August 11, 2008

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Nous ne connaîtrons pas le découragement. Mais l'Afrique doit enseigner au monde ce que Dieu a demandé vainement aux hommes jusqu'ici; la paix aux hommes de bonne volonté, l'amour entre hommes, la tolérance. Félix Houphouët-Boigny
 
Elections/Identification des populations: Le premier lot de matériel de l'opérateur technique est arrivé
Lundi 11 août 2008 - Par Nord-Sud -
1500 kits d’identification, transportés par l’Onuci ont été réceptionnés hier à l’aéroport de Port Bouët.. Le second rendez-vous était le bon. Hier, sous le coup de 11h40, l’avion cargo Hercule C-130 de l’Onuci devant transporter le premier lot du matériel de la compagnie Sagem sécurité s’est posé sur le tarmac de la zone aéroportuaire de Port Bouët. Au bas de l’échelle de coupée, le représentant spécial adjoint Abou Moussa, le président de la CEI, Robert Mambé Beugré, le représentant du facilitateur Boureima Badini, des membres du cabinet du Premier ministre Guillaume Soro, les premiers responsables de Sagem en Côte d’Ivoire, les responsables de la Cnsi et le gotha de la presse ivoirienne. C’est un détachement des casques bleus qui a réceptionné le matériel et l’a convoyé sous le hangar de l’Onuci au Gatl. Au menu de la symbolique cérémonie de réception de matériel, deux discours.
Une allocution d’Abou Moussa et un discours de Paul Koffi Koffi, directeur de cabinet adjoint du Premier ministre. Le premier intervenant s’est félicité de l’arrivée de ce matériel. Il estime qu’en accomplissant cet acte, la mission onusienne marque une nouvelle fois, sa volonté et sa détermination à se joindre aux partenaires pour le démarrage rapide des opérations d’identification. Il a, par la suite, rappelé les actes posés par son institution dans le cadre de la sortie de crise. Face à tous les acquis notés, Abou Moussa pense que l’avenir peut être envisagé avec optimisme car « chaque jour qui passe voit l’horizon s’éclaircir et l’élection présidentielle devient de plus en plus une réalité ».

Quant à Paul Koffi Koffi , il a , au nom du Premier ministre, remercié l’Onuci pour avoir accepté la requête du gouvernement de bien vouloir l’assister dans cette importante opération qui va permettre de déclencher l’enrôlement des populations dans le cadre du processus électoral. Il estime que hier était « un grand jour parce que après les démonstrations des performances de la valise au Premier ministre et au président de la République, il était important que de façon réelle et concrète, les Ivoiriens voient ce matériel sur leur sol ». Les valises étant arrivées, il a invité la Sagem et les autres opérateurs nationaux à se mettre au travail pour que les délais du 30 novembre soient respectés. Juste après les discours, le matériel a été remis aux forces armées ivoiriennes chargées de le sécuriser. Le commandant du Centre des opérations de sécurité(COS), le colonel Ehoussou , à la tête d’un important détachement, a réceptionné les 1500 valises qui sont arrivées. Pour les 4500 autres, il va falloir attendre quelques jours.

Traoré M Ahmed

Processus électoral - La Sagem a reçu du matériel
lundi 11 août 2008 - Par L'intelligent d'Abidjan -
Le matériel d’identification de Sagem sécurité est arrivé le dimanche 10 août 2008, à 11h40 à l’aéroport international Félix Houphouët Boigny. Il s’agit d’un lot de matériel de 15 tonnes qui a été convoyé par la mission de l’ONUCI à la base aérienne d’Abidjan. Ce premier lot est constitué de 1000 valises dotées d’un terminal équipé d’un capteur d’empreinte digitale, d’un appareil photo numérique et d’un clavier, destinés à l’identification des populations. C’est le représentant spécial adjoint du représentant de J.Y.Choi en Côte d’Ivoire, Abou Moussa qui a remis le lot de matériel au directeur de la Sagem sécurité. La cérémonie s’est déroulée en présence de Boureima Baldini, représentant du facilitateur, du président de la commission électorale, Beugré Mambé et du directeur de cabinet adjoint du premier ministre, Paul Koffi Koffi. Avant la remise de matériel à la Sagem, Abou Moussa a montré l’importance de l’acquisition de matériel d’identification. Selon lui, la mission onusienne, en accomplissant cet acte, montre sa volonté et sa détermination de se joindre aux partenaires pour le démarrage effectif de l’identification de la population dans la perspective de l’organisation des élections le 30 novembre prochain. ‘‘ C’est dans le même cadre que nous avons offert notre contribution matérielle à la fonctionnalité de l’identification et du recensement électoral appelé l’audience foraine’’, a-t-il précisé. Pour Abou Moussa, l’organisation avec succès des audiences foraines, la publication de la première liste électorale et le bouclage du financement du processus électoral sont des avancées qui nous permettent d’envisager avec optimisme le défi logistique qui reste à relever. Aussi, le recrutement des experts de l’identification et l’installation des commissions d’identification sur l’ensemble du territoire font que chaque jour qui passe, les élections deviennent de plus en plus une réalité. ‘‘Nous allons commencer l’identification afin de participer de manière significative à la tenue des élections le 30 novembre 2008’’, a déclaré Abou Moussa. Quant au directeur de cabinet adjoint du Premier ministre, Paul Koffi Koffi, il a remercié l’ONUCI d’avoir accepté la requête du gouvernement pour l’aider dans l’accomplissement de l’opération de l’identification. Pour lui, la réception de l’équipement de Sagem pour l’identification, va déclencher le démarrage effectif de l’enrôlement de la population dans le cadre du processus électoral. ‘‘ L’annonce de l’acquisition de matériel d’identification a été faite à la population. Donc, il était important que la population voie le lot de matériel’’, a déclaré le représentant du Premier ministre Soro Guillaume. Il a terminé pour souhaiter que la coopération entre l’ONUCI et le gouvernement continue pour que les élections puissent se tenir le 30 novembre.

C.S, source Olivier Dion

Côte d`Ivoire: suspension de 32 journaux ne respectant pas les règles
ABIDJAN, 2 juin 2008 (AFP) - Le Conseil national de la presse (CNP), organe de régulation de la presse écrite ivoirienne, a indiqué lundi à l`AFP avoir appliqué sa décision de suspendre 32 journaux du pays qui n`étaient toujours pas en règle avec la loi sur la presse de décembre 2004. Quatre de ces journaux, parmi lesquels "Le Patriote", quotidien du Rassemblement des Républicains (RDR, opposition), ont toutefois vu leur suspension levée en fin de journée lundi après avoir transmis les pièces nécessaires à la constitution d`une entreprise de presse. Les 28 autres verront leur suspension levée "dès qu`ils auront régularisé leur situation auprès du procureur de la République, comme le prévoit la loi", a expliqué à l`AFP la directrice des Affaires juridiques au CNP, Mlle Sidonie Amoakon. Le Groupement des éditeurs de presse de Côte d`Ivoire (Gepci), qui avait déjà obtenu le 2 mai un délai d`un mois pour les journaux hors la loi, tentait lundi d`obtenir un nouveau moratoire d`un mois.
Cette requête va être examinée par les membres du CNP, a indiqué Mlle Amoakon.
Le 2 mai, le président du CNP Eugène Dié Kacou avait indiqué que seulement 22 journaux sur les 80 respectaient la loi et promis de suspendre les autres dès le 2 juin. Sur 22 quotidiens, il n`y en a que 12 qui sont en règle", avait-il ajouté expliquant que ces derniers "payent leurs impôts, ont aligné leurs employés à la convention collective et les ont déclarés à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS, équivalent de la Sécurité sociale, ndlr)". Le président du CNP avait affirmé vouloir mettre fin à une injustice entre les "journaux clandestins" et les autres qui se "battent sur le même marché financier".
 
Côte d`Ivoire: pas d`élections "avant décembre" 2008 (proche de Gbagbo)
 lundi 14 avril 2008 - Par AFP - ABIDJAN - Le président du Conseil économique et social (CES) ivoirien Laurent Dona Fologo a estimé lundi à Abidjan que l'organisation d'une élection présidentielle en Côte d'Ivoire, prévue théoriquement d'ici fin juin, ne pourrait se tenir "avant décembre 2008 dans le meilleur des cas".
"Je ne (vois) pas les élections avant le mois de décembre dans le meilleur des cas", a déclaré à l'AFP M. Fologo, un proche du président Laurent Gbagbo, soulignant le retard dans le processus d'identification des populations visant à la confection de nouvelles listes électorales et cartes d'électeur.
L'accord de paix signé en mars 2007 entre le président Gbagbo et l'ex-rébellion des Forces nouvelles prévoyait une élection présidentielle début 2008, finalement repoussée "au plus tard" à la fin juin.
En raison des nombreux retards dans le processus de sortie de crise, un conseil des ministres extraordinaire devrait se tenir lundi pour examiner un projet de décret fixant une nouvelle date pour la présidentielle, selon une note d'information transmise par les services du Premier ministre.
 
Cherté de la vie, processus de sortie de crise : Le RHDP donne un ultimatum à Gbagbo
Le Nouveau Réveil - N°1890 - mercredi 9 avril 2008 - e silence est rompu. Hier, le RHDP s'est, au cours d'une conférence de presse, prononcé sur la cherté de la vie et le processus de sortie de crise. En de termes très clairs, Alphonse Djédjé Mady a dénoncé les lenteurs du processus de sortie de crise essentiellement orchestrées par le chef de l'Etat. En intégralité, la déclaration liminaire du conférencier. Mesdames et Messieurs les journalistes. Je voudrais, au nom du Directoire du RHDP, vous remercier pour votre présence, nous permettant ainsi d'exprimer à l'opinion nationale et internationale notre sentiment sur les derniers développements de l'actualité socio politique de notre pays. Avant tout propos je tiens, au nom du Directoire de RHDP à vous indiquer que nous nous sommes abstenus de faire des déclarations depuis quelque temps pour permettre aux Accords Politiques de Ouagadougou de se mettre en œuvre.
Au demeurant, les leaders de partis politiques du RHDP se sont exprimés sur les graves problème de la nation. La situation actuelle de la Côte d'Ivoire est marquée par :
1. LES MANIFESTATIONS CONTRE LA CHERTE DE LA VIE
2. L'EVOLUTION DU PROCESSUS DE SORTIE DE CRISE
1 LES MANIFESTATIONS CONTRE LA CHERTE DE LA VIE
Aux lendemains de la tournée festive du Chef de l'Etat et de son visiteur du jour, Monsieur Jack LANG à la rue princesse, la population ivoirienne, lasse des souffrances endurées depuis l'avènement du FPI au pouvoir, a, par une marche pacifique, protesté et manifesté son ras-le-bol.
De nombreuses mères de famille, appuyées par des jeunes ont pris la rue pour dire leur désespoir. Cet acte démocratique et garanti par la Constitution s'est soldé, une fois encore, par des morts et plusieurs blessés, tombés sous les balles assassines d'une soldatesque aux ordres.
Ainsi, ces morts viennent allonger la déjà trop longue liste des innocentes victimes de la refondation. Le RHDP s'incline devant leurs dépouilles et salue la mémoire de ces héros de la démocratie. Le RHDP s'associe à la douleur de leurs familles auxquelles il adresse ses condoléances les plus attristées. Le RHDP souhaite un prompt rétablissement aux blessés
Ces tragédies devenues désormais le lot quotidien des Ivoiriennes et des Ivoiriens, sont le résultat de l'improvisation, de l'incapacité notoire en matière de gestion du parti au pouvoir. Elles sont le corollaire des scandales financiers à répétition qui meublent l'actualité de notre pays, elles sont aussi le symbole de l'échec du pouvoir FPI. En témoignent, les décisions hâtives, insuffisantes, prises par le Chef de l'Etat, moins d'une semaine après la prise de l'ordonnance modificative du budget 2008, là où des solutions vraies, durables et réelles devraient être proposées aux Ivoiriens. Le RHDP note avec regret la persistance des manquements graves et répétés aux droits de l'homme et l'impunité dont continuent de jouir les auteurs de ces crimes.
Le RHDP déplore et condamne avec la dernière énergie cette barbarie digne de la gestapo avec laquelle le pouvoir FPI a réprimé cette manifestation pacifique. Le RHDP exige que les enquêtes les plus diligentes soient menées afin que les fautifs soient identifiés et sanctionnés avec une extrême sévérité. Le RHDP, soucieux du bien-être des populations ivoiriennes, apporte son soutien aux manifestations démocratiques et spontanées, face à la précarité grandissante qui menace l'immense majorité des familles. 2 L'EVOLUTION DU PROCESSUS DE SORTIE DE CRISE
Pendant que le peuple exprime sa douleur et sa misère face à la crise qui perdure, s'élèvent des officines de certains partis politiques, des déclarations intempestives et tonitruantes dont le seul objectif est de mettre à mal le processus de sortie de crise si bien engagé par le Secrétaire général des Forces nouvelles, le Premier Ministre SORO KIGBAFORI Guillaume. Les explications tardives et le reniement de la porte-parole du CNRD à propos de leur demande de démission du Premier Ministre du poste de Secrétaire Général des Forces nouvelles, en sont la preuve éloquente. En effet, le RHDP note qu'en dépit des blocages orchestrés par le camp présidentiel, des avancées notables dans le processus de sortie de crise ont été réalisées.
- Les audiences foraines se déroulent à la satisfaction générale et connaissent auprès des populations un engouement, au point que celles-ci en demandent la prorogation.
- L'opérateur technique chargé de la confection des titres d'identification et des listes électorales est désigné. - Le redéploiement de l'administration se poursuit.
- Le processus de désarmement des ex combattants est en cours
- La liberté de circulation et d'exercice des activités politiques sur toute l'étendue du territoire est désormais une réalité. Toutefois, le RHDP relève des retards dans la mise en œuvre des Accords de Ouagadougou, retards reconnus avec lucidité par le Premier Ministre. Ces retards portent notamment sur :
1- la signature de la convention entre la SAGEM et le Gouvernement
2- le démarrage de l'enrôlement électoral
3- l'achèvement de la reconstitution des registres d'état civil perdus ou détruits
4- le démantèlement des milices
Conscient de ces problèmes, le Premier Ministre a promis d'agir avec diligence pour accélérer le processus en cours. Le RHDP, fidèle à ses idéaux de paix et de démocratie, réaffirme son soutien aux Accords Politiques de Ouagadougou. Le RHDP salue le courage et l'abnégation dont le Premier ministre fait preuve dans la conduite du processus de sortie de crise et lui réitère son soutien. Le RHDP, assure le Premier ministre de sa disponibilité et l'exhorte à persévérer dans ses efforts pour permettre à notre pays de sortir de la crise, par l'organisation, nécessairement en 2008, d'élections libres, transparentes, crédibles et ouvertes à tous, seul gage pour le retour d'une paix durable en Côte d'Ivoire.
Fait à Abidjan le 8 avril 2008,
Pour le Directoire du RHDP
Le Président
Pr. ALPHONSE DJEDJE MADY
 
 
CHERTE DE LA VIE: Les leçons de la révolte des affamés
L'Inter - vendredi 4 avril 2008 par Assane NIADA -

Sans attendre le moindre mot d'un quelconque parti politique ou association de consommateur. La faim pousse à l'action, à la révolte. C'est là le premier enseignement des récentes manifestations contre la cherté de la vie. Les populations ivoiriennes que l'on trouve indolentes, amorphes, se sont décidées à franchir le stade des murmures de salon pour descendre dans les rues. Comme quoi, il y a toujours une limite à tout. Nos gouvernants devraient donc comprendre qu'il ne faut pas badiner avec le pain du peuple, avec ses besoins alimentaires. C'est connu, tant qu'un peuple ne manque pas de nourriture, les dirigeants peuvent dormir des deux oreilles. C'est d'ailleurs ce qui explique que, chez nous, le salaire des fonctionnaires a de tout temps été garanti, bon an mal an. Il est dommage que le chef de l'Etat n'ait pas, jusqu'à ces chaudes journées, prêté une oreille attentive aux complaintes des affamés. Et pourtant, il n'était pas sourd aux mécontentements larvés de ces Ivoiriens aux revenus modestes, qui peinent à avoir la pitance quotidienne. En effet, lors de la tournée qu'il a effectuée en début d'année en pays akyé, il a indiqué qu'il entendait « le peuple pleurer, gronder », mais qu'il est aujourd'hui préoccupé de sortir le pays de la crise. « Je ne peux poursuivre deux écureuils à la fois. Pour le moment, je me concentre sur la sortie de crise ; pour le reste, on verra après », avait-il répondu aux lamentations des pauvres. Cette indifférence du chef de l'Etat a eu pour effet de laisser enfler le mécontentement des pauvres, qui ont fini par lui crier leur faim dans les rues.

UNE REACTION CONTRE LES NOUVEAUX RICHES

Non content de ne pas trouver solution aux effets pervers de l'inflation, le chef de l'Etat est allé parader à la Rue Princesse, sablant le champagne aux portes des indigents de Yopougon. Ce boucan présidentiel, qui en rajoute aux frustrations nées de l'exposition ostentatoire des richesses des nouveaux riches de tous bords politiques, a été l'étincelle qui a provoqué l'explosion des affamés. On peut tromper le peuple, mais on ne l'affame pas impunément. Comme est en train de l'apprendre à ses dépens le président zimbabwéen, l'octogénaire Rigobert Mugabé. Vénéré père de la nation hier, Mugabé est aujourd'hui lâché par son peuple pour lui avoir fait boire le calice de la misère jusqu'à la lie. Depuis quelque temps, le vieil homme s'est lancé dans un ultranationalisme suranné qui a engendré l'effondrement de l'économie. Avec pour conséquence : l'accentuation de la pauvreté. C'est cette paupérisation, résultat de la politique hasardeuse de Mugabé, que le peuple zimbabwée a voulu sanctionner en faisant mordre la poussière au légendaire parti au pouvoir, l'Union nationale africaine du Zimbabwé-Front patriotique (Zanu-Pf). Qui a perdu sa majorité parlementaire, détenue depuis 28 ans, devant l'opposition emmenée par Morgan Tsvangirai, le candidat du Mouvement pour le changement démocratique (MDC). Après avoir raflé 109 sièges sur 210 à l'issue des législatives du samedi 29 mars dernier, l'opposition est sur le point de battre le sulfureux Robert Mugabé. C'est une petite révolution consécutive à la révolte des affamés. Et cela devrait interpeller les dirigeants ivoiriens, qui semblent repus, au point d'être sourds à la faim du petit peuple. Les récentes manifestations montrent par ailleurs les limites de l'accord de Ouaga. Porté essentiellement sur la sortie de crise et tout ce qui s'y rapporte, l'accord se soucie peu d'améliorer le quotidien des Ivoiriens. Un an en effet après sa signature, ni les réunions de Comité d'évaluation et d'accompagnement (CEA), ni celles du Cadre permanent de concertation (CPC) encore moins des groupes de travail constitués à la pelle, n'ont eu pour effet d'apporter un mieux-être aux économiquement faibles. Pendant que toutes les parties prenantes audit accord s'engraissent à qui mieux mieux. Si Ouga nous mène vers la paix, il a le péché de laisser en rade le petit peuple. Aussi urge-t-il pour ses signataires d'accélérer la sortie de crise aux fins d'abréger la souffrance des crève-la-faim. C'est là l'autre leçon de cette révolte des affamés. Qui aura laissé indifférents les partis d'opposition. Occupés à manger à la soupe gouvernementale, les opposants au régime de Laurent Gbagbo se sont montrés eux aussi peu soucieux du sort des manifestants. Donnant ainsi raison au chef de l'Etat, qui aime à ironiser qu'il n'y a plus d'opposition depuis cinq ans que dure la crise.

 
Manifestation populaire contre la cherté de la vie : Cinglant désaveu du peuple au chef d`Etat fêtard
Le Nouveau Réveil - N°1883 - mardi 1 avril 2008 - Comme un adolescent ivre de bonheur et des immenses privilèges que lui procure la fonction de chef de l'Etat, Laurent Gbagbo effectuait vendredi dernier une virée nocturne à la Rue princesse de Yopougon, un lieu considéré comme le sanctuaire le plus célèbre de la débauche et de l'exaltation du vice de la capitale ivoirienne. Ironie du sort, hier lundi, les mêmes populations de Yopougon et celles de Cocody ont bruyamment manifesté contre la vie chère, pour rappeler au chef de l'Etat leur souffrance, leur misère quotidienne, lui dire surtout qu'elles n'en peuvent plus de subir la flambée générale des prix sur tous les marchés. Gbagbo et les
ivoiriens n'ont pas les mêmes problèmes, ils ne pédalent plus dans le même sens pour parler comme Charles Konan Banny. Car pendant que Gbagbo danse, le peuple pleure et meurt de faim. Il leur a fallu une bonne dose de "couragine" à ces manifestants d'hier pour oser s'aventurer dans la rue, cette rue décrétée zone rouge et interdite à toute action de protestation pacifique depuis que Gbagbo est arrivé au pouvoir. Mais avaient-ils le choix ? Entre se taire et mourir en silence parce qu'écrasés par le poids de plus en plus pesant des difficultés quotidiennes et crier au grand jour sa révolte et son exaspération au risque de se faire abattre comme des rats par une armée à la solde d'un individu, les manifestants d'hier ont choisi la dernière option. Ils auraient pu en mourir, l'un d'eux n'a-t-il pas reçu une balle ? Mais ils ont décidé de prendre leur destin en main, de se soulever contre la vie chère. Pour de millions d'ivoiriens qui sont restés dans le confort de leurs salons douillets quoique partageant les mêmes problèmes, ces manifestants de Yopougon et de Cocody étaient tout sauf des gens normaux, c'était des candidats volontaires au suicide. Et la police, notre police nationale ne leur a pas donné tort. Car les manifestants ont été gazés, chicotés, tabassés sans ménagement par une police qui n'admet que l'on puisse protester contre l'autorité dans un régime démocratique. Des manifestants ont même essuyé des tirs à balle réelle, l'un d'eux a été mortellement atteint à Yopougon par ces policiers qui, apparemment, ne subissent pas les effets de cette flambée des prix. Un avertissement à Gbagbo
Ce qui vient de se passer hier à Yopougon et à Cocody n'est rien d'autre que l'expression d'un malaise grandissant, d'une tragédie sociale que vit le peuple ivoirien. Gbagbo qui fait le "show" à Yopougon, qui sable le champagne à la Rue princesse, qui distribue un (1) million de francs CFA à chaque night club, et cette même population qui descend dans la rue 72 heures après pour crier son ras-le-bol, sa révolte face à une flambée générale des prix sur le marché. Mais surtout l'inaction du gouvernement qui fait la sourde oreille. Aujourd'hui en Côte d'Ivoire, ce sont les commerçants qui font la loi, les prix des produits de grande consommation comme la viande, le riz, le sucre, le lait, le poisson ont pris l'ascenseur. Et ils ne cessent de grimper vers les sommets. Le prix du gaz, de l'essence, de l'électricité, tout augmente chaque matin. Les ivoiriens s'en plaignent, murmurent, dénoncent mais gentiment dans leurs salons. On a même le sentiment qu'au sein de l'actuel gouvernement, le fauteuil du ministre du commerce est vacant. Le hasard a voulu que ce soit Yopougon qui se rebelle juste après que Gbagbo y soit allé pour, dit-on, tester sa popularité.
Akwaba Saint-Clair
 
 
Manifestation populaire contre la cherté de la vie : Cinglant désaveu du peuple au chef d`Etat fêtard
mardi 1 avril 2008 - Par Le Nouveau Réveil - Comme un adolescent ivre de bonheur et des immenses privilèges que lui procure la fonction de chef de l`Etat, Laurent Gbagbo effectuait vendredi dernier une virée nocturne à la Rue princesse de Yopougon, un lieu considéré comme le sanctuaire le plus célèbre de la débauche et de l`exaltation du vice de la capitale ivoirienne. Ironie du sort, hier lundi, les mêmes populations de Yopougon et celles de Cocody ont bruyamment manifesté contre la vie chère, pour rappeler au chef de l`Etat leur souffrance, leur misère quotidienne, lui dire surtout qu`elles n`en peuvent plus de subir la flambée générale des prix sur tous les marchés. Gbagbo et les ivoiriens n`ont pas les mêmes problèmes, ils ne pédalent plus dans le même sens pour parler comme Charles Konan Banny. Car pendant que Gbagbo danse, le peuple
pleure et meurt de faim. Il leur a fallu une bonne dose de "couragine" à ces manifestants d`hier pour oser s`aventurer dans la rue, cette rue décrétée zone rouge et interdite à toute action de protestation pacifique depuis que Gbagbo est arrivé au pouvoir. Mais avaient-ils le choix ? Entre se taire et mourir en silence parce qu`écrasés par le poids de plus en plus pesant des difficultés quotidiennes et crier au grand jour sa révolte et son exaspération au risque de se faire abattre comme des rats par une armée à la solde d`un individu, les manifestants d`hier ont choisi la dernière option. Ils auraient pu en mourir, l`un d`eux n`a-t-il pas reçu une balle ? Mais ils ont décidé de prendre leur destin en main, de se soulever contre la vie chère. Pour de millions d`ivoiriens qui sont restés dans le confort de leurs salons douillets quoique partageant les mêmes problèmes, ces manifestants de Yopougon et de Cocody étaient tout sauf des gens normaux, c`était des candidats volontaires au suicide. Et la police, notre police nationale ne leur a pas donné tort. Car les manifestants ont été gazés, chicotés, tabassés sans ménagement par une police qui n`admet que l`on puisse protester contre l`autorité dans un régime démocratique. Des manifestants ont même essuyé des tirs à balle réelle, l`un d`eux a été mortellement atteint à Yopougon par ces policiers qui, apparemment, ne subissent pas les effets de cette flambée des prix. Un avertissement à Gbagbo
Ce qui vient de se passer hier à Yopougon et à Cocody n`est rien d`autre que l`expression d`un malaise grandissant, d`une tragédie sociale que vit le peuple ivoirien. Gbagbo qui fait le "show" à Yopougon, qui sable le champagne à la Rue princesse, qui distribue un (1) million de francs CFA à chaque night club, et cette même population qui descend dans la rue 72 heures après pour crier son ras-le-bol, sa révolte face à une flambée générale des prix sur le marché. Mais surtout l`inaction du gouvernement qui fait la sourde oreille. Aujourd`hui en Côte d`Ivoire, ce sont les commerçants qui font la loi, les prix des produits de grande consommation comme la viande, le riz, le sucre, le lait, le poisson ont pris l`ascenseur. Et ils ne cessent de grimper vers les sommets. Le prix du gaz, de l`essence, de l`électricité, tout augmente chaque matin. Les ivoiriens s`en plaignent, murmurent, dénoncent mais gentiment dans leurs salons. On a même le sentiment qu`au sein de l`actuel gouvernement, le fauteuil du ministre du commerce est vacant. Le hasard a voulu que ce soit Yopougon qui se rebelle juste après que Gbagbo y soit allé pour, dit-on, tester sa popularité.

Akwaba Saint-Clair
Manifestation populaire contre la cherté de la vie/ Cocody paralysée par les consommateurs, hier : La police gaze et tire à balles réelles sur les manifestants
Gbagbo, on a faim. Gbagbo, on a faim. Gbagbo, on a faim". C`est le cri du Coeur des consommateurs de Cocody. En majorité des femmes, elles ont occupé, hier, toute la rue principale de Cocody (côté Saint Jean), pour manifester contre la cherté de la vie. Tout a commencé aux environs de 9 heures. Les femmes, en petit nombre dès le départ, ont érigé des barricades à deux coins stratégiques. L`un était au rond point de l`Eglise Saint Jean et l`autre au carrefour du 4ème arrondissement. Elles avaient sur elles des assiettes, des paniers et des sachets. Mais aussi des messages écrits sur des bouts de cartons qui exprimaient leur désarroi." Nous sommes sorties ce matin parce que trop c`est trop. On en a marre. C`est une autre forme de guerre qu`on déclare à la Côte d`Ivoire. On est fatigué". Une dame beaucoup plus en colère met le pied dans le plat "
On ne peut rien payer, le riz denikacha qui était à 200 francs est passé à 400 francs. On ne peut plus manger, on a faim. On est venu nous plaindre aux autorités, à Soro à Gbagbo ". Mais une autre, encore plus déterminée, a prévenu " S`ils ne font rien, on va continuer de manifester jusqu`à ce qu`ils trouvent une solution. On n`a pas de président pour s`occuper de nos problèmes, nous allons prendre nos responsabilités, on est fatigué". Entre-temps, du côté du rond point du 4ème arrondissement, la tension est plus électrique. Les manifestantes qui ont eu le soutien des jeunes de Cocody étaient très amères contre Gbagbo. Ils l`ont même interpellé en ces termes " On a faim et tu danses à la rue princesse à Yopougon avec un blanc pour lui montrer que tout va bien ici. Gbagbo, on t`attend on a faim. On ne mange pas". Toutes ces femmes et ces jeunes vont être, vers 10 heures, envahis par les policiers du 4ème, la CRS1 et le maire de Cocody, Gomont Jean Baptiste. Tous ont négocié pour obtenir la levée des barrages. Mais en vain. Les manifestants ont exigé bien au contraire qu`une solution soit trouvée à cette augmentation des prix qu`ils jugent inacceptable. C`est donc face à leur témérité que l`ordre a été donné à la police et à la gendarmerie de les disperser. Mais les manifestants devant les gaz lacrymogènes n`ont pas capitulé aussi facilement. Ils ont résisté avant de promettre protester à nouveau aujourd`hui si Gbagbo ne réagit pas devant ces augmentations de prix des denrées de première consommation. Affaire à suivre.

DJE km
Professeur Alassane Salif N`Diaye : “La Rue Princesse, notre Panthéon… honteux”
Le Nouveau Réveil - N°1884 - mercredi 2 avril 2008
Dans un pays normal, fier de son image dans le monde, lorsqu'on reçoit un hôte de marque, on le fait passer devant la vitrine aux mille facettes de chez soi. Et Dieu seul sait combien jalouse est la Côte d'Ivoire de son image. Il est donc arrivé, le camarade socialiste. C'est un hôte de haut rang. En pareille occasion, on se devait de :
llui faire découvrir l'Université qui est l'icône de l'Ecole ;
llui montrer les plantations jalousement entretenues par nos laborieux planteurs ;
llui permettre de s'entretenir avec le monde du travail chez nous ;
lfaire une virée dans une ville de province, pour qu'il apprécie nos infrastructures, notamment routières, qui ne se confinent pas que dans la capitale ;
ll'immerger dans la culture de chez nous par un bref passage à la Maison de la Culture et connaître de la créativité de nos artistes ;
lle conduire au marché, n'importe lequel, pour qu'il ait, ne serait-ce qu'une petite idée, du coût de la vie ;
llui montrer l'hôpital qui refuse, avec son personnel dévoué et heureux dans son travail, personnel sans problèmes donc, d'être un mouroir ;
llui faire traverser une partie du pays, en allant par exemple et par la route de la capitale économique à la capitale politique, afin qu'il soit convaincu de ce que le pays a d'énormes potentialités qui l'ouvrent à des perspectives heureuses pour son développement ;
lle conduire devant nos honorables têtes couronnées pour montrer que nous avons su, ici, allier tradition et modernisme ;
llui ouvrir l'Hémicycle pour qu'il se rende compte que les Elus du Peuple planchent consciencieusement sur le sort du Peuple ;
llui montrer une école pour handicapés - l'Ecole des Aveugles de Yopougon par exemple, pas trop loin d'une célèbre et fameuse rue - afin qu'il se rende compte des efforts faits par l'Etat pour cette catégorie de citoyens ;
llui montrer la décharge d'Akouédo, après celles nombreuses des trottoirs de la ville d'Abidjan, pour le sensibiliser sur nos problèmes d'insalubrité et de pollution ;
llui montrer les traces des déchets toxiques dans la chair de pauvres victimes ;
lfaire en sorte qu'il serre la main du Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie qui lui aurait certainement fourni des arguments objectifs pour la nécessité du retour des investisseurs chez nous. Notre hôte est Français. Un petit tour au Collège Mermoz ainsi qu'au Centre Culturel français aurait pu l'édifier sur la grande estime, le grand amour qu'a notre pays pour le sien.
L'hôte est de surcroît Socialiste. Il a dû avoir le temps d'apprécier notre Journal télévisé, à sa plus grande heure d'écoute, à 20 heures et comprendre que notre Chef est tellement populaire, que le Peuple des téléspectateurs souhaiterait que pendant trente minutes, on affiche son portrait pour nous remplir d'extase, tant on l'aime. Quelques minutes consacrées à la Première Dame, à la galaxie patriotique et aux Elus du camp présidentiel qui " développent ", feraient une bonne " chute " du Journal. Comme notre hôte n'a pas eu le temps de suivre l'actualité de chez nous à la télévision, on lui a fabriqué une édition spéciale avec …bien sûr, le grand chef. Nous avons donc eu droit à la " galerie des portraits ". Au cours de son séjour chez l'ami socialiste, il a dû avoir des échos du " gazage " par les Forces de l'Ordre et de la Sécurité (FDS), de pauvres et très pauvres femmes à Cocody, femmes qui simplement, voulaient dire qu'elles ont faim et que la vie devenait de plus en plus chère et donc insupportable. Bref. Ce que le visiteur, notre très honorable hôte socialiste retient, c'est que la vie en Côte d'Ivoire est devenue vivable, et que l'intoxication dont il a été victime lui-même par la Presse, lui et ces amis bien aimés de France…oui de France, est désormais oubliée et qu'elle sera désormais inopérante. La France…socialiste…tournera la page. Et la Côte d'Ivoire aimera comme par le passé, la France, que le grand Chef aime puisque aimé lui-même par son Peuple. La rue Princesse a montré sa popularité. Que veut le Peuple ?
Voici comment un homme politique d'envergure, pour quelques instants passés à la Rue Princesse, dresse un constat, parle, se convainc que la Côte d'Ivoire est guérie de ses contradictions. Prendre la mesure du drame ivoirien à… la " Rue Princesse " !
lLa Rue Princesse de toutes les dépravations ;
lLa Rue Princesse des bas-fonds de la société ;
lLa Rue Princesse du proxénétisme, de la drogue et de l'alcool ;
lLa Rue Princesse de la criminalité gratuite ;
lLa Rue Princesse de l'amoralité et de l'immoralité ;
lLa Rue Princesse des fantasmes, des délires et des folies ;
lLa Rue Princesse de la grande prostitution.
La Rue Princesse devient, par la volonté du grand Chef, notre Panthéon ; la facette la plus significative du miroir de la Côte d'Ivoire. Elle l'est, en effet. Et c'est cela désormais, la Côte d'Ivoire des beuveries, du luxe et de la luxure ; Côte d'Ivoire de la déchéance humaine.
Il est donc allé, notre hôte, au Panthéon, à la Rue Princesse, sur invite de son ami socialiste. Il a vu la horde des éthyliques l'ovationner et dire que la Côte d'Ivoire, bien que vacillante, est debout. Il faut en effet tenir…quelque chose…la barre pour ne pas tomber.
Là-bas, il a gagné lui aussi en popularité, parce que tout simplement son guide est " vraiment populaire ". Comme lui est un " bon Français ", qui foule le sol de Yopougon à 23 heures…protégé par des tanks et sous haute surveillance, une sortie de détente se peut faire !
Triste et honteux que tout cela…de la part du Chef !... Mépris même pour le Peuple !
Non ! L'excuse serait trop facile de dire : autre temps, autres mœurs !
La Côte d'Ivoire découvre donc son image, dans un miroir embué d'effluves éthyliques, affolée par des postérieurs féminins respectables, frétillants et généreux.
Non, ce n'est pas ça la Côte d'Ivoire, et il faut changer tout ça.  
Protestation contre la cherté de la vie - Le soulèvement populaire a commencé
Cherté de la vie : Ils ont encore tué, hier : Ils ont encore tué, hier
Manifestations contre la cherté de la vie : Le jeune Séa Abel froidement abattu par la police
Le Nouveau Réveil - N°1884 - mercredi 2 avril 2008 - La scène était horrible hier à Port Bouet Gonzagueville, insoutenable, pour tout dire. Le jeune Séa Abel, en décidant de se joindre à ses camarades pour décrier la cherté de la vie, ne s`était point imaginé qu`il prenait ainsi rendez-vous avec la mort. Il n`avait pas en tête qu`il croiserait le fer avec les tueurs aux manteaux républicains dissimulés au sein de différents corps d`armée de la Côte d`Ivoire. Entre 11h et 11h30mn, l`horloge de sa vie s`est arrêtée net. Il a reçu dans la mâchoire une balle qui lui a arraché la vie sur le champ. Impuissants devant ce spectacle odieux, les camarades de Séa Abel ont mis son corps dans une charrette, (connu communément sous le nom de pousse-pousse) pour d`abord le conduire au commissariat de police de Port-Bouët où les policiers les ont refoulés, puis à la mairie. Leur objectif était de faire découvrir aux autorités ivoiriennes l`œuvre accomplie par les détenteurs des armes que la République a décidé de s`offrir pour assurer la sécurité des citoyens. Selon les témoignages recueillis sur les lieux, c`est très tôt le matin que les populations de la localité, assaillies par la cherté de la vie, ont décidé d`emboîter le pas à Cocody et à Yopougon qui ont donné le top départ des manifestations, le lundi dernier. De façon pacifique, les manifestants ont occupé la principale artère menant à Grand Bassam pour crier leur ras-le-bol face à la hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité. Au nombre des manifestants qui, selon toujours les témoignages, avaient les mains nues et ne posaient aucun acte répréhensible, se trouvait le jeune Séa Abel. Tout va normalement se passer jusqu`à l`arrivée des policiers de la CRS qui, une fois sur les lieux, vont intimer l`ordre aux manifestants de dégager les voies. C`est dans l`atmosphère de débandade qui s`en est suivie suite à la charge des hommes en armes, qu`un policier va faire usage de son arme pour abattre froidement le jeune Séa Abel d`une balle dans la mâchoire. Créditant le compte des refondateurs au niveau des morts.
Paul Koffi
 
vendredi 4 janvier 2008 - Par Nuit & Jour
Les consommateurs sont résolus à prendre la rue. Pis, ils menacent d`assiéger le Palais présidentiel aujourd`hui, 1er mai, fête du Travail, pour protester devant la Nation toute entière et le chef de l`Etat contre l`augmentation abusive et anarchique des prix des produits de première nécessité. Mais depuis hier déjà, les populations des communes de Yopougon, Cocody et Abobo sont sorties massivement donner un aperçut des jours à venir, en manifestant bruyamment leur ras-le-bol, à travers une marche pacifique. Malheureusement, celle de Yopougon Gesco a mal tourné. Les forces de l`ordre, précisément la BAE (la Brigade Anti Emeute), a ouvert le feu sur les manifestants, faisant quatre (4) blessés par balle dont une femme (l`épouse d`un adjudant de police) dans un état critique. A Cocody, les manifestants ont eu plus de chance en recevant seulement du gaz lacrymogène dans les yeux. Quant aux populations d`Abobo qui voulaient gagner Adjamé pour atteindre le Palais présidentiel, ils ont été freinés à leur tour dans leur élan. Mais en tout état de cause, le commentaire qui se dégage face à ces tentatives soulèvements, c`est que les populations abidjanaises exaspérées, ont décidé de prendre leur destin en main, afin d`amener les pouvoirs publics à sortir de l`indifférence et du laisser-aller qu`ils affichent depuis toujours face à la flambée des prix des produits de grande consommation.
"Les gouttes d`eau successives finissent par percer le rochet". Ce dicton cadre parfaitement avec l`état d`esprit des populations abidjanaises qui ont fini par perdre patience face à la flambée des prix sur les marchés. Cette situation intenable pour une population dont les salaires sont statiques pendant que tout augmente sur les marchés, a fini par avoir raison même des plus tenaces. Il est clair qu`à cette allure, on court vers le soulèvement populaire, seul retour pour un peuple désemparé de se faire entendre. Là-dessus, Gbagbo sait plus que tout autre personne que rien ne résiste à la colère du peuple. Pas même les chars et autres arsenales de guerre. Alors, si Gbagbo pense que pour contenter le peuple, il faut aller se pavaner à la Rue Princesse à grand renfort de publicité, il se trompe largement. On ne peut certainement rien lui enseigner là-dessus, mais il est bon de rappeler qu`un peuple affamé est pire qu`une bête féroce. Un peuple qui se meurt sous le poids de la pauvreté, se soulève généralement. Les manifestations d`hier, si l`on n`y prend garde, sont les prémices d`un soulèvement populaire et le président Gbagbo n`a pas intérêt à tergiverser avec le peuple. Car comme le dit l`adage : "un homme qui a faim n`est pas un homme libre", et un homme qui n`est pas n`est pas libre est un danger.

(par Eric Groguhé)
 
Le Premier ministre Guillaume Soro dans “Jeune Afrique” : “Accuser mon gouvernement d`avoir échoué, c`est signer l`échec de tout le pays”

Le Nouveau Réveil - N°1873 - mardi 18 mars 2008

Dans une interview accordée à l'hebdomaire “Jeune Afrique”, le Premier ministre de Côte d'Ivoire Guillaume Soro parle des élections, ambitions, polémiques au sein des Forces nouvelles, ses relations avec Laurent Gbagbo. Une interview diffusée par l'hebdomadaire JA d'hier lundi.

Savez-vous ce qu'il s'est passé le 29 juin 2007, quand vous avez échappé à une tentative d'assassinat sur l'aéroport de Bouaké?
Oui, j'ai quelques pistes, mais je ne dirai rien tant que l'enquête est en cours. Ce 29 juin a été un moment terrible pour moi. Deux roquettes ont percé le cockpit de l'avion et atteint mortellement quatre de mes collaborateurs. Sous mes yeux. J'ai pensé me retirer du processus de paix. Le chef de l'État, Laurent Gbagbo, ainsi que plusieurs de ses homologues m'ont appelé pour m'en dissuader et m'exprimer leur soutien. J'ai donc maintenu mon programme de travail à Bouaké et procédé à l'installation des magistrats chargés de conduire les audiences foraines.

L'identité des assassins vous empêche-t-elle de parler? Êtes-vous forcé de vous taire?
Personne ne peut m'astreindre au silence. D'ailleurs, j'ai clairement exposé mes soupçons aux experts des Nations unies. J'attends la mise en place de la commission d'enquête internationale pour pouvoir donner de plus amples informations, malgré le refus de l'ONU d'y prendre part. Pour le reste, posez la question au Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. Je suis d'autant plus vexé qu'une commission a été diligemment créée au Liban, au lendemain de l'assassinat de l'ex-Premier ministre, Rafic Hariri. L'ONU estime peut-être que la Côte d'Ivoire est un trop petit pays pour qu'on consacre du temps et de l'argent à protéger la vie de son Premier ministre.

Ceux qui en voulaient à votre vie courent toujours. Avez-vous peur?
La peur n'a pas de sens pour quelqu'un qui dirige un mouvement armé. Chaque jour que je passe en vie est un jour de gagner. Je ne crois pas à un danger émanant des Forces nouvelles (FN). Notre organisation a une particularité: elle ne lutte pas pour le pouvoir, mais pour affirmer une identité. La recherche du pouvoir divise. Alors qu'au sein des FN, nous sommes unis par notre désir commun de faire respecter nos droits sur la terre de nos ancêtres.

Voilà qui tranche avec les règlements de comptes au sein des FN, qui vous valent de nombreuses condamnations des organisations de défense des droits de l'Homme, comme Human Rights Watch ou le Haut Commissariat de l'ONU...
Je regrette la façon sommaire dont ces organismes travaillent. La rébellion ivoirienne n'a jamais coupé de bras, ni violé, ni creusé des charniers. Il est facile pour ceux qui sont les premiers à tirer sur nous de se plaindre de notre riposte. Le 29 juin, si nous avions arrêté cinq minutes avant leur forfait ceux qui ont tiré sur l'avion, les mêmes organismes auraient parlé d'arrestations arbitraires. Aucune de ces organisations n'a cherché à m'entendre. Leurs procédures permettent peut-être de condamner quelqu'un sans écouter sa version des faits.

Les exactions sont intimement liées au sergent-chef Ibrahim Coulibaly (dit IB), qui conteste votre légitimité et estime que vous l'avez dépossédé d'une rébellion qu'il a conçue...
Soit le sergent-chef IB n'est pas suffisamment intelligent pour garder son bébé, soit il ne l'a pas conçu seul. Une question mérite d'être posée. Pourquoi tous les combattants de Bouaké, d'Odienné, de Korhogo ou de Bouna se reconnaissent-ils plus dans le civil que je suis que dans le militaire qu'il est?
Le 19 septembre 2002 (jour de l'attaque des rebelles contre le pouvoir de Laurent Gbagbo, NDLR), j'étais à Abidjan. J'ai pris des risques pour rejoindre Bouaké, mener les hommes, affronter avec eux les balles et les privations... IB était introuvable. Voilà peut-être la source de ma légitimité. Il est prétentieux pour un simple sergent-chef, à la formation basique, de revendiquer avoir créé une rébellion.

Votre autorité sur les FN est-elle si claire? Des affrontements entre votre camp et celui d'IB, notamment en 2004, ont fait de nombreuses victimes. Vos détracteurs vous accusent d'avoir organisé des purges...

Qu'est-ce qu'on appelle des purges dans un contexte de guerre? Devais-je me laisser tuer? Savez-vous que j'ai été l'objet de six tentatives d'assassinat? Sam Bockarie (chef de guerre Sierra-Iéonais, leader du RUF, décédé en 2003, NDLR) a tenté de me tuer au début de 2003 entre Danané et Man. Les 20 et 21 juin 2004, mon cortège a été violemment pris pour cible entre Ouangolo et Korhogo…
" L'ONU estime peut-être que notre pays est trop petit pour qu'on y consacre de l'argent. "
Des rapports d'organismes spécialisés, à l'instar de Global Witness, accusent les FN d'avoir organisé le pillage des matières premières et d'avoir créé des filières clandestines de trafic de ces ressources dans la sous-région. Que répondez-vous?
Le diamant de Séguéla a toujours été exploité par la population et par des trafiquants. Bien avant la crise. J'ai dit aux forces impartiales - et je le répète - que je suis prêt à faire surveiller cette mine si elles me le demandent. En ce qui concerne le coton, je reconnais qu'au lendemain du 19 septembre 2002 des brebis galeuses ont profité de notre combat pour se livrer à des actes de pillage. Mais ces personnes ont été neutralisées rapidement. A la demande des producteurs, j'ai pris les mesures pour empêcher les égreneurs de sortir le coton en dehors du territoire ivoirien. Résultat: de 70 % en 2002, le taux d'évasion illégal avait chuté à 2 % un an plus tard. Je suis le protecteur de la filière coton et non son fossoyeur.

Comment expliquez-vous l'enrichissement rapide de certains dirigeants des FN ? Vous êtes-vous personnellement enrichi? Détenez-vous, comme certains le prétendent, des propriétés dans des pays voisins?
Je ne détiens qu'une seule propriété, à Ferkessédougou, dans mon village natal. Je suis en train d'y faire construire une résidence, grâce à mes émoluments de ministre d'État (de 2003 à 2007, NDLR) et de Premier ministre.

Mais à Ouagadougou, vous êtes aussi chez vous?
Oui, j'y suis chez moi. Mais je n'y possède rien. Quand je m'y rends, c'est le président Blaise Compaoré qui prend les dispositions pour que je sois logé.

Comment ont évolué vos rapports avec Laurent Gbagbo et ses proches?
Ils se sont notoirement améliorés. Nous nous respectons. J'ai rencontré la première dame, Simone Gbagbo, à deux reprises, pour aplanir quelques différends. Je crois que nous nous sommes compris. L'ancien leader des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé, mon vieux compagnon de la Fesci, avait envoyé des émissaires avant même que je sois nommé Premier ministre pour rétablir le dialogue entre nous.

Avez-vous, comme le prétendent certains de vos adversaires, conclu un deal avec Gbagbo, au terme duquel vous devez l'aider à gagner afin qu'il vous cède le fauteuil présidentiel dans cinq ans?
Je ne m'attarderai pas sur ces ragots. J'ai été nommé Premier ministre dans le cadre d'un partage du pouvoir entre deux forces belligérantes. Reconnaissez-moi un minimum de bon sens pour ne pas me brûler les ailes avec des calculs sur une transition aussi précaire qu'aléatoire.
On vous appelle aujourd'hui le " fils " de Gbagbo, revenu dans la maison du père après s'être rendu dans celle d'Alassane Dramane Ouattara. Je ne suis pas un fils bâtard pour me promener de père en père. Je n'ai pas honte de reconnaître que j'ai partagé les convictions et le combat de Gbagbo au début des années 1990. Nous avons subi les mêmes brimades du pouvoir d'Houphouët-Boigny et de Bédié. En 1997, Gbagbo et moi avons rompu. Et nous ne nous sommes revus que le 23 janvier 2003 à Paris, dans le bureau du ministre français des Affaires étrangères.

Si Gbagbo vous avait donné votre part après son arrivée au pouvoir, en octobre 2000, y aurait-il eu une rébellion?
Qui vous a dit qu'il ne m'a pas proposé ma part? J'ai refusé de renoncer à mes convictions après son élection. Je ne pouvais décemment pas aller à la soupe dans une Côte d'Ivoire qui s'enfonçait dans la dérive xénophobe, l'exclusion ethnique et la violence politique.

Disputez-vous à Alassane Dramane Ouattara le leadership du Nord?
Mes rapports avec Alassane Ouattara sont bons. Il fait partie de ceux qui m'ont encouragé à entamer un dialogue direct avec Gbagbo. Pourquoi voulez-vous que nous soyons rivaux? Je ne suis pas militant de son parti et, pour l'instant, ne suis candidat à rien. Qu'est-ce qui peut bien nous opposer? Et puis, pourquoi nous confiner tous les deux au Nord?

Qu'en est-il d'Henri Konan Bédié, avec qui les rapports étaient, par le passé, conflictuels?
Les contextes et les hommes évoluent. Bédié a pu se réconcilier avec Ouattara, alors qu'ils étaient des ennemis jurés. A fortiori, il peut se réconcilier avec moi.

Voici un an que vous avez été nommé Premier ministre. L'opposition, ainsi que l'aile dure du camp présidentiel qui ne vous est pas favorable, estiment que vous ne pouvez revendiquer qu'un maigre bilan...
Le gouvernement que je dirige a une particularité: il est composé de représentants des six plus grandes forces politiques du pays. Prétendre que cette équipe a échoué revient à dire que l'ensemble de la classe politique ivoirienne a échoué. Ce n'est heureusement pas le cas. Les audiences foraines ont eu lieu sur l'ensemble du territoire. À ce jour, 380000 personnes sont dotées de leur jugement supplétif. Un opérateur technique, Sagem Sécurité, a été désigné. Il doit procéder à l'identification et à l'inscription de la population sur les listes électorales. Les élections sont plus que jamais une perspective crédible en Côte d'Ivoire. D'autre part, les deux forces ex-belligérantes ont défilé ensemble sur l'ensemble du territoire, le 7 août, à l'occasion de la fête nationale. Le chef de l'État a effectué sa première visite au Nord. Ce qui était inimaginable il y a quelques mois est devenu banal depuis le démantèlement, le 16 avril, de la " zone de confiance " qui divisait le pays en deux. Les signes de la normalisation se multiplient. N'êtes-vous pas déçu par le faible nombre de jugements supplétifs délivrés par les audiences foraines?
Ce sont ceux qui ont fait les estimations au départ qui doivent les revoir à la baisse. Ces audiences foraines exceptionnelles, qui durent depuis trois mois, auront, à leur terme, délivré environ 500000 jugements supplétifs. Un demi million de citoyens vont sortir de l'anonymat administratif. La classe politique doit maintenant trancher le dilemme suivant.

Faut-il, au risque de retarder les élections, prolonger les audiences foraines pour toucher davantage de monde? Où doit-on s'arrêter là, laissant le soin au futur président élu d'ouvrir de nouvelles audiences foraines exceptionnelles pour régulariser les citoyens qui seront restés sans papiers?
Sagem Sécurité est confronté à des contraintes financières, techniques et politiques pour procéder à l'identification.

On sait que l'entreprise est incapable de mener l'opération dans le délai imparti pour organiser les élections... Allez-vous accorder des crédits nécessaires?
Nous sommes en négociation avez des responsables de l'entreprise pour régler les problèmes financiers. Les bailleurs de fonds hésitent à nous accompagner. Mais c'est une question de dignité nationale et de souveraineté. Je peux vous assurer que la Côte d'Ivoire financera l'identification de sa population et l'organisation des élections. Quant aux contraintes politiques, Sagem n'est pas venu en Côte d'Ivoire pour faire de la politique. Nous l'avons choisi parce qu'il est à la hauteur du défi technique. Il ne reste plus qu'à mettre en place l'instrument.

Pensez-vous qu'il faut reporter les élections?
S'il y a quelqu'un qui veut que les élections se tiennent au plus vite, c'est bien moi. L'accord de Ouagadougou m'interdisant d'être candidat, j'ai hâte d'être au lendemain du scrutin pour pouvoir enfin exprimer mes ambitions pour mon pays. Si le futur président élu souhaite associer les Forces nouvelles à la gestion du pays, nous aviserons. Sinon, nous aurons tout un champ politique à investir. Je suis souvent mal à l'aise dans les habits de Premier ministre dans un contexte pareil. Vivement les élections qui vont clore un cycle politique et ouvrir la voie à de nouvelles générations! Les proches du chef de l'État exigent le désarmement avant les élections. Et vous accusent de retarder sciemment la démobilisation de vos troupes...
Depuis le 22 décembre, nos éléments qui étaient au front à Tiébissou et ceux des Fanci à Yamoussoukro ont été regroupés dans des casernes à Bouaké. Le processus DDR (Désarmement-démobilisation-réinsertion, NDLR) est donc en marche. Mais le véritable désarmement, c'est celui des esprits. Le chef de l'État a effectué une tournée dans le Nord sans qu'il y ait eu un seul coup de feu. Au Kenya, il n'y avait pas d'armes, mais il y a eu 1500 morts... Ceux qui soupçonnent les FN de mauvaise foi dans la mise en œuvre du DDR ignorent que l'État, qui a mobilisé tous ses moyens pour payer 118 milliards de F CFA d'arriérés à la Banque mondiale, éprouve les pires difficultés pour payer à chaque combattant démobilisé les 90000 F CFA promis. Ça ne nous empêche pas de continuer le regroupement des FAFN (Forces armées des Forces nouvelles).

Qu'en est-il de la conservation des grades que les rebelles ont acquis au sein des FAFN et qu'ils entendent garder dans l'armée nationale?
Laurent Gbagbo et moi avons décidé de différer le traitement de cette question difficile pour avancer sur les autres chapitres moins compliqués de l'accord de paix. Le facilitateur, Blaise Compaoré, réfléchit de son côté et va nous soumettre ses propositions.

Que pensez-vous de Compaoré?
C'est un patriote africain, qui a une véritable vision de l'avenir. Il abrite chez lui les opposants brimés dans leur pays. Sur la route de l'exil, en 1982, Laurent Gbagbo est passé par le Burkina avant de regagner la France. À force de fréquenter le président Compaoré, j'éprouve une réelle affection pour lui. Je partage beaucoup de ses points de vue. Vous êtes également très proche du président gabonais, Omar Bongo Ondimba. Comment est-ce possible?
Il faut approcher Omar Bongo Ondimba pour saisir toute sa dimension. Il pouvait être proche de Félix Houphouët-Boigny, mais recevoir et aider Gbagbo. Il n'a rien à voir avec la caricature que les journaux occidentaux font de lui. Depuis que je l'ai rencontré pour la première fois à Kléber, en janvier 2003, il s'est pris d'affection pour moi et me traite comme son propre fils. Je me réjouis de cette relation, qui a beaucoup compté dans le succès diplomatique des FN. Il est vrai que nous avons eu cette chance d'avoir suscité la sympathie de certains chefs d'État africains.
Omar Bongo Ondimba, Abdoulaye Wade, Blaise Compaoré, en effet. Mais tous ceux-là ont en commun d'avoir été, à un moment ou à un autre, en froid avec Gbagbo...
Je rends justice à Wade, qui a été le premier chef d'État à m'avoir appelé après le début de la rébellion. Il m'a d'abord incité à ranger les armes et à dialoguer. Il m'a reçu à Dakar avec ma délégation, alors que nous étions en route pour la table ronde de Marcoussis. C'est peut-être ce geste qui a braqué contre lui Laurent Gbagbo.

Avez-vous parlé au président français, Nicolas Sarkozy, depuis son élection en mai 2007?
Non. J'ai rencontré ses ministres de la Défense, Hervé Morin, et des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, ainsi que le conseiller de l'Élysée pour l'Afrique, Bruno Joubert.

Vous sentez-vous mieux compris aujourd'hui à Paris qu'au temps de Jacques Chirac?
Je ne suis pas en quête de reconnaissance. En tant que Premier ministre, je traite d'État à État avec la France. Et œuvre pour que nos rapports soient plus adultes.

Les FN vont-elles se muer en parti politique?
D'un mouvement armé, les FN sont en train de se muer en une force responsable, crédible et apte à gérer les affaires de l'État. Pour l'heure, nous n'avons pas encore abordé la question de leur avenir. Il faut attendre le lendemain de l'élection présidentielle pour en parler. Allez-vous engager des discussions avec l'un des candidats? Et le soutenir pour l'élection présidentielle?
Je suis leader des FN, Premier ministre et arbitre du processus électoral. Dans un souci de neutralité, mon mouvement ne soutiendra aucun candidat. Ses membres, pris individuellement, en revanche, feront ce qu'ils veulent.
In Jeune Afrique n°2462 du 16 au 22 mars 2008