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Le Pakistan dans l'incertitude de l'après-Musharraf
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Publié le 18/08/2008 - Reuters - Menacé d'une procédure de destitution, le président pakistanais Pervez Musharraf a annoncé sa démission lundi, dans une allocation télévisée au cours de laquelle il a défendu avec passion son bilan et rejeté les accusations portées contre lui. Ancien chef de l'armée arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1999, Musharraf, fidèle allié des Etats-Unis, avait vu sa popularité s'effondrer depuis un an et demi. En février dernier, l'opposition emmenée par le veuf de l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto et par Nawaz Sharif, que Musharraf avait renversé il y a neuf ans, a remporté les élections législatives. Le gouvernement de coalition avait annoncé son intention de lancer cette semaine une procédure de destitution ("impeachment") contre le chef de l'Etat, notamment pour violation de la Constitution. "Après avoir sollicité l'avis de mes conseillers juridiques et de mes collaborateurs politiques, je prends la décision de démissionner", a déclaré Musharraf, l'air sombre. "Ma démission sera remise aujourd'hui au président de l'Assemblée nationale", a-t-il ajouté. L'armée s'est tenue depuis plusieurs mois à l'écart de la crise politique et les marchés financiers ont accueilli avec soulagement la décision du président, qui met fin à l'incertitude. |
Le conflit entre la Géorgie et la Russie a fait 100.000 déplacés, selon le HCR |
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Le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) basé à Genève a annoncé mardi 12 août qu'au moins 100.000 personnes ont été déplacées à cause du conflit entre la Russie et la Géorgie autour de l'Ossétie du Sud.
30.000 personnes ont fui l'Ossétie du Sud (environ 70.000 habitants) vers l'Ossétie du Nord (Russie), tandis que plus de 12.000 autres se sont déplacées à l'intérieur même de la région autonome géorgienne, a indiqué le HCR.
Quelques milliers de personnes ont fui les combats vers le sud, en Géorgie, tandis qu'environ 56.000 habitants de Gori (Géorgie), plus grande ville géorgienne proche de l'Ossétie du sud, ont quitté la ville, a indiqué le porte-parole du HCR à la presse en citant des chiffres fournis par les autorités géorgiennes. Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) a "réitèré son appel pour l'ouverture de deux corridors humanitaires (en Ossétie du Sud), l'un vers le nord, l'autre vers le sud" pour permettre aux civils de fuir les combats et pour laisser le passage aux travailleurs humanitaires.
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D'autres livraisons prévues
Le Premier ministre, François Fillon a annoncé que la France enverra "dans les prochaines heures" un nouveau chargement d'aide humanitaire en Géorgie. "Un premier acheminement de matériel humanitaire a été effectué dès lundi grâce à des moyens aériens gouvernementaux. Ces moyens ont aussi permis aux ressortissants français qui le souhaitaient de regagner la France", indique Matignon dans un communiqué. "Cette première aide humanitaire sera suivie d'autres livraisons dans les prochaines heures afin de répondre à l'urgence de la situation", ajoutent les services du Premier ministre. "Pour accompagner l'action" diplomatique de Nicolas Sarkozy, le Premier ministre "a demandé au gouvernement d'être pleinement mobilisé tant pour appuyer la médiation engagée par la France que pour apporter un soutien aux populations touchées par le conflit et aux ressortissants français présents sur place", selon le communiqué. Nicolas Sarkozy, qui lors de sa visite à Moscou, a appelé à "donner corps à un cessez-le-feu".
Par ailleurs, après le déclarations de Dimitri Medvedev annonçant la fin des opérations militaires russes en Géorgie, Tbilissi a confirmé la fin de la progression de l'armée russe .
Arrivée de l'avion humanitaire à Paris
L'avion d'aide humanitaire, envoyé par la France lundi à Tbilissi, est arrivé à Paris avec, à son bord, 261 personnes "très éprouvées", a-t-on appris de source aéroportuaire. L'avion d'aide a quitté la capitale géorgienne mardi matin à 04h00 en direction de Paris, avec 261 personnes à son bord, avait indiqué plus tôt le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. L'appareil, un Airbus A-340 de l'armée française, a atterri à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle (Terminal T3) à 8H30. Une source aéroportuaire a affirmé que les personnes transportées étaient "très éprouvées" et souvent "hagardes", alors que le débarquement était en cours.
Appel du Secours catholique
Dans un communiqué, le Secours catholique annonce avoir débloqué "une première aide d'urgence de 50.000 euros et a lancé un appel aux dons afin de couvrir les besoins les plus urgents des personnes déplacées" dans le conflit russo-géorgien. Les dons devraient servir à financer une aide de première urgence : "fourniture d'abris, de nourriture, de couvertures et de kits d'hygiène aux populations touchées", indique l'organisation caritative. Caritas Internationalis, le réseau humanitaire de l'Eglise catholique, "demande que soient créés des corridors humanitaires en Ossétie du Sud comme solution de court terme", précise le Secours catholique, appelant les deux parties à "respecter les droits des minorités ethniques afin d'éviter une escalade du conflit". L'organisation cite Liana Mkheidze, responsable du programme Caritas Géorgie, selon laquelle de "nombreuses personnes arrivent à Tbilissi en provenance des villages autour de Tskhinvali et de Gori. Leurs maisons ont été détruites et ils ont fui les bombardements". .
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| L'Otan fâche la Russie et déçoit la Géorgie |
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Mardi 12 Août 2008 - L'Alliance atlantique a réussi mardi le tour de force de fâcher la Russie par une mise en doute de sa volonté de cesser les hostilités avec la Géorgie et de décevoir Tbilissi par les réticences de nombreux pays face à la demande d'adhésion du pays. Les ambassadeurs des 26 pays membres de l'Otan se sont réunis au siège de l'Alliance peu après l'annonce de la décision des autorités russes d'arrêter leurs opérations militaires en Géorgie. Ils ont ensuite reçu le chef de la mission de la Géorgie auprès de l'Otan, Revaz Beshidze, chargé de représenter la ministre des Affaires étrangères Eka Tkeshelashvili, "bloquée en Géorgie par la situation sur le terrain". A l'issue de ces deux réunions, le secrétaire général Jaap de Hoop Scheffer s'est interrogé sur la réalité de l'arrêt de l'opération militaire russe et demandé que les troupes reviennent à leurs positions d'avant les hostilités.
"L'Otan espère que les informations de Moscou sur l'arrêt des hostilités sont vraies et dans ce cas, c'est un pas important, mais insuffisant", a-t-il déclaré au cours d'une conférence de presse. |
"La preuve de l'arrêt des hostilités sera donnée sur le terrain", a-t-il insisté. Tout au long de son intervention, le secrétaire général de l'Otan a condamné à plusieurs reprises "l'usage excessif et disproportionné de la force par la Russie", mais il s'est refusé à critiquer l'intervention militaire menée par la Géorgie en Ossétie du sud, une région séparatiste pro-russe, considérée comme le détonateur de la crise avec Moscou.
"Je ne veux pas entrer dans les considérations de qui a fait quoi quand", a-t-il éludé, lorsque la question lui a été posée. L'ambassadeur russe auprès de l'Otan, Dmitri Rogozine, a jugé "immoral" de condamner l'intervention de la Russie, et a dénoncé "une offense à la mémoire des morts". "Nous avons agi pour neutraliser un agresseur", a-t-il affirmé, accusant le président géorgien Mikheïl Saakachvili d'agir comme "un nazi". L'intervention militaire géorgienne en Ossétie du sud a fait 2.500 morts et les troupes géorgiennes se sont rendues coupables de crimes de guerre, a-t-il affirmé, en invitant le secrétaire général de l'Otan à "se rendre sur place pour constater ces faits |
M. Rogozine avait demandé la convocation d'un conseil extraordinaire Russie-Otan pour pouvoir exposer la position de son pays, mais cette réunion a été différée. Le secrétaire général de l'Otan a assuré mardi que ce conseil "se tiendra très prochainement". Dmitri Rogozine a pris acte de cette explication et mis en garde les alliés. "Un partenariat donne une possibilité d'écouter. Si nos partenaires ne veulent pas nous écouter, alors ce n'est plus un partenariat", a-t-il averti. L'ambassadeur géorgien s'est également montré assez désappointé par ses entretiens. Certes, Jaap de Hoop Scheffer a publiquement réaffirmé que "la Géorgie rejoindra un jour l'Otan", mais M. Beshidze a constaté les réserves émises par de nombreux pays à cette candidature.
"Il n'y a toujours pas de consensus sur cette question", a-t-il admis. "Certaines nations sont très loin d'une position commune", a-t-il souligné. La candidature de la Géorgie, soutenue par Washington, divise l'Alliance. Lors d'un sommet en avril à Bucarest, les dirigeants des pays membres s'étaient engagés à terme à admettre la Géorgie et l'Ukraine en leur sein mais leur avaient refusé le statut de candidat dans l'immédiat, sous la pression de la France et de l'Allemagne en particulier, soutenues par un groupe d'une dizaine de pays. |
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