lundi 19 septembre 2011 par LE POPULAIRE - Sénégal
Malgré les candidatures déclarées de Macky Sall et de Cheikh Bamba Dièye à la présidentielle 2012, Bennoo Siggil Senegaal est plus que jamais déterminé à désigner son candidat de l'unité et du rassemblement. En séminaire, samedi dernier, Bennoo a décliné le portrait robot de son candidat et compte le dévoiler au plus tard, avant fin octobre.
Il a fallu attendre le septième séminaire, samedi dernier, que la frange de l'opposition la plus significative, pour voir celle-ci, débattre de l'équipe et du candidat de l'unité et du rassemblement. Convaincus de la possibilité d'une candidature de l'unité, les leaders de Bennoo Siggil Senegaal, hormis l'Alliance pour la République (Apr) de Macky Sall et du Front pour le socialisme et la démocratie/Benno Jubël (Fsd/Bj) de Cheikh Bamba Dièye, ont dévoilé le portrait robot de l'équipe et du candidat de l'unité et du rassemblement de Bennoo. Et à voir le portrait-robot du candidat Ousmane Tanor et Moustapha Niasse restent les plus grands favoris.
À en croire à Seydou Sy Sall, membre du secrétariat permanent de la Ligue démocratique (Ld), porte-parole du jour, le candidat de l'unité et du rassemblement de Bennoo doit remplir les critères suivants : avoir signé la charte de gouvernance démocratique des Assises nationales, être une personnalité qui s'est s'engagée dans les batailles politiques, économiques et sociales contre le régime de Me Wade au cours des dernières années, avoir une expérience significative et probante de gestion des affaires publiques et des relations internationales, des exercices de responsabilités au niveau de l'Etat, être suffisamment connu des Sénégalais pour pouvoir faciliter sa promotion auprès des populations, être une personnalité dotée d'une capacité d'équipe, être une personnalité blanche comme neige, avoir exprimé personnellement d'être candidat. En outre, ledit candidat doit être issu des partis les plus représentatifs de l'opposition dite significative. Et selon, l'ancien ministre de l'Urbanisme, une candidature de la société civile n'est pas exclue.
La transition de 3 ans transformée en mandat de 5 ans
Quant à l'équipe de transition, il faut pour en faire partie « être représentatif de Bennoo dans sa diversité ainsi que de toutes les forces acquises des conclusions des Assises nationales, qui accepte de s'engager effectivement pour la victoire du candidat de rassemblement et de l'unité, être représentatif du Sénégal dans sa diversité, être solidaire, compétent et capable ainsi d'inspirer confiance à tous nos compatriotes, refléter une expérience des affaires et des relations internationales, avoir un poids politique et électoral ». Pour arriver à ses fins, les plénipotentiaires de Bennoo ont commis un groupe de facilitation composé, entre autres, du Pr Abdoulaye Bathily, d'Amath Dansokho, de Robert Sagna et du Pr Pape Demba Sy. Ce groupe aura à désigner le candidat de Bennoo Siggil Senegaal et l'équipe. Il rendra ses conclusions au plus tard le 15 octobre prochain.
Pour ce qui est de la transition, elle passe de 3 ans comme initialement proposée, lors du précédent séminaire, à 5 ans a indiqué M. Sall qui a précisé que le président élu ne pourra pas être candidat à sa propre succession au terme de son mandat.
Il faut signaler que les partis membres de Bennoo Alternative 2012 et ceux de Bennoo Siggil Senegaal ont enterré la hache de guerre. D'après Robert Sagna, « les membres de Bennoo Alternative 2012 sont rentrés dans les rangs et font partie du groupe de facilitation ».
Par Moustapha BA — Le Populaire |
De la démocratie à la ploutocratie est donc passé le pays du poète visionnaire Léopold Sédar Senghor, qui, sans chercher vainement à ressasser l'histoire, s'était illustré par sa sagesse en matière de gouvernance politique.
Après son projet de ticket présidentiel qui a été vite battu en brèche par une opposition et une société civile vigilantes, Wade joue maintenant sur les moyens pour se faire reélire, et ce, en grevant le montant de la caution. En fait, pour tout dire, Wade vend aux enchères la démocratie sénégalaise. Car, il ne suffit plus désormais d'être un homme politique charismatique choyé par le peuple pour espérer être président au Sénégal, mais d'appartenir à ce cercle concentrique de bourgeois contemporains sans scrupules, qui se tiennent constamment par la barbichette. Ce sont ceux-là qu'il convient d'appeler sans aucune forme d'euphémisme les sangsues de la république. A la réflexion, on se demande s'il n'est pas de bon aloi de conférer la fixation du montant de la caution aux peuples qui, en toute souveraineté et suivant les réalités du pays, départageront les candidats qui aspirent à présider à leurs destinées.
Cela permettra sans doute d'éviter ces cautions rédhibitoires qui ne permettent pas au citoyen moyen de pousser plus loin ses ambitions politiques et ce d'autant plus que la loi fondamentale n'en fixe pas expressément un montant obligatoire. Plutôt que d'élever le montant de la caution pour recaler les candidatures fantoches et loufoques, Wade aurait pu trouver une parade en instituant le système du parrainage qui, en même temps qu'il dissuade certains plaisantins politiques, constitue un baromètre pour chaque formation politique. Cela vaudrait mieux qu'une démocratie qui donne carte blanche aux riches pour narguer à suffisance le peuple.
Boundi OUOBA
Le Pays |