September 8, 2008

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Actualité | International I Swaziland

Le roi du Swaziland promet d'améliorer le sort de ses sujets pour les 40 ans d'indépendance

08-09-2008    Source : AFP     Le roi du Swaziland Mswati III, dernier monarque absolu d'Afrique, a promis samedi des jours meilleurs à son pays, ravagé par la pauvreté et le sida, lors de célébrations pour son 40e anniversaire et les quarante ans de l'indépendance.

"Aujourd'hui, nous disons à ce monde en désarroi que nous sommes une nation heureuse en dépit des défis", a déclaré Mswati III, roi d'un pays qui souffre de la famine et d'une économie stagnante dans une région en pleine croissance.

"Nous célébrons la paix, l'unité et la stabilité de ces 40 dernières années", a-t-il affirmé. "Je suis certain que nous allons relancer l'économie et améliorer le niveau de vie dans les années à venir."

Ses treize épouses et la reine-mère avaient fait avant lui une entrée resplendissante dans le stade de Mbabane, explosant des jaunes, bleus, rouges noirs et blancs du drapeau swazi.

Debout dans une BMW de luxe au toit ouvrant, le monarque portant le traditionnel couvre-chef de plumes rouges, emblème de ses fonctions, avait suivi, accueilli par 15.000 invités au cri de "Bayethe" (Vive le roi), tandis que la limousine accomplissait un tour de triomphe.

Le président contesté du Zimbabwe, Robert Mugabe, lui même salué par une ovation de la foule, mais aussi nombre de chefs d'Etat d'Afrique et d'ailleurs, dont ceux du Rwanda, Tanzanie, Madagascar, Botswana, Ouganda, Malawi, Namibie et Taiwan, figuraient parmi les hôtes d'honneur.
Le coût de ces célébrations, évalué à plus de 100 millions d'emalangeni (8,7 millions d'euros, 12,8 millions de dollars) a réveillé la colère d'une nation dont les deux tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté et où la faim endémique est aggravée par des années de sécheresse. Rares sont ceux parmi les 1,14 million de Swazis qui considèrent l'indépendance de l'ancienne colonie britannique en 1968 comme une date digne de célébrations.

"Il n'y a rien à célébrer, l'indépendance est seulement un transfert du pouvoir d'un dirigeant colonial à une autocratie traditionnelle", soulignait cette semaine Mario Masuku, leader du Mouvement démocratique populaire (Pudemo, opposition).

"La résistance du roi à autoriser le changement démocratique et son style de vie extravagant ont ramené le pays des décennies en arrière", avait-il ajouté.

Le "Lion de la nation", classé parmi les 15 plus grosses fortunes des têtes couronnées dans le monde, selon le magazine Forbes, a importé pour l'occasion des dizaines de BMW et affrété un avion pour huit de ses 13 femmes, parties renouveler leurs garde-robes en Asie et au Moyen-Orient. Ce coûteux shopping a provoqué la colère de plus de 1.500 femmes, qui ont exceptionnellement manifesté dans les rues de Mbabane. L'argent aurait pu être utilisé pour acheter des médicaments anti-rétroviraux, soulignent-elles. 40% de la population du pays est séropositive ou malade du sida, soit le plus fort taux de prévalence du monde. D'autres manifestations ont précédé les festivités, à quelques semaines d'élections législatives prévues le 19 septembre, dont doit émerger un nouveau gouvernement. Les partis politiques sont interdits dans le petit royaume enclavé entre l'Afrique du Sud et le Mozambique, et chaque candidat se présente individuellement. Le roi, qui a succédé en 1982 à son père Sobhuza mort à l'âge de 83 ans, nomme le Premier ministre.

"Aujourd'hui est un jour triste", constatait un habitant de Mbabane sous couvert de l'anonymat. "Ils ne devraient pas impliquer toute la nation dans une telle gabegie des ressources de l'Etat".
TRAIN DE VIE DES EPOUSES DE ROI ET AUTRES… AU SWAZILAND, DES FEMMES HAUSSENT LE TON
Voilà déjà des lustres qu'à la suite des cours royales et des stars, les épouses de chefs d'Etat ont pris l'habitude de faire le bonheur de la presse glamour et des revues cancanières. Aux basques de leurs époux de président, elles ont réussi à s'imposer dans les cérémonies et autres protocoles d'Etat, provoquant à chaque réunion ou visite d'Etat, une nuée de journalistes pour les accompagner dans leurs multiples activités caritatives mais aussi de lèche-vitrines. Si pour les actrices, on ne trouve pas à redire, quoique spontanément elles s'impliquent de plus en plus dans les missions humanitaires pour ne pas créer la fracture avec leurs « fans », au niveau des cours royales, on commence à trouver intempestifs, déplacés, dispendieux, certains comportements. C'est notamment le cas en Grande-Bretagne. Mais c'est surtout la situation qui prévaut actuellement au Swaziland. Dans ce royaume de l'Afrique australe, nous avons la particularité de connaître une monarchie tout à fait singulière. Un roi qui a 13 femmes (il n'a pas peur du chiffre porte malheur pour certains !) et qui, coutume oblige, se fait un devoir de ne pas créer d'inégalités de traitement entre elles. Quand il faut acheter une voiture de luxe, chacune en bénéficie. Quand il faut leur faire cadeau d'une propriété, elles sont toutes logées à la même enseigne. Aucune ne peut aller à Londres, à New York ou à Johannesburg faire ses emplettes pendant que d'autres font tapisserie à la maison. On comprend que cette débauche d'argent finisse par jouer sur les nerfs
d'une population qui vit actuellement les affres de la pauvreté et de la maladie. C'est ainsi qu'on a vu des femmes se mobiliser pour exprimer leur ras-le-bol lorsqu'elles ont appris que déjà huit épouses du roi Mswati III, leurs enfants, personnel et gardes du corps ont affrété un avion pour aller en Europe et au Moyen-Orient acheter des vêtements en vue des célébrations des 40 ans de l'indépendance du pays et le 40e anniversaire du roi, prévues le 6 septembre. Elles sont sorties nombreuses (1.500) pour protester notamment par le biais d'une pétition. Voici quelques-unes de leurs récriminations : "Nous ne pouvons autoriser des dépenses aussi exorbitantes et luxueuses sur le dos des contribuables face à l'extrême pauvreté" et encore "Il est nécessaire que le pays change radicalement ses priorités en matière de dépenses et s'occupe des défis socio-économiques afin d'améliorer les performances du pays"

Pour les organisatrices de la marche, l'argent du voyage devrait être utilisé pour acheter des médicaments antirétroviraux dans ce pays d'Afrique australe où 40% de la population est séropositive ou malade du sida
.

Voilà qui devrait inspirer beaucoup de femmes africaines car le comportement de nombre d'épouses de chefs d'Etat n'est pas sans reproche. Si elles ne vampirisent pas le secteur économique, elles s'immiscent dans les relations commerciales, dans les marchés publics, dans des fondations, au point de perturber l'ordre économique et de creuser les inégalités dans le jeu économique. Il est grand temps que dans le prolongement des revendications pour la réduction du train de vie de l'Etat, on suive l'exemple des femmes du Swaziland pour mettre de l'ordre dans la vie et les comportements des épouses de nos chefs d'Etat !

 

Actualité  : Le nouveau jet privé du roi du Swaziland déclenche la fureur

MBABANE (Reuters) - L'achat d'un jet privé de 55 millions de dollars pour le roi Mswati III du Swaziland provoque une levée de boucliers dans ce petit royaume enclavé d'Afrique australe où un habitant sur quatre a besoin d'une aide alimentaire d'urgence pour survivre. Cette semaine, le Premier ministre swazi, Sibusiso Dlamini, a révélé devant le Parlement qu'un acompte de près de deux millions de dollars avait été prélevé sur des fonds destinés à des projets de développement pour l'acquisition du futur avion privé du souverain, un Global Express fabriqué par l'avionneur canadien Bombardier.

"Le coût de l'appareil est plus de deux fois supérieur aux fonds demandés d'urgence par l'Onu aux donateurs internationaux pour empêcher qu'un quart de la population swazie ne souffre de la faim cette année", s'est insurgé samedi devant Reuters un député, Nthuthuko Dlamini.

La facture globale d'achat du jet royal équivaut à environ un quart du budget national. Le souverain, dernier monarque absolu d'Afrique, règne sur environ un million de sujets. Son Premier ministre avait déclaré que les attentats du 11 septembre 2001 justifiaient l'acquisation d'un avion privé pour le roi, jusqu'ici obligé de voyager sur les avions de ligne avec tous les risques afférents. Certains élus du Swaziland, où les partis politiques sont toujours interdits et où le Parlement est une simple chambre d'enregistrement, accusent en outre le gouvernement d'avoir court-circuité l'assemblée pour débloquer les fonds destinés à cet achat
AUTRES NEWS
Desmond Tutu se réjouit de l'avènement de Barack Obama

AFRIQUE DU SUD - 26 mai 2008 - AFP - Des dizaines de milliers d'immigrés, effrayés par les violences xénophobes, continuaient lundi à fuir l'Afrique du Sud ou à se regrouper dans des camps de fortune, bien que le président Thabo Mbeki ait tenté de calmer les esprits, trop tard selon les critiques. Les violences à Johannesburg, épicentre des attaques qui ont fait au moins 50 morts et des centaines de blessés en deux semaines, semblaient s'atténuer, la police signalant seulement quelques incidents sporadiques.

"C'est très, très tranquille, à part quelques masures vides incendiées à Katlehong", un bidonville de la banlieue est de Johannesburg, a déclaré lundi matin à l'AFP Govindsamy Mariemuthoo, porte-parole de la province du Gauteng, où se trouve la capitale économique du pays.

"Nous faisons des patrouilles et surveillons la situation", a-t-il ajouté

Plus de 35.000 immigrés ont toutefois déjà déserté les townships pour se réfugier sur des terrains vagues près de commissariats ou dans des centres sociaux, dans des conditions sanitaires préoccupantes en ce début d'hiver austral, marqué par des températures nocturnes voisines de zéro. Des dizaines de milliers d'étrangers, dont plus de 26.000 Mozambicains, ont préféré rentrer dans leurs pays.
Le président Mbeki, très critiqué pour son absence du devant de la scène depuis le début des violences le 11 mai, s'est adressé pour la première fois à la Nation dimanche soir, condamnant les "actes honteux" qui ont "terni le nom du pays".

"Jamais depuis la naissance de notre démocratie nous n'avons vu une telle inhumanité", a-t-il continué, dénonçant des "meurtres commis de sang froid, des attaques brutales, des pillages".

Ces violences "contredisent tout ce que notre libération de l'apartheid représente", a-t-il dit dans ce message retransmis par les radios et télévisions du réseau public SABC.

"C'était un très bon discours, mais il intervient trop tard", a cependant estimé lundi un analyste de l'Institut sud-africain pour les relations entre les races, Sipho Seepe. "Le défi, ce n'est pas de condamner, mais de prendre des mesures immédiates quand il y a du grabuge dans le pays", a-t-il déclaré sur la radio publique SAFM. Dans la journée, plusieurs ministres s'étaient rendus dans certains des énormes bidonvilles de la métropole sud-africaine pour tenter d'apaiser les tensions.

Le chef du Congrès national africain (ANC, au pouvoir), Jacob Zuma, habituellement très populaire, a été hué à Springs, dans la banlieue est, par une foule en colère demandant que les étrangers quittent le pays et que le gouvernement améliore les conditions de vie dans les quartiers pauvres. Nombre de Sud-Africains reprochent aux étrangers de prendre des emplois et de contribuer à la criminalité dans la première puissance économique du continent, où le chômage et la misère touchent toutefois quelque 40% de la population.

"Ce n'est pas en vous battant que vous résoudrez vos problèmes, vous ne ferez au contraire que les exacerber", a déclaré Zuma, favori pour la présidence de la République en 2009.

"Dites (aux dirigeants africains) de dire à leurs peuples de ne pas venir nous embêter dans notre pays! Ils se nourrissent sur la bête!", a lancé un jeune homme, soulevant un hurlement collectif d'approbation.

Des dizaines de milliers d'étrangers fuient l'Afrique du Sud. Plus de 26.000 Mozambicains ont déjà regagné leur pays, selon le directeur de l'Institut national de gestion des catastrophes, Joao Ribeiro. Le gouvernement mozambicain a affrêté 19 autobus pour rapatrier ses ressortissants et ouvert trois centres de transit pour les accueillir. Le président Armando Guebuza s'est rendu lundi dans celui de Belualane, à environ 20 km de Maputo, où il a appelé une centaine de rapatriés, à se réinstaller dans le pays et à y chercher un nouvel emploi.

 
50 morts et 35.000 déplacés suite aux violences xénophobes
AFRIQUE DU SUD - 25 mai 2008 - AFP - Plus de 35.000 étrangers ont fui la flambée de violences xénophobes dans les townships d'Afrique du Sud, se réfugiant dans des camps de fortune, et des milliers d'autres ont quitté le pays, victimes de ce que la presse taxe de "nettoyage ethnique". Dans la région de Johannesburg, où se sont concentrées les attaques, "le bilan se monte maintenant à 50 morts" a indiqué Govindsamy Mariemuthoo, porte-parole de la police du Gauteng, la province qui entoure la capitale économique. "Nous avons encore trouvé des corps ici et là." Aucun bilan national n'était disponible dimanche. Mais c'est dans la province la plus riche du pays, celle aussi qui concentre d'énormes bidonvilles, que les violences ont été les plus marquées. Elles avaient commencé le 11 mai à Alexandra, dans Johannesburg, avant de s'étendre à d'autres townships de l'agglomération.

Depuis, sept des neuf provinces d'Afrique du Sud ont été gagnées à un degré moindre par la flambée xénophobe. Au Cap, haut lieu touristique à la pointe australe du continent, les immigrés ont fui en masse. "Nous estimons à quelque 10.000 personnes le nombre de déplacés dans la municipalité", a indiqué le porte-parole de la ville, Pieter Cronje. La Croix Rouge avait indiqué samedi fournir une assistance à plus de 25.000 déplacés, essentiellement à Johannesburg, mais aussi à Pretoria. Les camps de fortune, montés à la hâte, ne suffisent plus à contenir le flux d'Africains chassés des townships. Des milliers dorment à la belle étoile, dans le froid de l'hiver austral sur le haut plateau de Johannesburg, à quelque 1.700 mètres d'altitude. La nuit, les températures tombent près de zéro. Médecins sans Frontières (MSF) recensait samedi des centaines de cas d'infections respiratoires, mais aussi de diarrhées dans des conditions sanitaires déplorables.

La directrice des programmes de MSF en Afrique du Sud, Muriel Cornelius, a exhorté les autorités à organiser rapidement des structures d'accueil capables d'héberger le flot de déplacés dans des conditions décentes. D'autres immigrés ont fait le choix de rentrer chez eux. Certains pays d'Afrique australe, comme le Botswana ou le Mozambique, doivent faire face à l'arrivée soudaine de milliers de déplacés, qui ont souvent tout perdu dans l'incendie de leurs masures. A Maputo, les autorités d'immigration avaient répertorié dimanche 18.000 retours en une semaine. Le gouvernement a mis en place un service de bus pour ramener les gens dans leurs villages. Les malades et blessés sont hospitalisés. Un camp vient d'être ouvert, à deux heures de Maputo, pour absorber la masse de ceux qui n'ont nulle part où aller, ayant souvent passé plus de dix ans dans la puissance économique voisine. En Afrique du Sud, la presse dominicale appelait ouvertement à la démission du président Thabo Mbeki, qui n'a pas jugé utile de s'adresser à la Nation, encore moins de se rendre sur le terrain.

"Nettoyage ethnique à la sud-africaine", titrait le Sunday Independent, au dessus de la photo d'une jeune Mozambicaine enveloppée dans une couverture, assise sur un matelas dans un terrain vague, le regard perdu. "Les voisins se transforment en tueurs, ceux que l'on croyait amis deviennent des ennemis."

Le Sunday Times comparait quant à lui les deux semaines de meurtres, viols, lynchages, incendies et pillages à un "état d'urgence". "M. le président, c'est le moment de partir", lançait le journal dans un éditorial au vitriol.

"Depuis le début de cette crise, sans aucun doute la plus grave, la plus sombre et la plus répugnante qu'ait connue notre jeune nation, Mbeki a montré qu'il n'avait plus le coeur à diriger.

 

Johannesburg sombre dans la xénophobie

L'Express - mardi 20 mai 2008 - Près de 300 personnes au total ont été arrêtées à la suite des violences xénophobes qui ont éclaté la semaine dernière à Johannesburg, la capitale économique de l'Afrique du Sud, faisant 22 morts, a indiqué mardi la police.

"40 personnes ont été arrêtées dans plusieurs zones de l'East Rand" (banlieue est) dans la nuit de lundi à mardi après un nouvel accès de violence qui a fait trois blessés, portant le total des interpellations à 297 exactement, a déclaré le porte-parole de la police Govindsamy Mariemuthoo. La police avait indiqué lundi qu'au total 22 personnes avaient été tuées lors de ces attaques de Sud-Africains contre des étrangers cherchant un emploi et elle avait fait état de 257 arrestations. Des centaines d'immigrants, qui se sont enfuis de leur bidonville pour sauver leur vie alors que des habitants en colère les attaquaient, les attaquaient, ont à nouveau passé la nuit dans des commissariats, a ajouté Govindsamy Mariemuthoo.

Des milliers de personnes ont été déplacées à la suite de ces violences qui ont débuté dans l'ancien ghetto noir d'Alexandra le dimanche 11 mai avant de gagner d'autres quartiers pauvres de la ville et de ses environs. Les forces de police ont été renforcées pour faire face à ces accès de violence que le président Thabo Mbeki a qualifié lundi "d'attaques honteuses et criminelles". "Les citoyens d'autres pays d'Afrique et au-delà sont des humains comme nous et méritent d'être traités avec respect et dignité", a affirmé le président, assurant que la police mettrait fin à l'"anarchie".

Les Zimbabwéens cibles de la barbarie
De nombreux Sud-Africains font porter aux immigrants la responsabilité de la forte criminalité et du chômage que connaît le pays. Les Zimbabwéens ayant fui leur pays, en pleine crise économique et politique, vers l'Afrique du Sud sont estimés à 3 millions. Ils sont donc la principale cible des attaques xénophobes. Des bandes de Sud-Africains écument les anciens ghettos noirs et zones défavorisées de la capitale économique du pays. Munis de machettes et d'armes à feu, ils ont tué et blessé des étrangers, les forçant à fuir, en immolant même certains par le feu.

Cette déferlante de violence a débuté le 11 mai dans le bidonville d'Alexandra, où deux personnes ont été tuées, et s'est étendue à d'autres ce week-end. "Tout ça, c'est la faute des Zimbabwéens. Ils faut qu'ils s'en aillent", a lancé une Sud-Africaine déclarant s'appeler Noxolo. Des centaines de personnes se sont réfugiées dans les centres sociaux et les postes de police des zones touchées, principalement la partie mal famée du centre-ville et les bidonvilles de l'est.

Les responsables politiques appellent au calme
Le chef du parti du Congrès national africain (ANC, au pouvoir) Jacob Zuma ont condamné ces attaques. Le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) a pour sa part accusé lundi le gouvernement de "ne pas avoir pris convenablement en compte" la question de la xénophobie.

Le prix Nobel de la Paix Desmond Tutu a plaidé pour l'arrêt des violences. "Je vous en prie arrêtez tout de suite ces violences", a déclaré l'ancien archevêque anglican du Cap. "Ce n'est pas une façon d'agir. Ce sont nos frères et nos soeurs. S'il vous plaît, s'il vous plaît, arrêtez." Mgr Tutu a rappelé que pendant qu'ils luttaient contre le régime d'apartheid, des combattants sud-africains avaient été accueillis dans les pays voisins: "Nous ne pouvons les remercier en tuant leurs enfants. Nous ne pouvons déshonorer notre lutte par ces actes de violence".

 
Robert Mugabe, président sortant du Zimbabwe : J`ai perdu mais je refuse de partir !
Ainsi pourrait-on résumer l'attitude de monsieur Robert Mugabé, l'un des nouveaux amis de Soundjata 1er de Côte-d'Ivoire, qui a décidé de ne pas reconnaître sa défaite cuisante aux dernières élections générales du Zimbabwé. Il apparaît dès lors clairement que le héros de l'indépendance de l'ancienne Rhodésie du Sud qui a connu la prison et l'exil et qui luttait pour une société de justice, faite de démocratie et de respect des droits de l'homme, a purement et simplement résolu de tourner le dos à cette justice, à cette démocratie et à l'équité. Et pourtant, lorsque l'opposition l'accusait de vouloir trafiquer les élections à travers un bourrage systématique des urnes, il a juré la main sur le cœur que sa conscience de croyant ne lui permettait pas de se livrer à pareilles manœuvres et qu'il gagnerait proprement l'ensemble des élections.Après la publication des résultats des législatives où la ZANU

son parti, a perdu face au MDC, la foi a tout de suite quitté monsieur Mugabé qui s'opposait aussitôt à ce qu'on publiât les résultats de la présidentielle dont tout le monde devine aisément qu'ils allaient annoncer sa cuisante et humiliante défaite, lui qui espérait pouvoir surfer indéfiniment sur sa réputation de combattant de la liberté et de héros de l'indépendance. C'est pourquoi, alors que la constitution du Zimbabwé et le code électoral imposent un délai de six (06) jours après l'élection présidentielle pour la proclamation des résultats, la Commission Electorale Indépendante (???) du Zimbabwé est restée étrangement (?) muette plus d'un mois après ladite élection alors qu'habituellement les résultats étaient proclamés deux jours à peine après l'élection. Il est plus que certain et évident que l'octogénaire du Zimbabwé n'avait aucune chance de l'emporter sur monsieur Morgan Tsvangirai après la défaite de la Zanu PF aux législatives. Monsieur Mugabé se savait battu et son rêve de mourir au pouvoir pour être célébré par le peuple Zimbabwéen et la Communauté Internationale comme ce démiurge, ce demi-dieu de la lutte pour l'indépendance s'écroule comme un château de cartes…à moins qu'il ne réagisse comme il faut ainsi que savent le faire tous les bons dictateurs. Et c'est ce qu'il a fait !
Déjà avant les élections monsieur Mugabé déclarait qu'il n'était pas question pour lui de quitter le pouvoir. Il pouvait faire pareille déclaration sans aucun risque de se tromper puisque quelques jours avant qu'il ne s'exprime ainsi, la hiérarchie militaire zimbabwéenne avait clairement laissé entendre qu'elle ne voulait pas d'un changement de régime, même démocratique et pacifique.
Assuré du soutien inconditionnel et sans faille de sa garde prétorienne se disant armée nationale du Zimbabwé, monsieur Mugabé, dès qu'il a su qu'il a été battu, a fait obstacle à la publication des résultats de l'élection présidentielle. Ne voilà-t-il pas que concernant les législatives, le pouvoir zimbabwéen a ordonné à la Commission Electorale de procéder à un nouveau décompte des voix dans 23 circonscriptions électorales où l'opposition l'avait largement emporté.
Naturellement, on va se rendre compte fort opportunément que le premier décompte a été mauvais et que la ZUNU PF de monsieur Mugabé a été volé dans ces circonscriptions et qu'ainsi la ZUNU PF a été privé d'une grande victoire. Quelle honte pour ce héros qui se livre à des manœuvres aussi sordides pour se maintenir au pouvoir contre la volonté du peuple zimbabwéen.
"Triomphant" ainsi aux législatives, monsieur Mugabé ne peut que l'emporter à la présidentielle même s'il demande hypocritement un second tour pour couvrir d'un vernis juridique son coup d'Etat constitutionnel. Les Zimbabwéens découvrent ainsi que leur vieux leader n'a pas suffisamment de grandeur d'âme pour accepter une défaite. Ils se souvienne alors des méchancetés et des misères qu'il a faites à monsieur Joshua N'KOMO, un autre héros de l'indépendance avec qui il n'a jamais voulu partager le pouvoir et qu'il a poussé à mourir de chagrin. Cela n'est pas sans nous rappelé l'histoire de ce grand explorateur qui, se trouvant dans le Pacifique avec son équipage et ne voyant aucune terre à l'horizon, avait promis une forte récompense à quiconque serait le premier à apercevoir une terre.
C'est ainsi qu'un jour un des membres d'équipage s'écria : "terre en vue."
Il se trouve hélas que notre grand explorateur déclara aussitôt qu'il avait lui-même vu cette terre en premier avant le cri de l'homme d'équipage et que par conséquent la récompense lui revenait.
Et il en fut ainsi. Monsieur Robert Mugabé a déclaré urbi et orbi qu'il combattait l'injustice et la tyrannie que les Blancs de la Rhodésie du Sud imposaient à la majorité noire.
Il fallait instaurer dans ce qui allait devenir le Zimbabwé la justice et la démocratie.
Malheureusement pour les Zimbabwéens, cette justice et cette démocratie ne pouvaient exister qu'avec monsieur Mugabé au pouvoir. C'est de cette façon qu'il a écarté monsieur Joshua N'KOMO et qu'il fait bastonner régulièrement ses opposants qu'il n'hésite d'ailleurs pas à jeter en prison. Il a alors instauré un régime de terreur qui lui a permis, à travers des élections tronquées et truquées de demeurer 28 ans au pouvoir pour faire descendre son pays dans les abîmes de l'enfer. Comme quoi "l'immense et cruelle démocratie qui pèse sur la Côte-d'Ivoire n'est pas orpheline". Comment, avec un système aussi bien huilé, monsieur Mugabé pouvait-il envisager une quelconque défaite aux élections ?
Il fallait être fou pour envisager pareille hypothèse.
Monsieur Mugabé avait tout simplement oublié que s'il vivait dans une bulle dans son palais de marbre, le peuple zimbabwéen broie du noir et croule sous la misère depuis qu'il est au pouvoir. Non seulement la corruption et le népotisme gangrènent la société mais encore et surtout le Zimbabwé est économiquement un mort en sursis :
- 80% de la population vivant dans le pays sont au chômage
- 50% des zimbabwéens ont fui leur pays en quête d'une vie meilleure à l'étranger. C'est d'ailleurs cette diaspora qui permet au pays de survivre.
- hier grenier de l'Afrique australe et centrale, l'ancienne Rhodésie du Sud dépend aujourd'hui du programme alimentaire mondial
- l'inflation au Zimbabwé est de 100 000%
Face à cette situation catastrophique qui ne provient aucunement de la conjoncture économique mondiale mais des seules mauvaises décisions de monsieur Mugabé dont les oukases fantaisistes ont plongé le pays dans l'abîme, comment les Zimbabwéens, en quête d'un mieux être et d'un mieux vivre ne changeraient-ils pas d'équipe dirigeante même si monsieur Mugabé a été le grand héros de l'indépendance du pays ?
La guerre et la situation catastrophique de notre pays ne sont-elles pas les conséquences du même genre de décision ?
C'est la même situation qu'a connue le Kenya où monsieur KIBAKI a été très heureux de battre le parti au pouvoir, la KANU son ancien parti, pour accéder au pouvoir. Il se trouve que dans son esprit, la démocratie a atteint son achèvement après son accession au pouvoir. Dès lors, les élections ne devaient être qu'une formalité visant à le reconduire indéfiniment au pouvoir. Car s'il n'a pas été un héros de l'indépendance du Kenya, monsieur KIBAKI estime que le peuple Kenyan lui doit de la reconnaissance parce qu'il a permis l'alternance, même si cette alternance a été dramatique pour le pays. Similitude avec la Côte-d'Ivoire où celui-là qui, pour avoir fait son service militaire à Séguéla et à Bouaké, tient à se faire passer pour un héros et considère par conséquent qu'il est le candidat et l'élu naturels du peuple de Côte-d'Ivoire !
Monsieur KIBAKI, battu à la régulière à l'élection présidentielle refuse de rendre le tablier. Conséquences :
- plus de 1500 morts
- plus de 250 000 déplacés
- guerre politico ethnique
- désorganisation de l'économie, etc…
Ainsi, la seule ambition de monsieur KIBAKI et son refus de reconnaître le verdict des urnes ont été une catastrophe pour le Kenya au plan économique et social et au plan humain. Et ce n'est pas le gouvernement d'union nationale qui vient d'être constitué qui pourra panser et guérir ces plaies béantes du Kenya. A vrai dire, monsieur Mugabé comme monsieur KIBAKI et bien d'autres qui les prennent pour modèles oublient qu'un peuple n'a aucune obligation de reconnaissance envers un quelconque des siens. Le peuple considère que quoi qu'ait fait un de ses enfants, ce dernier n'a fait que son devoir et qu'il n'a rien à exiger en retour. En Côte-d'Ivoire, celui à qui le père de la Nation, sous le sceau du secret aurait murmuré à l'oreille "hélas tu me ressembles" pense lui aussi qu'il a droit a de la reconnaissance parce qu'il aurait permis l'alternance (?) dans notre pays.
Il oublie naturellement le rôle trouble qu'il a joué dans certains évènements survenus dans notre pays. Il oublie surtout que depuis 08 ans qu'il est au pouvoir, la Côte-d'Ivoire est balafrée, défigurée, en lambeaux frôlant déjà la mort clinique. Il estime que pour "ses hauts faits (?) et sa grande (?) bravoure (?) il ne peut qu'être élu si des élections ont lieu un jour en Côte-d'Ivoire d'où les menaces qu'il profère à l'encontre des autres candidats." Tout le monde a compris son jeu parce que tout le monde sait qu'il est tenaillé par la peur. La peur d'avoir à, croiser le fer avec ce candidat qu'il a honteusement fui en octobre 1995 en ordonnant à ces partisans le boycott actif criminel et assassin qui a si tristement endeuillé la Côte-d'Ivoire. Monsieur Gbagbo sait qu'il n'a jamais fait le poids devant le Président BEDIE et qu'il ne fera jamais le poids devant lui. D'où cette continuelle fuite en avant depuis trois ans, préférant jouir d'un non mandat juteux que de perdre piteusement le pouvoir face à cet adversaire coriace et redoutable. Le plus à plaindre dans cette crise du Zimbabwé c'est monsieur Thabo M'béki le président sud africain qui s'est fait une spécialité de défendre les régimes anti démocratiques, dictatoriaux et sanguinaires d'Afrique. Ainsi, alors que tout le monde voit une crise au Zimbabwé, monsieur Mbéki trouve que "tout baigne" et qu'il n'y a pas de crise, se contentant de soutenir son ami Mugabé. Nous nous demandons alors pourquoi monsieur Thabo M'béki n'a pas contesté sa défaite lors des élections internes de l'ANC qui ont vu la victoire de monsieur ZUMA. Nous avons l'impression que monsieur Thabo M'béki se délecte des malheurs, des déchirures et des guerres qui détruisent les autres pays. Est-ce pour que l'Afrique du Sud rachètent ces pays au franc symbolique ?
"J'ai été battu mais je reste en fonction parce que le peuple me doit cela et parce que je suis le seul à pouvoir faire le bonheur (?) de ce peuple même malgré lui". Nous aimerions que monsieur Mugabé, monsieur Kibaki et ceux qui se croient déjà élus pour oser menacer d'autres candidats avant même que les élections aient lieu retiennent qu'un peuple et une nation n'ont de reconnaissance envers l'un de leurs enfants que celle qu'ils veulent bien avoir envers cet enfant parce que la nation et le peuple ne sont astreints à aucune reconnaissance envers un fils qui n'a en définitive fait que son devoir. C'est ce que souligne si éloquemment le penseur lorsqu'il écrit que "l'ingratitude envers les grands hommes est la marque des peuples forts."
Il est tout de même à se demander si nous avons affaire, à la tête de nos pays, à de grands hommes quand on voit ces héros ou pseudo héros se livrer à tant de petitesses, à tant de bassesses pour se cramponner indûment et de façon indécente et criminelle au pouvoir. La comédie de monsieur Mugabé proclamant un deuxième tour de la présidentielle à une date indéterminée est une illustration édifiante des rois bouffons qui prétendent gouverner nos pays ! Il est à souhaiter, en ce qui concerne la Côte-d'Ivoire que la CEI jouera pleinement son rôle et aura suffisamment de cran pour proclamer les résultats dans les délais légaux. Car, le Solitaire de Colombey les Deux-Eglises, grand, généreux, altier et digne, n'est pas près de faire des émules en Afrique !

DOUBE BINTY  

La victoire du MDC aux législatives se confirme

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters - 04/26/08 -

La commission électorale a confirmé les résultats des élections législatives dans la majorité des 23 circonscriptions qui faisaient l'objet d'un recomptage. Il est maintenant peu probable que la révision des résultats dans les circonscriptions restantes permette au Zanu-PF du président Robert Mugabe de retrouver sa majorité au parlement. Le nouveau décompte avait été exigé par son parti dans la foulée des législatives du 29 mars dernier, alléguant des irrégularités. Son adversaire, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) s'était dissocié de l'opération, accusant la commission d'être à la botte du régime et de chercher à inverser les résultats.

Les résultats des législatives, dévoilés au compte-gouttes par la commission entre le 29 mars et le 2 avril, accordaient 109 sièges au MDC contre 97 au ZANU-PF, qui détenait la majorité depuis l'indépendance de l'ex-Rhodésie du Sud britannique en 1980. Le MDC estime savoir, selon ses propres sources, que les résultats pour l'ensemble des circonscriptions faisant l'objet d'un recomptage étaient identiques à ceux annoncés au début du mois.

Un pouvoir répressif sous pression

Les Zimbawéen sont par ailleurs toujours en attente des résultats du premier tour des présidentielles qui se sont déroulées au même moment. Le chef du MDC, Morgan Tsvangirai, a revendiqué jusqu'ici en vain la victoire. Le retard dans la proclamation des résultats a placé le régime de Mugabe sous la pression croissante de la communauté internationale. Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra mardi, à la demande de la Grande-Bretagne, sa première session consacrée à la crise. Aucune déclaration ou résolution ne devrait cependant en résulter. Pendant ce temps, le gouvernement poursuit ce que l'opposition qualifie de mesure d'intimidation. Selon le MDC, 15 de ses partisans ont été tués depuis les élections.

Il accuse le régime d'être parti en « guerre » contre ses opposants dans le but de se maintenir au pouvoir à tout prix et évoque des centaines de blessés, de maisons brûlées et de militants arrêtés. Une association de médecins zimbabwéens a fait état d'au moins 323 patients, battus et torturés ce mois-ci, la plupart par « des forces en uniforme », militaires ou policiers. Vendredi, un raid musclé de la police antiémeute contre le siège du MDC dans la capitale Harare a conduit à l'arrestation de 215 personnes.

Les autorités ont également perquisitionné vendredi les bureaux d'observateurs électoraux. Craignant pour sa sécurité, Morgan Tsvangirai a quitté le pays. Il fait la tournée des États de l'Afrique australe afin de convaincre leurs dirigeants de faire pression sur le président sortant pour qu'il quitte le pouvoir. Le Zimbabwe, autrefois considéré comme le grenier de l'Afrique, est aujourd'hui ruiné. Le taux d'inflation y atteint 165 000 %, le taux de chômage est évalué à 80 % de la population en âge de travailler et des pénuries de denrées alimentaires de base, d'essence et de médicaments sévissent depuis plusieurs mois

 
 
Un changement de régime au Zimbabwe plongerait la région dans l'embarras

JOHANNESBURG (AFP) — L'éventualité d'un changement de régime au Zimbabwe plonge dans l'embarras les pays d'Afrique australe qui ont toujours soigneusement évité de critiquer en public le président Robert Mugabe.

Si le chef d'Etat de 84 ans, qui règne sur le Zimbabwe depuis l'indépendance en 1980, était finalement poussé à abandonner le pouvoir, la région devra assumer ses années de silence face aux violations des droits de l'Homme. D'un autre côté, la fraternité des anciens combattants de l'indépendance qui gouvernent toujours les pays d'Afrique australe devrait pousser un soupir de soulagement à l'idée de ne plus avoir à faire avec un voisin dérangeant. La relation entre un Morgan Tsvangirai, l'actuel chef de l'opposition au Zimbabwe, devenu chef de l'Etat zimbabwéen et le président sud-africain Thabo Mbeki serait "au mieux polie", estime l'analyste Moeletsi Mbeki

"Il est évident que le gouvernement (de Pretoria) a au fil du temps trouvé toutes sortes d'excuses pour Mugabe. Un gouvernement dirigé par le MDC (le Mouvement pour le changement démocratique de Tsvangirai) ne peut guère s'attendre à ce que celui de Thabo Mbeki se montre amical envers le MDC." Selon le chercheur en sciences politiques, par ailleurs frère du chef de l'Etat sud-africain, la Communauté de développement d'Afrique australe a quant à elle "perdu presque toute crédibilité". Les observateurs de l'organisation régionale de 14 pays a déclaré les élections générales du 29 mars "crédibles et pacifiques" avant que le moindre résultat ne soit publié. L'issue de la présidentielle n'était toujours pas connue six jours après le scrutin. Pour Ebrahim Fakir, du Centre d'études politiques de Johannesburg, la médiation entre le pouvoir et l'opposition au Zimbabwe, confiée en mars par la SADC à Mbeki, a permis de modifier la loi électorale afin que les résultats soit affichés sur les bureaux de vote.

"La médiation n'a pas toujours été aussi pathétique qu'on a pu l'entendre", a-t-il ajouté, estimant que ces affichages publics avaient contribué à empêcher le pouvoir de manipuler le vote. Les deux analystes attribuent le succès du MDC, qui a évincé la majorité de 28 ans de la Zanu-PF à la chambre des députés, à l'ampleur de la crise économique qui secoue le Zimbabwe, avec une inflation annuelle record à plus de 160.000%. Mugabe "ne s'est jamais préoccupé que de rapports entre races, poursuivant à jamais son combat contre l'ancienne puissance coloniale britannique et dépossédant l'homme blanc" tandis que son pays sombrait, a lancé Moeletsi Mbeki. Les médias sud-africains hésitaient quant à eux vendredi sur le rôle effectif joué par leur président dans l'issue du scrutin.

Dans un éditorial, le quotidien The Citizen estimait que la misère de millions de personnes aurait pu être évitée si Thabo Mbeki avait fait preuve de "davantage de courage." "Quelles qu'aient été les conséquences de la diplomatie discrète de Mbeki, positives ou non, elles doivent être mesurées à l'aune du mal qui aurait pu être évité grâce à une attitude plus ferme plus tôt." A l'inverse, l'analyste Tony Heard saluait dans le Business Day le succès diplomatique de Mbeki, estimant venue "l'heure d'ôter nos chapeaux devant la personne qui a favorisé de façon si discrète un dénouement si spectaculaire".

En tout état de cause, même avec Tsvangirai au pouvoir, le Zimbabwe devra travailler avec ses voisins, conclut Fakir. "Ils devront maintenir les relations régionales, que ça leur plaise ou non."

 
Zimbabwe: deux journalistes étrangers arrêtés au grand dam de l'Occident

HARARE (AFP) — Le régime zimbabwéen, qui avait opéré une sélection draconienne des journalistes étrangers autorisés à couvrir les élections générales du 29 mars, a été au bout de sa logique en arrêtant deux reporters non accrédités, au grand dam de l'Occident. Le correspondant du quotidien américain New York Times, Barry Bearak, 58 ans, et un journaliste britannique de 45 ans ont été arrêtés jeudi à leur hôtel de Harare et inculpé pour violation de la très stricte loi sur les médias. Selon leurs avocats, le procureur général a estimé qu'il n'y avait pas lieu de les poursuivre et qu'ils devraient être libérés, mais ils restaient en détention vendredi soir.

"La police a très clairement fait comprendre que leur libération serait d'une décision politique", a ajouté Me Beatrice Mtetwa. Leur détention se déroule sur fond de tension croissante au Zimbabwe, où la commission électorale n'avait toujours pas annoncé le résultat de la présidentielle six jours après le scrutin

"A la lumière de la situation politique, il est impératif que tous les journalistes, locaux et internationaux, puissent travailler librement", a réagi l'organisation de défense de la presse, The Committee to Protect Journalists (CPJ). "Dans ce climat d'extrême tension (...) cet incident grave ravive la crainte d'un coup de force", a renchéri Reporters sans Frontières (RSF), tandis que l'association de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch, craignait "une vague de répression sur l'opposition et la société civile".

Comme ces organisations, Washington et l'Union européenne ont appelé Harare à libérer les journalistes.

"Les journalistes et les organisations non-gouvernementales doivent pouvoir faire leur travail", a lancé la Maison Blanche, alors que l'UE manifestait "son inquiétude". Mais, pour le régime de Robert Mugabe, le tort revient aux journalistes. "Nous avons d'autres journalistes étrangers qui ont suivi la procédure et travaillent légalement, et là nous avons deux personnes qui se sont crues au dessus de la loi", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police nationale, Wayne Bvudzijena. Le gouvernement a refusé de délivrer des accréditations à la plupart des étrangers qui désiraient couvrir ce scrutin décisif pour le président Robert Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ex Rhodésie britannique en 1980.

Avant les élections, le gouvernement avait averti qu'il se montrerait sévère envers ceux qui opèreraient illégalement. Il avait accusé les reporters d'être des espions au service de l'Occident qui, dans la rhétorique du pouvoir, cherche à renverser Mugabe. Le ministre de l'Information Sikhanyiso Ndlovu avait affirmé que certains médias avaient installé des "dispositifs d'espionnage par internet dans notre pays". Et de lancer: "le gouvernement n'accueillera pas aimablement cette propagande impérialiste!" Au coeur de la répression: la très stricte Loi sur l'information et la protection de la vie privée, promulguée à la veille de la précédente élection présidentielle de 2002.

A l'époque, elle avait été invoquée pour fermer au moins quatre quotidiens indépendants, si bien qu'aujourd'hui il n'y a aucune télévision ni radio privée au Zimbabwe. Le seul quotidien national, le Herald, est contrôlé par l'Etat. Vendredi, Harare a reçu le soutien de l'Afrique du Sud -- souvent critiquée pour sa "diplomatie discrète" envers son voisin. Pretoria a accusé "certains médias internationaux" de mener "une campagne orchestrée" pour discréditer le régime du président Mugabe. Pour le ministre adjoint des Affaires étrangères Aziz Pahad, "le rôle de la communauté internationale, notamment des médias, est de soutenir les efforts déployés par les Zimbabwéens pour relever leurs défis et non d'être des instruments de complots et de déstabilisation."

 

Zimbabwe: l'opposition crie victoire, Harare met en garde contre un "coup d'Etat"

30/03/2008 HARARE (AFP) - L'opposition au Zimbabwe a revendiqué la victoire dimanche aux élections générales avant l'annonce officielle des résultats, en dépit d'avertissements du pouvoir qui met en garde contre un "coup d'Etat". "A ce stade, cela ne fait aucun doute, il faudrait un miracle pour que nous ne remportions pas cette élection. Nous avons gagné cette élection", a déclaré dans la nuit le secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) Tendai Biti.

"Nous n'accepterons pas une élection volée", a-t-il affirmé devant la presse. Selon les premiers résultats assemblés par le MDC dans les deux plus grandes villes du pays, "nous avons remporté les 12 sièges de députés à Bulawayo et 28 sur 29 à Harare", a précisé M. Biti. La majorité de la population vit toutefois dans les zones rurales du Zimbabwe, traditionnellement favorables au président Robert Mugabe , héros de l'indépendance et initiateur de la réforme agraire. Tôt dimanche, des partisans de l'opposition étaient descendus dans les rues des banlieues populaires de la capitale, chantant et dansant. "Le soleil s'est couché et le Vieux s'en va", scandait ainsi un groupe d'une trentaine d'hommes et de femmes, en allusion au soleil levant symbole

du dissident Simba Makoni et au président Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis plus d'un quart de siècle. La Commission électorale zimbabwéenne, chargée de veiller au bon déroulement du scrutin et du dépouillement, a exprimé dimanche son "inquiétude" face à la revendication de la victoire par l'opposition.

"Ces résultats ne sont pas les résultats officiels des élections", a déclaré son directeur exécutif, Lovemore Sekeramayi. "Les résultats officiels seront annoncés à la nation par la Commission." Le secrétaire d'Etat à l'Information, George Charamba, a lui aussi mis en garde le MDC dans le journal gouvernemental Sunday Mail. Le chef du MDC Morgan Tsvangirai "annonce des résultats, déclare le MDC et lui-même vainqueurs, et ensuite? Il se proclame président du Zimbabwe? Ca s'appelle un coup d'Etat", a-t-il lancé. Pour le MDC toutefois, la manoeuvre vise à "protéger les résultats" du parti. "Nous ne faisons pas confiance à la Commission électorale, qui n'est pas indépendante", a affirmé M. Biti. 5,9 millions de Zimbabwéens étaient appelés aux urnes samedi. Le président Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980, se présentait pour un 6ème mandat à la tête d'un pays à l'économie dévastée, face à Morgan Tsvangirai et Simba Makoni, un ancien ministre des Finances. Il s'est défendu samedi de chercher à truquer le vote, qui a réuni pour la première fois les élections présidentielle, législatives, sénatoriales et municipales.

"Il n'est pas dans nos habitudes de frauder aux élections (...) Ma conscience ne me laisserait pas en paix si j'avais triché", a-t-il déclaré. Mais une équipe d'observateurs africains a exprimé dès samedi sa "profonde inquiétude" après la découverte de milliers d'électeurs fantômes dans un district du nord de Harare. L'opposition mise sur l'état de déliquescence de l'économie, qui rend la vie quotidienne insupportable: l'inflation dépasse l'entendement à plus de 100.000% par an, quatre adultes sur cinq sont au chômage et les produits de première nécessité ont disparu des magasins. Le délabrement économique de l'ancien grenier à grain d'Afrique australe, selon les critiques à l'encontre du régime, remonte à la réforme agraire lancée dans la précipitation en 2000. Les terres ont été redistribuées à des proches du régime et à de petits paysans sans formation ni équipement. Pour M. Mugabe, la faute en incombe aux sanctions imposées par l'Occident depuis des élections estimées frauduleuses en 2002, qui visent les proches du pouvoir. Il a axé sa campagne sur le rejet de l'ancienne puissance coloniale britannique et de ses alliés.

L'opposition revendique la victoire au Zimbabwe
30/03/2008 Reuters - L'opposition du Zimbabwe a revendiqué la victoire face au président sortant Robert Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans, sur la base des premiers résultats de l'élection de samedi. "C'est un moment historique pour nous tous. Nous avons remporté cette élection, nous avons gagné cette élection", a déclaré Tendai Biti, secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principale formation d'opposition, devant des journalistes, des diplomates et des observateurs. Les habitants du Zimbabwe ont voté samedi à l'occasion des élections les plus cruciales du pays depuis son accession à l'indépendance. L'opposition a accusé Mugabe, qui est âgé de 84 ans, d'avoir truqué le scrutin pour se maintenir au pouvoir en dépit des énormes difficultés économiques dans lesquelles se débat le pays. Des observateurs africains ont également dit avoir découvert des registres électoraux où figuraient des milliers d'électeurs fantômes. Selon Biti, les premiers résultats collectés par les représentants du MDC dans les bureaux de vote créditent leur dirigeant Morgan Tsvangirai de 66% des suffrages dans la capitale Harare, un bastion de

l'opposition Tsvangirai aurait également pris des voix à Mugabe dans les zones rurales où le président sortant est bien implanté. Il serait ainsi arrivé en tête dans la province de Masvingo, dans le sud du pays, et dans la Province de Mashonaland-Centre, au nord de la capitale, où le MDC n'a remporté aucun siège de député depuis 2000.

SILENCE DU CAMP MUGABE

Cette tendance favorable à l'opposition concernerait également la province de Mashonaland-Ouest, d'où Mugabe est originaire. Dans la deuxième plus grande ville, Bulawayo, un autre fief de l'opposition, Tsvangirai dispose d'une légère avance, selon Biti, sur l'ancien ministre des Finances, Simba Makoni, qui se présente également contre Mugabe. Makoni serait en revanche en tête dans la province de Matabeleland-Sud avec 45% des voix.

"Ce n'est qu'un échantillon de ce qui nous parvient de toutes les provinces. De notre point de vue, un (renversement) de tendance est impossible", a dit Biti, qui a précisé que l'opposition communiquerait un plus grand nombre de résultats à 08H00 GMT. L'entourage du président Mugabe, qui a démenti les accusations de fraude, n'a pour l'instant pas réagi aux déclarations de l'opposition. La Commission électorale a fait savoir qu'elle commencerait à rendre publics des résultats officiels dans la journée. Les résultats définitifs des élections présidentielle, législatives et municipales ne sont pas attendus avant plusieurs jours. Avec les contributions de Cris Chinaka, Stella Mapenzauswa, Nelson Banya et Muchena Zigomo, version française Gwénaelle Barzic

 

Le Zimbabwe paie les choix de Mugabe Avec une inflation de 1 800 %, la population, plongée dans la misère, survit grâce au marché noir.
Avec une inflation de 1 800 %, la population, plongée dans la misère, survit grâce au marché noir. «J e suis furieux,  peste un Européen, installé depuis trente ans au Zimbabwe. Mon fils a besoin d'un appareil dentaire, et vendredi l'orthodontiste voulait 30 millions de dollars zimbabwéens  [2 500 dollars US au taux de change parallèle, ndlr]. Quand j'ai pu rassembler cette somme, mardi, la facture était passée à 50 millions !»  L'hyperinflation ­ près de 1 800 % par an, un record mondial ­ est un fléau au pays de Robert Mugabe. Dans les magasins, les prix grimpent tous les jours. Après l'indépendance de 1980, le Zimbabwe a fait figure de pays modèle en Afrique, avec une économie agricole et minière prospère, des infrastructures développées et un bon niveau d'éducation. Mais, dans les années 90, les coupes imposées par le FMI dans les services publics ont entraîné un mécontentement social, qui s'est traduit, sur le terrain politique, par la création du parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), du syndicaliste Morgan Tsvangirai. Monnaie de singe.  Le Zimbabwe a alors commencé sa descente aux enfers : craignant de perdre les élections de 2000, le président Mugabe a lancé une violente réforme agraire, qui a abouti au départ de la plupart des 4 500 fermiers blancs. Pilier de l'économie, la production agricole ­ notamment celle du tabac, grand fournisseur de devises étrangères ­ s'est effondrée. De nombreuses industries de transformation ont fermé leurs portes, entraînant un chômage massif, et le gouvernement a eu recours à la planche à billet, plongeant le pays dans la spirale de l'hyperinflation. Il existe désormais deux sortes de citoyens au Zimbabwe : ceux qui ont accès à des devises étrangères et qui les changent au cours parallèle, cent fois plus avantageux ; et les autres, qui dépendent du dollar zimbabwéen, devenu monnaie de singe. «Mon mari ne peut même plus payer le bus pour aller travailler,  se plaint Gloria Mauta, 47 ans. Le ticket coûte 5 000 dollars, alors que comme maçon il ne gagnait que 100 000 dollars par mois  [5 dollars US] ».  La famille de Gloria survit en vendant des fruits dans la rue, à la sauvette. «Régulièrement, la police saisit la marchandise.»  Depuis l'opération Murambatsuina  («Vidons les ordures»), lancée en juin 2005 pour chasser quelque 800 000 pauvres hors de la ville, le commerce de rue est interdit. Dans son salon, le lecteur de DVD témoigne de la relative aisance passée de cette famille, dont les trois enfants partagent un seul lit. L'aînée, Numsa, 26 ans, marche deux heures par jour jusqu'à son travail. La seconde, Juliet, 17 ans, devait passer son bac cette année. «Mais on ne pouvait plus payer les frais de scolarité annuels de 300 000 dollars. Beaucoup de familles sont dans ce cas»,  constate sa mère. Chaque jour, pour le repas de midi, la famille mange de la farine de maïs, avec quelques légumes du potager. «On ne peut même plus acheter du pain, à 3 000 dollars. Regardez mon frigo : il est quasi vide ! Une fois par semaine, on mange de la viande hachée. Parfois, ma soeur me ramène du riz du Botswana.»  Un quart des 12 millions de Zimbabwéens vivraient désormais à l'étranger, principalement en Afrique du Sud. Ce sont eux qui font vivre les familles restées au pays. Marché noir.  Le commerce transfrontalier alimente aussi le marché noir : les voyageurs ramènent même du sucre d'Afrique du Sud, alors que le Zimbabwe en exporte. Mais le gouvernement a imposé des prix tellement bas pour certains produits de base qu'il est impossible d'en trouver dans les magasins. L'électricité, aussi importée d'Afrique du Sud, est subventionnée à grand frais, mais les coupures sont devenues quasi quotidiennes. Les profits du marché noir sont réinvestis dans la Bourse d'Harare, qui ne s'est jamais aussi bien portée. Les beaux quartiers, avec leur luxuriante végétation tropicale, font toujours belle figure. Mais dans les quartiers populaires, beaucoup de familles ne font plus qu'un repas par jour.
Kofi Annan président d'un prix de la bonne gouvernance en Afrique
LONDRES (AFP) - lundi 02 avril 2007 - 12h56 - L'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a été nommé dimanche président du jury du prix Mo Ibrahim, une récompense de cinq millions de dollars en dix versements qui sera décernée chaque année à un chef d'Etat africain ayant promu la bonne gouvernance. Ce comité de six personnalités comprendra également le médiateur de l'ONU pour le Kosovo Martti Ahtisaari, l'ancien haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme Mary Robinson, et le conseiller spécial du directeur général de l'UNESCO Aicha Bah Diallo. En feront aussi partie Ngozi Okonjo-Iweala, ancien ministre nigérian des Finances et des Affaires étrangères, et l'ancien Premier ministre tanzanien Salim Ahmed Salim, également ancien secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA). "La bonne gouvernance et le leadership sont cruciaux pour trouver des solutions aux vastes défis auxquels est confrontée l'Afrique", devait déclarer M. Annan au cours de l'annonce de la composition du comité à Genève. Il devait également formuler l'espoir que le prix "encouragera une nouvelle génération de jeunes dirigeants" à relever ces défis. Ce prix de cinq millions de dollars (3,97 millions d'euros) a été créé en octobre dernier par le multimillionnaire soudanais Mo Ibrahim. Il sera décerné pour la première fois cette année. Son montant est largement supérieur à celui du prix Nobel de la paix (1,3 million de dollars). Le prix, qui sera réparti en dix versements annuels de 500.000 dollars (397.000 euros), récompensera un chef d'Etat africain quittant le pouvoir et s'étant distingué dans ses fonctions par son action en matière d'éducation, de développement économique, de santé et de droits de l'homme, mais également de transparence de son administration. Le lauréat percevra de plus, à l'issue des dix ans, une pension annuelle de retraite de 200.000 dollars (159.000 euros) jusqu'à sa mort. Il bénéficiera enfin tous les ans d'un financement de 200.000 dollars pour soutenir un projet de développement de son choix dans son pays.La fondation Mo Ibrahim lance par ailleurs de l'Index Ibrahim pour la Gouvernance de l'Afrique, une échelle
de notation des pays qui donnera aux Africains des repères sur la qualité et la probité du travail de leurs dirigeants. "Cinq millions de dollars pour récompenser les bons dirigeants, ce n'est rien quand il s'agit d'une question de vie ou de mort", avait déclaré en octobre M. Ibrahim. "Nous voulons célébrer celui qui sera parvenu à sortir son peuple de la pauvreté (car) cela mérite le plus grand prix du monde", avait-il dit.