July 9, 2008
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PDCI-SUISSE: Visite de Mme Bédié à Genève
09 juillet 2008 - Jean-François Kouadio (JFK)

Arrivée le jeudi 3 juillet 2008 à Genève (Suisse) dans le cadre des activités de l’ONG (SERVIR), madame Henriette Konan BEDIE, Présidente-fondatrice et épouse du Président Aimé Henri Konan BEDIE, Président du PDCI-RDA, a répondu favorablement à l’invitation adressée par la Délégation Générale PDCI-RDA de Suisse pour échanger avec les militantes et militants de ce beau pays.

C’est dans ce cadre que le samedi 5 juillet 2008 s’est tenue à la salle « Londres » de l’hôtel Intercontinental de Genève, une rencontre, empreinte de convivialité et de fraternité comme le nom l’indiquait, « un après-midi en famille ». C’est dans une salle comble acquise au Parti où les nombreux militantes et militants venus de toute la Suisse et de France voisine ont pris place sous le coup de 14h00 pour être entretenus par le délégué cantonal de Genève, Jean Moro pour un compte rendu détaillé à la suite de la rencontre avec une délégation de la CEI conduite par son secrétaire permanent, le ministre Auguste Miremont, le lundi 23 juin 2008 dans la capitale Helvétique (Berne) et sur l’actualité politique dominée par les échéances électorales de novembre 2008, sans oublié les malversations des pontes de la refondations dans la filière café, cacao. Il était exactement 15h 35 quand Mme BEDIE sous des tonnerres d’applaudissements et de cris de joie fît son entrée dans une salle surchauffée. Chacune des militantes voulait la voir, la toucher et l’entendre.

Ainsi après l’hymne du parti entonné par madame Kady Mallé (déléguée chargée des affaires sociales et MC pour la circonstance) que l’honneur a été fait à M. Emmanuel Atcho d’adresser, au nom du comité des Sages de la Délégation Générale de Suisse, la cordiale bienvenue à madame la Présidente ainsi qu’à la forte délégation qui l’accompagne. Après les sages, l’honneur revenait à madame Marie-Josée Bocoum, présidente des femmes, majoritairement représentées à cette rencontre qui a manifesté leur sincère joie de pouvoir recevoir la militante au grand cœur qu’est madame Henriette Konan Bédié.

Le Délégué Général, Ety Aka pour clore les mots de bienvenue, a fait mention de la place qu’occupe la ville de Genève. « Ai-je besoin de rappeler la solennité de l’occasion qui nous réunit cet après-midi en ce haut lieu de démocratie, de paix, des droits de l’homme, lieu où siègent toutes les institutions internationales qu’est Genève » a lancé le premier responsable de la Délégation Générale de Suisse.
Le Délégué Général s’est ensuite adressé avec insistance aux militants, de faire bloc derrière le Président Bédié pour faire échec aux manœuvres d’intimidation et de confiscation du pouvoir d’Etat par la force et la terreur. « Nous devons continuer à combattre l’imposture de cette minorité au détriment de la majorité silencieuse ».

Enfin, en rendant un vibrant hommage à madame la Présidente de Servir pour ses actions envers les déshérités, Ety Aka a demandé au Seigneur ceci : « A cet égard, je voudrais une fois de plus au nom de la délégation générale de Suisse vous rendre un vibrant hommage pour votre engagement en vous confiant au seigneur, afin qu’il vous couvre de sa miséricorde pour que cette flamme de bienfaisance, de charité et de générosité reste allumée en vous pour continuer à servir les orphelins, les handicapés et les mamans qui trouvent en vous leur salut ».
Le Délégué Général a terminé son propos en adressant une invitation au nom de sa Délégation au Président du PDCI-RDA à leur rendre visite en Suisse.

A la suite de toutes ses adresses, Madame la Présidente Henriette Konan Bédié a pris la parole pour s’adresser à ses sœurs, ses frères, enfants et petits enfants venus nombreux lui dire AKWABA en terre Helvétique. Elle a déploré les évènements de décembre 1999, qualifiés de stupide qui ont mis un frein au développement du pays et aux activités de l’association Servir. Aujourd’hui, elle avoue être encore plus motivée dans son action humanitaire envers les enfants et ses frères et sœurs démunis de la Côte d’Ivoire. Tout en nous demandant de prier pour qu’elle ait toujours la force d’agir en faveur des plus pauvres, elle à assigner une mission aux nombreux militants présents : Allez et sensibilisez pour que le 30 novembre 2008, le PDCI retrouve la place qui est la sienne à la tête de l’exécutif, sous la houlette de son époux le Président Aimé Henri Konan BEDIE, pour que plus que jamais le bonheur pour chacun et le progrès pour tous, devise chère à son illustre époux, soit une réalité en terre Ivoirienne. Pour clore cet « après-midi en famille », les participants ont eus droit à un cocktail dans la salle « Moscou » et des échanges directs avec l’épouse du Président qui a tenu à s’entretenir avec chaque personne séparément. La belle rencontre prit quand même fin autour de 18h 35 mn.

Source : service communication Délégation Générale PDCI-RDA de Suisse
Jean-François Kouadio (JFK)

 
Kablan Duncan : LE PDCI A LES SOLUTIONS AUX PROBLEMES DE LA COTE D'IVOIRE
Frat matin -28 Apr 2008 - Le PDCI a-t-il les solutions aux maux de la Côte d'Ivoire ? Des difficultés décriés par Henri Konan Bédié, à Soubré ? L'ancien premier ministre Daniel Kablan Duncan n'a pas hésité à répondre par l'affirmative. « C'est le parti qui a géré le pays de 1960 à 1999, et les gens ont vu la façon dont le PDCI l'a fait. Les préoccupations des populations ont toujours été comprises par le PDCI, depuis longtemps », affirme M. Kablan Duncan, interrogé à Soubré. Pour l'ancien premier ministre, la tournée dans le centre-ouest et le sud-ouest est un succès. « Il y a eu une grande mobilisation à Gagnoa, à Oumé…Malgré la pluie, les militants sont sortis très nombreux. A Soubré, c'est une super mobilisation », s'est-il réjoui. Pour Daniel Kablan Duncan, le PDCI n'attend plus que les élections. « Le PDCI est débout, le PDCI est prêt et nous voulons des élections et que le meilleur gagne, en pensant que le meilleur, ça sera nous », soutient-il. Barthélemy KOUAMÉ -
 
Me Ahoussou Kouadio Jeannot, avocat du PDCI-RDA : “Gbagbo gère le pays de façon émotionnelle, dans l`improvision et le cafouillage”

Le Nouveau Réveil - N°1903 - jeudi 24 avril 2008 - Le Président Henri Konan Bédié se rend à Soubré demain dans le cadre de sa tournée politique. A 24 heures de l'événement, le député Ahoussou Kouadio Jeannot, Secrétaire général adjoint chargé des affaires juridiques du PDCI livre ses impressions sur cet important déplacement. Il profite également de cet entretien pour jeter un regard critique sur l'actualité socio-politique de la Côte d'Ivoire. Et le moindre qu'on puisque dire c'est qu'il n'est pas tendre avec la refondation et le régime de Laurent Gbagbo, qui, selon lui, ont précipité le pays dans le gouffre à cause de la gabegie, de l'incompétence et leur gestion approximative de la chose publique. Le Président Bédié se rend demain à Soubré dans la Nawa.

Quel sens revêt ce déplacement pour vous et aussi il marquera-t-il des escales importantes qui sont Oumé, Gagnoa, Sinfra. Quel commentaire ?
Merci pour avoir accepté à la veille de ce grand évènement de m'accorder cette interview. Vous savez, le PDCI-RDA est un grand parti. Il est rare en Afrique de voir un président de la République, victime d'un coup .

d'Etat absurde, revenir et prendre les rênes de son parti et contribuer à l'approfondissement de la consolidation de la démocratie sans haine, ni rancune Je crois que le cas du Président Bédié est un cas unique en Afrique. Après avoir a été victime du coup d'Etat, il est revenu, il s'est inséré positivement dans la société ivoirienne. Il contribue au retour de la paix en Côte d'Ivoire. Les tournées du Président Henri Konan Bédié, sa visite politique dans cette région de Soubré, c'est d'abord la manifestation de la solidarité, du réconfort.

Le président Houphouët-Boigny n'avait-il pas dit, l'avenir de ce pays repose sur l'agriculture ? Est-ce que vous pensez objectivement, en toute sincérité, que cette partie de la population ivoirienne, les planteurs de café-cacao constituent les fondamentaux de notre économie ; Ceux qui permettent de payer et le président de la République, les députés, les ministres, les fonctionnaires de la République subissent les conséquences de la mauvaise gestion de la filière. La filière café-cacao est désorganisée, déstructurée. Elle est devenue la vache à lait pour certains individus, certains prédateurs, certains carnassiers. Le président Bédié va, pour réconforter les paysans qui en plus d'être spoliés des fruits de leur travail, subissent chaque jour l'augmentation vertigineuse des prix des denrées alimentaires. La plupart des hauts cadres de ce pays, sont des enfants de planteurs. Le café et le cacao ont financé l'éducation, la santé, les routes. Mais aujourd'hui, où est cet argent du café-cacao ? Sous un prétexte fallacieux, "mettez-moi au pouvoir, je vous restitue les produits du café-cacao", sous ce slogan flatteur, mensonger, aujourd'hui, cette population souffre. Elle ne bénéficie pas des fruits de leurs labeurs. Le président Bédié va leur apporter le réconfort, le message d'espoir. Pour dire que quand le PDCI reviendra au pouvoir parce que le PDCI est le bâtisseur de ce pays. Les Ivoiriens verront les retombées du café-cacao. Les planteurs retrouveront leur dignité confisquée. Le schéma de structuration de la commercialisation du café-cacao sera repris. Le PDCI-RDA est le concepteur de la filière café-cacao de la production jusqu'à la commercialisation. Le Président Bédié va marquer sa solidarité pour ces planteurs, célébrer la solidarité de tous les Ivoiriens, souvenons-nous, pour la construction des barrages de Kosssou et de Taabo, les populations du centre ont été accueillies d'une manière solidaire dans les zones forestières. Mais aujourd'hui, nos amis les socialistes ont galvaudé le socialisme, par égoïsme, leur individualisme. C'est cette vieille solidarité des Ivoiriens que le président Bédié va réchauffer, rétablir. Et dire à nos frères des zones forestières attention, une nation se bâtit par des sacrifices de chacun de ses fils. Vos frères des zones du centre ont donné des terres pour le barrage de Kossou qui s'étend sur près de 80 km. Ces personnes ont tout abandonné, foyers spirituels, cimetières pour venir s'installer en zone forestière où leurs frères les ont acceptés de bon cœur. C'est tout cela qui a fait la force de la Côte d'Ivoire. Mais aujourd'hui que font nos amis les refondateurs ? Ils n'ont fait que détruire cette solidarité en dénonçant chaque jour de tribalisme alors qu'il ne se passe pas une minute sans que le président Gbagbo ne reçoive des groupes ethniques au palais présidentiel comme il va le faire ce samedi 26 avril 2008. C'est vraiment ridicule !

Que doit-on comprendre à travers l'escale de Gagnoa ?
Gagnoa, c'est l'escale du souvenir, saluer la mémoire de tous ces grands militants du PDCI dans cette zone, de Henri Kouakou, Yacouba Sylla, de Domoraud et autres. C'est aussi un message fort. Il y a eu l'affaire du Guébié, mais le président Bédié a reçu les Guébié à Abidjan, il leur a présenté les excuses de la nation ivoirienne. Le pardon a été célébré, mais il se trouve toujours des Ivoiriens qui reviennent sur cette affaire. C'est triste ! Bédié a crée une sous préfecture à Gnagbodougnoa, un centre de santé, une gendarmerie. Il va donc saluer ses frères. N'oublions pas que notre Secrétaire général adjoint chargé de l'Organisation est de Gagnoa, le ministre Guikahué qui anime avec beaucoup de dévouement, beaucoup de qualité le PDCI-RDA. Le président Bédié va aussi le saluer. Et les autres escales de Saïoua et Issia ?
Ce sont des escales de la reconnaissance, de la gratitude à l'endroit de Djédjé Mady pour tout le travail qu'il fait pour le PDCI-RDA et des militants de ces zones. En un mot pour dire que le Secrétaire général a été ministre de la Santé. Saïoua a été érigé en sous-préfecture, la ville est bitumée, il y a un hôpital, des dispensaires et des maternités dans les villages de la circonscription. Ça, c'est tangible et c'est cela le développement.

Le président Gbagbo, semble-t-il, veut rencontrer les populations chefs Baoulé des zones forestières ce dimanche à Yamoussoukro. Comment interprétez-vous cela ?
Le président Gbagbo, à travers Amani N'guessan reçoit les chefs Baoulé des zones forestières à Yamoussoukro le même jour où le Président Bédié va à Soubré, je dis c'est maladroit et c'est pitoyable. C'est du tribalisme.

Le Président Bédié bouge beaucoup, peut-être on dit qu'il est parti d'un bon pied pour la présidentielle de novembre prochain?
Vous savez, globalement il y a deux types de politiciens. Il y a les politiciens syndicalistes, du typeLaurent Gbagbo, qui sont là pour revendiquer même quand ils sont au pouvoir. Et puis il y a les vrais politiciens tels que le Président Bédié qui a dirigé la FEANF à l'époque avant l'indépendance. Etre président de la FEANF en France, ça supposait une culture politique très profonde. Le Président Bédié est un politicien aguerri, pétri dans le moule d'Houphouët-Boigny. Malheureusement certains Ivoiriens ne savent pas le bonheur qu'ils ont en ayant Bédié avec eux. Ceux qui ont jubilé en 1999 lors du coup d'Etat n'ont aujourd'hui que leurs yeux pour pleurer. Aujourd'hui, on a tout mangé : les semences, les assiettes, on a percé les cuvettes. Il n'y a plus rien à manger. Les visites du président Bédié sont faites pour donner de l'espoir aux Ivoiriens. On a fait l'expérience des amateurs de la politique. On a fait l'expérience des professeurs. Revenons à ceux qui ont bâti ce pays, à ceux qui ont en main l'âme de la Côte d'Ivoire. Pour éviter de faire de la Côte d'Ivoire un site d'expérimentation des projets de sociétés brumeux. Le président Gbagbo a beau être là, mais on se rend compte que l'âme de la Côte d'Ivoire est toujours entre les mains du Président Bédié qui est un homme de paix. Le charisme qu'il a, partout où il passe, il est applaudi, il est admiré. C'est cela la contribution du Président Bédié à la démocratie. Il indique la voie de ce que c'est que la politique. Il ne s'agit pas de l'opposition sauvage qu'on a connue ici en 1991, où les 13 députés du FPI ont battu les députés du PDCI, déchiré leurs tenues dans les rues lorsqu'on devrait voter la loi sur la presse. Ce n'est pas de cette opposition sauvage que la Côte d'Ivoire a besoin. C'est une opposition civilisée, propre. Ceux qui ne comprennent pas disent qu'il n'y a pas d'opposition. Mais on ne peut pas être une opposition sauvage, une opposition qui détruit. Et même quand cette opposition saunage passe au pouvoir, elle continue à détruire la Côte d'Ivoire. Elle a détruit la Côte d'Ivoire, l'environnement détruit l'école, la santé publique, la justice, la cohésion sociale en Côte d'Ivoire. Tout est détruit.

Quel commentaire faites-vous des récents remous sociaux, les réprimandes dont ont été l'objet les manifestants qui disent qu'ils ont faim ?
Vous savez quand on s'improvise gestionnaire d'un pays, c'est à cela qu'il faut s'attendre. Gérer, c'est la prévision. On crée aujourd'hui des communes, des sous-préfectures comme si cela peut nourrir les Ivoiriens. On donne 10 millions, 20 millions à des funérailles, à des baptêmes. C'est une gestion émotionnelle de la Côte d'Ivoire qu'on fait aujourd'hui. Alors que gérer l'Etat doit se faire selon la raison, la technique. La Côte d'Ivoire est gérée selon le hasard, l'improvisation le cafouillage. C'est ce cafouillage que nous payons dans la violence. Vous savez, la violence appelle la violence, l'amour appelle l'amour, la paix appelle la paix. Quand vous avez fait de la violence votre leitmotiv, quand vous avez en tant que leader politique choisi la violence le désordre pour forger l'opinion de vos militants, de votre peuple, vous ne pouvez que récolter et gérer la violence. Mais si vous avez fait appel à l'amour, à la paix comme l'ont fait les présidents Houphouët et Bédié, vous n'aurez que la paix à gérer. La misère que vivent les Ivoiriens est dû à l'improvisation, à l'incompétence notoire de nos amis les refondateurs. Ils ont pour projet de société un catalogue de recommandations sans plus. Nous avons vu ici le projet Magnéfica A. Service. Comment peut-on croire que quelqu'un peut construire 90.000 logements en trois ans. Ceux qui croient en ces choses-là, croient aux multiplicateurs de billets de banque, ils sont dans le rêve. C'est comme cette histoire des déchets toxiques, la sécurité écologique de la Côte d'Ivoire a été mise à mal. On ne connaît pas encore l'état réel du mal. C'est la violence qu'ils ont semée qui est revenue aujourd'hui à travers les violentes manifestations de rue pour les problèmes relatifs à la vie chère. Ce ne sont pas les partis politiques. Dans un numéro spécial de Jeune Afrique Economie de janvier 1996, sur le projet de société du Président Bédié lors de la création de la SOPRORIZ, les études faites établissaient qu'à l'horizon 2005-2010, le monde allait avoir pénuries de riz avec des réactions violentes. C'est pourquoi il fallait produire du riz. Cette vision n'a pas été suivie. On s'est contenté de créer la Bourses des vivriers avec des poses de premières pierres des localités. Cela a été encore un éléphant blanc, un échec. Je demande à nos amis refondateurs de relire ce numéro de Jeune Afrique Economie dans lequel on parlait du projet de société du président Bédié. Toutes les prévisions avaient été faites. Pour parler des militaires, ils pensent que parce qu'ils ont des armes, ils peuvent gérer un pays. Mais ils ne gèrent juste que des armes. Ils sont venus s'introduire dans la gestion politique du pays, voici où on en est arrivé avec aujourd'hui des incompétents. Il y a eu des manifestations au Cameroun, au Sénégal, un peu partout. On aurait pu prévoir que ces manifestations allaient arriver chez nous. Mais on est resté là souriant, chantant, dansant. Je condamne et je dénonce cette improvisation dans la gestion du pays. L'armée n'a pas le droit de réprimer et de tuer ceux qui ont faim. Laissez les gens manifester, c'est un droit constitutionnel. Après moult tractations, on est arrivé à fixer une date précise pour les élections.

Croyez-vous que cette fois-ci sera la bonne ?
Je crois que tous les Ivoiriens ont été surpris par la précipitation avec laquelle les choses se sont déroulées. Brusquement et subitement, il y a eu un conseil de gouvernement, un conseil des ministres qui a fixé une date. C'est toujours l'improvisation dont je parlais. Quand tout est bien agencé, bien structuré on n'agit pas dans la précipitation. J'espère que c'est en connaissance de cause que cette date a été fixée. Et que nous allons aller à des élections le 30 novembre pour que celui qui gagne fasse le bonheur des Ivoiriens. Actuellement, les Ivoiriens ont connu deux produits. Le produit du PDCI-RDA avec ses avantages et ses inconvénients. Le produit du FPI avec ses avantages et ses inconvénients. Le 30 novembre, le choix des Ivoiriens sera clair.

Vous croyez fortement à la tenue des élections le 30 novembre alors qu'il y a des réactions contraires au niveau présidentiel. Le CNRD pose des préalables, Mamadou Coulibaly menace pour sa part SAGEM Sécurité. Il prévoit des affrontements sanglants. Quelle est votre réaction?
Je nous ai dit que le FPI a formé l'opinion dans la violence. Violence à l'école dans les familles. Sur ce plan-là, il a réussi. Violence partout, à l'église dans les mosquées ça ne me surprend pas que Mamadou Koulibaly, pur produit du FPI soit dans le ton de l'éducation qu'il a reçue de son parti lorsqu'il dit qu'on va se tabasser les uns les autres. Je pense qu'on a fait l'expérience du coup d'Etat avec ses exactions. On a connu les Boka Yapi ici. On a cru que M. Gbagbo Laurent, universitaire, préoccupé auparavant par les problèmes des droits de l'homme allait à son arrivée au pouvoir, mettre fin à la violence des militaires et conduire le pays vers la vraie démocratie apaisée. On a compris que finalement c'est plutôt un national socialiste plutôt qu'un véritable socialiste. On sait ce que les nationaux socialistes ont fait du monde au siècle dernier. Mamadou Koulibaly suspecte la CEI et la SAGEM. C'est parce qu'il y a eu perte de confiance dans les institutions nationales originelles qu'on a organisé la CEI telle qu'elle est organisée. C'est parce qu'il y a eu perte de confiance dans les institutions qu'on a appelé la SAGEM pour venir jouer le rôle d'arbitre. On connaît la capacité du FPI à tricher. On l'a vu, à l'élection présidentielle de 2000, Guéï a été floué. A l'élection des conseils généraux, on l'a vu. Ce sont les tricheurs qui voient partout les défauts. Comme par essence, ce sont des tricheurs, des fraudeurs, ils voient partout des défauts des autres. Vous savez pour tricher, il faut faire preuve d'imagination et d'intelligence. C'est comme les voleurs, ils font preuve d'intelligence. Alors c'est normal que Mamadou Koulibaly doute de la SAGEM. Mais j'espère que la SAGEM saura jouer sa neutralité et son impartialité. Et que la CEI aura suffisamment de courage pour jouer la neutralité pour qu'on ne se tape pas là-dessus. Gbagbo va perdre les élections, les Ivoiriens vont continuer à vivre. Gbagbo va mourir, les Ivoiriens vont continuer de vivre. Tous les leaders vont mourir un jour, mais la Côte d'Ivoire va commencer à vivre. Houphouët-Boigny lui-même est mort, les Ivoiriens continuent à vivre. Donc il ne faut pas faire d'une élection d'un président de la République la condition sine qua non pour l'existence de l'Ivoirien qui n'aspire qu'à vivre en paix, scolariser ses enfants, jouir de la vie. Nous sommes tous des pèlerins sur cette terre. C'est accidentellement qu'un d'entre nous se retrouve là pour gérer le pays. Il faut qu'il le gère dans l'amour, dans la paix pour le bien des Ivoiriens et non pas pour leur malheur. Il faut qu'il le gère dans la vérité et pas dans le mensonge, le double langage, le langage à double fond, dans la tricherie, dans la roublardise. Vous savez, l'araignée se croit l'animal le plus malin de la forêt. Pour la petite histoire, tous les animaux vivaient dans la faune. L'araignée a dit j'ai ramassé toutes les intelligences de la terre que j'ai enfermées dans un canari. Je protège ce canari, je le mets sur ma poitrine pour aller le cacher dans l'arbre le plus haut afin que les autres animaux ne puissent pas avoir accès à ces intelligences. L'araignée essayait de monter sur l'arbre avec son canari sur le ventre, mais il ne réussissait pas. L'hyène qui passe pour l'animal le plus idiot qui était là, dit à l'araignée, tu n'es pas intelligent. Tu ferais mieux de mettre le canari sur ton dos, ton ventre sera libéré pour que tu puisses monter facilement. Ce que l'araignée fit pour avoir accès à l'arbre. C'est pour dire qu'à malin, malin et demi. Quand on se croit trop malin et qu'on veut rouler les gens, un jour on finit par se rouler soi-même, et on ne sait pas qui va nous sauver.

Interview réalisée par Akwaba Saint Clair  

 
Le groupe parlementaire PDCI : “Les mesures annoncées par Gbagbo sont techniquement irréalisables”
vendredi 4 avril 2008 - Par Le Nouveau Réveil - Face à la flambée des prix des produits de grande consommation. Face à l`impossibilité des populations ivoiriennes de manger à leur faim du fait de cette flambée des prix. Face à la répression policière barbare et sauvage dont ont été victimes les populations qui ont décidé de protester contre la cherté de la vie;
Le Groupe parlementaire PDCI -RDA
- Considérant que le recours systématique à la force policière brutale ne saurait prospérer dans une nation civilisée telle que la Côte d`Ivoire;
- Considérant que le régime de Monsieur Laurent Gbagbo a toujours répondu par la répression sanglante à toute manifestation ou velléité de manifestation des populations ivoiriennes;
- Considérant que le sang a trop coulé en Côte d`Ivoire depuis l`accession de Monsieur

Laurent Gbagbo au pouvoir;
- Considérant les tueries massives dont ont été victimes les populations ivoiriennes parmi lesquelles il convient de citer notamment:
*Le charnier de Yopougon
*Le massacre de plusieurs centaines de manifestants présumés les 25, 26 et 27 mars 2004.
*La répression barbare des manifestants victimes des déchets toxiques de Vridi.
*La répression sanglante des manifestants de la flambée des prix etc., etc.
- Considérant que sous le règne de Monsieur Laurent Gbagbo, les Ivoiriens sont victimes d`innombrables atteintes aux droits humains et que cela relève d`une volonté délibérée de régner par la terreur
- Considérant le peu d`égard que le régime de Monsieur Laurent Gbagbo a pour la vie humaine;
- Considérant qu`il est inadmissible de réprimer les populations dans le sang avant de proposer des pseudo solutions à leurs problèmes;
- Considérant que le régime de Monsieur Laurent Gbagbo a épuisé l`alibi de la rébellion et qu`il ne peut plus justifier la répression barbare des populations par la présence en leur sein d`hypothétiques rebelles;
- Considérant que la flambée des prix est une réalité tangible et que les manifestations de protestation contre la cherté de la vie sont l`expression d`un droit reconnu au peuple en vertu de l`article 11 de la constitution ivoirienne;
- Considérant que la flambée des prix va de pair avec la dégradation généralisée de la vie sociale et économique et que le régime de Monsieur Laurent Gbagbo ne contrôle plus rien en Côte d`Ivoire;
- Considérant que Monsieur Laurent Gbagbo se soucie peu de la misère du peuple ivoirien en allant jusqu`à lui refuser le droit de vivre ou de réclamer une vie descente;
- Considérant que Monsieur Laurent Gbagbo ne dit pas la vérité aux ivoiriens en allant s`afficher avec les filles de joie de la "rue princesse" pour faire croire que le peuple ivoirien est heureux ;
- Considérant que dans ses prétendues solutions Monsieur Laurent Gbagbo refuse de s`attaquer aux causes réelles de la flambée des prix que sont: la pression fiscale excessive, le racket érigé en institution, la corruption généralisée, l`impunité, les détournements de deniers publics, l`enrichissement rapide et illicite etc. ;
- Considérant que les propositions d`allègement fiscal annoncées par Monsieur Laurent Gbagbo sont hâtives, non intégrées dans un ensemble de mesures fiscales et économiques cohérentes, irréalistes, techniquement irréalisables et qu`elles ne produiront aucun effet durable;
- Considérant que Monsieur Laurent Gbagbo a avoué son incapacité à faire baisser les prix alors que le peuple ivoirien libre et responsable entend revendiquer son droit à la vie confisqué par le régime de Monsieur Laurent Gbagbo ;
- Enfin considérant que Monsieur Laurent Gbagbo n`a eu aucun regret ni aucune compassion à l`endroit des victimes de la répression des manifestations contre la cherté de la vie;
- Condamne énergiquement le recours à la force policière brutale et sanglante en lieu et place du dialogue social réclamé par les manifestants;
- Adresse ses condoléances émues aux familles des deux manifestants abattus de Yopougon et de Gonzagueville ;
- Exprime sa solidarité pleine et entière avec le peuple ivoirien en quête d`un minimum de bien-être, de dignité et de considération;
- Exprime sa profonde compassion avec tous les blessés de ces tristes événements et leur souhaite un prompt rétablissement;
- Juge illégale et attentatoire aux droits humains la répression sanglante et brutale dont ont été l`objet les populations ivoiriennes exaspérées par la hausse anarchique et incontrôlée des prix;
- Invite le Président Laurent Gbagbo et le gouvernement ivoirien à poursuivre franchement le dialogue social déjà engagé avec les différentes couches socioprofessionnelles pour rechercher avec l`ensemble du corps social des solutions négociées, sincères et dénuées de démagogie;
- Engage le Président Laurent Gbagbo à mettre un terme aux menaces que fait peser sur la paix sociale le racket qui sévit de jour et de nuit sur nos routes et dans nos rues;
- Invite le Président Laurent Gbagbo et le gouvernement de Côte d`Ivoire à faire preuve de courage en s`attaquant vigoureusement aux causes de la flambée des prix que sont le racket, la corruption, l`enrichissement rapide et illicite et les détournements massifs et récurrents de deniers publics;
- Invite Monsieur Laurent Gbagbo à renoncer sans délai à l`usage de la force comme unique moyen de gouvernement;
- Met en garde le Président Laurent Gbagbo et son gouvernement contre les dangers d`une éventuelle déflagration de la situation sociopolitique et la violence généralisée qui en résulterait;
- Met en garde le pouvoir du Président Laurent Gbagbo contre tout amalgame visant à inventer un lien factice entre le discours politique du Président Henri Konan Bédié lors de son meeting du 29 mars 2008 et les manifestations spontanées d`un peuple affamé qui crie son ras-le-bol à ceux qui prétendent le diriger;
- Invite les FDS à avoir une attitude plus républicaine en ne tirant pas à balles réelles sur les populations aux mains nues et manifestant pacifiquement;
- Enfin le Groupe Parlementaire PDCI-RDA demande au peuple ivoirien de s`armer de courage dans la lutte qu`il mène pour qu`il lui soit reconnu le droit élémentaire de manger comme par le passé et surtout de crier haut et fort quand il est affamé comme c`est le cas en ce moment avec la flambée des prix des produits de grande consommation.

Le Groupe Parlementaire PDCI-RDA
Le vice-président
N`guessan Koffi Bernard
 
Opposition ivoirienne: Henri Konan Bedié prend le contrôle
Le président de Pdci se pose de plus en plus comme le leader de l'opposition. Il tient depuis peu, le vrai discours de l'opposant.Le président du Pdci Rda, Henri Konan Bédié, a décidé de prendre le contrôle de l'opposition regroupée au sein du Rhdp. En quatre sorties à Bocanda, Dabou, Koumassi et Yopougon, il a clairement affiché son intention de mettre fin à l'état de grâce dont bénéficient Laurent Gbagbo et son parti. Du moins, dans le discours car dans les actes l'opposition rassemblée au sein du bloc des Houphouétistes reste les bras croisés. Elle donne le sentiment de ne point se sentir concernée par les faits qui touchent à la vie la nation. Au moment où mettions sous presse, la ville est secouée depuis deux jours par des manifestations de rue contre la vie chère, et c'est comme si l'opposition n'existait pas. Aucune action pour amener les gouvernants à faire pression sur les commerçants pour faire baisser les prix.
Un discours incisif

L'école est constamment perturbée par des grèves intempestives, cela n'intéresse pas l'opposition. De même, le Congrès national de la résistance pour la démocratie ( Cnrd) a pondu une déclaration la semaine dernière pour inviter le Premier ministre Guillaume Soro, à démissionner de son poste de secrétaire général des Forces nouvelles. Jusqu'à ce jour, nul ne sait la position de l'opposition sur un tel sujet. Bref, dans cette indolence le président du Pdci essaie de sortir la tête de l'eau. Le discours du président du parti doyen est devenu, au cours de ces derniers mois, celui du vrai opposant. Il a semblé avoir bien compris que tout s'arrache. « La fin de nos souffrances ne peut se faire sans notre détermination et notre ferme engagement à prendre en mains notre propre destin», a -t-il lâché samedi dernier face aux milliers de militants et sympathisants de son parti qui ont fait le plein du complexe sportif de Yopougon. Au cours de ce meeting, N'zueba a fait un procès sans complaisance du régime Fpi, à l'image du traitement que lui réservaient Laurent Gbagbo et les siens quand il était au pouvoir. Bedié a véritablement chargé. Extrait de sa déclaration : « Avec les dirigeants de ce régime qui a exalté la violence, on ne peut ni s'en étonner ni en être surpris. Que pouvait-on attendre de dirigeants qui ont refusé d'apprendre à gouverner? Que pouvions-nous espérer de ceux qui, dans leurs mirages et illusions, rêvaient de gouverner la Côte d'Ivoire autrement et qui, parvenus au pouvoir, continuent de se comporter comme des opposants irresponsables? Que pouvaient-ils apporter de positif à la Côte d'Ivoire avec un catalogue de projets inconsistants et incohérents? Rien Absolument rien! ». Et d'ajouter que : « Le régime Fpi n'aime pas la vérité, il ne respecte pas la vie ». C'est clair, Bédié a décidé de ne point céder de terrain à Laurent Gbagbo. Il se rend partout où le Fpi a fait « campagne ». Lui et ses lieutenants se sont rendus à Koumassi, à Bocanda et dans plusieurs villages Baoulé pour détruire les thèses véhiculées par le parti au pouvoir. Et Bedié de prévenir qu'il ne cessera pas de critiquer les tares de la refondation: « Nous n'abdiquerons jamais dans la dénonciation de ces graves dérives, d'où qu'elles viennent, accoucheuses de situations de désordres aux conséquences sociales et politiques imprévisibles». A force de communiquer, il est en train de faire regretter aux Ivoiriens «le temps du progrès pour tous et du bonheur pour chacun » fort critiqué en son temps. Mais, cette époque telle que comparé aujourd'hui par Bédié « aux soleils de la refondation », c'est le jour et la nuit.

Le regard sur la sortie de crise

Dans son rôle de patron actuel de l'opposition, le président du Pdci ne manque pas de réclamer à cor et à cri des élections transparentes à Gbagbo convaincu que celui-ci « rêve de rééditer les événements malheureux qui ont entaché les élections de 2000 ». Pour lui, un an après le « bilan de l'Apo est mitigé. Sa mise en œuvre est ralentie par des intérêts et mobiles contradictoires, par des manœuvres dilatoires » orchestrées par les dépositaires de cet accord. Il décide qu'à partir de maintenant, il n'a qu'un seul combat : obtenir des élections immédiates, transparentes et crédibles pour la Côte d'Ivoire. La question qui coule est de savoir si Bédié et le Pdci qui , dit-on, n'ont pas la culture de l'opposition sauront maintenir ce cap jusqu'à l'obtention de ces élections.

Mais, pendant que Bedié est au devant de la scène, ses partenaires de l'opposition ont choisi d'être discrets et « civilisés ». Alassane Dramane Ouattara du Rdr, Mabri Toikeusse de l'Udpci, Anaki Kobeana du Mfa ont cessé d'être incisifs contre le parti ou pouvoir. Leur priorité aujourd'hui, c'est construire leur parti, renforcer ses acquis et laisser le Fpi faire et raconter ce qu'il veut sans contradiction. Pourvu qu'au moment de leur réveil, il ne soit pas tard.

Traoré M. Ahmed

 
Côte d`Ivoire: Bédié appelle les Ivoiriens à "exiger des élections"
samedi 29 mars 2008 - Par AFP - L'ex-chef de l'Etat Henri Konan Bédié a appelé samedi les Ivoiriens à "exiger des élections" au président Laurent Gbagbo, qu'il accuse de vouloir se maintenir au pouvoir "sans le consentement du peuple" en faisant "reporter indéfiniment" l'élection présidentielle.
"La dénonciation répétitive de faux complots pour bloquer les avancées du processus de paix (...) participent de la stratégie du FPI (Front populaire ivoirien, parti de M. Gbagbo) pour reporter indéfiniment les échéances électorales", a déclaré M. Bédié lors d'un grand meeting à Yopougon, un quartier populaire considéré comme le fief traditionnel de M. Gbagbo. Pour M. Gbagbo, "la finalité est de demeurer au pouvoir sans le consentement du peuple, dont l'avis est ignoré depuis octobre 2005", a poursuivi M. Bédié, renversé en décembre 1999 par une junte militaire dirigée par le général Robert Guéi. Laurent Gbagbo, qui a remporté la présidentielle de 2000 face à Robert Guéi, est resté au pouvoir à la fin de son mandat de cinq ans en raison de la partition du pays consécutive à la tentative de coup d'Etat de la rébellion des Forces nouvelles (FN), en septembre 2002.
"Il faut en sortir parce que le peuple ivoirien n'en peut plus d'assister à ce jeu mortel", a lancé M. Bédié, appelant ses compatriotes à "exiger les élections à Gbagbo qui clame tous les jours que c'est le peuple qui l'a installé au pouvoir".

Le 4 mars 2007, le président Gbagbo a signé un accord de paix avec les FN qui prévoit une élection présidentielle, prévue "au plus tard" à la fin juin 2008. Mais la tenue de ce scrutin semble aujourd'hui compromise en raison de nombreux retards dans le processus de sortie de crise. M. Gbagbo a récemment expliqué que les dates inscrites dans les accords de paix étaient "indicatives" et qu'il fallait tenir compte des "conditions sur le terrain".

 
Allocution du Président Henri Konan Bédié à Yopougon
Monsieur le premier Ministre Daniel Kablan Duncan,
Monsieur le Premier Ministre Charles Konan Banny,
Messieurs les Vice-présidents
Monsieur le Secrétaire Général du PDCI-RDA,
Mesdames et Messieurs les Elus,
Messieurs les Délégués communaux de Yopougon,
Honorables membres des Instances du PDCI-RDA,
Vaillants Secrétaires généraux de Sections,
Madame la Présidente et les Membres de I'UFPDCI,
Monsieur le Président et les Membres de la JPDCI,
Mesdames et Messieurs, les Présidents des mouvements de soutien au PDCI-RDA,
Distingués Chefs traditionnels de Yopougon,
Populations de Yopougon,
Mesdames et Messieurs,
Chers Frères, Chères soeurs,
Militantes et militants du PDCI-RDA,

Nous voici, enfin, ensemble aujourd'hui, 29 mars 2008 à Yopougon

Ma joie est immense d'être parmi vous. Très sincèrement, je vous dis ma profonde gratitude pour l'accueil si chaleureux, si fraternel et combien militant que vous réservez, ce jour, à mon épouse, â moi-même, ainsi qu'à la délégation qui m'accompagne.

Je salue particulièrement tous les élus, les autorités administratives, municipales, coutumières et religieuses pour leur présence distinguée

Mes remerciements s'adressent, également, à tous ceux qui ont déployé tous les efforts, tous les moyens matériels et humains nécessaires au succès de cette visite de retrouvailles, de communion et d'échanges.

Je salue nos militants, femmes et jeunes qui se sont mobilisés avec ferveur pour participer massivement à cette rencontre politique. Merci à tous pour votre engagement et votre fidélité.
Je salue particulièrement, la veuve Antoinette Gadjé, Messieurs Adé Mensah François et le doyen Djoman Mobio Alphonse, membres influents de notre grand parti qu'ils continuent à servir avec un dévouement total et une détermination exemplaire.

Mes pensées vont vers tous nos pionniers, nos militantes et nos militants, notamment Mesdames Botcha Loyo Marthe, Hadja Sata et Dogbobié Basile, toutes trois héroïnes de la marche des femmes sur Grand-Bassam, Messieurs Ahimou Kouakou, El Hadj Valy Diarassouba, Mamourou Ouattara, AKRE Boto Jacques, N'Goma Soumahoro, N'Soua Valentin, Ekragbo Tata Mathurin, Kouadio Mango Guillaume, El Hadj Diaby Toyrou, Akassa Akassa Mathieu, le Commandant Akassa Akadio Abel, Nanan Kouamé Kokoré, tous militants de la première heure les députés Gadjé Pierre, Elleingand Etché et Offoumou Yapo Léonard qui nous ont quittés...

Depuis décembre 1999 et la crise de septembre 2002, la grande famille du PDCIRIDA a enduré d'énormes souffrances, de nombreuses pertes en vies hu9aines et des traumatismes de toute nature.

Souvenons-nous de tous les actes de barbarie qui, du charnier à ce jour, ont endeuillé toutes les familles de la grande cité de Yopougon et de la commune voisine d'Abobo. -

Nous pensons avec tristesse aux innombrables martyrs des événements de mars 2004 notamment au jeune militant Agnimou Kouakou Jacques, froidement abattu au carrefour des « Sables », non loin d'ici, par une main assassine.

Je salue les familles éplorées et partage leur peine. C'est pourquoi, je vous prie d'observer avec moi une minute de silence en mémoire de tous nos disparus.

Militantes et Militants de Yopougon,
Sympathisants du PDCI-RDA
Populations de Yopougon,

Tous ceux qui, dans leurs élucubrations mensongères, proclament que Yopougon est leur bastion, prennent leurs rêves pour des réalités. Pour moi, YQPOUGON est PDCI-RDA et le PDCI-RDA y est bien vivant il est vivant par votre présence massive en ces lieux, par votre détermination et par la ferveur de votre foi dans les idéaux et dans te combat du PDCI-RDA pour une Côte d'Ivoire fraternelle, unie, prospère et solidaire.

Militantes et Militants de Yopougon
Sympathisants du PDCI-RDA
Populations de Yopougon,

Vous devez être fiers, car cette cité est vôtre. Elle est l'oeuvre du PDCI-RDA. Elle représente, dans le bilan du PDCI-RDA, un atout majeur.

Imaginée, conçue et réalisée par le PDCI-RDA dans le but d'en faire un pôle de développement économique prospère et attractif à l'entrée de la métropole d'Abidjan, cette cité de Yopougon a été dotée d'un plan directeur et d'urbanisme rationnel, harmonieux et évolutif dans la tradition moderne de la « Nouvelle ville ». Vous comprendrez pourquoi il a été prévu une zone industrielle pour recevoir des industries naissantes capables d'offrir des emplois stables et durables à ses populations afin de promouvoir, comme cela a toujours été le cas pour notre parti, un social des plus hardis.

C'est ainsi que la SICOGI et la SOGEFIHA, alors sociétés d'état, ont réalisé l'important programme de construction de logements sociaux et économique que l'on sait. Il s'agissait de mettre à la disposition des populations des habitations à loyers modérés. Cela nous a permis d'offrir des logements à un grand nombre de nos compatriotes et a ceux qui vivent avec nous, sans discrimination ni exclusion aucunes. D'ailleurs, depuis lors, certains locataires en sont devenus les propriétaires.

La commune de Yopougon a été également dotée d'infrastructures de qualité dans les domaines sanitaire, social, scolaire, universitaire et dans celui de l'assainissement urbain.
Le centre hospitalier universitaire moderne que nous avons réalisé pour soigner toutes les populations ivoiriennes et aussi pour former nos jeunes qui se destinent aux professions médicales en est un des fleurons.

Toujours dans le domaine sanitaire, nous avons construit des dispensaires et des centres de santé communautaire de proximité. Ceux-ci devaient éviter aux malades les déplacements coûteux, et des désagréments divers.

Comme vous pouvez le constater, Yopougon a toujours constitué un levier important, un atout majeur de la politique économique et sociale mise en oeuvre par les gouvernements successifs dirigés par le PDCI-RDA.

Créée de toute pièce par la volonté politique du PDCI-RDA, YOPOUGON, ville champignon, témoigne du succès de notre politique de modernisation et de développement de la Côte d'ivoire. Première agglomération nationale, par sa taille, sa population diversifiée et sa densité, Yopougon est une cité d'accueil de toutes les composantes de la population ivoirienne. A ce titre, l'appellation Yopougon la belle n'est nullement usurpée.

Dans la dynamique de la croissance de la ville d'Abidjan, Yopougon a accueilli le trop-plein de Treichville, d'Adjamé, de Cocody, de Port-Bouët, de Marcory et de Koumassi.

Quoi de plus naturel que les populations déplacées, à la suite de la guerre stupide qui a inutilement meurtri notre pays et endeuillé nos familles, trouvent en Yopougon, une ville d'hospitalité, de fraternité et de solidarité.

Cette tradition d'hospitalité a forgé à Yopougon l'image d'un quartier urbanisé qui a su conserver le sens de la solidarité africaine.

A ce titre, Yopougon est incontestablement une terre d'accueil et de refuge.

Dans sa vision politique de la ville, le PDCI-RDA a toujours envisagé de faire de Yopougon une ville de référence et d'excellence, un creuset du brassage de nos cultures et de nos différences en vue de l'émergence d'un Ivoirien ouvert à la modernité.

Mais aujourd'hui, qu'est devenue Yopougon sous le régime du FPI ?

Depuis huit ans, le FPI et son régime se sont acharnés à transformer «Yopougon, la belle » en « Yopougon, la guerre ».

Avec les dirigeants de ce régime qui a exalté la violence, on ne peut ni s'en étonner ni en être surpris. Que pouvait-on attendre de dirigeants qui ont refusé d'apprendre à gouverner? Que pouvions-nous espérer de ceux qui, dans leurs mirages et illusions, rêvaient de gouverner la Côte d'ivoire autrement» et qui, parvenus au pouvoir, continuent de se comporter comme des opposants irresponsables? Que pouvaient-ils apporter de positif a la Côte d'ivoire avec un catalogue de projets

inconsistants et incohérents? Rien Absolument rien! Et le résultat est là, sans appel: le développement s'est arrêté, la Côte d'ivoire a sombré dans la guerre, la misère généralisée, le chômage, la pauvreté. Depuis leur avènement malencontreux au pouvoir, ils se sont évertués â tirer notre pays vers le bas.

Cependant, porte d'entrée d'Abidjan, la cité de Yopougon était promise à un bel avenir de ville moderne par la qualité de son cadre de vie sur un site riche en eau et en forêts.

Le POCI-RDA, dans sa volonté de favoriser l'accès à l'habitat moderne, a fait de Yopougon un pôle d'attraction des familles en quête de logements sociaux et économiques. Quand certains pensaient que Yopougon allait devenir une simple cité dortoir, le POCI-ROA en a fait une cité humaine, une cité de culture, de commerce et d'industrie.

Militantes et Militants de Yopougon
Sympathisants et Sympathisantes du PDCI-RDA
Population, de Yopougon,

Il ne peut y avoir de vrai développement sans le respect de l'environnement. C'est pourquoi nous condamnons la destruction de la forêt d'Anguêdédou et de la forêt classée du Banco, site écologique de renommée internationale qui fait l'objet d'un lotissement perpétré par le FPI en violation de la législation sur notre écosystème. Tout le couvert végétal reconstitué par la Sodefor dans le cadre du programme de reboisement et de protection pérenne de environnement d'Abidjan est entièrement dévasté. Il faut que cela s'arrête de toute urgence avant que ce qui en reste soit à son tour attaqué.

Pour ce faire, le FPI doit développer en lui un plus grand respect de la nature et de l'environnement et une conscience plus aiguë des obligations dans la vie de la cité.

Militantes et Militants de Yopougon
Sympathisants du PDCI-RDA

Populations de Yopougon. Le FPI et son régime ont démontré à souhait leur carence en matière de projet de développement de la ville. Ainsi, la coquette commune de Yopougon se transforme en « cité poubelle » où, hélas, la violence et le désordre le disputent à l'indiscipline pour instaurer la loi du plus fort et du plus riche.

Militantes et Militants de Yopougon
Sympathisants du PDCI-RDA
Populations de Yopougon,

La paix que nous nous sommes patiemment efforcés d'instaurer entre les différentes communautés résidant ici à Yopougon, comme ailleurs, a été rompue. Yopougon est aujourd'hui en proie à toutes les violences et à tous les excès. Véritable laboratoire de la mauvaise gouvernance du FPI, Yopougon draine, actuellement le chômage, le banditisme, le mal-être, la dérive des moeurs, l'insécurité entretenue par des milices patentées.

Faute d'emplois stables, sa jeunesse oubliée et abandonnée par les vendeurs d'illusions est obligée de vivre d'expédients, quand la ville elle-même n'est plus qu'un vaste marché de l'informel.
Depuis huit ans, Yopougon est le théâtre de centains de crimes de sang découlant de règlements de compte, de bavures policières et d'affrontements meurtriers entre groupes rivaux. Ces événements qui endeuillent de paisibles familles nous interpellent tous.

Nous interpelle également l'arrestation arbitraire et l'emprisonnement à Yopougon du jeune Assalé Témoko. Ce tait démontre le cynisme de ce régime dont les dirigeants, hier, s'autoproclamaient champions de la liberté et de la démocratie.

Dans le courant de ce mois de mars 2008, la mort d'un conducteur de véhicule de transport urbain, après tant d'autres, est à pour nous rappeler la gravité de la dégradation du climat social dans notre pays.

Le plus troublant, c'est que ces situations aussi préoccupantes que dangereuses ne font jamais l'objet d'enquêtes sérieuses, objectives, permettant d'en connaître les causes, de situer les responsabilités afin de les éradiquer.

Nous n'abdiquerons jamais dans la dénonciation de ces graves dérives, d'où qu'elles viennent, accoucheuses de situations de désordres aux conséquences sociales et politiques imprévisibles.

Ce régime n'aime pas la vérité. Ce régime ne respecte pas la vie. Ce régime est un danger pour la Côte d'ivoire.

Tel est le triste bilan du FPI à Yopougon que certains prétendent être le bastion des refondateurs.
Mais ce n'est pas tout.

Militantes et Militantes de Yopougon
Sympathisants du PDCl-RDA
Populations de Yøpougon

Félix Houphouêt-Boigny le répétait sans cesse: « Nous n'avons pas d'usines à nationaliser, mais à créer, de terres à distribuer, mais à mettre en valeur, de commerce à étatiser, mais à organiser. »

Cette sentence résume dans un raccourci saisissant le projet de société du PDCIRDA fondé sur la recherche de la Paix, le développement et la modernisation. Elle traduit une vision du développement caractérisée par une culture de la paix élevée au rang d'une véritable «religion». Elle recherche l'unité nationale, la cohésion sociale et l'intégration par la démocratie et la participation de tous. Elle reconnaît la nécessaire complémentarité entre le rôle de l'Etat et le rôle du marché, ainsi que la coopération internationale dans un contexte mondial d'interdépendance des nations et des peuples.

Faute d'avoir compris cette démarche, le FPI et les adversaires du PDCI-ROA se sont lancés dans l'aventure d'une politique désastreuse qui a profondément bouleversé les performances économiques du pays.

Le coup d'état de 1999, la crise du 19 septembre 2002, les tueries de mars 2004 et les événements de novembre 2004 ont sérieusement compromis le développement industriel du pays et fortement dégradé et déstructuré le secteur industriel.

Sous le PDCI-RDA, le rêve, qui avait nourri l'espérance des Ivoiriens pour une Côte d'ivoire digne et prospère, s'est évanoui avec le FPI.

Voici huit longues années que dure la crise ivoirienne. Voici huit longues années que nous courons après la Paix. Certains politiciens avaient prétendu que « la paix ne se mange pas I » Aujourd'hui, chacun découvre la légèreté et le caractère nocif d'une telle affirmation1 car sans la paix, point d'épanouissement humain, point de développement politique, économique et social
Vous n'ignorez pas les efforts et les sacrifices consentis par le PDCI-RDA pour trouver une solution politique à la crise afin d'éviter son enlisement, source de souffrances inutiles pour les populations ivoiriennes.
Nous avons participé activement à toutes les rencontres et pourparlers de paix de Marcoussis à Pretoria, avant que n'intervienne la signature de l'accord de Ouagadougou.

Cet accord a suscité l'espoir de voir enfin la paix restaurée en dix mois. Mais après un an le bilan reste mitigé. La mise en oeuvre de cet accord est constamment ralentie par des intérêts et des mobiles contradictoires, par des manoeuvres dilatoires, les mêmes observées depuis Marcoussis.

Les louvoiements, les atermoiements, les batailles sur l'interprétation des textes préalablement approuvés et signés sont les signes de blocages volontairement entretenus. La roublardise, la prolongation d'une belligérance fictive procèdent d'une volonté de retarder le désarmement, le démantèlement des milices annoncé et jamais réalisé. La dénonciation répétitive de faux complots pour bloquer les avancées du processus de paix, le redéploiement de l'administration territoriale, l'identification des populations et le recensement électoral, participent également de la stratégie du FPI pour reporter indéfiniment les échéances électorales. Les réponses évasives que le chef de l'Etat avance avec dédain sur ces questions essentielles montrent dans quel mépris il tient le peuple ivoirien auquel, depuis bientôt trois ans, il dénie le droit de choisir ses dirigeants.

Voyez-vous, la finalité est de demeurer au pouvoir sans le consentement du peuple dont l'avis est ignoré depuis octobre 2005. [Assemblée nationale ne fonctionnant plus pour servir de contrepoids à ‘exécutif, le FPI, par des procédés illégaux, tente de verrouiller tout le système politique. Par ce comportement antidémocratique, il a instauré la dictature en Côte d'ivoire. Mais ce sont là les germes d'une situation explosive

Les Ivoiriens savent, en effet, que le propre de toute minorité politique est de chercher à gagner du temps, espérant que des circonstances hypothétiques lui permettront de surmonter ses nombreux handicaps et insuffisances.

Ces manoeuvres dilatoires qui font fi de tous les principes républicains et de nos lois sont caractéristiques du FPI qui confond politique et roublardise, machinations et légalité.

Mais, depuis l'accord politique de Ouagadougou et ses additifs par lesquels les deux signataires se sont engagés à organiser des élections justes, libres, transparentes et ouvertes les choses paraissent moins laissées à la seule initiative du FPI.

Englué dans sa logique de désordre, accablé par son bilan négatif, pris dans le piège de ses propres turpitudes et des crises qu'il a lui-même suscitées ou encouragées, le EPI a fini par développer le complexe de l'encerclement. Dès lors, il s'est révélé comme le parti de toutes les incertitudes et de tous est dangers pour la paix et la stabilité tant désirées par nos compatriotes et les populations ivoiriennes.

Il faut en sortir. Parce que le peuple ivoirien n'en peut plus d'assister à ce jeu mortel. Il veut retrouver la sérénité nécessaire à l'édification de son progrès et de son bien-être.

La patience des Ivoiriens a été trop longtemps éprouvée et rien, ni personne, ne pourra arrêter les déferlements auxquels nous préparent les comportements singuliers du FPI. Ce sera alors un beau tapage que je ne souhaite pas mortel.

Je voudrais donc au nom du PDCI-RDA lui lancer, depuis Yopougon, un appel pressant pour lui dire que la Côte d'ivoire est notre bien commun et que nul n'a le droit d'en hypothéquer l'avenir en privilégiant ses intérêts égoïstes et partisans par les trucages et les hold-up électoraux. Non I Cela n'est pas tolérable et nous ne l'accepterons jamais I

Certains, dans leurs desseins funestes, rêvent de rééditer en Côte d'ivoire les événements malheureux qui ont entaché les élections calamiteuses d'octobre 2000 et qui nous ont conduits à la crise que nous vivons.

Nous lançons un appel solennel à la communauté internationale, aux amis de la Côte d'ivoire, témoins et observateurs de l'évolution politique en cours, pour que pareille situation nous soit épargnée et qu'elle ne se reproduise plus en Côte d'ivoire. Nous leur demandons à tous d'aider les Ivoiriens à se libérer d'un pouvoir qui se prolonge sans fin, sans le consentement du peuple souverain.

Nous en appelons à la vigilance des Ivoiriens. Nous en appelons aussi à la responsabilité des partis politiques pour que notre engagement politique fasse de nous des bâtisseurs de paix dans la cité par des élections justes, honnêtes et transparentes.

Le peuple doit exiger les élections à GBAGBO qui clame tous les jours que c"est le peuple qui l'a installé au pouvoir. Il ne peut donc se soustraire à l'exigence constitutionnelle de le consulter.
Cette exigence est d'autant plus nécessaire que, pour tromper notre vigilance, M. GBAGBO Laurent et son épouse s'adonnent à des dépenses somptuaires sous le couvert de pseudo visites d'état â travers tout le pays. En réalité, il s'agit de tournées de propagande partisane réalisées avec les moyens de l"Etat au cours desquelles il sème à tous vents de vaines promesses pour s'attirer les faveurs d'une opinion qui ne croit plus en lui. Qui croit-il duper aujourd'hui, en créant de façon inconsidérée départements, sous-préfectures et communes dans un contexte de récession économique sans précédent ? En plus de cela il s'auto invite dans les fêtes de retrouvailles de ‘'Paquinou”. Il croit ainsi pouvoir faire du recrutement alors qu'il perturbe la sérénité des populations en déversant dans les villages de nombreuses forces de l'ordre. Sachez qu'on ne peut fêter dans la peur. On dénature, ce faisant, le sens profond de ces festivités. Cette supercherie est inadmissible. Elle doit être dénoncée, combattue, avec fermeté et détermination, par notre mobilisation sans faille.

Militantes et Militants de Yopougon
Populations de Yopougon,

Au milieu de la tourmente où la Côte d'ivoire se trouve plongée, il nous faut nous ressaisir pour reconstruire notre pays défiguré en retrouvant les normes qui font aujourd'hui la force des nations modernes. Il nous faut nous attacher à notre référence commune qui est la paix, notre mobile essentiel. Avec la paix reconstruite, le progrès pour tous et le bonheur pour chacun auxquels nous aspirons sont possibles.

Chers compatriotes,

Comme je ne cesse de le répéter, la fin de nos souffrances ne peut se faire sans notre détermination et notre ferme engagement à prendre en mains notre propre destin. Pour ce taire, notre solidarité et notre union doivent être fortes. Rassemblons-nous pour conforter notre cohésion. Nous n'avons qu'un seul combat des élections immédiates, transparentes et crédibles pour donner à la Côte d'ivoire les dirigeants que vous aurez librement choisis.

Pour cela, il faut vous faire identifier et disposer de tous vos documents électoraux en participant aux audiences foraines et au recensement électoral. Cela est déterminant et essentiel
La Côte d'ivoire notre pays n'est la propriété privée d'aucune citadelle politique ni le fief d'aucun seigneur de guerre, le fief d'aucun usurpateur confisquant le pouvoir.

Mobilisons-nous pour faire échec â tous ceux qui pensent pouvoir par la terreur, la force brutale, la barbarie et la roublardise enfermer nos libertés, prendre notre pays en otage tout en s'affranchissant des exigences démocratiques et constitutionnelles du suffrage universel juste et transparent.

Mobilisons-nous pour exiger des élections qui nous ouvriront les portes du renouveau de la Côte d'ivoire

Sympathisantes et sympathisants du PDCI-RDA, je compte sur vous.
Militantes et militants du PDCI-RDA, Femmes, Jeunes de Yopougon, je compte sur chacune et chacun de vous.

J'invite au rassemblement, l'union et à la cohésion chaque militante et chue h militant. Ne nous laissons pas distraire par les chants de sirène de ceux qui ont échoué et qui, dans leur désarroi, veulent par la désinformation et le mensonge nous affaiblir en cherchant à nous diviser.
Je compte, enfin, sur les millions d'Ivoiriennes et d'ivoiriens qui en Côte d'Ivoire et à l'extérieur de notre pays, ont soif de paix, de liberté, de démocratie, de bien être et de sécurité, pour s'assumer et s'épanouir.

Le sang a trop coulé depuis l'avènement du FPI au pouvoir. Trop de morts inutiles jalonnent le règne du FPI. Et pourtant, l'on peut gouverner ce pays sans se salir les mains. Cela doit cesser. Ma condamnation sans appel des assassinats politiques en Côte d'ivoire, réside dans mon respect scrupuleux du droit de chaque citoyen à la vie. Et comme vous le savez, je n'ai aucune goutte de sang sur les mains.

Ensemble, prenons l'engagement de construire, dès aujourd'hui, une Côte d'ivoire respectueuse de la vie humaine, une Côte d'ivoire d'amour et d'espoir en vue du progrès pour tous et du bonheur partagé dans l'union et la concorde.
Vive Yopougon, la belle!

Vive le PDCI-RDA!
Vive la Côte d'ivoire!

Henri Konan BEDIE
Président du PDCI-RDA
 
Le Président Henri Konan Bédié aux populations de Yopougon : “L'alibi de la guerre épuisé, le FPI lance de nouvelles promesses, ne soyez pas dupes”
Le Nouveau Réveil - N°1880 - vendredi 28 mars 2008 - Le 29 mars 2008, j'aurai le plaisir de communier avec mes compatriotes et les populations de Yopougon. En attendant, je voudrais jeter un regard sur Yopougon depuis l'avènement du FPI.
A la veille du coup d'état de décembre 1999, la zone industrielle de Yopougon comptait plus de trois cents entreprises PMI, PME et des unités industrielles de grande taille. Les perspectives d'implantations industrielles nouvelles étaient chargées des plus belles promesses.

On peut citer :
la société chinoise HUAKE, société de construction de véhicules utilitaires, qui employait 200 personnes. Aujourd'hui fermée, son personnel est livré au chômage laissant dans le dénuement le plus total plus de deux mille âmes sans soutien ;
l UNICAO, société de transformation du cacao, comptait un effectif de 800 personnes. Elle a connu une suppression drastique de 200 emplois et envisage à ce jour d'autres licenciements;
l YOPLAIT dont le personnel était à hauteur de 400 travailleurs a dû compresser 100 employés et aujourd'hui une menace de licenciement collectif n'est pas à exclure ;
lSIALIM, société de traitement du lait, et SIVAC, société d'abattage de porc, sont fermées.
Ainsi, Yopougon offrait, sous mon égide, en moyenne, un millier d'emplois par mois. Aujourd'hui, la condition que le régime du FPI a fait aux travailleurs et aux Ivoiriens est des plus précaires et des plus déplorables. C'est une condition de misère qui condamne à la pauvreté, à l'indigence, à l'avilissement et à la servitude. C'est une condition créée à dessein par le régime du FPI pour manipuler l'Ivoirien, le livrer à l'assujettissement et à l'indignité.
Combien de ménages peuvent-ils aujourd'hui s'offrir plus d'un repas par jour ? Combien de parents d'élèves sont-ils en mesure d'assurer les frais d'écolage, de santé et d'entretien de leurs enfants ? Combien ont-ils abandonné leurs maisons et leurs foyers faute de moyens pour faire face au loyer et à leurs charges? Que peuvent espérer les travailleurs, hommes et femmes, qui se sont sacrifiés pour l'éducation de leurs enfants, aujourd'hui diplômés, mais contraints de s'adonner, sur les trottoirs de nos communes, au commerce informel ?
Empêtrés dans les difficultés quotidiennes et confinés dans la grisaille d'une existence sans perspective, sans espérance et sans espoir ni pour eux-mêmes ni pour leurs enfants, les Ivoiriens sont contraints de vivre d'expédients. En vérité, repus par l'enrichissement rapide et illicite, les refondateurs ont renoncé aux chantiers du développement, à la lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes, à la promotion de la femme, à la création d'emplois et de richesses. L'alibi de la guerre étant épuisé, nous comprenons pourquoi aujourd'hui le FPI se répand à travers tout le pays en promesses fallacieuses. Mais nous ne sommes pas dupes ! Edifiés par l'incompétence du régime FPI, instruits par le scandale des détournements colossaux, l'impunité, la barbarie, la dictature, le déni de justice, les violations massives des droits de l'homme, vous avez compris son incapacité à régler les crises qui secouent tous les secteurs de la vie nationale. Vous êtes désormais convaincus de ce que la refondation veut dire : la culture de l'égoïsme pour asseoir la violence, l'anarchie, le désordre, le vol, l'indiscipline, la précarité, l'échec et le chaos, avec en prime son maintien au pouvoir dans l'illégalité la plus honteuse.
A l'évidence, le FPI a échoué partout et en tout. Que peut-il encore apporter à Yopougon et à la Côte d'Ivoire ? Rien ! Si ce n'est la misère, le désarroi et, pire, le mensonge !
Dans le cadre de notre politique sociale à Yopougon, compromise par le coup d'état de 1999 et par la mauvaise gouvernance du FPI, on peut rappeler, entre autres, les réalisations suivantes :
lla construction de la cité policière dont les travaux de finition ont été abandonnés depuis huit ans pendant que l'on s'offre des résidences et des véhicules de rêve au prix de plusieurs centaines de nos millions ! Ce projet qu'on fait semblant de reprendre, ces temps-ci pour des raisons électoralistes, avait pour ambition de faire de Yopougon, le cœur de notre système de sécurité nationale par la qualité de la formation des policiers et celle de son équipement informatique d'avant-garde. l Le Palais de justice édifié dans le souci premier de rapprocher la justice des justiciables aurait dû poursuivre son développement pour répondre aux besoins croissants des populations afin d'assurer efficacement sa mission. Malheureusement, le règne de l'impunité qui prévaut depuis huit ans démontre à souhait que la justice et la recherche de l'équité n'ont jamais été la préoccupation du régime FPI.
l Il faut mentionner également les quatre centres de santé réalisés à Wassakara, à Port-Bouet II, à Niangon-Sud et à la BAE avec l'appui de nos partenaires au développement notamment l'Union Européenne, et inaugurés sans vergogne à grand renfort de publicité par le régime FPI, notre détracteur d'hier. Depuis, ces centres sont devenus de véritables mouroirs.
l La programmation et la réalisation, à proximité de la Zone industrielle, de logements sociaux avec des matériaux locaux écologiques, notamment le géobéton, ont été interrompues par le coup d'état de 1999 et les logements construits sont à l'abandon ou squattés.
l Le groupe Gandhour, réinstallé à Yopougon, avait construit deux centres de santé au titre de notre politique d'incitation des entreprises à l'investissement dans le social.
lNous avions doté Yopougon d'une voirie de qualité, en extension et en expansion. Mais aujourd'hui, celle-ci est à l'abandon et fortement dégradée.
l Le Pont Plateau-Locodjoro pour fluidifier le trafic a été malencontreusement abandonné. Par ailleurs, les travaux d'extension du Port d'Abidjan à Yopougon que nous avions prévus et qui devaient procurer des milliers d'emplois dès 2000 ont, eux aussi, été oubliés.
Le plan directeur de Yopougon, comme celui du tout Abidjan, est déstructuré. Ainsi, les réserves administratives, les espaces verts ou les jardins publics, les aires de jeux, les trottoirs sont livrés à des prédateurs. Ceux-ci, en véritables requins, s'y adonnent à des réalisations anarchiques d'immeubles, de boutiques, de logements, de commerces, de monuments encombrants à l'esthétique douteuse. En dépit du bon sens, des stations d'essence sont construites parfois sous les lignes d'électricité à haute tension, au mépris des risques d'incendie et des mesures de sécurité pour les usagers et les riverains. Les ponts destinés à relier les différents quartiers sont démolis par les intempéries et l'absence d'entretien. Pour parachever cette œuvre d'enlaidissement urbain de nos villes transformées en de gigantesques bazars, les trottoirs de nos communes sont devenus des marchés occupés par des activités commerciales illégales. Yopougon n'échappe pas au sort commun de nos cités ravalées au rang de " ville boutique ".
Les zones résidentielles, gagnées par l'insalubrité provoquée par la mauvaise gestion de la ville et particulièrement des ordures ménagères et des déchets industriels, sont envahies par le bruit et le vacarme, par les cafards, les rats, les moustiques porteurs de maladies endémiques. Non ! Cela est inadmissible !

En plus de cette catastrophe écologique, le District d'Abidjan a poussé impunément le cynisme jusqu'au crime. Souvenons-nous que pour nous faire respirer les odeurs des déchets toxiques importés et déversés clandestinement dans nos quartiers, il nous a fait croire qu'il procédait à la démoustication de la ville ! Nous voici ainsi assimilés aux moustiques ! Quand on veut détruire un peuple, on l'animalise ! Non ! Cela est intolérable !

L'insalubrité et la pollution touchent tous les secteurs de la vie de notre pays. Elles touchent à nos âmes, elles touchent à notre architecture, à l'urbanisme et à nos comportements quotidiens.

Le désordre instauré dans notre pays par le FPI est, en soi, une nuisance écologique. Nous savons que l'environnement influe sur les comportements. Ce n'est donc pas étonnant de voir la saleté et les immondices sous lesquelles croupissent nos villes et nos quartiers déchaîner les réactions de violence primaire. Ainsi le règne de la corruption et du racket devenus familiers à Gesco et sur toute l'étendue de la commune de Yopougon participe de cette pollution des âmes.
Nous aimerions rappeler que, de tout temps et partout, vivre dans la propreté et le respect de l'hygiène est une thérapie physique et morale. En déniant ce droit au peuple ivoirien, le FPI l'a abandonné dans la fange d'une république incapable de gérer ses déchets. Outre les dégâts ci-dessus mentionnés, quel est l'impact des crises créées par le FPI sur le secteur industriel de notre pays ?
Le tissu industriel ivoirien, depuis 2000, s'est effiloché et fragilisé. L'environnement des affaires s'est gravement détérioré avec une activité en continuelle récession. Contribuant pour 27% au Produit Intérieur Brut (PIB) en 1999, le secteur industriel ivoirien était animé par 400 grandes entreprises du secteur moderne, essentiellement concentrées à Yopougon. Ces grandes entreprises, détenues à 80% par des capitaux privés étrangers, employaient plus de 70% de la main d'œuvre et représentaient plus de 80% de la valeur ajoutée manufacturière du pays.
Ce secteur coexistait avec un réseau de petites et moyennes industries détenues à 26% par des ivoiriens. Ces PME/PMI contribuaient pour 18% environ de la valeur ajoutée du secteur avec 12% des investissements et 23% des emplois modernes. En 1999, les produits industriels représentaient 34,6% du total des exportations ivoiriennes. Durant la période 1994-1999, notre programme de transformation industrielle des produits agricoles a entraîné dans le secteur industriel un taux de croissance annuelle d'environ 9%. Cette politique a permis une augmentation de notre capacité industrielle qui est passé de 75% en 1993 à 88% en 1999. Ces performances, malheureusement, ont stagné sur la période 2000-2001 où l'économie ivoirienne a enregistré son taux de croissance le plus bas (-2,3%) depuis l'indépendance de notre pays. Il faut d'ailleurs indiquer qu'en 2004, la contribution du secteur industriel au produit intérieur brut n'a été que de 20% seulement contre 27% en 1999, soit une perte de 7 points en 5 ans. Le prolongement de la crise actuelle a entraîné des pertes d'emplois induisant une augmentation accrue du chômage.
Ainsi, selon le patronat, les évènements du 06 novembre 2004 ont entraîné à eux seuls :
l une perte de plus de 30 000 emplois jetant dans un désarroi total près de 300 000 personnes.
l la fermeture de 106 entreprises dont les outils de production ont été détruits ou détériorés ;
l la disparition de 120 PME/PMI à la suite des casses, pillages et incendies ;
l la délocalisation de nombreuses entreprises industrielles vers d'autres pays de la sous-région.
Au total, depuis 2000, plus de 14.000 entreprises ivoiriennes ont disparu de notre secteur moderne. La crise actuelle a également provoqué la perte de compétitivité des produits ivoiriens, la régression du poids économique de la Côte d'Ivoire. L'indice du risque-pays selon les normes de l'ONU s'est élevé jusqu'au niveau quatre dans les zones CNO et trois pour la zone gouvernementale. Ce qui ternit considérablement l'image de marque de notre pays et compromet son attrait pour les investisseurs même si aujourd'hui cet indice est ramené au niveau trois pour la zone CNO et deux pour la zone gouvernementale. Cet état de fait jette nos PME et PMI dans des difficultés accrues marquées par :
l le désordre et la démultiplication des organisations professionnelles à la représentativité douteuse ou faible ;
l le caractère inadapté et inapproprié des infrastructures de développement des PME ;
l les difficultés de l'accès au financement bancaire dues aux exigences excessives de garanties ;
l la fragilisation et pénalisation des entreprises prestataires de service dues au retard et à l'accumulation des arriérés de paiement des créances de l'Etat ;
l la perturbation de l'environnement des affaires par des troubles socio-politiques à répétition ;
l l'installation anarchique de nombreux barrages routiers dans le seul de racketter voyageurs et transporteurs ;
l la baisse du pouvoir d'achat des ménages due à l'accroissement du taux de pauvreté.
Toutes ces difficultés découlent de la faiblesse de l'Etat qui favorise un laisser-aller et un laisser-faire des plus anarchiques. Ce désordre est aggravé par les disfonctionnements de notre appareil judiciaire et l'absence de sécurité juridique qui en résulte pour le monde des affaires. Cette situation est également amplifiée par la tendance des responsables d'administration centrale démis de leur fonction à se maintenir à leur poste contre la volonté de leur tutelle, en instrumentalisant la rue, les milices et le clientélisme syndical. Cette déliquescence de l'Etat est préjudiciable aux entreprises les plus vulnérables et à l'essor général de notre industrie. En effet, notre industrie est de plus en plus soumise à de fréquentes ruptures d'approvisionnement en matières premières du fait de l'absence de régulation et de contrôle de leur exportation.
De tout ce qui précède, il est aisé de constater que le développement économique et le bien-être dans ce pays sont l'œuvre du PDCI-RDA et de ses gouvernements successifs. Dans ces conditions, le peuple souverain de Côte d'Ivoire doit en tirer toutes les conséquences quand on sait aujourd'hui que le régime FPI a conduit notre pays dans le chaos, la régression économique et sociale. A samedi, pour ensemble échanger sur l'avenir proche de notre bien commun, la côte d'ivoire !

Henri Konan BEDIE.
Président du PDCI-RDA
 
ELECTION PRESIDENTIELLE: Bédié veut céder la place à Banny
mardi 18 mars 2008 par Assane NIADA - Dans un langage clair-obscur, Charles Konan Banny a en effet laissé entendre que son aîné Bédié et lui ont signé un pacte. Après un huis clos à la résidence du président du Pdci, en compagnie des autorités coutumières de Daoukro, l'ex-Premier ministre fera cette révélation sur la place publique : « C'était une cérémonie de réception dans la pure tradition de chez nous. C'est une cérémonie qui était empreinte de symbole, donc de message, que nous avons reçu. J'espère que ceux qui me l'ont envoyé, l'ont compris de la même manière. Qu'ils sachent que j'ai reçu ce message, que nous l'avons reçu. ». Par ces mots, Banny dévoilait le pacte passé entre Bédié et lui. Pour maquiller le deal, il parle de message. Mais ceux qui étaient à Daoukro et qui savent lire entre les lignes ont bien compris que l'ex-Premier ministre venait de recevoir du président du Pdci, de solides garanties s'agissant de son avenir politique. Comme pour ouvrir les yeux à ceux qui ne comprennent toujours rien à ce qui se passe entre Bédié et lui, Banny a encore tenu ces propos sans équivoque : « Ma présence ici est un message. Le comprennent ceux qui veulent le comprendre. Mais c'est un message. ».
C'est à dessein que l'ex-Gouverneur de la Bceao insiste sur le mot message. En le reprenant tel un refrain, il s'adressait non pas au public du Daoukro Carnafestival, mais à tous les barons du Pdci, du moins à ceux parmi eux qui rêvent de jouer les premiers rôles après que Bédié aura passé la main. Banny leur disait, en des termes à peine couverts, qu'il est en passe d'être le prochain gardien du « Temple Pdci ». En parlant publiquement à Daoukro, la terre natale de Bédié, il laisse deviner qu'il s'est substitué à l'actuel président du Pdci ; lequel semble lui avoir passé le relais. Dans le bois sacré.

DES FAITS QUI NE TROMPENT PAS: Même si rien n'est officialisé, les propos fort allusifs de Banny à Daoukro achèvent de convaincre tous ceux qu'une série de faits et actes posés par l'ex-Premier ministre laissaient toujours sceptiques quant au jeu de passe-passe auquel lui et Bédié se livrent. En effet, depuis le départ de l'ex-Gouverneur de la Bceao de la Primature, les deux Konan n'ont de cesse de multiplier des actions visant à favoriser leur rapprochement. Il y a quelques mois, Charles et son aîné Jean s'étaient rendus à la résidence privée de Bédié à Cocody. Coupant ainsi court à toutes les supputations sur un conflit larvé qui opposerait les deux personnalités. Il n'y a pas si longtemps, l'ex-Premier ministre rendait encore visite au « grand-frère » à sa résidence de Cocody. Toute ces rencontres avaient, semble-t-il, pour but d'aplanir les divergences entre les familles Bédié et Banny après la cinglante parabole du « canari cassé » décochée par Jean Konan Banny contre Bédié. Résultat de toutes ces collusions : le retour en fanfare de Charles Konan Banny à une réunion du Pdci, présidée par Bédié himself. Il y a un peu plus d'un mois. Ce come-back de Banny à la « maison » était déjà un « message », pour employer un terme cher à l'ex-Premier ministre. C'était la façon la plus parlante de l'intégrer en vue de le positionner le moment venu, estiment certains observateurs. Last but not least. Banny est reçu solennellement à la résidence de Bédié à Daoukro où il a fait une apparition publique. Ultime composante du puzzle, la formalisation de l'intégration de Banny au Bureau politique du Pdci, la plus haute instance de décision de ce parti. Une décision prise par le président du Pdci et rendue publique au lendemain du séjour de l'ex-Premier ministre sur les terres de Bédié. Autant de faits qui font dire que Bédié envoie un « message » à ceux qui ont des oreilles pour entendre. Selon des sources proches de lui mais aussi de Banny, le septuagénaire est en train de préparer le terrain pour le sexagénaire, qui pourrait prendre le gouvernail au cas où la prochaine élection présidentielle ne se tient pas cette année. Fatigué par le poids des ans, l'actuel président du Pdci, qui n'est pas non plus au mieux de sa forme, n'exclut plus l'éventualité de passer la main si la date de la tenue des élections est continuellement reportée. Il est, plus que par le passé, disposé à passer le relais au banquier venue de Dakar. C'est du moins ce que rapportent des sources au cœur des tractations souterraines visant à ficeler l'affaire. « S'il y a quelqu'un aujourd'hui au Pdci qui peut permettre la redynamisation des troupes, c'est bien Banny », nous a-t-on confié. Au Pdci, l'on semble avoir décidé de faire front pour récupérer l'héritage en lambeau d'Houphouët Boigny, en misant sur un cheval gagnant nommé Banny. D'où le retour à « la maison » récemment de bien d'autres dinosaures du parti comme Emile Constant Bombet et Essy Amara.

 
Qui voulait assassiner Djédjé Mady à Napié?
Le Nouveau Réveil - N°1868 - mercredi 12 mars 2008 - Il n`était pas de service, il n`était pas dans sa zone, il n`avait pas le droit de porter une arme et, pourtant, il a réussi à s`introduire dans le périmètre du lieu de meeting du Secrétaire général du PDCI-RDA à Napié pour se retrouver presque nez à nez avec ce dernier. Soro Lamine, soldat FN en service à Dianra, était porteur d`une arme d`assaut. Lui seul savait pourquoi, lui seul savait ce qu`il voulait en faire, lui seul savait pourquoi il a choisi délibérément de violer tous les interdits prescrits par le règlement militaire des Forces nouvelles pour se retrouver sur le lieu du meeting. Assurément, le N°2 du PDCI l`a échappé belle car, si les hommes du commandant Fofié Kouakou conduits par le sergent Ouattara Lacina com`zone de Napié n`avaient pas été assez vigilants, le soldat intrus aurait mis à exécution ce qu`il projetait de faire et l`irréparable se serait peut-être produit. Car, qu`est-ce qui pouvait bien pousser un soldat qui n`est pas dans sa zone, qui n`a pas été requis pour assurer la sécurité d`une cérémonie et qui n`ignore pas de surcroît le règlement militaire en vigueur dans les zones CNO à s`introduire avec une arme d`assaut sur le lieu d`une manifestation politique et se retrouver presque face-à-face avec la deuxième personnalité du plus grand parti politique de Côte d`Ivoire ? Ce qui vient de se passer à Napié repose avec acuité le problème de la sécurité, tant au Nord qu`au Sud. Le pays est, dit-on, réunifié, la liberté de circuler serait une réalité dans tous les sens. Mais, force est de reconnaître que trop d`armes circulent dans le pays, des gens que personne ne contrôle apparemment peuvent s`offrir tout type d`arme et faire ce qu`ils veulent au grand dam de la sécurité collective. Est-ce dans cette atmosphère que l`on va faire la campagne électorale et organiser les élections tout le monde appelle de tous ses vœux ? A.S.C  
 
Affaire “Mady échappe à un attentat”/ Silué Kagnon, député de Napié : “Pourquoi en voudrait-on à Djédjé Mady ?”
  jeudi 13 mars 2008 - Par Le Nouveau Réveil

Après notre article sur " l'attentat manqué du Secrétaire général du PDCI-RDA ", en meeting à Napié (Nord), le député de cette circonscription, Silué Kagnon, exprime sa surprise.
Bonjour M. le délégué !

Bonjour Monsieur. Peut-on savoir, ce qui s'est passé à Napié ?
A Napié, ce fut l'une des plus belles fêtes. La mobilisation était totale et les parents ont parcouru des dizaines de kilomètres pour prendre part à ce meeting. Ce qui d'ailleurs a un peu retardé le début de la rencontre. Mais tous les messages sont passés. Et tout s'est bien passé. Concernant l'attentat dont vous parlez, je n'ai pas été informé au début. C'est le commandant de zone des Forces nouvelles, Ouattara, qui, à la vue d'un individu en armes, a réagi. Chez nous les Sénoufo, quand il y a un mariage, ou une autre manifestation, du genre jovial, c'est ainsi que cela se passe. Les "dozos" viennent avec des fusils, calibre douze.

Qu'avez-vous fait quand vous avez reçu l'information ?
J'ai rencontré le commandant de zone pour en savoir davantage. Je lui ai demandé pourquoi ce monsieur avait une arme. Il m'a dit qu'il s'était chargé de l'affaire, et qu'il ferait tout pour qu'éclate la vérité. J'ai donc appelé Koudougnon Ballet, et d'autres journalistes, pour leur dire de ne rien écrire sur l'affaire, avant que la vérité n'éclate. Ce sont des militaires, ils ont leur réglementation, il faut attendre les résultats de leur investigation. Après je suis allé à M'Bengué.

Trouvez-vous normal qu'un individu détienne en ces lieux, une arme ?
Cela m'a effectivement intrigué. C'est d'ailleurs pourquoi, j'ai voulu que la lumière soit faite. Et je suis cela de près.

Vous n'êtes pas content de la réaction de "Le Nouveau Réveil", avons-nous appris… ?
Ce qui m'a surpris, c'est l'esprit d'amplification de l'information. Il y a un certain mythe et j'ai horreur des mythes. Mais si c'était l'intention de l'individu d'attenter à la vie de Djédjé Mady, il aurait tort. Je suis militant sans condition du PDCI-RDA. Je n'ai nullement été inquiété chez moi. D'ailleurs, j'y suis resté quelque moment quand la guerre a éclaté avant de quitter la localité. Tous les week-ends, je suis à Korhogo et je n'ai jamais eu de difficultés avec les Forces nouvelles. Le président Noël Némin a effectué sa tournée dans la région sans problème. Vraiment, je ne vois pas pourquoi, on en voudrait à Mady. On veut que la paix revienne, il faut éviter de mettre ce genre de chose à la "Une" d'un journal aussi important. J'avoue que je respecte ce journal. Depuis 6 heures (mercredi : NDLR), on m'appelle de partout pour me demander si le meeting de Napié a eu lieu. En tout, la manière me gène un peu.
Propos recueillis par P.T

 

Bureau Politique du PDCI-RDA, hier : Le Président Bédié présente ses hommes de campagne

 

vendredi 15 février 2008 - Par Le Nouveau Réveil
Le Bureau politique du PDCI-RDA, plus haute instance de décision après le congrès, s`est réuni hier à Cocody. Cette rencontre, faut-il le souligner, a enregistré la participation de la quasi-totalité des membres de cette instance. Le président du parti, le Président Henri Konan Bédié, a tenu une allocution d`orientation que nous vous proposons en intégralité.

Frères et sœurs, je voudrais tout d`abord vous dire merci d'avoir répondu nombreux à notre appel pour une séance de travail en famille. Notre ordre du jour comportera deux points essentiels : le compte rendu de la réunion du Conseil permanent de concertation à Ouaga et les mesures que nous avons prises, que nous

allons compléter, pour la campagne électorale prochaine. Donc deux points, à l`ordre du jour. Certains se demandent d`ailleurs pourquoi l`ordre du jour n`est pas publié avant. Mais c`est une question de temps, et aussi il y a le poids de la tradition. Les réunions étant avant tout des discussions en famille. C`est le formalisme esthétique qui leur imprime cette façon de faire. Donc, nous vous proposons ces deux points de l`ordre du jour (…) Avant d`entrer dans les comptes rendus et débats, je voudrais, en votre nom à tous, saluer ici la présence de notre ami et frère Charles Konan Banny. Du fait de sa présence à l`extérieur, en mission à la Banque centrale, je dirai pratiquement depuis sa sortie de l`école, il n`a pas été souvent parmi nous. Mais il le dit lui-même, sa famille politique naturelle est le PDCI-RDA et nous sommes tous très heureux de l`accueillir après sa longue mission à la BCEAO à Dakar. Et après sa mission à la tête du gouvernement comme Premier ministre. Merci Charles d`être parmi nous, ce soir.

Nous abordons à présent le 1er point. Vous savez que récemment nous, les quatre signataires du dernier accord de Pretoria, avons été conviés à Ouagadougou pour une autre rencontre du Conseil permanant de concertation. Cette réunion, avait trait essentiellement à l`examen du déroulement du processus électoral. S`agissant de ce processus, les membres du conseil permanent, c`est-à-dire M. Alassane Ouattara, le Président Blaise Compaoré, Laurent Gbagbo, moi-même et le Premier ministre Guillaume Soro, ont décidé d`accélérer le processus par des mesures spécifiques ou par des décisions spécifiques. D`abord, assurer le respect des dispositions des accords antérieurs, dispositions relatives aux candidatures. Et ils ont précisé que pour les prochaines élections, les candidatures seront reçues sans exclusive, sans exclusion par rapport à ceux qui sont déjà retenus depuis les accords de Marcoussis. A savoir, les candidatures de Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et M. Konan Bédié. Voici le premier point.

Le deuxième point, il s`agissait d`aménager les facilités d`inscription sur les listes électorales, les nouvelles personnes majeures, les Ivoiriens qui ont bénéficié des jugements supplétifs délivrés au cours des présentes audiences foraines. De quoi s`agit-il ? Dans les dispositions par ailleurs, il était stipulé que pour avoir leur carte d`identité, donc être inscrites sur les listes électorales, ces personnes devraient présenter un certificat de nationalité. Ce qui n`allait pas de droit dès lors que ces personnes étaient passées devant les audiences foraines et pouvaient légitimement ne pas avoir leur nom sur la liste électorale. Dans ces conditions, il a été décidé purement et simplement de faciliter les choses pour tous ceux qui seraient inscrits sur les listes en supprimant cette disposition. Il a été décidé également la réduction du délai légal de publication de la liste électorale. Ce délai en temps normal, de par les dispositions antérieures, était de trois mois avant les élections. Cette fois-ci, étant donné le temps qui s`est écoulé sans que les choses avancent comme nous le souhaitons, il a été décidé de ramener ce délai à un mois. Donc les listes doivent être publiées un mois avant les élections au lieu de trois mois. Pour plus de transparence, il a été décidé aussi la publication sur Internet de la liste électorale. Cette décision se passe de commentaire. Il a été également décidé la représentation de toutes les parties signataires de l`accord de Linas Marcoussis dans les bureaux et structures déconcentrés de la CEI. Au niveau central, ces structures existent. Mais au niveau local, il a été signalé que le FPI se plaignait de n`avoir pas de représentant dans les bureaux. Nous avons remédié à la situation. S`agissant des mesures visant à consolider la paix et la réconciliation nationale, le CPC a fortement recommandé un accès équitable des partis politiques aux médias d`Etat. Cette disposition se passe également de commentaire. Le CPC s`est félicité du climat apaisé relativement qui entoure le processus de sortie de crise. Et exhorte les acteurs à renforcer ce climat, à réunir chaque jour davantage les conditions de paix nécessaires à la tenue des élections. C`est sur ce point particulier que nous avons longuement évoqué le cas des procès qui sont intentés contre certains membres des partis politiques ou de la presse. Le cas de Kouadio Konan Bertin, en particulier. Et là-dessus, nous avons chargé le chef de l`Etat de prendre toutes les dispositions à son retour pour qu`il soit mis fin à ces procès injustifiés. Le processus est en cours, il n`est pas encore achevé. Nous vous tiendrons au courant de la fin des démarches en cours. Voici l`essentiel de ce qui a été fait à Ouagadougou. Bien entendu, nous sommes allés à Ouagadougou quand le problème de la SAGEM venait d`être tranché. Là-bas, nous avons chargé le Premier ministre de parachever ces dispositions particulières concernant ce qu`il faut pour l`inscription de tous sur les listes électorales. Au retour, comme vous le constatez, nous avons encore quelques difficultés quant à la convention à remettre à la SAGEM. Le clan du président, parce qu`il ne s`agit pas du gouvernement ni du Premier ministre, insiste lourdement pour que l`INS ait un rôle central par rapport à la SAGEM. Ce qui n`est pas possible dans la mesure où cette question a été tranchée depuis Pretoria. Et que nous n`avons fait que traîner de mois en mois, d`année en année sur la question. Nous ne comprenons pas d`ailleurs l`insistance de certains à vouloir faire jouer un rôle à l`INS. Nous interprétons cela comme une volonté manifeste de disposer d`un instrument pour organiser des fraudes. Voici donc le résultat de la réunion du CPC à Ouagadougou.

Le second point de l`ordre du jour concerne l`organisation de la campagne électorale au niveau du PDCI-RDA. Vous vous souvenez, en son temps, nous avons décidé de confier au secrétaire général la direction nationale de la campagne. Vous vous souvenez aussi que dans nos départements et dans nos communes, les chefs de file de cette campagne, c`est-à-dire ceux sur lesquels nous voulons nous appuyer, ce sont les délégués départementaux et les délégués communaux. Et puis, en ce qui concerne nos frères de la diaspora qui sont à l`étranger, nous avons créé des délégations générales à l`étranger. Aujourd`hui, nous devons compléter cette structure pour dire que le secrétaire sera secondé dans la direction nationale de la campagne par une cellule chargée de gérer les finances. Une cellule qui devra suivre la stratégie que nous avons mise en place. Une cellule juridique qui existe déjà au niveau du parti. Une cellule de la communication dont nous disposons aussi actuellement au niveau du parti. Bien sûr pour la campagne, ces cellules pourront être étoffées. Une cellule de mobilisation, nous avons déjà le secrétaire général adjoint chargé de la mobilisation. Et une cellule électorale comme nous en disposons, le comité électoral au niveau du parti. Toutes ces structures viendront donc concentrer leurs efforts sur la campagne que nous devons mener. Bien entendu, il restera en dehors des personnes ressources dont l`action peut s`avérer indispensable dans une circonscription. Nous n`hésiterons pas à faire appel à ces personnes. Ce qui est expliqué ici, c`est un noyau, mais c`est sans exclusive. Puisque chacun appartient à une circonscription, à un département, à une commune, je pense que le problème ne se posera pas non plus. Les délégués départementaux ou communaux devront s`organiser sous la supervision du parti, pour avoir des chargés de campagne au niveau des sous-préfectures, au niveau des quartiers et au niveau des grandes régions, c`est-à-dire des délégations de l`extérieur. A Paris, aux USA, ces pays étant grands et notre population étant nombreuse dans ces contrées, il faudra prévoir des chargés de campagne par grandes régions du pays. Il faut que nous le soulignions, avec force, que la campagne au niveau du département ou de la commune, qui sera présidée par les délégués, devra associer intimement les députés, les maires, les présidents des conseils généraux, s`il en existe. Les députés sont concernés comme les maires parce qu`après la campagne présidentielle, viennent la campagne législative et ensuite la campagne municipale, tout comme les présidents des conseils généraux. Donc, tout le monde est concerné par cette campagne. Nous avons adopté la stratégie de faire en sorte d`agir par ordre chronologique ou par priorité en mettant l`accent d`abord sur la présidentielle et ensuite sur les législatives, sur les municipales et sur les conseils généraux. Nous espérons tous qu`ils iront dans la discipline prescrite, une discipline nécessaire à la victoire que nous souhaitons. Voilà ce qu`on peut dire de l`organigramme de campagne. Et cela exige à mon niveau, la présentation pour l`exposé concernant l`organigramme de la campagne à venir. Ces deux points étant exposés, nous allons ouvrir les débats afin de recevoir vos lumières. Merci.

Propos recueillis et transcrits par Paul Koffi

 
PDCI-RDA/Retour de Banny et de Bombet - Bédié désamorce la guerre des chefs
  samedi 16 février 2008 - Par Nuit & Jour
Alors que, de l`extérieur, on le dit aux commandes d`un PDCI-RDA fragilisé, Henri Konan Bédié démontre de l`intérieur qu`il manœuvre de façon fort habile. Avec le retour de Charles Konan Banny et d`Emile Constant Bombet au bercail, il réussit à tuer dans l`œuf la guerre des chefs.

Le PDCI-RDA ne subira peut-être pas, ou du moins pour l`instant, l`autre grande saignée que l`on lui prédit, après la formation du RDR et de l`UDPCI. Alors qu`on les disait retranchés dans des camps où ils se préparaient à venir livrer chacun bataille contre Henri Konan Bédié pour l`investiture du candidat du PDCI-RDA à l`élection présidentielle, Charles Konan Banny et Emile Constant Bombet ont déjoué toutes les analyses prétendues avisées.
Jeudi 14 février 2008, ces deux hommes se sont présentés à la réunion du bureau politique du PDCI-RDA dont ils sont membres. Une séance présidée par Henri Konan Bédié en personne.

Ces derniers développements de la vie au sein du plus vieux parti politique de la Côte d`Ivoire, attestent bien que si ses membres sont légitimement fondés à nourrir des ambitions, la situation était en réalité loin d`être le ferment du clash annoncé. Les deux acteurs principaux de cette ``rébellion`` ne se sont jamais inscrits dans une logique de rupture avec Henri Konan Bédié. Quand bien même tous deux n`ont jamais fait mystère de leurs ambitions au plus haut niveau pour le PDCI-RDA, mais aussi pour la Côte d`Ivoire.

La guerre des chefs convertie en guerre de succession

La présence de Charles Konan Banny et d`Emile Constant Bombet à la réunion du bureau politique du 14 février 2008, s`inscrit assurément dans cet ordre des choses. Mais elle démontre surtout que conformément à ce que les militants du PDCI-RDA exigeaient de lui et contrairement à ce que ses détracteurs lui reprochaient, Henri Konan Bédié a refait l`unité du parti à lui légué par Félix Houphouët-Boigny. Si l`on fait abstraction du cas de Laurent Dona-Fologo que les partisans du PDCI-RDA considèrent comme officieusement consommé depuis belle lurette. Pour en arriver-là, l`ancien chef de l`Etat a dû trouver la formule idoine pour désamorcer la guerre des chefs que vraisemblablement les deux dinosaures que sont Charles Konan Banny et Emile Constant Bombet s`apprêtaient à lui livrer.

Recevant l`ancien gouverneur de la BCEAO à sa résidence de Daoukro le mardi 09 octobre 2007, pendant près de trois heures durant, Henri Konan Bédié a expliqué à son cadet la seule trajectoire à même de le conduire vers le sommet et l`a persuadé de l`emprunter. Ainsi, l`ancien chef de l`Etat a-t-il fermement déconseillé à l`ancien Premier ministre de s`engager comme candidat à la prochaine élection présidentielle sans la caution du PDCI-RDA. Parce que dans de telles circonstances, il n`y aurait aucune chance. Il en avait résulté un gentleman agreement entre les deux hommes au terme duquel Charles Konan Banny s`engageait à soutenir Henri Konan Bédié comme unique candidat du PDCI-RDA à cette élection. Et qu`en retour, ce dernier s`engageait à faire du premier, son dauphin de l`Etat en cas de sa victoire à la présidentielle. Mais aussi à l`aider à se positionner dans l`appareil du PDCI-RDA. Puisque, quoi qu`il en soit, Henri Konan Bédié, en raison de la limite d`âge prescrite par la constitution, serait à son dernier acte de candidature. Dès sa sortie de ce tête-à-tête, Charles Konan Banny avait aussitôt enterré son projet de candidature à la présidentielle 2008. Pour engager un autre, cette fois…pour les élections législatives. Mais non pas dans la circonscription de Yamoussoukro dont il est ressortissant. C`est plutôt Divo, sa ville natale, qu`il a choisie comme terre d`expression. Avec pour objectif avoué de briguer, après cette étape, la présidence de l`Assemblée nationale. D`ailleurs, l`ex-Premier ministre a lui-même confirmé ce changement de sa stratégie en confirmant au micro d`un confrère sa décision de soutenir ``a priori`` la candidature d`Henri Konan Bédié. A l`image de Charles Konan Banny, Emile Constant Bombet a fini lui aussi par convenir de la nécessité de différer ses ambitions présidentialistes et de soutenir la candidature unique d`Henri Konan Bédié. Elu à la convention de 2000 pour être le candidat du PDCI-RDA, les partisans de l`ancien ministre de l`Intérieur se sont convaincus de sa capacité à arracher ce flambeau à Henri Konan Bédié pour la prochaine présidentielle. C`est ainsi que docteur Ehoussou Narcisse et bien d`autres ont créé le courant PDCI-RDA Nouvelle Vision pour promouvoir la carte Emile Constant Bombet. Et elle faisait sérieusement son chemin. Mais derrière les rideaux, le président du PDCI-RDA a su aussi se rapprocher de l`ex-homme fort de son gouvernement. Et lui a fait partager les dangers d`une lutte fratricide. Au moment où le PDCI-RDA va s`engager dans ce qui apparaît comme les élections les plus âpres de l`histoire de la Côte d`Ivoire. Depuis, selon des sources proches de lui, Emile Constant Bombet a décidé lui aussi de se sacrifier à faire triompher l`intérêt commun. Mais en retour, lui aussi a décidé de se positionner pour l`après-Bédié. Estimant qu`il en a plus la légitimité que tout autre militant du PDCI-RDA. Finalement, ce qui s`annonçait comme une guerre des chefs, a été habilement converti par Henri Konan Bédié en une guerre à sa succession.

(par Michel Dia)

 
Bédié, Bombet, Banny, Essy Amara… Les secrets d`une nouvelle alliance qui annonce mille fleurs
samedi 16 février 2008 - Par Le Nouveau Réveil
Belle image de fraternité, de solidarité militante et surtout d`unité retrouvée que celle affichée par le PDCI-RDA lors de sa dernière réunion du Bureau Politique. En se mobilisant comme un seul homme autour du président Henri Konan Bédié, tous les ténors du PDCI-RDA que l`on disait en désaccord profond avec le candidat officiel du PDCI et sur le point de mener une aventure présidentielle solitaire lors des prochaines consultations électorales, ont voulu simplement lancer un message fort aux Ivoiriens : au-delà des intérêts personnels des ambitions légitimes des uns et des autres, il y a l`intérêt du groupe et de la nation qui surpasse tout. Et cette valeur-là demeure essentielle pour les fils héritiers d`Houphouët-Boigny. C`est un revirement qui va certainement contraindre les adversaires du PDCI-RDA aux futures élections à réviser leurs plans. Car contrairement à ce qu`ils avaient envisagé, le parti du président Félix Houphouët-Boigny n`ira pas aux élections en rangs dispersés. Mais uni, main dans la main. En effet, après avoir, peut-être, donné l`impression qu`ils étaient en rupture de ban, divisés sur tout et prêts à s`affronter comme des adversaires politiques, les hauts dignitaires du PDCI-RDA ont choisi le bon moment pour se retrouver et fumer le calumet de l`entente cordiale. Ils se sont parfaitement comportés comme si leur attitude d`apparente division participait d`une stratégie politique bien pensée, destinée à endormir l`adversaire, en l`occurrence le FPI et Gbagbo. L`obsessionnel désir du chef de la refondation de découper le serpent PDCI pour s`assurer une longévité politique va en effet pousser Gbagbo à œuvrer inlassablement pour monter les barons du PDCI-RDA, les uns contre les autres.
. Malheureusement pour lui, ceux des enfants d`Houphouët-Boigny qui se sont véritablement laissé pénétrer par les enseignements et les vertus du père fondateur n`ont pas mordu à l`hameçon de la tentation. Pendant de longues années, Laurent Gbagbo a fait une cour assidue au ministre d`Etat Emile Constant Bombet, a tenté de séduire et de rallier à sa cause l`orfèvre de la diplomatie Essy Amara. Le premier Ministre Charles Konan Banny n`a pas échappé à cette tentative d`enrôlement. Après avoir poussé l`ancien chef du gouvernement à abandonner la Primature, Gbagbo a envoyé Désiré Tagro à Dakar pour présenter ses sincères regrets à Banny. De fait, l`idée que Gbagbo avait derrière la tête était de contraindre son Premier ministre d`alors au départ et l`obliger à entrer en politique pour gêner le président Bédié. Le chef de l`Etat pensait ainsi pouvoir jouer sur les petites mésententes entre Banny et Bédié. Mais la mayonnaise n`a pas pris. Bien au contraire, le président du PDCI a été d`un soutien de tous les instants pour son jeune frère lorsque celui-ci ne "pédalait pas dans la même direction avec Gbagbo". On ne compte plus les audiences que les deux hommes ont pu avoir. Depuis jeudi, Banny a fait son grand retour au PDCI-RDA, et les militants du PDCI qui ne sont pas ingrats le lui ont bien rendu.

Emile Constant Bombet et Henri Konan Bédié sont en réalité deux frères, deux amis et complices qui ont traversé, comme cela arrive dans les relations entre les hommes, leur désert de mésentente. Des hommes ont œuvré au grand jour comme discrètement pour dissiper entre eux les malentendus. Et le temps aidant à cicatriser les blessures, les plaies se sont refermé. Depuis plusieurs années déjà, Bédié et Bombet se fréquentent à nouveau. A quatre (4) mois de la présidentielle, le PDCI-RDA présente plutôt un visage rassurant. Voir Charles Konan Banny, Bombet Emile Constant, Essy Amara, Boa Thiémélé Amoakon Edjampan, Daniel Kablan Duncan, Kouamé Konan N`Zikan, Cheickna Sylla, autour de Henri Konan Bédié et Djédjé Mady n`est rien d`autre qu`un message clair que le parti envoie à ses adversaires. Pour dire nous arrivons ! Certes le PDCI a été blessé par le coup d`Etat de 99, il a subi des dommages importants, des pertes sèches, des départs. Certes il y a eu le temps du doute, des procès, des accusations au sein de la famille, mais aujourd`hui le parti renaît de ses cendres, il se recompose pour aller à la reconquête du pouvoir. Ce PDCI-là sera très difficile à battre. Et il avait raison cette personnalité du parti qui nous lançait, fièrement, à la fin de la réunion de jeudi dernier, ceci "maintenant c`est fait, on va gagner. Le plus difficile était de faire la paix en notre sein. Maintenant, c`est chose faite. L`intelligence des uns et des autres a pris le dessus. Le PDCI est avant tout une famille avec un chef".

Akwaba Saint Clair
 
PDCI-RDA/ Elections générales Bédié présente l'organigramme de campagne au Bureau Politique

Le Patriote - 14/02/2008

Une ambiance de fête. Des têtes fortes. Constant Bombet, M'Bahia Blé Kouadio, Essy Amara aussi et surtout Charles Konan Banny, présents. Des militants qui ne cachent pas leur joie de voir Henrri Konan Bédié et l'ancien Premier ministre main dans la main. Des images saisissantes. Tel était le décor du Bureau politique du PDCI tenu hier à son siège sis à Cocody. En voyant ces deux personnalités côte à côte, un militant visiblement enthousiaste, ne s'est pas empêché de crier : « Le PDCI sortira la grande batterie aux prochaines élections ». Le Bureau politique qui s'est tenu hier au siège du parti cinquantenaire a officiellement entériné le retour de l'ancien Premier ministre, du moins sa reprise des activités. A l'ordre du jour de cette réunion, il y avait deux points : le compte rendu de la dernière réunion du Cadre permanent de concertation tenue le 24 janvier 2008 à Ouagadougou et la présentation de l'organigramme de campagne du PDCI pour les élections à venir. Il s'est agi selon le secrétaire général, de présenter au Bureau politique les structures au plan national, départemental, sous-préfectoral ainsi dans les pays étrangers, qui devront organiser et coordonner la campagne du PDCI à tous les niveaux. Toutefois, le Pr. Djédjé Mady a affirmé que les personnes devant animer lesdites structures ne sont pas encore désignées. Toujours selon le secrétaire général qui s‘est prêté aux questions de la presse, le Bureau politique a exigé que la question de l'opérateur technique chargé de l'identification soit définitivement réglée pour que les opérations démarrent.

BANNY à l'honneur

Concernant la présence du Premier ministre Banny à ce Bureau politique, Djédjé Mady a estimé qu'elle était dans l'ordre normal des choses d'autant que le concerné a toujours été un militant du PDCI. Seulement, indique-t-il, il était tenu par ses fonctions de Premier ministre de transition et Gouverneur de la BCEAO. « Si cette reprise des activités peut réconforter l'opinion nationale et la presse que le Premier ministre Banny a toujours été un militant du PDCI-RDA, tant mieux », a laissé entendre Djédjé Mady. Selon des indiscrétions le président Bédié a rendu un hommage appuyé à Banny qui, malgré tout ce qui se disait a toujours affiché ses convictions et son militantisme au PDCI. Aussi, a-t-il rappelé que c'est sous sa primature que le financement des partis politiques a été acquis auprès du gouvernement. Pour son retour à la maison, Banny n'était pas en terre étrangère. Il a été chaleureusement accueilli à l'entrée du siège du parti par des jeunes et femmes au son de tambours et de chants le magnifiant. Comme quoi, un nouveau tandem vient de naître du coté de la maison verte.

Ibrahima B. Kamagaté.