre le pays ingouvernable. L'interprétation et l'exploitation tendancieuses de l'instauration de la carte de séjour pour les étrangers, la lutte contre la fraude sur la carte nationale d'identité, les dérapages liés à leurs contrôles par les forces de l'ordre ont donné naissance à un courant de pensée régionaliste dont la charte du nord a été la cristallisation en 1991. En 1993, la succession politique de Félix Houphouët Boigny a entraîné le choc des ambitions, la divergence des interprétations des dispositions de l'article 11 de la Constitution. Les graves dissensions qui en ont résulté au sein de notre parti ont conduit à la création du RDR en 1994. Le rôle excessivement partisan de la presse nationale, des partis politiques de l'opposition et du général Guéi, alors chef de l'Etat major, dans le débat sur l'application de l'article 11, a contribué à installer une atmosphère malsaine marquée notamment par : 

1. L'insoumission de l'ancien Premier ministre, Alassane Ouattara, à l'application de la Constitution et par la première tentative de coup d'Etat avortée du général Guéi en 1993 ; 

2. L'instrumentalisation de la religion et son irruption dans le jeu politique national au mépris de la laïcité de l'Etat affirmée par la Constitution ; 

3. La coalition FPI-RDR, dans un front dit républicain, pour créer les conditions propices à un coup d'Etat ; à travers le boycott actif de la présidentielle d'octobre 1995 dont on connaît les conséquences humaines et matérielles désastreuses telles que : 

• Les nombreux morts et mutilés, les déplacés de Gagnoa qui sont, en fait, des Ivoiriens devenus des réfugiés dans leur propre pays auCafop de Gagnoa, l'incendie de la préfecture d'Odienné, le cycle infernal des actes de barbarie et de vandalisme... 

• l'assassinat, dans l'Ouest, de nombreux Ivoiriens qualifiés de bétail électoral du PDCI-RDA. Tous ces faits ont constitué le terreau de la deuxième tentative de complot avortée du général Robert Guéi illustré par son refus d'assurer, en 1995, les missions de sécurité intérieure dévolue à l'armée. Au plan économique Entre 1983 et 1989, le cycle récurrent de la mévente de nos produits d'exportation a entraîné une crise financière sans précédent qui a livré notre pays aux diktats des bailleurs de fonds avec l'apparition de multiples programmes d'ajustement structurel. C'est dans ce contexte que les institutions financières nous envoient un fonctionnaire international en la personne de M. Alassane Ouattara, qui, contre l'attente de Félix Houphouët-Boigny, est devenu un problème pour notre cohésion nationale. C'est le lieu de rappeler que lors du conclave de février-mars 1993 du PDCI, confronté au sein du bureau politique à la contestation de la nationalité de M. Ouattara et à l'échec de son plan de redressement économique, le président Félix Houphouët-Boigny a fait une révélation de taille devant les membres de la dite instance et en présence de l'intéressé. (et je cite) : «M. Ouattara m'a demandé devant témoin qu'au cas où j'envisagerais délibérément de ne plus exercer mes fonctions de président de la République, de bien vouloir l'en informer au moins trois jours avant, afin qu'il puisse faire ses valises et quitter la Côte d'Ivoire, convaincu qu'il était qu'il n'avait aucun destin national dans ce pays». Dès lors, on peut s'étonner de la volonté obstinée de M. Ouattara non seulement de rester dans le pays, mais encore de vouloir le diriger. Venu donc, en technocrate, pour régler la crise en 100 jours et regagner son poste de gouverneur de la Bceao, M. Alassane Ouattara, après avoir demandé et obtenu un sursis de 1 000 jours, a fini par avouer son impuissance et reconnaître son incapacité à redresser les finances publiques, puisque le 6 décembre 1993, dans son message à la nation, le Premier ministre Alassane Ouattara annonçait l'impossibilité de payer les salaires au 31 décembre 1993. D'ailleurs, cet échec patent a été reconnu et assumé par le président Félix Houphouët-Boigny lui-même. L'application des mesures de M. Alassane Ouattara en toute méconnaissance de nos réalités ivoiriennes, a conduit : 

• à la paupérisation accrue de nos populations avec, à la clef, l'instauration de salaires à double vitesse pour les enseignants, • la mise à la retraite anticipée de nombre de fonctionnaires, 

• le non-paiement des bourses d'études de nos étudiants et des pensions de retraite, le non reversement de la part patronale, 

• la liquidation des biens de l'Etat, le délabrement et la ruine de l'administration ivoirienne. L'avènement du président Henri Konan Bédié va engendrer une embellie économique, se traduisant par : 

• le paiement des salaires bien avant la fin du mois de décembre 1993, 

• l'afflux des investisseurs et des capitaux avec la mise en chantier de six des douze travaux de l'éléphant d'Afrique, Azito, Aéroport Félix Houphouët-Boigny, troisième pont, parc des expositions, route express Abidjan-Bassam, autoroute du nord, 

• la reprise vigoureuse de la croissance, 

• l'acquittement régulier de la dette extérieure chiffrée à 680 milliards de Fcfa par an. En dépit du fardeau de la dette, le gouvernement a mis en œuvre une politique sociale dynamique en faveur des couches défavorisées, à savoir : 

* La maîtrise de l'inflation * L'accélération de l'électrification et de l'hydraulique villageoise 

* La promotion de la libre entreprise et de l'auto-emploi par la mise en place de fonds sociaux ; 

* L'amélioration des conditions de vie en milieu rural par la création de fonds pour l'habitat ; 

* La reprise des programmes immobiliers pour les économiquement faibles; 

* Le renforcement des capacités d'accueil des campus et résidences universitaires ; 

* Le développement et la réhabilitation des infrastructures sanitaires ; 

* La promotion de l'industrie culturelle par la construction de ce palais de la culture qui abrite ce forum. 

Malgré ces réalisations et ces perspectives économiques encourageantes, la communauté financière internationale, sous couvert de l'allégement de la dette, a curieusement soumis le pays à un programme d'ajustement structurel renforcé. Ce qui a accru la pauvreté des ménages et celle du monde rural suite à la libéralisation imposée des filières du café et du cacao. Le gouvernement du PDCI-RDA aurait pu surmonter victorieusement ces obstacles, si l'opposition n'avait pas multiplié ses actions de déstabilisation par ses nombreuses marches intempestives, ses campagnes de dénigrement visant à ternir l'image de marque de notre pays, en montant notamment en épingle ce que l'on a appelé «les scandales financiers». Or, la révélation de ceux-ci a résulté de la volonté du président Henri Konan Bédié non seulement d'améliorer la transparence dans la gestion des finances publiques mais encore de lutter contre l'impunité comme en témoignent les divers audits et les nombreuses actions en justice. Alors que la communauté financière internationale, reconnaissant les efforts du gouvernement, s'apprêtait à nous accorder l'allégement de la dette en mars 2001, le coup d'Etat du 24 décembre 1999 est venu, paradoxalement, ruiner tous les espoirs. Perpétré par certains soldats et attribué par le général Guéi, au FPI et au RDR ce coup d'Etat est venu moissonner le blé en herbe... Au plan socio-culturel Trois faits majeurs retiennent l'attention et alimentent de façon artificielle la crise. Ce son : l'immigration, le foncier rural et l'ivoirité. En ce qui concerne l'immigration On note en Côte d'Ivoire deux séries d'immigration : une première forme centrée sur l'économie de plantation dure jusqu'aux années 80. La deuxième est une immigration de la misère, source d'insécurité et de dilution de nos programmes de développement. Dans ce contexte, l'intégration ne peut qu'être problématique. En ce qui concerne le foncier rural La nouvelle loi sur le foncier rural, vient régler le problème de l'appropriation du patrimoine foncier. Les difficultés proviennent de l'immixtion de la communauté internationale dans un problème qui relève de notre souveraineté et qui a fait l'objet d'un large consensus au sein de notre parlement, après consultation directe du peuple de Côte d'Ivoire à travers des mission parlementaires paritaires. En ce qui concerne l'ivoirité Perçue à tort comme une catégorisation des Ivoiriens et comme un concept d'exclusion, l'ivoirité n'est qu'une affirmation de notre identité nationale. C'est un concept culturel et républicain de fédération et de dépassement de nos appartenances ethniques. Il se veut «une synthèse culturelle harmonieuse» qui consacre la convivialité et la coexistence de nos différentes valeurs de civilisation. En faire un concept d'exclusion politique, c'est en pervertir le sens et occulter, par-là, les causes réelles de notre malaise politique. Avant 1990, c'est-à-dire avant l'arrivée d'Alassane Ouattara, étaient inconnues, en Côte d'Ivoire, l'opposition Nord-Sud, l'opposition musulman-chrétien. Au total, les facteurs que nous venons de répertorier constituent aux yeux du PDCI, les causes de la fragilisation de l'unité nationale. Cependant, ces facteurs ne sauraient en aucun cas justifier un coup d'Etat militaire. Or, le chef de la junte militaire a expliqué le coup d'Etat du 24 décembre 1999 par l'existence d'un malaise économique et social provoqué par le concept de l'ivoirité entendue comme «l'exaltation des sentiments tribaux et xénophobes pour briser l'unité et la cohésion nationale». Ce concept aurait conduit à voter des lois sur mesure, source de «risques d'affrontement fratricide». La suite des événements a démontré le caractère fallacieux et erroné d'une telle argumentation et, partant, insensé, du coup d'Etat du 24 décembre 1999. La réalité de la vie politique ivoirienne ne nous autorise pas à parler d'exclusion ni d'ostracisme d'une communauté, d'une région, d'une ethnie encore moins d'une catégorie sociale. La crise actuelle est l'effet d'un malaise créé par la manipulation politicienne des consciences dans notre processus démocratique chaotique. III - Les conditions d'une solution durable de la crise de l'unité nationale Pour le PDCI, la solution à cette crise passe par les conditions suivantes : 

• la condamnation du coup d'Etat comme moyen d'accession au pouvoir ; 

• le refus d'accorder, conformément à la Constitution, le statut d'ancien président de la République ou d'ancien chef d'Etat au chef de la junte militaire, car cela reviendrait à légitimer le coup d'Etat du 24 décembre et à conférer un blanc seing à tous ses commanditaires et auteurs. Par ailleurs, octroyer de telles prérogatives à des putschistes reviendrait à hypothéquer l'avenir de la République en l'exposant à des risques permanents de coup d'Etat. 

• la recherche de la vérité sur les massacres et tueries des 24, 25 et 26 octobre 2000 ; 

• le renforcement de l'Etat de droit et de la démocratie par - l'instauration d'une commission nationale électorale véritablement indépendante de l'administration et au-dessus des partis politiques, en vue d'élections justes et transparentes ; - l'instauration d'un scrutin majoritaire à deux tours pour les élections générales ; - la maîtrise de l'établissement, de la délivrance et du contrôle des pièces d'identité nationale sécurisées ; - le renforcement de la fiabilité du fichier électoral ; - la mise en place d'un gouvernement d'union nationale, qui n'est ni un gouvernement de coalition. Ce gouvernement devra rassembler toutes les capacités et les expertises des partis significatifs ; - la prise en compte du poids réel de chaque formation politique dans la réparation des postes à la tête des institutions et dans la vie politique nationale. IV - Propositions Pour remédier à la fragilisation de l'unité nationale, le PDCI-RDA fait les propositions suivantes : 

4.1. - Concernant la crise de l'unité nationale : Le PDCI condamne la chasse aux sorcières constatée dans l'administration depuis le coup d'Etat du 24 décembre et recommande : * l'adoption d'un code de conduite pour le traitement équitable de tous les responsables sans considération partisane ; * la réaffirmation et le renforcement de la laïcité de l'Etat ; * l'application de la loi relative au foncier rural ; * l'affirmation de la mission républicaine de l'armée et la diversification de son rôle, en lui confiant des tâches valorisantes et d'intérêt public ; * l'amélioration des conditions de recrutement, de formation et de commandement militaires, policiers et assimilés afin d'y promouvoir l'esprit républicain. 

4.2. - Concernant la cohésion et l'harmonie sociale Le PDCI recommande la promotion de la citoyenneté ivoirienne comme marque principale de l'appartenance nationale ; Le droit de vote étant un droit fondamental et inaliénable du citoyen, le PDCI demande que des mesures de répression soient prises à l'encontre de ceux qui empêchent les électeurs d'exprimer librement leur choix. Le PDCI encourage la presse et l'invite au respect de sa déontologie et à œuvrer à la consolidation de la cohésion et de l'harmonie nationale ; 

4.3. - En ce qui concerne le cas de M. Alassane Ouattara Le PDCI-RDA estime qu'il revient aux autorités nationales compétentes de tirer les conséquences des arrêts de la Cour suprême relatifs aux élections présidentielles et législatives sur son éligibilité. Quant à sa nationalité, le PDCI rappelle à l'attention du forum qu'il avait été initié une procédure judiciaire pour faux et usage de faux ; laquelle procédure a été annulée par les putschistes conduits par le général Robert Guéi. 

4.4. - Concernant l'immigration Devant l'importance des problèmes liés à l'immigration, le PDCI-RDA se félicite de la création d'un office chargé de l'immigration et propose : - la prise en compte du concept d'étranger par rapport aux nationaux. - L'institution de registres sécurisés et séparés d'état civil pour les nationaux et non nationaux 

4.5. - Concernant les préjudices causés au PDCI-RDA suite au renversement du pouvoir démocratiquement élu : Le PDCI demande : 

• La réparation des torts et des exactions perpétrées contre le président Henri Konan Bédié, son image, sa famille, ses parents ; 

• La restitution des biens volés ; 

• L'application des textes réglementaires relatifs aux droits et prérogatives des anciens présidents des institutions de la République ; 

• La réparation des torts causés aux cadres abusivement et arbitrairement incarcérés ; 

• La réparation des préjudices causés au PDCI-RDA et aux membres des institutions ; 

• La réhabilitation morale des parlementaires de la 9ème législature et le rétablissement de leurs prérogatives d'anciens parlementaires, ainsi que celles des conseillers économiques et sociaux ; 

• La dénonciation de la malveillance qui a présidé à l'opération «mains propres».

V. - Conclusion Le PDCI-RDA espère vivement que cette rencontre de toutes les composantes de la nation sera caractérisée par le devoir de vérité, l'humilité, la repentance et le pardon. Le PDCI-RDA souhaite ardemment qu'après s'être réconciliés avec eux-mêmes, les Ivoiriens se consacrent résolument à la promotion et à l'enracinement de la culture de l'Etat de droit, de la démocratie et à l'édification d'une justice performante, seul cadre propice à la restauration d'une paix et d'un développement politique, économique et social harmonieux et durables. Je vous remercie de votre attention.

Pr Niamkey Koffi, porte-parole du PDCI-RDA
 
LES CONSEQUENCES
 
 

 

 

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