|
|
| |
| Actualité | International |
Zimbabwe: Mugabe et Tsvangirai s'engagent à négocier une sortie de crise |
Publié le 21 Juillet 2008 - © AFP - Le président zimbabwéen Robert Mugabe et le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai ont signé lundi un accord qui les engage à négocier un nouvel ordre politique au Zimbabwe, paralysé depuis un simulacre d'élection présidentielle fin juin. Les deux rivaux, qui ne s'étaient pas rencontrés en public depuis 1998, ont signé le document dans un hôtel de Harare au côté du président sud-africain Thabo Mbeki, chargé par l'Afrique australe d'une médiation au Zimbabwe. Le protocole d'accord fixe un ordre du jour très large pour les pourparlers et un objectif de deux semaines pour trouver un accord "sincère et durable" sur un "gouvernement élargi". Les discussions viseront à amender la Constitution "de diverses façons" en vue de l'établissement d'"un nouvel ordre politique", a précisé Robert Mugabe, 84 ans, réélu le 27 juin pour un sixième mandat à la tête de l'Etat dans des conditions contestées. |
|
|
Qualifiant l'accord-cadre de "premier pas en avant", M. Tsvangirai, qui était arrivé en tête au premier tour de la présidentielle le 29 mars avant de se retirer de la course, a salué une "occasion historique". "Nous sommes résolus à assurer que ce processus de négociations soit couronné de succès", a-t-il promis. M. Mbeki a pour sa part souligné que "toutes les parties du Zimbabwe admettaient l'urgence" du problème. "Ce protocole d'accord va les engager à un intense programme de travail pour finaliser les négociations aussi vite que possible", a-t-il ajouté.
Selon une source au sein de l'opposition, des négociateurs se rendront dès mardi en Afrique du Sud en vue des pourparlers. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est félicité de cet accord. Il a appelé toutes les parties "à s'engager, de bonne foi, dans des pourparlers sérieux qui puissent mener à une solution durable à la crise politique et répondre aux besoins économiques et humanitaires urgents de la population du Zimbabwe", selon son bureau de presse. La cérémonie, qui s'est déroulée dans une ambiance détendue, s'est conclue par une poignée de mains à forte valeur symbolique entre MM. Mugabe et Tsvangirai, rivaux acharnés depuis une décennie, en particulier depuis la réélection déjà contestée de M. Mugabe en 2002.
L'enjeu du dialogue est de sortir le Zimbabwe de la paralysie née du scrutin du 27 juin : l'unique candidat Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, avait été réélu au second tour de la présidentielle boycotté par l'opposition sur fond de violences. L'opposition a - comme l'Occident - refusé de reconnaître sa réélection, tout en se disant prêt à dialoguer. Des contacts préliminaires avaient eu lieu à Pretoria il y a 10 jours entre représentants du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) et de l'Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir).
Avant de s'engager plus avant, le MDC avait demandé une médiation élargie, ne faisant pas confiance à M. Mbeki, accusé de partialité.
Vendredi, l'Afrique du Sud a créé un "groupe de liaison" impliquant l'Union africaine (UA) et l'ONU pour "assister" la médiation du président Mbeki. Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, a félicité pouvoir et opposition et les a appelés à "avancer dans le sens d'une solution durable et consensuelle".
Le déblocage de lundi ne doit faire oublier le fossé restant à combler avant d'atteindre un consensus politique au Zimbabwe. Car M. Mugabe s'appuie sur les résultats du 27 juin pour justifier son maintien à la tête de l'exécutif. Le MDC, lui, se fonde sur sa victoire au scrutin du 29 mars: outre l'avance de M. Tsvangirai à la présidentielle, le parti avait raflé le contrôle du Parlement. Autre écueil: le climat de violence, qui poussa le chef du MDC à se retirer de la présidentielle. L'opposition, qui avance le chiffre de 120 morts parmi ses sympathisants depuis fin mars, assure que les attaques continuent. La crise politique se double d'un effondrement économique: le Zimbabwe, cité dans les années 80 en exemple de stabilité, est rongé par la pauvreté, avec une inflation à 2,2 millions pour cent par an, selon des chiffres officiels sans doute sous-évalués. |
|
Zimbabwe: L'acte manqué de l'ONU |
 |
Par Rémi DUCHEMIN - leJDD.fr - 07/12/08 - Le Conseil de sécurité de l'ONU a rejeté vendredi soir un projet de résolution présenté par les Etats-Unis visant à imposer des sanctions au Zimbabwe suite à la réélection contestée de Robert Mugabe à la présidence. Alors que la France et l'Angleterre ont notamment voté pour, la Chine et la Russie ont opposé leur droit de veto pour privilégier une solution de médiation régionale.
Robert Mugabe doit encore en rire sous cape. Menacé de sanctions par un projet de résolution américain après sa réélection dans des conditions plus que douteuses à la présidence du Zimbabwe, le quasi-dictateur africain a eu le bonheur de voir le Conseil de sécurité rejeter cette résolution vendredi soir. La Russie et la Chine ont en effet toutes deux fait jouer leur droit de veto pour s'opposer à la proposition américaine, malgré les efforts déployés par le bloc occidental pour pousser les deux puissances à l'abstention. |
|
La résolution aurait imposé un embargo sur les livraisons d'armes au Zimbabwe, des sanctions financières et des restrictions aux déplacements du président Robert Mugabe et de treize autres responsables du régime. Elle prévoyait aussi la nomination d'un émissaire de l'ONU pour le Zimbabwe.
Point de tout cela, donc. Pour expliquer cette décision, Chine et Russie ont expliqué estimer qu'il fallait laisser leur chance aux discussions en Afrique du Sud entre partis zimbabwéens. "Etant donné les conditions actuelles, adopter une résolution imposant des sanctions au Zimbabwe n'aurait pas encouragé les différentes parties à engager un dialogue politique et des négociations afin de parvenir à des résultats" , a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Jianchao, dans un communiqué. "Au contraire, cela aurait compliqué la situation au Zimbabwe. (...) La communauté internationale devrait fournir une aide constructive" aux efforts de médiations de l'Afrique du Sud et de l'Union africaine et "éviter d'adopter des mesures qui pourraient avoir un effet négatif sur l'atmosphère de dialogue."
Londres se dit "très déçu"
La Chine et la Russie ne sont d'ailleurs pas les seules à s'être opposées à la résolution puisque l'Afrique du Sud, la Libye et le Vietnam ont également fait valoir que la situation ne constituait pas une menace pour la paix et la sécurité internationale. L'Indonésie, de son côté, a préféré l'abstention. La balle est donc désormais dans le camp de l'Afrique du Sud et de l'Union africaine, chargées de mener une médiation entre Robert Mugabe et son opposition. Morgan Tsvangirai, le leader du Mouvement démocratique citoyen (MDC), arrivé en tête à l'issue du premier tour, avait finalement jeté l'éponge face aux pressions policières et aux menaces exercées sur ses proches. Les deux parties ne devraient donc pas être faciles à rapprocher.
Du côté des partisans de la résolution américaine, on comprend mal la position sino-russe. "Je suis très déçu que le Conseil de sécurité de l'ONU n'ait pas réussi à adopter une résolution forte et claire sur le Zimbabwe" , a déclaré David Miliband, le secrétaire au Foreign Office, le minsitère des Affaires étrangères britannique. "Pour les Zimbabwéens, il semblera incompréhensible que la Russie, qui s'était engagée au G8 à prendre de nouvelles mesures, y compris des sanctions notamment financières, fasse obstacle au projet du Conseil de sécurité. Ils ne comprendront pas non plus le vote de la Chine" . Le chef de la diplomatie britannique ne baisse toutefois pas les bras. "Nous allons continuer à plaider pour des mesures accrues de l'Union européenne contre Mugabe et sa clique au pouvoir. L'ONU a toujours un rôle clef à jouer pour mettre un terme à la crise et nous allons continuer à faire pression pour la désignation d'un émissaire de l'ONU."
Du côté de Robert Mugabe, on boit évidemment du petit lait. "Nous sommes très heureux de la tournure des événements et nous voudrions remercier ceux qui ont aidé à défaire le racisme international déguisé en action multilatérale" , a déclaré le ministre zimbabwéen de l'Information, Sikhanyiso Ndlovu. "Les principes de non-ingérence dans les affaires souveraines d'un Etat membre de l'Onu ont été préservés. Que vient faire l'Onu dans les élections de ses membres?" Le trône de Mugabe ne semble pas prêt de vaciller. |
| 200 opposants demandent l'assistance des Etats-Unis |
| Vendredi 04 juillet 2008 - Plusieurs centaines d'opposants zimbabwéens du parti de Morgan Tsvangirai, le MDC, se sont rassemblés devant l'ambassade américaine du Zimbabwe, à Harare, afin de demander l'assistance des Etats-Unis pour mettre fin aux violences.
"Plus de 200 partisans du MDC [parti d'opposition zimbabwéen] campent devant l'ambassade des Etats-Unis", affirme depuis sa rédaction londonnienne Wilf Mbanga, rédacteur en chef de l'hebdomadaire indépendant ‘The Zimbabwean on Sunday'.
Ces centaines d'opposants à l'actuel président Robert Mugabe demandent assistance aux diplomates américains, fuyant les violences dont ils sont victimes depuis l'élection du 29 mars . Le porte-parole de l'ambassade des Etats-Unis a assuré à un journaliste de l'agence Reuters que les diplomates travaillaient "avec des organisations internationales et des partenaires locaux pour trouver une solution, un endroit sûr pour les accueillir".
"Depuis le résultat du scrutin , le MDC affirme qu'une centaine de ses partisans ont été tués, 5 000 autres sont portés disparus et 200 000 personnes ont été déplacées", rapporte Wilf Mbanga. Des chiffres impressionnants, impossibles à vérifier.
"60 % des électeurs avaient voté contre Mugabe le 29 mars", assure un diplomate français à Harare souhaitant garder l'anonymat. Il ajoute : "Le principal enjeu, ce n'est pas la tractation politique, mais le sort de la population martyrisée, battue, au bord de l'asphyxie."
Un nombre croissant de Zimbabwéens fuient d'ailleurs leur pays vers les territoires voisins, notamment la Zambie, le Mozambique, l'Afrique du Sud et le Botswana, où, selon Wilf Mbanga, un camp de réfugié zimbabwéen a été ouvert. Les leaders africains, réunis en sommet lundi dernier , s'étaient timidement prononcés en faveur de la formation d'un gouvernement d'union nationale. Option que le chef de l'opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai avait rejetée car, selon lui, une telle solution ne "reflèterait pas la volonté du peuple zimbabwéen".
"Les violences ne cessent pas. Dans ce contexte, comment voulez-vous que des négociations commencent ?", commente le diplomate français interrogé par FRANCE 24. "La solution idéale serait de réussir à écarter Mugabe du pouvoir. Pour l'Union européenne, c'est un point non négociable", poursuit-il, dans la lignée des exigences de l'UE, qui demande la tenue d'une nouvelle élection.
Les Etats-Unis viennent, eux, de déposer un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU. Vendredi, à son retour du sommet de l'Union africaine à Charm el-Cheikh, des milliers de partisans de Robert Mugabe ont acclamé le dictateur à sa descente d'avion.
|
|
Le dictateur est seul en piste pour le second tour de la présidentielle. Zimbabwe. Mugabe, l'inquiétant professeur |
 |
LADEPECHE - 06/29/08 -
Un génocide, similaire à ce qui s'est produit au Rwanda en 1994, guette ce pays d'Afrique australe, dominé depuis près de trente ans par un seul homme, Robert Mugabe. Après sa défaite lors d'un référendum sur un projet de Constitution en 2000, les fermiers blancs sont chassés par la violence. Les Zimbabwéens vivent dans la peur quotidienne des exactions sanglantes. Un génocide, similaire à ce qui s'est produit au Rwanda en 1994, guette ce pays d'Afrique australe, dominé depuis près de trente ans par un seul homme, Robert Mugabe. Le dictateur a écarté tous les candidats de son chemin et semble prêt à tout pour signer un 6e mandat de président du Zimbabwe.Pourtant, tout avait bien commencé. Cet ancien instituteur marque le renouveau du pays lorsqu'en 1980, il devient Premier ministre, mettant fin au régime raciste de Ian Smith. Il est même accueilli en grande pompe à Londres, par la reine Elizabeth II, où il reçoit le titre de chevalier.La période d'austérité que traverse le Zimbabwe dans les années 90 marque un virage dans la façon de gouverner. Mugabe le libérateur devient Mugabe le dictateur. Après sa défaite lors d'un référendum sur un projet de Constitution en
|
| 2000, les fermiers blancs sont chassés par la violence. Le dictateur va jusqu'à raser les bidonvilles où l'opposition est majoritaire. La réforme agraire est un échec cuisant. Le Zimbabwe entre dans l'ère de l'extrême pauvreté. La situation économique est catastrophique. L'ancien grenier à blé n'est plus que l'ombre de lui-même. L'économie s'est effondrée. L'inflation a atteint le taux hallucinant de 165 000 % par an. Quatre adultes sur cinq sont au chômage. Il faut 8 milliards de dollars zimbabwéens pour un dollar américain. Pour exemple, un enseignant gagne 40 milliards de dollars alors que deux litres d'huile en valent la moitié. Les Zimbabwéens sont condamnés au troc. Ils vivent aussi dans la terreur, à tel point que certains sont soulagés du retrait de Morgan Tsvangirai pour le second tour de l'élection présidentielle, prévu aujourd'hui. Depuis lundi, l'opposant s'est réfugié dans l'ambassade des Pays-Bas à Hararé. La raison ? Éviter un bain de sang après le déchaînement de violences qui a déjà fait 85 morts et 200 000 personnes chassées de chez elles. Aujourd'hui, le Zimbabwe est au bord du chaos. Mugabe s'accroche, estimant que « seul Dieu pourrait |
|
| |
| Zimbabwe : l'opposition se sent abandonnée |
Europe1- le 28/06/08 - Le quotidien zimbabwéen Herald, contrôlé par le pouvoir, affirme samedi que la participation au second tour de l'élection présidentielle, vendredi, a sans doute atteint un taux record. Ce qui est, juge-t-il, un camouflet pour les dirigeants étrangers qui avaient critiqué l'attitude du président Robert Mugabe, seul à s'être maintenu candidat. Le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pu s'entendre vendredi sur un texte qui aurait déclaré illégitime le résultat du scrutin. Illégitime" : c’est ainsi que le chef de file de l’opposition Morgan Tsvangirai avait jugé le scrutin du second tour de l’élection présidentielle au Zimbabwe. Tout comme les pays occidentaux. Un scrutin qui aurait atteint un taux record de participation. C’est en tout cas ce qu’affirme le quotidien zimbabwéen Herald, contrôlé par le pouvoir. Ce qui constitue un camouflet pour ceux qui ont parlé d'une 'élection Mugabe', écrit le journal. Contredisant ainsi les informations des médias internationaux selon lesquels une forte proportion de Zimbabwéens ont boycotté le second tour. |
|
| Robert Mugabe n’a cédé ni à la pression de son peuple ni aux appels de la communauté africaine et internationale : le président zimbabwéen, au pouvoir depuis 28 ans, a maintenu le deuxième tour de l'élection présidentielle en dépit du retrait de son seul opposant Morgan Tsvangiraï. Ce dernier, qui a qualifié ce vote de "jour d'humiliation et de honte" pour son pays, a annoncé sa défection par crainte de répressions sur ses électeurs. Il a estimé que 200.000 personnes ont été déplacées, près de 90 de ses partisans tués et plus de 10.000 personnes blessées depuis les élections générales du 29 mars. Le régime a ignoré son retrait et les bulletins de vote portaient toujours son nom. L'opposition zimbabwéenne a condamné samedi l'échec du Conseil de sécurité de l'ONU à déclarer illégitime le résultat de la présidentielle, accusant l'Afrique du Sud d'en être responsable. Le président sud-africain Thabo Mbeki, chargé par ses pairs d'Afrique australe d'une mission de médiation dans ce pays, "abandonne le peuple du Zimbabwe en agissant comme s'il protégeait un Etat voyou", a déclaré le porte-parole du principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC). Le Conseil de sécurité de l'ONU a seulement estimé que "les conditions d'une élection libre et équitable n'étaient pas réunies" à l'occasion du second tour et ont "regretté profondément qu'il ait eu lieu dans ces circonstances". L'Afrique du Sud, ayant empêché l'adoption d'un texte plus fort. |
| |
|
| Zimbabwe: l'opposition se retire de la course à la présidentielle |
 |
HARARE (AFP) — Le chef de l'opposition au Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, a annoncé dimanche qu'il se retirait de la course à la présidentielle, affirmant qu'il ne pouvait pas demander aux électeurs de "risquer leur vie" en votant au second tour le 27 juin. "Nous ne participerons plus à ce qui est une parodie de processus électoral, entachée de violence et illégitime", a déclaré Tsvangirai au cours d'une conférence de presse à Harare après une réunion du conseil national de son parti, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC). "Le peuple du Zimbabwe a montré sa bravoure" en votant majoritairement pour le MDC aux élections présidentielle et législatives du 29 mars, qui ont infligé une déroute historique au régime, a-t-il ajouté. "Le peuple veut un nouveau Zimbabwe", mais le MDC "ne peut pas demander aux électeurs de risquer leur vie en votant le 27 juin", a poursuivi M. Tsvangirai, 56 ans, qui devait affronter vendredi le chef de l'Etat sortant, 84 ans, au second tour de la présidentielle. Depuis la défaite du régime le 29 mars, qui a vu le pouvoir perdre sa majorité de 28 ans à la Chambre des députés et Mugabe arriver derrière M. Tsvangirai à la présidentielle, "200.000 |
| personnes ont été déplacées, plus de 86 partisans du MDC ont été tués, plus de 20.000 maisons ont été brûlées et plus de 10.000 personnes blessées dans une orgie de violence", a-t-il énoncé.
"Compte tenu de ces circonstances, nous estimons impossible l'organisation d'une élection qui reflète la volonté du peuple", a encore dit l'opposant, citant également la partialité de la Commission électorale du Zimbabwe (ZEC) et le blocage de la campagne du MDC.
"Le candidat de la Zanu-PF (Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique, au pouvoir, ndlr) à la présidentielle n'a aucun respect pour le MDC", a asséné Tsvangirai. "Il a déclaré la guerre en affirmant que les balles de fusil prévalent sur les bulletins de vote." Le président Mugabe a affirmé vendredi que "seul Dieu" pouvait lui retirer un pouvoir qu'il lui a, selon lui, confié à l'indépendance en 1980, martelant que les acquis de la guerre d'indépendance ne sauraient être remis en question par une élection et menaçant de "reprendre les armes". Le retrait du leader de l'opposition vise à lui épargner "l'humiliation d'une défaite", a lancé le porte-parole du parti au pouvoir et ministre de la Justice Patrick Chinamasa, dans une réaction à l'AFP.
M. Tsvangirai a "passé trop de temps à l'extérieur du pays à rencontrer des gens qui ne comptent pas", a-t-il dit, en référence à une tournée diplomatique entreprise par Tsvangirai après le 29 mars, en Afrique et aux Nations unies notamment. Le chef de l'opposition est resté six semaines en exil volontaire, invoquant un complot d'assassinat le visant s'il retournait au Zimbabwe. Au cours de sa conférence de presse dimanche, il a déclaré que le président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur dans le pays pour l'Afrique australe, ne lui avait pas proposé de former un gouvernement d'union nationale, contrairement à ce qu'avait rapporté cette semaine la presse sud-africaine.
"On ne peut pas dire que le président Mbeki va proposer (la formation) d'un gouvernement d'union lorsque cette (option) ne nous a pas été soumise", a-t-il dit, avant d'appeler à l'intervention des Nations unies et des organisations panafricaines pour mettre fin à un "génocide".
Les exactions déchaînées depuis la déroute du régime sont largement imputables aux partisans du régime, selon l'ONU. La police zimbabwéenne affirme quant à elle que l'opposition est la "principale responsable" des violences politiques. De nombreuses voix dans le monde, de l'ONU à l'Afrique australe, ont exprimé ces derniers jours leur crainte que le scrutin ne soit pas crédible en raison de ces violences. |
|
| Robert Mugabe, président sortant du Zimbabwe : J`ai perdu mais je refuse de partir ! |
 |
Ainsi pourrait-on résumer l'attitude de monsieur Robert Mugabé, l'un des nouveaux amis de Soundjata 1er de Côte-d'Ivoire, qui a décidé de ne pas reconnaître sa défaite cuisante aux dernières élections générales du Zimbabwé. Il apparaît dès lors clairement que le héros de l'indépendance de l'ancienne Rhodésie du Sud qui a connu la prison et l'exil et qui luttait pour une société de justice, faite de démocratie et de respect des droits de l'homme, a purement et simplement résolu de tourner le dos à cette justice, à cette démocratie et à l'équité. Et pourtant, lorsque l'opposition l'accusait de vouloir trafiquer les élections à travers un bourrage systématique des urnes, il a juré la main sur le cœur que sa conscience de croyant ne lui permettait pas de se livrer à pareilles manœuvres et qu'il gagnerait proprement l'ensemble des élections.Après la publication des résultats des législatives où la ZANU PF, son parti, a perdu face au MDC, la |
| foi a tout de suite quitté monsieur Mugabé qui s'opposait aussitôt à ce qu'on publiât les résultats de la présidentielle dont tout le monde devine aisément qu'ils allaient annoncer sa cuisante et humiliante défaite, lui qui espérait pouvoir surfer indéfiniment sur sa réputation de combattant de la liberté et de héros de l'indépendance. C'est pourquoi, alors que la constitution du Zimbabwé et le code électoral imposent un délai de six (06) jours après l'élection présidentielle pour la proclamation des résultats, la Commission Electorale Indépendante (???) du Zimbabwé est restée étrangement (?) muette plus d'un mois après ladite élection alors qu'habituellement les résultats étaient proclamés deux jours à peine après l'élection. Il est plus que certain et évident que l'octogénaire du Zimbabwé n'avait aucune chance de l'emporter sur monsieur Morgan Tsvangirai après la défaite de la Zanu PF aux législatives. Monsieur Mugabé se savait battu et son rêve de mourir au pouvoir pour être célébré par le peuple Zimbabwéen et la Communauté Internationale comme ce démiurge, ce demi-dieu de la lutte pour l'indépendance s'écroule comme un château de cartes…à moins qu'il ne réagisse comme il faut ainsi que savent le faire tous les bons dictateurs. Et c'est ce qu'il a fait !
Déjà avant les élections monsieur Mugabé déclarait qu'il n'était pas question pour lui de quitter le pouvoir. Il pouvait faire pareille déclaration sans aucun risque de se tromper puisque quelques jours avant qu'il ne s'exprime ainsi, la hiérarchie militaire zimbabwéenne avait clairement laissé entendre qu'elle ne voulait pas d'un changement de régime, même démocratique et pacifique.
Assuré du soutien inconditionnel et sans faille de sa garde prétorienne se disant armée nationale du Zimbabwé, monsieur Mugabé, dès qu'il a su qu'il a été battu, a fait obstacle à la publication des résultats de l'élection présidentielle. Ne voilà-t-il pas que concernant les législatives, le pouvoir zimbabwéen a ordonné à la Commission Electorale de procéder à un nouveau décompte des voix dans 23 circonscriptions électorales où l'opposition l'avait largement emporté.
Naturellement, on va se rendre compte fort opportunément que le premier décompte a été mauvais et que la ZUNU PF de monsieur Mugabé a été volé dans ces circonscriptions et qu'ainsi la ZUNU PF a été privé d'une grande victoire. Quelle honte pour ce héros qui se livre à des manœuvres aussi sordides pour se maintenir au pouvoir contre la volonté du peuple zimbabwéen.
"Triomphant" ainsi aux législatives, monsieur Mugabé ne peut que l'emporter à la présidentielle même s'il demande hypocritement un second tour pour couvrir d'un vernis juridique son coup d'Etat constitutionnel. Les Zimbabwéens découvrent ainsi que leur vieux leader n'a pas suffisamment de grandeur d'âme pour accepter une défaite. Ils se souvienne alors des méchancetés et des misères qu'il a faites à monsieur Joshua N'KOMO, un autre héros de l'indépendance avec qui il n'a jamais voulu partager le pouvoir et qu'il a poussé à mourir de chagrin. Cela n'est pas sans nous rappelé l'histoire de ce grand explorateur qui, se trouvant dans le Pacifique avec son équipage et ne voyant aucune terre à l'horizon, avait promis une forte récompense à quiconque serait le premier à apercevoir une terre.
C'est ainsi qu'un jour un des membres d'équipage s'écria : "terre en vue."
Il se trouve hélas que notre grand explorateur déclara aussitôt qu'il avait lui-même vu cette terre en premier avant le cri de l'homme d'équipage et que par conséquent la récompense lui revenait.
Et il en fut ainsi. Monsieur Robert Mugabé a déclaré urbi et orbi qu'il combattait l'injustice et la tyrannie que les Blancs de la Rhodésie du Sud imposaient à la majorité noire.
Il fallait instaurer dans ce qui allait devenir le Zimbabwé la justice et la démocratie.
Malheureusement pour les Zimbabwéens, cette justice et cette démocratie ne pouvaient exister qu'avec monsieur Mugabé au pouvoir. C'est de cette façon qu'il a écarté monsieur Joshua N'KOMO et qu'il fait bastonner régulièrement ses opposants qu'il n'hésite d'ailleurs pas à jeter en prison. Il a alors instauré un régime de terreur qui lui a permis, à travers des élections tronquées et truquées de demeurer 28 ans au pouvoir pour faire descendre son pays dans les abîmes de l'enfer. Comme quoi "l'immense et cruelle démocratie qui pèse sur la Côte-d'Ivoire n'est pas orpheline". Comment, avec un système aussi bien huilé, monsieur Mugabé pouvait-il envisager une quelconque défaite aux élections ?
Il fallait être fou pour envisager pareille hypothèse.
Monsieur Mugabé avait tout simplement oublié que s'il vivait dans une bulle dans son palais de marbre, le peuple zimbabwéen broie du noir et croule sous la misère depuis qu'il est au pouvoir.
Non seulement la corruption et le népotisme gangrènent la société mais encore et surtout le Zimbabwé est économiquement un mort en sursis :
- 80% de la population vivant dans le pays sont au chômage
- 50% des zimbabwéens ont fui leur pays en quête d'une vie meilleure à l'étranger. C'est d'ailleurs cette diaspora qui permet au pays de survivre.
- hier grenier de l'Afrique australe et centrale, l'ancienne Rhodésie du Sud dépend aujourd'hui du programme alimentaire mondial
- l'inflation au Zimbabwé est de 100 000%
Face à cette situation catastrophique qui ne provient aucunement de la conjoncture économique mondiale mais des seules mauvaises décisions de monsieur Mugabé dont les oukases fantaisistes ont plongé le pays dans l'abîme, comment les Zimbabwéens, en quête d'un mieux être et d'un mieux vivre ne changeraient-ils pas d'équipe dirigeante même si monsieur Mugabé a été le grand héros de l'indépendance du pays ?
La guerre et la situation catastrophique de notre pays ne sont-elles pas les conséquences du même genre de décision ?
C'est la même situation qu'a connue le Kenya où monsieur KIBAKI a été très heureux de battre le parti au pouvoir, la KANU son ancien parti, pour accéder au pouvoir.
Il se trouve que dans son esprit, la démocratie a atteint son achèvement après son accession au pouvoir. Dès lors, les élections ne devaient être qu'une formalité visant à le reconduire indéfiniment au pouvoir.
Car s'il n'a pas été un héros de l'indépendance du Kenya, monsieur KIBAKI estime que le peuple Kenyan lui doit de la reconnaissance parce qu'il a permis l'alternance, même si cette alternance a été dramatique pour le pays.
Similitude avec la Côte-d'Ivoire où celui-là qui, pour avoir fait son service militaire à Séguéla et à Bouaké, tient à se faire passer pour un héros et considère par conséquent qu'il est le candidat et l'élu naturels du peuple de Côte-d'Ivoire !
Monsieur KIBAKI, battu à la régulière à l'élection présidentielle refuse de rendre le tablier. Conséquences :
- plus de 1500 morts
- plus de 250 000 déplacés
- guerre politico ethnique
- désorganisation de l'économie, etc…
Ainsi, la seule ambition de monsieur KIBAKI et son refus de reconnaître le verdict des urnes ont été une catastrophe pour le Kenya au plan économique et social et au plan humain.
Et ce n'est pas le gouvernement d'union nationale qui vient d'être constitué qui pourra panser et guérir ces plaies béantes du Kenya.
A vrai dire, monsieur Mugabé comme monsieur KIBAKI et bien d'autres qui les prennent pour modèles oublient qu'un peuple n'a aucune obligation de reconnaissance envers un quelconque des siens. Le peuple considère que quoi qu'ait fait un de ses enfants, ce dernier n'a fait que son devoir et qu'il n'a rien à exiger en retour. En Côte-d'Ivoire, celui à qui le père de la Nation, sous le sceau du secret aurait murmuré à l'oreille "hélas tu me ressembles" pense lui aussi qu'il a droit a de la reconnaissance parce qu'il aurait permis l'alternance (?) dans notre pays.
Il oublie naturellement le rôle trouble qu'il a joué dans certains évènements survenus dans notre pays. Il oublie surtout que depuis 08 ans qu'il est au pouvoir, la Côte-d'Ivoire est balafrée, défigurée, en lambeaux frôlant déjà la mort clinique. Il estime que pour "ses hauts faits (?) et sa grande (?) bravoure (?) il ne peut qu'être élu si des élections ont lieu un jour en Côte-d'Ivoire d'où les menaces qu'il profère à l'encontre des autres candidats."
Tout le monde a compris son jeu parce que tout le monde sait qu'il est tenaillé par la peur. La peur d'avoir à, croiser le fer avec ce candidat qu'il a honteusement fui en octobre 1995 en ordonnant à ces partisans le boycott actif criminel et assassin qui a si tristement endeuillé la Côte-d'Ivoire.
Monsieur Gbagbo sait qu'il n'a jamais fait le poids devant le Président BEDIE et qu'il ne fera jamais le poids devant lui. D'où cette continuelle fuite en avant depuis trois ans, préférant jouir d'un non mandat juteux que de perdre piteusement le pouvoir face à cet adversaire coriace et redoutable.
Le plus à plaindre dans cette crise du Zimbabwé c'est monsieur Thabo M'béki le président sud africain qui s'est fait une spécialité de défendre les régimes anti démocratiques, dictatoriaux et sanguinaires d'Afrique. Ainsi, alors que tout le monde voit une crise au Zimbabwé, monsieur Mbéki trouve que "tout baigne" et qu'il n'y a pas de crise, se contentant de soutenir son ami Mugabé. Nous nous demandons alors pourquoi monsieur Thabo M'béki n'a pas contesté sa défaite lors des élections internes de l'ANC qui ont vu la victoire de monsieur ZUMA.
Nous avons l'impression que monsieur Thabo M'béki se délecte des malheurs, des déchirures et des guerres qui détruisent les autres pays. Est-ce pour que l'Afrique du Sud rachètent ces pays au franc symbolique ?
"J'ai été battu mais je reste en fonction parce que le peuple me doit cela et parce que je suis le seul à pouvoir faire le bonheur (?) de ce peuple même malgré lui". Nous aimerions que monsieur Mugabé, monsieur Kibaki et ceux qui se croient déjà élus pour oser menacer d'autres candidats avant même que les élections aient lieu retiennent qu'un peuple et une nation n'ont de reconnaissance envers l'un de leurs enfants que celle qu'ils veulent bien avoir envers cet enfant parce que la nation et le peuple ne sont astreints à aucune reconnaissance envers un fils qui n'a en définitive fait que son devoir. C'est ce que souligne si éloquemment le penseur lorsqu'il écrit que "l'ingratitude envers les grands hommes est la marque des peuples forts."
Il est tout de même à se demander si nous avons affaire, à la tête de nos pays, à de grands hommes quand on voit ces héros ou pseudo héros se livrer à tant de petitesses, à tant de bassesses pour se cramponner indûment et de façon indécente et criminelle au pouvoir.
La comédie de monsieur Mugabé proclamant un deuxième tour de la présidentielle à une date indéterminée est une illustration édifiante des rois bouffons qui prétendent gouverner nos pays !
Il est à souhaiter, en ce qui concerne la Côte-d'Ivoire que la CEI jouera pleinement son rôle et aura suffisamment de cran pour proclamer les résultats dans les délais légaux.
Car, le Solitaire de Colombey les Deux-Eglises, grand, généreux, altier et digne, n'est pas près de faire des émules en Afrique !
DOUBE BINTY |
|
La victoire du MDC aux législatives se confirme |
Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters - 04/26/08 -
La commission électorale a confirmé les résultats des élections législatives dans la majorité des 23 circonscriptions qui faisaient l'objet d'un recomptage. Il est maintenant peu probable que la révision des résultats dans les circonscriptions restantes permette au Zanu-PF du président Robert Mugabe de retrouver sa majorité au parlement. Le nouveau décompte avait été exigé par son parti dans la foulée des législatives du 29 mars dernier, alléguant des irrégularités. Son adversaire, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) s'était dissocié de l'opération, accusant la commission d'être à la botte du régime et de chercher à inverser les résultats.
Les résultats des législatives, dévoilés au compte-gouttes par la commission entre le 29 mars et le 2 avril, accordaient 109 sièges au MDC contre 97 au ZANU-PF, qui détenait la majorité depuis l'indépendance de l'ex-Rhodésie du Sud britannique en 1980. Le MDC estime savoir, selon ses propres sources, que les résultats pour l'ensemble des circonscriptions faisant l'objet d'un recomptage étaient identiques à ceux annoncés au début du mois.
Un pouvoir répressif sous pression
Les Zimbawéen sont par ailleurs toujours en attente des résultats du premier tour des présidentielles qui se sont déroulées au même moment. Le chef du MDC, Morgan Tsvangirai, a revendiqué jusqu'ici en vain la victoire. Le retard dans la proclamation des résultats a placé le régime de Mugabe sous la pression croissante de la communauté internationale. Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra mardi, à la demande de la Grande-Bretagne, sa première session consacrée à la crise. Aucune déclaration ou résolution ne devrait cependant en résulter. Pendant ce temps, le gouvernement poursuit ce que l'opposition qualifie de mesure d'intimidation. Selon le MDC, 15 de ses partisans ont été tués depuis les élections.
Il accuse le régime d'être parti en « guerre » contre ses opposants dans le but de se maintenir au pouvoir à tout prix et évoque des centaines de blessés, de maisons brûlées et de militants arrêtés. Une association de médecins zimbabwéens a fait état d'au moins 323 patients, battus et torturés ce mois-ci, la plupart par « des forces en uniforme », militaires ou policiers. Vendredi, un raid musclé de la police antiémeute contre le siège du MDC dans la capitale Harare a conduit à l'arrestation de 215 personnes.
Les autorités ont également perquisitionné vendredi les bureaux d'observateurs électoraux. Craignant pour sa sécurité, Morgan Tsvangirai a quitté le pays. Il fait la tournée des États de l'Afrique australe afin de convaincre leurs dirigeants de faire pression sur le président sortant pour qu'il quitte le pouvoir. Le Zimbabwe, autrefois considéré comme le grenier de l'Afrique, est aujourd'hui ruiné. Le taux d'inflation y atteint 165 000 %, le taux de chômage est évalué à 80 % de la population en âge de travailler et des pénuries de denrées alimentaires de base, d'essence et de médicaments sévissent depuis plusieurs mois
|
|
| |
| Zimbabwe: la pression internationale s'accentue sur Mugabe |
| Jeudi, avril 24, 2008 -
Par Godfrey MARAWANYIKA - |
La pression s'accentuait jeudi sur le président zimbabwéen Robert Mugabe, ses alliés chinois ayant finalement rappelé un navire chargé d'armes destinées à Harare et une responsable américaine entamant une tournée dans la région pour discuter de la crise. Imperturbable, la commission électorale continuait à délivrer au compte-gouttes les résultats d'un nouveau comptage partiel des élections du 29 mars. Mais les dénonciations de violations des droits de l'Homme commises à l'encontre d'opposants se sont multipliées, tandis que le régime laissait apparaître ses divisions sur l'idée d'un gouvernement d'unité nationale. Submergée d'appels, notamment de Londres, Washington et d'organisations telles qu'Amnesty International, la Chine a renoncé à livrer des armes au Zimbabwe et annoncé le retour du navire An Yue Jiang, repoussé de port en port depuis plusieurs jours.
"A ma connaissance, la compagnie chinoise a décidé de rappeler le bateau", a déclaré à Pékin une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu.
Le régime de Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans et qui défendait la semaine dernière son "droit souverain à acheter des armes", n'a pas immédiatement réagi. L'annonce est intervenue alors que la secrétaire d'Etat adjointe américaine aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, rencontrait des responsables du gouvernement sud-africain. La crise zimbabwéenne devait être au centre des entretiens, selon l'ambassade des Etats-Unis à Pretoria. Mme Frazer devrait ensuite se rendre en Angola, allié de longue date du Zimbabwe, et en Zambie, dont le chef de l'Etat, Levy Mwanawasa, préside actuellement la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC). Si le président sud-africain Thabo Mbeki s'est attiré les critiques des Occidentaux pour sa "diplomatie discrète" à l'égard de son voisin Robert Mugabe, son successeur potentiel, Jacob Zuma, a adopté une ligne plus dure. A l'issue d'un entretien avec le Premier ministre Gordon Brown mercredi à Londres, M. Zuma, donné favori pour les élections de l'an prochain en Afrique du Sud, a estimé que la situation n'était "pas acceptable" au Zimbabwe.
Il a toutefois jugé prématurée l'idée d'un élargissement de l'embargo sur les armes adopté envers le régime de Mugabe par l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis en 2002. L'exaspération monte envers le Zimbabwe où, plus de trois semaines après les élections générales, l'issue du scrutin reste incertaine. Les résultats officiels des législatives ont donné la majorité au Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti d'opposition. Mais un nouveau comptage dans 23 des 210 circonscriptions du pays, entamé samedi, risque de les remettre en cause. La commission électorale a repris une étrange chorégraphie déjà observée début avril, annonçant les résultats au compte-gouttes et attribuant les sièges tour à tour au parti au pouvoir et à l'opposition. Après un siège mercredi à l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (au pouvoir), la commission a annoncé jeudi que le MDC en conservait également un.
Mais le MDC a rejeté ce comptage, n'y voyant qu'une manoeuvre de M. Mugabe, 84 ans, pour se maintenir au pouvoir, et a dénoncé un nombre croissant d'attaques menées contre des sympathisants de l'opposition. Une association de médecins zimbabwéens a pour sa part fait état d'au moins 323 patients, battus et torturés ce mois-ci, la plupart par "des forces en uniforme", militaires ou policiers. Pendant ce temps, l'idée d'un gouvernement d'unité nationale défendue la veille dans le quotidien d'Etat The Herald, la voix du régime, a été écartée jeudi dans le même journal: "Il ne peut être question d'un gouvernement d'unité nationale tant que (le MDC) ne reconnaît pas que seuls les Zimbabwéens ont le droit de décider qui devrait diriger le pays". |
|
| |
Zimbabwe: le chef de l'opposition a gagné l'élection présidentielle, selon l'émissaire américaine en Afrique |
|
PRETORIA, AfSud — Le chef de l'opposition zimbabwéenne a remporté l'élection présidentielle dans son pays, a affirmé jeudi la secrétaire d'Etat adjointe américaine chargée des Affaires africaines, Jendayi Frazer, actuellement en déplacement dans la région.
L'opposition affirme que son leader, Morgan Tsvangirai, a battu le président zimbabwéen Robert Mugabe le 29 mars. Des observateurs indépendants zimbabwéens disent aussi que Morgan Tsvangirai s'est imposé, mais pas avec suffisamment de voix pour éviter un second tour, et Jendayi Frazera a affirmé jeudi à Pretoria qu'elle basait ses conclusions sur ce comptage indépendant.
De leur côté, les Zimbabwéens attendent toujours les résultats, avec l'opposition qui accuse Robert Mugabe d'empêcher leur publication, tout en cherchant un moyen de se maintenir au pouvoir. Le président zimbabwéen, qui est octogénaire, dirige son pays depuis l'indépendance en 1980. Jendayi Frazer répondait à des questions concernant un éventuel accord de partage du pouvoir qui pourrait résoudre la crise. "Nous pensons que dans cette situation, nous avons un vainqueur clair", a-t-elle dit. "Morgan Tsvangirai a gagné et peut-être même complètement, à tel point qu'un gouvernement d'unité nationale n'est pas nécessaire. Il faut accepter le résultat." |
|
Mais elle a ajouté: "Il peut y avoir besoin d'une solution politique, une solution négociée". Elle s'exprimait en Afrique du Sud, au début d'une visite visant à accentuer la pression internationale sur le gouvernement du Zimbabwe. Les Etats-Unis font partie des pays les plus critiques vis-à-vis du régime du président Mugabe.
Par ailleurs, en visite à Londres, Jacob Zuma, président du Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir en Afrique du Sud, a estimé que d'éventuelles négociations sur un gouvernement d'union nationale étaient prématurées tant que les résultats de la présidentielle n'étaient pas connus. L'hypothèse a été avancée mercredi par le quotidien officiel du Zimbabwe, le "Herald", qui a proposé que Robert Mugabe dirige ce gouvernement. L'opposition rejette l'idée, affirmant qu'elle a remporté le scrutin.
"Une fois qu'on commence à poser cette question, on empêche la discussion sur le problème de départ", a déclaré Jacob Zuma lors d'une conférence de presse. "On influence déjà le résultat (...) Si cette proposition devient une proposition ferme, elle doit être soumise au peuple zimbabwéen. S'il l'accepte, laissons-le faire plutôt que de l'effrayer en cherchant à savoir qui dirigerait le gouvernement", a-t-il ajouté. |
|
| |
| Zimbabwe: Tsvangirai "choqué" par les propos de Mbeki sur l'absence de crise |
JOHANNESBURG - Le chef de l'opposition zimbabwéenne Morgan Tsvangirai s'est dit choqué mardi par les propos du président sud-africain Thabo Mbeki sur l'absence de "crise" au Zimbabwe, également contredits par le parti au pouvoir en Afrique du Sud.
"Je suis sûr que les Zimbabwéens et la communauté internationale ont été choqués par cette déclaration", a déclaré le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) lors d'un entretien avec la télévision privée sud-africaine e.tv. "Une telle erreur de représentation donne l'impression qu'il approuve discrètement (la situation au Zimbabwe), ce qui pour moi est très choquant", a-t-il ajouté.
Thabo Mbeki a déclaré samedi à Harare, où il s'était entretenu avec le président Robert Mugabe, qu'il n'y avait "pas de crise" au Zimbabwe, bien que les résultats de l'élection présidentielle du 29 mars n'aient toujours pas été annoncés. Lundi soir, lors d'un comité central, le Congrès national africain (ANC) au pouvoir en Afrique du Sud a pris le contre-pied du chef de l'Etat, en se disant "préoccupé par l'état de crise dans lequel se trouve le Zimbabwe et qui est négatif pour toute la région." L'ANC "accepte" que M. Mbeki, confirmé comme médiateur au Zimbabwe par ses homologues de la région, ait "des raisons de rester neutre", a toutefois précisé dans un communiqué une de ses porte-parole, Jesse Duarte. Le ministre des Collectivités locales, Sydney Mufamadi, qui fait partie de l'équipe de médiation au Zimbabwe, a défendu le président Mbeki en assurant que la situation au Zimbabwe n'était pas bloquée.
"L'anxiété sur les délais (de publication des résultats) est tout à fait légitime", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Mais "ceux d'entre nous qui ont pour responsabilité de s'assurer qu'une solution soit trouvée (au Zimbabwe) ont aussi pour responsabilité d'informer et de dire que nous n'avons pas atteint un cul-de-sac".
Le président Mbeki est souvent critiqué pour sa "diplomatie discrète" à l'égard de M. Mugabe, qu'il n'a jamais ouvertement condamné en dépit du marasme économique et des violations des droits de l'Homme. En décembre, Thabo Mbeki a été évincé de la présidence de l'ANC et son successeur Jacob Zuma a commencé à se démarquer de sa "diplomatie discrète". M. Zuma a ainsi déclaré dès la semaine dernière que le retard dans l'annonce des résultats "n'était pas de bon augure". Lors de sa réunion lundi soir, l'ANC est allée plus loin en critiquant le régime de Mugabe, qui envisage un second tour de la présidentielle alors que le résultat du premier tour n'est pas encore connu. "Ce serait non démocratique", a estimé le parti. Le MDC a revendiqué la victoire de M. Tsvangirai à la présidentielle dès le premier tour. L'Union nationale-africaine du Zimbabwe (Zanu-PF, au pouvoir à Harare) se dit prête pour un second tour.
"L'ANC va prendre contact avec la Zanu-PF et le MDC séparément en vue d'un dialogue de parti à parti sur la situation au Zimbabwe", a ajouté Jesse Duarte.
(©AFP / 15 avril 2008 18h12) |
|
| |
| Zimbabwe: la bataille électorale se déplace sur un terrain procédurier |
HARARE (AFP) — La bataille électorale au Zimbabwe entre lundi dans une phase procédurière, l'opposition exigeant en justice la publication des résultats de la présidentielle du 29 mars, le parti du président Robert Mugabe réclamant un nouveau décompte des suffrages. Le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, est en Afrique du Sud lundi pour des "entretiens privés" alors que les résultats de la présidentielle du 29 mars se faisaient toujours attendre, a indiqué un ancien parlementaire en exil. "Il a une série d'entretiens privés et retourne (au Zimbabwe) ce soir", a déclaré Roy Bennett, ancien député du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) en exil en Afrique du Sud. M. Bennett s'est refusé à tout détail sur la teneur de ces entretiens comme sur les interlocuteurs du candidat à l'élection présidentielle au Zimbabwe, qui a revendiqué samedi la victoire contre le président Robert Mugabe. Un tribunal de Harare doit se prononcer lundi sur un recours du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) demandant la |
 |
|
publication immédiate des résultats, au motif qu'ils ont été affichés dans les bureaux de vote et sont donc connus depuis plus d'une semaine. L'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir) a refusé dimanche la proposition du leader du MDC Morgan Tsvangirai de mise en place d'un gouvernement d'union nationale et a contre-attaqué en appelant la commission électorale à recompter les suffrages. Le MDC "nous a approchés pour former un gouvernement d'union nationale", a déclaré un haut responsable du parti, Patrick Chinamasa, ajoutant que la Zanu-PF "a rejeté cette approche". "Nous ne pouvons pas travailler avec le MDC car nos objectifs politiques et nos aspirations sont aussi différentes que le jour et la nuit", a ajouté Chinamasa, cité par l'hebdomadaire d'Etat The Sunday Mail. Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, brigue un 6e mandat face à Tsvangirai, arrêté à plusieurs reprises et passé à tabac par la police l'an dernier. Dimanche, le MDC a plaidé devant un tribunal de Harare pour la publication des résultats de la présidentielle, dont Tsvangirai avait la veille revendiqué la victoire. Mais l'avocat de la commission électorale a répondu qu'elle avait besoin de temps pour vérifier les chiffres. La Zanu-PF a réagi en demandant à cette institution de "recompter et examiner tout le matériel électoral", arguant d'"erreurs et de mauvais calculs", selon The Sunday Mail. "C'est ridicule de demander un nouveau décompte quand les résultats n'ont même pas été annoncés", a rétorqué le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa, soupçonnant le régime de les "tripatouiller". La Zanu-PF ayant accusé l'opposition de vouloir annuler la redistribution des terres aux noirs, des vétérans de la guerre d'indépendance, dont Mugabe est le héros, ont envahi certaines des dernières fermes appartenant à des blancs.
La plupart ont été dispersés par la police. Mais, selon un syndicat de fermiers, une poignée de ses partisans les plus durs du chef de l'Etat occupaient encore dimanche deux exploitations.
|
|
| Décision attendue de la Haute Cour du Zimbabwe dans la crise post-électorale |
EuroNews - 04/06/08 -
Au Zimbabwe, tous les regards sont tournés vers la Haute Cour. Les juges de cette instance suprême doivent dire aujourd'hui si oui ou non, il est possible d'annoncer les résultats de l'élection présidentielle. Le premier tour du scrutin a eu lien il y a plus d'une semaine. Et depuis, un bras-de-fer oppose les deux principaux candidats.
D'un côté, le président sortant, Robert Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans. Comme il sent que la victoire électorale risque de lui échapper, il réclame un nouveau décompte. En face, Morgan Tsvangirai, opposant historique. Chiffres à l'appui,il affirme avoir gagner la présidentielle dès le premier tour : "si les juges annoncent qu'il faut un second tour, alors, on va contester, prévient-il. Selon nos résultats, on est au dessus de la barre des 50%. Et même avec 49%, je suis gagnant. Car de toutes les manières, j'ai 5 ou 6 points de plus que mon adversaire. Donc je suis le vainqueur indiscutable." Le chef de l'Etat sortant, Robert Mugabe, et ses partisans maintiennent que l'opposition n'a pas gagné la présidentielle. Mais dans cette crise post-électorale, le parti de Mugabe, la ZANU-PF, n'est plus en position de force : il a perdu la majorité lors du scrutin législatif il y a dix jours. Fragilisé, le camp Mugabe pourrait se radicaliser.
C'est la crainte manifestée par certains au Zimbabwe : que la crise politique ne dégénère en guerre civile. Pour éviter un tel scénario, plusieurs habitants se sont rassemblés ce dimanche dans des églises ou dans des temples pour prier pour la paix dans le pays. La décision de la Haute Cour du Zimbabwe est attendue dans la matinée.
|
|
| |
| Zimbabwe:
Le président Mugabe pourrait participer à un second tour |
 |
Caroline Stevan , avec les agences - Samedi 5 avril 2008 - La commission électorale n'a toujours pas publié les résultats de l'élection présidentielle tenue le 29 mars. Le parti au pouvoir conteste sa défaite aux législatives. Six jours après l'élection présidentielle du samedi 29 mars, le sort du Zimbabwe restait vendredi soir très incertain. Les résultats officiels tardent à être publiés, Morgan Tsvangirai, le leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), revendique toujours la victoire face à Robert Mugabe, tandis qu'un responsable du parti au pouvoir a annoncé la tenue d'un second tour. Le MDC a déposé un recours pour obliger la commission électorale à déclarer le vainqueur sans tarder; la loi zimbabwéenne prévoit normalement la promulgation du décompte six jours après la tenue du scrutin, c'est-à-dire hier
Crimes contre l'humanité
Certains observateurs, dès lors, assurent que l'actuel président essaie de gagner du temps pour négocier sa sortie. |
|
A la tête de l'Etat depuis près de trente ans, Robert Mugabe a conduit son pays à la ruine. Héros de l'indépendance au début des années 1980, l'octogénaire est aujourd'hui un tyran encombrant. «Il ne peut pas troquer son retrait de la scène politique contre l'exil et l'immunité, affirme un expert.
Ses méfaits relèvent du crime contre l'humanité, ils ne sont donc ni amnestiables ni prescriptibles. La seule chose qu'il puisse revendiquer est qu'on ne confisque ni ses biens, ni ses terres, ni ceux de son entourage. C'est difficile à accepter pour le MDC, car cela irait à l'encontre de la réforme agraire qu'il a promise.» Des discussions seraient également en cours entre l'opposition et les forces de sécurité du pays, cherchant à assurer leur maintien en cas de changement de régime.
Deux scénarios, dès lors, restent envisageables. L'organisation d'un second tour d'abord - si aucun des deux candidats n'a obtenu la majorité nécessaire de 50% des voix. Une éventualité qui semblait se profiler vendredi soir. D'aucuns craignent dans ce cas que le chef de l'Etat n'en profite pour amender la Constitution en sa faveur ou imposer la loi martiale après avoir provoqué quelques violences. «Nous avons sous-estimé la menace (de l'opposition), mais nous allons élaborer une stratégie précise pour le second tour et nous le remporterons, sans aucun doute», a déclaré vendredi un membre du bureau de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), formation de Robert Mugabe. Mercredi déjà, le quotidien d'Etat The Herald avait ouvert la voie en évoquant la possible tenue d'un deuxième scrutin.
Opposition majoritaire au parlement
La dernière hypothèse, enfin, serait la proclamation pure et simple d'une victoire au premier tour de l'actuel président. Ce dénouement ne manquerait pas d'entraîner des violences à travers le pays - une grande partie de la population espérant le départ du vieux dirigeant -, lesquelles seraient sans doute suivies d'une vague de répression.
Pour mettre un terme aux spéculations, la présidence slovène de l'Union européenne a appelé vendredi la commission électorale zimbabwéenne à publier «sans nouveau délai» les résultats de l'élection présidentielle. L'Afrique du Sud a elle aussi pris position en ce sens, mais pour en finir avec les «complots» de certains médias internationaux accusés de mener «une campagne organisée» contre le régime de Harare. La commission électorale a cependant rendu public le décompte des législatives - également organisées samedi passé. La Zanu-PF a perdu la majorité qu'elle détenait depuis vingt-huit ans à la Chambre des députés, au profit du MDC qui dispose désormais de 109 sièges sur 210. Un résultat aussitôt contesté par les vaincus. |
|
| |
| Un changement de régime au Zimbabwe plongerait la région dans l'embarras |
JOHANNESBURG (AFP) — L'éventualité d'un changement de régime au Zimbabwe plonge dans l'embarras les pays d'Afrique australe qui ont toujours soigneusement évité de critiquer en public le président Robert Mugabe.
Si le chef d'Etat de 84 ans, qui règne sur le Zimbabwe depuis l'indépendance en 1980, était finalement poussé à abandonner le pouvoir, la région devra assumer ses années de silence face aux violations des droits de l'Homme. D'un autre côté, la fraternité des anciens combattants de l'indépendance qui gouvernent toujours les pays d'Afrique australe devrait pousser un soupir de soulagement à l'idée de ne plus avoir à faire avec un voisin dérangeant. La relation entre un Morgan Tsvangirai, l'actuel chef de l'opposition au Zimbabwe, devenu chef de l'Etat zimbabwéen et le président sud-africain Thabo Mbeki serait "au mieux polie", estime l'analyste Moeletsi Mbeki |
|
|
"Il est évident que le gouvernement (de Pretoria) a au fil du temps trouvé toutes sortes d'excuses pour Mugabe. Un gouvernement dirigé par le MDC (le Mouvement pour le changement démocratique de Tsvangirai) ne peut guère s'attendre à ce que celui de Thabo Mbeki se montre amical envers le MDC." Selon le chercheur en sciences politiques, par ailleurs frère du chef de l'Etat sud-africain, la Communauté de développement d'Afrique australe a quant à elle "perdu presque toute crédibilité". Les observateurs de l'organisation régionale de 14 pays a déclaré les élections générales du 29 mars "crédibles et pacifiques" avant que le moindre résultat ne soit publié. L'issue de la présidentielle n'était toujours pas connue six jours après le scrutin. Pour Ebrahim Fakir, du Centre d'études politiques de Johannesburg, la médiation entre le pouvoir et l'opposition au Zimbabwe, confiée en mars par la SADC à Mbeki, a permis de modifier la loi électorale afin que les résultats soit affichés sur les bureaux de vote.
"La médiation n'a pas toujours été aussi pathétique qu'on a pu l'entendre", a-t-il ajouté, estimant que ces affichages publics avaient contribué à empêcher le pouvoir de manipuler le vote. Les deux analystes attribuent le succès du MDC, qui a évincé la majorité de 28 ans de la Zanu-PF à la chambre des députés, à l'ampleur de la crise économique qui secoue le Zimbabwe, avec une inflation annuelle record à plus de 160.000%. Mugabe "ne s'est jamais préoccupé que de rapports entre races, poursuivant à jamais son combat contre l'ancienne puissance coloniale britannique et dépossédant l'homme blanc" tandis que son pays sombrait, a lancé Moeletsi Mbeki. Les médias sud-africains hésitaient quant à eux vendredi sur le rôle effectif joué par leur président dans l'issue du scrutin.
Dans un éditorial, le quotidien The Citizen estimait que la misère de millions de personnes aurait pu être évitée si Thabo Mbeki avait fait preuve de "davantage de courage." "Quelles qu'aient été les conséquences de la diplomatie discrète de Mbeki, positives ou non, elles doivent être mesurées à l'aune du mal qui aurait pu être évité grâce à une attitude plus ferme plus tôt." A l'inverse, l'analyste Tony Heard saluait dans le Business Day le succès diplomatique de Mbeki, estimant venue "l'heure d'ôter nos chapeaux devant la personne qui a favorisé de façon si discrète un dénouement si spectaculaire".
En tout état de cause, même avec Tsvangirai au pouvoir, le Zimbabwe devra travailler avec ses voisins, conclut Fakir. "Ils devront maintenir les relations régionales, que ça leur plaise ou non." |
|
| |
| Zimbabwe: deux journalistes étrangers arrêtés au grand dam de l'Occident |
 |
HARARE (AFP) — Le régime zimbabwéen, qui avait opéré une sélection draconienne des journalistes étrangers autorisés à couvrir les élections générales du 29 mars, a été au bout de sa logique en arrêtant deux reporters non accrédités, au grand dam de l'Occident. Le correspondant du quotidien américain New York Times, Barry Bearak, 58 ans, et un journaliste britannique de 45 ans ont été arrêtés jeudi à leur hôtel de Harare et inculpé pour violation de la très stricte loi sur les médias. Selon leurs avocats, le procureur général a estimé qu'il n'y avait pas lieu de les poursuivre et qu'ils devraient être libérés, mais ils restaient en détention vendredi soir.
"La police a très clairement fait comprendre que leur libération serait d'une décision politique", a ajouté Me Beatrice Mtetwa. Leur détention se déroule sur fond de tension croissante au Zimbabwe, où la commission électorale n'avait toujours pas annoncé le résultat de la présidentielle six jours après le scrutin |
|
"A la lumière de la situation politique, il est impératif que tous les journalistes, locaux et internationaux, puissent travailler librement", a réagi l'organisation de défense de la presse, The Committee to Protect Journalists (CPJ). "Dans ce climat d'extrême tension (...) cet incident grave ravive la crainte d'un coup de force", a renchéri Reporters sans Frontières (RSF), tandis que l'association de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch, craignait "une vague de répression sur l'opposition et la société civile".
Comme ces organisations, Washington et l'Union européenne ont appelé Harare à libérer les journalistes.
"Les journalistes et les organisations non-gouvernementales doivent pouvoir faire leur travail", a lancé la Maison Blanche, alors que l'UE manifestait "son inquiétude". Mais, pour le régime de Robert Mugabe, le tort revient aux journalistes. "Nous avons d'autres journalistes étrangers qui ont suivi la procédure et travaillent légalement, et là nous avons deux personnes qui se sont crues au dessus de la loi", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police nationale, Wayne Bvudzijena. Le gouvernement a refusé de délivrer des accréditations à la plupart des étrangers qui désiraient couvrir ce scrutin décisif pour le président Robert Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ex Rhodésie britannique en 1980.
Avant les élections, le gouvernement avait averti qu'il se montrerait sévère envers ceux qui opèreraient illégalement. Il avait accusé les reporters d'être des espions au service de l'Occident qui, dans la rhétorique du pouvoir, cherche à renverser Mugabe. Le ministre de l'Information Sikhanyiso Ndlovu avait affirmé que certains médias avaient installé des "dispositifs d'espionnage par internet dans notre pays". Et de lancer: "le gouvernement n'accueillera pas aimablement cette propagande impérialiste!" Au coeur de la répression: la très stricte Loi sur l'information et la protection de la vie privée, promulguée à la veille de la précédente élection présidentielle de 2002.
A l'époque, elle avait été invoquée pour fermer au moins quatre quotidiens indépendants, si bien qu'aujourd'hui il n'y a aucune télévision ni radio privée au Zimbabwe. Le seul quotidien national, le Herald, est contrôlé par l'Etat. Vendredi, Harare a reçu le soutien de l'Afrique du Sud -- souvent critiquée pour sa "diplomatie discrète" envers son voisin. Pretoria a accusé "certains médias internationaux" de mener "une campagne orchestrée" pour discréditer le régime du président Mugabe. Pour le ministre adjoint des Affaires étrangères Aziz Pahad, "le rôle de la communauté internationale, notamment des médias, est de soutenir les efforts déployés par les Zimbabwéens pour relever leurs défis et non d'être des instruments de complots et de déstabilisation." |
|
| |
Zimbabwe: l'opposition crie victoire, Harare met en garde contre un "coup d'Etat" |
30/03/2008 HARARE (AFP) - L'opposition au Zimbabwe a revendiqué la victoire dimanche aux élections générales avant l'annonce officielle des résultats, en dépit d'avertissements du pouvoir qui met en garde contre un "coup d'Etat". "A ce stade, cela ne fait aucun doute, il faudrait un miracle pour que nous ne remportions pas cette élection. Nous avons gagné cette élection", a déclaré dans la nuit le secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) Tendai Biti.
"Nous n'accepterons pas une élection volée", a-t-il affirmé devant la presse. Selon les premiers résultats assemblés par le MDC dans les deux plus grandes villes du pays, "nous avons remporté les 12 sièges de députés à Bulawayo et 28 sur 29 à Harare", a précisé M. Biti. La majorité de la population vit toutefois dans les zones rurales du Zimbabwe, traditionnellement favorables au président Robert Mugabe , héros de l'indépendance et initiateur de la réforme agraire. Tôt dimanche, des partisans de l'opposition étaient descendus dans les rues des banlieues populaires de la capitale, chantant et dansant. "Le soleil s'est couché et le Vieux s'en va", scandait ainsi un groupe d'une trentaine d'hommes et de femmes, en allusion au soleil levant symbole |
|
|
du dissident Simba Makoni et au président Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis plus d'un quart de siècle. La Commission électorale zimbabwéenne, chargée de veiller au bon déroulement du scrutin et du dépouillement, a exprimé dimanche son "inquiétude" face à la revendication de la victoire par l'opposition.
"Ces résultats ne sont pas les résultats officiels des élections", a déclaré son directeur exécutif, Lovemore Sekeramayi. "Les résultats officiels seront annoncés à la nation par la Commission." Le secrétaire d'Etat à l'Information, George Charamba, a lui aussi mis en garde le MDC dans le journal gouvernemental Sunday Mail. Le chef du MDC Morgan Tsvangirai "annonce des résultats, déclare le MDC et lui-même vainqueurs, et ensuite? Il se proclame président du Zimbabwe? Ca s'appelle un coup d'Etat", a-t-il lancé.
Pour le MDC toutefois, la manoeuvre vise à "protéger les résultats" du parti. "Nous ne faisons pas confiance à la Commission électorale, qui n'est pas indépendante", a affirmé M. Biti. 5,9 millions de Zimbabwéens étaient appelés aux urnes samedi. Le président Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980, se présentait pour un 6ème mandat à la tête d'un pays à l'économie dévastée, face à Morgan Tsvangirai et Simba Makoni, un ancien ministre des Finances. Il s'est défendu samedi de chercher à truquer le vote, qui a réuni pour la première fois les élections présidentielle, législatives, sénatoriales et municipales.
"Il n'est pas dans nos habitudes de frauder aux élections (...) Ma conscience ne me laisserait pas en paix si j'avais triché", a-t-il déclaré. Mais une équipe d'observateurs africains a exprimé dès samedi sa "profonde inquiétude" après la découverte de milliers d'électeurs fantômes dans un district du nord de Harare. L'opposition mise sur l'état de déliquescence de l'économie, qui rend la vie quotidienne insupportable: l'inflation dépasse l'entendement à plus de 100.000% par an, quatre adultes sur cinq sont au chômage et les produits de première nécessité ont disparu des magasins.
Le délabrement économique de l'ancien grenier à grain d'Afrique australe, selon les critiques à l'encontre du régime, remonte à la réforme agraire lancée dans la précipitation en 2000. Les terres ont été redistribuées à des proches du régime et à de petits paysans sans formation ni équipement. Pour M. Mugabe, la faute en incombe aux sanctions imposées par l'Occident depuis des élections estimées frauduleuses en 2002, qui visent les proches du pouvoir. Il a axé sa campagne sur le rejet de l'ancienne puissance coloniale britannique et de ses alliés. |
|
| L'opposition revendique la victoire au Zimbabwe |
 |
30/03/2008 Reuters - L'opposition du Zimbabwe a revendiqué la victoire face au président sortant Robert Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans, sur la base des premiers résultats de l'élection de samedi. "C'est un moment historique pour nous tous. Nous avons remporté cette élection, nous avons gagné cette élection", a déclaré Tendai Biti, secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principale formation d'opposition, devant des journalistes, des diplomates et des observateurs. Les habitants du Zimbabwe ont voté samedi à l'occasion des élections les plus cruciales du pays depuis son accession à l'indépendance. L'opposition a accusé Mugabe, qui est âgé de 84 ans, d'avoir truqué le scrutin pour se maintenir au pouvoir en dépit des énormes difficultés économiques dans lesquelles se débat le pays. Des observateurs africains ont également dit avoir découvert des registres électoraux où figuraient des milliers d'électeurs fantômes. Selon Biti, les premiers résultats collectés par les représentants du MDC dans les bureaux de vote créditent leur dirigeant Morgan Tsvangirai de 66% des suffrages dans la capitale Harare, un bastion de |
|
l'opposition Tsvangirai aurait également pris des voix à Mugabe dans les zones rurales où le président sortant est bien implanté. Il serait ainsi arrivé en tête dans la province de Masvingo, dans le sud du pays, et dans la Province de Mashonaland-Centre, au nord de la capitale, où le MDC n'a remporté aucun siège de député depuis 2000.
SILENCE DU CAMP MUGABE
Cette tendance favorable à l'opposition concernerait également la province de Mashonaland-Ouest, d'où Mugabe est originaire. Dans la deuxième plus grande ville, Bulawayo, un autre fief de l'opposition, Tsvangirai dispose d'une légère avance, selon Biti, sur l'ancien ministre des Finances, Simba Makoni, qui se présente également contre Mugabe. Makoni serait en revanche en tête dans la province de Matabeleland-Sud avec 45% des voix.
"Ce n'est qu'un échantillon de ce qui nous parvient de toutes les provinces. De notre point de vue, un (renversement) de tendance est impossible", a dit Biti, qui a précisé que l'opposition communiquerait un plus grand nombre de résultats à 08H00 GMT. L'entourage du président Mugabe, qui a démenti les accusations de fraude, n'a pour l'instant pas réagi aux déclarations de l'opposition. La Commission électorale a fait savoir qu'elle commencerait à rendre publics des résultats officiels dans la journée. Les résultats définitifs des élections présidentielle, législatives et municipales ne sont pas attendus avant plusieurs jours. Avec les contributions de Cris Chinaka, Stella Mapenzauswa, Nelson Banya et Muchena Zigomo, version française Gwénaelle Barzic |
|
|
| Le Zimbabwe paie les choix de Mugabe Avec une inflation de 1 800 %, la population, plongée dans la misère, survit grâce au marché noir. |
Avec une inflation de 1 800 %, la population, plongée dans la misère, survit grâce au marché noir. «J e suis furieux, peste un Européen, installé depuis trente ans au Zimbabwe. Mon fils a besoin d'un appareil dentaire, et vendredi l'orthodontiste voulait 30 millions de dollars zimbabwéens [2 500 dollars US au taux de change parallèle, ndlr]. Quand j'ai pu rassembler cette somme, mardi, la facture était passée à 50 millions !» L'hyperinflation près de 1 800 % par an, un record mondial est un fléau au pays de Robert Mugabe. Dans les magasins, les prix grimpent tous les jours. Après l'indépendance de 1980, le Zimbabwe a fait figure de pays modèle en Afrique, avec une économie agricole et minière prospère, des infrastructures développées et un bon niveau d'éducation. Mais, dans les années 90, les coupes imposées par le FMI dans les services publics ont entraîné un mécontentement social, qui s'est traduit, sur le terrain politique, par la création du parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), du syndicaliste Morgan Tsvangirai. Monnaie de singe. Le Zimbabwe a alors commencé sa descente aux enfers : craignant de perdre les élections de 2000, le président Mugabe a lancé une violente réforme agraire, qui a abouti au départ de la plupart des 4 500 fermiers blancs. Pilier de l'économie, la production agricole notamment celle du tabac, grand fournisseur de devises étrangères s'est effondrée. De nombreuses industries de transformation ont fermé leurs portes, entraînant un chômage massif, et le gouvernement a eu recours à la planche à billet, plongeant le pays dans la spirale de l'hyperinflation. Il existe désormais deux sortes de citoyens au Zimbabwe : ceux qui ont accès à des devises étrangères et qui les changent au cours parallèle, cent fois plus avantageux ; et les autres, qui dépendent du dollar zimbabwéen, devenu monnaie de singe. «Mon mari ne peut même plus payer le bus pour aller travailler, se plaint Gloria Mauta, 47 ans. Le ticket coûte 5 000 dollars, alors que comme maçon il ne gagnait que 100 000 dollars par mois [5 dollars US] ». La famille de Gloria survit en vendant des fruits dans la rue, à la sauvette. «Régulièrement, la police saisit la marchandise.» Depuis l'opération Murambatsuina («Vidons les ordures»), lancée en juin 2005 pour chasser quelque 800 000 pauvres hors de la ville, le commerce de rue est interdit. Dans son salon, le lecteur de DVD témoigne de la relative aisance passée de cette famille, dont les trois enfants partagent un seul lit. L'aînée, Numsa, 26 ans, marche deux heures par jour jusqu'à son travail. La seconde, Juliet, 17 ans, devait passer son bac cette année. «Mais on ne pouvait plus payer les frais de scolarité annuels de 300 000 dollars. Beaucoup de familles sont dans ce cas», constate sa mère. Chaque jour, pour le repas de midi, la famille mange de la farine de maïs, avec quelques légumes du potager. «On ne peut même plus acheter du pain, à 3 000 dollars. Regardez mon frigo : il est quasi vide ! Une fois par semaine, on mange de la viande hachée. Parfois, ma soeur me ramène du riz du Botswana.» Un quart des 12 millions de Zimbabwéens vivraient désormais à l'étranger, principalement en Afrique du Sud. Ce sont eux qui font vivre les familles restées au pays. Marché noir. Le commerce transfrontalier alimente aussi le marché noir : les voyageurs ramènent même du sucre d'Afrique du Sud, alors que le Zimbabwe en exporte. Mais le gouvernement a imposé des prix tellement bas pour certains produits de base qu'il est impossible d'en trouver dans les magasins. L'électricité, aussi importée d'Afrique du Sud, est subventionnée à grand frais, mais les coupures sont devenues quasi quotidiennes. Les profits du marché noir sont réinvestis dans la Bourse d'Harare, qui ne s'est jamais aussi bien portée. Les beaux quartiers, avec leur luxuriante végétation tropicale, font toujours belle figure. Mais dans les quartiers populaires, beaucoup de familles ne font plus qu'un repas par jour. |
|
| Kofi Annan président d'un prix de la bonne gouvernance en Afrique |
 |
LONDRES (AFP) - lundi 02 avril 2007 - 12h56 - L'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a été nommé dimanche président du jury du prix Mo Ibrahim, une récompense de cinq millions de dollars en dix versements qui sera décernée chaque année à un chef d'Etat africain ayant promu la bonne gouvernance. Ce comité de six personnalités comprendra également le médiateur de l'ONU pour le Kosovo Martti Ahtisaari, l'ancien haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme Mary Robinson, et le conseiller spécial du directeur général de l'UNESCO Aicha Bah Diallo. En feront aussi partie Ngozi Okonjo-Iweala, ancien ministre nigérian des Finances et des Affaires étrangères, et l'ancien Premier ministre tanzanien Salim Ahmed Salim, également ancien secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA). "La bonne gouvernance et le leadership sont cruciaux pour trouver des solutions aux vastes défis auxquels est confrontée l'Afrique", devait déclarer M. Annan au cours de l'annonce de la composition du comité à Genève. Il devait également formuler l'espoir que le prix "encouragera une nouvelle génération de jeunes dirigeants" à relever ces défis. Ce prix de cinq millions de dollars (3,97 millions d'euros) a été créé en octobre dernier par le multimillionnaire soudanais Mo Ibrahim. Il sera décerné pour la première fois cette année. Son montant est largement supérieur à celui du prix Nobel de la paix (1,3 million de dollars). Le prix, qui sera réparti en dix versements annuels de 500.000 dollars (397.000 euros), récompensera un chef d'Etat africain quittant le pouvoir et s'étant distingué dans ses fonctions par son action en matière d'éducation, de développement économique, de santé et de droits de l'homme, mais également de transparence de son administration. Le lauréat percevra de plus, à l'issue des dix ans, une pension annuelle de retraite de 200.000 dollars (159.000 euros) jusqu'à sa mort. Il bénéficiera enfin tous les ans d'un financement de 200.000 dollars pour soutenir un projet de développement de son choix dans son pays.La fondation Mo Ibrahim lance par ailleurs de l'Index Ibrahim pour la Gouvernance de l'Afrique, une échelle |
|
de notation des pays qui donnera aux Africains des repères sur la qualité et la probité du travail de leurs dirigeants. "Cinq millions de dollars pour récompenser les bons dirigeants, ce n'est rien quand il s'agit d'une question de vie ou de mort", avait déclaré en octobre M. Ibrahim. "Nous voulons célébrer celui qui sera parvenu à sortir son peuple de la pauvreté (car) cela mérite le plus grand prix du monde", avait-il dit. |
|
| Zimbabwe: un leader de l'opposition inculpé pour incitation à la violence affirme son avocat |
 |
Arthur Mutambara, leader d'une des composantes de l'opposition zimbabwéenne, va être inculpé pour incitation à la violence publique, après avoir été de nouveau interpellé samedi, a déclaré son avocat. Mutambara a été interpellé à l'aéroport international de Harare alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Afrique du Sud, selon un responsable de son parti. "Il (Mutambara) est en train d'être inculpé pour incitation à la violence publique", a déclaré à l'AFP son avocat, Me Harrison Nkomo. "Ce sont les mêmes charges pour lesquelles il a été inculpé la semaine dernière, et que la Haute cour a rejetées. Nous agissons maintenant pour qu'il puisse quitter les cellules de la police. Nous avons écrit une lettre en ce sens à la police et au bureau du procureur général", a-t-il ajouté. Mutambara faisait partie d'un groupe de 49 autres personnes, parmi lesquelles figurait le leader d'une autre fraction du Mouvement démocratique pour le changement (MDC), Morgan Tsvangirai, qui avaient subi |
|
des violences lors de leur détention après leur arrestation par la police avant un rassemblement de l'opposition, le 11 mars.
Mutambara, ancien leader étudiant, a été élu en février à la tête d'une fraction du MDC à la suite d'une scission dans le parti. L'autre fraction est dirigée par son leader historique, Morgan Tsvangirai, qui a quitté l'hôpital vendredi. Son avocat a ajouté qu'il allait déposer lundi en référé une demande de libération de son client devant la Haute cour de justice . La police, de son côté, a annoncé avoir identifié les principaux responsables de l'attaque au cocktail Molotov menée contre un commissariat à Harare la semaine dernière, selon des informations publiées dans la presse. Le porte-parole de la police, Wayne Bvudzijena, cité par le journal Sunday Mail (proche du pouvoir), a affirmé que l'identité des suspects responsables de cette attaque, attribuée à des militants d'opposition, avait été établie. Deux femmes policiers avaient été blessés lors de cette attaque. Par ailleurs, Nelson Chamisa, porte-parole du MDC, dirigé par Morgan Tsvangirai, a été "grièvement blessé à la tête" dimanche "par des agents de la sécurité" à l'aéroport d'Harare, a déclaré un responsable du MDC. Nelson Chamisa a été agressé par des hommes, soupçonnés d'être des agents de la sécurité d'Etat alors qu'il se rendait à l'aéroport d'où il devait s'envoler pour Bruxelles . Il devait y participer à une réunion des ACP ( Afrique , Caraïbes, Pacifique) et l'Union européenne, a déclaré à l'AFP le porte-parole de Tsvangirai, William Bango. Chamisa "a été violemment battu ce matin sur le chemin de l'aéroport par des agents de la sécurité (...) Il devait participer à une réunion ACP-UE à Bruxelles . Les agents de la sécurité ont pris son passeport, ordinateur et ses bagages. Il a été grièvement blessé à l'oeil", a ajouté le porte-parole. "C'est vraiment grave. Il a été grièvement blessé à la tête", a poursuivi M. Bango. Une partie de ses bagages a été pillée. Chamisa faisait partie d'un groupe de 49 autres personnes, parmi lesquelles figurait Morgan Tsvangirai, qui avaient subi des violences lors de leur détention après leur arrestation par la police avant un rassemblement de l'opposition, le 11 mars. Il est devenu le quatrième membre de l'opposition a avoir été empêché de quitter le pays durant les deux derniers jours. ( Source Yahoo) |
|
| |
|
|
|