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| Actualité | International I GUINEE |
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Un capitaine nommé chef des putschistes en Guinée |
| NOUVELOBS.COM | 24.12.2008 | |
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Le capitaine Moussa Dadis Camara a été désigné chef des mutins après la tentative de coup d'Etat à la suite de la mort du président Lansana Conté.
Le capitaine Moussa Dadis Camara, qui parle à la radio au nom des putschistes depuis la tentative de coup d'Etat mardi matin en Guinée, après la mort du président Lansana Conté, a été nommé mercredi 24 décembre chef des putschistes, selon un communiqué lu à la radio publique. Il a été "nommé président du Conseil national pour le développement et la démocratie (CNDD, junte)", précise le communiqué. Le capitaine Camara était chef de la section carburant à l'intendance des armées. Mardi, les putschistes n'avaient pas réussi à se mettre d'accord sur un chef en raison de désaccords internes. Plusieurs centaines de militaires putschistes ont paradé dans les rues de Conakry, la capitale guinéenne, a constaté une journaliste de l'AFP.
Couvre-feu
Ils se sont arrêtés au camp Kundara, qui abrite la garde présidentielle, et se dirigeaient vers les locaux de la Radio-Télévision publique. Des soldats criaient : "Vive le nouveau chef" en langue soussou. Deux hélicoptères de l'armée survolaient la ville au moment où le cortège des putschistes entraient dans le centre de la capitale, où se trouve notamment le palais présidentiel. Sur l'autoroute Fidel Castro, un des principaux axes de la
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capitale, ils paradaient à bord de plusieurs dizaines de véhicules de l'armée ou de la police, exhibant des fusils mitrailleurs. Un grand nombre de ces militaires arboraient le béret rouge du bataillon autonome des troupes aéroportées (Bata, paracommando), basé au camp Alfa Yaya. Plusieurs d'entre eux levaient les bras en signe de victoire. Des habitants sortaient sur le pas de leur porte pour les regarder, certains les acclamaient mais dans l'ensemble la population ne montrait pas de sympathie particulière.
Les militaires putschistes ont instauré un couvre-feu dans tout le pays de 20H00 à 06H00 (locales et GMT).
"Le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte) informe la population qu'un couvre-feu est instauré sur toute l'étendue du territoire de 20H00 à 06H00 à partir d'aujourd'hui, mercredi 24 décembre", indique un communiqué lu à la radio.
Les mutins avaient peu avant promis la tenue d'"élections élections libres, crédibles et transparentes en décembre 2010".
Possible intervention de "mercenaires"
Les militaires ont par ailleurs indiqué que "certains officiers généraux" loyalistes "envisagent l'intervention de mercenaires venus de pays voisins qui sont déjà à l'intérieur" du pays. "Certains officiers généraux continuent à reconnaître la légitimité sans référence constitutionnelle du mandat de l'Assemblée nationale. Un tel comportement dénote un manque de respect à l'égard du peuple de Guinée que nous défendons et protégeons inconditionnellement", indique un communiqué.
"Ils envisagent l'intervention de mercenaires venus des pays voisins qui sont déjà à l'intérieur du territoire. Les conséquences d'une telle action seront à l'actif de ces généraux. Un tel comportement n'est pas digne d'un citoyen responsable et conséquent qui aime sa patrie", conclut le texte.
"Violation flagrante de la Constitution guinéenne"
Les militaires ont pris le contrôle des mines de minéraux en Guinée et ont reconnu un coup d'Etat.
"Cette prise du pouvoir constitue une violation flagrante de la Constitution guinéenne, qui, dans le cas d'espèce, prévoit que l'intérim est assuré par le Président de l'Assemblée nationale", a réagi mardi dans un communiqué Jean Ping, le président de la Commission de l'Union africaine, depuis Addis Abéba. L'Union africaine prévoit une réunion rapide du Conseil de paix et de sécurité pour examiner la situation.
La crise guinéenne laisse craindre une flambée de violences dans un pays qui compte 10 millions d'habitants, alors que ses voisins, la Sierra Leone, la Côte d'Ivoire et le Libéria sont sortis dévastés par plusieurs années de guerre civile.
"Une minorité"
Le chef de l'état-major des armées, le général Diarra Camara, a expliqué que les motifs des dirigeants qui ont pris le pouvoir n'étaient pas clairs. "Je pense qu'ils sont une minorité. Ils ne sont pas suivis par le reste de l'armée pour le moment. Je ne connais pas leurs véritables objectifs", a-t-il déclaré à France 24, la chaîne de télévision française d'information internationale.
Nul successeur à Lansana Conté ne sera légitime sans élections, a expliqué Richard Moncrieff, directeur du projet Afrique de l'Ouest à l'ONG International Crisis Group.
Un groupe, se faisant appelé le Conseil national pour la Démocratie, avait annoncé mardi un putsch à la radio et à la tv, quelques heures seulement après la nouvelle du décès du dictateur, après 24 ans de pouvoir sans partage dans ce petit pays d'Afrique de l'Ouest.
Plus gros producteur mondial de bauxite
La Guinée est un pays riche en minerais, fer, or et diamants. Plus gros producteur mondial de bauxite, une matière première qui entre dans la composition de l'aluminium, la Guinée fournit la moitié de la production mondiale, mais reste l'un des pays les plus pauvres d'Afrique.
En jeu également, selon certains experts, les ressources fluviales de la Guinée, elles pourraient produire assez d'électricité pour fournir toute la région de l'Ouest africain.
Lansana Conté comptait parmi lesdits "hommes forts d'Afrique" (les "Africa's Big Men") encore en place, arrivés au pouvoir par les armes et ayant résisté à la vague de démocratisation du continent. Encore dans le groupe, le président du Gabon Omar Bongo, qui a pris le pouvoir en 1967 et le président du Zimbabwe Robert Mugabe, en place depuis l'indépendance de son pays en 1980.
Ban appelle à une "transition démocratique"
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé mardi à une transition pacifique et démocratique en Guinée.
"Le secrétaire général insiste sur le besoin d'une transition du pouvoir pacifique et démocratique, en accord avec la Constitution," de ce pays, a indiqué dans un communiqué la porte-parole adjointe de l'ONU Marie Okabe. "Il a appelé au calme et exhorté les forces armées et toutes les parties prenantes au respect du processus démocratique". (Avec AFP) |
| le Premier ministre Lansana Kouyaté limogé par le président Conté |
05/20/05 - CONAKRY (AFP) — Le Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté, nommé en février 2007 pour faire taire une vague de contestation contre le président Lansana Conté, a été limogé mardi par décret présidentiel, a annoncé la télévision nationale.
"Le président de la république décrète: Ahmed Tidiane Souaré a été nommé Premier ministre chef du gouvernement en remplacement de Lansana Kouyaté", indique le décret du chef de l'Etat lu sur l'antenne de la télévision nationale mardi soir.
M. Kouyaté, 58 ans, avait été nommé sur proposition des syndicats et sous la pression de la communauté internationale au terme d'une série de grèves générales accompagnées d'une vague de contestation contre le régime du président Conté du 22 janvier au 26 février 2007. Pour la première fois depuis l'indépendance (1958), l'ex-Premier ministre occupait la fonction de chef du gouvernement auparavant dévolue au chef de l'Etat. Le remplacement unilatéral de M. Kouyaté pourrait être interprété par les syndicats comme une rupture des accords de février 2007. En janvier dernier, les syndicats avaient menacé de lancer un mot d'ordre de grève après le limogeage sans explication d'un ministre proche de M. Kouyaté, geste perçu comme une entrave aux accords de février 2007. Ils avaient finalement décidé de suspendre leur mouvement le temps de consulter les acteurs politiques, sociaux et religieux du pays. Selon certains observateurs, le limogeage de M. Kouyaté, un diplomate sans véritable expérience en politique, est à attribuer à l'incapacité de son gouvernement à résoudre les graves difficultés économiques et sociales auxquels la Guinée est actuellement confrontée. Son entourage affirme en revanche que son action était entravée par le clan du chef de l'Etat, accusé de profiter de sa prérogative sur la signature des décrets gouvernementaux pour ralentir l'action de M. Kouyaté. Son remplaçant, Ahmed Tidiane Souaré, 57 ans, est un technocrate proche du clan Conté, réputé pour sa discrétion et son sérieux dans le paysage politique guinéen. |
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Ingénieur géologue de formation, il a été ministre des Mines entre 2004 et 2006, et ministre de l'Education nationale entre 2006 et 2007. La répression des manifestations populaires de janvier-février 2007 avait fait 186 morts et près de 1.200 blessés et avaient provoqué l'instauration d'un état de siège donnant les pleins pouvoirs à l'armée pendant plusieurs jours. |
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| Lansana Kouyaté est arrivé à Conakry |
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En Guinée, c'est l'ancien dirigeant de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest, Lansana Kouyaté, qui a été nommé premier ministre par le président Lansana Conté. Son nom était l'un des quatre soumis au chef de l'Etat par les syndicats et la societé civile, conformément à l'accord conclu sous l'égide de la CEDEAO. Agé de 56 ans, le nouveau Premier ministre sera doté de pouvoirs élargis : il assumera la fonction de chef du gouvernement, un rôle rempli par le chef de l'Etat depuis l'indépendance en 1958. Lansana Kouyaté, actuellement représentant de l'Organisation de la Francophonie en Côte d'Ivoire, est arrivé aujourd'hui à Conakry. Il avait été secrétaire exécutif de la CEDEAO de 1997 à 2001 et a fait l'essentiel de sa carrière dans la diplomatie. Il a notamment occupé un poste de sous-secrétaire général de l'ONU entre 1994 et 1997. Lansana Kouyaté aura la lourde tâche de relever un pays de 9,4 millions d'habitants, qui est au plus mal économiquement et qui doit sortir d'une grève générale illimitée qui paralysait l'activité depuis plusieurs semaines. Sa nomination a été bien accueillie en Guinée : syndicats et partis politiques se sont déclarés satisfaits et la grève générale a officiellement pris fin aujourd'hui. Le correspondant de la BBC à Conakry indique que la situation est redevenue normale dans les rues de la capitale guinéenne. |
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| Les syndicats guinéens volent la vedette aux partis politiques |
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CONAKRY (AFP) - lundi 26 février 2007 - 11h56 - Les syndicats de Guinée ont réussi à supplanter une opposition réputée partisane et divisée sur le terrain de la revendication politique en orchestrant depuis janvier la contestation qui vient de faire plier le régime. A l'origine de trois grèves générales très bien suivies en moins d'un an, les syndicats ont mené une lutte sociale d'un mois et demi qui a pris des allures de révolte politique, avec des manifestations durement réprimées qui ont fait au moins 113 morts. Sous la pression de la rue et d'une médiation de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao), le président Lansana Conté, au pouvoir depuis 23 ans, a fini par accepter dimanche de remplacer son Premier ministre contesté et de lui choisir un successeur parmi des candidats proposés par la société civile et les syndicats.
D'abord silencieux, les partis d'opposition se sont progressivement ralliés au mouvement syndical tout en demeurant dans l'ombre. Une attitude qui les a d'emblée exclus des négociations avec les autorités |
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"Les partis d'opposition sont restés discrets pour trois raisons principales", selon Gilles Yabi, spécialiste de la Guinée à l'organisation International Crisis Group (ICG). "Ils ne voulaient pas se mettre en avant pour éviter que la contestation soit interprétée comme étant téléguidée par l'opposition", elle-même divisée, souvent sur des lignes de partage ethniques, affirme-t-il.
En second lieu, poursuit M. Yabi, leur attitude s'explique aussi par "la nature du régime, qui sait identifier les menaces et emprisonner au besoin les opposants politiques, dont la plupart ont déjà connu les geôles guinéennes". Enfin, la crise politique est due à l'origine à une contestation purement sociale, souligne l'expert d'ICG, qui note que "le besoin de changement économique implique en Guinée un changement à la tête d'un pouvoir régulièrement accusé de mauvaise gestion". Dix jours après le début de la grève générale, le 10 janvier, les syndicats avaient assorti leurs exigences sociales de revendications politiques et demandé que le président Conté, affaibli par la maladie, cède une partie de ses pouvoirs à un chef de gouvernement de consensus. "La mal gouvernance se répercute au niveau social, c'est pourquoi nous avons eu des revendications politiques", plaide Ousmane Souaré, porte-parole de l'Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), l'une des deux centrales à l'origine du mouvement. "C'est pour éviter l'amalgame que nous avons refusé d'être associés aux politiques", poursuit-il. Pour Mamadou Bâ, porte-parole d'un front regroupant la plupart des opposants au régime, "il y a un paradoxe car les syndicats ont des revendications politiques sans véritable expérience en la matière, contrairement à nous". Mais "le principal problème, c'est qu'il y a des divisions entre nous", explique-t-il. Si les formations d'opposition ont soigneusement évité les projecteurs, plusieurs observateurs et acteurs confirment qu'elles ont été parmi les plus promptes à mobiliser leurs partisans. Selon Ben Sékou Sylla, président du Conseil national des organisations de la société civile de Guinée, "les partis, plus légitimes mais moins crédibles que les syndicats, n'ont pas été absents car ils ont activement soutenu l'action des syndicats". Cependant, cette discrétion pourrait, selon lui, faire de ces partis des "perdants, en cas de recomposition politique dans les un ou deux ans".
En attendant, les "héros" syndicaux Ibrahima Fofana et Rabiatou Sérah Diallo occupent le haut de l'affiche, collectionnent les apparitions à la télévision d'Etat et suscitent les vivats de la population à leur passage, alors que leurs confédérations comptent à peine quelques dizaines de milliers d'adhérents. |
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| Le président Lansana Conté déclare l'état de siège et compte sur le soutien de l'armée |
| LE MONDE | 13.02.07 |
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On avait pris l'habitude de décrire le régime guinéen du vieux général-président Lansana Conté comme "une fin de règne sans fin" . Mais les violences de ces derniers jours et la proclamation, lundi 12 février, de l'état de siège marquent peut-être le début de la fin. Au moins 18 manifestants sont morts lundi dans la capitale, Conakry, et plusieurs villes de province. Le bilan est provisoire, et ces affrontements avec les forces de l'ordre semblent beaucoup plus graves que ceux du mois dernier, qui avaient fait 59 morts, la plupart lors d'une marche, le 22 janvier. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) estime le nombre de victimes de lundi à des centaines de blessés et des dizaines de morts dans le pays. "Cette fois, la foule est armée, elle répond aux tirs des militaires et détruit les bâtiments publics, prisons, préfectures ou commissariats" , témoigne la responsable d'une agence humanitaire jointe par téléphone. |
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La seule revendication des manifestants, désormais, est la démission du président, 72 ans, affaibli par la leucémie et le diabète, absent la plupart du temps. Ces violences font suite à la nomination, le 9 février, par le président Conté d'un de ses proches, Eugène Camara, au poste de premier ministre. Ce poste, dont la création a été âprement négociée à la fin janvier, attendait depuis deux semaines d'être pourvu. Ce ne sont pas les candidats qui manquaient. Des noms ont circulé, comme ceux de Sydia Touré, premier ministre de 1996 à 1999, particulièrement apprécié par la communauté internationale, de François Lonseny Fall, premier ministre durant deux mois en 1994 avant de prendre la fuite et d'être nommé représentant spécial pour la Somalie du secrétaire général de l'ONU, ou encore de Lansana Kouyaté, représentant de la Francophonie à Abidjan.
"EVITER UNE GUERRE CIVILE"
Nul ne sait ce qui s'est passé, ces deux dernières semaines, dans l'entourage du président pour aboutir à la pire décision, celle qui a mis le feu aux poudres. Les premiers signes de déliquescence du régime sont apparus, lundi à la mi-journée, lorsque des soldats du camp militaire d'Alpha Yaya, non loin de l'aéroport, se sont révoltés contre leur hiérarchie. Elle venait de leur annoncer que le président avait appelé en renfort des anciens guérilleros libériens du LURD (Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie). Les mutins ont alors défoncé les portes de l'arsenal pour se servir en armes et en munitions, avant de sortir et de fraterniser avec la foule. Dans la soirée, le président décrétait, au cours d'une brève apparition télévisée, l'état de siège, qui impose un couvre-feu de 20 heures sur 24, l'interdiction de tout défilé ou manifestation ainsi que des réunions publiques ou privées "propres à provoquer ou entretenir le désordre". Il a prié le chef d'état-major, le général Kerfalla Camara, de "prendre toutes les dispositions pour protéger la population et éviter une guerre civile" . L'armée est la dernière institution organisée dans ce pays à la dérive, même si elle n'est pas exempte de tensions. Depuis une dizaine d'années, les Soussous, membres de l'ethnie minoritaire du président, y sont privilégiés, au détriment des Malinkés et des Peuls. Le président, arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat militaire en 1984, sait que l'armée représente son ultime chance de survie. Il multiplie donc les appels à l'unité de la troupe - et les promesses de nouveaux privilèges. Cela ne suffira pas, estime le commentateur Lansiné Kaba. "Les Guinéens ont vaincu leur peur, ils sont désormais prêts à mourir pour le changement, pour vivre enfin décemment dans un des pays au sous-sol le plus riche d'Afrique."
Serge Michel |
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| L'état de siège (ou état de singe?) |
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Un permis de tuer Voici ce que vient de donner Lansana Conté à sa clique, un permis de tuer dans le silence. Un décret de plus et un décret de trop, un décret nul et non avenu tout comme celui nommant le PM - sur mesure - Eugène Camara. Un permis de tuer à sa clique pour contrecarrer la volonté et la lutte de tout un peuple d'en finir avec Conté et son régime inique et conspué. Encore une fois une aberration anticonstitutionnelle, une autre insulte à l'intelligence des Guinéens, et finalement une manoeuvre d'intimidation contre le peuple de Guinée. Quel mépris plus vil de la Guinée que d'imposer le siège à son peuple déjà éprouvé alors qu'aucune insurrection armée, ni guerre n'ont été déclenchées sur le territoire national. Un rejet populaire d'un régime incompétent, corrompu et médiéval. Il faut se garder contre le premier réflexe que certains entretiendront c‘est.-à-dire le respect de la loi. C'est un décret venant de Lansana Conté, l'usurpateur en chef qui n'incarne plus la loi et la légitimité |
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| en Guinée depuis sa haute trahison le 22 janvier 2007 du serment de respecter scrupuleusement la constitution (quand bien même tronquée par lui) en tirant sur les manifestants de la liberté. Nous nous devons tous de communiquer par téléphone et par tous les moyens de communication disponibles et imaginables y compris la tabala rituelle ou le tambour de guerre, le Sosso Balla pour transmettre les messages, consignes et mots d'ordre indispensables à la mobilisation populaire pour remporter ce combat final. Le temps n'est ni à l'écoeurement, ni à l'amertume, ni au fatalisme, et encore moins à la capitulation. Plus que jamais, nous devons nous dresser comme un seul homme pour reprendre le flambeau des combattants de la liberté qui sont tombés durant ces trois glorieuses des 22 janvier, 10 et 11 février 2007 et bouter hors du pouvoir l'usurpateur Lansana Conté.
Maintenant que Lansana Conté a jeté son dernier dé, il n'a plus rien dans son arsenal félon et fourbe. Après l'état de siége, il y a quoi? Rien d'autre que sa dernière cartouche, qu'il n'osera pas dans sa couardise se tirer dans la tempe. Il ne lui restait d'ailleurs rien dans son sac que ce dernier tour d'un fallacieux état de siège qui n'est ni plus ni moins qu'un nouveau putsch militaire, un auto-putsch qui vient parachever tous les autres putschs constitutionnels que Conté et sa clique ont fomenté contre le Peuple de septembre. Cette dernière provocation n'est rien d'autre qu'un écran de fumée pour retarder la conclusion du glorieux combat mené par les jeunes, les femmes et tout le peuple de Guinée pour débarrasser le pays de la tyrannie exercée par Lansana Conté, sa clique, sa milice et ses mercenaires. On ne peut empêcher cette marche victorieuse qui comme un tsunami balayera tout sur son passage, le « décrèteur » et ses décrets, le gouvernement par décret et ses ministres fantoches, la composante malsaine et apatride de l'armée, etc.
C'est maintenant que chacun de vous doit prendre ses responsabilités en dépit de votre responsabilité collective avérée dans le crime contre le Peuple de Guinée. Il n'est pas trop tard de faire machine arrière pour certains afin de sauver au moins de la colère populaire une partie des biens mal acquis et du bout d'honneur qui leur reste. L'entêtement et le suivisme derrière un « Général » qui vous traite de « capos » risquent de vous perdre à jamais. Encore une fois répondez à l'appel de la démission collective pour marquer votre réprobation des crimes perpétrés par Lansana Conté et sa clique. Lansana Conté tente la désinformation car il pense ainsi intimider la population. J'admets ne pas connaître l'infrastructure téléphonique de la Guinée, mais connaissant celle d'un pays un peu plus en avancé dans ce domaine et les difficultés qu'il y a pour organiser efficacement la traçabilité et l'écoute d'un appel, notamment d'un appel sans fil (notez bien qu'il faut que non seulement l'infrastructure réseau mais aussi que l'appareil téléphonique puissent supporter ce service et le surcoût correspondants. Il est fort improbable que la Guinée soit dotée de la technologie adéquate pour écouter les conversations téléphoniques de manière efficace et généralisée.
Que peut-on faire contre la téléphonie satellitaire, la téléphonie IP sans oublier les nouveaux médias Internet ? Quant à couper les téléphones, c'est loin d'être efficace, car du coup Lansana Conte isolera sa propre clique, qui utilise le téléphone pour planifier et perpétrer ses forfaits. Une solution s'impose et cela doit arriver assez rapidement : le départ de Lansana Conté comme le demande tout le Peuple. Maintenant, l'armée est obligée de jouer un rôle, passif ou actif. Le rôle passif (ne pas tirer sur le peuple) suffirait car la population marchera jusqu'à chasser du pouvoir Lansana Conté et sa clique. Mais un rôle actif est ce que préconise la majorité après la nouvelle insulte au peuple de Guinée par Lansana Conté en proclamant honteusement un état de singe, une parodie de l'état de siège.
Pour ma part, je préfère le rôle passif, car la population a prouvé qu'elle marchera jusqu'à la chute de Lansana Conté. Lorsque avant le 22 Janvier 2007, le gouvernement et les institutions ont eu le choix entre le Peuple de Guinée et Lansana Conté, ils ont choisi Lansana Conté et pris position contre le Peuple de Guinée. Maintenant l'armée a le même choix : Lansana Conté ou le Peuple de Guinée. Mais que les membres des forces armées retiennent que le peuple est prêt à mourir pour ses droits et le Tribunal Pénal International (TPI) est toujours en place. S'ils tuent délibérément des innocents réclamant un état de droit, alors le lendemain plus de gens marcheront encore. Ils vont donc devoir tuer tout le monde en commençant par leurs propres pères, mères, soeurs, frères, cousines, cousins, tantes, oncles, et beaux-parents. S'ils sont prêts à le faire, ils doivent acheter 9,4 millions de balles y compris pour eux-mêmes. Ce ne sont pas les armes et les balles qui décideront de l'avenir de la Guinée.
C'est le départ pur et simple de Lansana Conté qui évitera de faire couler davantage de sang et de répandre plus de souffrance dans nos familles. En temps de crise ceux qui ont le pouvoir d'agir ont le devoir d'agir. Le temps de l'action est maintenant arrivé, ce n'est pas demain, ni après-demain, ni dans 2 ans. Ce qu'il faut retenir c'est que “ce fallacieux état de siège n'est ni plus ni moins qu'un autre putsch militaire, un auto-putsch déguisé qui parachève les nombreux putschs constitutionnels déjà perpetrés par Lansana Conté et sa clique”. Lansana Conté se trompe une dernière fois car il oublie que la volonté de tout un peuple ne peut être étouffée par des manoeuvres archaïques et machiavéliques une fois que le peuple a pris la décision de se débarrasser de lui. Le peuple de Guinée triomphera. Faisons de ce décret le dernier décret de Lansana Conté et sa dernière insulte au peuple de Guinée et à l'intelligence du Guinéen.
Sékou Keita USA
Radio-kankan |
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| Nouvelles manifestations |
| A la suite de la nomination vendredi soir par le président guinéen Lansana Conté d'Eugène Camara comme premier ministre, la population guinéene manifeste depuis ce matin dans de nombreuses villes du pays. |
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A Conakry, dans une atmosphère de pneus brulés, des boutiques ont été saccagées tandis que trois jeunes auraient été tués par l'armée guinéene. Les manifestants n'ont donc pas attendu l'appel des syndicats à reprendre la grève dès lundi, pour faire entendre leur mécontentement. Selon le secrétaire-général de l'Union Syndicale des Travailleurs Guinéens, la nomination d'Eugène Camara est "une provocation du président Conté". "Nous répétons qu'aucun membre du gouvernement actuel ne peut être nommé premier ministre. Le gouvernement est responsable de la crise économique, sociale et politique de notre pays", a-t-il ajouté. Pour Mamadou Bâ, président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et porte-parole d'un groupe de 14 partis d'opposition, la nomination d'Eugène Camara «est un défi lancé à tout le monde ». Cette nomination est intervenue après une journée marquée par de nouvelles violences en Guinée. Ces violences, qui traduisent l'impatience de la population à voir le président s'acquitter de ses promesses, ont fait au moins onze blessés. Elles se sont déroulées en province. A Dinguiraye, au Nord du pays, une personne a été blessée par balle. Dans cette agglomération plusieurs bâtiments publics auraient été attaqués par des manifestants en colère. Des manifestations ont été aussi observées à un peu plus de cinquante kilomètres à l'est de Conakry. Le nouveau premier ministre, est un homme réputé pour être discret. Agé de 64 ans, Eugène Camara est un proche, modéré, du président Conté. Habitué du pouvoir éxécutif, il a fait son entrée dans le gouvernement guinéen en novembre 1997. Pendant sept ans, il a occupé le poste de ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique. Puis, il a été nommé ministre du Plan et enfin, au début de cette année, ministre d'Etat aux Affaires Présidentielles. "J'accueille cette nouvelle avec beaucoup d'émotion. C'est une tâche immense qui m'attend, mais, par la bénédiction de tous, je ferai de mon mieux", a-t-il déclaré peu après l'annonce de sa nomination. Source: BBC |
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| La Guinée cherche un Premier ministre |
| Le président Lansana Conté devrait nommer sous peu un nouveau Premier ministre aux pouvoirs élargis.
La nomination d'un vrai chef du gouvernement était la principale revendication des dirigeants syndicaux qui avaient déclenché "une grève générale illimitée" le 10 janvier. Après plusieurs jours de tergiversations, Lansana Conté, 73 ans, affaibli par le diabète, a accepté de répondre positivement aux exigences des grévistes. L'accord conclu entre le patronat et le syndicat prévoit notamment "la mise en place d'un gouvernement de large consensus, dirigé par un Premier ministre chef du gouvernement" Les dirigeants syndicaux ont ainsi décidé de mettre un terme à leur mouvement de protestation qui s'était étendu à l'ensemble du territoire guinéen et qui avait coûté la vie à 59 personnes. Le profil du nouveau Premier ministre a été défini, mais il est maintenant question de trouver la personne qui y correspond. Selon l'accord, le poste de Premier ministre doit revenir à "un haut cadre civil, compétent, intègre, et qui n'a été impliqué ni de près, ni de loin, dans des malversations". Des noms circulent déjà à Conakry, même si, officiellement, les parties impliquées dans les négociations ne sont pas encore parvenues à un accord sur la question. Les observateurs estiment cependant que la "cohabitation" entre le nouveau Premier ministre et le président Lansana Conté risque d'être compliquée. Sur le papier, le nouveau Premier ministre aura une grande marge de manoeuvre, mais l'exercice du pouvoir au quotidien pourrait se révéler difficile pour lui. Le président guinéen, au pouvoir depuis 23 ans, ne serait pas enclin à céder une partie de ses prérogatives. Les puissantes organisations syndicales, soutenues par une opposition qui a du mal à faire entendre sa voix, souhaitent mettre fin à la mauvaise gouvernance dans le pays. Les syndicats reprochent également au chef de l'Etat d'avoir libéré, en décembre dernier, l'ancien président du patronat, inculpé et emprisonné pour détournement de fonds publics. "La seule inquiétude est de savoir si Lansana Conté va accepter de s'effacer," a déclaré l'opposant Mamadou Bâ, le président de l'Union des forces démocratiques de Guinée. La semaine dernière, Lansana Conté a indiqué qu'il était au pouvoir par la volonté de Dieu. |
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| Le président guinéen accepte la nomination d'un premier ministre de consensus |
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le président guinéen, Lansana Conté, a accepté, lors d'une rencontre, mercredi 24 janvier, le principe de la nomination d'un premier ministre de consensus, a indiqué une délégation de l'intersyndicale à l'origine de la grève générale lancée le 10 janvier. "Il est prêt à écouter le peuple. Il est même d'accord sur le fait que, si le peuple en souhaite un, il y ait un nouveau premier ministre" , a déclaré le pasteur Etienne Leno. "Maintenant, il nous reste à trouver un candidat crédible", a-t-il toutefois reconnu. Cette annonce est porteuse d'espoir, car l'arrivée d'un homme neutre et impartial était la principale revendication des syndicats qui ont lancé cette grève qui paralyse la Guinée. La Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) et l'Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) protestent contre la baisse du pouvoir d'achat, la corruption et l'ingérence du chef de l'Etat dans les affaires judiciaires. Ils demandent des avancées sociales ainsi que la formation d'un gouvernement d'union nationale avec un premier ministre – dont le pays est privé depuis juin 2006.
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Face à l'intransigeance du pouvoir, le mouvement s'est progressivement radicalisé et les syndicats se sont substitués aux partis d'opposition, divisés. La répression de la grève a fait 44 morts depuis le début du mouvement. ( LEMONDE) |
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| Pierres contre balles: journée sanglante dans les rues de Conakry |
| Dix-sept manifestants ont été tués lundi par les forces de l'ordre en Guinée, dont treize dans la banlieue de Conakry, au 13e jour d'une grève générale illimitée, selon un nouveau bilan obtenu de source hospitalière et syndicale. |
Depuis le début du mouvement le 10 janvier, 27 personnes ont trouvé la mort. La journée de lundi est de loin la plus meurtrière. Treize personnes ont été tuées et au moins 30 blessées par balles dans différents quartiers de la banlieue de la capitale Conakry, selon un responsable de l'hôpital Donka, un des deux plus grands hôpitaux de la capitale. A Kankan (est), deux manifestants ont été tués et 11 blessés par les forces de l'ordre et à Siguiri, près de Kankan, deux manifestants ont été tués et huit blessés, a indiqué M. Mamadi Condé, secrétaire-général de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) dans la région de Kankan. Le mouvement de contestation appelant au départ du président Lansana Conté entendait, à l'origine, dénoncer la corruption et l'ingérence dans les affaires judiciaires du président Conté, 72 ans. Les manifestants exigent dorénavant la démission du Chef de l'Etat, au pouvoir depuis 23 ans mais affaibli par la maladie. |
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Selon des témoins, les victimes de lundi ont été tuées dans différents quartiers de la périphérie de Conakry lors d'échauffourées entre manifestants et policiers anti-émeute: trois manifestants ont été tués à Hamdalaye, deux à Lambania, un à Enco-Cinq et un à Matam, selon ces témoins.
Par la suite, plusieurs milliers de jeunes gens ont quitté la banlieue pour se rendre au centre de la capitale, faisant craindre de nouvelles violences. "On va au Palais, on va prendre le Palais (présidentiel)", criait l'un d'entre eux. En province, des manifestations ont rassemblé chacune des milliers de personnes à Pita (centre), Dabola (centre), Kankan (est) et Telemele, malgré les appels au calme et au dialogue qui se succèdent. A Lambania, des manifestants scandant le slogan "à bas la dictature" ont affiché leur détermination: "nous sommes prêts à mourir pour le changement, on en a marre de ce pays", a crié l'un d'eux. "On n'a pas d'eau, pas d'électricité, on n'a rien. Il faut un changement. On n'arrêtra pas tant qu'il n'y a pas de changement", a renchéri un autre. A l'origine, le mouvement avait été lancé par une coalition syndicale, soutenue par 14 partis d'opposition, pour protester contre la corruption et l'ingérence du chef de l'Etat dans les affaires judiciaires. Mais il s'est ensuite radicalisé devant l'intransigeance du pouvoir.
Depuis quelques jours, les manifestants demandent de plus en ouvertement le départ du chef de l'Etat. A Pita, les manifestants, essentiellement des femmes, scandaient des slogans comme "à bas la dictature" ou "on ne laissera pas un mourant nous gérer", en référence à la santé défaillante du chef de l'Etat. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon avait appelé dimanche le gouvernement et les syndicats de Guinée à faire preuve de modération et à trouver un accord pour mettre un terme à la crise. M. Ban "presse le gouvernement, les dirigeants syndicaux et les autres parties concernées de faire preuve de modération", a indiqué sa porte-parole Michèle Montas dans un communiqué. Les Eglises de Guinée avaient pour leur part dénoncé "la mal-gouvernance" et la "détérioration des conditions de vie" des Guinéens et appelé la population au calme. Les Eglises catholique, protestante et anglicane "admettent que la base et l'origine du mal guinéen résident pour l'essentiel dans la mal-gouvernance, caractérisée par l'absence de vérité et l'injustice, et du manque de dialogue franc et courageux maintes fois dénoncé autant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays", avait déclaré Olivier Bangoura, porte-parole du conseil chrétien. Une mission de médiation régionale des présidents sénégalais Abdoulaye Wade et nigérian Olusegun Obasanjo, à la demande de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cedeao), est attendue pour les prochains jours à Conakry. Mais son utilité a été fortement mise en doute en Guinée, autant par l'opposition que par le parti au pouvoir. |
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| GUINEE: Grève générale en Guinée: quatre nouveaux morts, appels au départ du président |
CONAKRY (AFP) - Quatre personnes ont été tuées par balles samedi en Guinée, lors de la journée la plus meurtrière depuis le déclenchement d`une grève générale illimitée, au cours de laquelle des manifestants ont appelé au départ du président Lansana Conté, au pouvoir depuis 23 ans. La dégradation de la situation suscitait dans le même temps de vives inquiétudes en Afrique de l`ouest, dont deux chefs d`Etat ont été chargés de mener une médiation.
Les quatre manifestants tués lors de la répression policière de samedi portent à neuf le nombre de morts depuis le début de la grève générale, le 10 janvier, dans ce pays ouest-africain miné par la corruption et les détournements de fonds publics. Une source hospitalière jointe par téléphone à Nzérékoré, dans le sud du pays, a fait état de quatre tués et cinq blessés par balles lors, selon des sources locales, de la répression violente par les forces de l`ordre d`une manifestation de 4.000 à 5.000 personnes. Il s`agissait du premier mouvement populaire d`importance depuis le début du mouvement de grève dans cette ville proche des frontières libérienne et ivoirienne.
Plusieurs sources locales ont rapporté que les manifestants avaient scandé des slogans hostiles au pouvoir tels que "A bas le régime militaire!, "Adieu Lansana Conté!", ou "La Guinée ne doit pas mourir!". Samedi, l`activité du pays est restée paralysée mais aucune autre violence n`a été signalée. Face à la détérioration de la situation, la Communauté économique des Etats d`Afrique de l`Ouest (Cedeao), en sommet vendredi à Ouagadougou, a annoncé l`envoi prochain d`une médiation régionale en Guinée. Les présidents sénégalais Abdoulaye Wade et nigérian Olusegun Obasanjo mèneront "une concertation avec tous les acteurs politiques (...) pour trouver une solution à la crise", a rapporté samedi la radio publique burkinabè, sans toutefois préciser de date.
A Dakar, le représentant du secrétaire général de l`ONU pour l`Afrique de l`ouest, Ahmedou Ould Abdallah, a condamné samedi les violences et exhorté les parties à s`assurer d`"une sortie ordonnée et pacifique de la crise". Pour tenter de trouver une issue interne à l`impasse, une réunion entre l`intersyndicale à l`origine de la grève et de hauts responsables de l`Etat a par ailleurs été organisée samedi à huis-clos au Palais du peuple, siège de l`Assemblée nationale, à Conakry. La rencontre s`est terminée en début de soirée sans progrès notable et doit reprendre dimanche, a annoncé à l`AFP Ousmane Souaré, un responsable de l`Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), qui a relevé une "reprise de contact entre syndicalistes et le gouvernement".
Aucune rencontre n`a toutefois été programmée avec le chef de l`Etat Lansana Conté, que l`intersyndicale Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG)/USTG rend responsable de la crise économique actuelle par sa mauvaise gestion et son incapacité à conduire les affaires du pays. Les syndicats reprochent également à M. Conté d`avoir libéré mi-décembre, hors du cadre de la loi, deux de ses proches inculpés de détournement de fonds publics, dont ils exigent le retour immédiat en prison. Devant le refus de M. Conté de transiger sur plusieurs points, les syndicats -soutenus par 14 partis d`opposition- ont souhaité cette semaine que soit "constatée la vacance du pouvoir" devant la "dégradation" de l`état de santé du président, âgé de 72 ans et affaibli par un diabète. Vendredi soir, la présidence a annoncé le limogeage du ministre d`Etat chargé des Affaires présidentielles, Fodé Bangoura, numéro deux de facto d`un régime privé de Premier ministre depuis juin 2006. Il a été remplacé par le ministre du Plan Eugène Camara, 61 ans, réputé pour sa modération.
Les syndicats assurent que cette mesure n`aura aucune incidence sur le mouvement. |
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| GUINEE: "l'homme fort" du régime limogé |
| Vendredi soir le ministre des affaires présidentielles, Fodé Bangoura, considéré comme de facto le numéro 2 du régime, a été limogé. Il est remplacé par le ministre du Plan Eugène Camara. Des représentants des syndicats ont rencontré à la mi-journée le président de l'Assemblée, des député et d'autres responsables pour tenter de trouver une issue à la crise. La grève générale illimitée, à l'appel des syndicats contre la vie chère et l'immixtion du président Lansana Conté dans la justice, est toujours largement suivie à Conakry et dans le reste du pays. Samedi matin trois personnes ont été tuées par balles et une grièvement blessée à Nzérékoré dans le sud du pays lorsque la police et l'armée ont dispersé une manifestation, ce qui porte à huit le nombre de morts depuis le début de la grève le 10 janvier. Par ailleurs la police a annoncé avoir procédé à l'interpellation de près de 300 personnes. Les onze chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDAO) se sont déclarés préoccupés par l'aggravation de la situation. Ils ont décidé de dépêcher le président sénégalais Abdoulaye Wade et le président nigérian Olusegun Obasanjo pour une médiation. |
| GUINNEE |
| Le vieux président et les voleurs |
| LE MONDE | 30.11.06 | 14h48 |
| Lansana Conté est malade - comme son pays, la Guinée. A 73 ans, il se fait si rare que chacun de ses gestes plonge le pays dans une longue séance d'exégèse politique. Le diabète et la leucémie permettent-ils encore au général Lansana Conté, président de la République de Guinée depuis vingt-deux ans, de gouverner ? Est-il conscient des manigances des prétendants à sa succession ? Après une dizaine d'années de silence face à la presse étrangère, le président a reçu durant plus de deux heures l'envoyé spécial du Monde dans son village de Wawa, à deux heures de route de la capitale. |
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En fait de village, c'est une belle résidence au bord d'un lac artificiel. Il faut attendre à l'ombre, le président n'a pas terminé sa sieste. Vaste et propre à défaut d'être luxueux, le bâtiment donne sur une cour dallée que termine un petit débarcadère. Une demi-douzaine de poules cherchent en vain de quoi picorer entre les 4 × 4 alignés sous un abri. Dans un coin, quelques Bérets rouges, membres de la garde présidentielle, trompent l'ennui en jouant avec leur téléphone.
"JE NE SUIS PAS UN TUEUR"
Ce spectacle a désormais un nom : une fin de règne sans fin. C'est une pièce contemporaine sur un pays d'Afrique de l'Ouest doté d'immenses richesses naturelles, mais dont la moitié des 9 millions d'habitants vivent avec moins de 1 dollar par jour. |
Ministres et anciens ministres roulent dans des voitures qui coûtent 120 fois leur salaire officiel (500 dollars) et la corruption bat des records mondiaux (classé avant-dernier pays par Transparency International). Au sommet de l'Etat, il y a comme un flottement : le président passe son temps ici, au "village", quand il ne s'envole pas pour Genève et son hôpital universitaire. A Conakry, il reçoit les cadres dirigeants du pays sous un manguier, mais leur laisse une grande marge de manoeuvre.
Certains observateurs estiment que la Guinée court au désastre, alors qu'elle a échappé aux guerres et aux troubles de ses voisins : Liberia, Sierra Leone, Casamance, Côte d'Ivoire. Soudain, un officier fait signe de le suivre dans un modeste pavillon à l'extrémité de la cour. On trouve le président assis sur un canapé dans un boubou de basin bleu. Il regarde la chaîne française i-télé.
"Monsieur le président, comment allez-vous ?
- Je vais bien. Je suis malade, mais qui ne l'est pas ? J'ai de la chance, je suis malade physiquement, mais la tête va bien, cela ne gêne pas l'exercice du pouvoir. J'irai au bout de mon mandat, fin 2010, si Dieu me donne la vie.
- Autour de vous, il y a des gens qui rêvent de prendre votre place et qui manoeuvrent...
- Tout citoyen guinéen peut rêver de prendre ma place. C'est la Guinée qui choisira, pas moi. Je souhaite quelqu'un d'envergure, qui aime la Guinée et la protège comme je l'ai fait. Je n'ai pas encore trouvé, mais je ne me fais pas de souci, il y aura quelqu'un, et même meilleur que moi !"
Lansana Conté est arrivé au pouvoir en 1984, à la faveur d'un coup d'Etat militaire, dix jours après la mort de Sékou Touré, le dictateur qui a transformé le fleuron des colonies françaises en camp de rééducation stalino-maoïste. Conté a rompu avec les méthodes répressives, sans parvenir à réduire la pauvreté. A son crédit : le maintien de la paix entre les différentes ethnies et le refuge offert à des millions de Libériens et Sierra-Léonais. "J'étais sergent dans l'armée française en Algérie, dit-il. Je suis revenu au pays à l'indépendance, en 1958. J'ai ensuite passé tous mes grades les uns après les autres. Il ne s'est pas passé une année sans que je cultive mon riz ici." Au cours de l'entretien, le président reviendra spontanément, trois ou quatre fois, sur le sujet de son riz. "Je suis agriculteur dans l'âme. Je mange ce que je cultive. Si vous étiez arrivé plus tôt, vous m'auriez trouvé dans les champs." Il croit à une Guinée agricole, même si tout indique qu'elle sera minière. Le pays est le premier exportateur mondial de bauxite, le minerai qui, deux fois raffiné, donne l'aluminium. Après des décennies de stagnation, le secteur va recevoir au moins 5 milliards de dollars d'investissements étrangers ces prochaines années. Deux gisements de fer exceptionnels ont été découverts au sud-est du pays. Le potentiel est aussi important pour l'or et le diamant. Commentaire présidentiel : "Les mines ne m'intéressent pas. Ce qu'on trouve par hasard ne m'intéresse pas. Personne ne peut profiter d'une mine comme on le fait avec un champ, ou alors cette personne vole son pays. C'est dans les mines que les Guinéens volent et s'enrichissent au détriment de la Guinée. J'ai freiné l'élan des voleurs, pour le bien du peuple." La nouvelle que du pétrole a été découvert au large de la Guinée ne l'enchante pas. "Je ne calcule pas ce que je ne vois pas. Le riz, on le voit. Le pétrole, il paraît qu'il y en a, je veux bien qu'il soit exploité, mais au profit des Guinéens." Tout se passe comme si le vieux président estimait que son peuple n'était pas mûr pour les développements spectaculaires qui pourraient avoir lieu. "Que voulez-vous, les Guinéens veulent s'enrichir. Peut-être nos petits-enfants seront-ils honnêtes ? Il va nous falloir beaucoup de temps pour être comme vous. Vous êtes habitués à la richesse.
- Les Blancs n'ont pas volé la Guinée ?
- Vous les colons avez pris ce que vous vouliez et vous êtes encore là, vous continuez à vous servir. Mais pas autant que les gens d'ici. S'il fallait fusiller tous les Guinéens qui ont volé la Guinée, il ne resterait plus personne à tuer. Et je ne suis pas un tueur.
- Et les Chinois ?
- Les Chinois, au moins, ils travaillent. Ils vivent avec nous dans la boue. Il y en a qui cultivent, comme moi. Je leur ai confié une terre fatiguée, vous devriez voir ce qu'ils en ont fait ! Les Chinois sont incomparables.
- Votre peuple souffre surtout de pauvreté et de l'injustice que...
- Il n'y a pas d'injustice. On se partage le peu qu'il y a, c'est tout.
- Etes-vous riche, monsieur le président ?
- Jusqu'à présent, non. Toute la journée, j'ai récolté mon riz. Assez pour manger cinq ans avec ma famille ! Je peux démentir devant le peuple que j'ai volé de l'argent. Ce sont ici les terres de mes grands-parents. J'avais 900 hectares, mais j'en ai tellement donné aux paysans de la région qu'il n'en reste qu'une centaine. Quand j'ai besoin d'argent, je vends mon riz. Je vends aussi mon huile de palme, très bon marché, aux femmes du village. Et après je les vois qui la revendent au bord de la route, le double ! Je suis aussi le plus grand propriétaire de boeufs en Guinée.
- Donc vous êtes riche ?
- Si vous voulez, mais pas en argent. Je n'ai rien à l'étranger, ni maisons ni comptes bancaires. Je suis le plus riche du pays, parce que je n'ai rien volé."
Serge Michel |
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