April 3, 2008 |
ACCUEIL | ARCHIVES | MAIL GRATUIT | NEWSLETTER | MOT DES BABINAUTES | FAIRE LA PUBLICITE | NOS CONTACTS |
|---|
Groupe LeannConsulting | Leconservateur.net | LepeupleBaoule.com | Cian.com| Lepdci.com| abaci-usa.org I LeLyceeClassiqueDeBouake.com |
| Copyright 2004©LeConservateur.net All rights reserved. Privacy policy |
|
|||||||||||||||||||
TELEVISION |
|||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||
PUBLICITE |
|||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||
| L'ECONOMIE | |||||
Le mot économie (du grec oikos , maison) est utilisé aussi bien pour désigner :
|
|||||
| La Côte d`Ivoire reçoit un don de 308 M dollars de la BM | |||||
| jeudi 3 avril 2008 - Par AFP | |||||
| ABIDJAN - La Banque mondiale (BM) vient d`accorder un don de 308 millions de dollars à la Côte d`Ivoire lui permettant d`apurer tous les arriérés vis à vis de cette institution et d`obtenir la reprise de son aide financière, a annoncé jeudi la représentation de la BM à Abidjan. Le conseil d`administration de la BM a approuvé le 1er avril un don "pour la gouvernance et la relance économique d`un montant de 308 M USD" destinés "à apurer ses arriérés" et à financer "un appui budgétaire de 35 M UDS", a expliqué à la presse le représentant résident de la BM, Bernard Harborne. L`apurement de "tous les arriérés de la Côte d`Ivoire vis à vis de la Banque mondiale" permet au pays d`accéder à de nouveaux dons de l`institution pour un montant de 122,5 M USD, a ajouté M. Harborne. Ce don permettra de financer un projet d`infrastructures urbaines d`urgence (90 M USD), notamment à Abidjan et Bouaké (centre), un projet de lutte contre le VIH-sida (20 M USD), un programme de gouvernance et d`institutions (10 M USD) et une aide pour la protection d`un parc national (2,5 M USD). L`apurement des arriérés permet aussi la réactivation de quatre projets, dans les secteurs de l`éducation du développement rural et du transport, pour lesquels il reste à débourser 104 M USD. La Côte d`Ivoire bénéficie par ailleurs d`un don de "pré-apurement des arriérés" d`un montant de 120 M USD, accordé en août 2007 et dont seulement 4 M USD ont été pour l`instant décaissés, selon la même source. La Côte d`Ivoire, dont la dette vis à vis de la BM s`élève à plus de un milliard de dollars, avait cessé de rembourser l`institution en novembre 2004 au plus fort de la crise politico-militaire qui a éclaté en septembre 2002 avec la tentative de coup d`Etat de la rébellion des Forces nouvelles (FN). Le pays a repris ses remboursements en 2007 et accepté de payer la moitié de ses arriérés avant mars 2008, soit environ 112 milliards FCFA (170 M EUR), l`autre moitié étant pris sur le don de 308 M USD de la BM. "Il faut vraiment s`attaquer au problème de la pauvreté", a lancé M. Harborne qui a souligné "le décalage entre la richesse de la Côte d`Ivoire et la vraie souffrance (des populations)". "La pauvreté a vraiment augmenté depuis la crise" et "42% de la population" se trouve désormais sous le seuil de pauvreté selon les critères de la BM, a-t-il précisé en appelant à une "meilleure gouvernance et transparence" de la gestion des revenus de l`Etat, notamment ceux tirés du cacao et du pétrole. La filière cacao de Côte d`Ivoire, premier producteur mondial de fèves, est souvent accusée d`opacité et de détournements massifs de fonds. Le pays extrait aussi 50.000 barils de pétrole par jour, selon le gouvernement, mais certains rapports ont évoqué une production d`au moins 80.000 bj. |
|||||
Un don de 308 millions de dollars à la Côte d'Ivoire permet au pays d'apurer ses arriérés de dette vis-à-vis de la Banque mondiale et marque un plus grand engagement de l'institution. |
|||||
|
|||||
Ce don comprend un appui budgétaire de 35 millions de dollars. Cette opération ouvre la voie à un réengagement plus robuste de la Banque mondiale avec un autre montant de 226 millions de dollars pour appuyer les efforts de reconstruction post-conflit, notamment dans les domaines des réformes économiques, de la gouvernance, de la réhabilitation communautaire et de la fourniture de services sociaux de base. « L'apurement des arriérés de la BIRD et de IDA constitue un point marquant dans notre collaboration avec le gouvernement de Côte d'Ivoire. Il ouvre la voie, non seulement à la Banque pour reprendre son appui financier aux efforts de développement économique et de reconstruction, mais aussi permet à d'autres bailleurs de contribuer aux objectifs de stabilisation et de reconstruction de cet important pays qui fut un leader régional en Afrique avant le conflit , » a déclaré Mme Obiageli Ezekwesili, vice-présidente de la Banque mondiale pour la Région Afrique . Les objectifs principaux du réengagement de la Banque mondiale seront de trois ordres : (i) appuyer la stabilisation du pays en assistant la mise en uvre de l'Accord de Paix de Ouagadougou ; (ii) assister les populations affectées par la guerre à travers la réhabilitation communautaire et l'appui à la fourniture de services sociaux de base ; et (iii) assister la relance économique, en mettant l'accent sur les réformes économiques pour la gouvernance, le renforcement des institutions et appuyer la production économique. Un don de pré-apurement des arriérés pour l'Assistance Post-crise d'un montant de 120 millions de dollars a été approuvé en août 2007 en faveur du pays. Outre le don de gouvernance et de relance économique approuvé le 1er avril 2008, la Côte d'Ivoire a accès à un montant de 122.5 million de dollars de nouveaux dons pour financer un projet d'infrastructures urbaines d'urgence (90 millions) ; un projet de 20 million de dollars pour combattre la pandémie du VIH/SIDA ; un programme de gouvernance et d'institution (10 millions de dollars) ; et 2.5 millions de dollars pour aider à protéger un parc national. En plus, quatre projets en cours dans les secteurs de l'éducation, du développement rural et du transport, sur lesquels 104 millions de dollars restent à débourser, seront réactivés. « Le plein réengagement de la Banque mondiale, ainsi que le support accru qu'on anticipe de la part d'autres partenaires au développement, devraient aider à remettre solidement la Côte d'Ivoire sur le chemin de la relance économique, de la reconstruction et de la stabilisation , » a indiqué M. Bernard Harborne, chef-pays de la Banque mondiale en Côte d'Ivoire . |
|||||
| CRISE FINANCIÈRE: Washington pourrait cautionner les prêts immobiliers | |||||
|
|||||
La Fed abaisse son taux directeur de 0,75% |
|||||
|
|||||
| L'or franchit le seuil fatidique des 1000 dollars l'once | |||||
|
|||||
| L'or a atteint jeudi 1.000 dollars l'once à Londres, une première historique. | |||||
Pénalisé depuis le début des années 1980 par la chute de l'inflation, l'or retrouve son rôle de valeur refuge. Les pièces sont de nouveau recherchées. L'or a payé un lourd tribut à la lutte contre l'inflation. Coté à un plus haut historique, 850 dollars l'once, en janvier 1980, à la veille de la guerre entre l'Iran et l'Irak, le cours du métal jaune s'est dégradé ensuite pendant vingt ans non sans avoir subi quelques tensions. Cette longue période baissière ne fait pourtant pas partie des plus calmes dans le monde, puisqu'il a fallu traverser l'effondrement du bloc soviétique, un krach boursier, la première guerre du Golfe et l'éclatement de la bulle Internet. La décision des banques centrales de lutter contre l'inflation est la cause du désintérêt pour l'or. La tendance s'est inversée en 2001, en grande partie grâce à la hausse du prix des autres matières premières et notamment du pétrole. En 1999, l'or noir était tombé à 10 dollars le baril, alors qu'il évolue maintenant entre 85 et 100 dollars. Il n'est donc pas étonnant de voir l'or dépasser les 900 dollars en ce début d'année. Cependant, corrigé de la dérive des prix aux États-Unis, le métal précieux n'a pas retrouvé son pouvoir d'achat. En effet, le cours historique de l'or à 850 dollars l'once en 1980 correspondrait à un cours de près de 2200 dollars d'aujourd'hui. Personne n'envisage pour l'instant de voir l'or atteindre un tel niveau, mais certains professionnels tablent sur un cours de 1000 dollars dès cette année. Les plus optimistes parlent même de 1500 dollars à moyen terme. En outre, le retour de tensions inflationnistes, non seulement dans les pays émergents mais aussi dans les marchés développés, milite en faveur de la reconstitution d'un poste or et métal précieux dans tout patrimoine. Désintérêt des investisseursParmi les possibilités d'investissement dans l'or, la détention de pièces reste marginale dans le patrimoine des Français. À tort, car l'achat de pièces d'or peut devenir un placement plaisir tout en participant à la diversification des risques. La cotation officielle des pièces a été supprimée en 2004 mais, depuis, CPR Or, filiale du Crédit agricole, assure la liquidité du marché pour le compte des banques et intermédiaires français. Il est donc possible de se rendre dans son agence bancaire afin de donner un ordre d'achat ou de vente sur cet actif. Les ordres d'achat peuvent être traités au cours de référence du jour ou à cours limite, comme pour les actions. En revanche, à la vente, seules les pièces conservées sous film transparent scellé peuvent être vendues au cours du jour. En effet, cette protection atteste la qualité de la pièce qui, sinon, devra être examinée par CPR Or avant la transaction. Le cours des pièces d'or résulte de la confrontation entre offre et demande, comme sur tout marché, mais aussi en référence au cours du lingot. En outre,les pièces étant destinées initialement à servir de moyen d'échange contre des marchandises et services, elles n'ont pas été frappées en or pur mais comportent un alliage destiné à en renforcer la dureté. Ainsi, notre napoléon (20 francs), dont le poids brut est de 6,4516 grammes, ne comporte que 5,8 grammes d'or fin. La pièce de 20 dollars des États-Unis, qui a un poids brut de 33,437 grammes, nécessite 30,09 grammes d'or fin. C'est ce poids qui est pris en compte pour calculer la prime ou la décote des pièces. Le désintérêt des investisseurs pour les pièces d'or en raison d'une fiscalité défavorable, de la baisse des cours de l'or sur la fin du siècle dernier, les risques de vol et de détérioration ont pendant longtemps créé une pression vendeuse. Jusqu'à ces derniers mois, les pièces présentaient même une décote par rapport à leur poids d'or fin. Cette décote représente grosso modo le coût nécessaire à la fonte des pièces pour en récupérer l'or fin. La piste des pièces de collectionLe retour d'une demande soutenue d'or physique met progressivement un terme à cette situation. Toutefois, les fluctuations ne sont pas négligeables, d'où la nécessité de passer les ordres d'achat et de vente à cours limite. Ainsi, le napoléon présentait une prime de 0,51% le 15 janvier, alors qu'au 30 janvier il extériorise une décote de 0,83%. Le demi-napoléon (10 francs), qui fait l'objet de transactions plus étoffées, comporte une prime plus importante (10,59% au 30 janvier), mais en net retrait par rapport à la mi-janvier (14,04%). Certaines pièces subissent des fluctuations particulièrement amples. Ainsi, la pièce de 50 pesos mexicains, qui comporte 37,5 grammes d'or pur, renoue avec une prime (2,29% au 30 janvier), alors qu'en milieu de mois elle décotait de 2,84%. En revanche, la prime sur le 20 dollars des États-Unis revient à un niveau plus raisonnable (6,21% contre 16,79%) précédemment. Dans ces conditions, il convient de ne jamais se précipiter pour acheter ou vendre des pièces. Pourquoi ne pas aller plus loin et s'intéresser à la numismatique? Le site Internet UBS Gold & Numismatik propose un large choix de pièces de monnaie et de médailles qu'il est possible d'acheter en ligne, allant de l'Antiquité à l'époque contemporaine. En outre, la banque organise chaque année à Bâle, Zurich et Genève des ventes qui attirent les collectionneurs du monde entier. Une cession a été organisée à Bâle du 22 au 24 janvier dernier. Les biens proposés couvrent une palette très large. Alors qu'une médaille à l'effigie du tsar Nicolas I a été adjugée 155?250 francs suisses, une pièce de 20 francs de 1814 à l'effigie de Louis XVIII estimée à 500 francs suisses a été vendue à 525 francs. L'écart de prix avec le napoléon de même poids est justifié par l'intérêt historique, la rareté relative et le parfait état de cette pièce. |
|||||
Warren Buffett plus riche que tout le monde |
|||||
|
|||||
|
|||||
Le pétrole s'installe au delà des 100 dollars le baril à New York |
|||||
|
|||||
| l'offre mondiale de brut, a indiqué à l'AFP Bart Melek, analyste chez BMO Capital.
Et d'énumérer: "la réelle possibilité que l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) réduise sa production, l'explosion d'une raffinerie au Texas et les tensions persistantes entre les Etats-Unis et le Venezuela". Représentant 40% de la production mondiale de brut, l'Opep devrait réduire sa production lors de sa prochaine réunion, le 5 mars, à Vienne, pour empêcher une chute trop marquée des prix après la fin de l'hiver. Lors de leur précédente réunion en février, les treize membres du cartel avaient maintenu inchangés leurs quotas au grand dam des pays consommateurs. L'explosion d'une raffinerie au Texas (sud des Etats-Unis), qui traite 70.000 barils de brut par jour, a porté également un deuxième coup à l'approvisionnement de brut, ajoutent les analystes. D'autant que "la raffinerie ne rouvrira pas tant que nous n'avons pas déterminé les causes de l'incendie", a indiqué à l'AFP Blake Lewis un porte-parole de Alon USA, propriétaire de l'usine. En outre, la querelle entre le groupe pétrolier américain ExxonMobil et le Venezuela va continuer d'entretenir la poussée des prix, estime M. Fitzpatrick, les victoires judiciaires du premier contre le second ayant entraîné des menaces d'arrêt des livraisons vénézuéliennes aux Etats-Unis. Le groupe pétrolier américain ConocoPhillips a du reconnaître mardi que la nationalisation de ses activités au Venezuela avait fortement entamé le taux de renouvellement de ses réserves prouvées de pétrole. Le dernier facteur haussier est venu du Nigeria, premier producteur d'or noir africain, où la zone de production du delta du Niger est l'objet de troubles récurrents. Mardi, c'est une information donnant pour mort le dirigeant du Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (Mend), Henry Okah, extradé récemment d'Angola, qui a mis le feu aux poudres. L'information a ensuite été démentie par le gouvernement nigerian. Le Nigeria a vu sa production fondre d'un quart du fait des violences, des enlèvements d'expatriés et des sabotages. Enfin la faiblesse du dollar, monnaie dans laquelle sont libellés les prix du brut, par rapport aux principales devises, a rendu le pétrole moins cher aux investisseurs, qui fuient la volatilité en cours sur les places boursières. Mais "si demain nous avons des indices économiques indiquant un mauvais état de l'économie américaine", première consommatrice mondiale d'énergie, "les prix du pétrole vont redescendre rapidement", a estimé M. Melek. Car un ralentissement de la croissance serait préjudiciable à la demande de brut. |
|||||
| Croissance et... croissance de l'économie du cannabis en Afrique subsaharienne ( 1980-2000) | |||||
| Pascale Perez Laurent Laniel [*] La culture du cannabis connaît à partir des années 1980 un fort développement en Afrique subsaharienne. Par ses caractéristiques agronomiques et économiques, le cannabis apparaît comme un produit performant compensant la crise des matières premières agricoles, la libéralisation des filières de culture de rente, ou permettant l’intégration des régions enclavées aux circuits marchands. En lien avec le développement de la production, on peut observer la mise en place de nouveaux systèmes commerciaux (trafiquants) et la mutation des systèmes déjà en place. Les marchés de consommation du cannabis africain connaissent parallèlement un fort développement à partir des années 1980, stimulant la production. Si les drogues, et en particulier le cannabis, ont souvent été mentionnées dans les conflits armés africains, elles ont également contribué à la stabilité sociale. The Rise and Rise of the Cannabis Economy in Sub-Saharan Africa ( 1980-2000) • Le développement de la production de cannabis et les mutations des flux marchands • La croissance des marchés locaux de consommation • Conclusion • Références bibliographiques La décennie 1980 marque un tournant dans l’intégration de l’Afrique subsaharienne dans l’économie des drogues illicites. Terre de passage pour les produits illicites venant des continents asiatique et sud-américain et à destination de l’Europe et de l’Amérique du Nord, l’Afrique en devient également une terre de production, principalement de cannabis, et un marché de consommation. Le développement de la production, du trafic et de la consommation illicites de cannabis s’y inscrit dans un contexte économique dégradé. La chute des prix des matières premières et les politiques de libéralisation des filières ne touchent pas seulement le secteur agricole qui se met en quête de cultures alternatives : le commerce et le transport pâtissent aussi de cette dégradation économique. À la différence des masses paysannes, les États et leurs représentants ne sont affectés qu’en dernier lieu par les conséquences de la baisse de la rente agricole. Quant au dégraissage des effectifs de la fonction publique qui est imposé par les plans d’ajustement structurel, il fragilise économiquement les classes moyennes urbaines qui deviennent une cible d’autant plus désignée pour les trafiquants : en tant que consommateurs cherchant à s’adapter à la nouvelle réalité, mais aussi comme acteurs du trafic, en tant que transporteurs, vendeurs, ou passeurs. Le développement de la production de cannabis et les mutations des flux marchands La diversité des zones écologiques dans lesquelles la culture de cette plante s’est développée sur le continent africain montre ses capacités d’adaptation aux différents contextes naturels. Ainsi, sa culture transcende les zones bioclimatiques de l’Afrique subsaharienne, depuis le Sahel jusqu’à l’Afrique équatoriale, l’Afrique de l’Est et l’Afrique septentrionale, que ce soit au Mali, au Sénégal, en Gambie, en Côte-d’Ivoire, au Togo, en République démocratique du Congo (RDC), en Afrique du Sud, au Lesotho : à des latitudes et à des altitudes variées donc. Les itinéraires techniques et la localisation des terres dédiées à cette culture varient alors en fonction des situations locales. Le calendrier agricole de la culture du cannabis oscille entre quatre à huit mois, des itinéraires techniques adaptés permettant de le cultiver en association ou en monoculture et facilitant son intégration par les agriculteurs dans des systèmes de culture aussi variés que ceux des plantations cacaoyères des zones forestières ivoirienne, ghanéenne ou togolaise, des zones maraîchères des Niayes sénégalaises, ou encore des hauts plateaux camerounais producteurs de pomme de terre et de maïs. Le développement de la production agricole Une culture de compensation La culture de cannabis apparaît dans deux contextes particuliers comme culture de compensation : dans des régions fortement orientées vers des cultures de rente et dans des zones où la dégradation des conditions écologiques a contribué à une réduction des surfaces cultivables. Les deux phénomènes sont parfois concomitants. Une culture d’intégration En devenant la culture de rente, le cannabis permet l’intégration des régions dont l’accès physique aux marchés est limité ou qui ne disposent pas de cultures de rente qui pourraient permettre leur intégration aux circuits marchands. Les caractéristiques particulières de la commercialisation L’introduction de la culture de cannabis dans les systèmes de production locaux a pris, selon les régions, des aspects variés, même si elle a partout répondu à un besoin d’alternative économique ressenti par les agriculteurs. Mais une telle culture a aussi été incitée par des réseaux trafiquants préexistants, comme ce fut le cas par exemple en Afrique de l’Ouest sous l’influence de réseaux nigérians et ghanéens déjà impliqués dans le commerce régional du cannabis. Son expansion a encore été favorisée par ouï-dire, notamment concernant l’avantage comparatif de sa valeur marchande dans le contexte du développement de son marché urbain. Ce dernier mode de transmission s’est surtout fait dans les pays où le cannabis était déjà présent à petite échelle et utilisé comme remède médicinal (Cameroun, RDC, etc.). La mutation des circuits marchands On observe dans certaines régions de Côte-d’Ivoire, du Togo et du Sénégal un changement des circuits marchands traditionnels qui évoluent du commerce et du transport de matières premières agricoles traditionnelles (cacao, café, arachide) au trafic de cannabis. La libéralisation des filières d’État se traduit par une mutation de ces circuits qui bénéficient toujours aux élites politiques dont les intérêts dans la commercialisation des cultures de rente ont été préservés. Dans les régions cacaoyères et caféières de Côte-d’Ivoire ou du Togo, une partie du trafic, portant généralement sur de grandes quantités, est assurée sous couvert d’activités légales liées à l’import-export ou au transport commercial et disposant de débouchés : sociétés de transport, grands commerçants, sociétés exportatrices de café ou de cacao. Au Cameroun, par exemple, les acheteurs de cannabis en gros participent également du commerce de produits vivriers. Le trafic est donc largement intégré au sein des activités licites et le fret légal peut ainsi dissimuler les cargaisons de cannabis, des sociétés d’exportation caféière ou cacaoyère faisant office de couverture aisée. En Afrique de l’Ouest, on peut également trouver des réseaux de trafic de cannabis qui sont liés aux circuits d’exportation de la noix de cola. En RDC et au Nigeria, enfin, c’est dans des grumes destinées à l’Europe que l’herbe de cannabis est fréquemment camouflée. D’une façon générale donc, l’herbe de cannabis va s’insérer dans les grands réseaux commerciaux légaux du continent, mais en utilisant aussi des circuits de contrebande et de commerce informel préexistants. La « filière cannabis » D’autres types de filières ont été mis en place sous l’impulsion de réseaux marchands s’inspirant des conditions qu’offraient les filières de cultures de rente. Ces réseaux ont ainsi encouragé la production de cannabis en constituant des filières organisées sur le type de celles qui existaient pour les produits légaux avant la vague de libéralisation. Au Congo-Brazzaville et en RDC, ces réseaux offrent des prix garantis, achètent sur pied et fournissent des semences. Dans ces pays, les circuits sont généralement organisés par des commerçants non nationaux et, contrairement à ceux des produits légaux, ils échappent à la classe politique nationale, du moins de façon directe. Stratégies de maximisation des profits À une plus petite échelle, les producteurs travaillent avec des petits commerçants locaux. Mais ils assurent parfois eux-mêmes la commercialisation de leur produit, et certains vont jusqu’à lui ajouter de la valeur en transformant le cannabis « brut » en « produit fini » (gamme de sachets de différents poids, joints « préroulés », etc.) prêt à être vendu directement au consommateur. Ces réseaux de proximité, très présents dans les campagnes, servent souvent une petite clientèle d’« amis » afin de minimiser les risques de dénonciation et de répression ou, ce qui est souvent la même chose, de racket de la part de policiers aussi peu scrupuleux que mal payés. La croissance des marchés locaux de consommation C’est avant tout la croissance des marchés de consommation locaux, urbains mais aussi ruraux, qui a stimulé la production de cannabis en Afrique à partir des années 1980. En effet, même si elle peut s’exporter via des circuits internationaux, la très grande majorité de la production africaine de cannabis est consommée en Afrique même [Laniel, 1998]. Structure des marchés africains de consommation du cannabis L’approche qualitative adoptée ici vise à révéler la structure des marchés de consommation de cannabis par référence aux représentations sociales qui déterminent l’usage de cette drogue illicite en Afrique [3]. Elle permet de classifier les consommateurs d’après leurs réponses à la question : « Pourquoi utilisez-vous le cannabis ?» On parvient de la sorte à établir une typologie des motifs de consommation tels que rapportés par les consommateurs eux-mêmes qui, bien que restant très générale, se révèle utile. On peut ainsi distinguer à grands traits trois types dominants d’usage du cannabis en Afrique subsaharienne, qui constituent donc les trois « segments » du marché de consommation où s’écoule le gros de la production continentale. Nous ne nous pencherons en quelque détail que sur un de ces segments, que nous avons baptisé « stratégique », qui est quantitativement le plus important, celui qui connaît la plus forte croissance et dont les implications sont les plus intéressantes pour notre problématique. Nous aborderons brièvement les deux autres segments, respectivement « récréatif » et « magico-thérapeutique ». Des usages « stratégiques » Le dernier segment du marché africain de consommation de cannabis – le plus important et qui connaît une forte croissance – est soutenu par des représentations « stratégiques » des effets de la plante. Les consommateurs ont ici une représentation utilitariste du cannabis, dont ils attendent une stimulation, généralement pour l’accomplissement d’activités économiques, c’est-à-dire liées à la survie, et qui impliquent d’exercer et/ou de subir une violence physique ou symbolique. Le recours au cannabis est ici fortement déterminé par la situation socio-économique des consommateurs. Les dimensions stratégiques de la production et de la répression L’association entre conflits armés et cannabis en Afrique ne relève pas exclusivement du domaine de la consommation. Le recours au cannabis peut en effet avoir des implications « stratégiques » au sens le plus courant du terme. Conclusion Appréhender l’économie du cannabis sur le continent africain, c’est aborder les problèmes de développement, qu’ils soient économiques ou politiques, de ce continent et de sa position dans le monde. Cette dynamique met l’accent sur l’échec de l’aide au développement, les effets pervers, non mesurés et rarement reconnus, des politiques internationales qui ont été imposées aux pays de l’Afrique subsaharienne. Elle montre également leur capacité d’adaptation à répondre aux exigences de l’économie mondiale (avantages comparatifs, libéralisation des filières, etc.). Mais ce développement ne peut devenir durable compte tenu de la fragilité de cette économie illégale et de son effet de déstabilisation économique (impact sur la production alimentaire) et politique. BIBLIOGRAPHIE BAYART J.-F., L’État en Afrique, Fayard, Paris, 1989.· BECKER H., Outsiders, Free Press of Glencoe, New York, 1963.· BORROFICA A., « Mental Illness and Indian Hemp in Lagos, Nigeria », in East African Medical Journal, 43,1966.· BROUET O., Drogues et relations internationales, Complexe, Bruxelles, 1991.· DU TOÎT, B., « Dagga : The History and Ethnographic Setting of Cannabis Sativa in Southern Africa », V. RUBIN (dir.), Cannabis and Culture, Mouton, LaHaye, 1975.· KOUROUMA A., Allah n’est pas obligé, Seuil, Paris, 2000.· LANIEL L., « Violencia y marihuana : usos del “tabaco del diablo” en el Ghana contemporáneo », S. INCHAURRAGA (dir.), Drogas y Drogadependencias, CEAD-SIDA, Rosario, 1997.· –, « Où va la production de cannabis ?», Les Drogues en Afrique subsaharienne, Karthala/ UNESCO, Paris, 1998a.· –, Le « Sommet de la drogue », New York 8-10 juin 1998, UNESCO, Paris, 1998b (www. unesco. org/ most/ laniel. htm). · NOTES [*] Pascale Perez est docteur en géographie. De 1994 à 1998, elle travaille à l’OGD où elle est chargée du secteur Afrique et réalise les travaux cartographiques de l’Observatoire; elle est co-auteur de l’Atlas mondial des drogues. De 1999 à 2003, elle intègre l’Institut des hautes études de la sécurité intérieur (IHESI) où elle mène notamment un projet sur la cartographie de la criminalité. Actuellement elle est responsable du pôle Ingénierie du Cabinet Althing ((pa_perez@ club-internet. fr). Laurent Laniel est actuellement chargé de recherche à l’Institut des hautes études de la sécurité intérieure (IHESI). Chargé d’étude à l’Observatoire géopolitique des drogues (OGD) entre 1995 et 2000, consultant et membre du réseau MOST-drogues de l’UNESCO entre 1997 et 2002, il a été co-auteur du rapport final Drugs, Globalization and Criminalization (UNESCO, Paris, 2002). Doctorant en sociologie à l’EHESS (CIRPES), il est également auteur et traducteur de divers articles relatifs au trafic de drogues et à sa répression. Dernier article paru : « La guerre à la drogue aux États-Unis après le 11 septembre » ( Diplomatie, n° 1, janvierfévrier 2003). [1] Des études agro-économiques auprès des producteurs ont été menées en Gambie, au Sénégal, en Guinée-Conakry, au Togo, en Côte-d’Ivoire, au Cameroun, en RDC. Des éléments supplémentaires ont été recueillis en Afrique du Sud, au Congo-Brazzaville, au Lesotho, en Zambie, au Malawi, etc. [2] En particulier l’enquête menée en 1996 par la LIPILDRO (association de lutte contre les drogues et les toxicomanies basée à Kinshasa) dans cinq régions de ce qui était alors le Zaïre. [3] Cette approche a été initialement mise en œuvre lors d’une étude de l’OGD au Ghana en 1995, ses résultats ont été confirmés par les enquêtes postérieures de l’OGD dans d’autres pays africains. Elle trouve son fondement théorique dans l’œuvre du sociologue Howard BECKER, Outsiders [ 1963], en particulier le chapitre III : « Comment on devient fumeur de marijuana ». Pour plus de détails, voir Laniel [ 1997]. [4] D’après Du Toît, le premier indice archéologique de la présence du cannabis sur le continent africain est une pipe du XIIIe siècle contenant des graines de cette plante, découverte sur le territoire de l’actuelle Éthiopie. Des vestiges cannabiques bien plus anciens ont été mis au jour au Moyen-Orient. [5] Au Mozambique, par exemple, l’usage du cannabis était légal jusqu’en 1998; voir [Laniel, 1998]. [6] Il est vrai qu’à l’inverse de l’Afrique australe [Du Toît, 1975] on ne dispose en Afrique de l’Ouest d’aucune étude historique sur le sujet. Toutefois, étant donné que les régions nord du Ghana et du Nigeria actuels ont été islamisées dès le XVe siècle, qu’elles sont traversées par des routes caravanières centenaires transportant des produits issus du monde arabo-musulman, et que leurs zones sud sont parmi les premières d’Afrique à avoir été connectées au commerce maritime européen, il est très probable que le cannabis y ait été connu bien avant le milieu du XXe siècle (les premiers Européens à s’être installés en Afrique subsaharienne sont des Portugais, qui fondèrent dès 1492 le fort de São Jorge da Mina sur le site de l’actuelle ville ghanéenne d’El Mina). [7] Dans l’immense majorité des pays, une dose de cannabis coûte sensiblement le même prix qu’un petit verre d’alcool local ou qu’une cigarette d’importation vendue au détail, et moins cher qu’une bouteille de bière brassée localement. [8] Faute de recherche universitaire, l’usage de cannabis par les enfants-soldats d’Afrique est illustré dans des romans, dont Allah n’est pas obligé (Seuil, Paris, 2000) du grand auteur ivoirien récemment décédé Ahmadou Kourouma. [9] Les troupes d’élite recevaient de la cocaïne. [10] « Libéria : trafic d’une guerre oubliée », La Dépêche internationale des drogues, février 1994. [11] « Tchad : le salaire de la guerre », La Dépêche internationale des drogues, mars 1994. [12] Des cas correspondant à cette dernière alternative ont été documentés en Afrique du Sud, au Lesotho et au Zimbabwe. |
|||||
L'Afrique: c'est là qu'auront lieu les prochaines guerres du pétrole |
|||||
|
|||||
| YouTube prêt à payer ses auteurs | |||||
| Le site d'échanges de vidéos YouTube envisage de partager ses recettes publicitaires avec les auteurs des vidéos qu'elle diffuse. | |||||
|
|||||
| vidéos grand public qui génèrent des revenus publicitaires. | |||||
| Un changement de politique Le PDG de YouTube, utilisé chaque mois par plus de 70 millions d'internautes, avait refusé jusqu'à présent de mettre en place une tel modèle qui n'était pas selon lui, «la meilleure façon de bâtir une communauté». Mais depuis le rachat du site par Google, le public s'est considérablement élargi et rend désormais possible le partage des recettes publicitaires avec les auteurs des vidéos. Alors que YouTube fait actuellement l'objet d'une citation à comparaître de la télévision Fox pour la diffusion sans autorisation des récents épisodes «24 heures» et «Les Simspon», la direction du site travaille à l'élaboration de systèmes permettant de protéger les droits d'auteurs. En apposant une sorte "d'empreinte digitale sonore" pour s'assurer que les maisons de disques sont payées pour l'utilisation de leurs chansons dans les clips diffusés par YouTube. |
|||||
|