June 23, 2008 ACCUEIL LA FESCI HOMMAGE KNA HOMMAGE REACT BOUAKE OCCUPE RAPPORT/HIGONNET NOS CONTACTS
Copyright 2004©LeConservateur.net All rights reserved. Privacy policy

 

LeConservateur.net
“ LA PAIX, CE N'EST PAS UN VAIN MOT MAIS UN COMPORTEMENT ”
IDEOLOGIE
 
LIVRE
SHENKA
 
PUBLICITE

Micro ouvert exclusive sur www.ivoirenews.net

DEBAT SUR LA POLITIQUE AFRICAINE
Cliquer sur la radio pour écouter nos émissions
Cliquer sur la radio
Pour participer appelez
Le Numero
712-432-3900

code d'accès

2136318
suivi de la touche #
 

Les Bonnes affaires
VENDRE OU ACHETER
Tel: 240-351-6471
 
 
 
 
 
BOUAKE: TERRITOIRE ENCORE OCCUPE MALGRE L'ACCORD DE OUAGADOUGOU
Les populations de Bouaké ont beaucoup souffert du conflit qui a déchiré la Côte d'Ivoire .
Bouaké

600.000 habitants. Deuxième ville du pays, située à 380 km d'Abidjan sur un plateau. La ville est au centre du pays et peuplée de pratiquement toutes les ethnies ivoiriennes, même si la dominante est baoulé. Autrefois la ville était un important marché aux esclaves des Portugais. Les activités économiques sont diverses. La ville abrite l'un des plus grands complexes textile de l'Afrique francophone, une université et des instituts de recherches (Centre Pierre Richet de recherche sur les maladies transmises par les insectes). Dans les environs, se trouve un centre de recherche international sur le riz (ADRAO). La ville est aussi un carrefour commercial de première importance entre le Mali, le Burkina Faso et Abidjan, ainsi qu'un important marché agricole pour la région (coton, café, cacao, tabac, riz, igname, huile de palme, etc.). Plusieurs écoles (sylviculture), une université, et des antennes vétérinaires, agricoles et météorologiques du gouvernement y sont regroupés.

HISTORIQUE DE LA PRISE DE BOUAKE
Petit pays situé en afrique de l'ouest,connue pour sa stabilité politique dans la sous region occidentale est depuis 2002 dans une impasse de ni guerre et ni paix. C'est dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002,aux environs de 3 heures du matin (tu),qu'il y'a eu un soi-disant soulèvement des reservistes dénommés zinzin et bahefoue .Au cours de cette nuit, les villes de Bouaké et Abidjan sont attaquées par des bandits lourdements armés.Plusieurs personnes et mêmes des personnalités politiques et militaires non des moindre ont trouvé la mort.

Les forces de defenses et de sécurité ,qui basées à abidjan ont pu liberer celle ci sauf Bouaké qui elle avait dans les prémières heures perdue ses officiers supérieur de commendements.Ce qui explique l'occupation de celle ci par les rébelles.
Le 20 septembre 2002, le chef de l'Etat son exellence laurent gbagbo adresse à la nation,un méssage dans lequel il dénonce un complot contre la côte d'ivoire et promet de mâter cette rébellion qui a établit son siège à bouaké.Il décrète aussi l'etat d'urgence ainsi que le couvre feu.

Le 29 septembre 2002,la CEDEAO s'est réunis à accra au ghana ,sur convocation de son president Aboulaye Wade,président de la république du Senegal.Ce qui a permit à son exellence laurent gbagbo de presenter la situation de la côte d'ivoire .

Le 06 octobre 2002,une offensive est mené contre la ville de Bouake .Les loyalistes ont pris la ville seulement pendant 72 heures car la ville a été réoccupé par les rebelles.

Le 07 octobre 2002,la ville de vavoua tombe entre les mains des rebelles .Le visage de la rebellion se déssine à travers la naissance du mpci qui signifie mouvement patriotrique de côte d'Ivoire avec pour siège bouaké et pour sécretaire Soro Kigbafori Guillaume .

Le 13 octobre2002, Daloa est à son tour occupé par les rebelles .Mais pour seulement 24 heures car elle sera libérés par les forces régulières.Le ministre senegalais des affaires étrangères et le conseiller diplomatique du président senegalais se rendent à Bouaké ,capitale de la rébéllion afin de négocier un cessez le feu .

Le 19 novembre 2002,une autre branche armée de la rébéllion se signale à l'ouest sous le nom du MJP qui est le mouvement pour la justice et la paix ,avec pour chef Dely Gaspard ,s'établit sur l'axe toulepleu-Danané

Le 25 novembre 2002,toujours à l'ouest nait le mouvement patriotique ivoirien du grand ouest qui est le MPIGO.Il a pour chef Felix Doh qui jurait en son temps venger la mort de l'ancien chef d'Etat qu'est Guei Robert .

Le 28 novembre 2002, prise de la ville de Man par les insurgés de l'ouest que sont le mpigo et le mjp.

Le 02 décembre 2002,les FANCI annonce la libération de la ville de Man .

Le 19 décembre 2002,le MPIGO et le MJP reviennent prendre la ville de Man .Ce qui a fait environ 200 morts.Ce même jour, Bangolo tombe dans les mains des rébelles du MPIGO.

Le 21 décembre 2002,les rebelles du mpigo sont defait par la force française dans leur tentative de prendre la ville de Duekoué
 
Coups de feu, pillages à Bouaké, Man, Séguéla/ Bakayoko à ses hommes : "Plus jamais ça !"
 mardi 24 juin 2008 - Par Fraternité Matin - Le chef d'état-major des Forces armées des forces nouvelles a rassuré ses ex-combattants lors d'une rencontre à Bouaké. Le chef d'état-major des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN) a rencontré, hier, à la 3ème région militaire de Bouaké, les ex-combattants des FN, volontaires pour l'armée nouvelle (VAN). Qui, pour le non paiement de leur prime d'allocation forfaitaire de 90.000 Fcfa, avaient paralysé à deux reprises, la semaine dernière, la ville de Bouaké. Pour éviter que de tels événements se reproduisent, le général Soumaïla Bakayoko, au non du secrétaire général des Forces nouvelles, a tenu à les rassurer que le gouvernement a pris toutes les dispositions nécessaires pour que chaque ex-combattant puisse percevoir pendant 3 mois sa prime d'allocation forfaitaire de 90.000 F, soit 270.000 Fcfa. Cela, a-t-il dit, pour faire en sorte que la prise en charge de chaque ex-combattant soit une réalité au moment du regroupement. Il a profité de cette occasion pour exprimer son mécontentement et condamner avec fermeté le comportement regrettable que ces éléments ont adopté la semaine dernière, en troublant deux fois successivement la tranquillité des paisibles populations de la ville de Bouaké, à travers des manifestations de rue pour réclamer le paiement de leur prime d'allocation forfaitaire de 90.000F. «Quand on est militaire, on ne manifeste pas comme vous avez fait», a-t-il fait observer. Car, selon lui, le métier qu'ils ont choisi, à savoir être des soldats, ne permet pas de faire des grèves, des marches encore moins du syndicalisme.
Cela rend le métier des armes difficile et lui donne toute sa grandeur. «Je vous demande de ne plus jamais recommencer ce que vous avez fait», a-t-il martelé. Pour la simple raison que cela est de nature à jeter le discrédit sur les uns et les autres ; à commencer par leurs chefs hiérarchiques, le commandant de zone, le commandant du site de regroupement, les encadreurs, l'état-major et le secrétaire général, premier responsable des FAFN. Pour lui, la situation difficile que vivaient les ex-combattants était connue de tous et des solutions étaient en train d'être trouvées quand, du fait de leur impatience, ils ont investi les rues et artères de la ville de Bouaké pour exprimer de la plus mauvaise des façons leur mécontentement. Néanmoins, le chef d'état-major des FAFN a demandé à ses hommes de faire en sorte qu'à l'avenir, ils puissent montrer aux yeux de la communauté internationale et aux populations de la ville de Bouaké que les Forces nouvelles ont des militaires dignes de ce nom qui peuvent servir dans l'armée de demain avec fierté et dignité. Et cela doit se traduire par leur comportement sur le lieu du regroupement et dans la vie de tous les jours. Aussi, a-t-il présenté, au nom du secrétaire général des Forces nouvelles, de l'état-major et de l'ensemble des FAFN tous les regrets et toutes les excuses aux populations pour le désagrément qu'elles ont subi lors des sorties malheureuses de ces ex-combattants. Par ailleurs, le général Soumaïla Bakayoko a tenu à rassurer ses hommes démobilisés, au nombre de 1900, faisant partie de la 4e rotation du regroupement, qu'ils percevront effectivement, tout comme les Volontaires pour l'armée nouvelle, leur prime d'allocation forfaitaire de 90.000 F pendant 3 mois. Et cela, le temps que l'on puisse trouver à chacun la réinsertion qui lui convient. A savoir, pour les uns, des emplois qu'ils peuvent exercer et pour les autres des projets qu'ils peuvent exécuter afin de pouvoir se prendre en charge demain. Pour ce faire, a-t-il annoncé, le 27 juin prochain, les responsables de la sortie de crise de la Primature, du PNRRC et le Programme national du service civique seront à Bouaké pour expliquer clairement aux ex-combattants démobilisés des Forces nouvelles le mécanisme de la prise en charge et la réinsertion. à Seguéla, des éléments démobilisés et regroupés sur le site de Kani, ont également manisfesté hier, selon Onuci-Fm pour réclamer le paiement de leurs primes.

Adjé Jean-Alexis
Correspondant régional
BOUAKE-APRES LES MANIFESTATIONS DE MERCREDI: Le calvaire des populations continue
Soir Info -vendredi 20 juin 2008 par BAMBA Idrissa - Après deux jours de manifestations dans les rues de Bouaké (Lundi 16 et mercredi 18 Juin 2008), les soldats démobilisés à Bouaké le 02 Mai 2007, ont reçu leurs primes de 90.000f Cfa en fin de matinée du mercredi 18 Juin. Après donc les manifestations de mercredi qui ont causé beaucoup de torts aux populations, l'on avait pensé que tout était rentré dans l'ordre. Que non ! Le calvaire des populations a continué dans la journée d'hier jeudi 19 Juin 2008. L'on note, selon des habitants de Bouaké, que les passagers des véhicules personnels, cars et même de simples citoyens, sont systématiquement harcelés et soumis au racket des éléments des Fafn au niveau des différentes sorties et entrée de Bouaké. A titre d'exemple, une Dame en provenance de Dabakala a été dépouillée de la somme de 50.000f Cfa et de son téléphone portable. Plusieurs autres personnes ont vu leurs fonds extorqués par les ex-combattants qui ne semblent pas avoir totalement lâché du lest. Si dans les rues de Bouaké, le calme est revenu, ce n'est pas le cas au niveau des corridors où l'insécurité règne fortement. Il faut dire que les dégâts de la révolte des soldats démobilisés, sont considérables tant au plan humain que matériel. L'on note plusieurs blessés dans les rangs des insurgés et de la population. Deux civiles et un rebelle ont été tués selon des sources concordantes. Les locaux de Côte d'Ivoire Télécom ont été saccagés entièrement et des magasins pillés.
 
La manifestation des ex-combattants de Bouaké dégénère en pillage: La population se révolte, 2 FAFN tués
Frat Matin -18 Jun 2008 - A peine l'ultimatum de 48 heures qu'ils ont donné aux autorités militaires des Forces nouvelles pour trouver une solution au paiement de leurs primes d'allocation forfaitaire de 90.000 FCFA  expiré, les ex-combattants en regroupement au 3e bataillon de Bouaké ont à nouveau investi, hier matin, le rond -point de la gare routière ainsi que  certains commerces et marchés.  
Une “descente” soutenue par des crépitements d'armes et qui s'est traduite par des actes de vandalisme et de pillage, qui se sont soldés par des dégâts matériels. Encore une fois, des véhicules privés ont été arrachés à leurs propriétaires et  des magasins situés dans le périmètre du marché mis à sac. L'agence régionale d'Orange Côte d'Ivoire sise au quartier Commerce a également subi la razzia des protestataires.  Cette société de téléphonie mobile, de même que sa concurrente MTN, a vu ainsi  plusieurs de ses véhicules emportés. Les clients, non plus, n'ont pas été épargnés. Bon nombre d'entre eux ont été ainsi proprement délestés de leurs portables,  numéraires, voitures et  motos.

Seulement voilà, alors que les pilleurs se sentaient en territoire conquis et sans résistance aucune en face d'eux, voilà qu'un phénomène inattendu va venir contrarier leur dessein malsain. En effet, dans un sursaut d'orgueil, les commerçants vont organiser eux-mêmes la défense de leurs biens. Mobilisant au passage une foule remontée qui semblait ne plus se laisser faire.  A certains endroits, cela s'est traduit par une véritable chasse à l'homme.

Surpris par la riposte, de nombreux  “assaillants” ne trouveront leur salut que dans la fuite. Certains, moins chanceux, ont été copieusement  malmenés. Ce qui est sûr, ils n'oublieront pas de sitôt ce déluge de pierres et ces volées de gourdins qui les ont mis en déroute. Par moments, en mauvaise posture, les ex-combattants ont replié pour revenir à nouveau à l'assaut des commerçants, mais la solidarité de ces derniers a eu raison d'eux. Malgré leurs armes (machettes et kalachnikov).

Ces commerçants dont la plupart sont eux-mêmes des ex-combattants reconvertis dans le commerce et le négoce, n'ont donc pas voulu s'en laisser conter. Retournant ainsi en leur faveur l'incivisme et l'indélicatesse de leurs compagnons d'hier. Bilan de ces échauffourées, des civils blessés dont certains dans un état critique, deux ex-combattants tués, treize véhicules réquisitionnés mais retrouvés. Dans tous les cas, les populations dans leur ensemble, comme nous l'a dit cet interlocuteur dépité, ne comprennent pas pourquoi elles doivent servir d'exutoire aux mouvements d'éléments armés; elles qui estiment être ainsi payées en monnaie de singe, après avoir soutenu et adulé les Forces nouvelles au plus fort de leur lutte.  

C'est pourquoi, comme un seul homme, elles semblent ainsi  dire  trop c'est trop et que cette fois, elles sont décidées à ne plus se laisser faire. Du reste, bien des personnes qui nous ont approchées, ont souhaité que nous insistions sur ce nouvel état d'esprit qui veut que désormais, populations civiles défendront leurs biens même au prix de leur vie. C'est sur ces entrefaits que des patrouilles mixtes des compagnies “Guépard” et “Anaconda” dirigées par le commandant Soro Dramane dit Docteur, sont intervenues pour calmer les esprits et organiser une course poursuite des “insurgés” résiduels afin qu'ils regagnent le  3e Bataillon d'infanterie de Bouaké, leur lieu de regroupement. L'opération de ratissage s'est poursuivie jusqu'en fin de matinée où, en toute vraisemblance, la situation est redevenue normale, après une paralysie de plus de quatre heures d'horloge.

 Adjé Jean-Alexis
Correspondant régional
 
CÔTE D'IVOIRE: « Je ne pensais pas que la guerre allait durer si longtemps »
BOUAKE, 22 mai 2008 (PlusNews) - Lorsque la rébellion des Forces nouvelles a lancé une insurrection armée contre le gouvernement ivoirien en 2002, Princesse*, dépistée positive au VIH l'année précédente, a fui Bouaké, le fief rebelle dans le centre du pays, pour se réfugier dans son village de brousse.

Suite au décès de son mari en 2000, et quelques mois plus tard de celui de sa fille âgée de trois ans, Princesse, aujourd'hui âgée de « 41 ans sur le papier », s'est résolue à écouter les conseils du médecin qui lui recommandait de faire le dépistage au VIH, parce qu'elle-même développait une série d'infections.

« Je n'avais pas le choix, j'étais tout le temps malade. J'ai accepté de faire le test parce que je souffrais trop », a-t-elle raconté.
A ce moment-là, Princesse vivait encore avec sa fille aînée, aujourd'hui âgée de 13 ans, dans une petite localité située à une trentaine de kilomètres de Bouaké. Elle s'est donc rendue au Centre de solidarité et d'action sociale (CSAS), le plus gros centre de prise en charge du VIH/SIDA à Bouaké. Le résultat de son test, effectué en 2001, a été une épreuve. « Ca m'a vraiment choquée, l'assistante sociale [du centre] a essayé de me remonter le moral, mais je ne savais plus quoi faire : je n'étais plus chez mes parents et je ne pouvais pas rentrer dans notre village parce que je n'aurais pas pu être suivie [médicalement] là-bas, où allais-je rester ? », s'est-elle souvenue.

Le centre CSAS, qui fournit aujourd'hui des traitements antirétroviraux (ARV) à plus de 800 patients infectés au VIH à Bouaké, l'a alors soutenue. « Ils m'ont aidé à prendre une petite maison et à payer le loyer, ils m'ont donné de la nourriture », a-t-elle dit.

Lancement de l'insurrection


C'est à ce moment-là que la guerre est arrivée. Dans les jours qui ont suivi le 19 septembre 2002, date du déclenchement de la tentative de coup d'état contre le président ivoirien Laurent Gbagbo, Princesse a estimé qu'elle n'était plus en sécurité à Bouaké, où la rébellion avait installé son quartier général. « J'avais peur, il y avait des coups de feu tout le temps, on ne pouvait plus sortir pour aller chercher à manger », a-t-elle raconté. « Le centre [CSAS] était fermé au début de la crise. On ne pouvait pas rester ».

Princesse est alors partie à pied avec sa fille, pour aller se réfugier dans la localité où elle vivait avant d'apprendre sa séropositivité. « Arrivées là-bas, l'Eglise nous a payé le transport pour aller dans le village de ma famille [à plusieurs dizaines de kilomètres de là] ».
D'abord accueillie à bras ouverts par une parente, la situation s'est vite dégradée, d'autant plus que Princesse, qui n'a révélé à personne son statut sérologique, ne pouvait pas toujours participer aux travaux familiaux. « Il y avait toujours des disputes, il n'y avait pas à manger, et je n'avais pas d'argent pour [payer la nourriture] », a-t-elle dit. « Avec ma santé, je ne pouvais pas aller tous les jours aux champs parce que ça me fatiguait, mais les autres pensaient que c'est parce que je ne voulais pas aider ». « J'ai senti que j'étais devenue misérable », a dit Princesse. « J'ai vécu un calvaire. Je ne pensais pas que la guerre allait durer si longtemps ».

Mais la crise politique durant, elle finit par confier son désarroi à un de ses jeunes frères, installé dans la région d'Abidjan, la grande ville économique du sud de la Côte d'Ivoire. A l'époque, Princesse n'était pas encore sous traitement antirétroviral (ARV), qui permet d'améliorer la vie des personnes vivant avec le VIH mais ne doit pas être interrompu sous peine de provoquer des résistances aux médicaments et de mettre la vie du patient en danger. Cependant, elle a développé un certain nombre d'infections opportunistes liées au VIH/SIDA qui nécessitaient d'être traitées.
« Mon petit frère est venu au village, il m'a encouragée et il m'a payé des médicaments », a-t-elle raconté.

Rentrer à Bouaké

Malgré ce soutien, Princesse ne se sentait plus à l'aise au sein de sa famille. En juin 2004, elle a décidé alors de partir et de retourner, avec sa fille, à Bouaké, où un certain calme était revenu en dépit de l'enlisement de la crise politique.

Mais pendant ses presque deux ans d'absence, sa petite maison et les maigres biens qu'elle y possédait ont été pillés. « On m'a donné le contact d'une ‘grande soeur', [une patiente] du centre [CSAS], et elle nous a accueillies chez elle », a-t-elle dit. Princesse a alors commencé à animer des séances de sensibilisation pour les patientes du CSAS et les femmes venant se faire dépister. Elle a rejoint l'association Femmes espoir éternel, qui regroupe des femmes vivant avec le VIH, et les indemnités qu'elle perçoit pour son activité auprès du centre lui ont permis au bout de quelques mois de reprendre un petit logement. Princesse est aujourd'hui sous traitement ARV, qu'elle a commencé en 2006. A l'exception de son jeune frère et de sa fille, dépistée séronégative, personne dans sa famille n'est informé de son statut sérologique. Elle continue à apporter son soutien aux femmes vivant avec le VIH, en particulier les femmes qui, comme elle, ont été traumatisées par la guerre –un phénomène qui ne touche pas seulement les personnes déplacées.

« Certaines femmes [vivant avec le VIH] sont restées pendant la guerre », a-t-elle dit. « Celles qui ne sont pas parties ont beaucoup souffert aussi, parce qu'elles ont [vécu] les violences, il n'y avait pas de nourriture, pas d'eau, pas d'argent, pas de [médicaments] ».

 
Les victimes de guerre n'ont pas fini de payer
BOUAKE, 15 mai 2008 (PlusNews) - Qu'elles aient été forcées à fuir en 2002 ou contraintes à rester, les populations de Bouaké, dans le centre de la Côte d'Ivoire, continuent de subir les conséquences de la crise politique qui a coupé le pays en deux, a fortiori lorsque la violence sexuelle et le VIH sont venus noircir le tableau. L'insurrection lancée en septembre 2002 par la rébellion des Forces nouvelles, basée à Bouaké, contre le gouvernement du président Laurent Gbagbo, a fait fuir des milliers de personnes de cette ville du centre du pays. Josette* est l'une d'entre elles. Elle se souvient très bien de cette « journée noire » du 19 septembre 2002 et de celles qui ont suivi. Enfermée chez elle avec son mari et plusieurs de ses neuf enfants, terrorisée par les combats qui se déroulaient à côté de chez elle, elle s'est
résolue à partir. « Ca n'allait plus à la maison, nous n'avions plus rien à manger », a-t-elle raconté. Cette femme d'une quarantaine d'années, qui nourrissait sa famille grâce à son petit commerce de vêtements et de chaussures, a alors bravé sa peur et fait le tour de ses débiteurs à qui elle avait fourni des marchandises à crédit, pour réunir l'argent nécessaire au départ.

« On me devait 500 000 francs CFA [1 212 dollars] mais quand j'ai voulu les réclamer, les gens n'étaient plus là pour rembourser, ou alors ils ne pouvaient pas », a-t-elle raconté. Aidée par une connaissance, elle a finalement rejoint un de ses frères à Abidjan, la principale ville ivoirienne située 300 kilomètres plus au sud, et y est restée jusqu'à la mort de son frère en 2006. C'est à son retour à Bouaké, parce qu'elle avait « des tâches sur la peau », qu'elle est allé faire le test de dépistage du VIH, positif, et a été mise immédiatement sous antirétroviraux (ARV). Ses enfants l'ont rejetée lorsqu'ils ont commencé à soupçonner qu'elle était infectée. Ruinée par la crise, sans autre endroit où aller que la concession familiale, Josette a fait le choix douloureux de mentir, pour ne pas se retrouver à la rue. « Je leur ai dit que ce n'était pas vrai, que je n'étais pas infectée, et je prends mes médicaments en cachette », a-t-elle dit. Des victimes de guerre comme Josette, notamment des personnes déplacées, l'ONG Organisation pour les droits et la solidarité en Afrique (OIS Afrique) en reçoit presque quotidiennement, et les traumatismes sont nombreux.

« Ils ont marché longtemps dans la brousse, sous la pluie, le soleil, avec la peur au ventre, certains ont perdu des enfants en route », a dit Jean-Jacques Aka, directeur exécutif d'OIS Afrique. « Ceux qui sont restés ont aussi vécu des traumatismes, les bombardements, les avions qui crachent du feu tout autour, mais pour les déplacés, c'est encore pire, ils sont tombés sur des cadavres, ils ont vu beaucoup de choses en route ».

Victimes de violences sexuelles

Certaines de ces victimes ont aussi subi des agressions -violences sexuelles ou physiques, pillages. Une enquête menée par l'organisation Médecins sans frontières, qui gérait une unité médicale au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bouaké pendant la crise, a recensé 146 cas de violences sexuelles en 2006, à une période où la situation sécuritaire s'était en principe améliorée. Mais ces chiffres sont certainement inférieurs à la réalité, les victimes ne sachant généralement pas à qui s'adresser ou ayant trop peur, ou honte, pour dénoncer ces actes.

« Les cas de viols mettent longtemps à être renseignés », a confirmé Constant N'Da, assistant du projet Assistance et réinsertion sociale des femmes et filles déplacées et retournées du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) à Bouaké, l'un des partenaires d'OIS Afrique. Les actes de violences sexuelles recensés jusqu'à présent l'ont été via le CHU, où quelques victimes sont allées demander des soins, ou auprès d'organisations non gouvernementales (ONG), comme l'Association des femmes juristes de Côte d'Ivoire et l'OIS. Le test de dépistage du VIH est généralement proposé aux victimes, mais le taux d'infection n'est pas connu, bien que le nombre d'infections sexuellement transmissibles soit important, selon l'OIS. Les victimes, une fois qu'elles ont été traitées médicalement au CHU, sont référées aux ONG pour la prise en charge du VIH en cas d'infection, et pour un soutien psychologique, juridique et économique, car pour l'instant, les administrations ne sont pas totalement fonctionnelles. « Au niveau du ministère de la Lutte contre le sida, notre rôle est de nous assurer que dans le cadre de la prise en charge des cas [victimes de violences], des kits PEP [prophylaxie post-exposition, qui permet de limiter le risque d'infection au VIH] sont disponibles », a expliqué le docteur Conombo Joséphine Diabaté, directrice du secteur public au ministère.

Des violences qui perdurent


S'il y a eu de nombreux cas de violences sexuelles au plus fort de la crise, notamment une recrudescence des viols collectifs commis par des hommes en armes, l'espoir d'une normalisation de la situation politique, suite à la signature de l'accord de Ouagadougou, au Burkina Faso, en mars 2007, entre les principaux protagonistes du conflit, n'a pas pour autant mis fin au phénomène. « Il ne se passe pas un jour sans qu'on voit arriver des victimes », a constaté M. Aka. « Elles sont orientées ici par les structures médicales, les comités de quartiers ou de villages que nous avons sensibilisés [sur la question des violences] ». En l'absence d'un retour véritable de l'état de droit –la zone, bien qu'officiellement réunifiée avec le reste du pays, étant dans les faits toujours largement sous contrôle de l'ex-rébellion-, les auteurs de ces violences jouissent toujours d'un sentiment d'impunité, ont noté plusieurs acteurs humanitaires à Bouaké.

« Même quand ils [les auteurs] se font attraper, ils sont ensuite relâchés et leurs victimes les croisent dans la rue », a dit l'un d'entre eux. « Les cas de violences ne sont pas traités au niveau de la Justice et de la Police, ils sont réglés à l'amiable et les familles acceptent, souvent par peur des représailles, surtout quand les auteurs sont des hommes en uniforme. [Les Forces nouvelles] ne sont pas organisées sur le plan judiciaire, il faut absolument un retour de l'autorité de l'Etat ».

Officiellement, le redéploiement des fonctionnaires, dont beaucoup se sont réfugiés en zone gouvernementale pendant la crise, est en cours, mais dans les faits, la situation est loin d'être revenue à la normale. De nombreux bâtiments publics, symboles de l'autorité de l'Etat, ont été détruits et pillés pendant la guerre, et sont aujourd'hui inutilisables. L'un des objectifs de l'UNFPA est de trouver des fonds pour réhabiliter le Centre social de la ville, qui dépend du ministère de la Famille, de la femme et des affaires sociales, et est aujourd'hui à l'abandon. Dans d'autres villes où ces services fonctionnent, « le centre social est devenu un point névralgique », où les victimes de violences peuvent s'adresser pour savoir quelles démarches entreprendre, a noté M. N'Da. Pour favoriser le retour à la normalité, les acteurs humanitaires tentent d'aider les déplacés de guerre qui le souhaitent –et ils sont une majorité- à rentrer chez eux. Mais pour cela, il faut résoudre le problème que pose leur réintégration, à commencer par l'aspect économique, a dit M. Aka.

« Certains déplacés travaillaient dans des entreprises qui tournent maintenant au ralenti, les commerces, les industries ont réduit leur activité, il n'y a plus de travail », a-t-il dit. « D'autre part, leurs logements ont été pillés, et certains n'ont plus les moyens de scolariser leurs enfants. Ils arrivent et doivent réapprendre à vivre, mais pour cela il faut un minimum. Des déplacés sont revenus, mais ils sont repartis à cause de cela ».

« Certains déplacés ont été aidés par des organisations pour tout, aujourd'hui, ils veulent quitter ça, mais il faut un minimum pour démarrer », a-t-il ajouté.

C'est le cas de Josette, dont aucun des enfants n'a trouvé de travail, et qui rêve de reprendre une activité. « Je veux faire quelque chose de mes 10 doigts, je veux travailler mais on est obligé de tout me donner », s'est désolée Josette. « La seule chose qui marche ici, c'est le crédit ».
 
Un nouvel espoir pour les enfants de Bouaké

BOUAKE, 12 mai 2008 (PlusNews) - Assis sous la paillote érigée dans la cour du centre pédiatrique Ariel Glaser à Bouaké, en Côte d'Ivoire, des enfants de tous âges jouent avec l'animatrice pendant que d'autres mangent le repas préparé par la cuisinière du centre, sous l'oeil des mamans ou parentes qui les accompagnent. Inauguré en août 2007, cet espace, géré par le Centre de solidarité et d'action sociale (CSAS), qui fait de la prise en charge du VIH/SIDA à Bouaké, dans le centre du pays, a été mis en place pour répondre à un besoin croissant.

« Dès les débuts du [CSAS, en 1995], notre première préoccupation était les enfants, on entendait les patients [séropositifs] dire ‘‘mon enfant ne va pas à l'école, il est malade'' », a expliqué Penda Touré, directrice du centre. « On perdait beaucoup d'enfants [séropositifs] parce qu'on pouvait seulement soigner les infections opportunistes [liées au VIH] ».

En 2000, le Centre hospitalier universitaire de Yopougon, un immense quartier populaire de la capitale économique ivoirienne Abidjan, située à quelque 300 kilomètres au sud de Bouaké, a ouvert un service spécialisé dans la prise en charge des enfants séropositifs, y compris aux antirétroviraux (ARV) pédiatriques.

« Pour les parents qui pouvaient, on essayait de les envoyer à Abidjan, mais c'était quatre, cinq enfants seulement », a dit Mme Touré.

De plus en plus d'enfants venaient se faire dépister au centre de Bouaké, avec les adultes, a-t-elle raconté. « Quand les enfants avaient des épisodes de maladie, on proposait à leurs parents de les faire dépister, mais on avait peur aussi de susciter le test et de ne rien pouvoir faire ensuite. Voir partir son enfant, c'est horrible ». Peu à peu, le centre a pu trouver des financements pour lancer des projets destinés aux enfants, et en 2007, grâce au financement de la Fondation Elizabeth Glaser pour le sida pédiatrique, le centre pour enfants a ouvert ses portes.

L'impact de la crise

Aujourd'hui, le centre pédiatrique suit une cohorte d'environ 200 enfants, infectés ou affectés par le VIH, dont 80 sont sous ARV. Les soins qui sont dispensés à ces enfants, quel que soit leur statut sérologique, sont entièrement gratuits jusqu'à 18 ans, un facteur qui compte énormément dans une ville durement éprouvée par des années de crise politique.

« Quand le test de dépistage de l'enfant est positif, la première inquiétude des mamans est de savoir comment soigner l'enfant et combien ça coûte. La question du coût revient tout le temps », a noté Mah Awa Lohoua Cissé, conseillère psychologique et sociale du centre.

Une inquiétude due à la paupérisation des populations de Bouaké, deuxième ville du pays devenue fief de l'ex-rébellion des Forces nouvelles après le lancement de l'insurrection armée en 2002, qui a coupé le pays en deux : de nombreuses entreprises ont fermé leurs portes, des habitants sont partis et l'emploi se fait rare.

« Certains enfants ont perdu leurs parents, à cause de la crise et du VIH, ils sont traumatisés », a dit Mme Lohoua Cissé. « Pour d'autres, les mères n'ont pas les moyens de payer des soins, elles essayent de monter des petites activités [génératrices de revenus] mais même quand elles y arrivent, ça ne marche pas ».

C'est le cas de Jacqueline*, mère de quatre enfants et actuellement enceinte du cinquième. Avant la crise, elle allait chercher des légumes dans les villages alentours de Bouaké pour les revendre en ville. « Pendant la crise, on ne pouvait pas se déplacer, je ne pouvais plus faire mon commerce, alors j'ai utilisé l'argent qui restait pour manger. Aujourd'hui, je n'ai plus rien, même plus de quoi remonter une petite activité ». Jacqueline, qui a découvert sa séropositivité après la naissance de son plus jeune fils aujourd'hui âgé de quatre ans, vient régulièrement au centre pédiatrique avec son dernier, dépisté négatif. Elle ne survit que grâce aux dons et au soutien du centre, depuis que sa soeur, chez qui elle vivait depuis la mort de son premier mari, a décidé de ne plus l'aider en apprenant sa nouvelle grossesse. Le dénuement dans lequel se débattent les familles touchées par la crise et le VIH a aussi des conséquences sur le niveau de scolarisation des enfants.

« Avec tous les partenaires, on avait réussi à atteindre presque 100 pour cent de scolarisation avant la crise, mais aujourd'hui, on est à environ 50 pour cent », a dit Mme Touré. « On dit que l'école est gratuite, mais dans la réalité ce n'est pas le cas, les parents sont souvent [sollicités]. On essaye d'apporter une contribution, mais ce n'est pas toujours possible ».

Pour les plus petits


La pauvreté, ajoutée à la stigmatisation, font que de nombreux parents renoncent à faire soigner leur enfant, comme en témoigne le nombre important de femmes enceintes perdues de vue dans le cadre des programmes de prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant (PTME), a noté le docteur Victorine Dilolo, administratrice chargée du VIH/SIDA pour l'UNICEF (le Fonds des Nations Unies pour l'enfance) à Bouaké.

« Lorsque les femmes enceintes font leur test, on leur donne un numéro d'anonymat qui prouve qu'elles ont fait leur test, mais le résultat n'est pas inscrit, donc si la mère ne le dit pas à la sage-femme, on ne peut pas la suivre », a-t-elle dit.

Un manque de suivi d'autant plus regrettable que le taux de mortalité des nourrissons dû au VIH est élevé entre zéro et cinq mois, a constaté le docteur Dilolo, alors qu'il est possible de « rattraper » l'enfant s'il est pris assez tôt. L'UNICEF soutient le centre pédiatrique Ariel Glaser et l'organisation Health Alliance international, qui propose des services complets de PTME à Bouaké, pour tenter de réduire les taux de mortalité dus au VIH. Ces services de PTME se heurtent cependant à des obstacles, notamment le manque de personnels soignants, dont une grande partie s'est réfugiée dans la moitié sud du pays, sous contrôle gouvernemental, pendant la crise. Selon des statistiques collectées par les Nations Unies, sur les 254 sages-femmes qui travaillaient dans la zone centre, nord et est du pays avant la crise, seules 165 étaient en poste fin 2007. D'autre part, la question des tests de suivi biologique, à la fois des enfants et des adultes pose problème, les possibilités à Bouaké étant extrêmement réduites. Dans le cas des tests dits PCR, qui permettent de déterminer le statut sérologique du nourrisson dès l'âge de six semaines –contre 15 à 18 mois pour les tests classiques-, ils ne peuvent être faits qu'à Abidjan, mais les prélèvements doivent parvenir au laboratoire dans un délai maximum de six heures après avoir été effectués, ce qui rend l'opération coûteuse et complexe.

Enfin, de nombreuses femmes renoncent à venir accoucher en structure médicalisée en raison du coût. Pour les aider malgré tout à protéger leur enfant à naître, certaines femmes enceintes identifiées positives au VIH, qui acceptent de participer au programme PTME mais accouchent hors des structures médicalisées, se voient remettre un sirop pédiatrique antirétroviral. Ce dernier, administré au nouveau-né dans les heures qui suivent sa naissance, permet de limiter le risque de transmission du virus.

Des enfants heureux de venir

Les conséquences du renoncement des parents à faire suivre leur enfant est que lorsqu'ils viennent, leur état de santé est préoccupant, a noté le docteur Paule Soro Ouattara, pédiatre du centre. « Les parents les amènent lorsqu'ils sont déjà malades », a-t-elle dit, soulignant néanmoins que les enfants souffrant de malnutrition sévère étaient rares. Pour encourager les parents à venir faire suivre leurs enfants, le centre pédiatrique mise sur la convivialité et les services « en plus », comme l'animation ludique et l'offre d'un repas, ce qui permet également de « fidéliser les patients en mettant l'accent sur les enfants », a expliqué Mme Touré.

Une stratégie payante puisque des enfants demandent à venir, a affirmé Oumou Meite, l'animatrice du centre pédiatrique.

« Au début, il y avait une petite fille qui venait, elle avait du mal à parler, elle ne souriait pas, maintenant elle est heureuse de venir, c'est mon plus beau cadeau », a-t-elle dit. Au centre, les enfants peuvent exprimer leurs craintes, leurs espoirs, et ils se sentent libre d'évoquer leur infection quand ils en sont informés, contrairement à ce qu'ils vivent à l'extérieur. Mme Meite a consigné ces voeux dans un cahier du souvenir, dans lequel chaque enfant possède une page.

« Je voudrais être libre comme l'oiseau, n'avoir de secrets pour personne, être fort pour combattre cette vilaine maladie sida », dit l'un d'entre eux, âgé de 13 ans. « La paix, je veux la paix, pour pouvoir être un papa et une maman demain », dit un autre, âgé de cinq ans.

* Un nom d'emprunt

 
Santé : LE CHU DE BOUAKÉ PEINE À REDÉMARRER CORRECTEMENT
Frat Matin - 11 May 2008 - Le Centre hospitalier régional (CHU) de Bouaké peine à atteindre son niveau de fonctionnement normal, d'avant crise. Cela, son directeur, le professeur Félix Yapo Boa, l'a signifié récemment à l'agence IRIN. «Le CHU fonctionne au ralenti : la gynécologie, la chirurgie et la médecine générales, la pédiatrie, les urgences, ... Tous les services fonctionnent à minima et certains, comme la radiologie, ne marchent pas», a en effet affirmé le directeur du CHU. Indiquant que «la plupart des bâtiments, qui ont été abandonnés pendant toutes ces années, doivent être réhabilités». Cet hôpital, le seul établissement sanitaire public de ce niveau dans toute la partie nord de la Côte d'Ivoire, n'a pas échappé aux effets collatéraux de la crise politico-armée, déclenchée le 19 septembre 2002. «Le CHU a été pillé pendant la crise…Les équipements ont aussi été pillés pour la plupart, et à l'exception d'une unité de MSF (Médecins sans frontières) qui marchait, le CHU ne fonctionnait plus», rappelle d'ailleurs le professeur Yapo Boua. Le CHU de Bouaké semble être également victime de la réticence des populations déplacées par la guerre à retourner dans la ville.
Selon des témoignages recueillis par IRIN, les agents redéployés dans les ex-zones rebelles repartent peu de temps après leur réinstallation, de façon générale. Cela est expliqué parfois par le manque de logement, a fait remarquer le directeur qui a été lui-même installé début janvier dernier. Pour faire fonctionner correctement l'hôpital de Bouaké, il faut 70 infirmiers, alors que seulement une trentaine sont actuellement en fonction. Le CHU de Bouaké n'est d'ailleurs pas un cas singulier dans toute la zone centre-nord-ouest, autrefois déclarée « zone de guerre ».

Selon des données réunies par les agences onusiennes, sur les 729 infirmiers qui travaillaient dans la zone centre-nord-ouest du pays avant la crise, seuls 440 exerçaient dans cette même zone fin 2007.

Barthélemy KOUAMÉ
barthelek@fratmat.info
Bouaké : La restitution des maisons dans l'impasse
samedi 12 avril 2008 - Par Fraternité Matin - Les personnes qui, du fait de la guerre, ont abandonné leurs habitations et autres biens pour trouver refuge ailleurs rencontrent à leur retour à Bouaké des fortunes diverses. En effet, après leur départ involontaire de leurs maisons respectives, celles-ci ont été illégalement occupées par des hommes en tenue ainsi que des civils se réclamant de la rébellion. Du coup, la tâche devient ardue pour les vrais propriétaires lorsque, de retour à Bouaké, ils expriment le besoin de récupérer leurs maisons pour y habiter ou les mettre en location. Les plus chanceux, grâce à la cellule chargée de la restitution des biens créée par les Forces nouvelles et dirigée par le commandant Ouattara Issiaka dit Wattao dont font partie les membres de l'antenne régionale du ministère de la Solidarité et des Victimes de guerre, ont pu récupérer leurs maisons dans un état de délabrement très avancé, faute d'entretien. Gamaliel Ndaruzanizé, responsable des Affaires politiques à l'ONUCI, désigné comme observateur au comité de restitution des biens, a certifié que ledit comité a bien joué son rôle.

Il a cependant reconnu que certains propriétaires, par moments, ont rencontré quelques difficultés pour accéder à leurs maisons. Mais avec sa médiation, les choses ont fini par rentrer dans l'ordre.

Car au dire de Mme Touré Affou, responsable du domaine humanitaire à l'antenne régionale du ministère de la Solidarité et des Victimes de guerre, les personnes concernées par cette situation, c'est-à-dire celles dont les maisons ont été illégalement occupées, ont logiquement eu gain de cause. En ce sens que les intéressées ont bénéficié de l'appui de l'antenne régionale du ministère de la Solidarité et des Victimes de guerre qui se chargeait de les recevoir munies des pièces justificatives qui attestent que ces maisons en question sont réellement leurs propriétés. Après cette phase, l'antenne régionale du ministère de la Solidarité et des Victimes de guerre, qui joue le rôle d'interface entre les propriétaires et la cellule de restitution des biens des Forces nouvelles, transmet les documents au commandant Wattao qui, après examen, convoque les propriétaires de maison en compagnie des nouveaux occupants et intime l'ordre à ces derniers de vider les lieux. De cette manière, dira Mme Touré Affou, plusieurs propriétaires ont pu récupérer leurs maisons. Kobénan Atta fait partie de ces personnes-là, lui dont la maison située à l'Habitat Nimbo a été régulièrement occupée après le déclenchement de la crise par des hommes en arme. Heureux de retrouver sa propriété privée, Kobénan Atta est en train de la réhabiliter.

Quant à Kouassi Sony, locataire d'un appartement de quatre pièces appartenant à Kouakou Sylvestre vivant à Abidjan, il le loue à 10.000 francs au lieu de 40.000 francs en temps normal. Le locataire explique cela par le fait que crise ne permet pas de pratiquer le loyer normal. Parce que plusieurs entreprises ont fermé leurs portes, mettant au chômage leur personnel qui ne dispose plus de ressources pour faire face à ses charges quotidiennes.
Pendant ce temps, les maisons de dame Kassy Kanga Susanne et de Kouassi Michel ne sont toujours pas disponibles. Des personnes les occupent, malgré les nombreuses démarches effectuées auprès des membres de la cellule de restitution des biens et de l'état-major des Forces nouvelles. Pourtant, en novembre 2007, elles ont demandé à dame Kassy de leur accorder un délai de 3 mois; ce qu'elle a accepté. Mais au terme de cette échéance, elles n'ont pas respecté les clauses du contrat. Pis, les occupants lui ont exigé en contrepartie de l'argent pour libérer sa maison. N'ayant pu les satisfaire, la mort dans l'âme, dame Kassy Kanga Susanne est retournée à Abidjan, à la demande de son fils aîné vivant au bord de la lagune Ebrié.

Bakary Doumbia a été aussi victime de la mauvaise foi des personnes qui occupaient sa maison. Pour la libérer, elles lui ont demandé de les dédommager pour le temps qu'ils ont mis, selon eux, à l'entretenir. Faute de quoi, ils refusent de lui remettre les clés. Quant à Kouassi Michel, “ses locataires” lui interdisent l'accès de sa maison située à Air France II.

Le processus de restitution des maisons est donc semé d'embûches. Et la situation est d'autant plus délicate qu'après avoir fourni des efforts pour répondre à l'attente légitime des propriétaires de maisons, les membres du comité de restitution, sans doute occupés à d'autres tâches, ne sont plus disponibles. Ainsi, depuis environ deux mois, nos efforts pour rencontrer un des animateurs de ce comité ont été vains. Le commandant Wattao n'est pas sur place. Cissé Sindou, membre du cabinet du secrétaire général des Forces nouvelles, que nous avons rencontré, nous a recommandé à Sawadogo Issa, chef de l'antenne régionale du ministère de la Solidarité, parce qu'il ne disposerait pas de données fiables. Or, ce dernier, joint par téléphone en mars dernier, a dit qu'il était à Abidjan depuis neuf mois et qu'il ne regagnerait Bouaké qu'à la fin de ce mois. Hélas, son séjour sur les bords de la lagune Ebrié se prolonge. Il en est de même de Mme Sylla Salimata, secrétaire du Secrétaire général des Forces nouvelles. Elle est hors de Bouaké depuis plusieurs semaines.

Ainsi, sans interlocuteur, les malheureux propriétaires de maisons à Bouaké, livrés à eux-mêmes, ne savent plus à quel saint se vouer pour entrer en possession de leurs biens.

Adjé Jean Alexis
Correspondant régional

Entre nous : Sans condition

Il y a urgence à Bouaké et certainement dans toutes les autres villes où, du fait de la guerre, des personnes ont abandonné leurs maisons pour se réfugier ailleurs. Les Forces nouvelles (Fn) dont l'engagement sur la voie de la paix, via l'Accord politique de Ouagadougou (Apo) n'est plus à démontrer, doivent prendre le problème de la libération des maisons à bras-le-corps. En réactivant la Cellule chargée de la restitution des biens qu'elles ont mise en place il y a quelque temps. Car le succès de l'appel au retour en zone Centre nord et ouest (CNO) tant des fonctionnaires de l'Etat que des personnes qui y vivaient avant le déclenchement de la crise, en dépend. Les personnes qui occupent des maisons illégalement doivent les libérer sans aucune condition, avec l'aide des Fn. Le premier responsable de la Cellule, le commandant Issiaka Ouattara dit Wattao, qui a marqué la mise en œuvre de l'APO de son sceau, en se rapprochant notamment de l'Alliance des jeunes Patriotes de Blé Goudé (ce qui a participé à faire tomber le mur de méfiance entre les Fn et le camp présidentiel), doit y veiller. Il serait dommage que des actes d'individus isolés viennent saper la marche si bien amorcée du processus de paix.

par Pascal Soro

Changement à la tête des Forces nouvelles: Guillaume Soro passe le flambeau à Wattao
 
mardi 1 avril 2008 - Par Abidjan.net - Le CNRD l'avait suggéré. On le sentait venir plus ou moins depuis quelques temps. Les démentis du ministre Konaté Sidiki n'y pouvaient rien. Guilaume Soro cumulait de plus en plus difficilement ses fonctions de chef du gouvernement et de N°1 des Forces nouvelles. Il a fini par passer la main au commandant Wattao. Avec le décaissement annoncé d'une trentaine de milliards du FMI, dans les prochains jours, pour accompagner les accords de Ouagadougou, Guillaume Soro devra concentrer ses énergies sur l'organisation des élections générales. C'est ainsi que hier, lundi 31 mars, à l'issue d'une réunion à laquelle participaient toutes les hautes autorités des Forces nouvelles, l'annonce du retrait duPremier ministre Guillaume Soro
a été faite, immédiatement suivie par la désignation de son successeur. La branche armée des Forces nouvelles, constatant la bonne gestion de la crise par la branche politique, a donc décidé de reprendre "sa chose", afin de leur laisser le champ libre pour mieux gérer le gouvernement de réconciliation nationale. Que faut-il dire du choix du Commandant Ouattara Issiaka dit Wattao? Rien de surprenant, sinon que le chef d'état-major adjoint des FN a été le premier surpris que le choix de ses pairs se porte sur lui. Le conclave qui a débuté en début d'après-midi s'est achevé aux environs de 23H par un banquet avec feux d'artifices auquel la population a été invitée. Nous y reviendrons.

Koné Seydou
 
Energie solaire : 2 VILLAGES ET 6 ECOLES DE BOUAKE ELECTRIFIES
Frat matin - 28 Mar 2008 - Les populations de N'Dènou, M'Brakro, Caro, Oko, Allomanou et Affrouvanssou, tous de la sous-préfecture de Bouaké, se sont données rendez vous à l'Epp M'Brakro samedi dernier pour inaugurer l'électrification solaire de ces localités. Elles ont célébré leur premier « Paquinou » à la lumière. La joie des habitants était
immense dans la mesure où depuis l'indépendance, c'est la première fois qu'ils reçoivent l'électricité. Ce projet d'une valeur totale de 40 millions de francs Cfa a été cofinancé par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et le Conseil général de Bouaké. Les travaux ont été supervisés par la fondation Akwaba et la Mutuelle pour le développement du canton Prépressou (MUDECAP). Au cours de cette cérémonie, toutes les interventions ont salué et félicité Mme Kouakou Akissi Colette, député de Bouaké sous-préfecture, principale
initiatrice du programme d'électrification solaire dans ce département. donné que cette forme d'énergie est une réponse au problème énergétique surtout pour les populations rurales très éloignées du réseau électrique. « Désormais, les rendements scolaires des élèves seront améliorés, car dégagés des soucis de disposer à leur guise l'unique lampe tempête de toute la famille. Il est plus facile pour les populations rurales de bénéficier de l'information. Nos mères pourront accomplir plus facilement les taches de ménage. En un mot l'électricité solaire apporte une vraie réponse aux besoins de nos populations rurales », a précisé M Atta Koffi Ajoumani, responsable de la fondation Akwaba.

Outre les bienfaits de la lumière, MM. Kouamé Kouakou Paul et Amani Konan Edouard, respectivement porte-parole des populations bénéficiaires et président de la MUDECAP ont attiré l'attention des autorités et les bailleurs de fonds sur la léthargie profonde de cette région où beaucoup de choses restent à faire. Car, on enregistre les plus faibles taux de couverture des infrastructures notamment dans les domaines de la santé, d'adduction d'eau, de l'éducation. Selon eux, seulement 5 villages sont pour le moment électrifiés sur 35 localités recensées dans le canton Prépressou pourtant si proche de Bouaké. Aussi, les populations doivent-elles parcourir une distance moyenne de 30 km pour avoir accès aux soins de santé là où la norme requise devrait être de 5 km . Le déplacement est rendu difficile
parce que depuis le déclenchement de la guerre, les routes ne sont plus reprofilées. Une situation qui place cette région dans un état de léthargie. Celle-ci pourrait s'expliquer par l'exode massif des populations vers les zones forestières du Sud et de l'Ouest plus riches et productrices de cultures spéculatives. A cette cause, il faut ajouter le retard dans la scolarisation après l'indépendance et l'échec de l'école coloniale dans plusieurs villages. De plus, la paupérisation a atteint son niveau le plus élevé avec l'avènement de la crise politico-militaire depuis septembre 2002 avec son corollaire d'exode massif de populations et de désolations diverses.

Pour rattraper ce retard le président de la MUDECAP a engagé non seulement tout le Prépressou à travailler de concert avec les structures de développement local (conseil général, mairie, ONG, institutions nationales et internationales…), mais, il a, aussi et surtout, exhorté les associations de femmes de jeunes, de paysans, de planteurs, et les cadres de ce canton à taire leurs querelles pour se consacrer désormais au développement. Créée en 2003, la MUDECAP a déjà entamé des actions au plan social. Des vivres et des non vivres ont été distribuées en 2005 à Kahankro. La mutuelle a contribué au projet d'électrification de 6 localités inauguré ce jour. Après avoir remercié tous les partenaires de ce projet, le député Kouakou Akissi Colette a sollicité la contribution des bailleurs de fons pour donner un souffle nouveau à ce canton. Répondant à ces doléances, M. Jean-Claude Kouassi, président du conseil général de Bouaké, par ailleurs parrain de cette cérémonie a justifié l'absence ou le retard dans l'exécution des projets de développement. Selon lui, il faut entre 90 et 120 millions pour électrifier les villages. A cela s'ajoutent les effets pervers de la crise de septembre 2002. Enfin, il a, appelé les villages à se regrouper tout en mettant en place des mutuelles de développement pour être plus dynamiques et plus efficaces.

KOUAMé ALFRED / CORRESONDANT

 
Malgré le processus de réunification - Le racket se poursuit en zones ex-assiègées
jeudi 27 mars 2008 - Par Notre Voie - Plus d`un an après la signature d`un accord de paix et la constitution d`un gouvernement d`union avec les rebelles qui, pendant cinq ans, avaient occupé le nord du pays, certains anciens combattants continuent de percevoir des taxes sur le commerce et le transport dans le nord et de vastes régions du pays échappent toujours au contrôle du gouvernement. “Ce système parallèle et illégitime de taxes, de laissez-passer [accordés aux véhicules commerciaux et publics pour leur permettre de circuler dans les différents fiefs rebelles] et de barrages institués par les Forces nouvelles (le principal mouvement de la rébellion) ne fait que favoriser la corruption”, a affirmé Patrick Alley, directeur de Global Witness, une organisation non gouvernementale (ONG) spécialisée dans la résolution des conflits et la lutte contre le pillage des ressources naturelles, dans un communiqué publié le 20 mars. Dans le rapport du Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, publié en janvier
2008, les anciens rebelles ont été désignés comme l`un des obstacles possibles au processus de paix en Côte d`Ivoire. “S`il est vrai que les commandants de (l`ex-rébellion) ont fait part de leur volonté de transférer leurs pouvoirs administratif et financier aux administrateurs redéployés dans les régions qu`ils contrôlaient, tant que les structures de commandement resteront intactes, l`existence de ces structures parallèles peut créer des tensions inutiles”, peut-on lire dans le rapport du Secrétaire général des Nations unies. En décembre 2007, IRIN soulignait que les attaques de civils par des hommes armés étaient devenues de plus en plus fréquentes dans bon nombre de régions du pays, en particulier dans le nord-ouest et l`ouest. Les agressions de civils aux barrages routiers se produisent aussi bien dans les zones rebelles que dans celles contrôlées par le gouvernement. Les anciens rebelles profitent surtout du contrôle qu`ils exercent sur l`industrie du cacao et des diamants “malgré le processus de réunification en cours” en Côte d`Ivoire, a expliqué M. Alley.
Les violations des droits humains sont “fréquentes” dans les zones contrôlées par les rebelles, a-t-il poursuivi, faisant un lien entre les activités rentables des rebelles et l`absence d`une avancée réelle vers la réunification totale, malgré l`accord de paix de 2006 et le démantèlement de la ligne de “cessez-le-feu” qui coupait autrefois le pays en deux.
“Après avoir vécu convenablement de ces taxes non-officielles pendant cinq ans, la plupart des rebelles ne veulent pas renoncer à cette source régulière de revenus”, a expliqué à IRIN Drissa Bamba, commandant des Forces nouvelles à Pôgô, une localité située à la frontière ivoiro-burkinabè. “Depuis plus de cinq ans, nous vivons grâce à ces taxes”, a-t-il affirmé. “Nous n`avons pas d`autre moyen de survie”. De la ville frontalière où il se trouvait, M. Bamba a expliqué au téléphone à IRIN que le redéploiement de l`administration n`avait pas eu lieu dans tout le pays. Pour bon nombre d`observateurs, le comportement des personnes qui dressent des barrages routiers reflète les divisions sociales et les abus à l`origine même de la rébellion en Côte d`Ivoire. Une des causes du déclenchement de la rébellion était l`exaspération des habitants du nord face à ce qu`ils considéraient comme une discrimination et des abus manifestes de la part des forces de sécurité gouvernementales. Aux barrages routiers, les personnes dont le patronyme était associé à un groupe ethnique du nord étaient identifiées et devaient payer un pot-de-vin.

(Source : UN Integrated Regional Information Networks)
Un an après l'accord de Ouagadougou, les rebelles FN continuent de percevoir des taxes
20 mars 2008 - Global Witness - http://www.globalwitness.org/

Une mission de Global Witness en Côte d'Ivoire en février 2008 a constaté que le groupe des rebelles des Forces Nouvelles (FN) continue de percevoir des taxes sur le cacao et les diamants, malgré le processus en cours de réunification du pays.

Global Witness a notamment constaté que les camions de cacao continuent d'être escortés vers le Burkina Faso par les FN. Ses enquêteurs ont également pu confirmer sur le terrain que les FN continuent de délivrer des laissez-passer pour circuler dans leur zone et de maintenir des barrages routiers, et à cette occasion, commettent fréquemment des abus des droits humains.

«  Ce système parallèle et illégitime de taxes, de laissez-passer et de barrages institué par les FN ne fait que favoriser la corruption. C'est de fait une économie de guerre qui retarde la réunification du pays  » affirme Patrick Alley, directeur de Global Witness.

En juin 2007, Global Witness avait publié le rapport «  Chocolat chaud : comment le cacao a alimenté le conflit en Côte d'Ivoire  », qui dénonçait notamment la stratégie employée par les FN pour se procurer environ 30 millions de dollars par an en taxant le cacao transitant par le nord. Un an après y avoir signé un accord politique, le Président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, et son Premier Ministre, Guillaume Soro, se retrouvent aujourd'hui à Ouagadoudou au Burkina Faso pour évaluer les progrès dans l'application de l'accord. En dépit de cet accord, du démantèlement de la zone de confiance, et du progressif redéploiement de l'administration nationale sur l'ensemble du territoire ivoirien, les FN continuent d'administrer le nord de la Côte d'Ivoire, comme ils le font depuis 2002.

Global Witness appelle Guillaume Soro, en sa qualité de Premier Ministre et Secrétaire Général des Forces Nouvelles (FN), à mettre fin à ce système d'extorsion. «  Toutes les taxes perçues par les FN dans cette zone devraient être abolies, les recettes générées par toutes ces taxes divulguées et des informations sur la façon dont cet argent a été utilisé jusqu'à présent publiées. Finalement, l'entièreté des taxes collectées à ce jour devrait être reversée à l'Etat, lequel se doit d'être transparent dans son utilisation de cet argent  », précise Patrick Alley.

Note à l'attention des équipes de rédaction

Maria Lopez

 
Pénurie de carburant: LE PRIX DU LITRE D'ESSENCE PASSE DU SIMPLE AU DOUBLE À BOUAKÉ
Frat Matin - 24 Mar 2008 - C'est reparti pour la pénurie de carburant à Bouaké. Si l'on en croit l'agence, qui rapporte cette information au moment où le Chef de l'Etat séjourne dans la région, plus précisément à Béoumi à la faveur de la célébration de la fête de Pâques, depuis près de quarante huit (48) heures, le prix du litre du carburant, en particulier l'essence, est passé du simple au double. C'est-à-dire, de 550 francs à 1000 francs, voire plus à certains endroits de la ville. La conséquence de cet état de fait, c'est que le rythme du trafic routier à Bouaké et ses environs a considérablement ralenti.

"A en croire les gérants de stations et les pompistes, cette pénurie est due à un problème d'approvisionnement au niveau du port où ils se ravitaillent en carburant depuis le déclenchement de la crise en septembre 2002, qui ils rassurent toutefois que ce problème sera réglé dans quelques jours" rapporte l'agence IPM.

Il y a quelques mois, la quasi-totalité des stations d'essence de Bouaké n'arrivait pas satisfaire leur clientèle. Une situation qui, l'on s'en souvient, avait joué sur l'économie de la ville. Avec notamment une augmentation subite du coup du transport interurbain et la baisse du nombre de taxi de la circulation.

TANOH Benoît

Bouaké : Les agents municipaux réclament 65 mois d'arriérés de salaires
jeudi 13 mars 2008 - Par Fraternité Matin - Pour mieux défendre leurs intérêts, les agents de la mairie de Bouaké ont jugé utile de se regrouper au sein du comité pour la défense des agents municipaux des zones centre, nord et ouest. Comme le dira Ballo Souleymane, le porte-parole, ce comité aura pour mission d'attirer l'attention des décideurs sur le sort de ses membres qui vivent dans le dénuement total depuis le déclenchement de la crise militaro-politique en Côte d'Ivoire. Contraints de cesser toutes activités professionnelles, ils accusent aujourd'hui, 65 mois d'arriérés de salaire. Et cette situation inconfortable a entraîné la mort de 125 d'entre eux. Au moment où la paix point à l'horizon, poursuivra Ballo Souleymane, les agents de la mairie de Bouaké continuent de s'interroger sur leur sort alors qu'aux premières heures de cette crise, ils n'ont pas cherché à préserver leurs intérêts égoïstes et se sont rangés du côté des Forces nouvelles.
C'est pour cette raison, qu'ils sollicitent aujourd'hui, leur appui à travers Sékongo Félicien, conseiller spécial du secrétaire général des Forces nouvelles chargé de la société civile, des syndicats, des communautés ethniques, religieuses et des associations. Ce dernier leur a conseillé d'étendre leur lutte à tous les agents municipaux de toutes les zones sous leur contrôle, voire de la Côte d'Ivoire. «J'aurais souhaité que vous étendiez même votre action à toute la Côte d'Ivoire parce que désormais le pays est réunifié donc on ne parle plus de zone sous contrôle des Forces nouvelles et de zone gouvernementale», a-t-il précisé. Car, selon lui, cela pourrait donner lieu à d'autres interprétations dans la mesure où ces problèmes évoqués ne sont pas spécifiques à Bouaké, mais à toutes les villes sous leur contrôle. Poursuivant dans sa logique, il leur a demandé de prendre aussi attache avec le préfet de région de la vallée de Bandaman pour lui présenter leur structure et les textes afférents à son fonctionnement pour ne pas fonctionner dans l'inégalité.

Adje Jean Alexis
Correspondant régional
 
Bouaké / l`opération de restitution des biens bloquée - Les proxénètes de Shérif Ousmane sévissent -Les maisons occupées, transformées en "bordels"
mercredi 5 mars 2008 - Par Le Temps - L`un des piliers de l'Accord politique de Ouagadougou demeure la restitution effective des biens des nombreuses victimes. Qui ont dû quitter manu militari les régions Centre-Nord-Ouest (CNO), pour avoir la vie sauve. Cependant, force est de reconnaître que le redéploiement de l`Administration ne pourra être une réalité, que si la Commission de Restitution des Biens dirigée par le Chef d`Etat-major adjoint (CEMAD) des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN), le Commandant Wattao, joue son rôle régalien avec célérité et équité. Dame Zamblé, déplacée de guerre depuis fin 2002 avec toute sa famille à sa charge ne sait plus à quel saint se vouer. En effet, son époux souffrant, elle se doit de régler toutes les factures sans oublier le loyer qui est des plus exorbitants en banlieue abidjanaise. Aussi, a-t-elle décidé de mettre en location ses deux appartements sis au quartier Sicogi Habitat Centrivoire de Bouaké dans l`optique d`aménuiser ses dépenses. Peine perdue ! Les quidams qui occupent les deux maisons usent de menaces et autres subterfuges pour intimider la brave épouse du sieur Zamblé. Ils ne veulent entendre raison. Pis, le quartier est devenu tristement célèbre eu égard aux nombreux actes criminogènes et délictueux. Tenez, les appartements N° 153 et 154 sont devenus le lieu de dépravation par excellence où pullulent bandits de grand chemin, prostituées et proxénètes de tout acabit venus de la sous-région. Est-il besoin de signaler qu`au 153 et 154, la drogue est la chose la mieux partagée? Si vous n`entrez pas dans le ``système`` de ces ex-combattants qu`on dit proches de la Force Guépard, vous passerez de vie à trépas. En effet, si vous vous laissez aguicher par une de ces filles aux jambes légères pour qui le chanvre indien est le meilleur compagnon, elle vous trimballera au ``siège`` sis à ce qu`il reste de la maison de Radio Bouaké ; là, après la passe, vous serez dépouillé de tout et subirez la colère du maître des lieux à savoir le maquis 24 h. Ici, on agresse au vu et au su de tous les passants et ce, en tenue FAFN. Vivement que les autorités compétentes prennent leurs responsabilités historiques afin que s`estompe ce fléau qui, si l`on n`y prend garde, risque d`être une gangrène. Juste une question de justice sociale ! Chose qui avait été promise urbi et orbi aux populations aux premières heures du 19 septembre 2002.

Yolande de Sepenedio
(Bouaké)
yolande.sepenedio@gmail.com
 
Redéploiement/ Fanny Ibrahima, Maire de Bouaké : "Nous n'avons pas réellement la gestion de notre commune"
mardi 19 février 2008 - Frat Matin

Depuis votre réinstallation à la tête de la commune de Bouaké par le ministre de tutelle, peut-on dire que la mairie de Bouaké a repris son fonctionnement normal?
Non. Parce que pour que cela soit ainsi, il faut que le maire fasse des recettes et des investissements dans l'intérêt des populations. Malheureusement, depuis 6 mois que nous avons été réinstallé, nous n'avons pas réellement la gestion de notre commune. Et c'est dommage. Je crois qu'il est grand temps que les gens comprennent qu'il faut qu'ils nous rétrocèdent notre outil de travail s'ils ne veulent pas voir Bouaké mourir.

Vous avez dit les gens, de qui parlez-vous exactement?
Ecoutez, ce sont bien les Forces nouvelles qui occupent la commune de Bouaké. Donc il faut qu'elles comprennent qu'elles doivent nous rendre notre outil de travail. Mais ces temps-ci, nous sommes en contact avec elles à travers le ministre Konaté Sidiki qui travaille sur ce dossier.
Et nous pensons que les choses peuvent s'arranger d'un moment à l'autre parce que nous (le ministre et nous-même) en avons parlé lors d'un déjeuner en compagnie du préfet de la région de la Vallée du Bandama. Il a reçu de nouveau le préfet et le même sujet a été débattu. Nous avons donc bon espoir que les choses évoluent dans le bon sens.

En attendant que les discussions aboutissent, les Forces nouvelles vous ont-elles rétrocédé ne serait-ce qu'une partie de la gestion de la commune de Bouaké?
Rien du tout. Mais quand nous passons dans la rue, les populations nous appellent M. le maire. C'est ça aussi la réalité. Il faut que nos amis des Forces nouvelles comprennent qu'ils doivent nous remettre notre outil de travail. Ailleurs, c'est presque fait notamment à Djébonoua, Dabakala, Katiola où les mairies ont repris leur fonctionnement normal. C'est vrai, la commune de Bouaké est un peu plus importante que les autres, c'est peut-être pour cela que les choses tardent à rentrer dans l'ordre.

En l'état actuel des choses, les Forces nouvelles ont-elles encore de réelles raisons de continuer à gérer la commune de Bouaké?
Non. Cependant il faut reconnaître qu'il existe deux armées, celle du sud, c'est-à-dire les FDS-CI qui est prise en compte par l'Etat de Côte d'Ivoire tandis que celle du nord, à savoir les FAFN, ne l'est pas. Il est clair que cette situation n'est pas faite pour faciliter les choses. Mais comme il a été dit que très bientôt les deux armées seront fondues pour en former une seule qui sera à la charge de l'Etat de Côte d'Ivoire, à partir de ce moment-là, les Forces nouvelles n'auront plus aucune raison de continuer à gérer la commune de Bouaké et de garder par-devers elles les recettes de l'Etat de Côte d'Ivoire.

En tant que maire de la commune de Bouaké, quelles sont aujourd'hui vos attentes?
Nous sommes heureux parce que nous avons reçu, hier, (NDLR : l'interview s'est déroulée le 16 février dernier), les grands travaux en vue de la réhabilitation prochaine des voies de communication. Nous sommes aussi en train de construire les locaux pour la mairie de Bouaké. Et les personnes qui avaient commencé la construction du nouveau marché de Bouaké nous ont recontacté parce qu'elles comptent revenir bientôt pour continuer et achever les travaux. Nous avons donc espoir que les choses vont redémarrer très prochainement. En attendant cela, le vrai problème, aujourd'hui, c'est que les Forces nouvelles nous laissent jouer notre rôle régalien. Parce que les recettes sont indispensables pour faire fonctionner la commune de Bouaké.

Interview réalisée par Adjé Jean-Alexis
Correspondant régional

Bouaké - Une clinique pour les enfants et orphelins du Sida inaugurée

Fraternité Matin (Abidjan) - 17 Août 2007 - Adjé Jean-Alexis

La clinique pédiatrique Ariel Glaser logée dans l'enceinte du Centre solidarité et actions sociales (C S AS) de Bouaké, a été inaugurée le week-end dernier, par le Dr Allah Kouadio Rémi, ministre de la Santé et de l'Hygiène publique. En présence de Mme Pamela Barnes, présidente de la fondation Elizabeth Glaser, de MM. Shanon Smith et Mark Clark, tous deux membres du congrès américain,des autorités religieuses et traditionnelles de la ville de Bouaké. La clinique pédiatrique Ariel Glaser, construite sur une superficie de 600m2, abrite trois bureaux, une salle d'observations, une cuisine, un réfectoire et un appatam pour jeux. Elle a pour rôle d'accueillir tous les enfants affectés et infectés par le Sida, afin de leur apporter un soutien médical et psychosocial. Selon Mme Touré Penda, directrice exécutive du Centre solidarité et actions sociales, une seconde clinique pédiatrique sera ouverte très prochainement au sein de l'antenne de Korhogo grâce au soutien de l'Unicef. Le Centre solidarité et actions sociales a été créé à partir d'un projet pilote initié par le Centre international de l'enfance et de la famille de Paris (CIDEF), avec un financement de la coopération française. Il avait d'abord pour rôle principal la prévention et la prise en charge psychosociale des personnes vivant avec le Vih, leurs familles et leurs enfants. Ensuite, après la fermeture de ses services sanitaires pour cause de crise en septembre 2002, les activités du CSAS se sont élargies avec l'intégration de deux volets essentiels dans la lutte contre le VIH/ SIDA. A savoir, le dépistage volontaire et la prise en charge des patients. Aujourd'hui, il faut indiquer que 2684 familles avec 5028 enfants et adolescents sont pris en charge par le CSAS. Par ailleurs, de 2003 à ce jour, 4554 personnes dont 723 enfants ont été dépistés et 1763 ont été déclarés séropositifs parmi lesquels on dénombre 133 enfants. Mme Pamela Barnes, présidente de la fondation Elisabeth Glaser, a dit toute sa joie de voir la Côte d'Ivoire réunifiée. Avant de rendre un hommage bien appuyé aux autorités ivoiriennes pour les efforts sans cesse consentis pour la lutte contre le VIH/ SIDA. Quant au ministre de la Santé et de l'Hygiène publique, le Dr Allah Kouadio Rémi, il a souligné que cette fondation fournit également à certaines structures de son département, des équipements informatiques pour la gestion des données et des équipements de laboratoire pour le suivi des malades. Au dire du ministre, la lutte que le gouvernement ivoirien mène contre le SIDA, soutenue par la communauté internationale est en train de porter ses fruits. Il en veut pour preuve, le nombre croissant des personnes qui sont sous traitement antiretroviraux (ARV). Car de 36000 personnes en 2006, leur nombre est passé en 2007 à 46000 avec 3500 nouvelles personnes enrôlées tous les mois.

Projet JRS - Centre SIDA, Bouaké
Projet JRS - Centre SIDA, Bouaké
La Côte d'Ivoire est le pays le plus touché par le VIH-SIDA, avec un taux de prévalence moyen de 7%. Bouaké étant une ville occupée, le taux de prévalence y est également important du fait de la pauvreté et de l'oisiveté des populations.
Depuis 2003, le projet SIDA de JRS aspire à trois objectifs.

1. Faire la sensibilisation sur le VIH-SIDA
Les animateurs du projet, assistés par une équipe de pairs d'éducateurs, ont effectués des séances de sensibilisation de masse et de proximité avec un total de plus de 17 000 participants depuis son démarrage. Les sensibilisations comprennent soit un exposé sur le VIH-SIDA suivi de sketchs et des questions des participants, soit un film vidéo suivi de débat, soit un témoignage de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) suivi de questions. La compagne de sensibilisation cible, en particulier, les communautés musulmanes et chrétiennes afin de promouvoir des efforts de collaboration entre eux pour lutter contre cette épidémie. Depuis le début de 2006, le projet forme des pairs d'éducateurs dans les villages environnant Bouaké et aussi y organise des séances de sensibilisation de masse dans l'optique de diffuser le message aux endroits plutôt isolés.

2. Procéder à des testes de dépistage volontaire du VIH-SIDA
Plus de 2 400 personnes sont venues au centre d'écoute et d'accompagnement pour faire les tests de dépistage du VIH-SIDA. A l'arrivée, les personnes venues au centre rencontrent une des conseillères de JRS qui les guide à travers le processus de l'examen. La plupart viennent de façon volontaire mais une partie est orientée par les structures sanitaires de Bouaké.
Campagne de sensibilisation ciblé aux jeunes adultes
La majorité des personnes qui fréquentent le centre ont un âge compris entre 15 et 24 ans (55%). La proportion des personnes séropositives est plus élevée dans la tranche d'âge de 25-34 ans avec un taux de 35% de l'ensemble des personnes infectées.

3. Accompagner les PVVIH sur le plan médical et psychosocial
La marginalisation des personnes vivant avec le VIH, ainsi que la détérioration physique qu'elles subissent à cause du virus, les rendent les plus vulnérables parmi les malades au niveau socio-économique. Le programme d'accompagnement leur apporte, premièrement, un soutien psychologique à travers des visites à domicile réalisées par les conseillères et des rencontres en groupes de soutien avec d'autres PVVIH. Deuxièmement, le projet en partenariat avec le Programme Mondial Alimentaire, leur fournit mensuellement un kit alimentaire équilibré comme une aide alimentaire. Enfin, conjointement avec les consultations médicales, l'équipe prend des mesures pour subventionner les traitements anti-rétroviraux à travers les activités génératrices de revenu.