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DOCTEUR ANTOINE AHUA JUNIOR

Chers compatriotes, la plupart d'entre vous m'ont découvert comme coauteur du livre intitulé «La guerre de la France contre la Côte d'Ivoire», Conseiller spécial du Président de l'Assemblée nationale et défenseur acharné de l'intégrité territoriale nationale, pour la protection de notre souveraineté de peuple libre, dans le strict respect de la Constitution de notre pays, loi fondamentale qui régit notre association commune d'individus civilisés, unis par un même destin et soumis à une même destinée ... j'ai œuvré pour mon pays, du côté du camp présidentiel; c'est-à-dire au compte du maintien au pouvoir du régime du Président Gbagbo. C'est dire que pendant les trois ans et demi qu'a duré mon exil forcé, illégal en vertu des art.2, 4, 20 et 22 de la Constitution, exil ordonné paradoxalement par le régime que je défendais, de plus sans respect de mon contrat de travail avec l'Assemblée nationale, permettez-moi de radoter, je suis resté par conscience, loyal aux autorités de l'État ivoirien dont la cause était la mienne ... Ceci dit, je suis une personnalité vouée à la politique. C'est ce que je sais faire le mieux. Le temps est donc venu pour moi de rendre plus efficace que jamais mon dévouement à la démocratisation de notre pays, en m'engageant dans un parti politique. En effet, jusqu'à présent, j'ai donné priorité à la défense des institutions républicaines sans être membre d'un parti politique quelconque, bien que dans le contexte ambivalent d'hier, j'étais de facto sympathisant du FPI. À l'approche des élections des dirigeants de la Côte d'Ivoire pour les cinq prochaines années, c'est le moment propice pour moi de m'associer à un groupe d'hommes et de femmes dont la vision politique, économique et sociale de la Côte d'Ivoire de demain se rapproche le plus de la mienne. Chers compatriotes, Antoine Ahua Jr n'a pas changé. Je reste républicain et démocrate.

Dr Antoine Ahua Jr
 
 
 

Affaire «Remaniement ministériel»

Le 30 novembre 2008, le Régime Gbagbo tombe constitutionnellement et sans appel

Dr Antoine Ahua Jr - Québec, Canada - Depuis quelques jours, le camp présidentiel (Gbagbo, FPI et CNRD) a oublié à la MACA ses «appâts café cacao» jetés à l'eau pour espérer pêcher quelques gros poissons de l'opposition (RHDP). Le leurre judiciaire n'ayant mystifié aucun adversaire électoral, Gbagbo semble s'être concentré maintenant sur son plan B, soit le leurre politique de l'électorat en argumentant que le RHDP sabote le bon travail qu'il fait pour la sortie de crise. Curieusement, le Président de la République fait cette complainte en alléguant un certain manque de solidarité des ministres de l'opposition relativement, non pas à l'APO (plan de sortie de crise), mais aux décisions du gouvernement pour mettre fin aux manifestations de la population contre la récession économique. D'où l'inconsistance même du discours électoral du Président.

En effet, Gbagbo ne cesse de radoter, en un premier lieu, qu'il n'est préoccupé que par la sortie de crise (processus électoral) afin de pouvoir, en un second lieu, s'occuper des problèmes de développement après sa réélection. Il a même osé faire du chantage aux chômeurs du Département d'Adzopé, venus l'entendre le 11 janvier 2008, en leur déclarant qu'il ne peut pas suivre deux écureuils à la fois et que son programme économique de 2000, le seul capable de sauver la Côte d'Ivoire, ne pourra être exécuté que s'ils votent (encore une fois) pour lui au prochain scrutin. Est-il donc étonnant qu'après avoir semé le vent économique, Gbagbo récolte la tempête de la faim du peuple? L'incongruité, c'est que le Président n'arrive pas à attraper le seul écureuil qu'il a décidé de suivre, en l'occurrence l'application de l'APO, et refuse d'assumer les effets sociaux de l'absence (volontaire) de programme économique dans son gouvernement.

En fait, la mission uniquement «électorale» de l'APO du 4 mars 2007 avait pour pré-requis que les élections se tiennent assez rapidement, soit dans les dix mois. Au-delà de cet horizon, l'APO réactualisé le 28 novembre 2007 avec les Accords complémentaires de Korhogo, toujours sans plan économique, portait là les germes des limites de la patience du peuple affamé.

Alors, qu'est-ce Gbagbo espère du front social après que l'APO, même re-chronogrammé, n'ait pas pu respecter sa promesse d'amener les électeurs aux urnes le 30 juin 2008 et soit en train de donner, de surcroît, des signes de trahison pour le 30 novembre prochain, alors que l'inflation déprime l'économie, que le peuple se sent de plus en plus arnaqué et que l'avenir s'enfonce dans la merde? Il est donc injurieux de la part du camp présidentiel d'infantiliser les travailleurs et les consommateurs en traitant leurs syndicats ou associations de fantoches à la solde de quelques politiciens de l'opposition. L'heure est plutôt au bilan de l'APO et de tirer les leçons de son échec éventuel si le cap du 30 novembre prochain est franchi sans élection. Mais Gbagbo se contente de récuser toute responsabilité et de justifier le cul-de-sac sociopolitique actuel par la simple présence de quelques ministres du RHDP dans le gouvernement; un gouvernement qui n'est pourtant bizarre que parce qu'il est sans mandat gouvernemental; un gouvernement qui, concrètement, dédouble le rôle de la CEI ; un gouvernement où le seul rebelle notoire est Désiré Tagro, ministre (FPI) de l'Intérieur, accusé publiquement de vouloir jouer le rôle de PM bis.

Malgré son diagnostic erroné, le Président Gbagbo est allé en visite officielle à Ouagadougou le dimanche passé pour, non seulement solliciter le quitus du Facilitateur Blaise Compaoré afin de pouvoir chasser les ministres dits opposants du gouvernement, mais aussi et surtout pour corroder le Président Burkinabè lui-même, à défaut de pouvoir le corrompre, en sa qualité de co-parrain de la résolution onusienne qui était attendue cette semaine sur le processus électoral ivoirien.

Après les observations (extérieures) de l'ONU en date de mardi 29, des interrogations de portée nationale subsistent et aboutissent à plusieurs dilemmes dont les suivants : 1) Guillaume Soro a été nommé PM en avril 2007 par le PR Gbagbo, en tant que chef rebelle bien placé pour satisfaire aux revendications de «sa» rébellion, alors que la population réclame avec insistance depuis le 14 juillet 2008 des solutions aux insatisfactions socioéconomiques générales, lesquelles requièrent un PM de connaissances et d'expériences «classiques»; 2) le PR Gbagbo s'acharne à avoir un nouveau gouvernement (eunuque) au moment où la donne politique exige un tout nouveau régime par élection; 3) le risque que le présent régime soit emporté par une fronde populaire, est réel sans qu'une référence légale n'ait prévu ce cas de figure pour que la continuité des affaires de l'État soit assurée, ce, du fait que les mandats, légitime et constitutionnel de Gbagbo, sont échus respectivement depuis le 26 octobre 2005 et 90 jours après n'importe laquelle des nombreuses dates que les deux signataires de l'APO ont confusément proclamées en 2007 comme étant l'avènement officiel de la réunification du pays (art.38 de la Constitution ).

Bref, le RHDP a le devoir républicain de réfléchir aux scénarios-solutions de cet éventuel vide juridique, à moins que le CS de l'ONU n'anticipe ce problème ivoirien dans une prochaine résolution afin d'éviter à la Côte d'Ivoire les conflagrations à propos desquelles l'humanité ne cesse de répéter : «Plus jamais ça!»

Dr Antoine Ahua Jr - Québec, Canada

Le 31 juillet 2007
 

Affaire judiciaire Filière café-cacao: LE PLAN DIABOLIQUE DE GBAGBO

Docteur Ahua Junior - Le 30 novembre prochain, les Ivoiriens iront aux urnes. Cette fois, la certitude est certifiée par l'ONU, une institution experte en organisation électorale en pays de turbulence. Le peuple aura donc l'occasion, dans quatre(4) longs mois, de changer de régime politique, après un long huit(8) ans de régime de diète économique. Un quatre longs mois, eu égard au risque désormais quotidien que la Côte d'Ivoire plonge dans la gestion d'un traumatisme du «syndrome roumain de décembre 89»; lorsque un rassemblement de masse, censé confirmer le soutien populaire au dictateur socialiste Nicolae Ceausescu (1918-1989), appelé «le Guide» (conducator, en Roumain), s'est transformé en une démonstration massive de protestation qui le fit fuir du pouvoir par hélicoptère .

Ce scénario ingérable et non souhaitable dans le contexte socio-économique actuel n'est pas farfelu depuis que le 14 juillet, des syndicats de travailleurs et des associations de consommateurs ont commencé à défier l'autorité du gouvernement pour mauvaise gouvernance en matière de gestion de coût de la vie. Quoiqu'au terme du Conseil des ministres extraordinaire du dimanche 20 juillet, le président socialiste, Gbagbo le Woody (le Guide), et son PM Soro ont pris des décisions qui occasionnent des réactions de soulagement partagées.

En réalité, le vrai cauchemar des Ivoiriens d'ici le 30 novembre 08 est l'effet sociopolitique insoupçonné de la saga judiciaire que Gbagbo a initiée contre les gestionnaires de la Filière café cacao et dont les premières «auditions» ont débuté le 19 juin 08. Ce jour-là, le procureur de la République, Raymond Tchimou, a conduit ses trois premiers inculpés

devant le juge d'instruction du tribunal de première instance d'Abidjan Plateau, le Juge Gnakadié Ladji. Depuis ce jour, la MACA a reçu pour emprisonnement, par trio et au cours de la semaine suivante, au total une vingtaine de Hauts cadres de la Filière, presque tous, proches du FPI, parti au pouvoir. Le hic est que les mis en cause sont dits détenus pour «détournements de fonds, abus de confiance, abus de biens sociaux, escroquerie, faux et usage de faux en écriture privée ou de banque» et ce, sous mandat de dépôt , sans qu'aucune personnalité et leader d'opinion n'y voit d'anomalie.

Le président du parti au pouvoir, Affi N'guessan, dont la seconde conjointe fait partie des prisonniers, a salué et a même encouragé «l'initiative du Chef de l'État de moraliser la vie publique» dans un communiqué, le 30 juin, en croyant naïvement que, « à ce stade de la procédure, les mis en cause bénéficient de la présomption d'innocence». De son côté, l'opposition politique réunie au sein du RHDP s'est prononcée clairement, le 18 juillet dernier, contre la hausse des prix du carburant, tout en s'abstenant de s'exprimer sur les arrestations en cours dans la Filière café cacao.

Or, il est notoire dans tous les codes pénaux de «type français» qu'un «mandat de dépôt» ne peut être décerné qu'à l'égard d'une personne jugée et trouvée coupable. Pis encore, si le présent statut judiciaire erroné est maintenu, c'est que le tribunal aurait préjugé que les accusés sont coupables d'une peine supérieure à un an d'emprisonnement. C'est dire que notre appareil judiciaire a erré en droit en prenant un mandat de dépôt là où l'acte aurait dû être un simple «mandat d'arrêt» contre ces personnes sur lesquelles ne pèsent que des indices (même sérieux) d'infractions graves et qui ne devaient pas être détenues sans jugement pour une durée de plus de 24 heures. La bourde judiciaire est donc trop monumentale pour passer inaperçue et sans éveiller des soupçons à l'effet que cette affaire sent le complot, la corruption et la politicaillerie.

En fait, la légitime réforme réclamée de tous dans la Filière café cacao s'est métamorphosée précipitamment en un «néologisme ivoirien» de «moralisation de la vie publique» de façon improvisée, contreproductive et inconstitutionnelle. À cet égard, un simple survol analytique révèle d'emblée des manquements graves.

Premier manquement : le motif des arrestations est l'imputabilité et non la responsabilité. En effet, les différents cadres de la Filière qui ont été inculpés, pour chacun des organismes impliqués, occupent respectivement les postes de PCA, DG et DAAF. Si les occupants de ces fonctions sont a priori imputables de la gestion de leurs employés, ils ne sont pas nécessairement responsables eux-mêmes des infractions commises par ceux-ci. Il est donc évident qu'il n'est pas encore démontré la culpabilité des personnalités écrouées, en l'occurrence les dirigeants du FDPCC : Henri Amouzou (PCA), Théophile Kassi (DG) et Mme Obogui née Houssou Amenan Rosine (DAAF), de la BCC : Lucien Tapé Doh (PCA), Tanoh Kassi (DG) et Mme Viviane Manzan (DAAF), du FRC : Mme Angeline Zilahon Kili (PCA), Firmin Kouakou (DG) et Prosper Kouassi Tohouri (DAAF), de l'ARCC : Placide Zoungrana (PCA), Didier Gbokou (DG) et Mme Koffi Dominique épouse Agbalessi (DAAF), du FGCCC : Jacques Mangoua (PCA), Jean-Claude Bayou (DG) et Alfred Gnako Sokori (Contrôleur financier), etc.

Le motif de l'imputabilité, utilisé subtilement, permet de décrier que les mandats de dépôt appliqués aux technocrates proches du Pouvoir est sans aucun doute un attentat criminel à la liberté des concernés. Aussi, ce motif d'imputabilité pris à l'encontre de supposés amis ouvre la porte à un semblant d'impartialité pour justifier les arrestations arbitraires et déjà programmées de personnalités politiques, notamment de ministres, membres de partis de l'opposition. Pourtant, le concept d'imputabilité fait, de facto, du Président de la République lui-même, le premier gestionnaire à inculper, reléguant du coup les dirigeants arrêtés de la Filière au rang de bénéficiaires d'excuses absolutoires. C'est dire que ceux-ci sont en réalité des prisonniers politiques écroués illégalement sous le prétexte grossier de détournements de fonds qui, en fait, sont érigés en système par le régime de la Refondation depuis sa fondation en octobre 2000. À terme, vu les attitudes dilatoires qui sont les siennes, le Président Gbagbo peut être accusé de vouloir établir la chienlit afin de tenter de rendre impossible la tenue des élections du 30 novembre prochain pour lesquelles ses chances à la présidentielle et celles de son parti aux législatives sont très affaiblies.

Deuxième manquement : le système judiciaire est aliéné au pouvoir exécutif. En effet, il est connu que l'impunité fait partie des maux les plus graves que déplorent les Ivoiriens. Human Rights Watch considère que «ce sont les tribunaux nationaux qui sont responsables au premier chef de la poursuite des crimes commis à l'intérieur des frontières nationales». L'ONU ajoute dans un communiqué que «bien que la Constitution ivoirienne prévoie l'indépendance de l'appareil judiciaire, ce dernier est soumis à des pressions du pouvoir exécutif et à des influences extérieures, surtout la corruption. Par ailleurs, les cas d'arrestations et de détentions arbitraires sont fréquents, tout comme les détentions préventives prolongées sans pouvoir bénéficier des conseils d'un avocat». Comment cela pourrait en être autrement lorsque, Tia Koné, président de la Cour suprême, estime que le Président Gbagbo est un ami et qu'il battra campagne pour lui dans son patelin de l'ouest? Est-ce approprié de parler d'impartialité du Judiciaire lorsque le procureur de la République, Raymond Tchimou, menace à tout vent qu'il peut arrêter qui il veut quand il le veut?

Voilà pourquoi il n'est pas étonnant que, dans le cas particulier de la filière café cacao, Me Tchimou ait fait des inculpations à partir d'une liste fournie par la présidence, suite à une certaine enquête diligentée par le Président Gbagbo lui-même. D'où l'illégitimité de toute la saga judiciaire courante. Il s'agit, par voie de conséquence, d'une conspiration de nature politique dans une Côte d'Ivoire où la corruption, le népotisme et les détournements de fonds sont tous azimuts, soit, outre dans la filière café cacao et dans les autres cas flagrants et intenables : malversations relatives aux déchets toxiques, aux revenus pétroliers, aux fonds de souveraineté de la Présidence, aux fonds d'indemnisation des victimes de guerre et aux fonds de réinsertion des milices, au sein aussi de tous les Pouvoirs institutionnels y compris les armées (FDS et FAFN), de tous les secteurs économiques, de tous les partis politiques et clubs de soutien, de la Fonction publique et de toutes les écoles. Ce, dans toutes les classes sociales.

Dans ce contexte, la moralisation publique conduite dans les règles de l'art, devrait conduire tous les Ivoiriens en prison. Une conclusion laconique et ironique pour dire que la nouvelle Côte d'Ivoire de justice et d'équité ne commencera qu'avec les élections du 30 novembre prochain. Pas avec la dictature sans foi ni loi de Gbagbo.

Dr Antoine Ahua Jr

Québec, Canada

21 juillet 08

 

TOUT LE RÉGIME GBAGBO EST CORROMPU HALTE À L'HUMILIATION DES BOUCS ÉMISSAIRES!

Chers Ivoiriens, le Gouvernement vient d'annoncer qu'il manque 80 milliards de CFA pour organiser les élections auxquelles vous avez droit depuis le 26 octobre 2005. Le régime dit de la Refondation du Front populaire ivoirien (FPI) est présidé par Laurent Gbagbo qui a prêté serment en octobre 2000 pour défendre la Constitution dans laquelle sont enchâssées les lois qui protègent chaque citoyen contre les abus de l'État et des individus coupables d'infractions. Le bilan qualitatif des Refondateurs est devenu un hymne national car connu de tous : la misère. Pas de routes, pas d'hôpitaux, pas d'écoles, par d'équilibre alimentaire! De 2001 à 2007 inclusivement, en sept (7) ans, les Ivoiriens ont produit dans l'économie, du travail dont les salaires cumulés ont été de 61 mille milliards de FCFA. Sur ce montant, le budget cumulé que Gbagbo nous a fait savoir est de 12,4 mille milliards de CFA. Le pétrole ivoirien à lui seul génère des recettes d'exportation de mille cinq cents (1500) milliards par année, lesquelles recettes n'ont commencé à être comptabilisées dans le budget de l'État
qu'en 2008, sous la pression des banques auxquelles Gbagbo préfère emprunter au lieu de réunir notre propre argent qui a disparu dans les poches des gestionnaires de l'État et de ses organismes affiliés. Notre argent se trouve donc dans le bilan quantitatif des hommes et femmes du régime : châteaux des quartiers auxquels vous n'avez pas accès, voitures de luxe qu'on voit à peine rouler en Amérique, coffres-forts qui meublent les bureaux et les chambres à coucher de nos présidents d'institutions et comptes bancaires des États voyous défiscalisés.

Voilà que Gbagbo et son gouvernement nous disent que la situation risque de perdurer parce qu'ils ne peuvent pas trouver un petit 80 milliards de FCFA en Côte d'Ivoire pour que nous puissions choisir nos nouveaux dirigeants le 30 novembre prochain. Gbagbo demande aux banques prêteuses d'alourdir notre dette. Savez-vous que par mauvaise gestion, chaque Ivoirien, y compris un bébé naissant, doit aux banques étrangères 500 mille FCFA qu'il doit rembourser, tôt ou tard, par prélèvements de l'État sur l'argent qu'il n'a pas encore reçu?

C'est dire que c'est tout le régime actuel qui est corrompu, soit les gestionnaires des trois pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire). Alors, les banques prêteuses demandent à Gbagbo d'arrêter d'endetter les citoyens, de mettre de l'ordre dans le mode de gestion de notre administration et de trouver les 80 milliards qui manquent pour boucler les élections. Dans la panique, Gbagbo ne met pas en cause son régime qui a échoué et arrête de façon systématique les PCA, DG et DAAF des organisations de la filière café cacao, sans discernement et contre le respect des Droits de l'Homme.

Chers Ivoiriens, quand tout un régime est corrompu, on change de régime. Que les boucs émissaires (amis ou ennemis de Gbagbo, peu importe) mis aux arrêts, soient libérés immédiatement et que l'on aille aux élections.

S'il faut que nous cotisions pour ramasser 80 milliards, nous devons le faire au nom de la démocratie. Mais de grâce, que Gbagbo cesse de laisser croire qu'il n'y a que l'argent du café et du cacao qui est en cause; il y a aussi l'argent volatilisé du pétrole, les cent milliards de FCFA détournés (à plus de 80%) du contrat illégal des déchets toxiques, les blanchiments d'argent, les rackets à la fonction publique et dans l'armée, etc.

Le problème ivoirien est donc le régime du FPI et non les boucs émissaires, dont la femme légitime (issue de mariage coutumier à Gagnoa) du président du FPI. L'arbitraire et l'humiliation n'ont pas de race, de religion, d'ethnie, ni de parti politique. Défendons ensemble la démocratie en allant aux élections sans chercher à combattre l'injustice par l'injustice.

Dr Antoine Ahua Jr
Parrain des déplacés et victimes de guerre
Québec, Canada
17 juin 2008

 

Présidentielle 08: Panique généralisée au FPI : GBAGBO sous tutelle internationale pour mauvaise foi

06/12/08 - Dr Antoine Ahua Jr

C'est un secret de Polichinelle, le «Camp présidentiel» est aux abois. Après huit ans de gestion chaotique du pouvoir d'État, le Front populaire ivoirien (FPI ou Refondation), anémié par son incompétence, vient sans doute de se rendre compte qu'il a tué la République de Côte d'Ivoire. Deux effets suffisent à le prouver.

Premièrement, le Président «élu en 2000 pour cinq ans» ne préside plus que le Conseil des ministres, ce, pour entériner uniquement les décisions prises par le PM Soro et son Conseil de gouvernement. De plus le Président Gbagbo est astreint à un rôle de Chef de Cabinet au Palais de la Présidence , du fait qu'il ne contrôle plus rien, l'Accord politique de Ouaga (APO) de mars 2007 ayant subi une cure de dé-roublardise après son premier anniversaire marqué d'évidences dilatoires de la part du duo dit d'ex-belligérants. En effet, l'APO actuel n'a de commun avec l'APO du «dialogue direct» que de nom; car il a été assujetti, depuis la réunion du Comité permanent de concertation (CPC) du 24 janvier 2008 à Ouagadougou, au droit de regard d'ADO, président du RDR, et de Bédié, président du PDCI-RDA, aux conditions (bonne foi et bonne gouvernance) dictées par des organismes extérieurs de financement et au veto du facilitateur burkinabè, le Président Blaise Compaoré.

Deuxièmement, l'impunité qui a caractérisé le régime FPI, a fini par rendre caduque la Constitution et, conséquemment, par incarner l'arbitraire de «deux poids, deux mesures» dans l'application effective des lois; ce qui va à l'encontre des principes élémentaires de démocratie. Ainsi, Gbagbo ne peut pas combattre la corruption efficacement sans se remettre lui-même en question. Le ménage fait récemment autour de lui au Palais ne suffit pas, car la gangrène a déjà pourri toutes les grandes institutions étatiques, y compris le Conseil constitutionnel, la Cour suprême et le Conseil économique et social (CES).

De ce fait, le changement qui s'impose comme enjeu dans la présente campagne électorale, dépasse le simple vouloir, imprimé dans des mémorandums politiques ou exprimé par les communicateurs des partis; le changement nécessite davantage le savoir-faire éprouvé des chefs desdits partis. En clair, qui des leaders en lice pour le palais présidentiel a la crédibilité de remettre la Côte d'Ivoire sur la voie de la paix et du développement? Là est la question. Autrement-dit, qui, des candidats sortant (Gbagbo) et aspirants (Ado, Bédié et autres), a à la fois, une seule parole, un respect de sa signature, la compétence professionnelle requise et l'éthique morale exemplaire exigée par l'État de droit?

Au regard de ces considérations, le FPI est assuré d'une défaite, le 30 novembre prochain, son chef, Laurent Koudou Gbagbo, étant recalé à l'examen de passage du fait de sa nature de politicien énigmatique, perfide et déliré. D'autant plus que le peuple le connaît et se souvient qu'il n'a pas pu, par négligence ou politicaillerie, réconcilier les Ivoiriens après la déchirure sociale liée à l'article 35 tripatouillé de la Constitution 2000 et au caractère calamiteux de l'élection subséquente. Le peuple sait aussi que Gbagbo a transformé le coup d'État échoué de septembre 2002 en une crise socioéconomique entretenue par lui-même pendant six ans pour assouvir son ambition personnelle de rester au Pouvoir. D'ailleurs, ce coup de force raté, dirigé par un jeune étudiant (Guillaume Soro) et un sergent-chef (Ibrahim Coulibaly dit IB), appelé «guerre», n'a duré que quatre semaines, du 19 septembre au 17 octobre 2002.

Pourtant cette guerre éphémère (malgré ses conséquences humaines tragiques) a été abondamment utilisée par le FPI comme alibi pour expliquer le recul tout azimut de la Côte d'Ivoire sous sa gouverne. Il y a encore moins d'un an, lorsque le troisième vice-président du FPI et Président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly (MK) a publié les «blues de la République » (dans Fraternité Matin du 4/8/2007) dénonçant «l'échec de l'honorabilité, de la moralité, de l'honnêteté et des valeurs éthiques que les Refondateurs étaient supposés défendre et appliquer », c'est une amère couleuvre que l'establishment a dû avaler. Car, les ténors du FPI, à l'exception de Première Dame, ont répudié le sacrilège de MK, l'enfant prodigue, en maintenant l'idée de l'impossibilité de gérer l'État de Côte d'Ivoire en présence de la guerre; une guerre devenue fantasmatique, car inexistante depuis le cessez-le-feu du 17 octobre 2002. Le Président Gbagbo n'a t-il pas répété encore récemment, soit le 9 janvier 2008, lors de sa visite d'État dans la sous-préfecture d'Assikoi (département d'Adzopé), que «le FPI n'a pas eu le temps de développer son programme et la guerre est venue» et que «ce sont les élections qui vont mettre définitivement fin au temps de crise» ?

En fait MK, dans son pamphlet contre les tares du camp présidentiel auquel il appartient, n'a fait que rejoindre les récriminations des partis d'opposition dits houphouétistes et regroupés au sein du RHDP, à l'effet que «dès que le pays a été donné aux Refondateurs, ils ont tué l'autorité de l'État, et depuis, vivent d'un populisme outrancier, sont violents, corrompus, incompétents, voleurs et pilleurs des biens communs de l'État».

Par ailleurs, après son Congrès de rafraîchissement de sa structure, tenu en début de février 2008, le RDR vient d'entrer le 31 mai dernier dans une phase active pour faire connaître, non seulement son programme de gouvernement mais aussi la trempe et prestance de son président, en la personne de Dr Alassane Dramane Ouattara (ADO), un homme de probité dont les qualités notoires correspondent étrangement à celles de MK, telles que rapportées dans l'article paru dans Jeune Afrique du 21 au 27 mai 2006 sous la plume de Cheikh Yérim Seck : 1) il est un politicien qui tient ses promesses, car « il ne fait pas que parler, il agit» ; 2) il exige le respect de la loi en tenant un «discours sur le droit à l'identité» ; 3) il défend la République (même dirigée par Gbagbo) avec rectitude « comme s'il était un Bété de l'Ouest chrétien» alors qu'il est un «Nordiste, Dioula et musulman»; 4) il rejette le tribalisme en ne se reconnaissant pas dans « le concept de la famille du Nord» et «en réprouvant cette façon tribaliste de faire de la politique» et 5) il développe l'idée que les pays africains devraient passer d'une économie colonisée à une économie ouverte» . Aussi, ADO et MK sont économistes chevronnés tous les deux, dont la place conjointe au sein des rouages du fonctionnement de l'État ferait l'effet d'un boom pour le développement du pays. Le constat est que ADO est le chef du parti du RDR et candidat à la présidence de la République ; MK est le 3è vice-président du FPI et confiné à la censure de ses pairs pour sa probité morale dérangeante. Une fois ADO élu, puisqu'il ne cache pas sa ferme intention de solliciter à ses côtés les valeurs sûres du pays, il est à parier que le passage de MK auprès de son frère aîné est devenu une simple question de temps. C'est toute la Côte d'Ivoire qui gagnera à ce que le divorce déjà consommé entre Gbagbo et son dauphin constitutionnel (c'est-à-dire sur papier) cesse d'engrener le sommet de l'État. C'est donc parce que Gbagbo n'est pas MK qu'il n'est pas non plus comme ADO. C'est bien connu, le Woody de Mama campe dans ses erreurs sans consulter «ses» matières grises, ce, jusqu'à ce qu'il soit acculé à la perte imminente du Pouvoir.

Comme de raison, dès l'annonce du passage de Ban Ki-Moon à Abidjan, les 24 et 25 avril 2008, pour évaluer le processus de sortie de crise, Gbagbo a très rapidement signé des projets de décrets remisés jusque là dans ses tiroirs, lors d'un Conseil de ministres extraordinaire tenu le lundi 14 avril, après une fin de semaine de discussions marathon inter-ivoiriennes, en l'occurrence : 1) le décret relatif à la tenue de l'élection présidentielle le dimanche 30 novembre 2008, 2) le décret fixant les modalités d'établissement de la nouvelle liste électorale, 3) le décret fixant les modalités de collaboration entre l'Institut National de la Statistique (INS) et la Société SAGEM-Sécurité sous la responsabilité et l'autorité de la Commission Électorale Indépendante (CEI), 4) l'ordonnance portant ajustement du Code Électoral pour les élections générales de sortie de crise, etc.

Puis, de nouveaux évènements vinrent hanter la sérénité de Gbagbo. Il y eut successivement, 1) l'arrestation à Bruxelles, le 25 mai, au compte de la Cour pénale internationale (CPI), de Jean-Pierre Bemba, président du Mouvement de libération du Congo (MLC), suspecté de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, pour massacres, viols, tortures et pillages commis en République centrafricaine en 2002 et 2003 ; et 2) la visite en Côte d'Ivoire, le 26 mai, de Madame Kyung-wha Kang, Haut-commissaire adjointe des Nations Unies aux Droits de l`Homme, pour demander l'amendement de la loi d`amnistie du 12 avril 2007 afin d'en exclure les crimes contre l`humanité, les crimes de guerre et autres violations graves des Droits de l'Homme; 3) de plus, une importante mission de membres du Conseil de sécurité de l'ONU vient d'avoir lieu à Abidjan du 8 au 9 juin prochain, avec pour objectif de procéder à une évaluation sérieuse et concrète du processus de sortie de crise. L'avis de l'ONU est tombé dru «Finis les décrets présidentiels pour changer la date des élections. Le 30 novembre est inamovible».

Voilà pourquoi, de façon soudaine, sans que la crise soit finie par la tenue des élections, Gbagbo, se sentant ciblé par la CPI pour violation des Droits humains depuis huit ans, s’est mis à essayer de travailler pour trouver des solutions aux problèmes qu’il avait utilisées jusqu’à présent comme éléments de chantage électoraliste. Alors pour sauver le «soldat» Gbagbo, c’est la panique généralisée dans le camp présidentiel où tout s’improvise dans la précipitation :
1) Le ministre de la Fonction publique et de l’Emploi, Hubert Oulaye, a organisé, le 21 mai 2008, à l’Hôtel Ibis-Plateau, un atelier de réflexion sur la lutte contre la fraude aux concours de la Fonction publique et d’entrée à l’école nationale d’administration (fraude niée auparavant par la Refondation);
2) le bureau de la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire a été reçu, le 21 mai, par M. Koné Tiémoko Meyliet, Directeur de Cabinet du PM Guillaume Soro, pour faire un tour d’horizon des difficultés qui empêchent le démarrage des activités de cette institution dirigée par Mme Victorine Wodié;
3) le 22 mai, Léon-Emmanuel Monnet, ministre des Mines et de l’Énergie, a reconnu que la Banque mondiale le pressait à passer à l’ajustement automatique des prix pétroliers et la date que les institutions de Bretton Woods lui avait donnée pour opérer la première hausse arrive à échéance, ce mois de juin;
4) par arrêté daté du 23 mai, le PM Soro a créé un comité d'évaluation pour la réforme institutionnelle, juridique, technique et financière de la filière café-cacao;
5) le 25 mai, une vingtaine d'opérateurs économiques français, réunis au sein de l'Association de défense des entreprises sinistrées de Côte d'Ivoire (Adesci), lesquels ont dû fuir la Côte d'Ivoire pendant les violences antifrançaises de novembre 2004, ont été reçus par le Président Gbagbo qui, sans avoir consulté les ténors de son parti, s’est empressé de déclarer ceci : «Sous moi, pendant que je suis Président de la République, il n’y aura jamais de rupture avec la France», soit un reniement complet de toute la philosophie de la soi-disant «résistance patriotique»;
6) le 26 mai, ce fut le démarrage du Service civique avec la démobilisation de 250 ex-combattants en vue de leur réinsertion dans la vie socio-économique au Centre de formation pour la réinsertion (CFR) de Bouaké, avec le concours de la GTZ-IS (International Service) et grâce à l’appui financier de l’Union Européenne (UE);
7) il n’en fallait pas plus pour que le directeur général du Fonds d'Entretien routier (FER) promette, le 29 mai, la validation d’un projet de reconstruction post-crise du réseau routier, en l’occurrence «un programme d'urgence d'un montant de 200 milliards de FCFA, qui va offrir du travail à de milliers de jeunes ivoiriens»;
8) le 3 juin, ce fut le tour du chef d'État-major des armées, le général Philippe Mangou, d’annoncer aux opérateurs économiques et élus, réunis à la Chambre de commerce, sa décision d'améliorer la fluidité routière et d'éradiquer le racket sur les voies publiques;
9) ce même jour du 3 juin, l'Internationale de l'éducation Section Côte d'Ivoire (L'IE-SCI) a décidé, avec l'appui du Gouvernement, de «rendre l'éducation de base gratuite et accessible à tous les enfants de Côte d'Ivoire, et cela, sans distinction de sexe ni de race», grâce à un programme de 442 milliards de FCFA;
10) par coïncidence, ce 3 juin, l’hôtel Tiama a abrité l’atelier de lancement d’un projet d’«Appui institutionnel au secteur du développement rural en Côte d’Ivoire» à financer à hauteur de 15 milliards de FCFA par la Banque Africaine de développement (BAD);
11) tout ce branle-bas a été couronné, le 4 juin, de l’annonce de l’obtention par le PM Soro de 143 milliards de FCFA de l’UE pour permettre sur la période 2008-2013 à la Côte d’ivoire de mettre en place une politique de bonne gouvernance, de réhabilitation des infrastructures sociales et de communication, à la sortie de crise.

C’est ainsi que Gbagbo veut démontrer que «ç’avance» parce qu’il travaille; Gbagbo, un leader que ses proches collaborateurs présentent, selon MK, comme «un chef d'État qui ne travaille pas à cause des gouvernements d'unité nationale, appelés N'Zassa (tel que celui que nous avons)» (Le Nouveau Réveil du 18/5/08), et selon Fologo, comme «un président que le peuple ivoirien a voté et qui n’a pas travaillé (à cause de la guerre)» (Le Temps du 30/5/08). En réalité, Gbagbo est sous ultimatum des «bailleurs de fonds» de la sortie de crise, l’enjoignant de démontrer un minimum de bonne foi et d’effort pour prendre à cœur la misère du peuple et l’application de l’APO. L’épée de Damoclès du CPI suspendue sur sa tête. Le hic est que, mis ainsi sous pression, Gbagbo improvise pêle-mêle des projets de «bon vouloir» sans le contexte préalable de planification crédible et le savoir faire.

En effet, des producteurs du café et du cacao sont mécontents et grognent en ce moment contre le comité d’évaluation de la filière café-cacao, mis en place récemment; ils voient derrière ledit comité, la main du président Laurent Gbagbo qui aurait demandé au Premier ministre d’en créer un, après qu’ils aient eux-mêmes créé un comité en 2005 qui n’a jamais sorti de résultats. Ils affirment que «le Président Laurent Gbagbo tente de distraire le monde paysan, car disent-ils «nous ne sommes pas dupes. Il est bon de savoir aujourd’hui à combien s’élève l’épargne des producteurs, au lieu de créer à chaque instant des comités qui consistent à pomper l’argent des paysans» (L’IA du 3/6/08).
Par ailleurs, le peuple Wê du Moyen-Cavally crie à la trahison, arguant que «les promesses faites aux populations Wê par les barons de la Refondation n’ont jamais dépassé le cap de la simple parole» (Nord-Sud du 3/6/08). Mêmes les «patriotes» de Gbagbo scandent que Gbagbo les a oubliés et lui retirent leur confiance, telles ces femmes de l’OFFPI d’Abidjan-Banco qui ont manifesté leur détresse le 31 mai dernier à la secrétaire nationale de l'OFFPI, Marie-Odette Lorougnon, laquelle ne leur a trouvé comme réponse que «l'élaboration très prochaine d'un livre blanc dans lequel seront consignées toutes les préoccupations et les attentes des militantes». Non sans avoir repris la rengaine que «le président Gbagbo, qui dispose d'un programme de gouvernement à même de faire le bonheur des Ivoiriens, a été stoppé dans son élan par la guerre» (N. Voie du 3/6/08). Une rengaine qui démontre que la pléthore de projets annoncés en une semaine (fin mai – début juin dernier) constitue un clin d’œil de roublardise fait aux évaluateurs extérieurs censés être à Abidjan dans les jours prochains pour circonscrire l’évolution de l’application de l’APO.

Comment peut-il en être autrement puisque les manifestants pacifiques contre les déchets toxiques sont toujours molestés par les Forces de l’ordre? Ces victimes de l’équivalent d’un crime contre l’Humanité accusent Gbagbo, par l’intermédiaire de la Fédération nationale des victimes des déchets toxiques (Fenavidet-Ci), d’avoir détourné les cent (100) milliards de FCFA de Trafigura destinés à leur indemnisation. La Fenavidet-Ci affirme que «la cellule présidentielle qui a dirigé le partage, ne l’a pas associée à la constitution de la liste des bénéficiaires. Conséquence, la majorité des victimes a été ignorée. C'est au moins 90% des vraies victimes qui n'ont pas été prises en compte» (N-S du 21/12/07).

Voilà, autant en emporte le vent, la Refondation 1) fait des promesses d’emplois sans en indiquer les types et les qualités, ainsi que les effets (directs, indirects et induits) dont ils seraient dérivés; 2) multiplie les projets de grands travaux sans devis, ni planification macroéconomique; et 3) sollicite du financement extérieur sans effort de mobilisation de l’épargne interne, comme si l’endettement de l’État n’avait pas de conséquences sociales à terme. En réalité, le Camp présidentiel n’a pas de programme et ne vend que des illusions soumises au libre arbitre du FPI et de ses clubs de soutien «alimentaires» portant des acronymes de partis politiques, tels l’URD, l’AIRD, l’UNG, l’ANCI, le PURCI, l’UDL et le RPPP. Chacune de ces composantes du Camp présidentiel ou galaxie d’étoiles filantes a son opinion sur tout, laquelle diffère de celles des autres. Du coup, le silence de Gbagbo a des échos cacophoniques qu’il doit assumer et son discours est toujours personnel, non consensuel tout en imposant le silence à tous, FPI et clubs de soutien, se satisfaisant de leur part du budget de souveraineté présidentiel à liquider d’ici le 30 novembre prochain. Silence respecté par tous, sauf MK le rebelle.

Néanmoins, pour les plus naïfs des Patriotes de Gbagbo (à différencier des patriotes républicains), la victoire du Woody est péremptoire, car à leurs yeux, l’opposition n’existe pas. Et comme Gbagbo lui-même, ils rêvent d’un gouvernement postélectoral de ramassis de «mangeurs d’arachides», qu’ils qualifient de gouvernement de ministres disciplinés. Un discours d’exclusion, au moment où, ADO, le vainqueur le plus probable, cherche à rassembler toutes les matières grises du pays, sans discrimination partisane.

C’est justement la force tranquille et rassurante du leader du RDR qui, sans doute, achèvera de convaincre MK, son jeune frère de même acabit de tourner le dos aux Refondateurs (socialistes d’intention) qui l’étouffent dans la médiocrité et le népotisme les caractérisant. C’est pourquoi, au soir de la victoire de ADO, Président de la République pressenti, la Côte d’Ivoire entrera dans son «siècle des lumières». Une Côte d’Ivoire nouvelle où les Ivoiriens vivront ensemble. De chacun selon ses capacités, à chacun selon son rendement.

Dr Antoine Ahua Jr
Québec, Canada
antoineahua@hotmail.com

 
Gbagbo sous haute surveillance pour un TPI

La science, au sens large, et la religion, dans sa dimension spirituelle, nous enseignent que l’harmonie en toute chose est régie par des lois. Fou est celui qui croit que les deux, la science et la religion, peuvent se tromper simultanément. Dans le cas précis de la vie sociale, il a fallu 2 millions d’années au premier Homme (Homo Habilis) et 33 mille ans à l’Homme moderne pour appréhender l’incarnation de droits individuels et de devoirs citoyens dans l’essence humaine. Ce fut la découverte de la «démocratie athénienne»; en réalité, un régime ploutocratique électif dans la Grèce Antique, lequel a dû traverser par la suite 2500 ans de révoltes populaires dans le sang contre les gouvernants, non seulement dans le temps mais aussi dans l’espace, pour aboutir au standard de gouvernance démocratique acceptée aujourd’hui au niveau universel. Autrement-dit, la démocratie est un outil d’équilibre ou de cohésion sociale dont les critères fondamentaux ont été apprivoisés par l’Homme par tâtonnements révolutionnaires meurtriers. C’est pourquoi, l’intelligence humaine conseille à chaque peuple de tirer leçon des expériences d’homicides et de guerres civiles du passé, en référence desquelles la démocratie a été sacrée meilleur régisseur pacifique d’une collectivité. À défaut, pour toute société déstabilisée, de faire sienne cette sagesse héritée des vicissitudes historiques communes, les étapes barbares précédant la démocratie s’imposeront fatalement et cruellement. Voltaire résume bien cette leçon en écrivant que «si l’homme est créé libre, il doit gouverner; si l’homme a des tyrans, il les doit détrôner».

À titre d’exemples, des pays contemporains aventureux du 20e siècle ont connu des régimes faisandés par la seule ambition de gouvernants démodés qu’il a fallu détrôner.«Qu’il s’agisse de la dictature du prolétariat défendue par la révolution bolché-

vique de 1917, du fascisme inauguré par Mussolini en Italie au début des années 20, du nationalisme sous toutes ses formes depuis le nazisme hitlérien jusqu’aux régimes radicaux adoptés lors de la décolonisation en Asie et en Afrique, ou encore du populisme sud-américain, le 20e siècle a vu se succéder de grands dictateurs, aux profils et idéologies variés, ayant pour point commun essentiel de s’octroyer un pouvoir personnel et absolu au détriment de toute forme de liberté (cf. Sophie Chautard, les grands dictateurs du 20e, 2006)».
Dans la perspective d’un plus grand humanisme, l’avènement du 21e siècle a été évènementiel et fêté en grande pompe à travers toute la planète, d’est en ouest, fuseau horaire par fuseau horaire, des confins des contrées jusqu’à l’orée des océans. Car enfin, l’état d’esprit humain se donnait l’ambition de la transcendance des barrières artificielles des races, des religions, des langues et des tribus. C’est ainsi qu’à l’ONU, en complément à la Cour internationale de justice (CIJ) dont la juridiction est d’ester contre les États, le Conseil de sécurité (CS) a créé en 1998, quoique dans la controverse, la Cour pénale internationale (CPI) fonctionnelle depuis 2002, pour dissuader les individus véreux, notamment les gouvernants sans conscience d’État, de sombrer dans l’atteinte à la vie, à la liberté et à la souveraineté des citoyens. En fait, la CPI est la consécration des appréciations positives tirées des tribunaux «laboratoires expérimentaux» temporaires, appelés Tribunaux pénaux internationaux (TPI) créés plus tôt. À ce jour, trois TPI ont jugé des hommes d’État criminels pour homicides, soit en Yougoslavie en 1993, au Rwanda en 1994 et en Sierra Leone en 2002. Pour un proche avenir, les discussions sont avancées pour un TPI au Liban afin de juger les assassins de l’ancien premier ministre libanais Rafik el Hariri tué à Beyrouth en 2005. En fait, le Chef d’État de la Syrie est soupçonné par Washington d’en être le commanditaire.
C’est dans le cadre du refus adjugé de l’impunité des Chefs d’État aux mains tachées de sang et confortée par la jurisprudence des cas africains que la CPI trouve matière à intérêt en Côte d’Ivoire. À cet égard Gbagbo rencontre les critères de surveillance que le CPI consulte pour trouver ses cibles. Pourquoi Gbagbo et non la rébellion? Parce que la guerre civile ivoirienne a pour particularités, d’abord de causer plus de morts (et autres victimes) collatérales que les trois mille civils tués, liés directement à la guerre dont la phase active s’est étendue sur quatre semaines, du 19 septembre au 17 octobre 2002. Ensuite, il est notable que la présence actuelle du chef de la rébellion au poste de premier ministre par nomination délibérée de la part du Président de la République, le 4 avril 2007, témoigne de l’aboutissement d’un processus de légitimation, débuté à Marcoussis en janvier 2003, des causes défendues par les rebelles rassemblés au sein du mouvement dit des Forces nouvelles (FN).
Par le fait même, l’origine de la crise ivoirienne est ramenée à un complexe intérieur et national de déséquilibres économiques, politiques et socioculturels; déséquilibres illustrés par 1) l’iniquité du partage des richesses nationales en terme de revenus personnels; 2) la disparité régionale des potentiels de développement entre le nord et le sud, aggravée par la coïncidence de la prédominance d’une religion au nord (islam) et d’une autre au sud (christianisme); 3) la persistance du fonctionnement autocratique du pouvoir exécutif malgré l’avènement du multipartisme en 1990, ce qui a fait entrer la Côte d’Ivoire dans l’aventure de la 2e République en 2000, entachée par des articles de non-droit constitutionnalisés (art.35 par ex.). Une bombe à retardement qui a fini par exploser en guerre civile le 19 septembre 2002, après des élections présidentielles et législatives à caractère de hold-up; et 4) enfin, l’incompétence du Pouvoir du Front populaire ivoirien (FPI ou Refondation) de ramener le pays à un niveau satisfaisant de démocratie et de bien-être collectif.
De plus, une atmosphère morose d’attente de conflagration chaotique sociale règne sur le pays en réaction à la désinvolture avec laquelle le Président Gbagbo rejette sa responsabilité entière pour l’état délétère généralisé des institutions de la République en évoquant l’importation d’externalités contre lesquelles il avoue son impuissance et ce, dans un langage de banalisation de la souffrance de la population, de mépris contre la critique de l’opposition officielle et de répression violemment meurtrière contre les manifestations publiques de masse pacifique.
Président de la République depuis le 26 octobre 2000, suite à l’élection présidentielle du 22 octobre, Gbagbo n’a pas organisé le scrutin électoral prévu constitutionnellement pour octobre 2005 (art.35 et 36). Ça fera donc bientôt huit (8) ans qu’il est au Pouvoir d’État, dont trois (3) ans de plus que le mandat de cinq (5) ans que «le peuple» lui a confié. Peu importe les conditions du terrain (par ex. présence des FN au nord, de milices au sud), Gbagbo doit savoir qu’il lui incombe le devoir (chap.3 de la Constitution) de pouvoir donner au peuple souverain (chap.2) son droit constitutionnel de choisir ses représentants. L’incapacité de Gbagbo à le faire, dû à son impuissance, réelle ou complaisante, n’a pas de qualificatif autre que l’échec de son régime qu’il dirige d’une main de fer. Donc un cinglant échec personnel, soit par incompétence, soit par Haute trahison (art. 39).
Quant aux externalités que le camp présidentiel argue au besoin pour justifier son échec, notamment le soutien de la France à la rébellion, les résolutions déstabilisatrices du CS de l’ONU et les nombreuses tentatives intempestives de coup d’État, elles (ces externalités) ne font pas de cet échec, un succès. D’autant plus que la faillite du régime de la Refondation face aux problèmes auxquels tous les États sont confrontés à des degrés divers, relève davantage 1)de l’approche dilettante de sa diplomatie dans un monde globalisé, composé de forces étatiques inégales (le FPI n’a pas été préparé à dealer avec les contraintes internationales), 2) de sa capacité léthargique de s’ajuster mentalement en passant de l’opposition au pouvoir d’État (le FPI n’a pas un reflexe décisionnel rapide, attend pour jouer les pompiers plutôt que de prévenir l’incendie et préfère passer son temps à la politique de blocage des devoirs des autres que de faire les siens; ex. feindre appliquer les accords signés ou les résolutions de l’ONU acceptées, ce, après avoir créé lui-même, par attentisme, des vides constitutionnels artificiels et dilatoires), 3) de son inculture politique de distinguer responsabilité et imputabilité (le FPI croit ne pas être imputable de l’état de mal-être des Ivoiriens parce qu’il a dû céder par contrainte de survie, une partie de ses responsabilités à des premiers ministres non issus de son parti, en l’occurrence Diarra, Banny et Soro), et 4) de la faiblesse de sa moralité citoyenne (le FPI s’approprie les biens de l’État en prenant pour prétexte, une guerre de quatre (4) semaines qui relève à présent plus de l’imagination que de la réalité, tout en s’accommodant de cette situation par intérêt partisan malgré la paupérisation de la population).
De surcroît, Gbagbo, par sa conception monarchique de la chefferie, se flagelle d’humiliation en pensant au trône du palais présidentiel qu’il sait qu’il perdra par des élections transparentes. D’où la dichotomie entre son discours arrogant de vouloir aller aux élections (vite, vite) et son message furtif de ne pas pouvoir le faire pour des contraintes techniques. En fait, Laurent Gbagbo craint la prochaine élection pour avoir déjà perdu quatre batailles : le bras de fer contre la rébellion par faillite politique, la majorité de l’électorat par faillite sociale, la sympathie de la Communauté internationale par faillite diplomatique et la lutte contre le chômage par faillite économique. Depuis quelque temps, des manifestations publiques se sont succédé pour protester contre la misère généralisée, multiforme et symptomatique d’une tragédie sociale meurtrière. Au-delà des répressions sanglantes armées bien connues (charnier de Yopougon, tuerie du 23 mars, etc.) dont le régime des Refondateurs est comptable, les faillites politique, sociale, diplomatique et économique dudit régime sont en passe de transformer la Côte d’Ivoire en une catacombe où la vie de 20 millions d’Ivoiriens est déjà hypothéquée. Une véritable hécatombe dont les effets sont visibles dans les cimetières.
Plus concrètement, la faillite politique des Refondateurs est une victoire de la rébellion qui s’est accaparée de la Primature sans avoir eu besoin de ses armes. Même Gbagbo qui ne contrôle plus rien, ni le territoire, l’assiette fiscale, la politique budgétaire ou le programme économique, utilise le vocable de gouvernement Soro et avoue son inutilité. Mais n’ayant pas la décence de démissionner en démocrate, Gbagbo s’accommode de la détresse de la population perdue dans deux pays réels (nord et sud) qui en font un en théorie. Cette prise d’otage dont Gbagbo est à la fois responsable et imputable, a l’effet d’une cruauté mentale de camp de concentration. C’est pourquoi il s’agit là d’un crime d’État justiciable.
La faillite sociale des Refondateurs s’aperçoit par leur isolement en termes d’électorat. Lors de l’élection présidentielle de 2000, Gbagbo s’est fait élire presqu’en candidat unique, avec un score de 22,2 % des électeurs inscrits, les candidatures des présidents des deux véritables partis d’opposition, Dr Alassane Dramane Ouattara (ADO) du RDR et Henri Konan Bédié du PDCI-RDA, ayant été rejetées arbitrairement par un régime militaire illégal. Le taux de participation s’étant établi à 37,42%, il n’est pas étonnant qu’il n’y ait qu’un inscrit sur cinq (5) qui ait donné son vote à Gbagbo. En prenant donc le pouvoir avec une opposition sociale de quatre (4) personnes sur cinq (5), Gbagbo aurait dû respecter sa parole de réconcilier les Ivoiriens en organisant des élections anticipées au moment opportun. Voilà que, huit ans plus tard, Gbagbo s’accroche au pouvoir avec la peur bleue de la tenue des élections de 2005 devenues arriérées. En termes sociologiques, la combinaison des résultats des dernières élections législatives, municipales et des conseils généraux donne raison aux derniers sondages d’opinions qui révèlent que le RDR, le PDCI, l’UDPCI et le MFA sont majoritaires, respectivement au nord, au centre, à l’ouest et une partie de l’est du pays. Ces quatre partis politiques ont en commun leur absence à l’élection présidentielle de 2000 et un mouvement de solidarité électorale dit mouvement des Houphouétistes ou RHDP. La prise en compte de l’impopularité de Gbagbo dû à son échec personnel en sa qualité de président de la République, Chef d’État et Chef suprême des Forces armées, régresse sa côte d’amour en termes de voix électorales de 22,2% en 2000 à 7,48% en 2008. Depuis plusieurs mois, Gbagbo demeure donc toujours en deçà des 10%. Par ailleurs, la masse de ses jeunes partisans, appelés jeunes patriotes, qu’il a conquis dans l’opposition grâce à ses promesses de refonder le pays en paradis de gratuités, s’est fondue comme neige au soleil. Du coup, pour gagner, Gbagbo ne peut pas compter sur une élection transparente, ni sur la «rue». D’où ses excitations à vouloir à tout prix insérer un système institutionnel de fraude technologique en récusant un opérateur d’identification neutre (SAGEM) au profit de l’INS dirigé par un membre influent de son parti. Sous l’angle humain, la faillite sociale de Gbagbo, lui un politicien dont l’action est toujours calculée en investissement électoraliste, l’a amené au désintéressement des régions non rentables, à sa démission psychologique et au dilatoire pour gagner du temps afin de caser ses fidèles partisans qui pourraient éventuellement lui être reconnaissants. Cela a un nom en français, c’est le népotisme c’est-à-dire la tendance à accorder des avantages aux membres de sa famille, à ses amis ou à ses relations indépendamment de leur compétence. Pour les exclus du clan, soit 20 millions de personnes, c’est la disette, la disgrâce, la déchéance. En droit criminel, l’expression consacrée est la non-assistance à des personnes en danger. Vu le nombre important de citoyens qui en sont victimes, il s’agit là d’un génocide purement et simplement.
La faillite diplomatique des Refondateurs se résume en leur inaptitude à jauger des compromis adéquats à faire selon les rapports de forces qui opposent la Côte d’Ivoire à de tiers pays ou organismes. Depuis l’arrivée de Gbagbo au pouvoir, la voix de la Côte d’Ivoire est équivoque. Le pays n’a pas de politique étrangère car, les différentes tendances au sein du FPI s’expriment en public au nom du refus de la pensée unique. En réalité, il s’agit d’une «clanisation» du parti où règne la cacophonie. Pendant toute la période de crise, Gbagbo n’a pas réussi à créer une cellule de crise pour mettre toutes les intelligences en synergie. Chacun des ténors tient à sa vision du soi-disant socialisme. Par exemple, Mamadou Koulibaly couperait les relations diplomatiques avec la France pour mettre en cause le «pacte colonial» qui régit encore les relations franco-africaines; Simone, la Première Dame, s’intéresse davantage au départ du 43e BIMA, pendant qu’Affi NGuessan, président du parti, propose le pragmatisme politique et que Gbagbo attend qu’une option s’impose à lui pour l’enfariner. D’ailleurs, le Président George W. Bush n’a jamais accepté de recevoir Gbagbo pour la raison évoquée qu’il n’a pas de temps à perdre avec quelqu’un qui ne sait pas ce qu’il veut. Ainsi, tour à tour, les Présidents Wade du Sénégal, Eyadema (père) du Togo, Obasanjo du Nigéria, Kadhafi de la Libye, Kufuor du Ghana, Mbeki de l’Afrique du sud et le roi Ben Al-Hassan (Mohammed VI) du Maroc ont offert puis retiré leur appui formel à la résolution de la crise ivoirienne. Par laxisme de Gbagbo, la Côte d’Ivoire a perdu son leadership au sein de la Francophonie, de la Cedeao, de l’Umoa (et Bceao) et de l’Union africaine (UA). Et voilà que Gbagbo insère la Côte d’Ivoire dans la Communauté des États Sahélo Sahariens (Cen-Sad) pour s’ingérer dans des affaires désertiques qui ne la concernent pas. Une façon, pensait-il, d’attirer la sympathie de Kadhafi qu’il a eue et perdue. Ce, par indécision de saisir les mains tendues au moment opportun. Pourtant Gbagbo s’est rapproché sans raison apparente des présidents Kagamé du Rwanda, Dos Santos de l’Angola, Vieira de la Guinée Bissau et Conté de la Guinée. Une chose est certaine, Gbagbo ne tarde pas à délier le cordon de la bourse pour attirer l’attention. Combien d’argent des contribuables ivoiriens Gbagbo a dilapidé dans des activités de lobby foirées? Le cas de l’escroc américain, Jack Abramoff, sollicité par le palais pour faire entrer Gbagbo à la Maison Blanche, a coûté des milliards de FCFA sans qu’il puisse même franchir le seuil du bureau de la secrétaire de Condoleezza Rice. Dans le même ordre d’idée, Gbagbo s’est déplacé à Tshwane, le 19 mars dernier, pour rencontrer Mbeki pour la raison que l’Afrique du sud assume au cours de ce mois d’avril la présidence du CS de l’ONU. Gbagbo tient à ce que son idée de voir régionaliser les décisions de règlement des conflits soit officialisée au niveau universel, comme si l’Accord politique d’Ouagadougou (APO) qui le galvanisait il y a un an, était encore perçu comme un modèle de succès et comme si l’UA avait les moyens de ses politiques. D’ailleurs le chronogramme de l’APO est caduc et l’APO lui-même n’est plus ivoiro-ivoirien, dû à la nécessité d’intégrer les bailleurs de fonds qui participent maintenant aux réunions du Comité d’évaluation de l’Accord (CEA). Et l’UA, de son côté, a démontré ses carences de gestion d’une crise avec le cas du Darfour, du Tchad, de la Somalie, etc. Autant d’exemples qui indiquent que Gbagbo tourne en rond avec des décisions inefficaces, pourvu pour lui que ses émules le flattent comme quoi son nom pourrait passer à l’histoire comme Nkrumah, Mandela et autres. Des milliards de FCFA à consacrer aux hôpitaux et écoles, transformés en pot-de-vin pour se faire voir! Il s’agit là de détournements des deniers publics pour des affaires sales de corruption internationale à des fins personnelles. C’est une faute grave aussi répréhensible que le blanchiment d’argent.
La faillite économique des Refondateurs couronne le fiasco de leur régime. Citons d’abord en exemple le chômage et son corolaire, l’emploi, qui sont de très bons indicateurs des retombées économiques sur le bien-être de la population. Par absence de centre d’inscription de demandes d’emplois en Côte d’Ivoire, il est impossible de quantifier le taux de chômage avec une précision acceptable (rien que des estimations grossières!), car un chômeur est un adulte qui n’a pas d’emploi et qui s’en cherche un. Voilà pourquoi par manque d’organisation, il est hasardeux de distinguer un chercheur d’emploi d’une personne vagabonde de nature. Néanmoins, les chiffres sont inutiles lorsque l’oisiveté et la honte de la mendicité se lisent sur le front des gens, jeunes et vieux, qui fréquentent les trottoirs pour se dégourdir les jambes ou pour éviter les chicanes de ménage.
Pourtant, le produit intérieur brut (PIB) qui représente la somme des revenus distribués aux ménages ne peut expliquer l’appauvrissement des Ivoiriens sous le régime de la Refondation. En effet, en 2001, la première année de pouvoir du FPI, le PIB a été de 7,6 mille milliards de FCFA; en 2007, il frôlait les 10 mille milliards. Sur cette période de sept (7) ans, le PIB cumulé a été de 61 mille milliards, soit une moyenne annuelle de 8,6 mille milliards de FCFA. Beaucoup d’argent!
De ces revenus cumulés de 61 mille milliards, l’État s’était alloué un budget cumulé de 12,4 mille milliards sur les sept (7) ans (soit une moyenne de 1,8 mille milliards par an) et avait réinvesti 2,1 mille milliards (pour une moyenne de 0,3 mille milliards par an). La masse salariale cumulée des fonctionnaires, prise à même le budget cumulé de l’État de 12,4 mille milliards, a été de 3,9 mille milliards (soit une moyenne de 0,6 mille milliards par an).
Première observation : Après avoir soustrait les salaires des fonctionnaires du budget général, le gouvernement a disposé d’un solde de 8,5 mille milliards pour ses dépenses courantes de 2001 à 2007 (soit 1,2 mille milliards par an). Vu l’état lamentable des routes, des hôpitaux, des écoles (des maternelles aux Grandes), la question subséquente est la suivante: Combien de ces 8,5 mille milliards ont servi au remboursement de la dette extérieure du pays (appelé service de la dette) et combien sont allés dans les poches des Refondateurs?
Deuxième observation : la part du PIB attribuée aux salariés du secteur privé, aux bénéfices nets des entreprises (dividendes et amortissements) et aux recettes fiscales non budgétisées s’est établie à 46,5 mille milliards de 2001 à 2007 (soit 6,6 mille milliards par an). Il est notoire que suite aux évènements des 6,7et 8 novembre 2004 (manifestations anti-françaises), le secteur privé a encaissé un recul phénoménal. À cet égard, vers la mi-novembre, la Chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire (CCI-CI) a dressé le premier bilan suivant : 10 000 emplois directs ont été perdus suite à ces violences et 100 entreprises ont disparu. Sur 147 filiales de grandes entreprises françaises recensées en Côte d'Ivoire, 135 fonctionnent au ralenti après le départ de 75% des 350 expatriés employés par ces grandes entreprises. L'activité des entreprises restées en production est réduite à 5% de la normale pour la plupart d’entre elles. Tous ces chiffres conduisent à la conclusion que la destination des 46,5 mille milliards qui représentent plus de 70% des revenus nationaux (PIB), générés principalement par l’activité agricole d’exportation et le secteur pétrolier, n’est pas précise. En tenant compte des dépenses courantes du gouvernement, il est tout-à-fait adéquat de considérer que l’usage d’environ 3 FCFA sur 4 générés au pays requière une justification à la population. Beaucoup, beaucoup d’argent non altéré par la crise, du fait de la structure économique du pays, manque à l’appel.
Par ailleurs, la dette extérieure de la Côte d’Ivoire avoisine les 10 mille milliards, soit à peu près le même montant que le PIB annuel. Ce qui revient à comprendre que si les créanciers de la Côte d’Ivoire, soit les fameux bailleurs de fonds, réclamaient leur dû, tous les travailleurs, ivoiriens et étrangers œuvrant en Côte d’Ivoire, travailleraient pendant un an gratuitement pour que l’État ivoirien puisse faire face à ses obligations. La Côte d’Ivoire est surendettée. En d’autres termes, les détournements des deniers publics font très mal à l’économie en réduisant notre capacité d’autosuffisance et compromettent l’avenir des générations futures. Les Refondateurs font donc la fête aujourd’hui pour que nos enfants et petits-enfants payent la note plus tard. Comme de raison, considérant que la population ivoirienne est de 20 millions d’âmes et vu le niveau des emprunts et intérêts associés, chaque individu, y compris un bébé naissant, a une dette de 500 000 FCFA à rembourser aux créanciers étrangers de l’État. Donc un demi-million de FCFA que chaque Ivoirien a comme dette, contractée par le gouvernement en son nom sans l’avoir consulté! C’est dire que l’argent du public géré par l’État se trouve dans des coffres-forts des Institutions dites de l’État et chez les Hauts dirigeants (PCA et DG) du public et du parapublic, sous forme de fonds de souveraineté, de budget de fonctionnement, de primes, d’émoluments, d’indemnités de voyage, en fait des gros mots académiques pour masquer les trafics endémiques de corruption, détournements, enrichissement illicite quelconque et synonymes par le biais de la mauvaise gouvernance. Bref, des crimes économiques aux dépens de la population que le Président Gbagbo minimise en narguant les Ivoiriens à l’effet qu’il n’est pas de la police pour arrêter les pilleurs de la richesse collective et que le temps des réformes viendra seulement après sa réélection. Juridiquement, si Gbagbo n’est pas un voleur lui-même, il se rend ainsi coupable de vol par complicité ou par association. Il s’agit là de cas de fraudes très graves passibles de lourdes peines d’emprisonnement.
Enfin, le cas qui à lui seul suffit à condamner le régime de Gbagbo, est l’Affaire des déchets toxiques. C’est dans la nuit du 19 au 20 août 2006 que 581 tonnes d’un mélange de pétrole, de sulfure d’hydrogène, de phénols, de soude caustique et de composés organiques sulfurés ont été déversées à Abidjan sur une quinzaine de sites par une mystérieuse société ivoirienne, dénommée Tommy. Celle-ci avait déchargé les déchets quelques heures auparavant du navire grec Probo Koala, immatriculé à Panama, ayant un équipage russe et affrété par la multinationale Trafigura, une société suisse-hollandaise. Dans l’immédiat, les symptômes apparus furent des démangeaisons et des céphalées, ainsi que des troubles respiratoires, des saignements de nez, des brûlures au ventre et des diarrhées. On dénombra dans les premiers jours 10 décès, 69 hospitalisations et plus de 100 mille consultations. À présent, des fausses couches, des bébés mongols ou présentant divers handicaps monstrueux sont reliés à des intoxications à ces déchets.
Le pire est que sans connaître tous les contours des conséquences des déversements de ces produits mortels, Gbagbo a conclu le 13 février 2007, au nom de l’État ivoirien, un accord dit «amiable et définitif» avec la multinationale Trafigura, qui lui a payé la modique somme de 100 milliards de francs CFA (152 millions d’euros) en échange de «l’abandon définitif de toute poursuite, réclamation ou instance présente ou à venir qu’il pourrait faire valoir à l’encontre de Trafigura».
Aussi, la liste des victimes prises en compte par l’État pour indemnisation est arbitraire, courte et ne tient pas compte des nouveaux cas qui se développent quotidiennement. Les indemnisés ont reçu des miettes de 100, 200 ou 300 mille FCFA, de quoi payer des médicaments pour une semaine ou deux sans possibilité de s’octroyer une hospitalisation dans une clinique médicale digne de ce nom. De surcroît, les victimes qui manifestent pour réclamer plus d’attention, subissent la répression armée du régime.
La Commission d’enquête diligentée à l’époque par Charles Konan Banny, alors Premier ministre, lui rendit un rapport le 23 novembre 2006. Le document a dressé la chaîne des responsabilités tant au niveau étatique que privé. Mais le Président Gbagbo n’en a pas tenu compte afin d’épargner certains responsables de la Douane, du Port Autonome et du District d’Abidjan, mis en cause, mais présentés comme étant des protégés du régime.
Reconnaissant sa bourde relativement au deal de 100 milliards de FCFA passé avec Trafigura, Gbagbo tente d’ouvrir le dossier en écrouant à la MACA, sans procès, des chauffeurs de camions citernes, d’autres petits ouvriers, des commis analphabètes en chimie et de petits entrepreneurs, eux-mêmes victimes de toxicité ou d’arnaque, pour feindre prendre en considération la gravité incommensurable de ces déchets toxiques ramassés de façon bâclée et envoyés en France pour traitement. Le hic diabolique est que des études sérieuses ne sont pas faites sur leurs effets à long terme. Et comme Gbagbo craint que le pire ne soit découvert, il serait absurde de reconduire le même régime lors de la prochaine élection présidentielle de telle sorte que la vérité continue d’être cachée au détriment de la santé de la population. Or, il est impérieux que l’on sache si la nappe phréatique alimentant Abidjan en eau potable est atteinte ou pas. En attendant, les millions d’Abidjanais ignorent s’ils sont tous à risque de contracter le cancer ou une grave maladie mortelle quelconque liée aux déchets toxiques, dans les prochains jours, mois ou années. Mais déjà, l’idée que Gbagbo néglige l’hécatombe probable qui guette plusieurs millions de personnes dans la métropole économique est en soi un véritable crime contre l’humanité.
C’est pour éviter la répétition de la banalisation de la vie des populations pauvres que le président de la CPI, Luis Moreno Ocampo, disposent d’un personnel de plus de 700 personnes et travaillent actuellement sur plusieurs dossiers en Afrique (sur plaintes), notamment en RDC, en Ouganda, au Soudan (Darfour), en RCA. Le dossier ivoirien est en étude et sera complété après les élections de manière à disposer de toutes les données criminelles quantitatives et qualitatives pertinentes. Eu égard à la détermination de Gbagbo de commettre un hold-up électoral et de réprimer dans le sang toute manifestation, comme cela s’est vu ces derniers jours pour la marche contre la cherté de la vie, autant dire que le Christ de Mama n’est pas sorti de l’auberge.

Dr Antoine Ahua jr.
Québec, Canada

 
Dr Antoine Ahua Junior : “Toucher à ADO équivaut à une déclaration de guerre!”
DR Ahua jr - 21 mars 2008 - Seydou Koné alias Alpha Blondy a accordé une interview au mensuel panafricain Afrique Magazine n° 270 de mars 2008. Le Quotidien «Notre Voie», la voix du Front populaire ivoirien (FPI ou Refondation) semble y avoir trouvé matière à fouiner en interrogeant à nouveau la Star de reggae devenue homme politique. La toute première question des deux interviewers, Didier Depry et Schadé Adédé, révèle d'emblée le sujet et l'objet de leur curiosité : «Vous avez qualifié M. Alassane Dramane Ouattara (ADO) de prestidigitateur et avez soutenu qu`il ne sera jamais président de la République de Côte d`Ivoire. Pourquoi vous attaquez-vous à ce leader politique ivoirien ? » Les trente-sept (37) autres questions suivantes ont entraîné Seydou Koné dans des allégations d'une portée diffamatoire telle que les dommages directs et collatéraux sur Dr ADO, personnalité respectable et favorite pour gagner les prochaines élections présidentielles, sont incommensurables.  

Il suffit de consulter la Une du mercredi 19 mars de «Notre Voie» (Ouattara est un Kacou Ananzè i.e trompeur) et celle de «Le Matin d'Abidjan» (Ouattara a cocufié Houphouët-Boigny, «au sens propre») pour constater déjà que le contenu des deux journaux concernés pouvait être loin des consignes de l'Observatoire (international) de la liberté de la presse, de l'éthique et de la déontologie (OLPED). Comme de raison, les ouï-dire et les illogismes y sont les arguments fondamentaux malgré les accusations accablantes et un appel au meurtre du Dr ADO de la part de l'artiste.
Le Conseil national de presse doit intervenir immédiatement et sanctionner sévèrement qui de droit pour délit de presse, car il s'agit là de l'ensemencement des mêmes germes de division qui ont conduit à la guerre au sein de notre nation dont l'unité demeure très fragile. De plus, au-delà de la mauvaise qualité des titres et du manque de professionnalisme, l'atteinte grave à la réputation et à la vie de Dr ADO interpelle la Brigade de recherches de la gendarmerie qui s'est déjà exécutée pour moins que cela. 
 Seydou Koné doit être apostrophé pour «nécessité d'enquête» pour avoir incité à l'assassinat d'ADO en demandant (aux forces armées) de le neutraliser pour qu'il ne soit jamais président de la République de Côte d'Ivoire. Or toucher à un cheveu d'ADO équivaudrait à l'homicide d'une génération de politiciens. Sans exception! Ce serait une déclaration de guerre.

En fait, le reggae-man fou évoque deux périodes de «sa vie politique», celle où il était le disciple d'ADO et l'autre où Gbagbo est devenu son idole aux dépens du premier. Le virage s'est opéré en décembre 2007 lorsqu'il était à la recherche de 300 millions de FCFA pour financer son concert appelé «FESTARRR» qu'il a tenu le 30 décembre 2007 (Cf. Question-Réponse No 21). Dans l'interview, Alpha dit avoir «écrit à tout le monde à cette époque-là pour solliciter de l'aide financière : ambassades, partis politiques, etc.» sans succès.
Alors, voici comment le reggae-man relate avoir réglé son problème : «Ça (le projet de Festarrr) traînait, faute de moyens. Et, suite à l'attentat contre l'avion du Premier ministre Guillaume Soro, le 29 juin 2007, j'ai reporté le festival. Après, j'ai décidé de le faire tout seul. C'est alors que Charles Blé Goudé m'a dit : “Écoute, le président Gbagbo veut nous donner sa contribution. C'est le moment d'aller le voir”. Je lui ai répondu : “Ok, on va profiter de l'occasion pour faire d'une pierre deux coups, c'est-à-dire l'inviter. S'il nous donne quelque chose, Dieu merci ; s'il ne nous donne rien, Dieu merci, you know”. Voilà ! A l'heure où je vous parle, je dois encore la somme de 16 millions à des entreprises qui ont travaillé avec moi» (Q-R : 32). Puis, à la question suivante, Alpha s'énerve ainsi : «A tous ceux qui soutiennent que le président de la République m'a donné 300 millions FCFA et que de cette somme, j'ai tiré 100 millions FCFA pour l'offrir à Charles Blé Goudé, je leur demande d'arrêter l'intox et la désinformation» (Q-R : 33). C'est tout ce qu'Alpha a dit de cette somme en ne niant pas l'avoir reçue. 

“Alpha guidé par son subsconcient frustré”

Par ailleurs, il avoue avoir reçu de l'argent du Président Houphouët et du Président Bédié (Q-R : 32) mais n'avoir jamais rien demandé à ADO et conclut que «quand on raconte que M. Alassane Ouattara est un multimilliardaire et qu'il distribue de l'argent, c'est faux» (Q-R : 36). Un peu plus tôt, il avait mentionné que «M. Alassane Ouattara qui, paraît-il, est propriétaire de 22 avions et 212 bateaux, n'a rien du tout. Fohi ! Rien !» (Q-R : 16).
Il est donc évident pour nous qu'ADO, le pauvre que l'on croit riche, n'a jamais donné de l'argent à Seydou Koné (ni à Alpha Blondy, l'artiste) qui d'ailleurs ne le lui en a jamais demandé. Ainsi, ça crève les yeux que si c'est la cause politique, la «costra nostra», qui avait lié Seydou Koné alias Alpha Blondy à ADO, c'est bien l'argent de Gbagbo (disons du peuple) qui a fait descendre Alpha Blondy de son piédestal pour redevenir de nouveau «Seydou Koné, le mendiant (cf. Le Patriote, 15/3/08, Lass RDR, Washington)». Ce, à partir des 300 millions qu'il a reçus de Gbagbo en décembre 2007.
Est-ce donc le subconscient frustré qui a inspiré le reggae-man tout le long des ces dernières entrevues? Question d'autant plus pertinente que tous les reproches de Seydou Koné à l'égard d'ADO sont relatifs à la première période où il suivait celui-ci comme «mon pied, ton pied». D'ailleurs, Seydou avoue éprouver une certaine fierté à avoir contribué à la reconnaissance de la citoyenneté ivoirienne d'ADO en ces termes «J`avais dénoncé le fait qu`on le traite d`Ivoirien lundi et d`étranger mardi. Et qu`à cause de cela, ce Monsieur que le PDCI a envoyé en Côte d`Ivoire ne pouvait pas être candidat à l`élection présidentielle. J`avais dit non ! Et aujourd`hui, il peut être candidat à la présidentielle. Ne voyez-vous pas que ce combat que j`ai mené, a payé dans une certaine mesure ? Mais actuellement, les données ont changé et il me semble important de souligner les actes graves que M. Ouattara a posés. Il faut le dire, nous ne partageons pas sa façon de faire» (Q-R : 1).
Ainsi la costra nostra qui était bonne hier (avant déc.2007) ne l'est plus et la seule donnée qui a vraiment varié pour que Alpha change son fusil d'épaule, est révélée à la question no 13 : «Pourquoi est-ce maintenant que vous en parlez ? Il répondit : Excusez-moi, chaque chose en son temps ! »
Le temps de s'être re-plombé avec le fonds de souveraineté du peuple, après avoir dilapidé son cash musical, et de pouvoir désormais cracher sur l'homme qui lui avait tapé sur l'épaule pour le consoler au bon vieux temps mais, un homme trop pauvre qui ne lui avait jamais donné du cash.
Aussi, Alpha Blondy reconnaît qu'ADO est né Ivoirien à Dimbokro comme lui (par droit de sol universellement reconnu, comme en Côte d'Ivoire avant 1972, sauf dans les pays fascistes). Mais, ayant rejoint la philosophie de Gbagbo en décembre 2007, l'artiste dit renier maintenant ADO comme parent pour son accent malinké proche de celui des Malinké de Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) (Q-R : 12). Comme si les Djablin étaient des faux Ivoiriens pour leur accent agni proche de l'Ashanti de Kumasi (Ghana), etc. Plus grave encore, Alpha l'ivoiritaire va jusqu'à relier l'accent malinké des gens de Kong à un trait culturel qui a incrusté chez ADO un comportement incestueux inimaginable chez un vrai Ivoirien. Voici sa déclaration à ce sujet : «Je pense qu`Alassane Ouattara pouvait s`offrir toutes les filles d`Abidjan, sauf celle-là (Dominique Folloroux). Ce qu`il a fait, c`est comme si tu couchais avec ta propre mère. Parce que le président Houphouët était son père politique et spirituel. Et quand tu as fini de coucher avec ta mère, n`aies pas la prétention de ravir à ton père son fauteuil. Or, Ouattara a fait tout cela. C`est ce que le PDCI n`a jamais osé dénoncer aux yeux du monde. Voilà pourquoi beaucoup se sont contentés de le traiter d`étranger. Ce qui l`a d`ailleurs arrangé car il en a fait son fonds de commerce» (Q-R : 7 et 8).
Et la cervelle aussi légère que la cendre d'un kaya (drogue de rasta-man), Alpha dévoile ensuite sa source d'information : «Je fais un décryptage, you know. A l`époque, je sortais avec Patricia, la fille d`un Européen qui travaillait à la présidence. Elle m`a confié ceci, après la nomination d`Alassane Ouattara : «Attention votre Premier ministre-là est en train de prendre un virage dangereux. Parce que Dominique (Folloroux) est en quelque sorte la «Go» du président de la République, Félix Houphouët». Comprenez-vous le sens de ce message de Patricia ?» (Q-R : 8).
Ce que Alpha ne savait pas, c'est que de chez lui Patricia passait me voir, moi Ahua Junior, en me disant qu'elle n'avait pas eu sa dose, car le rasta-man était un incapable. Comme quoi, il est facile d'être cocu et ne pas savoir le décrypter.
Là où le kaya-man perd toute crédibilité, c'est lorsqu'il explique la raison pour laquelle Houphouët aurait concédé sa «go» à ADO : «On me qualifie de fou, non ? Mais un fou, il sait beaucoup de choses, you know ! Le mariage de M. Ouattara avec Dominique, relève d`un calcul politicien. Il prétend que Houphouët lui a donné l`ordre de prendre cette femme. Mais il a oublié que c`est parce qu`il a couché avec elle que «le Vieux» s`est fâché et la lui a cédée. Un proche d`Houphouët, et non des moindres, m`a confié que «le Vieux» en a pleuré. Parce qu`il ne pouvait pas s`imaginer que quelqu`un qu`il a fait venir auprès de lui de bonne foi puisse lui planter le couteau dans le dos. Son entourage en été malade aussi. C`est de là qu`est parti le débat sur la filiation de Ouattara. Aujourd`hui, nous disons qu`Alassane Ouattara est certes un Ivoirien mais il y a un problème» (Q-R : 11).
Pure folie! Alpha n'est pas assez lucide pour savoir que personne au monde ne pouvait ravir une femme au Président Houphouët sans en payer le prix fort : la guillotine. Alors, lorsqu'un énergumène de son espèce perd le sens des réalités, le délire devient son fidèle compagnon. On comprend pourquoi Alpha colle le coup d'État de 1999 au dos d'ADO en donnant pour preuve que celui-ci aurait dit auparavant que s'il frappait le régime de Bédié, il tomberait (Q-R : 2-3).
À la réplique que le Général Guéï, chef de la junte, avait une version différente, le kaya-man esquive la controverse en bégayant : «Je n'entre pas dans ce genre de masturbation» (Q-R : 4).
C'est vrai que lorsqu'on n'a pas assez de sperme, on se contente de plaisir fantasmatique, comme par exemple attribuer la commandite de la rébellion de 2002 à ADO, un homme qu'on qualifie pourtant de pauvre, en alléguant tout simplement que Koné Zacharia aurait dit : «nous avons pris les armes pour qu'il n'y ait plus d'exclusion en Côte d'Ivoire et que Alassane soit candidat». Et comme ADO n'a pas démenti, cela confirme le fait que qui ne dit mot consent (Q-R : 5-6).
Et notre kaya-man de révéler en conclusion qu'il votera «pour le candidat à la présidentielle prochaine qui promettra de faire partir l'armée française et de nous faire passer d'une indépendance virtuelle à une indépendance réelle» (Q-R : 23).
Alpha votera donc pour Mamadou Koulibaly car Gbagbo, il n'y a pas très longtemps, a renié ses amis du FPI et les jeunes patriotes, en jurant qu'il n'a jamais exigé et n'exige pas le départ du 43e BIMA et qu'au moment où les loups criaient au loup, lui, chef d'État, devait se taire et s'était tu.
C'est dire que l'homme dont Seydou Koné est le chantre aujourd'hui, lui est totalement méconnu. Sinon, le kaya-man saurait qu'entre ADO et Gbagbo, le plus «cocufieur» n'est pas celui qu'il croit. ADO est marié en secondes noces en 1991 et on lui connaît une seule épouse depuis cette date, une femme d'Affaire respectable, Madame Dominique Ouattara. Donc, en nous référant à notre Constitution, celui qui bénéficie d'un passe-droit en matière de moralité et de probité grâce aux Accords de Marcoussis, c'est bien Gbagbo. C'est le même homme qui a la réputation notoire de croire que la politique consiste à mentir, à feindre, à cacher la vérité, bref à cocufier le peuple, pourvu qu'on conserve le pouvoir. À ce titre, comme il se le réclame d'ailleurs, il est plus kacou Ananzè (trompeur) que Kacou Ananzé lui-même.
C'est aussi de plus en plus évident que le fondateur du FPI en 1982 qui a réclamé, en Côte d'Ivoire comme en exil, le multipartisme, ne voulait en fait qu'avoir l'opportunité de devenir président et de transformer la République en monarchie. Il nous a prouvé depuis huit (8) ans que ses connaissances en matière de démocratie n'incluent pas l'inaliénation : 1) - du droit à la revendication syndicale, 2) - de l'État de droit qui dicte que tout le monde est assujetti à la loi, du plus humble de la société jusqu'au Président de la République et 3) - du respect des Droits de l'Homme. C'est pourquoi, il ne comprend que le langage de la violence, car il poursuit les manifestants pacifiques, considère les grévistes comme des agresseurs moraux à son endroit et s'allie facilement avec ceux qui peuvent menacer son pouvoir par la force. Et à le voir fonctionner, ses nominations à base tribale raffermissent la thèse selon laquelle Laurent Koudou Gbagbo est un rancunier, marqué par le sentiment victimaire de la politique de Houphouët qu'il ne voit que par des lunettes d'un disciple de Victor Biaka Boda, Bété d'Ouragahio né en 1913, homme politique et sénateur du PDCI-RDA élu en 1948 et assassiné en 1950 à Bouaflé (en pays Baoulé) dans des circonstances qui font encore débat. Paresseux et calculateur, il est partisan du moindre effort en autant que sa pitance puisse couvrir les besoins des siens et de ceux qu'il peut corrompre pour lui balayer le chemin. Comme il aime à le dire lui-même, il ne s'intéresse qu'à là où il peut tirer son argent, notamment la filière café cacao, le pétrole et la douane. Doté d'un courage de laisser faire les tueurs en son nom à condition qu'il ne soit pas cité en cas de pépins, il ne brave jamais lui-même la menace et attend d'être acculé dans son dernier retrancheme