December 14, 2006

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Actualité | International
Saddam, la mort en direct

Sous l'oeil des caméras de la télévision iraquienne, l'ancien président irakien, condamné à mort pour l'exécution de 148 villageois chiites dans les années 1980, a été pendu samedi à l'aube, à Bagdad. Entre 4 heures et 4h30, samedi, l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein a été exécuté par pendaison. C'est la télévision nationale Irakiya, financée par les Etats-Unis,  qui a révélé l'information, en diffusant une musique patriotique et des images de monuments et symboles nationaux.
D'après plusieurs témoignages, l'ancien président irakien, avait les mains liées et les jambes entravées, mais son visage était découvert. Il a dit une brève prière tandis que des policiers le faisaient monter à la potence et lui passaient une corde autour du cou. Le conseiller national irakien à la sécurité, Mouaffak al Roubaï, a déclaré que le condamné à mort était apparu comme un «homme brisé». Un haut responsable irakien a rapporté lui qu' «il semblait très calme. Il n'a pas tremblé». 
Seul exécuté
Les images des préparatifs de l'exécution ont été diffusées vers 10h30 (heure de Paris) par la télévision nationale irakienne. «Tout a été filmé, depuis la remise de Saddam aux Irakiens jusqu'à la potence», avait expliqué quelques heures plus tôt un responsable irakien. Contrairement aux informations diffusées par la télévision d'Etat, les deux co-accusés de Saddam Hussein, son demi-frère Barzan al-Tikriti, ancien chef des services de renseignement, et l'ancien président du tribunal révolutionnaire, Awad al-Bandar, ne lui ont pas succédé sur le gibet : leur exécution a été «ajournée au dernier moment», selon le Conseiller à la sécurité nationale. 
La communauté internationale n'a pas tardé à réagir  à l'annonce de l'exécution de Saddam Hussein, alors qu'une  multitude de tirs de joie ont retenti à Nadjaf, ville sainte chiite du sud de l'Irak. A Bagdad, quelques rafales ont résonné brièvement, également dans les quartiers majoritairement chiite, mais la situation semblait ensuite normale dans la ville. 

 
Réactions contrastées de la communauté internationale

Alors que Washington voit dans la mort de l'ex-dictateur «une étape importante» sur la route vers la démocratie, plusieurs pays ont rappelé leur opposition de principe à la peine de mort.

- Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki s'est félicité de l'exécution de Saddam «tout en lançant un appel à la réconciliation, à l'intention des partisans de l'ancien régime dont les mains ne sont pas tâchées de sang».
Pour Israël , «justice a été faite», a déclaré un haut responsable.
En Iran , le vice-ministre des Affaires étrangères a salué la pendaison de l'ancien raïs comme une «victoire des Irakiens».
- L'exécution de Saddam Hussein est «une étape importante» sur la route vers la démocratie en Irak, a déclaré George W. Bush qui a toutefois reconnu que cela n'arrêterait pas la vague de violences qui ravage une bonne partie du pays.
L'ex-dictateur «a payé», a martelé pour sa part la ministre britannique des Affaires étrangères, Margaret Beckett , tout en rappelant que «le gouvernement britannique ne soutient pas le recours à la peine de mort».
- La France s'est faite plus discrète. Disant «plaider, comme l'ensemble de ses partenaires européens pour l'abolition universelle de la peine de mort», le Quai d'Orsay a «pris acte de cette exécution».
Par la voix de son ministère des Affaires étrangères, Moscou a exprimé ses regrets. "Malheureusement, les nombreux appels de représentants de divers pays et organisations internationales pour que les autorités irakiennes reviennent sur la peine capitale n'ont pas été entendus", a déclaré un porte-parole.
La Libye a quant à elle décrété trois jours de deuil national pour le «prisonnier de guerre Saddam Hussein».
Le Vatican  estime que l'exécution est «une nouvelle tragique» et craint une flambée de violences.
Saddam Hussein "était un criminel impitoyable" mais il "ne fallait pas le tuer" a lancé Terry Davis, secrétaire général du Conseil de l'Europe .

 
Après l'assassinat de Gemayel, la Syrie dans la ligne de mire
lefigaro.fr (avec AP, AFP et Reuters).
Au Liban, anti comme pro-syriens ont condamné mardi l'assassinat du ministre de l'Industrie. Pour les deux camps, cet attentat vise à déstabiliser le pays du Cèdre. Washington a réclamé l'ouverture d'une enquête.
Les partisans comme les détracteurs du régime syrien au Liban se sont rejoints mardi pour condamner l'assassinat du ministre de l'Industrie , Pierre Gemayel, imputé par tous à des forces visant à déstabiliser le pays. Alors que Washington a demandé une enquête sur cette exécution, l'ambassadeur des Etats-Unis à l'Onu, John Bolton, a relié l'assassinat de Gemayel et l'attentat fatal à Rafic Hariri, suggérant une responsabilité syrienne dans ces deux événements. La ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a été encore plus claire sur ses soupçons à l'égard de Damas: «Le rôle négatif de la Syrie au Liban n'est ni nouveau ni secret.» Javier Solana, le représentant de la diplomatie de l'Union européenne, a aussi jugé que le Liban «paye cher sa volonté de vivre en paix et de manière indépendante». Jacques Chirac , qui a fait part de son «horreur» et de sa «consternation», a souligné que Paris se tenait «aux côtés du Liban pour la création d'un tribunal à caractère international», destiné à juger les assassins présumés de l'ancien premier ministre Rafic Hariri.
Le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy se rendra aux obsèques de Pierre Gemayel, jeudi à Beyrouth.
Pour la Syrie, une «mascarade»
Au plan intérieur, Saad Hariri, le chef de la majorité parlementaire anti-syrienne, a largement vilipendé «la main de la Syrie», à l'instar du ministre libanais antisyrien des Télécommunications,  Marwan Hamadé. Damas qui a condamné l'attentat a balayé ces accusations. L'ambassadeur syrien aux Etats-Unis a même dénoncé une «mascarade» visant à ternir la réputation syrienne.
Le premier ministre Fouad Siniora a établi un lien direct entre l'assassinat de mardi et ce qui a déclenché la crise politique actuelle entre son gouvernement soutenu par Washington et le Hezbollah proche de Damas et Téhéran: la formation du tribunal international chargé de juger les suspects dans le meurtre d'Hariri.
La création d'un tribunal, pomme de discorde
L'assassinat de Gemayel intervient en effet en pleine crise politique dans le pays du Cèdre, déstabilisé par la démission récente des ministres pro-syriens chiites.
La majorité anti-syrienne accuse notamment la minorité pro-syrienne de vouloir ainsi bloquer la création de ce tribunal spécial qui risquerait de mettre en cause des responsables syriens et libanais dans l'assassinat de l'ancien premier ministre. La Syrie dément toute implication.
«Le peuple du Liban ne renoncera pas au tribunal international. Cela va renforcer sa détermination. Nous allons traduire en justice ceux qui ont tué Pierre Gemayel», a assuré Saad Hariri, fils de Rafic Hariri .
 
Bras de fer entre opposition et majorité au Liban
Aucun signe d'apaisement dans la crise politique qui secoue le Liban. L'opposition pro-syrienne exige toujours la démission du gouvernement anti-syrien du premier ministre Fouad Siniora. Et les affrontements cette nuit entre chiites et sunnites font craindre une recrudescence de la violence.

Les affrontements qui ont éclaté cette nuit entre sunnites et chiites pourraient marquer le début d'une spirale de violence difficile à enrayer si le blocage politique qui perdure depuis 4 jours ne trouve pas une issue honorable pour tous les protagonistes de ce bras de fer. L'armée et la police sont parvenues à rétablir le calme dans le quartier à majorité sunnite ou s'est déroulée la rixe mortelle, Un jeune manifestant a été tué d'une balle dans le dos et 12 autres personnes ont été blessées . Les affrontements ont éclaté au moment où un groupe de partisans du Hezbollah traversait ce quartier au trois jours de manifestation contre le gouvernement de Fouad Siniora. Au quatrième jour de protestation, le Hezbollah et ses alliés maintiennent toujours la pression et poursuivent l'occupation de deux places proches du siège du gouvernement.  L'armée libanaise est en état d'alerte maximale, chars et  blindés sont positionnés aux carrefours de la capitale, la circulation est filtrée aux entrées principales de Beyrouth et les coffres des voitures sont fouillés. Les soldats vérifient qu'aucune arme n'est transportée. La Syrie au cœur de la crise : Ces événements font craindre que la crise politique ne dégénère en affrontements entre communautés. Le pays est divisé par l'attitude à tenir envers la Syrie. Damas contrôlait largement le Liban jusque l'année passée. Le gouvernement en place veut tourner la page de l'influence syrienne. Et pour faire la lumière sur le passé, il prépare la création d'un tribunal international pour juger les assassins de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri. Du coup, six ministres, dont cinq chiites ont démissionné. Le Hezbollah réclame la démission du gouvernement, accusé d'être un auxiliaire des Etats-Unis. De son côté, la majorité anti-syrienne affirme vouloir résister à ce coup d'Etat et protéger le Liban contre une opposition manipulée par le tandem Syrie Iran.