August 25, 2008

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Nous ne connaîtrons pas le découragement. Mais l'Afrique doit enseigner au monde ce que Dieu a demandé vainement aux hommes jusqu'ici; la paix aux hommes de bonne volonté, l'amour entre hommes, la tolérance. Félix Houphouët-Boigny
 
   
Mouvements à répétition dans les zones Cno : LES FAFN CRIENT AU COMPLOT
Frat Matin - 26 Aug 2008 - La hiérarchie militaire des Forces armées des Forces nouvelles s'est prononcée sur les troubles organisés, la semaine dernière, par les ex-combattants démobilisés. Le vendredi 22 août 2008 s'est tenu un Conseil militaire extraordinaire consacré à l'analyse de la crise des démobilisés actuels de Bouaké. Ce Conseil militaire présidé par le général Bakayoko, chef d'état-major des Fafn, a enregistré la participation du général Gueu Michel, chef de cabinet militaire du Premier ministre, des cinq (05) grands Commande-ments et des Commandants de Zones des dix (10) Régions militaires respectives. 
A l'entame de la réunion, le chef d'état-major a informé le Conseil, des troubles survenus à Bouaké les lundi 18 et jeudi 21 août 2008, suite à la descente dans la rue de certains démobilisés qui réclament le paiement de cinq millions (5.000.000) de francs à chacun. Tout en s'étonnant d'une telle revendication pour le moins injustifiée, le chef d'état-major a
fait noter au Conseil, que le versement de cinq millions (5.000.000) de francs à vingt six mille (26.000) démobilisés représenterait la somme de cent trente milliards (130.000.000.000) de francs, dont l'Etat de Côte d'Ivoire dans la conjoncture actuelle, ne pourrait disposer. Le chef d'état-major a rappelé l'apport non moins important du Service civique et du Pnrrc, outre les civilités que sont les mille (1.000) micro-projets de l'Onuci et le programme de réinsertion de la Banque mondiale.
Le chef d'état-major a également rappelé l'idéal de notre engagement au prix de notre vie qui est avant tout l'obtention de la carte nationale d'identité, la réaffirmation de la dignité des citoyens ivoiriens, leur droit à vivre sur le territoire ivoirien, des élections démocratiques, libres, transparentes, ouvertes à tous et la sécurité pour tous. Les combattants dignes de ce nom, ont jusque-là mené cette lutte pour donner à la Côte d'Ivoire la chance d'être une nation forte. Il n'a jamais été question pour ces dignes combattants des Forces armées des Forces nouvelles, de mettre au devant de leurs préoccupations, la question pécuniaire et matérielle.

Le chef d'état-major a aussi porté à la connaissance du Conseil, qu'après des investigations minutieuses, il est établi qu'une subversion couve sous les troubles à répétition dont l'objectif est la prise de contrôle des villes de Bouaké, Man, Touba, et à terme toute la zone sous contrôle des Forces nouvelles. Le Conseil militaire, après avoir pris acte de tous ces éléments, a considéré que la revendication de cinq millions (5.000.000) de francs dans le contexte actuel de sortie de crise par l'organisation d'élection démocratique libre et ouverte, est inexpliquée et inacceptable. Sur la question de la subversion, et de la tentative de déstabilisation, le Conseil a marqué son accord pour permettre au chef d'état-major de présenter aux Forces impartiales, aux Nations unies et à Monsieur le Facilitateur, les éléments de preuve. Après délibération, le Conseil a décidé la prise de dispositions particulières aux fins de garantir la sécurité et la libre circulation des biens et des personnes.

C'est pourquoi, le Conseil a décidé l'interdiction de toute manifestation non autorisée jusqu'à nouvel ordre.

Au regard des difficultés rencontrées, au cours des regroupements de Bouaké et de Kani, le Conseil a recommandé qu'une évaluation soit faite pour identifier tous les problèmes, trouver des solutions idoines, afin de les évacuer et ramener la tranquillité. Le conseil a invité l'ensemble des démobilisés, à plus de discipline, de dialogue, de discernement, d'éveil et de compréhension pour le règlement des problèmes. Le Conseil lance un appel aux démobilisés afin de demeurer vigilants face à la manipulation de quelques éléments subversifs.

Enfin, le chef d'état-major a tenu à saluer Monsieur le Premier ministre Guillaume Soro qui, au cours d'une de ses interventions sur les médias, le jeudi 21 août 2008, a affirmé que l'enrôlement des électeurs démarrerait sous peu et que aussi bien les cartes d'électeur, que les cartes nationales d'identité seront distribuées simultanément. Le chef d'état-major, pour clore la réunion, a marqué le soutien sans faille des Forces armées des Forces nouvelles à l'Accord politique de Ouagadougou et au Premier ministre Guillaume Soro, Secrétaire général des Forces nouvelles.

Fait à Bouaké le 23 Août 2008


Le Conseil militaire

A l'écoute : Meeting de soutien à Soro

Après les récents troubles survenus à Bouaké et organisés par les ex-combattants démobilisés réclamant des primes de 5 millions chacun, la société civile promet d'organiser un meeting de soutien au Premier ministre. La manifestation aura lieu mercredi, au rond-point central du marché de la ville, comme l'indique le communiqué diffusé dans les médias à Bouaké. Le chef du gouvernement, Guillaume Soro, est annoncé à cette cérémonie.

Cette situation sécuritaire préoccupe d'ailleurs le directoire du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). «Le Rhdp face à de tels événements exprime son inquiétude et ses préoccupations», indique un communiqué en date du 24 août et signé de l'ex-ministre Amadou Soumahoro.

Tout en félicitant le Premier ministre, le directoire exhorte la communauté internationale à soutenir le gouvernement en vue de la mise en œuvre diligente des programmes de sortie de crise, notamment la réinsertion des ex-combattants.

P. N. Zobo

Paul Agodio en lutte contre la corruption : “N'importe qui fait n'importe quoi n'importe où...”
Frat matin - 19 Aug 2008 -
Paul Agodio, président de l'Ong “Côte d'Ivoire-contre la corruption”, stigmatise l'absence de contrôle dans les systèmes de gestion.

Vous dites qu'en Côte d'Ivoire peut naître une méthode de gouvernance ou de gestion capable de vaincre le mal développement. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus?

C'est par rapport à l'administration que nous le disons. La façon dont les choses sont faites en Côte d'Ivoire ne cadre pas avec la personnalité actuelle de l'Ivoirien. L'Ivoirien a besoin d'être contrôlé, d'être mis dans un cadre duquel il ne doit pas sortir dans la gestion de la chose publique. Aux Etats-Unis est né l'audit pour lutter contre la gabegie, la corruption, les détournements de fonds, etc. Cela a favorisé la rigueur, la transparence. Là-bas, tout est rigoureux. Si vous avez affaire à l'administration américaine pour des décaissements de fonds, vous comprendrez que ce n'est pas facile. Nous pouvons faire la même chose ici en Afrique en mettant en oeuvre des mécanismes qui contraignent tous les Ivoiriens à respecter la chose publique. Ces mécanismes existent, nous les avons, mais il faut pouvoir les mettre en œuvre maintenant, principalement dans l'exécution du budget de l'Etat...

Par exemple?

Il faut les développer dans l'exécution du budget de l'Etat qui est la locomotive de toute l'administration. Ces méthodes contraindront tout le monde à suivre le mouvement. Chaque année, il y a un budget qui est voté par l'Assemblée nationale. Or dans la vie de tous les jours, personne ne sent vraiment que quelque chose a changé. Il aurait fallu que chaque année, à la fin de l'exécution du budget, chacun dise, ou à tout le moins un grand nombre dise, voici ce que j'ai pu avoir, voici le bénéfice que j'ai pu tirer de l'exécution du budget de l'Etat au cours de cette année.

Depuis le mois de juin, on assiste à des arrestations pour «détournement», sans oublier la lutte contre le racket des Forces de défense et de sécurité. Comment appréciez-vous toutes ces actions engagées par le gouvernement?

La question que vous posez est très importante. Vous savez que pendant un an, nous avons rasé les murs. Et puis le 10 avril, nous avons accordé une interview à la télévision dans le cadre d'une émission. 15 jours plus tard, elle a été rediffusée. La semaine qui a suivi, l'interview a servi de support publicitaire à cette même émission. A la fin de ce spot publicitaire, le Premier ministre a donné une interview-bilan au cours de laquelle, il a pris la résolution de lutter contre la corruption. Deux ou trois jours après, il y a eu un conseil des ministres au sortir duquel le porte-parole du gouvernement a rapporté les instructions que le Président de la République avait données. A savoir qu'un prochain conseil des ministres serait consacré à la lutte contre la corruption et la fraude. Une semaine plus tard, le Président de la République a été invité par les femmes du Rifemad. Et, à l'hôtel ivoire, il a mis les pieds dans le plat. Une semaine après, il était à Tiassalé où il a fait la déclaration que voici : « Ma priorité désormais, c'est de pourchasser les corrompus et les corrupteurs ». Et c'est dans cette mouvance que tout le reste a suivi. Il y a eu des arrestations et tout ce qu'on sait aujourd'hui. Pour l'instant, on ne sait pas ce qui est reproché à ceux qui sont en prison, en garde à vue. Le moment venu, quand les experts auront fini de faire leur travail, ils nous situeront et on saura s'il s'agit de détournement ou de corruption. Dans tous les cas, la lutte contre la corruption semble bien lancée.

Si l'on devait engager une telle opération et la réussir, quelles sont, selon vous, les bonnes stratégies qu'on pourrait adopter?

De façon générale, il faut d'abord mener des enquêtes. Dans le cas précis de la filière café-cacao, il semble qu'il y a eu un premier audit. Puis un 2ème. Peut-être que le premier n'a pas donné les résultats escomptés, mais dans tous les cas, il faut d'abord une expertise. C'est à partir de là qu'on peut déterminer ce qu'il y a lieu de faire. Dans notre Ong, nous mettons en œuvre un projet qui comprend 4 stratégies. La stratégie de la connaissance du phénomène, celle de la sensibilisation, celle de la résistance et enfin, celle du combat par les réformes.

Pour vous qui vous intéressez à ces trois maux que sont la corruption, le racket et la fraude, lequel semble le plus grave?

Tout est question de degré. Sinon il s'agit de la même chose. Le racket se résume à des broutilles. La corruption peut porter sur des montants élevés. La fraude également. C'est donc une question de degré. La vérité est que cela est illégal. En Côte d'Ivoire, il existe une loi qui a été votée en 1977. Le Président Félix Houphouet-Boigny en était l'auteur et Jean Konan Banny, le rapporteur. Cette loi porte répression de la corruption. Notre pays a aussi signé plusieurs conventions. Il y en a trois au total. La convention des Nations unies, la convention de la Cedeao et celle de l'Ua. Ce qui est heureusement étonnant, c'est que la loi de Côte d'Ivoire est antérieure à toutes ces conventions. Elle a plus de 30 ans maintenant. Or les autres conventions datent des années 2000. On peut être fier de savoir que nous, en Côte d'Ivoire, avons été les précurseurs. Pour accélérer la lutte contre la corruption, il faudrait modifier la loi de 1977 dans ses dispositions qui sanctionnent la corruption active. C'est-à-dire suspendre les sanctions pour un temps contre les corrupteurs. Ainsi ces derniers, qui sont pour certains corrupteurs à leur corps défendant, pourraient dénoncer ceux qui leur exigent de l'argent. On pourrait rendre cette modification rétroactive pour permettre à ceux qui ont été grugés de récupérer leur argent.

Selon vous, qu'est-ce qui a fait que la lutte ou les mesures pour combattre la corruption n'ont pas prospéré alors que la loi date de 1977?

Vous savez, pour combattre la corruption, il faut connaître l'environnement dans lequel on vit. La corruption part de l'administration et se répand dans toute la société. Or l'administration que nous avons, nous a été laissée par le colonisateur. Elle a un principe, c'est la liberté; le contrôle n'est donc pas très contraignant. Il a pour objectif d'en ajouter à l'efficacité de l'autocontrôle. Nous avons nos habitudes. Ce qui fait que si l'on ne nous contrôle pas de façon systématique et qu'on relâche la vigilance, il y a des dérives. C'est surtout cette administration qui fait qu'il est difficile, je crois, de combattre la corruption. Il faut que nous nous trouvions dans un cadre où on exerce un contrôle. Or le cadre n'ayant pas été défini, la lutte contre la corruption est difficile. C'est pour cela, je crois, que cela n'a pas marché. C'est vrai qu'il y a des pesanteurs politiques aussi. Nous avions un Président de la République qui était comme un bon père de famille et qui préférait plutôt le dialogue à l'application de la loi. La loi a été votée pour faire de la dissuasion, mais elle n'a pas connue d'application effective me semble-t-il.

Quand on suit votre analyse de la corruption et de son ancrage dans la société ivoirienne, on se rend compte que vous accusez l'ordre ancien.

C'est vrai que j'accuse l'ordre ancien. Mais l'ordre ancien, qu'est-ce que c'est? C'est l'administration coloniale. Nous n'avions pas ce type d'administration avant. Il y a eu la colonisation et l'administration coloniale a été installée avec la philosophie du colon. Avec sa culture. Or, comme je le disais, il n'y a pas de balise véritable dans cette culture. On contrôle, mais il s'agit plus de l'autocontrôle. Chez nous, il faut absolument qu'on mette des balises. S'il n'y en a pas, c'est la dérive. Ce qui est frappant, remarquez que dans la filière café-cacao, tous les dirigeants des structures sont en prison. C'est vrai qu'ils ont été inculpés, mais il n'a pas encore été prouvé qu'ils sont coupables. Néanmoins, le fait d'être en prison signifie qu'il y a des indices graves. Moi je ne suis pas en prison. Vous non plus. Ça veut dire qu'ils y sont pour une raison précise. Mais c'est choquant. Cela veut dire que si moi j'avais été dans ces structures, je serai allé en prison. Si vous y étiez, vous auriez subi le même sort. Ce ne sont pas les hommes qui sont donc en cause mais le système.

Qu'est-ce à dire? Que les mécanismes de contrôle et de suivi des structures qu'ils avaient à gérer n'ont pas été mis en place?

C'est effectivement ce que cela veut dire. Cela veut surtout dire qu'il n'y a pas de mécanisme de contrôle dans la société dans laquelle nous sommes. Cette société a produit des individus qui doivent être contrôlés. S'ils ne le sont pas, c'est la dérive. Or l'administration dont je parle avait les mêmes valeurs que l'Afrique ancienne. Dans nos villages, c'était la même chose. On pouvait déposer un régime de banane là, et personne ne venait le prendre. Si ce régime est à vendre et que la personne qui le vend est absente, on pouvait le prendre et dès son retour on lui disait qu'on avait pris ses bananes et on les lui payait. Or aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Ce qui se passe dans les villes africaines est en train de s'étendre à nos villages. Cette société, je l'appelle une société sui generis, en ce sens qu'elle n'est ni africaine ni occidentale. C'est une société des villes africaines créées par des besoins, des envies multiples insatisfaits. C'est une société de prédateurs qui veulent s'enrichir très rapidement. C'est cette société qui entraîne toutes les difficultés dans lesquelles nous sommes. Elle bloque le développement et paralyse tout ce qui se fait dans l'intérêt général.

N'est-ce pas parce que les mécanismes de lutte ne sont pas activés?

C'est vrai qu'ils ne sont pas activés, mais je crois qu'ils ne sont pas suffisamment contraignants. Il faut pouvoir rendre compte et souvent, on ne le fait pas. En 2001, je disais à l'occasion d'une interview à Fraternité Matin (03 septembre précisément) qu'il faut faire en sorte que les fonds de la décentralisation n'alimentent pas la gabegie. Aujourd'hui, il n'y a eu aucun audit dans les conseils généraux. Qu'on aille en faire et on verra. Je suis persuadé qu'on sera surpris. Lorsqu'on met une institution en place, selon la philosophie de l'administration dans laquelle nous sommes, on laisse les gens faire. Et un jour, on procède à la vérification. Mais malheureusement, le mal est déjà fait. Or ce qu'il aurait fallu faire, c'est que de façon périodique, il y ait des vérifications et des contrôles. Et surtout des contraintes qui paralysent toute velléité de fraude.

Il faut pour cela une volonté politique très forte...

La volonté politique, je pense qu'elle est là, mais le problème c'est comment faire pour que cette société puisse être remplacée par une autre.

Dans votre stratégie comment cette lutte va être menée pour que les Ivoiriens la ressentent?

Dans notre projet, nous avons des stratégies. Dans la 2ème stratégie appelée stratégie de sensibilisation, nous nous sommes dits qu'il fallait créer une chaîne de solidarité. Pour que la lutte contre la corruption puisse s'étandre jusque dans les hameaux les plus reculés de la Côte d'Ivoire. Dans cette chaîne de solidarité, nous avons des comités de base de 15 à 30 personnes. Dix comités de base forment une section. Plus de trois sections à Abidjan forment une coordination. A l'intérieur du pays, dans les chefs- lieux de département, il y a une coordination. L'objectif est de faire en sorte que chaque Ivoirien entende un jour au moins parler de la lutte contre la corruption. Parce que chaque Ivoirien a été, un jour au moins, victime de la corruption. C'est un travail de fourmi qui commence à porter ses fruits aujourd'hui. Notre lutte se fera en deux temps. Le premier moment est la mobilisation générale à l'issue de laquelle nous avons pour objectif de faire un grand meeting pour toucher la conscience nationale. Au niveau international, nous entendons envoyer un signal fort en direction de ceux qui savent que la Côte d'Ivoire, en matière de corruption, est classée 150ème rang sur 179 pays en 2007. Ce, pour dire que notre pays a décidé de lutter contre la corruption.

Quel sera le message pour les individus eux-mêmes?

A l'intérieur de la Côte d'Ivoire elle-même, informer à tout le monde que nous sommes nombreux à dire non à la corruption. Et qu'il faut que cela s'arrête. Dire que la corruption qui se fait aujourd'hui sur la place publique et pour laquelle plus personne n'a peur est une faute. Elle est illégale et les contrevenants peuvent être poursuivis puisqu'il existe une loi à ce sujet. La première action, c'est de pouvoir mobiliser tout le monde à l'occasion d'un meeting au cours duquel nous espérons avoir 300.000 ou 400.000 personnes. Si nous ne sommes pas nombreux. Cela voudra dire que les Ivoiriens ne sont pas prêts pour engager la lutte contre la corruption. Une fois que ce meeting aura été tenu, il pourra libérer les technocrates. Nous avons des commissions par secteur d'activité. Une commission santé qui est présidée par un médecin ; une commission juridique et judiciaire présidée par un magistrat de la Cour d'appel; une commission réforme administrative présidée par un ancien ministre. Nous avons plusieurs commissions qui ne pourront entrer en jeu que lorsque…

Une commission éducation aussi nous l'espérons parce que la fraude aux examens est devenue monnaie courante?

En effet, nous avons une commission éducation qui est présidée par un professeur d'université. Il y a aussi les commissions économie et finances, agriculture, etc. Nous avons plusieurs commissions et nous pensons pouvoir en créer d'autres. Cela va nous permettre de lutter avec méthode.

L'un des maux en Côte d'Ivoire est la non application du droit, la justice étant aussi gangrenée par la corruption…

Le milieu est effectivement gangrené par la corruption, mais les juges ne sont pas tous corrompus. Il n'y en a que quelques-uns qui le sont.

Ça ne peut pas être que quelques-uns à partir du moment où le phénomène est devenu récurrent.

Je dis quelques-uns parce que les magistrats sont nombreux. Il y en a qui sont avec nous. Je vous ai cité ce magistrat qui est président de notre commission juridique et judiciaire. C'est une magistrate qui est notre première vice-présidente. Toujours est-il qu'il faut qu'on applique la loi parce que si on ne le fait pas, on ne saura véritablement pas à quel saint se vouer. La loi, c'est le code de conduite dans la société. Voici ce que nous comptons faire quand les technocrates entreront en lice dans la lutte. Si un juge rend une décision qui ne dit pas le droit et que la victime nous saisit, nous lui écrirons pour le lui signifier en disant, ou bien vous l'avez fait sciemment ou bien vous vous êtes trompé. S'il recommence, nous écrirons au Président de la République, Président du conseil supérieur de la magistrature avec copie à l'intéressé. En y joignant la lettre qui lui avait été adressée. Nous demanderons au Président de le suspendre pour complément de formation et nous publierons les deux correspondances dans notre bulletin d'informations. Au troisième forfait, nous demanderons par écrit au Président de le révoquer. Nous publierons ce courrier et la chaîne de solidarité du lieu de l'instance judiciaire se manifestera avec des mégaphones devant le palais de justice.

Sous le Président Thomas Sankara, il avait été institué au Burkina Faso un cadre d'évaluation semestrielle et publique. Pensez-vous qu'une telle expérience permettant aux gestionnaires de l'administration de faire le bilan de l'exécution de leur mission serait opportune ici?

C'est vrai qu'il y a eu cela sous Sankara, mais ce que nous aurions souhaité ici, c'est qu'il y ait un deadline d'exécution budgétaire et un contrôle qui se fasse à plusieurs niveaux. Le premier serait technique. Il consisterait pour chaque ministre à faire un rapport d'exécution budgétaire, tous les quatre mois, en conseil des ministres. Que ce rapport soit consolidé et devienne un rapport définitif du conseil des ministres. Il devrait y avoir en annexe la balance des soldes du trésor de la période. Que ce rapport consolidé soit acheminé à l'Assemblée nationale. Où, après débat sans vote pour les quatre premiers mois, on pourra alors commencer le contrôle financier. Il sera effectué par des auditeurs aguerris qui diront comment les financements ont été utilisés, comment le travail a été fait. Après ce contrôle financier, il y aura un contrôle populaire. C'est-à-dire que le résumé de l'exécution de ce budget sera publié dans un journal officiel où celui qui le veut, pourra avoir les détails. Ainsi nous aurons le contrôle technique en conseil des ministres, le contrôle politique à l'Assemblée nationale, le contrôle financier par les auditeurs et le contrôle populaire. Et viendra enfin le contrôle juridictionnel au cas où les autres contrôles auraient révélé une anomalie. La Chambre des comptes pourra alors être saisie. A ce rapport d'exécution budgétaire de fin d'année produit par le gouvernement doit être adjoint la balance des soldes du trésor. C'est-à-dire que tous les décaissements qui ont été faits au cours de l'année pour l'exécution du budget et retracés dans la balance devront être connus. Si bien que les auditeurs pourront faire l'audit pour voir de façon technique, au niveau financier mais aussi opérationnel, à quoi les fonds ont servi. A partir de là, l'adoption de la loi de règlement dont ce rapport sera l'annexe ne se fera pas comme une lettre à la poste. A côté de cela, il faudra un contrôle individuel qui partirait du principe que l'administration serait informatisée. Au niveau des finances publiques, nous avons ce qu'on appelle aujourd'hui le Sigfip,  un logiciel de gestion des finances publiques pour le décaissement des fonds. Nous avons aussi un autre logiciel appelé Aster  qu'on utilise pour la comptabilisation. On pourrait en avoir un troisième pour savoir en temps réel, quel est le niveau d'exécution du budget de l'Etat. Et par rapport à cela, voici comment les choses pourraient se faire.

Plus concrètement, comment pourrait-on apprécier cela?

Chaque ministre ayant son budget dans son ordinateur, pourra suivre, au fur et à mesure, son exécution par ses services. Il saurait à quel niveau on se trouve dans leur exécution. Le Premier ministre aurait tous les budgets des ministres de son gouvernement dans son ordinateur et pourrait suivre leur exécution. Le Président de la République, lui, aurait tous les budgets y compris celui de la Présidence, et pourrait suivre, au fur et à mesure de leur exécution, le niveau auquel on se trouve.

Quels sont les indicateurs qui permettent de classer la Côte d'Ivoire dans la 150e place?

En 2007, la Côte d'Ivoire est classée 150ème sur 179; en 2006, elle était 151ème sur 163, en 2005, elle était 152ème sur 159; en 2004, elle était 118ème sur 133. Les classements sont faits par l'ONG Transparency international. Elle se base principalement sur les contrats passés entre l'administration et les opérateurs privés, les appels d'offres, le mode d'attribution des marchés, etc. C'est à partir de cela que Transparency international détermine le niveau de corruption dans chaque pays. D'ailleurs nous espérons qu'elle viendra nous instruire puisque nous avons une journée de vulgarisation de la lutte contre la corruption dans le monde de l'économie en projet avec la Chambre de commerce et d'industrie, la Chambre d'agriculture, la Chambre des métiers.

Est-ce que le poids de la dette qui se situe annuellement entre 400 et 500 milliards n'explique pas aussi le fait que les populations ne ressentent pas véritablement l'impact, positivement parlant, de l'exécution du budget?

Je suis d'accord que la dette est très élevée. Mais il y a quand même un budget qu'on exécute. On nous rend compte de ce que l'Etat paie pour le service de la dette. Si on nous rendait aussi compte de ce que l'Etat fait des fonds qui ne sont pas affectés au service de la dette, ce serait déjà bien. Parce que mon souci, c'est de faire en sorte que la corruption soit jugulée, que les envies et les besoins qui existent et qui conduisent à des dérapages puissent être maîtrisés.

Selon vous, l'absence de contrôle est-il l'unique problème dans la gestion aujourd'hui?

Il y en a d'autres. La procédure par exemple. Quand j'étais directeur de cabinet au ministère de l'Economie et des Finances, juste après que le Président de la République actuel a été élu, j'ai demandé à mes collaborateurs de me produire leur description des tâches. Certains n'en n'étaient pas capables. J'ai demandé à ce que chacun me dise ce qu'il fait du lundi au mardi, de 08 heures à 18 heures. La première semaine, je n'ai pas eu de réponse. J'ai tenu une autre réunion. C'est à partir de la troisième réunion qu'une ou deux personnes ont pu me produire la description de leurs tâches. Presque tous les membres du cabinet sont venus me dire qu'ils n'avaient rien à faire alors qu'ils sont là depuis deux ou trois ans. Pourquoi? Parce qu'il n'y a pas de procédure. Il n'y a pas de description des tâches.
C'est-à-dire?

Personne ne sait ce qu'il a à faire. C'est le problème réel de l'administration ivoirienne. On se rend compte que les blocages dans l'exécution du budget de l'Etat, l'inefficacité de l'administration sont le fait de la mauvaise organisation. Il y a des ministères où on est en sous effectif et d'autres, où le personnel est pléthorique. Il y a aussi des cas où des gens occupent des postes pour lesquels ils ne sont pas formés. Si bien que le travail ne peut être fait parce que cela ne relève pas de leur compétence. Quelques fois, on envoie en mission de formation des gens qui ne savent rien du ce travail en question. Ils y vont juste pour avoir des perdiems. Et quand ils reviennent, le travail continue d'être mal fait. Il y a aussi la corruption pure et dure. Des fournisseurs qui finissent leur travail, le livrent et ne sont pas payés. Parce qu'ils ne veulent pas payer les 10%, par exemple, réclamés. Il faut que dans la description des tâches, on fasse en sorte que les exécutants ne soient pas maîtres des délais d'exécution. S'il est prévu dans la procédure qu'après 07 jours, le fournisseur doit être payé, et qu'il ne l'est pas, il faut qu'il se plaigne. Cela peut contraindre les gens à l'efficacité et à éviter la corruption.

Comment y arriver?

Il faut contraindre les gens à travailler. Et, cette expertise, nous l'avons en Côte d'Ivoire. Pour que la lutte contre la corruption puisse être efficace, premièrement, il faut une réforme de l'administration, une réorganisation du pays. Et dans la réorganisation du pays, il y a le respect des normes. Dans notre pays, on fait n'importe quoi, n'importe où, n'importe quand et n'importe comment.

Interview réalisée par Josette Barry et
Gooré Bi Hué

L`ex-rébellion limoge un de ses chefs pour "indiscipline"
dimanche 18 mai 2008 - Par AFP - L'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôle toujours la moitié de la Côte d'Ivoire, a limogé dimanche l'un de ses chefs de guerre, le commandant Koné Zacharia, pour sa "grande indiscipline" et pour avoir perpétré un "sabotage", ont annoncé les FN.
La décision a été prise lors d'un "conseil militaire extraordinaire" qui s'est tenu dimanche après-midi à l'état-major des Forces armées des FN (FAFN) à Séguéla (centre-nord du pays), zone contrôlée par Koné Zacharia, ont expliqué les FN dans un communiqué transmis à la presse à l'issue de la réunion.
Le conseil militaire avait été réuni pour examiner "la gestion du commandement de la zone de Séguéla, en rapport avec la grande indiscipline et le sabotage perpétrés par l'ex-commandant de la zone, M. Zacharia Koné".
"Ces graves manquements à la discipline militaire et aux idéaux des Forces Nouvelles ont nécessité la prise de décision pour ramener la sérénité et l'ordre au sein de la troupe et dans la population", ajoute le communiqué qui ne précise pas les actes commis par l'ancien chef de guerre.
"Le conseil militaire a décidé de relever de ses fonctions le commandant Koné Zacharia de sa fonction de commandant de la zone 5 qui est Séguéla", poursuit le communiqué précisant qu'il devait "se mettre à la disposition de l'état-major des FAFN à Bouaké". Le chef d'état-major adjoint des FAFN, le commandant Ouattara Issiaka, dit Wattao, a été par ailleurs nommé "commandant par intérim de la zone 5 de Séguéla ... jusqu'à nouvel ordre", selon le communiqué.
"Cette décision disciplinaire ne remet nullement en cause l'engagement des FN dans le processus de paix issu de l'accord politique de Ouagadougou", signé en mars 2007 entre la rébellion et le président Laurent Gbagbo, ajoute le texte. Le limogeage du commandant Zacharia Koné intervient au lendemain d'une cérémonie de regroupement des combattants FN de la zone de Séguéla, en présence du chef des FN, Guillaume Soro, devenu Premier ministre après l'accord de Ouagadougou. L'absence à cette cérémonie du commandant Zacharia Koné avait fortement surpris l'assistance, d'autant plus que les FN n'avaient fait aucun commentaire sur le moment.
 
3e réunion du CPC, hier, à Yamoussoukro : Voici le communiqué final
Le Nouveau Réveil - samedi 10 mai 2008 - A l'invitation de Son Excellence M. Blaise Compaoré, président du Faso, président en exercice de la CEDEAO et Facilitateur du dialogue direct inter ivoirien, la troisième réunion du Cadre Permanent de Concertation (CPC) de l'accord politique de Ouagadougou, s'est tenue à Yamoussoukro le 9 mai 2008.
Ont participé à cette rencontre, outre le Facilitateur, tous les membres du CPC à savoir :
Son Excellence M Laurent Gbagbo, Président de la République de Côte d'Ivoire, M. Guillaume Soro, Premier ministre, M Henri Konan Bédié, Président du PDCI-RDA, M Alassane Dramane Ouattara, Président du RDR.
Les membres du CPC ont procédé à l'évaluation de la mise en œuvre de l'accord politique de Ouagadougou et de ses accords complémentaires. Et ont longuement échangé sur la préparation des élections.
A la lumière des informations fournies par le Premier ministre
sur la mise en œuvre des accords de Ouagadougou, les membres du CPC se sont réjouis des avancées significatives enregistrées concernant les audiences foraines, le processus électoral, le redéploiement de l'administration sur l'ensemble du territoire national et le regroupement des ex-combattants. Ils félicitent le Président de la République, le Premier ministre et l'ensemble du gouvernement ivoirien pour leur disponibilité constante et leur engagement pour le retour à une paix durable en Côte d'Ivoire.
Ils ont également félicité les forces politiques ivoiriennes, la société civile et l'ensemble du peuple ivoirien pour leur contribution au processus de sortie de crise.
Le CPC a souligné le démarrage rapide de l'opération de reconstitution des registres de l'état civil perdu ou détruit, qui devra se dérouler dans le respect des dates et délais prévus prenant en compte les échéances électorales.
Il a invité le gouvernement à étudier le cas échéant, la possibilité d'organiser des audiences foraines de rattrapage là où le besoin se fait sentir sans incidence sur la date de l'élection présidentielle.
Le CPC a recommandé le démantèlement immédiat des milices, la poursuite du regroupement des ex combattants et le démarrage sans délai du service civique en vue d'accélérer toutes ces opérations. Il a invité le Premier ministre à réunir les différents intervenants à cet effet.
Les membres du CPC ont entendu un exposé de M Beugré Robert Mambé, président de la CEI qui a fait le point de la préparation du processus électoral. Ils ont donné acte à la CEI des actions réalisées tout en l'encourageant à persévérer dans les efforts en vue de l'organisation d'élections libres, justes et transparentes.
Ils se sont félicités de la fixation au 30 novembre 2008 par le gouvernement, de la date du premier tour de l'élection présidentielle. Et ont souligné la nécessité pour toutes les forces politiques ivoiriennes d'œuvrer désormais à la réussite du processus électoral.
Les membres du CPC ont salué l'adoption du code de bonne conduite et invité les partis politiques à son respect scrupuleux tout en exhortant tous les acteurs concernés à s'investir pleinement pour l'organisation des élections dans un climat serein.
Le CPC a rappelé la nécessité d'assurer l'accès équitable des partis politiques et des candidats en compétition aux medias d'Etat non seulement durant la campagne électorale mais également durant la période pré-électorale.
Il a invité les média, en particulier la presse écrite à créer un environnement médiatique propice à l'organisation d'élections apaisées.
Il a demandé avec insistance au Premier ministre de rencontrer tous les responsables des différents organes de presse écrite et audiovisuelle en vue de les exhorter à l'adoption d'un ton apaisé.
Le CPC a relevé des difficultés dans le financement du processus électoral et exhorté le Premier ministre, le CCI et les Forces impartiales à élaborer un plan global de sécurisation dudit processus. Avant de lever sa séance, le CPC a fixé sa prochaine rencontre dans le courant du mois de juillet 2008.

Fait à Yamoussoukro, le 09 mai 2008
Après la nomination d'Allou Eugène: Les diplomates de carrière en colère
L'Inter - mercredi 7 mai 2008 par H. OULAI - Une grande première dans l'histoire de la diplomatie ivoirienne. Les jeunes diplomates ivoiriens ont manifesté hier au ministère des Affaires étrangères. En dépit du devoir de réserve qui caractérise leur corps, ces diplomates de carrière ont occupé pendant quelques instants le grand portail du Bloc Ministériel au Plateau, dans la matinée du mardi 6 mai 2008. Le Sit-in qu'ils tenaient en ce lieu avait pour but de dénoncer les nominations à titre exceptionnel dans le corps des diplomates en Côte d'Ivoire. Ils demandent que leur nouveau statut qui a été adopté soit appliqué de la façon suivante : dans la nomination des ambassadeurs, ils souhaitent que le président de la République diminue son quota, afin que le maximum de places soit fait aux diplomates de carrière. Faut-il le rappeler, un nouveau statut particulier des diplomates a été adopté en décembre dernier et promulgué. Fort de ce nouveau statut particulier, ils conçoivent désormais la rotation des ambassadeurs comme une aubaine pour les jeunes diplomates de carrière pour se faire une place au soleil.Selon des sources proches du ministère
des Affaires étrangères, SEM Youssouf Bakayoko a échangé plus d'une fois avec ces « grévistes » sur leur principale revendication. Le chef de la diplomatie ivoirienne aurait confié à ses jeunes collaborateurs qu'au regard de la Constitution, le président de la République est le chef suprême de la Diplomatie ivoirienne. Et qu'à ce titre, la loi lui donne la latitude de nommer aux hautes fonctions d'Ambassadeur, à titre exceptionnel, des personnes qu'il juge aptes à représenter la Côte d'Ivoire à l'extérieur. En le disant, le ministre a renvoyé ses interlocuteurs au nouveau statut des diplomates qui définit deux voies d'accès aux fonctions d'Ambassadeur. La première par voie de concours pour les diplomates de carrière qui reçoivent une formation à l'Ecole nationale d'administration (ENA), et la seconde qui est la nomination par le pouvoir exceptionnel que la loi confère au Chef de l'Etat, chef suprême de la Diplomatie. En clair, le ministre a indiqué aux mécontents que le Chef de l'Etat est dans ses droits en procédant aux nominations à titre exceptionnel et que, de ce fait, aucun quota ne peut lui être imposé. Ni par le ministre, ni par voie de revendication comme l'entendaient les jeunes diplomates. En définitive, il leur a conseillé la voie de la diplomatie par laquelle il a obtenu l'adoption d'un nouveau statut. Mais cette plaidoirie était loin de satisfaire les diplomates de carrière qui ont tenu hier à se faire entendre en organisant un sit-in, en l'absence du ministre des Affaires étrangères. Leur mouvement a duré entre 10 à 20 minutes, selon des témoins. La colère des jeunes diplomates de carrière fait suite aux nominations à titre exceptionnel de plusieurs personnes étrangères à leur corps, depuis l'accession au pouvoir du président Laurent Gbagbo en 2000. A titre d'exemple, on pourrait citer Djangoné-Bi, Boubakar Koné, Pierre Kipré, tous enseignants d'Université. La dernière en date est celle relative à l'affectation imminente du directeur du Protocole d'Etat, Allou Wanyou Eugène, comme Ambassadeur à l'étranger.
 
 
L`ancien président de la République chez son allié Mbeki : Ce voyage de Gbagbo en Afrique du Sud !
samedi 12 avril 2008 - Par Le Nouveau Réveil - L'ancien président de la République , aujourd'hui chef de l'Etat par arrangement et surtout par usurpation et par conséquent totalement illégal, anticonstitutionnel et illégitime s'est rendu en République Sud-Africaine le 21 mars dernier parce que tout simplement l'Afrique du Sud va bientôt présider le Conseil de Sécurité des Nations Unies et que le chef de l'Etat ivoirien avait besoin de porter sa tenue de pénitent pour se rendre à Canossa aux fins de quémander certaines faveurs auprès de son homologue (?) sud africain.
Sans doute parce que le refondateur en chef pense qu'il suffira à l'Afrique du Sud de claquer les doigts pour que toutes les murailles les plus inexpugnables s'écroulent.
Naturellement, la rengaine habituelle a été servie à Thabo M'béki :
- On fait l'impasse sur les retards intolérables accumulés dans l'application de l'accord de Ouagadougou en raison des obstacles dressés systématiquement par Soundjata 1er et son FPI, pour dire que des avancées spectaculaires (?) ont été faites depuis la signature du fameux accord de Ouagadougou et que nous sommes pratiquement au bout du tunnel. On oublie de préciser que si on voit le bout du tunnel c'est parce qu'on y entre à reculons !
- Il faut que les élections aient lieu cette année afin que les prochaines fêtes de l'indépendance nationale soient présidées par un président démocratiquement élu et non par un usurpateur impudique et impudent !
- La paix est revenue en Côte-d'Ivoire et la réunification du pays pratiquement réalisée puisque l'ancien président de la République peut se rendre au Centre, au Nord et à l'Ouest du pays avec certes par mesure de précaution des milliers de soldats dits loyalistes pour assurer sa sécurité dans ces zones sous contrôle des Forces Nouvelles.
Eternel refrain du refondateur en chef qui fait mine de croire que ses interlocuteurs ignorent tout des réalités ivoiriennes !
- Pourquoi parler alors des obstacles qu'on met systématiquement au bon déroulement des audiences foraines ?
- Pourquoi faire état de la volonté du FPI et de son " grand leader" de vouloir imposer l'INS pour les opérations de recensement et d'identification alors qu'un opérateur technique privé a été choisi par l'ensemble des parties ?
- Pourquoi faire mention de ce qu'alors que tous les partis politiques estiment que le regroupement des forces belligérantes même non désarmées mais sous le contrôle des Forces Impartiales est largement suffisant pour l'organisation des élections, monsieur Laurent Gbagbo, son camp et son clan refusent d'aller auxdites élections sans un désarmement total et unilatéral des Forces Nouvelles ?
- Pourquoi attirer l'attention sur le fait que la Sécurité en zone dite loyaliste est un leurre quoique les Nations Unies aient revu à la baisse, dans la précipitation, la phase de sécurité dans cette zone où les causes d'insécurité sont les milices tribales du chef de l'Etat et surtout les Forces de Défense et de Sécurité toujours promptes à faire usage de leurs armes sur les populations civiles désarmées.
Le récent meurtre d'un chauffeur de gbaka à Yopougon de même que les assassinats de deux adolescents qui manifestaient contre la vie chère en sont une illustration parfaite ?
- Pourquoi reconnaître son incapacité à mettre fin au racket des Forces de Défense et de Sécurité qui accentue la cherté de la vie et la paupérisation déshumanisante des populations ?
N'est-il pas permis de penser qu'on encourage délibérément ce racket qui permet aux Forces de Défense et de Sécurité de se servir et de laisser ainsi les refondateurs agir à leur guise sans être inquiétés par un quelconque mouvement d'humeur des hommes en armes ?
Pour monsieur Gbagbo et son parti, l'accord de Ouaga, comme une baguette magique, a fait disparaître tous les obstacles au retour de la paix, alors qu'ils savent pertinemment qu'il n'en est rien.
Dès lors, quoique les Nations Unies aient revu à la baisse la phase de sécurité, il est indispensable que l'Afrique du Sud, lorsqu'elle présidera le Conseil de Sécurité aille encore plus loin pour que la Côte-d'Ivoire retrouve pleinement sa place dans le concert des nations !
Il suffirait pour ce faire que le Conseil de Sécurité lève l'embargo sur les armes à destination de la Côte-d'Ivoire et surtout lève les sanctions qui frappent Charles Blé Goudé, Eugène Djué et Fofié Kouakou.
Car en réalité, la préoccupation première et quasi obsessionnelle du chef de l'Etat c'est la levée des sanctions qui frappent son homme de main, exécuteur des basses œuvres : Charles Blé Goudé.
Ne pouvant pas se rendre en Afrique du Sud pour ne parler que de Blé Goudé, l'ancien président de la République est bien obligé de parler du bout des lèvres de Fofié Kouakou et de Djué Eugène.
Si les Nations Unies pouvaient décider de la levée des sanctions frappant le seul Blé Goudé, le chef de l'Etat sabrerait le champagne comme il l'a fait à la rue princesse.
N'oublions pas que Blé Goudé "lui est proche !"
Le chef de l'Etat parle des cas de Eugène Djué et de Fofié Kouakou parce que, comme le disent les juristes, " accessorium sequitur principale", l'accessoire suit le principal.
Il est étonnant qu'on déploie tant d'énergie à demander la levée de sanctions que ceux qu'elles frappent claironnaient qu'elles ne les concernaient pas et qu'ils étaient heureux et fiers d'être dans leur pays si riche et si beau !
Quant à l'embargo sur les armes, monsieur Gbagbo en est tourmenté parce que l'idée d'une victoire militaire ne l'a jamais quitté.
Car comment comprendre qu'on déclare la sécurité insuffisante pour l'organisation des élections tant que "les rebelles" n'ont pas désarmé et que dans le même temps on trouve le pays en paix et tout à fait sûr pour réclamer à temps et à contre temps la levée des sanctions individuelles et la levée de l'embargo sur les armes ?
Monsieur Gbagbo et le FPI ne sont sans doute pas à leur première contradiction mais tout de même, " il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages !"
Sachant qu'il sera battu à plate couture dans toute élection transparente, monsieur Gbagbo a multiplié depuis six ans les manœuvres pour que ces élections n'aient jamais lieu, le coup d'Etat constitutionnel qu'il a perpétré avec la complicité de la Communauté Internationale et la passivité de l'opposition étant ce qui lui convient le mieux puisque lui permettant de se maintenir indûment au pouvoir sans coup férir.
Il clame chaque jour que Dieu fait qu'il veut aller aux élections en freinant des quatre fers pour qu'on n'y aille pas et en faisant croire que ce sont les autres qui ne veulent pas de ces élections.
S'appuyant sur sa garde prétorienne se disant Forces (nationales) de Défense et de Sécurité, sur ses milices tribales surarmées, sur ses avions et hélicoptères de combat et sur ses chars et fusils d'assaut, monsieur Gbagbo, produit ou fils des élections tronquées et calamiteuses, a pris la Côte-d'Ivoire et son peuple en otage pour leur faire endurer le pire des martyres.
Nul ne connaît l'enfer et ce qui s'y déroule. On peut tout de même parier que les souffrances qu'on vit en enfer sont du gâteau par rapport à ce que monsieur Gbagbo et le FPI font subir à la Côte-d'Ivoire.
Il parait cependant, selon les dires des oracles du FPI, qu'il y a une majorité (?) d'Ivoiriens suffisamment masochistes, idiots et imbéciles pour porter à nouveau monsieur Gbagbo au pouvoir si les élections ont lieu un jour.
C'est donc pour démontrer cela qu'il s'est rendu, en compagnie de monsieur Jack Lang, un ancien ami socialiste, à la rue princesse pour se faire acclamer par des badauds désoeuvrés.
Heureusement qu'à peine deux jours après, les populations de Yopougon et de Cocody faisaient savoir à monsieur Gbagbo qu'il est incompétent et qu'il ne mérite pas d'être à la place où il se trouve parce qu'il s'est montré incapable d'apporter la moindre solution aux problèmes dramatiques auxquels ses (?) compatriotes sont confrontés.
Nous osons donc croire que malgré sa volonté de faire plaisir à cet ami (?) qui lui a permis de mettre la main sur des pans entiers de l'économie de notre pays ; le président Thabo Mbeki aura eu les échos des réalités dramatiques de la Côte-d'Ivoire et que les propos lénifiants de monsieur Gbagbo et du FPI ne l'emmèneront pas encore une fois à s'engager dans une voie sans issue.
Si le président sud africain pense et croit qu'il est l'ami de monsieur Gbagbo, il gagnerait à lui faire prendre conscience et à lui faire admettre que la comédie a assez duré et qu'il est temps qu'il rende sa liberté à la Côte-d'Ivoire.
L'amitié ne se nourrit-elle pas de vérité ?
Après les horribles massacres des 25, 26 et 27 mars 2004 et les tueries et autres pantalonnades de novembre 2004, monsieur Gbagbo, après avoir étouffé tout mouvement de contestation et de protestation après les crimes monstrueux des dignitaires de son régime qui ont importé des déchets toxiques pour s'enrichir en tuant leurs (?) compatriotes, n'a jamais pensé que ces idiots d'Ivoiriens braveraient ses forces de répression pour revendiquer leur droit de vivre.
Les protestations contre la vie chère que nous enregistrons aujourd'hui doivent sans doute lui rappeler les propos du sage qui disait que l'homme qui a faim n'est pas un homme libre et que celui qui est écrasé par les contraintes matérielles n'a ni les moyens, ni le temps de se comporter en être pensant.
Sa police et sa gendarmerie, avec sans doute en première ligne son CeCOS-Guestapo, "gazent" les femmes désespérées et tirent sur elles à balles réelles.
Ce n'est cependant qu'un répit qu'il s'accorde car c'est déjà le chant du cygne !

DOUBE BINTY
 
Le Chef de l'État aux femmes : Abandonnez la facilité
Frat Matin - 03 Apr 2008 - La commémoration du 10ème anniversaire du Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires section Côte d'Ivoire (REFAMP-CI) a débuté hier. La cérémonie d'ouverture de l'hôtel Ivoire a été marquée par les interventions de deux Chefs d'Etat. Les Présidents Laurent Gbagbo de Côte d'Ivoire, haut parrain de ladite manifestation et Ellen Johnson Sirleaf du Liberia. «Leadership et démocratie : quel impact des femmes dans le processus démocratique ?» est le thème qui a rassemblé des milliers de femmes de toutes catégories et tendances de divers pays. Se référant justement au thème des assises, le Président Laurent Gbagbo a tenu à faire des précisions sur le rapport genre et politique. Ainsi, le Chef de l'Etat s'est démarqué des considérations de plus en plus répandues selon lesquelles des femmes devraient accéder à des postes de responsabilité parce qu'elles sont des femmes. Pour lui, seuls le mérite et la combativité sont les gages de succès en politique tout

comme dans tous les autres secteurs d'activité. «Il ne faut pas que les femmes restent dupes, elles doivent savoir que c'est d'abord leur combat qui compte. (…) Cessez de pleurer, on ne pleure pas en politique parce qu'en politique, on ne fait pas de cadeau», a-t-il averti d'emblée. Il leur a demandé de mettre à profit les dispositions prévues par la Constitution pour s'émanciper plutôt que d'attendre une quelconque aide. Parce que leur avenir dépend de trois facteurs : l'Etat dont le rôle se limite à la proclamation de l'égalité entre les citoyens, les femmes elles-mêmes et la culture. «Le temps du népotisme et de la complaisance est fini. Aujourd'hui, c'est le temps du mérite et du combat. Si tu ne te bats pas, tu n'auras rien. Lorsque le Seigneur dit : “tu seras la tête et non la queue”, il le dit pour ceux qui se battent et non pour ceux qui dorment”. En la matière, Laurent Gbagbo n'est pas allé loin pour trouver le modèle dont la gente féminine africaine a besoin, à savoir la Présidente du Liberia, élue à la suite des élections après avoir connu le chemin de la prison et l'exil. “Mme Ellen Johnson est le symbole de la lutte. Pour ceux qui pensent que c'est le temps des femmes parce que les hommes, ont échoué, ils se trompent. C'est le temps de celles qui se battent. Chères soeurs, je suis venu vous exhorter au combat, à la lutte. Rien ne s'obtient sans lutte. (…). Je vous la présente comme exemple de combat, de ténacité. Inspirez-vous de son combat”, a-t-il ajouté. La meilleure preuve que l'on peut réussir quand on est compétent, c'est la voie démocratique par l'appel à candidatures. Il constate que les femmes n'y participent généralement pas. Autre facteur à ne pas négliger, c'est l'entente au sein de la famille de sorte à avoir la liberté de participer aux réunions politiques sans que l'époux soit soupçonneux. “Ne soyez pas prisonnières de l'argent, ni de vos maris.” Par ailleurs, il a exhorté les femmes à se départir de tout complexe parce que seuls les pays du Tiers-Monde excellent à ce jour dans la promotion de la femme, ayant enregistré plus de femmes Présidentes là où les pays développés n'ont encore rien prouvé.

La Présidente du Liberia s'est réjouie d'être parmi ses sœurs et leur a transmis le soutien et les félicitations de ses compatriotes pour le chemin parcouru ensemble depuis Nairobi en 1995. “Vous faites partie du progrès des femmes”, a-t-elle dit parce que les choses se sont améliorées depuis avec un taux d'occupation de 30 à 33% des femmes à certains postes de responsabilité de nombre de pays comme le Rwanda, l'Afrique du Sud, l'Ouganda. Elle n'ignore pas cependant que du travail reste à faire. Mme Johnson Sirleaf a présenté quelques priorités auxquelles les femmes devraient songer. Entre autres, la responsabilité de promouvoir l'éducation de la jeune fille pour qu'elle devienne leader demain, le renforcement des capacités des sœurs qui exercent de petites activités, la protection des filles et des femmes contre la violence, le combat en vue d'occuper des postes politiques importants. Elle a en outre exhorté le Refamp-CI à «prendre le Président Gbagbo au mot» pour qu'il mette à exécution ses promesses de promouvoir les femmes. Elle a aussi plaidé pour plus de solidarité entre les hommes et les femmes.

La présidente du comité d'organisation, Mme Salimata Porquet, la représentante du maire de Cocody et la ministre de la Famille, de la Femme et des Affaires sociales, Jeanne Peuhmond, ont souhaité la bienvenue aux participantes et aux personnalités. La ministre a salué les dispositions prises par le gouvernement en faveur des femmes. Le Représentant résident de l'UNFPA, Philipe Delanne et la présidente du Réseau, Véronique Aka, ont défini les futurs combats des femmes.

Paulin N. Zobo

 
Gnamien Konan, depuis Paris : “On m'épargne une lettre de démission”
 lundi 4 février 2008 - Par Fraternité Matin -

Au moment où la mesure présidentielle le destituant est prise, le directeur général des Douanes, Gnamien Konan, se trouve à Paris en mission. Joint par téléphone, très tôt, hier matin, celui-ci, pas trop surpris par son limogeage, a expliqué comment il en a été informé. «J'ai été appelé d'Abidjan aux alentours de minuit par un jeune. J'ai alors téléphoné à Mme Agnès Mlanhoro, directeur général adjoint, pour en savoir davantage. Celle-ci qui n'en savait rien non plus, a alors pris attache avec le concerné (le colonel Alphonse Mangly) qui a confirmé la nouvelle». Finalement, c'est dans la matinée que l'ex-D.G a été informé officiellement par le ministère de l'économie. Ce n'est donc pas une démission comme certains le croiraient. «Ils m'ont démissionné. Ils m'épargnent une lettre de démission. (…) Je rentre à Abidjan, jeudi.», précise-t-il. Celle-ci qui n'en savait rien non plus, a alors pris attache avec le concerné (le colonel Alphonse Mangly) qui a confirmé la nouvelle». Finalement, c'est dans la matinée que l'ex-D.G a été informé officiellement par le ministère de l'économie. Ce n'est donc pas une démission comme certains le croiraient. «Ils m'ont démissionné. Ils m'épargnent une lettre de démission. (…) Je rentre à Abidjan, jeudi.», précise-t-il.

A H

Manifestations contre la cherté de la vie : Gbagbo accuse des spéculateurs et invite les opérateurs économiques à une rencontre ce soir
Le Nouveau Réveil - N°1884 - mercredi 2 avril 2008
Le chef de l`Etat Laurent Gbagbo, suite aux manifestations de colère ces deux derniers jours, a fait une brève adresse à la Nation hier. Il a invité les manifestants à quitter les rues estimant que c`était " un phénomène international " et non ivoirien. Par ailleurs, il a invité les opérateurs économiques dont certains, selon lui " se livrent à la spéculation " à une concertation ce soir au palais présidentiel. Ci-dessous, l`intégralité de son intervention.
Mes chers compatriotes,
Depuis deux jours, vous êtes dans la rue pour protester contre la hausse des prix. Je suis sensible au cri de douleur des Ivoiriens qui subissent cette hausse des prix des produits de première nécessité. Trois facteurs expliquent cette hausse. L`augmentation générale, sur tous les marchés internationaux, des prix des matières premières, dont les denrées alimentaires telles que le riz, le blé, l`huile de palme,etc. Je voudrais vous signaler qu`en ce qui concerne le pétrole par exemple, il était à 28 dollars le baril quand vous m`avez élu le 26 octobre 2000. Aujourd`hui, le prix du pétrole est à 105 dollars le baril. Je voudrais signaler pour les denrées de première nécessité, que l`Italie a fait des manifestations contre la hausse du prix de la farine et du blé. Tout près de nous, des pays comme le Sénégal, le Mali, le Burkina, partout il y a eu des manifestations. Donc ce n`est pas un phénomène ivoirien. C`est un phénomène mondial et un phénomène international. Je vous ai donc indiqué que toutes les matières premières ont vu leur coût augmenter. Pour les matières premières alimentaires, le monde n`a pas produit assez de riz et le monde n`a pas produit assez de blé les deux dernières années. Donc voici pour les situations internationales. Or, à ces produits, sont appliquées diverses taxes en Côte d`Ivoire, dont les droits de douane et des taxes intérieures telles que la TVA. Mais surtout, de nombreux opérateurs économiques, profitant de ce contexte déjà difficile, se livrent à une spéculation inacceptable. Cette situation ne peut laisser personne indifférent. Je ne peux pas ne pas réagir. C`est pourquoi, il y a quelques semaines déjà, j`ai demandé au Gouvernement de me proposer des mesures urgentes qui sont dans l`immédiat la suspension des droits de douanes sur les produits de grande consommation que sont le riz, le savon, l`huile, le lait, etc. la réduction de moitié de la TVA sur ces mêmes produits qui passe ainsi de 18 à 09%. L`application de ces mesures revient à subventionner ces produits de grande consommation à hauteur de 5.800.000.000 (cinq milliards huit cent millions de francs) sur une période de trois mois. Par ailleurs, j`ai décidé de suspendre l`application de la taxe sur le développement de la culture du riz et du droit de trafic maritime. S`agissant de la spéculation, à laquelle se livrent certains opérateurs économiques, les services compétents ont reçu instruction pour assurer l`application stricte des mesures et une surveillance rigoureuse des prix sur l`ensemble du territoire national. J`observe cependant avec vous, que les mouvements de ces derniers jours, interviennent à un moment où nous entrevoyons la sortie de crise. Nos partenaires qui ont bien compris nos appels ont accepté de nous accompagner dans la sortie de crise. C`est ainsi que ce jour même, 1er avril 2008, le Conseil d`Administration de la Banque Mondiale a mis à son ordre du jour, l`examen de l`aide à accorder à la Côte d`Ivoire. De même, dans trois jours, précisément le 04 avril 2008, le Conseil d`Administration du FMI en fera de même. Souvenez- vous, qu`il y a seulement quelques jours, le Conseil de sécurité des Nations Unies a décidé de revoir à la baisse l`indice de sécurité dans notre pays. Cette condition nécessaire à la mobilisation de l`investissement privé, créateur de richesses et d`emplois.
Mes chers compatriotes,
Je vous demande de garder le calme. Je lance cet appel au calme afin d`amener notre pays enfin à la paix. J`invite tous les opérateurs économiques et les représentants des mouvements et associations de consommateurs, au dialogue et à la concertation, dès demain mercredi 02 avril, à 17 h au palais présidentiel au Plateau. Au cours de cette réunion, nous étudierons tous les aspects, je dis bien tous les aspects de ces mouvements qui ont eu lieu.
Que Dieu vous bénisse, que Dieu bénisse la Côte d`Ivoire

Propos retranscrits par POY
 
 
Manifestation populaire contre la cherté de la vie : Cinglant désaveu du peuple au chef d`Etat fêtard
Le Nouveau Réveil - N°1883 - mardi 1 avril 2008 - Comme un adolescent ivre de bonheur et des immenses privilèges que lui procure la fonction de chef de l'Etat, Laurent Gbagbo effectuait vendredi dernier une virée nocturne à la Rue princesse de Yopougon, un lieu considéré comme le sanctuaire le plus célèbre de la débauche et de l'exaltation du vice de la capitale ivoirienne. Ironie du sort, hier lundi, les mêmes populations de Yopougon et celles de Cocody ont bruyamment manifesté contre la vie chère, pour rappeler au chef de l'Etat leur souffrance, leur misère quotidienne, lui dire surtout qu'elles n'en peuvent plus de subir la flambée générale des prix sur tous les marchés. Gbagbo et les
ivoiriens n'ont pas les mêmes problèmes, ils ne pédalent plus dans le même sens pour parler comme Charles Konan Banny. Car pendant que Gbagbo danse, le peuple pleure et meurt de faim. Il leur a fallu une bonne dose de "couragine" à ces manifestants d'hier pour oser s'aventurer dans la rue, cette rue décrétée zone rouge et interdite à toute action de protestation pacifique depuis que Gbagbo est arrivé au pouvoir. Mais avaient-ils le choix ? Entre se taire et mourir en silence parce qu'écrasés par le poids de plus en plus pesant des difficultés quotidiennes et crier au grand jour sa révolte et son exaspération au risque de se faire abattre comme des rats par une armée à la solde d'un individu, les manifestants d'hier ont choisi la dernière option. Ils auraient pu en mourir, l'un d'eux n'a-t-il pas reçu une balle ? Mais ils ont décidé de prendre leur destin en main, de se soulever contre la vie chère. Pour de millions d'ivoiriens qui sont restés dans le confort de leurs salons douillets quoique partageant les mêmes problèmes, ces manifestants de Yopougon et de Cocody étaient tout sauf des gens normaux, c'était des candidats volontaires au suicide. Et la police, notre police nationale ne leur a pas donné tort. Car les manifestants ont été gazés, chicotés, tabassés sans ménagement par une police qui n'admet que l'on puisse protester contre l'autorité dans un régime démocratique. Des manifestants ont même essuyé des tirs à balle réelle, l'un d'eux a été mortellement atteint à Yopougon par ces policiers qui, apparemment, ne subissent pas les effets de cette flambée des prix. Un avertissement à Gbagbo
Ce qui vient de se passer hier à Yopougon et à Cocody n'est rien d'autre que l'expression d'un malaise grandissant, d'une tragédie sociale que vit le peuple ivoirien. Gbagbo qui fait le "show" à Yopougon, qui sable le champagne à la Rue princesse, qui distribue un (1) million de francs CFA à chaque night club, et cette même population qui descend dans la rue 72 heures après pour crier son ras-le-bol, sa révolte face à une flambée générale des prix sur le marché. Mais surtout l'inaction du gouvernement qui fait la sourde oreille. Aujourd'hui en Côte d'Ivoire, ce sont les commerçants qui font la loi, les prix des produits de grande consommation comme la viande, le riz, le sucre, le lait, le poisson ont pris l'ascenseur. Et ils ne cessent de grimper vers les sommets. Le prix du gaz, de l'essence, de l'électricité, tout augmente chaque matin. Les ivoiriens s'en plaignent, murmurent, dénoncent mais gentiment dans leurs salons. On a même le sentiment qu'au sein de l'actuel gouvernement, le fauteuil du ministre du commerce est vacant. Le hasard a voulu que ce soit Yopougon qui se rebelle juste après que Gbagbo y soit allé pour, dit-on, tester sa popularité.
Akwaba Saint-Clair
 
 
Manifestation populaire contre la cherté de la vie : Cinglant désaveu du peuple au chef d`Etat fêtard
mardi 1 avril 2008 - Par Le Nouveau Réveil - Comme un adolescent ivre de bonheur et des immenses privilèges que lui procure la fonction de chef de l`Etat, Laurent Gbagbo effectuait vendredi dernier une virée nocturne à la Rue princesse de Yopougon, un lieu considéré comme le sanctuaire le plus célèbre de la débauche et de l`exaltation du vice de la capitale ivoirienne. Ironie du sort, hier lundi, les mêmes populations de Yopougon et celles de Cocody ont bruyamment manifesté contre la vie chère, pour rappeler au chef de l`Etat leur souffrance, leur misère quotidienne, lui dire surtout qu`elles n`en peuvent plus de subir la flambée générale des prix sur tous les marchés. Gbagbo et les ivoiriens n`ont pas les mêmes problèmes, ils ne pédalent plus dans le même sens pour parler comme Charles Konan Banny. Car pendant que Gbagbo danse, le peuple
pleure et meurt de faim. Il leur a fallu une bonne dose de "couragine" à ces manifestants d`hier pour oser s`aventurer dans la rue, cette rue décrétée zone rouge et interdite à toute action de protestation pacifique depuis que Gbagbo est arrivé au pouvoir. Mais avaient-ils le choix ? Entre se taire et mourir en silence parce qu`écrasés par le poids de plus en plus pesant des difficultés quotidiennes et crier au grand jour sa révolte et son exaspération au risque de se faire abattre comme des rats par une armée à la solde d`un individu, les manifestants d`hier ont choisi la dernière option. Ils auraient pu en mourir, l`un d`eux n`a-t-il pas reçu une balle ? Mais ils ont décidé de prendre leur destin en main, de se soulever contre la vie chère. Pour de millions d`ivoiriens qui sont restés dans le confort de leurs salons douillets quoique partageant les mêmes problèmes, ces manifestants de Yopougon et de Cocody étaient tout sauf des gens normaux, c`était des candidats volontaires au suicide. Et la police, notre police nationale ne leur a pas donné tort. Car les manifestants ont été gazés, chicotés, tabassés sans ménagement par une police qui n`admet que l`on puisse protester contre l`autorité dans un régime démocratique. Des manifestants ont même essuyé des tirs à balle réelle, l`un d`eux a été mortellement atteint à Yopougon par ces policiers qui, apparemment, ne subissent pas les effets de cette flambée des prix. Un avertissement à Gbagbo
Ce qui vient de se passer hier à Yopougon et à Cocody n`est rien d`autre que l`expression d`un malaise grandissant, d`une tragédie sociale que vit le peuple ivoirien. Gbagbo qui fait le "show" à Yopougon, qui sable le champagne à la Rue princesse, qui distribue un (1) million de francs CFA à chaque night club, et cette même population qui descend dans la rue 72 heures après pour crier son ras-le-bol, sa révolte face à une flambée générale des prix sur le marché. Mais surtout l`inaction du gouvernement qui fait la sourde oreille. Aujourd`hui en Côte d`Ivoire, ce sont les commerçants qui font la loi, les prix des produits de grande consommation comme la viande, le riz, le sucre, le lait, le poisson ont pris l`ascenseur. Et ils ne cessent de grimper vers les sommets. Le prix du gaz, de l`essence, de l`électricité, tout augmente chaque matin. Les ivoiriens s`en plaignent, murmurent, dénoncent mais gentiment dans leurs salons. On a même le sentiment qu`au sein de l`actuel gouvernement, le fauteuil du ministre du commerce est vacant. Le hasard a voulu que ce soit Yopougon qui se rebelle juste après que Gbagbo y soit allé pour, dit-on, tester sa popularité.

Akwaba Saint-Clair
Manifestation populaire contre la cherté de la vie/ Cocody paralysée par les consommateurs, hier : La police gaze et tire à balles réelles sur les manifestants
Gbagbo, on a faim. Gbagbo, on a faim. Gbagbo, on a faim". C`est le cri du Coeur des consommateurs de Cocody. En majorité des femmes, elles ont occupé, hier, toute la rue principale de Cocody (côté Saint Jean), pour manifester contre la cherté de la vie. Tout a commencé aux environs de 9 heures. Les femmes, en petit nombre dès le départ, ont érigé des barricades à deux coins stratégiques. L`un était au rond point de l`Eglise Saint Jean et l`autre au carrefour du 4ème arrondissement. Elles avaient sur elles des assiettes, des paniers et des sachets. Mais aussi des messages écrits sur des bouts de cartons qui exprimaient leur désarroi." Nous sommes sorties ce matin parce que trop c`est trop. On en a marre. C`est une autre forme de guerre qu`on déclare à la Côte d`Ivoire. On est fatigué". Une dame beaucoup plus en colère met le pied dans le plat "
On ne peut rien payer, le riz denikacha qui était à 200 francs est passé à 400 francs. On ne peut plus manger, on a faim. On est venu nous plaindre aux autorités, à Soro à Gbagbo ". Mais une autre, encore plus déterminée, a prévenu " S`ils ne font rien, on va continuer de manifester jusqu`à ce qu`ils trouvent une solution. On n`a pas de président pour s`occuper de nos problèmes, nous allons prendre nos responsabilités, on est fatigué". Entre-temps, du côté du rond point du 4ème arrondissement, la tension est plus électrique. Les manifestantes qui ont eu le soutien des jeunes de Cocody étaient très amères contre Gbagbo. Ils l`ont même interpellé en ces termes " On a faim et tu danses à la rue princesse à Yopougon avec un blanc pour lui montrer que tout va bien ici. Gbagbo, on t`attend on a faim. On ne mange pas". Toutes ces femmes et ces jeunes vont être, vers 10 heures, envahis par les policiers du 4ème, la CRS1 et le maire de Cocody, Gomont Jean Baptiste. Tous ont négocié pour obtenir la levée des barrages. Mais en vain. Les manifestants ont exigé bien au contraire qu`une solution soit trouvée à cette augmentation des prix qu`ils jugent inacceptable. C`est donc face à leur témérité que l`ordre a été donné à la police et à la gendarmerie de les disperser. Mais les manifestants devant les gaz lacrymogènes n`ont pas capitulé aussi facilement. Ils ont résisté avant de promettre protester à nouveau aujourd`hui si Gbagbo ne réagit pas devant ces augmentations de prix des denrées de première consommation. Affaire à suivre.

DJE km
Professeur Alassane Salif N`Diaye : “La Rue Princesse, notre Panthéon… honteux”
Le Nouveau Réveil - N°1884 - mercredi 2 avril 2008
Dans un pays normal, fier de son image dans le monde, lorsqu'on reçoit un hôte de marque, on le fait passer devant la vitrine aux mille facettes de chez soi. Et Dieu seul sait combien jalouse est la Côte d'Ivoire de son image. Il est donc arrivé, le camarade socialiste. C'est un hôte de haut rang. En pareille occasion, on se devait de :
llui faire découvrir l'Université qui est l'icône de l'Ecole ;
llui montrer les plantations jalousement entretenues par nos laborieux planteurs ;
llui permettre de s'entretenir avec le monde du travail chez nous ;
lfaire une virée dans une ville de province, pour qu'il apprécie nos infrastructures, notamment routières, qui ne se confinent pas que dans la capitale ;
ll'immerger dans la culture de chez nous par un bref passage à la Maison de la Culture et connaître de la créativité de nos artistes ;
lle conduire au marché, n'importe lequel, pour qu'il ait, ne serait-ce qu'une petite idée, du coût de la vie ;
llui montrer l'hôpital qui refuse, avec son personnel dévoué et heureux dans son travail, personnel sans problèmes donc, d'être un mouroir ;
llui faire traverser une partie du pays, en allant par exemple et par la route de la capitale économique à la capitale politique, afin qu'il soit convaincu de ce que le pays a d'énormes potentialités qui l'ouvrent à des perspectives heureuses pour son développement ;
lle conduire devant nos honorables têtes couronnées pour montrer que nous avons su, ici, allier tradition et modernisme ;
llui ouvrir l'Hémicycle pour qu'il se rende compte que les Elus du Peuple planchent consciencieusement sur le sort du Peuple ;
llui montrer une école pour handicapés - l'Ecole des Aveugles de Yopougon par exemple, pas trop loin d'une célèbre et fameuse rue - afin qu'il se rende compte des efforts faits par l'Etat pour cette catégorie de citoyens ;
llui montrer la décharge d'Akouédo, après celles nombreuses des trottoirs de la ville d'Abidjan, pour le sensibiliser sur nos problèmes d'insalubrité et de pollution ;
llui montrer les traces des déchets toxiques dans la chair de pauvres victimes ;
lfaire en sorte qu'il serre la main du Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie qui lui aurait certainement fourni des arguments objectifs pour la nécessité du retour des investisseurs chez nous. Notre hôte est Français. Un petit tour au Collège Mermoz ainsi qu'au Centre Culturel français aurait pu l'édifier sur la grande estime, le grand amour qu'a notre pays pour le sien.
L'hôte est de surcroît Socialiste. Il a dû avoir le temps d'apprécier notre Journal télévisé, à sa plus grande heure d'écoute, à 20 heures et comprendre que notre Chef est tellement populaire, que le Peuple des téléspectateurs souhaiterait que pendant trente minutes, on affiche son portrait pour nous remplir d'extase, tant on l'aime. Quelques minutes consacrées à la Première Dame, à la galaxie patriotique et aux Elus du camp présidentiel qui " développent ", feraient une bonne " chute " du Journal. Comme notre hôte n'a pas eu le temps de suivre l'actualité de chez nous à la télévision, on lui a fabriqué une édition spéciale avec …bien sûr, le grand chef. Nous avons donc eu droit à la " galerie des portraits ". Au cours de son séjour chez l'ami socialiste, il a dû avoir des échos du " gazage " par les Forces de l'Ordre et de la Sécurité (FDS), de pauvres et très pauvres femmes à Cocody, femmes qui simplement, voulaient dire qu'elles ont faim et que la vie devenait de plus en plus chère et donc insupportable. Bref. Ce que le visiteur, notre très honorable hôte socialiste retient, c'est que la vie en Côte d'Ivoire est devenue vivable, et que l'intoxication dont il a été victime lui-même par la Presse, lui et ces amis bien aimés de France…oui de France, est désormais oubliée et qu'elle sera désormais inopérante. La France…socialiste…tournera la page. Et la Côte d'Ivoire aimera comme par le passé, la France, que le grand Chef aime puisque aimé lui-même par son Peuple. La rue Princesse a montré sa popularité. Que veut le Peuple ?
Voici comment un homme politique d'envergure, pour quelques instants passés à la Rue Princesse, dresse un constat, parle, se convainc que la Côte d'Ivoire est guérie de ses contradictions. Prendre la mesure du drame ivoirien à… la " Rue Princesse " !
lLa Rue Princesse de toutes les dépravations ;
lLa Rue Princesse des bas-fonds de la société ;
lLa Rue Princesse du proxénétisme, de la drogue et de l'alcool ;
lLa Rue Princesse de la criminalité gratuite ;
lLa Rue Princesse de l'amoralité et de l'immoralité ;
lLa Rue Princesse des fantasmes, des délires et des folies ;
lLa Rue Princesse de la grande prostitution.
La Rue Princesse devient, par la volonté du grand Chef, notre Panthéon ; la facette la plus significative du miroir de la Côte d'Ivoire. Elle l'est, en effet. Et c'est cela désormais, la Côte d'Ivoire des beuveries, du luxe et de la luxure ; Côte d'Ivoire de la déchéance humaine.
Il est donc allé, notre hôte, au Panthéon, à la Rue Princesse, sur invite de son ami socialiste. Il a vu la horde des éthyliques l'ovationner et dire que la Côte d'Ivoire, bien que vacillante, est debout. Il faut en effet tenir…quelque chose…la barre pour ne pas tomber.
Là-bas, il a gagné lui aussi en popularité, parce que tout simplement son guide est " vraiment populaire ". Comme lui est un " bon Français ", qui foule le sol de Yopougon à 23 heures…protégé par des tanks et sous haute surveillance, une sortie de détente se peut faire !
Triste et honteux que tout cela…de la part du Chef !... Mépris même pour le Peuple !
Non ! L'excuse serait trop facile de dire : autre temps, autres mœurs !
La Côte d'Ivoire découvre donc son image, dans un miroir embué d'effluves éthyliques, affolée par des postérieurs féminins respectables, frétillants et généreux.
Non, ce n'est pas ça la Côte d'Ivoire, et il faut changer tout ça.  
Protestation contre la cherté de la vie - Le soulèvement populaire a commencé
Cherté de la vie : Ils ont encore tué, hier : Ils ont encore tué, hier
Manifestations contre la cherté de la vie : Le jeune Séa Abel froidement abattu par la police
Le Nouveau Réveil - N°1884 - mercredi 2 avril 2008 - La scène était horrible hier à Port Bouet Gonzagueville, insoutenable, pour tout dire. Le jeune Séa Abel, en décidant de se joindre à ses camarades pour décrier la cherté de la vie, ne s`était point imaginé qu`il prenait ainsi rendez-vous avec la mort. Il n`avait pas en tête qu`il croiserait le fer avec les tueurs aux manteaux républicains dissimulés au sein de différents corps d`armée de la Côte d`Ivoire. Entre 11h et 11h30mn, l`horloge de sa vie s`est arrêtée net. Il a reçu dans la mâchoire une balle qui lui a arraché la vie sur le champ. Impuissants devant ce spectacle odieux, les camarades de Séa Abel ont mis son corps dans une charrette, (connu communément sous le nom de pousse-pousse) pour d`abord le conduire au commissariat de police de Port-Bouët où les policiers les ont refoulés, puis à la mairie. Leur objectif était de faire découvrir aux autorités ivoiriennes l`œuvre accomplie par les détenteurs des armes que la République a décidé de s`offrir pour assurer la sécurité des citoyens. Selon les témoignages recueillis sur les lieux, c`est très tôt le matin que les populations de la localité, assaillies par la cherté de la vie, ont décidé d`emboîter le pas à Cocody et à Yopougon qui ont donné le top départ des manifestations, le lundi dernier. De façon pacifique, les manifestants ont occupé la principale artère menant à Grand Bassam pour crier leur ras-le-bol face à la hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité. Au nombre des manifestants qui, selon toujours les témoignages, avaient les mains nues et ne posaient aucun acte répréhensible, se trouvait le jeune Séa Abel. Tout va normalement se passer jusqu`à l`arrivée des policiers de la CRS qui, une fois sur les lieux, vont intimer l`ordre aux manifestants de dégager les voies. C`est dans l`atmosphère de débandade qui s`en est suivie suite à la charge des hommes en armes, qu`un policier va faire usage de son arme pour abattre froidement le jeune Séa Abel d`une balle dans la mâchoire. Créditant le compte des refondateurs au niveau des morts.
Paul Koffi
 
vendredi 4 janvier 2008 - Par Nuit & Jour
Les consommateurs sont résolus à prendre la rue. Pis, ils menacent d`assiéger le Palais présidentiel aujourd`hui, 1er mai, fête du Travail, pour protester devant la Nation toute entière et le chef de l`Etat contre l`augmentation abusive et anarchique des prix des produits de première nécessité. Mais depuis hier déjà, les populations des communes de Yopougon, Cocody et Abobo sont sorties massivement donner un aperçut des jours à venir, en manifestant bruyamment leur ras-le-bol, à travers une marche pacifique. Malheureusement, celle de Yopougon Gesco a mal tourné. Les forces de l`ordre, précisément la BAE (la Brigade Anti Emeute), a ouvert le feu sur les manifestants, faisant quatre (4) blessés par balle dont une femme (l`épouse d`un adjudant de police) dans un état critique. A Cocody, les manifestants ont eu plus de chance en recevant seulement du gaz lacrymogène dans les yeux. Quant aux populations d`Abobo qui voulaient gagner Adjamé pour atteindre le Palais présidentiel, ils ont été freinés à leur tour dans leur élan. Mais en tout état de cause, le commentaire qui se dégage face à ces tentatives soulèvements, c`est que les populations abidjanaises exaspérées, ont décidé de prendre leur destin en main, afin d`amener les pouvoirs publics à sortir de l`indifférence et du laisser-aller qu`ils affichent depuis toujours face à la flambée des prix des produits de grande consommation.
"Les gouttes d`eau successives finissent par percer le rochet". Ce dicton cadre parfaitement avec l`état d`esprit des populations abidjanaises qui ont fini par perdre patience face à la flambée des prix sur les marchés. Cette situation intenable pour une population dont les salaires sont statiques pendant que tout augmente sur les marchés, a fini par avoir raison même des plus tenaces. Il est clair qu`à cette allure, on court vers le soulèvement populaire, seul retour pour un peuple désemparé de se faire entendre. Là-dessus, Gbagbo sait plus que tout autre personne que rien ne résiste à la colère du peuple. Pas même les chars et autres arsenales de guerre. Alors, si Gbagbo pense que pour contenter le peuple, il faut aller se pavaner à la Rue Princesse à grand renfort de publicité, il se trompe largement. On ne peut certainement rien lui enseigner là-dessus, mais il est bon de rappeler qu`un peuple affamé est pire qu`une bête féroce. Un peuple qui se meurt sous le poids de la pauvreté, se soulève généralement. Les manifestations d`hier, si l`on n`y prend garde, sont les prémices d`un soulèvement populaire et le président Gbagbo n`a pas intérêt à tergiverser avec le peuple. Car comme le dit l`adage : "un homme qui a faim n`est pas un homme libre", et un homme qui n`est pas n`est pas libre est un danger.

(par Eric Groguhé)
Le Premier ministre Guillaume Soro dans “Jeune Afrique” : “Accuser mon gouvernement d`avoir échoué, c`est signer l`échec de tout le pays”

Le Nouveau Réveil - N°1873 - mardi 18 mars 2008

Dans une interview accordée à l'hebdomaire “Jeune Afrique”, le Premier ministre de Côte d'Ivoire Guillaume Soro parle des élections, ambitions, polémiques au sein des Forces nouvelles, ses relations avec Laurent Gbagbo. Une interview diffusée par l'hebdomadaire JA d'hier lundi.

Savez-vous ce qu'il s'est passé le 29 juin 2007, quand vous avez échappé à une tentative d'assassinat sur l'aéroport de Bouaké?
Oui, j'ai quelques pistes, mais je ne dirai rien tant que l'enquête est en cours. Ce 29 juin a été un moment terrible pour moi. Deux roquettes ont percé le cockpit de l'avion et atteint mortellement quatre de mes collaborateurs. Sous mes yeux. J'ai pensé me retirer du processus de paix. Le chef de l'État, Laurent Gbagbo, ainsi que plusieurs de ses homologues m'ont appelé pour m'en dissuader et m'exprimer leur soutien. J'ai donc maintenu mon programme de travail à Bouaké et procédé à l'installation des magistrats chargés de conduire les audiences foraines.

L'identité des assassins vous empêche-t-elle de parler? Êtes-vous forcé de vous taire?
Personne ne peut m'astreindre au silence. D'ailleurs, j'ai clairement exposé mes soupçons aux experts des Nations unies. J'attends la mise en place de la commission d'enquête internationale pour pouvoir donner de plus amples informations, malgré le refus de l'ONU d'y prendre part. Pour le reste, posez la question au Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. Je suis d'autant plus vexé qu'une commission a été diligemment créée au Liban, au lendemain de l'assassinat de l'ex-Premier ministre, Rafic Hariri. L'ONU estime peut-être que la Côte d'Ivoire est un trop petit pays pour qu'on consacre du temps et de l'argent à protéger la vie de son Premier ministre.

Ceux qui en voulaient à votre vie courent toujours. Avez-vous peur?
La peur n'a pas de sens pour quelqu'un qui dirige un mouvement armé. Chaque jour que je passe en vie est un jour de gagner. Je ne crois pas à un danger émanant des Forces nouvelles (FN). Notre organisation a une particularité: elle ne lutte pas pour le pouvoir, mais pour affirmer une identité. La recherche du pouvoir divise. Alors qu'au sein des FN, nous sommes unis par notre désir commun de faire respecter nos droit