MERCREDI 31 AOUT 2011 I ECONOMIE I FMI |
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| Une mission du FMI en Côte d`Ivoire pour un nouveau programme économique |
| Publié le mercredi 31 aout 2011 | AFP -
Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a entamé mercredi une mission de deux semaines en Côte d`Ivoire, la
deuxième en moins de deux mois, en vue de conclure un programme économique devant bénéficier d`un appui financier de 500 millions de dollars.
La mise en oeuvre de ce programme "pendant six mois constitue un préalable important pour l`annulation de la dette extérieure du pays sous l`égide de l`Initiative pour les pays pauvres très endettés" (PPTE), souligne un communiqué de l`Institution à Abidjan.
"J`ai confiance que nous allons arrêter une décision conjointe qui va aider à la reprise économique et attirer l`investissement et l`engagement du secteur privé en Côte d`Ivoire" a déclaré à la presse Doris Ross, chef de la mission conjointe du FMI-Banque mondiale et Banque africaine de développement (BAD).
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"Nous allons identifier les différents leviers sur lesquels mettre l`accent pour avoir une croissance plus significative", a affirmé de son côté, le ministre ivoirien de l`Economie et des Finances, Charles Diby Koffi.
Selon M. Koffi, l`économie ivoirienne va enregistrer une croissance négative (-6,4%) en 2011, contre 2,4% en 2010.
En juillet, le FMI a repris son aide à la Côte d`Ivoire, suspendue pendant la crise post-électorale, en décaissant 129 millions de dollars au titre de la Facilité de crédit rapide..
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| COTE D'IVOIRE: Avant son départ : Les confidences de Choi sur Gbagbo |
| Publié le mercredi 31 aout 2011 | Nord-Sud |
| 18 octobre 2007-31 août 2011. Après trois ans et dix mois passés à la tête de la Mission de maintien de paix de l'Onu, le Coréen Young Jin Choi part avec de bons et de mauvais souvenirs de la Côte d'Ivoire. Au micro de Rfi, hier, il s'est réjoui de n'avoir pas échoué dans la gestion du processus de sortie de crise.
Est-ce que vous partez avec le sentiment du devoir accompli ?
Oui ! Ou plutôt de n'avoir pas échoué.
De n'avoir pas échoué ?
Voilà !
Qu'avez-vous appris en Côte d'Ivoire ?
Beaucoup de choses, mais surtout j'avais le bonheur de servir le peuple ivoirien ; avec mes amis qui sont venus de tous les coins du monde, on a traversé des moments difficiles. Mais, on n'a pas perdu la tête.
Quel état des lieux vous faites, aujourd'hui, à l'heure où vous partez ?
Je crois que la fin de la crise couvre vingt ans de crise du passé. Maintenant, je crois que le pays a une grande opportunité avec le président Ouattara, pour regagner sa place (qui était la sienne) à savoir le centre de prospérité pour toute l'Afrique de l'Ouest.
Quel est le défi qui vous semble le plus difficile, est-ce que c'est la restauration de la paix, la réconciliation ou la démobilisation des anciens combattants ?
C'est la relance économique, puisque quand vous voyez la nomination des chefs de services, le 7 juillet, et les cadres, le 4 août, vous réalisez qu'il y a un excellent équilibre entre l'armée du nord et l'armée du sud. Ce qui s'annonce bien pour la réconciliation nationale.
L'Onu a joué un rôle de certification inédit, au moment des élections présidentielles à l'automne dernier ; est-ce que vous aviez mesuré la portée de cette mission ?
Oui. Je crois que s'il n'y avait pas de certification onusienne, il pourrait y avoir des confusions encore. Entre ce qui a été proclamé par la Commission électorale indépendante et ce qui a été proclamé par le Conseil constitutionnel.
L'ex-président Thabo Mbéki vous accuse d'avoir outrepassé votre mandat en déclarant qui a gagné les élections…
Non. J'ai dit voilà comment le peuple ivoirien a voté le 28 novembre. Et, quand ils ont voté, le président Ouattara avait une marge (avance, ndlr) de 8%. C'est la vérité.
Ce qui revient à dire qu'il est le vainqueur ?
Absolument ! Il est le vainqueur des élections. Je l'ai toujours dit, cela fait partie de mon mandat. Mais qui est le président après cela, ce n'est pas mon mandat. Donc, je ne crois pas qu'il y avait des confusions.
Est-ce que vous avez senti, à un moment donné, que l'Onuci ne pouvait pas remplir sa tâche de protection des civils ?
On peut toujours faire mieux mais nous n'avons pas échoué dans les moments critiques tels que dans les nuits des 11 et 12 janvier. Il y avait des possibilités très grandes de massacres de centaines de populations civiles. Facilement. Nous étions là toute la nuit, y compris moi-même avec les patrouilles, pour empêcher des massacres civils. Donc, s'il y avait eu des massacres civils d'envergure, notre mission aurait échoué.
Vous avez rencontré Laurent Gbagbo deux fois à Korhogo, quelles sont les dernières nouvelles que vous avez de lui ? Que vous a-t-il dit ?
Quand je l'ai vu le lendemain de son arrestation, je l'ai vu comme un homme totalement accablé. Je l'ai revu à Korhogo où il m'a dit : « nous avons travaillé ensemble pendant trois ans et demi. Les trois premières années étaient excellentes, mais les derniers mois n'étaient pas aussi bons. » Il m'a dit de nous souvenir, seulement, des trois bonnes années. Je lui ai dit : « Monsieur le président, c'est une excellente idée ». Je crois qu'il a dit : « nous allons nous joindre à la réconciliation ». Je crois qu'il a regagné son esprit.
Il ne vous en veut pas aujourd'hui ?
Non, pas du tout. Pas du tout. Je suis arrivé à une heure de l'après-midi, il m'a dit : « je vous ai attendu jusqu'à 11 heures, pourquoi vous arrivez si tard ? »
Est-ce que vous estimez que les droits de Laurent Gbagbo sont respectés aujourd'hui ?
Jusqu'à présent, oui. Son médecin privé était là, avec nous. Il (Laurent Gbagbo) a dit : « est-ce que je suis en bonne santé ? » Son médecin n'a pas nié. Je lui ai demandé : « est-ce que (la résidence est) confortable ? ». Il a dit : « pour la télévision, nous n'avons que deux chaînes. Je voulais même avoir plus de deux chaînes. Et, aussi je voulais avoir plus accès à mes avocats ». La semaine suivante, son avocat préféré a effectué une visite. Donc, grosso modo, oui.
Vous avez ressenti quoi, en le rencontrant en détention ?
J'avais une question toujours, pourquoi a-t-il défié la volonté du peuple ? Je n'ai pas obtenu de réponse à cette question. Mais je crois qu'il est épuisé. Il était totalement épuisé ; il était épuisé avant, pendant et après les élections. L'épuisement, il faut faire attention. Il faut être trop fatigué.
Est-ce qu'après ce qui s'est passé, le Fpi a toujours sa place sur la scène politique ivoirienne ?
Je ne crois pas. Le Fpi sans monsieur Gbagbo, le Fpi qui a défié la volonté du peuple, qui l'a appuyé avec les forces militaires contre la population civile… Je ne crois pas. S'il (le Fpi) avait accepté le résultat, c'était une grande différence.
Quels sont vos regrets en partant de la Côte d'Ivoire ?
Il y a un instant que je ne répéterais pas. Mais à part cela, je ferais la même chose.
C'est quoi cet instant ?
J'ai mis inutilement en danger ma vie, mes chers collègues et mes bodygards (garde du corps) dans la nuit du 5 mars, quand je suis allé protéger le Fpi. C'était inutile. J'ai fait un mauvais jugement.
Quels sont vos projets ?
J'ai fini le manuscrit de mon livre intitulé ‘'J'y suis, j'y reste‘'. Avec ce titre, je parle de mon expérience de maintien de la paix en Côte d'Ivoire. A part cela, il faut que je prenne un peu de repos ; je vais aller en montagne une fois arrivé en Corée, pour un mois et demi.
Propos retranscris sur Rfi par Bidi Ignace |
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Young-jin Choi, l'homme qui a dit "non" à Gbagbo, quitte Abidjan |
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FRANCE24 - 31/08/11 - Après quatre années à la tête de la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire, le diplomate sud-coréen quitte, ce mercredi, ses fonctions avec l'"immense espoir" que le pays reste engagé sur le chemin de la paix. Bilan d'un mandat agité.
Par Trésor KIBANGULA (texte)
Après quatre années passées à la tête de la Mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), Young-jin Choi tire sa révérence. L’ancien chef de l’Onuci ne partira pas d’Abidjan les mains vides. Le 7 août, il a été élevé à la dignité de Grand Officier de l'ordre national par le président ivoirien, Alassane Ouattara. Un véritable satisfecit délivré à celui dont la – lourde - charge fut d’avaliser le scrutin présidentiel de décembre 2010 censé mettre un terme à près d’une décennie de crise politico-militaire. |
Une première en Afrique
Quand Young-jin Choi remplace, en octobre 2007, le Suédois Pierre Schori comme représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, le pays, coupé en deux, sort de cinq années de conflit armé entre les rebelles nordistes des Forces nouvelles (FN) et le gouvernement de Laurent Gbagbo. Alors engagés dans un plan de sortie de crise depuis la signature des accords de Ouagadougou en mars 2007, les belligérants en appellent à la neutralité des Nations unies pour garantir le bon déroulement de la présidentielle. La mission de l’organisation internationale : "certifier que tous les stades du processus électoral fourniront toutes les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielle, législatives ouvertes, libres, justes et transparentes, conformément aux normes internationales". Une première sur le continent africain.
Pour jouer ce rôle de certificateur, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, choisit son ami et compatriote Young-Jin Choi, alors représentant permanent de la Corée du Sud auprès de l’ONU et ancien sous-secrétaire général au département des opérations de maintien de paix entre 1998 à 1999.
"Un choix judicieux", affirme Maurice Mahounon, spécialiste des opérations de maintien de la paix en Afrique de l’Ouest, joint par FRANCE 24. "Il fallait trouver un homme avec une forte personnalité et, tout au long du processus électoral ivoirien, Young-jin Choi a prouvé qu’il était cet homme, indique le chercheur. Le diplomate sud-coréen a su imposer les règles de la démocratie à toutes les parties." Une volonté de fer qui a énervé tantôt le camp d’Alassane Ouattara, tantôt celui de Laurent Gbagbo.
"Fidèle à ses principes"
Souvent pris entre deux feux de critiques, "l’homme a su rester fidèle à ses principes", estime Maurice Mahounon. Un avis que partage Eugène Lakpomé, analyste de politique internationale au sein du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix (ROP). "Young-jin Choi n’a jamais varié, explique-t-il. Il n’a pas hésité à demander la révision des listes électorales, en dépit de protestations du camp Ouattara. De même, il n’a pas tergiversé, quand il le fallait, pour certifier en décembre 2010 les résultats du second tour de la présidentielle donnés par la Commission électorale indépendante, au grand dam du camp Gbagbo au pouvoir à l’époque."
"Le diplomate sud-coréen a toujours su se mettre à la hauteur de tout, renchérit Eugène Lakpomé. Il a trouvé un pays divisé et truffé de structures ethniques, il laisse derrière lui un pays réunifié, avec des institutions républicaines qui sont en train de se mettre en place." Puis de nuancer : "Mais beaucoup de choses restent encore à faire" tels "la réconciliation nationale" et le "désarmement des milices".
Beaucoup plus sévère, Augustin Guehoun, porte-parole du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo, estime que le diplomate "a trahi" le camp de l’ancien président, aujourd’hui en détention à Korogho (Nord). "Son rôle était de veiller au bon déroulement des élections et non de prendre la place du Conseil constitutionnel, seul habilité à proclamer les résultats définitifs du scrutin."
Des accusations que l’intéressé a toujours rejetées. Interrogé mardi par RFI, Young-jin Choi a tenu à clarifier les choses : son rôle de certificateur était celui de dire qui était "vainqueur de l’élection" et non qui était "président", a-t-il tenu à préciser. L'histoire, elle, retiendra qu'il a été le premier chef d’une mission des Nations unies à avoir dire "non" à un dirigeant africain qui a voulu s’accrocher au pouvoir. |
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