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LA FESCI
Martial Ahipeau, Soro Guillaume, Ble Goude, Konate Sidiki, Eugene Djue etc...
 
LES SECRETAIRES GENEREAUX

1. J. MARTIAL AHIPEAU / 1990-1994

2. EUGENE DJUE / 1994-1995

3. BLE GUIRAO / 1995-1996

4. SORO GUILLAUME / 1996 -1998

5. BLE GOUDE / 1998 -2000

6. JEAN YVES DIBOPIEU / 2000 - 2002

7. SERGE KUYO / 2002-2004

8. MIAN AUGUSTIN  / 2008
       

MEMBRES: Charles Groguhet, Sidiki Konaté, Lago Gréco, Séry Appolinaire, Bah Soumalé, Tohou Henri, Mandé Gueu, Mampo Gérard, Dan Téhé Appolos, Drigoné Bi dit Faya, Ahoua Stallonne et Dackouri Richard, Damana Pickas

 
Violence de la FESCI à Soubré: Le fédéral adjoint du FPI bastonné
  samedi 24 mai 2008 - Par Notre Voie  
Le premier fédéral adjoint du Front Populaire Ivoirien. M. BOUAZO Vincent, a été battu à sang par des élèves de la fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI) section Soubré.
Il est 14 heures, une centaine de jeunes armés de daba de machettes, de couteaux et de gourdins… sous la houlette de leur coordinateur, N'DRI Paul, se dirigent vers le domicile du premier fédéral adjoint du FPI à Soubré pour y mettre le feu. Ils sont interceptés dans leur action par la police qui tente de les dissuader. Mais en vain. Très déterminés rattrapent le responsable du FPI au niveau de la mairie. Il est aussitôt rudoyé de coups . Les bourreaux du jour, non satisfaits de leur ignoble acte, traînent leur victime déjà à sang à travers les artères de la ville. Au carrefour Dobois ce dernier est mis sur une table avant d'être flagellé une fois de plus comme un voleur au nez et à la barbe des passants.
L'homme à tout faire du fédéral GOGUI Théophile a eu son salut grâce à l'intervention de la police.
Au dire de M. N'DRI coordinateur de la FESCI, le premier fédéral adjoint est à la base de la division au sein de la structure estudiantine, et cette une dissidence sème le désordre dans les écoles. Pour lui, il était nécessaire de mettre fin à cette situation en arrêtant les responsables de la dite dissidence. “BOUAZO Vincent manipule des membres de la FESCI dans le but de me renverser. Hier mardi 20 mai, alors que j'étais en réunion avec mes secrétaires généraux pour leur dire que la FESCI n'est pas une structure ethnique, les dissidents sont venus perturber ma rencontre avant de m'agresser. Aujourd'hui, il s'agit de dire à BOUAZO de ne pas manipuler la FESCI. Car malgré les rencontres d'apaisement que nous avons eues, il a continué. Il fallait donc le mettre hors d'état de nuire. Maintenant que nous avons les choses en main cela nous permettra de respirer, car la FESCI n'est pas une branche armée à la solde des politiciens”, a- t-il expliqué.
BOUAZO Vincent que nous avons trouvé au service des soins intensifs dans une clinique de la place, présentait plusieurs traumatismes, notamment une fracture à la tête et un bras fracturé. Pour lui, la FESCI ayant participé à la résistance patriotique, elle lui a demandé de jouer le rôle de conseiller. “je ne suis ni de loin ni de près mêlé à la division de la FESCI. Seulement il y a des personnes qui ne veulent pas me voir à la tête de la fédération du FPI de Soubré et d'autres mouvements politiques, sous prétexte que je ne suis pas fils de la région. C'est pourquoi, ils ont monté ces jeunes pour m'agresser. Déjà il y a quelque temps ces mêmes gens m'avaient demandé d'aller à Issia, mon village, pour y faire la politique. Et ne pouvant pas changer les choses, ils utilisent ces jeunes qui ne sont pour la plupart pas des élèvent. Ils m'ont t'tabassé, humilié et trainé dans les rues de Soubré” a-t-il précisé en substance dès son réveil.
Depuis cet acte de barbarie la ville est sous le choc et la tension est très vive car les partisans du fédéral n'entendent pas laisser les choses sans réaction.

Robalé Symphorien robsympho@yahoo.fr

FESCI – « jeunes patriotes » - milices…: Ces monstres créés par le FPI

Dès qu'il est sorti de la clandestinité en 1990, le premier réflexe de Laurent Gbagbo, alors secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI), a été de créer, sinon de donner sa caution à la création de la FESCI. Quelques années plus tard, naîtra le Synares, une autre trouvaille de l'opposant historique. Ces deux syndicats d'étudiants et d'enseignants, surtout la FESCI, ne finiront jamais de faire parler d'eux. Devenu Président de la République 10 ans après la création de la FESCI, Laurent Gbagbo récidive avec deux autres monstres : le mouvement des « jeunes patriotes » et les milices. Ces mouvements d'hier et d'aujourd'hui ont en commun, le mobile de leur création et leur méthode de lutte. « Il n'y a rien de nouveau sur la terre, tout n'est que pur recommencement », avertit l'ecclésiaste. Cette vérité du sage biblique semble s'accommoder du parcours politique du Président de la République actuel, Laurent Gbagbo. En effet, de ses débuts en politique en 1990 à aujourd'hui, l'homme a fait sienne, la création de mouvements qui l'ont soutenu,

sinon tenu à bout de bras à travers une lutte et des méthodes peu catholiques. 1990 et la FESCI Révélés officiellement au grand jour en 1990, Laurent Gbagbo et le FPI avaient un seul souci : mener de front, le combat pour leur accession au pouvoir d'Etat. L'exercice, comme il fallait s'y attendre, n'était pas de la simple sinécure, surtout que frêle et naïf politicien, le champion de Mama se trouvait face au Bélier de Yamoussoukro, Félix Houphouët-Boigny. Et puisque la fin commande les moyens, le leader charismatique du Front populaire ivoirien ne s'est pas embarrassé de fioritures pour rechercher les moyens mêmes les plus inimaginables, les plus scélérats. C'est ainsi que la FESCI, dont il reconnaîtra plus tard avoir créé « pour emmerder Houphouët », a vu le jour le 21 avril 1990. Présentée comme un cadre de revendication purement académique, en ce qu'elle devrait permettre aux élèves et étudiants de poser leurs problèmes socio-éducatifs à l'Etat, la FESCI va drainer presque toute la masse d'apprenants du secondaire et du supérieur. C'est ainsi que spontanément, chacun s'est senti lié à ce syndicat par devoir naturel, de sorte qu'il s'est avéré nécessaire de répondre à chacun de ses appels, et de contribuer de manière active, à son implantation sur tout le territoire national. Or donc, la FESCI avait d'autres motivations, les vraies, celles-ci. Joseph Martial Ahipaud, premier secrétaire général du Mouvement de 1990 à 1994, n'a pas porté de cagoule pour se hisser à l'avant-garde du combat politique de Laurent Gbagbo. Sur le campus et même en ville tous ceux qui ne pensaient pas et ou n'agissaient pas pour le patron du FPI, étaient systématiquement pris à parti, pourchassés et trucidés. L'assassinat de l'étudiant Thierry Zébié, le 13 juin 1991, ouvrait le bal du vandalisme, des casses, de la chasse à l'homme et des meurtres de la FESCI. Le crime de Thierry, c'est de penser à contre courant du FPI, représenté sur les campus par la FESCI. Coup sur coup, Eugène Djué (94-95), Blé Guirao (95-96), Guillaume Soro (96-98), Charles Blé Goudé (98-2000), Jean Yves Dibopieu (2000-2002) et Serges Kuyo depuis 2002, n'ont pas varié leur combat ni de méthodes. Ils ont tout le moins, fait passé la FESCI de son statut de syndicat scolaire et universitaire, à celui de véritable mafia oeuvrant pour le FPI et Laurent Gbagbo. D'ailleurs, dans une interview qu'il a accordée au défunt quotidien « L'Aurore » dans sa parution N°040 du mercredi 26 avril 2000, Blé Goudé affirmait : « La FESCI, sous mon mandat, devient politique…
», avant d'ajouter : « Quand j'ai fais ma campagne électorale, tous ceux qui m'ont élu savaient que c'était pour balayer le pouvoir…Et puis, j'ai réussi à chasser Bédié, non ?
Ça aussi, ça compte, et c'est la plus grande satisfaction des Fescistes…
». Evidemment, la FESCI sous Blé Goudé a connu une autre courbe triste de son histoire. Des termes révélateurs comme « machettage », « braisage » et bien d'autres, vont meubler le quotidien des étudiants. Les Fescistes eux-mêmes, vêtus et coiffés comme des hooligans avec des noms tout aussi guerriers comme « le tchè » « faya » se présentaient comme de véritables chefs de guerre au service de la FESCI, l'armée officieuse du FPI ! Une armée qui n'hésite pas à affronter des forces de l'ordre ou à bastonner les professeurs en plein cours. Le principe est tout simple, contraindre les non-frontistes au silence, et au besoin, éliminer ceux qui font des difficultés à adhérer à la cause dictatoriale. 10 ans après sa création, la FESCI a certainement réussi à pousser le vieux Houphouët dans son dernier retranchement, avant d'avoir raison de lui, sous la poussée de la rue et des actes insoutenables eu égard à l'âge qu'avait le premier président de la Côte d'Ivoire moderne. La FESCI a réussi à aider le départ de Bédié du pouvoir en 1999. Aujourd'hui que le géniteur est parvenu au pouvoir, elle semble s'assagir parce que n'ayant pratiquement plus d'adversaire politique à combattre. Si ! elle a désormais en face d'elle, ceux des Ivoiriens épris de paix et d'unité qui souhaitent l'application des accords de sortie de crise de Linas Marcoussis et Accra II. Mais cette fois, la FESCI aura à composer avec deux autres monstres : les jeunes patriotes et les milices. Milices et « jeunes patriotes » en renfort Avec l'arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo en octobre 2000, la configuration politique ivoirienne n'offrait pratiquement plus de marge d'action à la FESCI dirigée par Jean-Yves Dibopieu d'abord, et Serges Kuyo, ensuite. Quand naît la crise en septembre 2001, la FESCI tente, par Jean Yves Dibopieu, de (re) bander son arc, mais ne peut grande chose dans une cité presque vide de ses étudiants. Surviennent alors les « jeunes patriotes », puis les milices, pour pallier les lacunes de la Fédération estudiantine et scolaire. Même scénario même combat, ces « jeunes patriotes » ont exhibé au départ, l'idée de défense de la Côte d'Ivoire attaquée. Pour celui qui aime son pays, l'appel des « patriotes » valait son pesant d'or. On comprend alors aisément, la mobilisation extraordinaire des ivoiriens le 2 octobre 2002 à la place de la République, au Plateau. Mais au fur et à mesure que le temps avance, les jeunes patriotes, aidés par les milices créées dans leur rang, ont affiché leur vrai visage. Celui de défendre le fauteuil de Laurent Gbagbo, leur « repère », selon Charles Blé Goudé. A l'instar de la FESCI, « patriotes » et « milices » ont embouché la trompette du bâillonnement de tous ceux qui n'adhèrent pas à la ligne du pouvoir. « Nous, on peut marcher et dire tout ce qu'on veut, mais pas vous ! ». C'est en filigrane, le message de ces associations, autres monstres qui viennent de naître, et qui feront plus de mal que la FESCI. Wait and see !

Frank Konaté

   

LES ANCIENS FESCISTES VOULAIENT PRENDRE LE POUVOIR

Soro Guillaume, Blé Goudé, Sidiki Konaté, réfugiés en Europe

Les anciens fescistes voulaient prendre le pouvoir Les leaders estudiantins d'hier sont devenus, à la surprise générale, les étoiles de la terrible crise que traverse la Côte d'Ivoire. Qu'est-ce qui explique ce désamour subit ? De Cologne, en Allemagne, où vit une forte colonie d'anciens fescistes, notre collaborateur Russel Lohoré est revenu avec des confidences qui situent sur la profonde déchirure. Et qui n'ont pas fini de faire des dégâts.

Cologne, capitale de la Rhénanie, l'Etat le plus peuplé de l'Allemagne, n'est pas seulement l'antre européen de la “ gaypride ”. C'est là que dans la première moitié des années 90 ont trouvé refuge la plupart des pontes de la Fesci, ce mouvement estudiantin qui, depuis plus d'une décennie, n'a eu de cesse de donner du souci aux gouvernants ivoiriens.

Nous sommes en 1994. Traqués qu'ils se disent par le régime Bédié, des penseurs de la Fesci décident de prendre la route de l'exil. Parmi eux, Charles Groguhet, Sidiki Konaté, Lago Gréco, Séry Appolinaire, etc. “ Nous envisagions de nous rendre à Londres, révèle un ancien membre du mouvement qui préfère garder l'anonymat. Mais à cause du visa instauré par les autorités britanniques, nous nous sommes rabattus sur l'Allemagne où l'accès à l'époque était moins contraignant.

Nous avions à cœur de continuer les études. Certains l'ont fait. Mais à cause des difficultés diverses (langue, argent), d'autres ont choisi d'exercer de petits boulots. Moi-même qui faisais des études de lettres au pays, je me suis retrouvé dans les nouvelles technologies ”. Toute autre trajectoire pour l'actuel porte-parole du MPCI Sidiki Konaté alias Srike (prononcez Srouaïki), ancien chargé de l'Information à la section Fesci de la Cité U de Yopougon, un garçon que ses pairs disent brillant orateur, très simple, intelligent et très rigoureux.

C'est dès son arrivée qu'il a connu une Allemande prénommée Barbara qui lui donnera un enfant du nom de Mohamed. Vivant dans l'ex-Allemagne de l'Est et travaillant à l'aéroport de Franckfort, Srike s'est inscrit dans des écoles de cours à distance, notamment à Paris (cours de philosophie) et en Belgique (attaché de presse).

CE QUE L'EX-FESCI PREPARAIT

En 1996, Koukougnon “ Kouky le rouge ”, ancien Secrétaire général emblématique de la Fesci, section Lettres, décède à Londres. C'est donc une véritable déferlante qui gronde sur la Tamise pour l'organisation de ses obsèques. Les camarades venus de toute l'Europe dont Cologne rejoignent des visages-phares dans la capitale anglaise : Martial Ahipeaud, Bah Soumalé, Tohou Henri, Mandé Gueu, Mampo Gérard, etc. Au cours de l'ultime hommage à Kouky, Dan Téhé Appolos (Secrétaire général de la section Fesci Cité Mermoz en 1992) lance l'idée de la création d'un parti politique.

Ainsi naît le MLTCI (Mouvement pour la libération totale de la Côte d'Ivoire) dont l'objectif prioritaire est de balayer Henri Konan Bédié et le PDCI-RDA. “ Pour nous, Bédié était un dictateur et un pion de l'impérialisme français en Côte d'Ivoire. Nous ne pouvions plus supporter sa gestion économique chaotique du pays ”, confie un meneur de la fronde contre N'Zuéba. “ Nous voulions aussi nous affirmer au plan politique. Nous étions proches de l'opposition, plus particulièrement de Gbagbo. Mais, à un moment donné, nous étions même opposés au leader du FPI qu'on soupçonnait de collaborer avec Bédié ”, ajoute, après une longue gorgée de bière qui manque de l'étrangler, un stratège de l'époque.

LE COUP DE FIL À GUILLAUME SORO

Au nez et à la barbe de Martial Ahipeaud, premier Secrétaire général de la FESCI, Dan Téhé Appolos est élu président du MLTCI. Martial, qui était moins radical sur les visées, souhaitait voir se créer un vaste mouvement démocratique regroupant toute la diaspora ivoirienne en vue de mener une lutte pacifique contre le PDCI. Mais ses amis le suspectaient de vouloir jouer les premiers rôles. Le MLTCI a des représentants en France, au Danemark, en Hollande, en Belgique. En Allemagne, Sidiki “Srike” Konaté est … aux manettes. En 1998, le MLTCI section Allemagne invite Soro Guillaume, alors Secrétaire général de la FESCI, pour lui présenter le parti. “ Quand on a discuté avec Guillaume, assure un témoin, il ne s'est pas montré emballé. Il nous a dit qu'il voyait le combat autrement et qu'il penchait pour une solution plus rapide… ”.

De Cologne, Guillaume Soro se rend en Suisse pour, laisse-t-il entendre, des rencontres avec des autorités. Là-bas, il est hébergé par une Suissesse, une amie de Charles Blé Goudé, qui avait contribué au financement de la campagne de ce dernier lorsqu'il briguait le secrétariat général de la FESCI. “ On tenait à ce qu'il se rallie à notre mouvement. Nous l'avons encore rappelé, clame un camarade. Mais Soro disait qu'il allait réfléchir. Puisque nous étions en groupe, on avait mis le haut-parleur. Il a été le premier à raccrocher à la fin de notre conversation. Malheureusement, il ne l'a pas bien fait ; donc, nous entendions ce qu'il disait après. Il parlait avec une autre personne à qui il disait que nous, nous avions une vision troïskiste de la politique ivoirienne et que sa démarche pour changer les choses se voulait plus rapide ”.

Le MLTCI aidait financièrement la FESCI. Quand Guillaume Soro est parti de la fédération estudiantine, ses potes de Cologne ne l'entendaient plus. Il n'avait de contact qu'avec Sidiki Konaté. N'empêche ! Le MLTCI n'avait pas renoncé à son idée de voir chuter Henri Konan Bédié. Un émissaire qui disait avoir des entrées sûres est envoyé en mission en Libye et au Burkina Faso. Objectif ? Convaincre les dirigeants de ces deux pays et obtenir les moyens appropriés pour atteindre la cible.

L'émissaire a-t-il eu gain de cause ? A-t-il simplement vendu du vent aux militants du parti ? Les grosses têtes du MLTCI se posaient encore ces questions lorsque Robert Guéi et ses “jeunes gens” ont déposé Henri Konan Bédié. Laissant le MLTCI à son grand rêve.

LE REVIREMENT DE SIDIKI KONATÉ

Comme tout parti politique, le Mouvement pour la libération totale de la Côte d'Ivoire (MLTCI) a besoin d'être légalement reconnu sur l'échiquier politique ivoirien. Un an après l'arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo, le MLTCI envoie Sidiki Konaté en Côte d'Ivoire pour effectuer toutes les démarches officielles. Il devait aussi profiter de ce déplacement pour renouveler son passeport ivoirien. “ Quand on lui a demandé de montrer ses papiers d'identité, il n'avait rien pour prouver que ses parents sont ivoiriens, se désole un compagnon de route. Il a été victime de la dure loi de l'identification. C'est au même moment que nous avons su que Srike est né en Guinée, de parents d'origine guinéenne, mais qu'il a passé toute son enfance en Côte d'Ivoire ”.

A son retour en Allemagne après cette mésaventure, Sidiki Konaté n'était plus très actif au sein du parti. Entre-temps, il entretenait, suite à son divorce d'avec Barbara en 1999, une liaison avec une autre Allemande. Il fréquentait rarement les autres militants et avait pris ses distances vis-à-vis du parti. Quand, le 19 septembre 2002, la rébellion lance son attaque sur Abidjan et Bouaké, il est de la mémorable marche de soutien aux institutions républicaines, organisée par des Ivoiriens à Bonn. Au cours de ce rassemblement, Sidik Konaté prend la parole pour d'abord condamner la tentative de putsch, puis ensuite demander aux rebelles de proposer une alternative crédible à la Côte d'Ivoire.

Le lendemain, il embarque pour Paris où il passe quelques nuits chez Drigoné Bi dit Faya (actuel porte-parole du MPCI à Paris).

Comment a-t-il rejoint la rébellion ? “ Srike a été frustré, répondent ses amis. Il en veut aux initiateurs de la politique d'identification. Mais nous pensons que Soro Guillaume a dû directement lui demander de le rejoindre ”.

A Cologne, des militants du MLTCI lancent à qui veut les entendre que c'est le statut du MLTCI que Sidiki Konaté a envoyé au MPCI. Ils entendaient même porter plainte contre leur collègue. La réplique de Srike est tranchante : “ Ce statut est le fruit de mon savoir. C'est moi qui l'ai rédigé quand je militais au MLTCI… ”.

RUSSEL LOHORÉ (Cologne-Allemagne)

   
Les derives de la FESCI Kakou Brou se dévoile
   
Source : Frat Matin Avril 2005

Personnage mythique de la FESCI
Kakou Brou dit “KB”, étudiant en 3e cycle à l'Université de Cocody :
“La lutte paie”
Etudiant en 3e cycle de sciences économiques et de gestion après 11 années de présence à la Fac, il est présenté comme un des pères fondateurs de la Fesci. Pourtant, il affirme ne pas avoir un statut au sein de l'organisation. Ses réalisations sur les campus, ses “272 chambres” en cité sont devenues un sujet de conversation dans le milieu universitaire. Dans l'interview que nous vous proposons, il répond à tout.

Quel est votre vrai nom et depuis quand êtes-vous étudiant ?
Je suis Kakou Brou, plus connu sous l'appelation le maréchal KB . Je suis étudiant en 3ème cycle à l'UFR des Sciences économiques et de gestion, option : Gestion-Finances.
Je suis inscrit à l'Université depuis l'année académique 1994-1995. Je prépare actuellement une thèse de Doctorat sur le thème : Culture et gestion.

Vous passez pour l'étudiant le plus riche avec toutes les réalisations que vous avez. Comment y êtes-vous arrivé ?
Ce n'est pas juste de dire que je suis l'étudiant le plus riche. Par contre, je puis dire que je fais partie de ceux qui ont un esprit d'entrepreneuriat. Et puis les activités que je mène actuellement ne sont que de petites activités. Le financement de mes activités provient en partie de ma bourse.
J'ai toujours été boursier et aujourd'hui j'ai une bourse annuelle de 600.000 francs. Il faut rappeler que j'ai commencé par une blanchisserie, un maquis à Port-Bouët puis un autre à Yopougon, avant d'investir dans le bar ici à la Cité rouge. Parce que nous sommes des étudiants issus de milieux modestes, nous essayons de faire en sorte de pouvoir nous prendre en charge nous-mêmes. Et puis, c'est une façon également de montrer qu'un étudiant peut avoir de bonnes idées et les mettre en pratique. Cela participe à redorer l'image même de l'étudiant ternie depuis quelques temps.

L'on a plutôt été habitué à voir des étudiants propriétaires de cabines cellulaires, de petits kiosques à café ou des " garbadromes ". Or, vous, vous êtes propriétaire d'un bar climatisé et d'autres réalisations. Ce n'est quand même pas courant et la question reste posée : comment y êtes-vous arrivé ?
Je tiens à faire la précision suivante : le Cyber café ne m'appartient. Il appartient plutôt à un opérateur économique que nous avons sollicité.

Etes-vous en partenariat ?
Non, je ne suis pas en partenariat avec lui. Nous, nous lui garantissons la sécurité. Le bar, lui, m'appartient. Et je suis le seul actionnaire. J'ai pu l'acquérir grâce à ma bourse d'étudiant et grâce à l'aide de certains aînés.

Vous pouvez en citer quelques-uns ?
Je préfère taire leurs noms. Mais vous pourriez également poser la question à Blé Goudé, à Damana Picass. Nous sommes de la même génération. Nous avons su montrer aux yeux de la nation que nous sommes des lutteurs…

Et c'est donc la nation qui vous récompense ?
C'est cela. Au fil de la lutte, il y a bien des retombées ! Mais lorsqu'on parle de la nation, ce n'est pas la nation tout entière. Il y a bien une entité au-dessus de cette nation qui admire notre lutte.

C'est qui cette entité ?

Le Chef de l'Etat ? Des membres du gouvernement ?
Le Chef de l'Etat, c'est encore trop loin. Nous avons des devanciers à la Fesci qui travaillent aujourd'hui. Lorsque nous montons des projets, nous les approchons, ils analysent la faisabilité du projet et nous font des prêts que nous remboursons par la suite.

Combien vous rapporte le bar ?
Après avoir réglé toutes les charges, je peux réaliser un bénéfice mensuel de 300 à 400.000 F.

Comment fonctionne-t-il?
Il y a un gestionnaire, des serveuses que nous appelons affectueusement les '' Antillaises ''. Au moins 35 personnes y travaillent. La plupart du personnel est étudiant, en quête d'emploi. Mais nous recrutons également des riverains qui viennent demander de l'aide. Il existe un service juridique en charge du recrutement et de l'encadrement dirigé par le camarade Paulin, un étudiant en DEA, qui prépare une thèse de Doctorat. Moi, je suis hors de la boîte. J'y viens en tant que client. Je n'exerce aucune pression sur le personnel parce que j'estime que je leur dois la réussite de cette affaire. Et en plus, les comptes sont toujours bons.

On vous dit très proche de la Fesci et vous venez de le confirmer. Mais on ignore votre statut au sein de ce syndicat.
Effectivement, je n'ai jamais eu de statut à la Fesci. Cependant, j'ai été un militant très actif. J'ai mené tous les grands combats de la Fesci.

Lesquels? Celui des machettes par exemple ?
Les combats pour la démocratie, pour la bourse, pour redorer le blason de l'étudiant, pour l'amélioration du bien-être de l'étudiant. Au moment des combats à la machette, j'étais chargé de la sécurité nationale de la Fesci et il était de mon devoir de protéger ce qui était légal. Mais, ce n'est pas nous qui avons introduit la machette. C'est plutôt la dissidence. Blé Goudé étant élu, certains camarades ont voulu le destituer. Ce que nous n'avons pas accepté. Nous pensions que c'était au cours d'une AG que nous devrions nous prononcer. Là, s'il était mis en minorité, l'AG le sanctionnerait.
Malheureusement, ils ont voulu prendre le raccourci avec les machettes. Seulement, comme nul n'a le monopole de la violence, Dieu a été de notre camp. Ce sont ceux-là aujourd'hui qui sont dans la rébellion à Bouaké et ça n'a surpris personne. Ils ont voulu auparavant embrigader l'école ivoirienne, ce à quoi nous avons fait échec.

On vous reproche des pratiques pas très honorables telles que la mainmise sur la gestion des cités universitaires. Vous auriez à vous seul 272 chambres à la " Cité rouge " et vous y règneriez en véritable maître des lieux.
Nous sommes quand même dans un pays de droit et je pense qu'on ne peut laisser faire impunément un individu. Cela aurait été vrai que le directeur du CROU ou son directeur du logement l'aurait dénoncé.
Vous savez, lorsque vous devenez incontournable, il y a toujours des gens pour vous créer des problèmes. La réalité, c'est que mes détracteurs savent que je représente un poids au sein de la jeunesse ivoirienne. Alors, ils tentent de me nuire. D'ailleurs, le directeur du logement de la Cité rouge a déjà répondu à cette question. Il a dit qu'il ne peut pas permettre qu'un individu contrôle à lui seul 272 chambres. Il a également fait remarquer que chaque structure estudiantine (la CERAC, l'UNESCI, l'AUC) a son quota de Chambres. A la fesci, lorsque nous nous retrouvons, les jeunes disent : " Doyen comme c'est toi qui gère la sécurité nationale de la Fesci, voici des chambres pour tes guerriers et toi "….

Cela justifie donc les 272 chambres ?
Non, ce n'est pas possible, ce n'est pas 272 chambres.

C'est combien de chambres alors ?

Je n'ai que 23 chambres.

Est-ce normal ?
Ceux qui y logent sont des étudiants régulièrement logés, qui ont déposé des fiches et qui sont régulièrement inscrits.

Vous sous-louez ces chambres à 20.000 f par mois ?
Donnez-moi le nom d'un étudiant qui a témoigné qu'il loue une des chambres de KB. Si vous avez suivi les débats de la radio il y a quelque temps, vous aurez su que le SG de la Fesci lui-même a répondu à la question.

Peut-être a-t-il voulu vous protéger ? Vous êtes quand même un personnage mythique au sein de la FESCI, il ne peut pas vous clouer au pilori.
Non, je pense qu'on ne peut pas protéger KB de la sorte. Il y a longtemps que je suis à la Fesci. Si à Port-Bouët, j'ai réalisé des maquis, des pressings, ce n'est pas à la Cité rouge que je viendrai bloquer 272 chambres pour en faire du business. On dira peut-être qu'à Port-Bouët, j'avais aussi 272 chambres, ce n'est pas juste !

A Port-Bouët, vous en aviez peut-être une cinquantaine ?

Vous savez, la Fesci est un mouvement organisé et un seul individu ne peut s'accaparer toutes les chambres qui sont allouées au syndicat. Ce n'est pas possible !

Vous venez vous-même de dire qu'en tant que doyen, on vous confie la gestion des chambres allouées à la Fesci.
Non, ce n'est pas moi qui gère. C'est le bureau national qui gère ces chambres. Cependant, la Commission hébergement tient compte des cas du doyen que je suis.
Et ces cas, ce sont des étudiants régulièrement inscrits.

Aujourd'hui, l'opinion publique est choquée par la mainmise de la FESCI sur la gestion des choses universitaires. Tant au niveau des résidences que des bourses, la présence de la FESCI est gênante. Les étudiants s'en plaignent. Il faut avoir les faveurs de la Fesci pour demeurer en cité, sinon, vous êtes vidé parfois à des heures indues. Que pensez-vous de ces pratiques? Il y a longtemps que vous êtes là et je doute fort que vous ayez subi ce diktat à vos débuts.
La Fesci n'est pas la seule structure qui gère des chambres dans les cités universitaires. Pourquoi est-elle tant citée ?

Je vous renvoie la question.
La Fesci est un syndicat qui a su s'imposer et s'illustrer par sa manière de lutter.

Qui n'est pas toujours correcte ?
Nous sommes certes des êtres humains dotés d'une intelligence, mais nous avons aussi un côté bestial. Nous essayons cependant de corriger certaines pratiques. Je suis heureux aujourd'hui d'être le président de la jeunesse communale universitaire de Cocody. A ce titre, nous avons mis une structure en place qui regroupe toutes les autres structures universitaires….

On va y arriver… (il insiste pour terminer).
Ok, je disais donc que la Fesci s'est toujours illustrée par ses combats héroïques. Et puis, sachez que certains étudiants sous-louent eux-mêmes leur chambre et viennent ensuite vider les locataires. Mais tout cela est mis au compte de la Fesci. Il est vrai qu'en notre sein, il y a des brebis galeuses mais lorsque le bureau national est informé de ces agissements, il réintègre l'étudiant et prend des sanctions à l'encontre des fautifs.

Comment expliquez-vous que des personnes étrangères logent dans les cités ? Et pourquoi certains étudiants monopolisent les chambres des années durant ? Vous par exemple, vous êtes là depuis onze ans.
(Rires). Je vous rappelle que j'ai le statut d'étudiant boursier et qu'à ce titre, j'ai droit à une chambre. Pensez-vous qu'étant à la maison, je serais aussi teigneux ? Tant que j'ai le statut d'étudiant, je resterai en cité. Pourquoi n'allez-vous pas poser la question aux étudiants de Médecine ? Ils font également plus d'une dizaine d'années en cité.

Tous les étudiants boursiers ne bénéficient pas de ces privilèges.
Ecoutez, seule la lutte paie. Vous ne pouvez pas rester à la maison pendant que les autres luttent et vous plaindre après. C'est nous qui luttons, parfois dans des conditions dramatiques. Il faut être parmi les étudiants pour lutter. Avant, les étudiants de la Fesci n'étaient pas logés, bien que remplissant les critères d'admission.

Et c'est ce tort que vous avez redressé ?
Effectivement ! Mais nous faisons en sorte que tout le monde soit logé.

Vous venez de dire que la lutte paie. Est-ce à dire que vous ne luttez plus pour un idéal mais pour les retombées matérielles et financières?
Notre lutte n'est pas conditionnée. Mais dans toute lutte, il y a des effets conséquentiels. Vous pouvez être martyrisé. J'aurais pu mourir dans cette lutte. Vous n'allez quand même pas me dire que ma mort est moins importante et moins chère qu'une chambre ! Pour tout dire, le minimum qu'on puisse accorder à ceux qui ont risqué leur vie pour faire en sorte que les autorités de l'époque respectent la Fesci, c'est de les loger.

Aujourd'hui, vous passez plus pour un homme politique que pour un étudiant. Aux élections municipales de 2000, vous étiez sur la liste du FPI dans la commune de Port-Bouët. Vous étiez également candidat pour la présidence de la jeunesse communale de Cocody qui s'est terminée par une crise. Qu'est-ce qui vous fait courir ?

Je vois que vous avez énormément d'informations me concernant et j'en suis fier. Retenez que KB n'est plus le KB de la Fesci. KB est celui qui veut réunir toute la jeunesse. C'est pourquoi, nous avons été candidat pour la présidence de la jeunesse communale de Cocody. Aux élections, il y avait 27 zones et nous avions conquis 22 zones. Ce qui signifiait que KB est aimé à Cocody et que j'avais gagné les élections. Malheureusement, le camp adverse n'a pas digéré sa défaite et a frappé mon directeur adjoint de campagne, qui loge à la cité Mermoz avec l'aide de certains responsables de la Fesci. Aujourd'hui, il a perdu un œil. Nous n'avons pas réagi compte tenu de la situation trouble que traverse le pays mais nous avons porté plainte contre eux. En attendant, la Fesci s'est réunie en assemblée générale extraordinaire et a sanctionné les coupables. Par la suite, le maire nous a réunis étant donné que nous sommes de la même famille et a demandé que je gère la structure universitaire et l'autre, Boga, les structures riveraines. Voilà où nous en sommes aujourd'hui.

A partir de ce fait, on se rend compte que la Fesci est bel et bien parrainée par le FPI.

En fait, ce n'est pas juste de le dire. Certains camarades vont jusqu'à dire qu'ils sont soutenus par le FPI.
Le FPI n'a jamais soutenu de candidat.

Pourtant, vous venez de le confirmer avec l'immixtion du maire FPI de la commune de Cocody.
Mais c'est la jeunesse communale, ce n'est pas la Fesci. Moi, je suis le président de la jeunesse communale même si je viens de la Fesci.

Ces élections ont donc opposé deux candidats issus de la Fesci?
Il n'y avait pas que ces deux là. Il y a eu d'autres candidats qui ne remplissaient pas les conditions d'éligibilité et qui n'ont pu payer la caution de 50.000 f. Certains camarades de la Fesci se trompent de combat en disant que le syndicat appartient au FPI ou à un tel. Ce n'est pas juste de le dire, parce que le FPI n'a jamais cautionné les actions que mène la Fesci A moins que ce soit des actions nobles pour la défense de la République.
Dira-t-on aussi que le FPI soutient des étudiants se réclamant de la Fesci qui se livrent à du banditisme ? Ce n'est pas juste.

Justement, l'on se rend compte que la Fesci, sûre du soutien du pouvoir FPI, se livre de plus en plus à des actes de défiance et on est choqué de ne pas voir le pouvoir réagir. Prenez l'exemple de ce qui s'est passé récemment au Lycée classique. La réaction du ministre Amani n'a pas été à la hauteur.
Vous savez ce qui est intéressant, certaines personnes dans l'administration profitent d'occasions comme celle-là pour semer la zizanie à l'école. Il a été dit que c'est la Fesci qui a mis les élèves en congé forcé. Mais au lieu de sanctionner les éléments de la Fesci c'est tout le Lycée qui a été sanctionné. Même les malades n'y ont pas échappé. Pensez-vous que ce soit juste, alors qu'il y a des notes éliminatoires au Bac ?

Vous jugez les effets de cette sanction. Et les causes alors ? Est-ce normal que la Fesci ou des enseignés décident de la date des congés
?
Ce n'est pas normal. Mais nous disons également que ce n'est pas juste de sanctionner tout le monde. Puisque la Fesci a été désignée coupable, qu'on sanctionne la FESCI. Pourquoi ne le font-ils ? Ceux qui ont pris cette décision sont des partisans du RDR. Ils y tiennent des réunions pour saboter l'école. Nous ne pouvons accepter cela. Le problème est politique. On veut utiliser les enfants pour politiser l'école.
Mais l'école est déjà politisée à outrance !
C'est vrai que l'école est politisée mais il y a encore des personnes conscientes, qui pensent que la nation ivoirienne doit exister et que chacun doit pouvoir faire des sacrifices. Avec la situation que traverse le pays, c'était une façon de soulever ces enfants.

L'on ne devrait pas s'attarder sur la sanction. L'objectif, n'était-ce pas de les dissuader de telles conduites à l'avenir?
Et Soro Guillaume qui a tué des centaines de personnes, qu'est-ce qu'on lui a fait ?

Là, il s'agit de la formation, de l'éducation et de l'avenir de ces enfants. Ce qui n'a rien à voir avec la politique. D'ailleurs, revenons à l'étudiant que vous êtes. Vous êtes un peu trop riche, vous avez un fan club et récemment, vous avez parrainé les journées socioculturelles de l'UFR des Sciences économiques et de gestion.
Il faut bien avoir des ambitions ! Et ces ambitions n'atteignent leur paroxysme que si ceux qui vous entourent sont en phase avec vous. J'ai eu à aider nombre d'étudiants qui ont voulu me le rendre. C'est ainsi qu'ils ont créé le fan club pour me faire connaître. Pour la journée de l'excellence à l'UFR, j'ai été coopté parce que les étudiants ont estimé que je suis moi-même un étudiant excellent.

Ça fait beaucoup quand même pour un étudiant! Avouez que ça sied mieux aux hommes politiques !
A partir du moment où je suis président de la jeunesse universitaire communale de Cocody, je suis un homme politique. Je me démarque désormais des étudiants pour gérer les affaires politiques. En ce qui concerne le parrainage de la journée de l'excellence à l'UFR des Sciences économiques…

Vous avez été coopté parce que vous avez de l'argent !

Ce n'est pas moi qui ai financé la cérémonie mais bien le doyen de l'UFR qui a présidé la manifestation. Et puis, pourquoi croyez-vous que je n'ai pas été coopté en tant qu'étudiant excellent ? De tous les étudiants fescistes, je suis peut-être le seul à avoir atteint ce niveau pour l'instant. Pour une question d'excellence, il a bien fallu prendre quelqu'un d'excellent.

Pourquoi ne laissez-vous pas la lutte aux autres ? La relève est bel et bien assurée. On a l'impression qu'il existe au sein de la Fesci des maîtres à penser qui, sous le prétexte des études, sont des étudiants à vie qui ont tout le temps pour faire la politique et "gâter l'école".
Nous voulons bien sortir du système. Sinon pourquoi pensez-vous que je me sois présenté au concours de l'ENA ? J'ai terminé mon Mémoire du DEA que je soutiendrai bientôt. C'est pour vous dire que nous bossons. Nous n'avons pas l'intention de gâter l'école.

Vous n'en donnez pas l'air.
C'est ce qui est intéressant, nous n'avons pas besoin de nous faire voir. Je vous inviterai à ma soutenance et là, vous découvrirez quel type d'étudiant je suis.
Je voudrais rassurer: nous n'avons pas l'intention de nous éterniser dans le milieu estudiantin.

Mais quand est-ce vous partez alors ? Parce qu'on peut rêver que l'arrivée de nouveaux syndicalistes beaucoup plus soucieux de leurs études, ramènerait, un tant soit peu, le calme à l'école ?

Ecoutez, moi, je ne suis plus de la Fesci. J'ai quitté la Fesci depuis 2001 sous Dibopieu. Aujourd'hui, je ne suis qu'un conseiller. Je me consacre à mes études. Cependant, sachez que la lutte est continuelle et on peut en varier les étapes. On ne finit pas de lutter.

Vous demeurez pourtant incontournable au sein de la Fesci.
Vous direz également que Blé Goudé est toujours de la Fesci ?

De la Fesci au Cojep, il n'y a qu'un pas.

Vous savez, il y a des personnes qui ont fortement marqué le Fesci. Ce sont des mythes qu'on ne peut tuer parce qu'ils représentent des repères pour les générations à venir.

Ne pensez-vous pas que les générations à venir devraient plutôt s'illustrer dans les études que dans la lutte ?
C'est justement en cela que nous constituons un modèle. Nous avons non seulement lutté mais nous avons poursuivi les études nonobstant toutes les intempéries.
Et nous montrons aujourd'hui que malgré le nombre d'années passées à l'Université, nous avons pu atteindre nos objectifs : avoir des diplômes. Moi, j'aurais pu m'arrêter et aller chercher du travail mais je voudrais qu'on dise de moi que j'ai été fesciste et que j'ai eu un doctorat. C'est important.

Vous demeurez dans le circuit pour avoir le contrôle de la situation.
Non, en tant que président de la jeunesse communale universitaire, je suis plus à l'aise aujourd'hui. Tout à l'heure, vous avez dit que j'ai été sur la liste du FPI à Port-Bouët, c'est vous dire que nous avons des ambitions et que nous n'allons pas nous éterniser à l'école.

Vous vous en servez donc pour assouvir ces ambitions ?
Non, pas du tout. Je viens de vous dire que je n'ai jamais été responsable à la Fesci Pourtant j'en avais les qualités.

Tout le monde ne peut être SG, il n'y a qu'un seul fauteuil.
Oui mais, c'est moi qui place ce fauteuil, c'est ça aussi la vérité.

Justement à ce propos, il parait que vous faites et que vous avez la possibilité de défaire un SG.
(Rires) Oui, nous avons la possibilité de faire des SG mais pour les défaire, il faut une A.G.

Parlons du congrès de la FESCI. Déjà, l'on sent une effervescence dans les cités. A Williamsville, deux clans se sont déjà violemment opposés.
C'étaient des incompréhensions. Nous n'avons pas pu tolérer qu'on vide un étudiant de la section Fesci de la cité.

Ah bon ! Pourtant chaque jour ce sont des centaines d'étudiants qui sont vidés des chambres par la Fesci ?
C'est ce que nous voulons corriger. Il y a au sein du mouvement des brebis galeuses qu'il faut extirper. Nous n'arrivons pas à maîtriser tout le monde.

Est-ce à vous de vous rendre justice ? Vous avez quand même des autorités. Finalement, ces autorités sont obligées de s'effacer pour laisser la Fesci voter ses lois et les appliquer elle-même.
Vous voyez, la question de la Fesci est à la fois préoccupante et déterminante. Lorsque les jeunes viennent nous voir, nous essayons de régler certains problèmes avec eux. Et lorsque ces problèmes dépassent nos compétences, nous nous référons à nos devanciers.

Pourquoi ne vous référez-vous pas aux autorités universitaires ? Pourquoi avez-vous tendance à régler vous-mêmes vos problème alors que ça se termine souvent dans la violence ?
Je pense que les autorités elles-mêmes ont peur d'approcher la Fesci parce qu'elles ne peuvent pas prendre parti de peur d'avoir affaire avec un camp. Elles préfèrent nous observer.

Vous les avez amenées à démissionner ?
Ce n'est pas nous qui les avons amenées à démissionner. Ces autorités doivent pouvoir être des lutteurs. Le Président de la République, par exemple, prend ses décisions en toute sérénité. Aujourd'hui, il y a des gens qui ne sont pas venus à l'université pour avoir des histoires. Ils préfèrent rester à l'écart mais ce n'est pas de notre fait. C'est dû au contexte. Nous essayons néanmoins de corriger cet état de fait.

Le congrès de mai, comment s'annonce-t-il ?

Le congrès s'annonce en fanfare parce que tous les 3 candidats m'ont soutenu dans la lutte et je leur ai dit d'aller à ces élections en toute convivialité.

Cette fois, vous êtes dans l'embarras.
C'est vrai, tous les candidats ont mon soutien et je n'ai pas le choix.

Quelles sont vos propositions pour sauver l'école, surtout de cette gangrène que constitue la Fesci ?
(Rires) Cette question, vous feriez mieux de la poser au camarade S.G. Moi, je suis là en tant qu'observateur. Je ne suis plus membre de la Fesci. En tant qu'observateur, je prône la familiarité au sein de la Fesci. Il faut que les uns et les autres cultivent l'amour. Il faut que notre mouvement soit civilisé. Un mouvement émancipé qui doit construire la Côte d'Ivoire. Nous avons donc besoin de travailler dans l'unité. Nous devons privilégier les études parce que pour être fesciste, il faut d'abord être élève ou étudiant.

Le parallèle est souvent fait entre vous et feu Thierry Zébié. Certaines personnes pensent que vous avez été fabriqué par le pouvoir qui se sert de vous et vous entretient. Vous-même avez dit tantôt que la lutte paye et que vous méritez de la nation. Si d'autres étudiants vous considéraient comme le problème, n'avez-vous pas peur de finir comme Thierry Zébié ?
C'est une bonne question que vous posez là. Mais je m'en vais vous dire qu'on peut partir de la Fesci mais qu'on ne peut rompre définitivement avec elle. Nous serons toujours là pour sauver la Fesci tant qu'elle sera amenée à prendre des coups. C'est la Fesci qui nous a fait et nous ne la laisserons pas mourir. En ce qui concerne le parallèle avec Zébié, sachez qu'il a été armé pour venir contre la Fesci. Gbagbo Laurent n'a pas encore armé KB ou Blé Goudé ou Damana Picass pour venir contre la Fesci, ou pour tuer un autre mouvement. C'est là que réside la différence entre nous.

Et la dissidence au sein de la Fesci, elle peut refaire surface ?
La dissidence est déjà là. Mais cette fois au plan macro. Elle peut revenir à tout moment. Pour nous ce n'est pas un problème. Nous y sommes psychologiquement préparés.

Et si vous étiez un problème ?
Si votre présence était devenue gênante ?
Si j'étais gênant au sein de la Fesci, je serais déjà mort. Parce que la Fesci est un mouvement très fort. Moi seul en tant qu'individu, je ne peux rien contre la Fesci. Bien au contraire, c'est parce que ma présence rassure que je suis encore là. Mon départ laissera un vide.

Et pour cela, vous vous sentez obligé de rester ?
On ne veut pas rester. Pour l'instant nous observons et essayons de calmer les choses. Nous sommes encore là parce que nous avons le statut d'étudiant.

C'est une belle couverture.
Ah bon ! Le jour où je travaillerai, vous verrez si je serai encore dans la Fesci.

Par moments, ne pensez-vous pas mettre à mal le pouvoir par vos agissements ? On a l'impression que vous êtes devenu un os dans sa gorge.
Je vais vous dire une chose, la Fesci n'appartient pas au pouvoir actuel et elle n'a jamais appartenu à aucun pouvoir. A la Fesci, il y a tout le monde sinon Soro Guillaume ne serait pas aujourd'hui dans la rébellion. Empirus est au PDCI, moi je suis au FPI. Cela ne nous éloigne pas des idéaux de la Fesci à savoir, lutter pour améliorer le bien-être des étudiants. Cela dit, si aujourd'hui le FPI prend un arrêté de dissolution de la Fesci que nous estimons injuste, nous manifesterons. Mayane Yapo Sillons : Double intérêt Près de quinze ans après sa création, la Fesci est à la croisée des chemins. C'est le moins qu'on puisse concernant cette organisation estudiantine née autour des années 90, au moment où la Côte d'Ivoire reprenait langue avec un système multipartite qui a suscité beaucoup d'espoir chez une frange de la jeunesse. Celle qui avait dès le départ accordé ses violons avec l'opposition et les organisations satellites qui l'ont rejointe sur le terrain des revendications politiques et syndicales.
La Fesci a vraiment besoin de faire sa mue afin de présenter le visage d'une structure responsable, soucieuse de l'avenir et du devenir d'une jeunesse estudiantine et scolaire, otage comme les autres composantes de la société ivoirienne des hommes politiques de tous bords et de leurs intérêts partisans.
Certes à ce stade de son développement, et dans le contexte qui a cours, la structure estudiantine ne peut se départir d'une prise de position claire et sans ambiguïté, mais elle a le devoir d'agir en toute responsabilité. Et de ce point de vue l'interview que l'un des " pères-fondateurs " (si l'on en croit ce qu'il rapporte lui-même) de cette structure a accordée à Mayane Yapo et que nous vous proposons dans les colonnes qui suivent, revêt un double intérêt. Car elle met à la fois en exergue le fait que l'organisation a depuis toujours été confrontée à la difficulté de maîtriser sa base et cette tendance qu'ont les responsables à se laisser déborder par celle-ci trop souvent. Et le trafic d'influence auquel certains ou la plupart des dirigeants se livrent, lorsqu'ils en tirent profit.
Pour tout dire, il y a cette forte tendance à vouloir se servir de la Fesci comme un alibi, surtout lorsqu'il s'agit d'entretenir ce sentiment qu'elle est capable du pire lorsque certains de ses leaders croient leurs intérêts menacés ou tout simplement lorsqu'ils veulent protéger des acquis.
Ainsi, au reproche qui est fait à l'interviewé et à travers lui à la Fesci, d'utiliser la manière forte pour mettre hors des chambres des cités universitaires des étudiants qu'ils jugent ne pas être en règle vis-à-vis de la structure, M. Kakou Brou répond qu'il y a dans le mouvement des brebis galeuses qu'il faut extirper en même temps qu'il reconnaît que l'organisation n'arrive pas à maîtriser sa base. Cet aveu d'impuissance a déjà été fait par le premier responsable actuel du mouvement, M. Serge Kuyo, dans une interview qu'il nous a accordée, il y a quelque temps dans ces mêmes colonnes.
Mais le plus importants c'est qu'elle met à nu cette incapacité à opérer cette mue nécessaire. Et le danger demeure puisque le congrès qui s'annonce révèle encore que tout est en l'état ! " Je pense que les autorités universitaires elles-mêmes ont peur d'approcher la Fesci, parce qu'elles ne peuvent pas prendre parti de peur d'avoir affaire à un camp. Elles préfèrent nous observer ". Sans commentaires. Par
Josette Barry

Auteur:
 
Remous à la Fesci: Richard Dakouri interpelle Gbagbo
   
“ Prenez vos responsabilités ” samedi 20 janvier 2007 par Hippolyte Oulaï
En effet, dans une interview publiée dans notre parution du mardi, le N°1 de la Fesci Serges Koffi a accusé Charles Blé Goudé, Jean-Yves Dibopieu, Ahoua Stallone et lui-même Richard Dakouri d'armer la dissidence au sein du syndicat scolaire et estudiantin depuis les affrontements survenus fin décembre à la Cité Rouge de Cocody. Réagissant à cette accusation, il a répondu que les personnes incriminées par le secrétaire général de la Fesci ne sont mêlées ni de près ni de loin à ce qui se passe dans les cités universitaires. “ Si je les avais armés, est-ce que Serges Koffi est sûr de gagner le combat ? Si Blé Goudé avait armé ces gens-là, est-ce que Serges Koffi pouvait ce combat-là ? Nous ne voulons pas nous tromper de cible. Si nous étions dans ce combat, il serait déjà terminé ”, a martelé Richard Dakouri qui a interpellé Serges Koffi et ses partisans en ces termes : “ que ceux qui ont créé le Conareci (Congrès national des résistants dont le Sg de la Fesci est le président) nous laissent travailler ”. Pour le président de la Sorbonne-mère, les enfants d'une même famille ne se battent pas quand la famille traverse une crise. Le plus important à ses yeux, c'est la lutte pour la libération totale de la Côte d'Ivoire. D'où son appel au chef de l'Etat, afin qu'il puisse ramener l'ordre et la quiétude au sein de la galaxie patriotique. “ J'interpelle le président de la République. S'il pense que Serge Koffi est son enfant, nous sommes aussi ses enfants. S'il pense que ceux qui prennent les kalachnikovs et qui poursuivent d'autres étudiants sont ses enfants, ceux qui sont poursuivis sont aussi ses enfants. Il faut qu'il trouve une solution, avant que la situation ne dégénère. (...) J'interpelle une fois de plus le président de la République pour lui dire que la crise est profonde. La crise est grave. Cette crise a fait des blessés, elle risque de faire des morts, si on n'y prend garde. Au moment où on n'est pas encore passé à la comptabilité des morts, il est important d'extraire les armes des cités universitaires. Monsieur le président, prenez vos responsabilités et faites en sorte que le milieu estudiantin soit débarrassé des armes nocives. Parce que si on n'y prend garde, la situation sera dramatique ”, a déclaré Richard Dakouri, président de la Sorbonne-mère. Le N°2 de l'Alliance estime que les vrais raisons des attaques contre lui et ses amis sont ailleurs. Selon lui, la paix étant proche, Serges Koffi et Kacou Brou dit KB manœuvrent pour écarter les responsables de l'Alliance, afin de bénéficier seuls de la manne financière. L'agression dont il a été victime lundi dernier par des hommes de mains de STT (surnom de Serges Koffi) et KB procède de cette logique, selon Richard Dakouri. Qui a adressé une sévère mise en garde à ces derniers. En des termes très menaçants, il a martelé que si Blé Goudé, lui-même et son épouse étudiante en Lettres modernes qui “ subit des intimidations constantes ” sont attaqués, la riposte sera fatale. Poursuivant, il a mis en garde KB contre les exactions en milieu universitaire. “ Si un étudiant est assassiné en milieu universitaire, nous porterons plainte et nous soutiendrons la famille. Si ça n'aboutit pas, nous nous référerons au président de la République. Là encore, s'il n'y a pas de suite, le président aura légalisé la prise illégale des armes. Nous prendrons les nôtres pour imposer l'ordre sur les campus universitaires ”, a-t-il averti. En définitive, il a appelé Serges Koffi à dialoguer avec les dissidents qu'il avait démis en décembre dernier.
 
De retour définitif d'Angleterre: Joseph Martial Ahipeaud (ex- SG de la FESCI) explose

“J’ai suivi Guéï en 2000 pour éviter la guerre civile au pays ” “On a poussé Guéï à devenir une proie facile ” . “Je n’ai jamais été militant du FPI ”


vendredi 14 juillet 2006 par JMK AHOUSSOU

L'inter : Il y a quelques temps qu'on ne vous a plus entendu alors qu'on peut vous considérer comme une figure marquante de la vie socio-politique nationale de ces 15 dernières années. Qu'est-ce qui a fondé ce long silence ? M. Joseph Martial Ahipeaud : Effectivement, j'ai observé un temps de silence parce que je considère qu'il y a trop de bruits aujourd'hui dans le pays et même si on a des idées qui sont novatrices, si on a des propositions qui sont nouvelles, ces propositions-là ne peuvent pas être fondamentalement comprises par les Ivoiriens. Ensuite, j'estime que depuis le 19 septembre 2002, la Côte d'Ivoire vit une parenthèse difficile, et dans ces conditions il est préférable d'abord de faire en sorte de trouver tous les moyens pour sortir de cette crise-là, parce que fondamentalement nous, nous faisons la politique et comme nous sommes dans une situation d'exception, il faut vraiment faire en sorte que nous sortions de cette situation. Et comme nous sommes tous embarqués vers une sortie de crise, cela nous libère un peu et puis ça nous permet éventuellement de vouloir prendre la parole pour donner notre point de vue sur des perspectives.

L'inter : Vous êtes parti en 1994 en exil en Grande Bretagne comme réfugié politique. Vous êtes revenu par la suite pour encore repartir. Pourquoi ces va-et-vient incessants vers l'Angleterre ?

JMA : Je suis parti en 1994 parce qu'il y avait une incompréhension entre le pouvoir PDCI d'alors et moi, puisque le général Ouassenan Koné considérait que j'étais le manitou qui manipulait les camarades de la FESCI, ce qui n'était pas du tout le cas. Donc n'étant pas responsable du mouvement, il ne fallait pas que je prenne les coups inutilement. Je suis donc parti. En l'an 2000, je suis revenu parce qu'il y avait des contradictions dans le Front républicain au niveau de l'Université, puisque finalement les deux tendances du Front républicain avaient engagé le combat de la reprise en main de cette structure dans la perspective des élections, et il fallait gérer les dommages collatéraux. Et c'est sur invitation du Commandant Gaoudi Oulata qui était à l'époque le Patron de la GSPR (Groupement de Sécurité de la Présidence de la République, ndlr) que je suis venu les rejoindre dans une dynamique de résolution de la crise au niveau de l'Université. Ce que j'ai fait et je suis retourné, bien entendu, puisque j'étais en train de préparer ma thèse. Quand le général Guéï a voulu être le candidat du peuple, parce que j'ai estimé à cette époque qu'il fallait éviter que ce que je venais de gérer au niveau de l'école ne devienne une affaire nationale, puisque c'était la contradiction violente entre le FPI et le RDR que je venais de gérer. J'ai estimé à cette époque-là que pour éviter la guerre civile, il fallait permettre aux militaires de continuer leur mandat pour qu'éventuellement les civils prennent leurs responsabilités en négociant entre eux une sortie de crise pas conflictuelle. Mais comme nous avons été mis en minorité par rapport à cela à cette époque, le peuple ivoirien a estimé qu'il fallait voter. Les Ivoiriens ont voté et moi qui n'avais plus de travail à faire ici, je suis retourné en Angleterre pour finir ma thèse que j'ai obtenue en 2003-2004. En ce moment, je fais de la consultance avec des structures à l'extérieur. L'inter : En 2000, lorsque vous reveniez, pour tous ceux qui vous ont connu en tant que Secrétaire général de la FESCI, ils s'attendaient à vous voir aux côtés du FPI. Et on vous retrouve du côté du général Guéï. Qu'est-ce qui a fondé la rupture d'avec le FPI ? JMA : Il y a deux éléments qu'il faut d'abord préciser. Je n'ai jamais été militant du FPI. Je me suis retrouvé avec le FPI sur une plate-forme de revendication démocratique. J'étais plutôt un militant du Parti Socialiste Ivoirien du Pr. Bamba Moriféré. Et donc avec le FPI, on avait une revendication à cette époque-là qui est qu'il fallait la démocratie intégrale dans notre pays. Ça veut dire que chaque Ivoirien doit pouvoir voter et que le résultat de ce vote-là soit vraiment le reflet de ce qui s'est passé dans les urnes. Et donc par rapport à cela, nous avons travaillé ensemble. Au sein de la FESCI, il y avait toutes les tendances. Maintenant en 2000, ce qui s'est passé c'est que nous avons considéré que la Constitution telle qu'elle avait été conçue, allait poser problème et nous nous sommes informé. Nous avons vu les tenants et aboutissants de ce processus. A partir de cet instant, la deuxième action que nous avons entreprise avec beaucoup de nos camarades de la FESCI à cette époque-là, c'était de rencontrer tous les leaders politiques. Il ressort de nos entretiens que les gens étaient dans leur logique. Le RDR était dans sa logique, le FPI était dans la sienne qui était la prise de pouvoir par tous les moyens. Pour nous, ça n'avait rien à voir avec le combat pour lequel on avait pris trop de coups. C'est ainsi que j'ai estimé qu'il fallait éviter cette confrontation d'autant plus que, et c'est ça le troisième point, le plus important, moi, j'ai dû gérer cette confrontation entre les deux parties à l'Université. J'ai même sauvé la vie à quelque trois à cinq personnes que j'ai retrouvées ensanglantées, découpées à la hache, à la machette. Je voyais déjà le processus qui s'était enclenché. Je me suis posé la question : Si le FPI gagne dans ces conditions qu'est-ce qui va se passer ? Le RDR, telle que la Constitution est faite, son candidat ne passera pas, donc quelle va être sa position ? Sa position sera claire, celle de continuer le combat contre le nouveau pouvoir civil parce qu'il aura considéré que le FPI l'a trahi. A partir de ce moment-là, lorsque je suis retourné à Londres et que le Colonel Gaoudi Oulata m'a appelé pour dire que le général voulait être candidat, je me suis dit que c'était une opportunité pour le pays d'éviter la guerre civile. Pour moi, c'était une position de principe, parce que d'un côté on a plus ou moins respecté la plate-forme sur laquelle on s'est toujours retrouvé, et de l'autre, c'était une opportunité pour éviter que le pays ne connaisse une situation dramatique qui allait éventuellement tourner à la “rwandaisation ” du pays, puisque tout le contexte était aussi réuni. La haine tribale dans les discours, les médias partisans et déchaînés, etc. J'ai eu peur pour mon pays et c'est pour cela que j'ai pris cette position à cette époque-là.

L'inter : Le général Guéï est battu aux élections et l'idée de créer un parti voit le jour. On vous retrouve contre toute attente dans les instances de l'UDPCI. Comment cela s'est passé ?

JMA : Je suis rentré en novembre 2000 à Londres pour continuer mes recherches. C'est là-bas que j'étais quand Jean Blé Guirao qui dirigeait l'association “Notre Cause ”, m'a informé qu'effectivement il y avait des gens qui étaient en train de s'organiser pour créer un parti. Nous avions déjà créé notre parti au sortir des élections qui était l'Alliance des Forces du Changement, mais on n'avait pas encore déposé les Statuts. Quand le général Guéï a su cela, il m'a dit qu'il préférerait que nous le rejoignions pour constituer un front avec tous les autres qui l'ont soutenu. Donc, Blé Guirao m'a informé et je lui ai répondu que si c'est le général Guéï qui me le demandait, il n'y avait pas de problème. Je n'étais pas là quand le congrès se tenait. Le général Guéï m'a mis dans le Secrétariat général parce qu'il avait considéré que je m'étais battu à ses côtés avec toute la franchise. Il a vu en moi une personne qui n'avait pas de position opportuniste. Je n'ai même pas pu faire la première réunion du Secrétariat général que le Secrétaire général Balla Keïta a été assassiné à Ouagadougou. Je suis venu ici pour les funérailles et à peine je suis retourné à Londres que le général Guéï lui-même a été assassiné. Pour vous dire qu'à la vérité, l'UDPCI, pour moi, a été un parti virtuel, puisque je n'ai même pas pu participer à une seule réunion de la Direction du parti. Le Président Guéï lui-même n'a pas pu mettre en place une Direction effective, on n'a même pas eu une réunion du Secrétariat général. Moi, en tout cas, je n'ai pas participé à une seule réunion du Secrétariat général, où encore a une réunion du Bureau Politique, encore moins du Comité Central qu'il n'a même pas pu mettre en place. Donc finalement, c'est un parti qui a été créé et qui a été tué à l'image de ses fondateurs que furent le Secrétaire général et le Président. Voilà un peu le contexte de mon intégration dans ce parti.

L'inter : Lorsque le général Guéï est assassiné le 19 septembre 2002, vous n'êtes pas au pays. Comment avez-vous vécu cela ?

JMA : J'ai été très inquiet. Cela a commencé avec la conférence de presse du général du 13 septembre 2002. Quand j'ai lu le contenu de la conférence, j'ai appelé des amis et je leur ai dit que le contenu était trop fort. Ensuite, il y a eu une déclaration d'un camarade du Secrétariat général, la semaine qui a suivi et qui menaçait plus ou moins ouvertement le pouvoir en place. Je ne comprenais pas quels étaient les fondements de ces attaques. Quand l'opération du 19 septembre 2002 a commencé, j'ai compris tout de suite que le général avait été piégé, parce que je me suis rendu compte que des gens l'avaient poussé à faire des déclarations pour qu'il devienne une cible facile. Dès qu'on m'a appelé pour me dire que ça tirait à Abidjan, j'ai dit que c'était dangereux. J'ai essayé de joindre les uns et les autres. Quand, j'ai vu son corps sur le Net, les premières photos qui avaient été publiées par la presse internationale, cela a été un véritable choc, parce que je n'avais pas vraiment connu ce monsieur et je l'ai apprécié. J'ai vu en lui un vrai chef de village, quelqu'un qui avait vraiment une idée de vouloir faire en sorte que la démocratie soit effective dans le pays et il se voyait dans le rôle d'un homme comme Napoléon, remettre tout en ordre avant que les civils ne viennent gouverner comme ils le pouvaient. Malheureusement, son expérience et sa vision n'ont pas pu prévaloir, et le voir en tant que premier Chef de l'Etat de notre pays étendu dans les gazons, ça a été vraiment un choc pour moi, et c'est resté comme un os dans nos gorges.

L'inter : Aujourd'hui, il n'est pas encore enterré. Il y a tout un ballet autour de son corps. Comment vous-voyez un peu tout cela ?

JMA : Je suis un peu étonné qu'il y ait ces problèmes pour l'enterrement du général Guéï, parce que l'UDPCI, en tant que parti, devrait enterrer le général depuis le 19 septembre 2002. Pour moi, si l'UDPCI ne l'a pas fait, parce qu'on considère que c'est un combattant et que son fils, de guerre lasse, décide de prendre les choses en main, nous en tant que parti, on aurait dû l'accompagner. Quand le Président Houphouët-Boigny est mort, ce sont ses enfants qui l'ont enterré. L'Etat de Côte d'Ivoire n'a fait que les aider. On n'a pas pu, nous en tant que peuple, en tant qu'Etat, remplacer les enfants ou la famille de Félix Houphouët-Boigny. Donc pour moi, c'est une situation que je ne comprends pas. Je pense qu'aujourd'hui, ce qu'il faut c'est de taire toutes les querelles. Je ne sais pas si vous avez pu voir le corps de ce monsieur qui a été quand même le Chef de cette Nation à un moment donné. Je crois que c'est mauvais spirituellement pour la Côte d'Ivoire que ce monsieur reste encore à la morgue. Il est bien que les morts gèrent les morts et que ce monsieur soit enterré quelle que soit la situation. L'enterrement du général Guéï, vous allez voir, va provoquer un déclic parce qu'un chef d'une nation ne reste pas au soleil. S'il reste au soleil, il y a des problèmes qui seront liés à ce fait là. Les frères de l'UDPCI doivent aider aujourd'hui le jeune Franck Guéï à enterrer son père pour que nous-mêmes, en tant qu'Ivoiriens, nous ayons la paix. Tant que la dépouille du général Guéï sera à la morgue, il n'y aura pas de paix dans ce pays.

 
 
 
LES ANCIENS DE LA FESCI SE SONT RETROUVES A LONDRES
   

QUE MIJOTENT-ILS?

Ils sont arrivés en de grandes vagues en Europe vers le milieu des années 90s.  Ils avaient en tête une chose; se refaire après avoir tout perdu dans une lutte sans répit pour l'avènement du multipartisme et de la démocratie dans leur pays. Ils, ce sont ceux qu'il convient d'appeler aujourd'hui les anciens de la Fédération Estudiantine Et Scolaire de Côte d'Ivoire (la FESCI). 

Leur arrivée en Europe et particulièrement en Angleterre où s'est retrouvé le plus grand nombre d'entre eux, a fait dire à beaucoup d'observateurs et non des moindres que l'avenir politique de la Côte d'Ivoire s'était déplacé en Europe. Qui ne se souvient pas de Martial Ahipeaud, surnommé en son temps le petit Gbagbo, de Guillet Mampo Gérard son adjoint, de Tohou Henri, d'Ano Thimoté, de Madé Gueu, d'Apolos le Colo., de Touré Moussa dit  Zeguen, de Marcel Seaka dit Manager. Qui ne se souvient pas du bois sacré des stratèges. Qui n'a pas vécu la mutation culturelle zougloutique sous l'impulsion de cette jeunesse volontaire et pleine d'engagement. Oui! Qui?  On en dénombrera très peu.  De même malheureusement aujourd'hui, ils seront très peu ces observateurs qui feront la même lecture qu'ils ont faite hier, car l'avenir politique de la Côte d'Ivoire semble se jouer avec insistance en Côte d'Ivoire. D'ailleurs, il semble se jouer avec d'autres jeunes.

Que s'est il passé?

Beaucoup de choses est on tenté de répondre pour couper court. Cependant, il me parait utile d'apporter un peu plus d'éclairage au sujet.

L'une des remarques qu'il convient de faire, tient aux relations entre les premiers dirigeants de la FESCI avant le voyage européen.  Ces relations sont allées dégradantes jusqu' à ne pratiquement plus exister ou à n'exister que de façade.  Déjà vers la fin de l'année 1992, l'on assistait à la naissance de deux clans à l'intérieur de la FESCI.  D'un coté il y avait le clan dirigé par Guillet Mampo Gérard dans lequel l'on retrouvait tous les responsables qui résidaient à la cité universitaire de Yopougon à l'exception de Madé Gueu Emile et de l'autre, le clan de Martial Ahipeaud.  Ces deux clans se livraient une bataille dans les cités universitaires et dans les amphithéâtres pour l'occupation du terrain.  Cette bataille livrée à Abidjan s'est déportée en Europe avec des enjeux évidemment beaucoup plus politiques que syndicalistes.  Elle a contribué à annihiler la possibilité d'un mouvement de grande envergure et même la capacité d'organisation réelle de ces dirigeants.  A cette bataille, il faut ajouter la forme d'émigration qu'ils ont adoptée.  Pour la plupart, ils sont entrés en Europe comme demandeurs d'asile politique.  Ce statut a deux inconvénients capitaux qui peuvent aisément couper toute personne désireuse de faire de la politique de sa base.  D'abord, ses activités politiques sont restreintes pour respecter les conventions de Genève. Ensuite, pour le cas  de l'Angleterre, le demandeur d'asile ne peut sortir de ce pays que lorsqu'il obtient le statut de réfugier.  Il y a de nombreuses restrictions quant aux pays qu'un réfugier en Angleterre peut visiter.  Par exemple, il n'a pas le droit de visiter son pays sans s'être soumis à un certain nombre de procédures quelques fois coûteuses. Le temps qui lui est permis de passer hors du Royaume Uni est lui-même restrictif.  Les dirigeants de la FESCI étant en majorité des demandeurs d'asile, ils ne pouvaient pas participer réellement au débat politique ivoirien.  Ils ont toutefois choisi des formes associatives qui leur permettaient d'échapper au regard du législateur.  En Angleterre, il y a eu l'Ivorian Relief Action Groupe (IRAG) qui avait en son temps invité Mme Simone Ehivet Gbagbo pour donner une conférence sur la situation politique de la Côte d'Ivoire. 

L'IRAG , malgré son caractère caritatif et sa portée communautaire était dans le fond une affirmation d'un clan sur un autre avec Martial Ahipeaud tenu à l'écart. Ce dernier prendra ses quartiers dans le Nord de Londres où il créera ou suscitera des organisations sans réellement se mêler des activités de la communauté. 

Il est possible de dire sans se tromper que la vie et la gestion de l'IRAG détermineront l'avenir politique des anciens dirigeants de la FESCI.  Car cette organisation a été l'objet de nombreuses intrigues qui ont conduit beaucoup de ses membres à penser à d'autres alternatives.  Il s'est d'abord créé une pléthore de groupes de réflexion et ensuite parce qu'ils ont fini par comprendre le comportement du législateur britannique, des partis politiques.  Qui dit parti dit défense d'intérêts politiques particuliers et recherche du pouvoir.  Où se trouve le pouvoir pour ceux qui ne peuvent pas ou ne sont pas prêts à aller chez eux ?  De manière concrète, il se trouve à la tête de leur communauté et le reste se verra après. D'où la direction des organisations communautaires qui se donnent pour vocation le ralliement de tous les Ivoiriens vivant au Royaume Uni devient un objectif immédiat dans la conception des stratégies politiques. Elle devient un enjeu politique qui malheureusement ne réussira pas à se défaire des intrigues et des contradictions à l'intérieur de la FESCI et de l'IRAG. Ces intrigues s'expriment par la création de nouvelles organisations chaque fois que l'on ne peut pas en diriger une autre ou encore par le boycotte voire le sabotage des activités des autres.  La compétition des intelligences va ainsi faire place à la ruse des intelligences.  Au fil du temps, les anciens de la FESCI vont perdre de vue l'essentiel pour s'engager corps et âme dans un bras de fer interne dans lequel chacun voudra montrer sa force vis-à-vis de l'autre.  Pendant ce temps, la vie continue à Abidjan et une nouvelle jeunesse s'installe.  Cette jeunesse a engendré une rébellion, elle a aussi des mouvements patriotiques, elle a des ministres et même un Premier Ministre.  Elle a une base sur place et elle participe aux grandes décisions. L'avenir politique de la Côte d'Ivoire semble se jouer avec insistance en Côte d'Ivoire. Il se joue avec ces jeunes.

Les anciens de la FESCI qui ont fait le voyage européen au milieu des années 90s se rendent ils compte maintenant du temps inutilement perdu dans des intrigues quelques fois incongrues ? J'ose le croire, car le Samedi 13 Octobre, ils ont organisé une rencontre dite retrouvaille des ex-fescistes.  Plus qu'une retrouvaille, il s'agissait d'une rencontre de prise de contact pour des actions avenir. Quelles actions ? Wait and see.

PAR serge momboye