February 15, 2009

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Actualité | International
Gabon : Edith Bongo serait morte
Le président gabonais s’est précipitamment rendu au Maroc, où son épouse est hospitalisée. Edith Lucie Bongo Ondimba, 44 ans, première dame du Gabon et fille du président congolais, Denis Sassou Nguesso, serait morte dans la nuit de vendredi à samedi. Le site Congopage, affirme avoir reçu plusieurs emails et appels téléphoniques lui annonçant la nouvelle. Et au Gabon comme à Paris circulent de nombreuses rumeurs faisant état du décès de la première dame du Gabon. Mais officiellement, aucune information n’a été fournie. Selon des rumeurs persistantes Edith Bongo Sassou Nguesso serait décédée le 7 février à Rabat au Maroc. Aucune confirmation officielle pour l’instant. Edith Bongo est l’épouse de El Hadj Omar Bongo Ondimba, président du Gabon, et la fille de Denis Sassou Nguesso, président du Congo. De nombreux mails et appels téléphoniques nous sont parvenus pour nous annoncer la nouvelle. Nous nous basons ici sur trois dépêches de presse : Le président Bongo à Rabat au chevet de son épouse. Libreville, Gabon (PANA) - Le président gabonais, Omar Bongo Ondimba, a quitté précipitamment Libreville jeudi soir pour Rabat, au Maroc, avec quelques-uns de ses enfants et des membres de sa famille, pour se rendre au chevet de son épouse, Edith Lucie Bongo Ondimba, a appris la PANA vendredi matin de source bien informée.
   
Hannibal Kadhafi au cœur d'un conflit entre la Suisse et Tripoli
Jeudi 24 juillet 2008 - par AFP -La Compagnie nationale libyenne de transport maritime a annoncé jeudi l'arrêt prochain de ses livraisons de pétrole à la Suisse, en représailles à la brève détention d'un fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi la semaine dernière à Genève.

Dans un communiqué conjoint, les compagnies nationales de transport maritime et des ports ont indiqué également qu'elles interdisent désormais l'entrée et le déchargement des navires battant pavillon suisse dans les ports libyens. Elles ont menacé la Suisse de "nouvelles mesures" si "elle ne ferme pas dans les prochaines heures le dossier de l'affaire montée de toutes pièces" contre Hannibal Kadhafi et ne présente pas ses excuses. Le communiqué a été publié en marge d'une manifestation organisée par les deux compagnies devant l'ambassade suisse à Tripoli. Hannibal Kadhafi est officiellement "conseiller" de la Compagnie libyenne de transport maritime qui détient un quasi-monopole du transport des produits énergétiques en Libye, avec une flotte de dix navires
.

Premier fournisseur de pétrole à la Suisse, la Libye avait menacé mercredi de stopper ses exportations de brut, selon un responsable des Comités révolutionnaires, épine dorsale du régime Mouammar Kadhafi, qui s'exprimait lors d'une première manifestation devant la représentation suisse. Des spécialistes du secteur en Suisse ont toutefois minimisé l'impact d'une telle mesure, estimant qu'elle "n'aurait pas de sens" et que la Suisse dispose de suffisamment de réserves et d'autres sources d'approvisionnement. Le retrait des avoirs libyens dans les banques suisses, la rupture des relations diplomatiques et le départ des sociétés helvétiques sont également envisagées, selon les responsables libyens.

Tripoli a déjà pris dès le 17 juillet "des mesures de rétorsion préoccupantes" envers les ressortissants suisses et les intérêts de la Confédération en Libye, selon le ministère helvétique des Affaires étrangères. Les liaisons aériennes entre les deux pays ont été réduites, les entreprises suisses en Libye ont reçu un ordre de fermeture et les autorités libyennes ont suspendu l'octroi de visas aux ressortissants suisses. Les bureaux des groupes helvétique Nestlé et helvético-suédois ABB ont été ainsi contraints de mettre la clé sous la porte et leurs responsables ont été interrogés par la police libyenne, selon les deux groupes.

Alors que le responsable de la représentation de Nestlé en Libye, un Egyptien, a été rapidement relâché, l'employé suisse d'ABB demeure en détention, selon sa société. Hannibal Kadhafi, le quatrième fils de Mouammar Kadhafi, et sa femme avaient été arrêtés le 15 juillet à Genève, suite à une plainte de deux employés de maison qui les accusent de les avoir frappés. Le couple avait été libéré deux jours plus tard après avoir versé une caution d'un demi-million de francs suisses (312.500 euros).

UNION POUR LA MÉDITERRANÉE  •  Wade dénonce le "mur de l'UPM"
21 juil. 2008 - Courrier International - Le président du Sénégal, Abdoulaye Wade, est convaincu que l'Union pour la Méditerranée, qui a vu le jour à Paris le 13 juillet dernier, est une menace pour la cohésion du continent africain. Le quotidien burkinabé Le Pays partage cette opinion. On peut tout reprocher à Abdoulaye Wade, sauf d'avoir la langue dans sa poche. Sur les grandes questions de portée mondiale ou ne concernant que l'Afrique, il manque rarement d'exprimer son point de vue et, nous le pensons, de la façon la plus sincère qui soit. Le chef de l'Etat sénégalais, malgré ses inconstances, notamment en matière de politique intérieure, se présente comme l'une des voix les plus pertinentes des dirigeants africains. Le Soudan et le Zimbabwe, dossiers brûlants entre autres, n'ont pas échappé à la loupe du chantre du Sopi [le parti du président]. De même qu'il a épinglé l'Union pour la Méditerranée (UPM), le dernier bébé de Sarkozy. "L'Afrique du Nord tournée vers le Nord, le Sahara deviendra ce que nous étions en train de combattre:
: un mur séparant politiquement notre continent en deux parties", a-t-il prédit dans une déclaration. On voit que, pendant que le patron de l'Elysée pouponne encore ce nouveau-né qui a poussé ses premiers vagissements le dimanche 13 juillet 2008 à Paris, Wade, lui, ne lui réserve pas le meilleur des accueils.

Muammar Kadhafi était le premier à désapprouver ce projet qui, selon lui, divisera encore plus le monde arabe. Il l'a d'ailleurs comparé en substance à un os qu'on jette à une meute de chiens affamés. A la suite du "Guide" lybien, Wade relève le caractère à la longue préjudiciable de l'UPM, autant à l'Afrique qu'à l'Union africaine. "Si nous étions tous au rez-de-chaussée, l'Afrique du Nord vient, elle, d'être hissée premier étage", dit-il. Sans doute à cause de leur proximité géographique avec l'Europe, les pays du nord du Sahara sont des pays plus ouverts sur la France, l'Italie, l'Espagne, etc. Du reste, dans ces pays de l'Afrique du Nord, on appelle les ressortissants du Sud des "Africains". C'est dire combien, avec l'UPM, le mur entre ces deux entités géographiques de l'Afrique pourrait gagner en hauteur et deviendrait très rapidement infranchissable.

Faut-il en pleurer ou plutôt se servir de cette nouvelle tentative de division pour resserrer les rangs entre les Africains au sud du Sahara afin qu'ils soient définitivement maîtres de leur destin ? En lieu et place des lamentations qui n'ont que trop duré, il est temps pour les Africains, à défaut de constituer de nouveaux regroupements à l'image de l'UPM, de consolider ceux déjà existants, en particulier l'Union africaine. Il est temps pour l'Afrique, à travers des ensembles économiques forts, de se mettre au diapason des autres continents. A défaut, l'Occident continuera de la diviser au profit de ses intérêts. Malheureusement, quelques dirigeants, tirant personnellement profit de cet état des choses, n'ont jamais voulu que la situation change.
Morin Yamongbe
Le Pays
RDC : Jean-Pierre Bemba arrêté par la Cour pénale internationale. C'était programmé
lundi 26 mai 2008 Botowamungu Kalome (AEM) - Jean-Pierre Bemba, le leader de l'opposition congolaise, a été arrêté, samedi à 22 heures près de Bruxelles, à la demande de la Cour pénale internationale(CPI) , qui entend le juger pour « le nombre élevé de viols commis par les troupes de son mouvement politico-militaire MLC avec une brutalité sans nom ». Le bureau du procureur a ajouté que « Les troupes du MLC menées par Jean-Pierre Bemba ont commis, dans le cadre d'une attaque systématique généralisée contre la population civile, des viols, des actes de torture, des atteintes à la dignité de la personne, des traitements dégradants et des pillages ». Ces crimes ont notamment été commis à Bangui et dans les localités de Bossangoa et Mongoumba. Émis le 16 mai, le mandat d'arrêt contre Jean-Pierre Bemba a été tenu secret jusqu'à son arrestation, selon la CPI. Certains éléments semblent, cependant, indiquer le contraire. En effet, sans obtenir les garanties de sécurité exigées par l'ancien vice-président pour son retour en RDC, son entourage avait subitement annoncé, la semaine dernière, que Bemba serait de retour au pays le 28 mai. Un retour annoncé aux allures d'une fuite en avant pour cet homme qui était dans le collimateur de la CPI depuis plusieurs années.

Malgré tout, l'entourage de Bemba en Europe contacté tente de présenter une version plus favorable pour son leader qui aurait refusé de retourner à Kinshasa à la demande des Occidentaux. Selon la thèse de ses proches, ces derniers auraient voulu le relancer afin de faire vaciller le pouvoir de Kabila coupable, à leurs yeux, d'avoir signé des contrats avec la Chine qui jouirait de la quasi exclusivité du sous-sol de la RDC pendant au moins quarante ans. Une version romancée difficile à avaler.

La chronique d'une arrestation annoncée depuis fort longtemps

En 2001, Olivier Kamitatu numéro deux du parti de Jean-Pierre Bemba venait de séjourner en Europe et une source nous faisait ce compte-rendu de ses contacts secrets avec des officiels français : «  Les Occidentaux pensent que Joseph Kabila ferait un bon président, mais manquerait actuellement d'envergure intellectuelle, il lui faudra des technocrates et des économistes compétents. Olivier Kamitatu a séduit et convaincu les Occidentaux qui lui ont conseillé de se rapprocher de Kabila afin de devenir son Premier ministre après les élections. Ils ont également prévenu Kamitatu que l'avenir de Jean-Pierre Bemba serait plus judiciaire que politique. Je ne peux pas te dire quand, mais Kamitatu va quitter le MLC  ».

Cette information se vérifia et Kamitatu ne devint pas Premier ministre par la faute de Gizenga, dont le relatif succès électoral a imposé à Joseph Kabila un tandem improbable obligeant, du coup, Kamitatu de se contenter du ministère du plan. Dès lors, nous avons toujours eu une lecture différente du comportement de Bemba pendant les élections : il lui fallait démontrer que la RDC serait à feu et à sang s'il n'obtenait pas une place de choix sur l'échiquier politique congolais. Une position politique solide, pensait-il sans doute, l'aurait protégé de la CPI comme ce fut le cas durant tout son mandat de vice-président. Nous l'avions déjà supputé à l'époque : en laissant sa garde militaire contester avec virulence les résultats de l'élection présidentielle, Bemba voulait sans doute obtenir des Occidentaux la promesse de l'abandon des poursuites par la CPI.

Ce qu'il faut en retenir

Jean-Pierre Bemba l'aura appris à ses dépens : on ne s'improvise pas chef militaire, moins encore d'une milice hétéroclite, non-rémunérée, sans formation militaire sérieuse, ni encadrement efficient. Aller au-delà de l'ambition de libérer la RDC en intervenant en Centrafrique pour sauver le pouvoir de l'ancien président Ange-Félix Patassé a été une initiative aventureuse et finalement fatale à Jean-Pierre Bemba. Si son arrestation est un immense espoir pour toutes les victimes de crimes de guerre, notamment à l'Est de la RD Congo, elle vient hélas priver la RDC d'un contrepoids politique nécessaire pour estomper le développement des réflexes du parti unique qui gagne, chaque jour davantage, les rangs de la coalition au pouvoir à Kinshasa.| Botowamungu Kalome (AEM)

 
RDC: Jean-Pierre Bemba, chef de l'opposition en RDC, a été arrêté à Bruxelles
LE MONDE | 26.05.08 - Chef de l'opposition congolaise et ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba a été arrêté, samedi 24 mai, dans la banlieue de Bruxelles. La police belge a exécuté un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) émis la veille et tenu secret. M. Bemba, battu lors de l'élection présidentielle congolaise de 2006 par Joseph Kabila, est poursuivi pour "crimes contre l'humanité et crimes de guerre" commis par des hommes qu'il commandait en République centrafricaine, voisine de la RDC, en 2002 et 2003. Ses troupes du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) sont accusées de "viols, actes de torture, atteintes à la dignité de la personne, traitements dégradants et pillages" . Elles étaient intervenues pour tenter de réprimer un coup d'Etat contre le président Ange-Félix Patassé par les rebelles de François Bozizé, devenu depuis lors président.

"Le nombre élevé de viols commis avec une brutalité sans nom est une caractéristique particulière de cette affaire" , a relevé le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo. La Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) a salué ce "signal fort contre l'impunité". A Kinshasa, le secrétaire général du MLC, François Muamba, a dénoncé "une politisation de la Cour" , dont l'intervention "ne saurait être innocente à quelques jours de l'élection (de M. Bemba) en qualité de porte-parole de l'opposition" .

Visé par l'enquête ouverte en mai 2007, à la demande de la République centrafricaine, M. Bemba était pisté depuis plusieurs semaines par une équipe d'enquêteurs de la CPI. Exilé à Faro (Portugal), en avril 2007, après de violents combats entre sa garde rapprochée et l'armée, à Kinshasa, M. Bemba se serait rendu régulièrement en Belgique pour y chercher des soutiens politiques. "Des membres de sa famille et de son entourage faisaient des voyages réguliers en RDC, en Belgique, au Portugal" , indique une source proche de l'enquête, "mais cette semaine, nous avons eu des informations de la RDC selon lesquelles il n'avait pas l'intention de rentrer mais se préparait à voyager vers des destinations indéterminées" . L'hypothèse d'un déplacement aux Etats-unis, pays qui n'a pas reconnu la CPI et où l'interpellation aurait donc été difficile, a été prise en considération et a abouti à l'émission du mandat d'arrêt. La remise de Jean-Pierre Bemba à la Cour, qui siège à La Haye (Pays-Bas), pourrait prendre plusieurs semaines. Son arrestation est intervenue le jour même où la RDC, ancien Congo belge, a rappelé son ambassadeur à Bruxelles pour protester contre des déclarations du ministre belge des affaires étrangères. Karel De Gucht avait estimé qu'étant donné que la Belgique octroie "environ 200 millions d'euros" par an à la RDC, elle avait "l'obligation morale" de prendre position sur ce qui s'y passe.

Stéphanie Maupas
 
Les 100 personnalités qui font l'Afrique
   
actualité afrique René Emmanuel Sadi
CAMEROUN - 23 décembre 2007

Secrétaire général du RDPC, 59 ans, Cameroun

Depuis avril 2007, ce haut fonctionnaire subtil et discret occupe un poste essentiel : celui de patron, vigie et coordinateur de l'omniprésent parti camerounais au pouvoir. Une position qui lui a aussitôt valu d'être placé sur la liste des dauphins potentiels du chef de l'État, Paul Biya, au cas où ce dernier viendrait à quitter la scène à l'occasion du scrutin présidentiel de 2011, ou avant. Ce fils d'infirmier du Mbam-et-Kim - un département charnière entre le Centre-Sud et l'Adamaoua - a fait toute sa carrière dans l'ombre d'Ahmadou Ahidjo, dont il fut le conseiller diplomatique, puis de Paul Biya, en tant que secrétaire général adjoint de la présidence. Son grand bureau du Palais des congrès à Yaoundé est a priori un bon tremplin au cas où, puisque celui qui « tient » le parti peut être assuré d'en être le candidat naturel. Mais rien n'est sûr. D'abord, parce que Sadi est loin d'être le seul « présidentiable » aux yeux de l'opinion. Ensuite, parce que bien malin qui pourrait prévoir si Paul Biya, qui demeure le maître absolu du jeu, sera ou non candidat à sa propre succession. Le suspense sera torride en 2008…

 
actualité afrique Claudia Lemboumba Sassou Nguesso
CONGO (BRAZZA) - 23 décembre 2007

Conseillère spéciale à la présidence, 35 ans, Congo-Brazzaville

Claudia Lemboumba Sassou Nguesso est conseillère du chef de l'État. De plus en plus influente, elle fait son entrée dans le club des descendants œuvrant aux côtés de leur père - et visant parfois leur succession. Responsable de la communication et des relations publiques, cette mère de deux enfants, veuve du fils de Jean-Pierre Lemboumba, l'un des grands baobabs de la vie politique gabonaise, fut particulièrement à l'œuvre lors de la présidence congolaise de l'Union africaine en 2006. Dynamiser l'image du pays à l'extérieur et rendre l'action du président plus visible auprès des Congolais figurent parmi ses priorités. Diplômée en management de l'American College of London, Claudia Lemboumba a rejoint le Congo au milieu des années 1990, après des expériences dans la finance et dans l'expertise comptable à Libreville. Elle intègre le cabinet présidentiel en tant qu'attachée auprès du conseiller aux affaires économiques, avant de se voir confier les relations publiques en 2003. Depuis, elle est de tous les ­voyages présidentiels, au point que son nom est souvent cité parmi les nouveaux entrants d'un gouvernement remanié.

 
actualité afrique Vital Kamerhe
RD CONGO - 23 décembre 2007

Président de l'Assemblée nationale, 48 ans, RD Congo

Cet originaire du Sud-Kivu, ancien agitateur étudiant du temps de Mobutu, puis commissaire en charge des relations avec l'ONU sous Kabila père avant de « gérer » le Dialogue intercongolais pour le compte de l'actuel chef de l'État, est la révélation politique congolaise de l'année 2007. Après avoir servi avec zèle et une redoutable efficacité le candidat Joseph Kabila lors de la présidentielle de 2006, il s'est mué en un président de l'Assemblée nationale consensuel et suractif, dont les prises de position ont parfois gêné le pouvoir. Il a fallu une petite crise, quelques ajustements et l'abandon par l'intéressé de sa casquette de secrétaire général du parti dominant pour que tout rentre dans l'ordre. Vital Kamerhe sait jusqu'où il peut aller trop loin, et Joseph Kabila est trop fin pour ne s'entourer que de courtisans. Cela tombe bien : tribun polyglotte et politicien intuitif, Kamerhe estime que le plus mauvais service que l'on puisse rendre à son chef est de le flatter. Nul doute que cet admirateur de Nicolas Sarkozy sera encore, en 2008, au premier plan du PPC (paysage politique congolais)

 
actualité afrique Pascaline et Ali Ben Bongo Ondimba
GABON - 23 décembre 2007

Directrice de cabinet du président, 51 ans, et ministre de la Défense, 48 ans, Gabon

Des nombreux enfants que compte le président gabonais Omar Bongo Ondimba, ils sont sans doute les plus influents - et les plus en concurrence. La première, Pascaline, 51 ans, est une pièce maîtresse de la galaxie présidentielle. Diplômée de l'École nationale d'administration (ENA) et de l'université de Paris-Dauphine, elle devient conseillère de son père en 1984, puis ministre des Affaires étrangères en 1991, avant de rejoindre le cabinet présidentiel. Mariée avec Paul Toungui, ministre de l'Économie et des Finances, elle est l'une des personnalités incontournables du Palais du bord de mer. Son frère cadet, 48 ans, joue également un rôle majeur. Depuis 1999, Ali Ben occupe le poste stratégique de ministre de la Défense. Après avoir été représentant personnel du chef de l'État, puis ministre des Affaires étrangères (1989-1991), il s'est constitué un réseau relationnel solide tant au Gabon qu'à l'étranger. Soupçonné par ses ennemis de se positionner dans la course à la succession de son père, il anime le courant des rénovateurs au sein du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), ce qui fait de lui un dauphin potentiel.

 
actualité afrique Moïse Katumbi
RD CONGO - 23 décembre 2007

Gouverneur du Katanga, 43 ans, RD Congo

L'influence de cet entrepreneur qui a fait fortune dans les mines dépasse le monde des affaires. Élu gouverneur du Katanga en février, le businessman caresse le rêve d'en faire un paradis. En n'hésitant pas à puiser dans sa cagnotte personnelle…

 
actualité afrique Elikia M'Bokolo
RD CONGO - 23 décembre 2007

Historien, 63 ans, RD Congo

C'est un peu la mémoire du continent. Historien reconnu, Elikia M'Bokolo est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages sur l'histoire de l'Afrique et le président de la coordination de la diaspora congolaise. Ancien élève de l'École normale supérieure de Paris, cet agrégé d'histoire, qui a passé l'essentiel de sa carrière universitaire à l'École des hautes études en sciences sociales, enseigne également à New York, Lisbonne, Porto et dans nombre de pays du continent. Dans l'unique but d'amener les Africains - et les autres - à mieux connaître leur passé.
 
actualité afrique Akere Muna
CAMEROUN - 23 décembre 2007

Avocat, 55 ans, Cameroun

Fils de Salomon Tandeng Muna, ancien président de l'Assemblée nationale, Akere Muna est le fondateur de l'antenne camerounaise de Transparency International (TI). Il a rejoint TI en 2002, alors que les autorités critiquaient le classement de l'indice de perception de la corruption, qui avait fait du Cameroun en 2001 et 2002 le pays le plus corrompu du monde. Il en est devenu le vice-président en novembre 2005. Ancien bâtonnier de l'Ordre des avocats, il est connu pour son engagement en faveur des droits de l'homme. Entre son frère Bernard Muna, l'opposant à la tête de l'Alliance des forces progressistes (AFP), et sa sœur Ama Tutu Muna, actuelle ministre de la Culture, il a choisi la société civile. Son action a contribué à la naissance d'une conscience anticorruption au Cameroun.
 
actualité afrique Chéri Samba
RD CONGO - 23 décembre 2007

Peintre, 51 ans, RD Congo

Autodidacte parfois narcissique, Samba est un observateur très perspicace d'une société contemporaine dont il dénonce les travers dans des tableaux naïfs, mais avec un humour décapant. Il est l'un des artistes africains les plus célèbres (et les plus riches).
 
actualité afrique Manu Dibango
CAMEROUN - 23 décembre 2007

Musicien, 74 ans, Cameroun

Porte-drapeau de la musique africaine à l'international, l'auteur du tube planétaire Soul Makossa a fêté, en mars 2007, ses cinquante ans de carrière au Casino de Paris et a sorti deux CD hommages : l'un dédié à Sidney Bechet et l'autre à Fela Kuti.
 
actualité afrique Samuel Eto'o
CAMEROUN - 23 décembre 2007

Footballeur, 26 ans, Cameroun

Triple Ballon d'or africain, vainqueur de la Coupe d'Afrique des nations (CAN), champion olympique, vainqueur de la Ligue des champions, champion d'Espagne, vainqueur de la Coupe d'Espagne : à l'exception d'une Coupe du monde, l'enfant chéri du football camerounais a déjà tout gagné. Après avoir fini meilleur buteur du championnat espagnol en 2005-2006, l'attaquant vedette du prestigieux FC Barcelone et des Lions indomptables vient de connaître une mauvaise passe. Blessé à deux reprises, Eto'o a été absent des terrains sept mois durant. Et n'a fait son retour à la compétition que le 9 décembre, à peine un mois et demi avant le coup d'envoi de la 26e CAN, le 20 janvier…
 
actualité afrique Dikembe Mutombo
RD CONGO - 23 décembre 2007

Basketteur, 41 ans, RD Congo

Avec ses 2,18 m, le « mont Mutombo » est passé par les plus grands clubs de la NBA, le championnat de basket-ball américain (New York Knicks, Chicago Bulls). S'il vient de signer pour une nouvelle saison avec les Houston Rockets, le Congolais prépare déjà l'après-basket, qu'il entend consacrer aux bonnes œuvres. La fondation qu'il a créée, en 1997, a déjà financé la construction d'un hôpital de 300 lits à Kinshasa, sa ville natale.
 
 
 

Zimbabwe: l'opposition crie victoire, Harare met en garde contre un "coup d'Etat"

30/03/2008 HARARE (AFP) - L'opposition au Zimbabwe a revendiqué la victoire dimanche aux élections générales avant l'annonce officielle des résultats, en dépit d'avertissements du pouvoir qui met en garde contre un "coup d'Etat". "A ce stade, cela ne fait aucun doute, il faudrait un miracle pour que nous ne remportions pas cette élection. Nous avons gagné cette élection", a déclaré dans la nuit le secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) Tendai Biti.

"Nous n'accepterons pas une élection volée", a-t-il affirmé devant la presse. Selon les premiers résultats assemblés par le MDC dans les deux plus grandes villes du pays, "nous avons remporté les 12 sièges de députés à Bulawayo et 28 sur 29 à Harare", a précisé M. Biti. La majorité de la population vit toutefois dans les zones rurales du Zimbabwe, traditionnellement favorables au président Robert Mugabe , héros de l'indépendance et initiateur de la réforme agraire. Tôt dimanche, des partisans de l'opposition étaient descendus dans les rues des banlieues populaires de la capitale, chantant et dansant. "Le soleil s'est couché et le Vieux s'en va", scandait ainsi un groupe d'une trentaine d'hommes et de femmes, en allusion au soleil levant symbole

du dissident Simba Makoni et au président Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis plus d'un quart de siècle. La Commission électorale zimbabwéenne, chargée de veiller au bon déroulement du scrutin et du dépouillement, a exprimé dimanche son "inquiétude" face à la revendication de la victoire par l'opposition.

"Ces résultats ne sont pas les résultats officiels des élections", a déclaré son directeur exécutif, Lovemore Sekeramayi. "Les résultats officiels seront annoncés à la nation par la Commission." Le secrétaire d'Etat à l'Information, George Charamba, a lui aussi mis en garde le MDC dans le journal gouvernemental Sunday Mail. Le chef du MDC Morgan Tsvangirai "annonce des résultats, déclare le MDC et lui-même vainqueurs, et ensuite? Il se proclame président du Zimbabwe? Ca s'appelle un coup d'Etat", a-t-il lancé.

Pour le MDC toutefois, la manoeuvre vise à "protéger les résultats" du parti. "Nous ne faisons pas confiance à la Commission électorale, qui n'est pas indépendante", a affirmé M. Biti. 5,9 millions de Zimbabwéens étaient appelés aux urnes samedi. Le président Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980, se présentait pour un 6ème mandat à la tête d'un pays à l'économie dévastée, face à Morgan Tsvangirai et Simba Makoni, un ancien ministre des Finances. Il s'est défendu samedi de chercher à truquer le vote, qui a réuni pour la première fois les élections présidentielle, législatives, sénatoriales et municipales.

"Il n'est pas dans nos habitudes de frauder aux élections (...) Ma conscience ne me laisserait pas en paix si j'avais triché", a-t-il déclaré. Mais une équipe d'observateurs africains a exprimé dès samedi sa "profonde inquiétude" après la découverte de milliers d'électeurs fantômes dans un district du nord de Harare. L'opposition mise sur l'état de déliquescence de l'économie, qui rend la vie quotidienne insupportable: l'inflation dépasse l'entendement à plus de 100.000% par an, quatre adultes sur cinq sont au chômage et les produits de première nécessité ont disparu des magasins.

Le délabrement économique de l'ancien grenier à grain d'Afrique australe, selon les critiques à l'encontre du régime, remonte à la réforme agraire lancée dans la précipitation en 2000. Les terres ont été redistribuées à des proches du régime et à de petits paysans sans formation ni équipement. Pour M. Mugabe, la faute en incombe aux sanctions imposées par l'Occident depuis des élections estimées frauduleuses en 2002, qui visent les proches du pouvoir. Il a axé sa campagne sur le rejet de l'ancienne puissance coloniale britannique et de ses alliés.

L'opposition revendique la victoire au Zimbabwe
30/03/2008 Reuters - L'opposition du Zimbabwe a revendiqué la victoire face au président sortant Robert Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans, sur la base des premiers résultats de l'élection de samedi. "C'est un moment historique pour nous tous. Nous avons remporté cette élection, nous avons gagné cette élection", a déclaré Tendai Biti, secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principale formation d'opposition, devant des journalistes, des diplomates et des observateurs. Les habitants du Zimbabwe ont voté samedi à l'occasion des élections les plus cruciales du pays depuis son accession à l'indépendance. L'opposition a accusé Mugabe, qui est âgé de 84 ans, d'avoir truqué le scrutin pour se maintenir au pouvoir en dépit des énormes difficultés économiques dans lesquelles se débat le pays. Des observateurs africains ont également dit avoir découvert des registres électoraux où figuraient des milliers d'électeurs fantômes. Selon Biti, les premiers résultats collectés par les représentants du MDC dans les bureaux de vote créditent leur dirigeant Morgan Tsvangirai de 66% des suffrages dans la capitale Harare, un bastion de

l'opposition Tsvangirai aurait également pris des voix à Mugabe dans les zones rurales où le président sortant est bien implanté. Il serait ainsi arrivé en tête dans la province de Masvingo, dans le sud du pays, et dans la Province de Mashonaland-Centre, au nord de la capitale, où le MDC n'a remporté aucun siège de député depuis 2000.

SILENCE DU CAMP MUGABE

Cette tendance favorable à l'opposition concernerait également la province de Mashonaland-Ouest, d'où Mugabe est originaire. Dans la deuxième plus grande ville, Bulawayo, un autre fief de l'opposition, Tsvangirai dispose d'une légère avance, selon Biti, sur l'ancien ministre des Finances, Simba Makoni, qui se présente également contre Mugabe. Makoni serait en revanche en tête dans la province de Matabeleland-Sud avec 45% des voix.

"Ce n'est qu'un échantillon de ce qui nous parvient de toutes les provinces. De notre point de vue, un (renversement) de tendance est impossible", a dit Biti, qui a précisé que l'opposition communiquerait un plus grand nombre de résultats à 08H00 GMT. L'entourage du président Mugabe, qui a démenti les accusations de fraude, n'a pour l'instant pas réagi aux déclarations de l'opposition. La Commission électorale a fait savoir qu'elle commencerait à rendre publics des résultats officiels dans la journée. Les résultats définitifs des élections présidentielle, législatives et municipales ne sont pas attendus avant plusieurs jours. Avec les contributions de Cris Chinaka, Stella Mapenzauswa, Nelson Banya et Muchena Zigomo, version française Gwénaelle Barzic

 

L'opposition nigériane conteste la victoire de Umaru Yar'adua

C'est désormais officiel. Umaru Yar'adua, gouverneur de l'Etat de Katsina (nord) et candidat du parti au pouvoir au Nigeria, a été élu président de la République, a annoncé, lundi 23 avril, la commission électorale nationale à Abuja. Cette victoire, qui se profilait ces dernières heures, intervient alors que les observateurs internationaux et nationaux ont mis en doute la bonne tenue de cette élection. Dernière en date, l'Union européenne, qui avait envoyé une délégation de 150 observateurs pour contrôler la régularité des élections régionales, présidentielle et législatives des 14 et 21 avril , a en effet dénoncé les violences commises entre ces deux dates, parlant d' "au moins 200 personnes, dont des policiers et des candidats, [qui] ont été tués" . Un bilan "inacceptable au regard du respect du droit à la vie et du processus démocratique" , selon l'UE. Ces élections, premier passage de témoin entre deux présidents civils depuis l'indépendance en 1960, "ne peuvent être considérées comme crédibles" et "sont loin des critères démocratiques
internationaux de base" , a considéré le chef de la mission d'observation de l'UE, Max Van den Berg. Même attitude de la part des Etats-Unis, où le département d'Etat a parlé d' "élections imparfaites et, dans certains cas, extrêmement imparfaites" .

LA "MARIONNETTE D'OBASANJO"

Invoquant un scrutin "grossièrement truqué (...) surpassant même les fraudes massives de 2003" , les deux principaux candidats de l'opposition ont contesté la victoire de Yar'Adua. Atiku Abubakar, arrivé troisième, a lui aussi rejeté les résultats officiels. Quant au plus grand groupe d'observateurs nigérians, le Transition Monitoring Group, il a, devant l'ampleur de la fraude, demandé lundi l'annulation pure et simple des élections qu'il a qualifié de "mascarade" .

Le président nigérian, Olusegun Obasanjo, qui ne pouvait se présenter après deux mandats, a même été contraint d'admettre, lundi, que cette élection ne pouvait être qualifiée de scrutin parfait et a appelé la population à ne pas perdre confiance dans le processus démocratique. Face à l'ampleur des irrégularités, certains observateurs s'interrogent désormais sur la légitimité du futur pouvoir, avec un probable président souvent qualifié par l'opposition de "marionnette d'Obasanjo" . Ce dernier devrait quitter officiellement le pouvoir le 29 mai. 

Le Zimbabwe paie les choix de Mugabe Avec une inflation de 1 800 %, la population, plongée dans la misère, survit grâce au marché noir.
Avec une inflation de 1 800 %, la population, plongée dans la misère, survit grâce au marché noir. «J e suis furieux,  peste un Européen, installé depuis trente ans au Zimbabwe. Mon fils a besoin d'un appareil dentaire, et vendredi l'orthodontiste voulait 30 millions de dollars zimbabwéens  [2 500 dollars US au taux de change parallèle, ndlr]. Quand j'ai pu rassembler cette somme, mardi, la facture était passée à 50 millions !»  L'hyperinflation ­ près de 1 800 % par an, un record mondial ­ est un fléau au pays de Robert Mugabe. Dans les magasins, les prix grimpent tous les jours. Après l'indépendance de 1980, le Zimbabwe a fait figure de pays modèle en Afrique, avec une économie agricole et minière prospère, des infrastructures développées et un bon niveau d'éducation. Mais, dans les années 90, les coupes imposées par le FMI dans les services publics ont entraîné un mécontentement social, qui s'est traduit, sur le terrain politique, par la création du parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), du syndicaliste Morgan Tsvangirai. Monnaie de singe.  Le Zimbabwe a alors commencé sa descente aux enfers : craignant de perdre les élections de 2000, le président Mugabe a lancé une violente réforme agraire, qui a abouti au départ de la plupart des 4 500 fermiers blancs. Pilier de l'économie, la production agricole ­ notamment celle du tabac, grand fournisseur de devises étrangères ­ s'est effondrée. De nombreuses industries de transformation ont fermé leurs portes, entraînant un chômage massif, et le gouvernement a eu recours à la planche à billet, plongeant le pays dans la spirale de l'hyperinflation. Il existe désormais deux sortes de citoyens au Zimbabwe : ceux qui ont accès à des devises étrangères et qui les changent au cours parallèle, cent fois plus avantageux ; et les autres, qui dépendent du dollar zimbabwéen, devenu monnaie de singe. «Mon mari ne peut même plus payer le bus pour aller travailler,  se plaint Gloria Mauta, 47 ans. Le ticket coûte 5 000 dollars, alors que comme maçon il ne gagnait que 100 000 dollars par mois  [5 dollars US] ».  La famille de Gloria survit en vendant des fruits dans la rue, à la sauvette. «Régulièrement, la police saisit la marchandise.»  Depuis l'opération Murambatsuina  («Vidons les ordures»), lancée en juin 2005 pour chasser quelque 800 000 pauvres hors de la ville, le commerce de rue est interdit. Dans son salon, le lecteur de DVD témoigne de la relative aisance passée de cette famille, dont les trois enfants partagent un seul lit. L'aînée, Numsa, 26 ans, marche deux heures par jour jusqu'à son travail. La seconde, Juliet, 17 ans, devait passer son bac cette année. «Mais on ne pouvait plus payer les frais de scolarité annuels de 300 000 dollars. Beaucoup de familles sont dans ce cas»,  constate sa mère. Chaque jour, pour le repas de midi, la famille mange de la farine de maïs, avec quelques légumes du potager. «On ne peut même plus acheter du pain, à 3 000 dollars. Regardez mon frigo : il est quasi vide ! Une fois par semaine, on mange de la viande hachée. Parfois, ma soeur me ramène du riz du Botswana.»  Un quart des 12 millions de Zimbabwéens vivraient désormais à l'étranger, principalement en Afrique du Sud. Ce sont eux qui font vivre les familles restées au pays. Marché noir.  Le commerce transfrontalier alimente aussi le marché noir : les voyageurs ramènent même du sucre d'Afrique du Sud, alors que le Zimbabwe en exporte. Mais le gouvernement a imposé des prix tellement bas pour certains produits de base qu'il est impossible d'en trouver dans les magasins. L'électricité, aussi importée d'Afrique du Sud, est subventionnée à grand frais, mais les coupures sont devenues quasi quotidiennes. Les profits du marché noir sont réinvestis dans la Bourse d'Harare, qui ne s'est jamais aussi bien portée. Les beaux quartiers, avec leur luxuriante végétation tropicale, font toujours belle figure. Mais dans les quartiers populaires, beaucoup de familles ne font plus qu'un repas par jour.
Kofi Annan président d'un prix de la bonne gouvernance en Afrique
LONDRES (AFP) - lundi 02 avril 2007 - 12h56 - L'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a été nommé dimanche président du jury du prix Mo Ibrahim, une récompense de cinq millions de dollars en dix versements qui sera décernée chaque année à un chef d'Etat africain ayant promu la bonne gouvernance. Ce comité de six personnalités comprendra également le médiateur de l'ONU pour le Kosovo Martti Ahtisaari, l'ancien haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme Mary Robinson, et le conseiller spécial du directeur général de l'UNESCO Aicha Bah Diallo. En feront aussi partie Ngozi Okonjo-Iweala, ancien ministre nigérian des Finances et des Affaires étrangères, et l'ancien Premier ministre tanzanien Salim Ahmed Salim, également ancien secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA). "La bonne gouvernance et le leadership sont cruciaux pour trouver des solutions aux vastes défis auxquels est confrontée l'Afrique", devait déclarer M. Annan au cours de l'annonce de la composition du comité à Genève. Il devait également formuler l'espoir que le prix "encouragera une nouvelle génération de jeunes dirigeants" à relever ces défis. Ce prix de cinq millions de dollars (3,97 millions d'euros) a été créé en octobre dernier par le multimillionnaire soudanais Mo Ibrahim. Il sera décerné pour la première fois cette année. Son montant est largement supérieur à celui du prix Nobel de la paix (1,3 million de dollars). Le prix, qui sera réparti en dix versements annuels de 500.000 dollars (397.000 euros), récompensera un chef d'Etat africain quittant le pouvoir et s'étant distingué dans ses fonctions par son action en matière d'éducation, de développement économique, de santé et de droits de l'homme, mais également de transparence de son administration. Le lauréat percevra de plus, à l'issue des dix ans, une pension annuelle de retraite de 200.000 dollars (159.000 euros) jusqu'à sa mort. Il bénéficiera enfin tous les ans d'un financement de 200.000 dollars pour soutenir un projet de développement de son choix dans son pays.La fondation Mo Ibrahim lance par ailleurs de l'Index Ibrahim pour la Gouvernance de l'Afrique, une échelle
de notation des pays qui donnera aux Africains des repères sur la qualité et la probité du travail de leurs dirigeants. "Cinq millions de dollars pour récompenser les bons dirigeants, ce n'est rien quand il s'agit d'une question de vie ou de mort", avait déclaré en octobre M. Ibrahim. "Nous voulons célébrer celui qui sera parvenu à sortir son peuple de la pauvreté (car) cela mérite le plus grand prix du monde", avait-il dit.
Zimbabwe: un leader de l'opposition inculpé pour incitation à la violence affirme son avocat
Arthur Mutambara, leader d'une des composantes de l'opposition zimbabwéenne, va être inculpé pour incitation à la violence publique, après avoir été de nouveau interpellé samedi, a déclaré son avocat. Mutambara a été interpellé à l'aéroport international de Harare alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Afrique du Sud, selon un responsable de son parti. "Il (Mutambara) est en train d'être inculpé pour incitation à la violence publique", a déclaré à l'AFP son avocat, Me Harrison Nkomo. "Ce sont les mêmes charges pour lesquelles il a été inculpé la semaine dernière, et que la Haute cour a rejetées. Nous agissons maintenant pour qu'il puisse quitter les cellules de la police. Nous avons écrit une lettre en ce sens à la police et au bureau du procureur général", a-t-il ajouté. Mutambara faisait partie d'un groupe de 49 autres personnes, parmi lesquelles figurait le leader d'une autre fraction du Mouvement démocratique pour le changement (MDC), Morgan Tsvangirai, qui avaient subi
des violences lors de leur détention après leur arrestation par la police avant un rassemblement de l'opposition, le 11 mars. Mutambara, ancien leader étudiant, a été élu en février à la tête d'une fraction du MDC à la suite d'une scission dans le parti. L'autre fraction est dirigée par son leader historique, Morgan Tsvangirai, qui a quitté l'hôpital vendredi. Son avocat a ajouté qu'il allait déposer lundi en référé une demande de libération de son client devant la Haute cour de justice . La police, de son côté, a annoncé avoir identifié les principaux responsables de l'attaque au cocktail Molotov menée contre un commissariat à Harare la semaine dernière, selon des informations publiées dans la presse. Le porte-parole de la police, Wayne Bvudzijena, cité par le journal Sunday Mail (proche du pouvoir), a affirmé que l'identité des suspects responsables de cette attaque, attribuée à des militants d'opposition, avait été établie. Deux femmes policiers avaient été blessés lors de cette attaque. Par ailleurs, Nelson Chamisa, porte-parole du MDC, dirigé par Morgan Tsvangirai, a été "grièvement blessé à la tête" dimanche "par des agents de la sécurité" à l'aéroport d'Harare, a déclaré un responsable du MDC. Nelson Chamisa a été agressé par des hommes, soupçonnés d'être des agents de la sécurité d'Etat alors qu'il se rendait à l'aéroport d'où il devait s'envoler pour Bruxelles . Il devait y participer à une réunion des ACP ( Afrique , Caraïbes, Pacifique) et l'Union européenne, a déclaré à l'AFP le porte-parole de Tsvangirai, William Bango. Chamisa "a été violemment battu ce matin sur le chemin de l'aéroport par des agents de la sécurité (...) Il devait participer à une réunion ACP-UE à Bruxelles . Les agents de la sécurité ont pris son passeport, ordinateur et ses bagages. Il a été grièvement blessé à l'oeil", a ajouté le porte-parole. "C'est vraiment grave. Il a été grièvement blessé à la tête", a poursuivi M. Bango. Une partie de ses bagages a été pillée. Chamisa faisait partie d'un groupe de 49 autres personnes, parmi lesquelles figurait Morgan Tsvangirai, qui avaient subi des violences lors de leur détention après leur arrestation par la police avant un rassemblement de l'opposition, le 11 mars. Il est devenu le quatrième membre de l'opposition a avoir été empêché de quitter le pays durant les deux derniers jours. ( Source Yahoo)
Mobilisation à Paris pour les enfants soldats

Le drame des enfants soldats est au coeur d'une conférence internationale, aujourd'hui et demain à Paris, pour mieux lutter contre un fléau qui touche surtout l'Afrique. « J'AI 12 ANS et je fais la guerre »  : l'édifiant documentaire réalisé par Gilles de Maistre en 1990 reste d'actualité pour plus de 250 000 enfants soldats dans le monde, en Afrique, mais aussi au Proche-Orient, en Asie (Birmanie, Népal, Sri Lanka, Philippines...) et en Amérique latine (Colombie...). « Protéger ces enfants constitue un enjeu éthique, un enjeu de stabilité et un enjeu de développement » , souligne Philippe Douste-Blazy qui copréside avec Ann Veneman, directrice exécutive de l'Unicef, la conférence internationale qui se tient aujourd'hui et demain à Paris.
Pour la première fois, l'ensemble des intervenants concernés par le drame des enfants soldats sera rassemblé : gouvernements des pays affectés, ONG, agences pour le développement, travailleurs de terrain, représentants des forces de maintien de la paix, États donateurs... Des témoins - tel Ishmael Beah, ex-enfant combattant de Sierra Leone - seront également présents.

Favoriser la réinsertion
Quelque 300 participants de 60 pays sont attendus, certains représentés au niveau ministériel (RD-Congo, Sierra Leone, Tchad, Haïti, Burundi...). Ils sont appelés à signer les « Principes de Paris » qui serviront de référence aux programmes de prévention, de libération et de réinsertion des enfants en armes.
Déclenchée par les atrocités au Sierra Leone et au Liberia, la prise de conscience a été tardive. En 1997, une première conférence a réuni au Cap plusieurs ONG, sans les États.
Depuis 1999, l'ONU a voté six résolutions et une « liste noire » répertorie les parties qui, dans douze pays, recrutent ou utilisent des enfants. Mais les initiatives ont souvent été brouillonnes et manifestement insuffisantes pour endiguer le phénomène. « Il s'agit maintenant d'actualiser les Principes du Cap, de tirer parti de nos erreurs et de notre expérience » , relève-t-on au Quai d'Orsay.
À Paris, l'accent sera mis sur la situation des filles qui sont jusqu'à 40 % dans certains groupes armés. Leur salut tiendrait souvent à des initiatives toutes simples : empêcher qu'elles ne soient capturées en allant chercher de l'eau, leur donner une plaquette patronymique avec leur nom et celui de leur village. Il faudrait aussi veiller à ce que les jeunes soldats libérés soient logés loin des combattants adultes. Autre priorité, la réinsertion qui, pour être efficace, nécessite un accompagnement sur la durée. Certains pays, tels les États-Unis ou l'Ouganda, ne sont pas prêts à accepter de nouvelles mesures qu'ils estiment contraires à leurs intérêts. Des ONG jugent aussi trop strictes certaines exigences, comme la barre des 18 ans en deçà de laquelle on serait considéré comme un enfant soldat. « Il ne faut pas se réfugier derrière des pratiques locales » , leur rétorque Radhika Coomaraswamy, la représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU.
 
Pierres contre balles: journée sanglante dans les rues de Conakry
Dix-sept manifestants ont été tués lundi par les forces de l'ordre en Guinée, dont treize dans la banlieue de Conakry, au 13e jour d'une grève générale illimitée, selon un nouveau bilan obtenu de source hospitalière et syndicale.
Depuis le début du mouvement le 10 janvier, 27 personnes ont trouvé la mort. La journée de lundi est de loin la plus meurtrière. Treize personnes ont été tuées et au moins 30 blessées par balles dans différents quartiers de la banlieue de la capitale Conakry, selon un responsable de l'hôpital Donka, un des deux plus grands hôpitaux de la capitale. A Kankan (est), deux manifestants ont été tués et 11 blessés par les forces de l'ordre et à Siguiri, près de Kankan, deux manifestants ont été tués et huit blessés, a indiqué M. Mamadi Condé, secrétaire-général de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) dans la région de Kankan. Le mouvement de contestation appelant au départ du président Lansana Conté entendait, à l'origine, dénoncer la corruption et l'ingérence dans les affaires judiciaires du président Conté, 72 ans. Les manifestants exigent dorénavant la démission du Chef de l'Etat, au pouvoir depuis 23 ans mais affaibli par la maladie.
Selon des témoins, les victimes de lundi ont été tuées dans différents quartiers de la périphérie de Conakry lors d'échauffourées entre manifestants et policiers anti-émeute: trois manifestants ont été tués à Hamdalaye, deux à Lambania, un à Enco-Cinq et un à Matam, selon ces témoins. Par la suite, plusieurs milliers de jeunes gens ont quitté la banlieue pour se rendre au centre de la capitale, faisant craindre de nouvelles violences. "On va au Palais, on va prendre le Palais (présidentiel)", criait l'un d'entre eux.
En province, des manifestations ont rassemblé chacune des milliers de personnes à Pita (centre), Dabola (centre), Kankan (est) et Telemele, malgré les appels au calme et au dialogue qui se succèdent.
A Lambania, des manifestants scandant le slogan "à bas la dictature" ont affiché leur détermination: "nous sommes prêts à mourir pour le changement, on en a marre de ce pays", a crié l'un d'eux. "On n'a pas d'eau, pas d'électricité, on n'a rien. Il faut un changement. On n'arrêtra pas tant qu'il n'y a pas de changement", a renchéri un autre. A l'origine, le mouvement avait été lancé par une coalition syndicale, soutenue par 14 partis d'opposition, pour protester contre la corruption et l'ingérence du chef de l'Etat dans les affaires judiciaires. Mais il s'est ensuite radicalisé devant l'intransigeance du pouvoir. Depuis quelques jours, les manifestants demandent de plus en ouvertement le départ du chef de l'Etat. A Pita, les manifestants, essentiellement des femmes, scandaient des slogans comme "à bas la dictature" ou "on ne laissera pas un mourant nous gérer", en référence à la santé défaillante du chef de l'Etat. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon avait appelé dimanche le gouvernement et les syndicats de Guinée à faire preuve de modération et à trouver un accord pour mettre un terme à la crise. M. Ban "presse le gouvernement, les dirigeants syndicaux et les autres parties concernées de faire preuve de modération", a indiqué sa porte-parole Michèle Montas dans un communiqué. Les Eglises de Guinée avaient pour leur part dénoncé "la mal-gouvernance" et la "détérioration des conditions de vie" des Guinéens et appelé la population au calme.
Les Eglises catholique, protestante et anglicane "admettent que la base et l'origine du mal guinéen résident pour l'essentiel dans la mal-gouvernance, caractérisée par l'absence de vérité et l'injustice, et du manque de dialogue franc et courageux maintes fois dénoncé autant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays", avait déclaré Olivier Bangoura, porte-parole du conseil chrétien. Une mission de médiation régionale des présidents sénégalais Abdoulaye Wade et nigérian Olusegun Obasanjo, à la demande de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cedeao), est attendue pour les prochains jours à Conakry. Mais son utilité a été fortement mise en doute en Guinée, autant par l'opposition que par le parti au pouvoir.
 
RWANDA
Bruguière incrimine Paul Kagamé
Le juge Bruguière accuse l'actuel président rwandais d'avoir déclenché le génocide de 1994. LE JUGE Bruguière a clôturé son enquête sur l'attentat du 6 avril 1994 qui, au Rwanda, fut l'événement déclencheur d'un génocide qui fit 800 000 morts en trois mois. Selon des sources judiciaires citées par l'AFP, le magistrat antiterroriste aurait recommandé dans une ordonnance des poursuites devant le Tribunal pénal international d'Arusha (TPIR) contre le président rwandais Paul Kagamé.

Soupçonné selon le juge Bruguière de « participation présumée », l'ancien chef de la rébellion du FPR (Front patriotique rwandais) devenu président du Rwanda bénéficie de l'immunité reconnue aux chefs d'État en exercice. Le parquet français ne devrait donc pas avoir à se prononcer sur la recommandation exprimée par le magistrat. Dans un document lié au dossier, le juge Bruguière précise qu'il entend informer le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, des éléments de son enquête afin, éventuellement, de saisir le TPIR. Dans le même moment, le magistrat a demandé dans une ordonnance de soit communiqué (document transmis au parquet) l'avis du ministère public sur les arrestations de neuf membres de l'entourage du chef de l'État rwandais, Paul Kagamé, dans le cadre de son enquête sur l'attentat. Le chef d'état-major de l'armée rwandaise, James Kabarebe, est nommément cité dans ce document tout comme l'actuel ambassadeur du Rwanda en Inde, Faustin Nyamwasa-Kayumba, le chef d'état-major de l'armée de terre rwandaise, Charles Kayonga, et plusieurs militaires ou hauts fonctionnaires.

Convaincre l'ONU

Hier dans la soirée, le parquet a requis l'émission de mandats d'arrêt internationaux contre ces neuf personnes. Il revient désormais au juge Bruguière de signer les demandes d'arrestation, ce qui pourrait intervenir dans les prochains jours. Et de convaincre l'ONU de la valeur de ses accusations. Le magistrat affirme notamment que « Paul Kagamé, avec les membres de son état-major, avait, après les accords d'Arusha d'août 1993, conçu cette opération (NDLR : l'attentat) qu'il devait soigneusement planifier » . Ouverte depuis 1998, l'enquête du juge Bruguière sur l'origine de l'attentat du 6 avril 1994 a nourri jusqu'ici de nombreuses polémiques. Peu avant le dixième anniversaire du génocide des Tutsis du Rwanda, voici deux ans et demi, Le Monde avait déjà annoncé que le magistrat, ayant bouclé son instruction, imputait la responsabilité de l'attentat au président rwandais Paul Kagamé. Au nombre des éléments fournis à l'appui de cette conclusion figurait une sombre histoire de « boîte noire » qui, après enquête, fut démentie par l'ONU. Le juge Bruguière a entamé son instruction peu avant que ne soit formée en 1998 une mission parlementaire d'information sur le Rwanda. Dans leurs travaux sur l'attentat du 6 avril 1994, les parlementaires avaient étudié trois hypothèses quant aux éventuels auteurs : les extrémistes hutus, le FPR et les mercenaires. Ils ne s'étaient pas prononcés mais, après examen de nombreux documents fournis par les services officiels français, le rapporteur de la mission avait relevé une tentative de manipulation.

L'attentat, commis le 6 avril 1994, avait visé un Falcon-50, fourni par la France au Rwanda et piloté par un équipage français. Alors que le président rwandais, Juvénal Habyarimana, accompagné de son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira, rentrait de Tanzanie pour se poser à Kigali, l'avion avait été vers 20 h 30 la cible de deux missiles sol-air. Presque aussitôt, le pays des Mille Collines plongeait dans un stupéfiant cycle de massacres dont les principales victimes furent les Tutsis, exterminés aussitôt après l'élimination des responsables officiels modérés, dont le premier ministre, Agathe Uwilingiyimana. Le génocide dura cent jours et fit plus de 800 000 morts. Il se termina, en pleine opération « Turquoise », quand le FPR s'empara de Kigali, le 4 juillet 1994. En 2004, à l'occasion de la commémoration du dixième anniversaire du génocide, le chef de l'État rwandais, Paul Kagamé, accusa la France de « complicité de génocide » .

La presse rwandaise attaque Paris après l'expulsion des diplomates français
KIGALI (AFP) - dimanche 26 novembre 2006 - 21h25 - La presse gouvernementale rwandaise a dénoncé ce week-end les "intentions diaboliques" de la France envers Kigali, alors que les derniers diplomates et fonctionnaires français en poste au Rwanda s'apprêtaient à quitter le pays lundi après la décision de leur expulsion annoncée vendredi
De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Balzy, a "regretté" la décision du Rwanda de rompre ses diplomatiques avec la France, au moment où le climat entre les deux pays était en train de s'améliorer après des années de défiance. Dans un éditorial, l'édition du week-end du seul quotidien rwandais, le Newtimes, dénonce lui le "manque de remords de la France.

Au lieu de reconnaître le rôle que tout un chacun sait qu'elle a eu dans le génocide rwandais de 1994, elle tente de faire croire au monde que le génocide a eu lieu parce que le +président Kagame et compagnie+ ont causé la mort de Juvénal Habyarimana", l'ancien président rwandais dont la mort dans un attentat contre son avion marqua le début des massacres. "Peut-être est-ce mieux que le monde entier sache qu'il y a depuis 1994 un problème entre le Rwanda et la France", ajoute l'éditorial, en référence à la rupture des relations diplomatiques. "La dernière initiative de la France" montre ses "intentions diaboliques" envers le Rwanda, affirme encore le quotidien, en allusion aux poursuites réclamées par le juge français contre le président Paul Kagame et l'émission de mandats d'arrêt contre neuf de ses proches, qui ont été à l'origine de la crise actuelle. Cette procédure s'inscrit dans le cadre d'une enquête du juge sur l'attentat qui a coûté la vie en 1994 au président Habyarimana, marquant le début du génocide qui a fait environ 800.000 morts, selon l'ONU, essentiellement des tutsis. Le contenu du rapport Bruguière et les mandats d'arrêt ont provoqué la fureur du régime rwandais, entraînant une escalade verbale des dirigeants de Kigali envers Paris tout au long de la semaine. Finalement, vendredi matin Kigali a annoncé le rappel de son ambassadeur, avant de décider le même jour de couper toute relation avec la France. Expulsé, l'ambassadeur de France a Kigali, Dominique Decherf, a quitté le pays samedi soir et toutes les institutions françaises au Rwanda - y compris l'Ecole internationale française Saint-Exupéry de Kigali et le centre culturel français - ont également reçu l'ordre de fermer leurs portes et tous leurs personnels français doivent quitter le pays dans les 72 heures. Tous les projets de développement financés par la France doivent également cesser leurs activités. Dans un entretien à Radio J, une radio de la communauté juive française, le chef de la diplomatie française a affirmé "regretter d'autant plus (la décision rwandaise) que nous étions en train de relancer des relations fortes avec ce pays". M. Douste-Blazy a déclaré que les démarches du juge constituaient une "décision de justice", et a souhaité que "la justice fasse son travail". Il a toutefois assuré que cela n'a "rien à voir avec une décision politique" de la part de la France. Les autorités rwandaises accusent régulièrement la France d'avoir entraîné et armé les auteurs du génocide avant les massacres. Paris a toujours démenti toute implication. Une commission d'enquête rwandaise mène des recherches sur le rôle de la France avant, pendant et après le génocide. Cette commission doit reprendre ses audiences publiques le 11 décembre et, à terme, se prononcer sur une éventuelle procédure contre Paris devant la Cour internationale de justice (CIJ), qui juge les différends entre Etats.

 
Le vieux président et les voleurs
LE MONDE | 30.11.06 | 14h48