September 2, 2008

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La junte forme un gouvernement sans fixer de durée à "la transition"
MAURITANIE - 1 septembre 2008 - AFP

La junte qui dirige la Mauritanie depuis le coup d'Etat du 6 août a installé lundi un gouvernement sans fixer de durée à la "transition", au moment où l'opinion mauritanienne s'interroge sur le temps que les militaires mettront cette fois à restituer le pouvoir aux civils. Tard dans la soirée de dimanche, un communiqué de la présidence du Haut conseil d'Etat (junte) annonçait à la télévision d'Etat qu'un gouvernement de 22 ministres avait été formé "par décret", sous la direction du diplomate Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. Cette annonce intervenait 26 jours après le putsch qui a renversé Sidi Ould Cheikh Abdallahi, premier président démocratiquement élu depuis l'indépendance du pays en 1960, et porté au pouvoir un conseil d'officiers dirigé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz. Ce cabinet, rénové dans sa grande majorité, est notamment censé préparer des concertations nationales autour de cette "transition", selon une source proche de la junte. La majorité des ministres appartient à la mouvance qui soutient le coup d'Etat, pour la plupart de jeunes technocrates inconnus du public et dont le choix viserait à "faire peau neuve et rassurer l'opinion", a estimé lundi l'éditorialiste du journal La Tribune.

Le directeur de l'hebdomadaire indépendant Le Calame, Ahmed Ould Cheikh, jugeait plutôt que la formation d'un gouvernement "(pouvait) provoquer l'escalade avec la communauté internationale et enclencher la spirale des sanctions internationales".

Dès lundi matin, la France a considéré que "cette décision, comme l'ensemble des mesures prises par les responsables militaires qui se sont emparés du pouvoir, et en particulier la destitution du président, (était) dénuée de toute légitimité". Le nouveau ministre des Affaires étrangères, Mohamed Mahmoud Ould Mohamedou, universitaire ayant enseigné à Harvard (Etats-Unis), aura la tâche difficile de convaincre la communauté internationale des bonnes intentions des militaires. Il devrait être l'interlocuteur des émissaires de l'Union africaine (UA), "prêts à se rendre de nouveau à Nouakchott afin d'approfondir les discussions pour la recherche d'une solution à la crise", avait annoncé l'UA samedi. Le Front national pour la défense de la démocratie (FNDD), coordination de cinq partis mauritaniens contre le coup d'Etat, a exprimé son "rejet absolu de cette formation illégale". Le FNDD a dénoncé "l'acharnement à violer la légalité" de "putschistes qui se sont affublés du nom de Haut conseil d'Etat".

Des membres de deux formations d'opposition au régime de Sidi Ould Cheikh Abdallahi font en revanche leur entrée au gouvernement: le Parti mauritanien pour l'union et le changement (PMUC) de Saleh Ould Henenna et le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) d'Ahmed Ould Daddah. Mais, aussitôt après cette annonce, le RFD, deuxième parti à l'Assemblée nationale, a considéré ces ministres comme "automatiquement démissionnaires" du parti. Le RDF avait en effet annoncé qu'il ne participerait pas au gouvernement, faute d'avoir obtenu des garanties sur l'inéligibilité à la présidentielle de tout membre des forces armées et sur la durée de la transition. Le général Ould Abed Aziz, à la présidence de ce conseil, s'est plusieurs fois engagé devant les Mauritaniens et "devant Dieu à organiser dans les meilleurs délais une élection présidentielle libre et transparente", mais sans fixer de délai. Il y a trois ans, les militaires avaient renversé le président Maaouiya Ould Taya puis gardé le pouvoir pendant 19 mois.

MAURITANIE: Mauritanie : le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi a été renversé
mercredi 6 août 2008 - Défié par les parlementaires de son parti, le président mauritanien a été démis par l'armée ce mercredi

Le premier président démocratiquement élu de Mauritanie a été victime d'un coup d'Etat militaire ce mercredi matin. Sidi Ould Cheikh Abdallahi et son Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf ont été arrêtés à Nouakchott par l'armée. Un "conseil d'Etat", dirigé par le général Mohamed Ould Abdel Aliz, a pris les rênes du pouvoir. La crise politique qui menaçait le pouvoir mauritanien depuis trois mois vient de connaître son épilogue ce mercredi matin. Le président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi et son Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf ont été arrêtés à Nouakchott, la capitale mauritanienne, à la suite d'un putsch militaire. Selon la fille du chef de l'État, jointe par RFI, le chef de l'Etat a été conduit dans au BASEP (les locaux du bataillon de la sécurité présidentielle) et son Premier ministre dans une caserne qui se trouve à proximité de la présidence de la République, d'après l'AFP.

Les accès menant à la résidence du chef de l'Etat avaient été bloqués dans la matinée par l'armée. Le coup d'Etat militaire semble s'être déroulé sans affrontement particulier et la capitale mauritanienne paraît calme. Cependant, les programmes de la radio et de la télévision nationales ont été interrompus par les militaires.

Un président désavoué par son parti

Ce coup d'Etat intervient au lendemain d'un appel à la démission lancé au président mauritanien par Mohamed Abdallahi Ould Dellahi, président des Partis de la convergence nationale (PCN), une coalition de 7 partis politiques mauritaniens. Sidi Ould Cheikh Abdallahi se serait « révélé incapable de mettre en œuvre le programme pour lequel il a été élu », rapporte Panapress. Aussi, les Mauritaniens « continuent de souffrir de misère, de marginalisation, de chômage, et des effets néfastes de la hausse des prix des denrées ». Mohamed Abdallahi Ould Dellahi a également accusé le pouvoir en place d'avoir détourné les deniers publics, notamment « les fonds de solidarité destinés aux sinistrés de la ville de Tintane (suite aux inondations de septembre 2007) » et ceux « consacrés au Programme spécial d'intervention (PSI), destiné à atténuer les effets de la hausse des prix des denrées alimentaires ».

Des raisons similaires avaient été évoquées par les 25 députés et 23 sénateurs qui ont démissionné lundi du Pacte national pour la démocratie et le développement (PNDD), parti au pouvoir. Les parlementaires avaient notamment affirmé leur intention de créer une autre formation politique à même d'apporter « le changement escompté », rapporte l'AFP. En juillet, le chef de l'Etat avait menacé de dissoudre le Parlement suite à la motion de censure déposée contre le gouvernement par 39 députés de la formation présidentielle.

L'armée reprend le pouvoir qu'elle avait donné aux civils en 2007

La plupart des députés frondeurs seraient proches à la fois de l'ancien président Maaouya Sid Ahmed Taya et de la junte militaire qui l'a renversé en 2005. Le Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD) avait dirigé le pays jusqu'en 2007. Deux de ses anciens membres, les généraux Ould Cheikh Mohamed Ahmed et Ould Abdel Aziz, respectivement chef d'état-major de l'armée et chef d'état-major particulier du président mauritanien, seraient à l'origine de ce bras de fer entre les parlementaires et le pouvoir. Leur limogeage par le chef de l'Etat mauritanien venait d'être annoncé ce mercredi matin par la radio nationale. Selon un communiqué du ministre de la Communication, ces nomminations ont été déclarées « sans effet » par les nouveaux maîtres de Nouakchott réunis au sein d'un "conseil d'Etat" à la tête duquel se trouve le général Mohamed Ould Abdel Aliz. Il serait le meneur du coup d'Etat, selon le porte-parole de la présidence mauritanienne Abdoulaye Mahmadou Ba.

Le Quai d'Orsay a déclaré qu'il suivait « la situation avec la plus grande attention en liaison avec l'ensemble de nos partenaires », par la voix de Romain Nadal, l'un des porte-paroles du ministère français des Affaires étrangères. Sidi Ould Cheikh Abdallahi, élu en mars 2007 , est le premier président mauritanien, depuis l'accession du pays à l'indépendance, à avoir été désigné au suffrage universel. Les élections de 2007 avaient été organisées sous la houlette du CMJD dont aucun membre n'avait été autorisé alors à se présenter . La transition "civile" aura été de courte durée.

Putsch en Mauritanie après le limogeage de militaires

Reuters - 06 Aout 2008

Des militaires putschistes ont renversé le président civil élu de Mauritanie et annoncé la formation d'un Conseil d'Etat dirigé par l'ancien chef de la garde présidentielle. Des soldats ont capturé le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi après l'annonce par le chef de l'Etat du limogeage de plusieurs militaires. La propre fille du chef de l'Etat, Amal Mint Cheikh Abdallahi, a confirmé à Reuters que la garde présidentielle avait mené un putsch et capturé son père dans la matinée. L'Union africaine et l'Union européenne ont condamné ce putsch dans ce pays semi-désertique de trois millions d'habitants qui produit depuis peu du pétrole mais dispose aussi de fer, de cuivre et d'or.

Jusqu'ici, on ne signale pas de violences majeures à Nouakchott, ou des militaires à bord de jeeps montés de pièces d'artillerie lourde gardent les abords des édifices publics. Toutefois, les forces de l'ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser une cinquantaine de partisans du président déchu réunis dans le centre-ville, a rapporté un correspondant de Reuters. Le Conseil d'Etat dirigé par l'un des officiers limogés, l'ancien chef de la garde présidentielle Mohamed Ould Abdelaziz, a annoncé qu'Abdallahi n'était plus chef de l'Etat et a annulé le décret de ce dernier limogeant Abdelaziz et les commandants de l'armée et de la gendarmerie. Le communiqué numéro 1 du Conseil a été retransmis par la chaîne de télévision Al Arabiya, basée dans le Golfe. La radio et la télévision mauritaniennes ont toutes deux cessé d'émettre en début de journée.

CONDAMNATIONS DU PUTSCH

A Paris, le ministère français des Affaires étrangères a dit suivre la situation "avec la plus grande attention", "en liaison avec l'ensemble" des partenaires de la France. Il a souligné l'importance qu'attache la France à la "stabilité" de la Mauritanie. Interrogé sur les raisons du coup d'Etat, un porte-parole a jugé prématuré de "qualifier cette situation", mais il a rappelé "l'attachement de la France à la préservation de l'Etat de droit en toutes circonstances et son hostilité à la prise du pouvoir par la force".

"Des mesures sont prises localement pour veiller à la sécurité des ressortissants français", ajoute le Quai d'Orsay.

La Commission européenne a condamné le coup d'Etat militaire à Nouakchott, réclamé le rétablissement du président Abdallahi et fait savoir qu'elle pourrait remettre en cause sa coopération avec la Mauritanie.

"La Commission européenne est très préoccupée par la situation en Mauritanie, qui remet en question les progrès remarquables sur la voie de la démocratie réalisés dans ce pays", a estimé l'exécutif européen dans un communiqué.

"La situation pourrait remettre en cause notre politique de coopération avec la Mauritanie", a ajouté le commissaire européen à l'Aide et au Développement, Louis Michel.

L'Union africaine a elle aussi condamné le putsch et réclamé le retour à la légalité constitutionnelle. Le commissaire de l'UA chargé des questions de paix et de sécurité, Ramtane Lamamra, va se rendre sur le champ à Nouakchott pour faire le point de la situation sur le terrain et aider à promouvoir une solution pacifique à la crise. Le Conseil de Paix et de Sécurité de l'UA va également se réunir incessamment pour examiner la situation.

SECRET DE POLICHINELLE

Abdallahi a été élu l'an dernier à l'occasion du retour à un régime civil en Mauritanie, une ancienne colonie française à cheval sur le monde arabe et l'Afrique noire. Il a succédé à une junte qui dirigeait le pays depuis le renversement du président Maaouya Ould Sid'Ahmed Taya en 2005, lors d'un coup d'Etat sans effusion de sang. Un responsable de la présidence a confirmé sous le sceau de l'anonymat que le président, le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur avaient été arrêtés et emmenés vers une destination inconnue.

En mai, Abdallahi avait remanié son gouvernement, critiqué pour ses réactions face à la hausse des prix des produits alimentaires et à des attentats revendiqués par Al Qaïda au Maghreb islamique. Mais à la mi-juillet, le Premier ministre Yahya Ahmed El Waghef avait formé une nouvelle équipe pour mettre fin à deux semaines de crise politique, le précédent cabinet ayant démissionné le 3 juillet sous la menace d'une motion de censure au Parlement. A la différence du précédent, le nouveau gouvernement ne comportait pas l'Union des Forces pour le Progrès (UFP, opposition) et le parti islamiste Tawassoul. Cette semaine, la plupart des parlementaires appartenant au parti PNDD-ADIL d'Abdallahi ont quitté cette formation avec, selon certaines sources politiques, la bénédiction de militaires de haut rang.

"Des rumeurs circulaient il y a une quinzaine de jours sur un possible coup d'Etat. C'était un peu un secret de Polichinelle que deux officiers supérieurs encourageaient cette scission au sein du parti au pouvoir", explique Ruairi Patterson, analyste chez Congrol Risks.

Avec Noiselle Champagne à Nouakchott et Inal Ersan à Doubaï, version française Guy Kerivel et Nicole Dupont

Les Etats-Unis condamnent le coup d'Etat en Mauritanie

Agence France-Presse - Le mercredi 06 août 2008

Washington

Washington a condamné le coup d'Etat militaire survenu mercredi en Mauritanie, soulignant que le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi était à la tête d'un régime élu démocratiquement.

«Nous condamnons cet acte», a déclaré à la presse un porte-parole du département d'Etat, Gonzalo Gallegos.

«C'était un régime constitutionnel élu démocratiquement et nous condamnons cet acte», a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat mauritanien a été arrêté à Nouakchott lors d'un coup d'Etat sans effusion de sang mené par le chef de la garde présidentielle qu'il venait de limoger. Son Premier ministre, Yahya Ould Ahmed Waghf, a également été arrêté. Ce coup de force intervient moins d'un an et demi après l'élection présidentielle de début 2007, saluée comme un «modèle démocratique» pour l'Afrique et le monde arabe.

"La France ne sera pas mécontente du coup d'État en Mauritanie"

Modifié le 06/08/2008 à 20:20 Le Point.fr -

Le président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi a été arrêté mercredi à Nouakchott au cours d'un coup d'État sans effusion de sang mené par le chef de la garde présidentielle qu'il venait de limoger. Lepoint.fr a joint le journaliste mauritanien Lemine Ould Med Salem (photo ci-dessous), qui connaît très bien les protagonistes du putsch. L'occasion de découvrir leurs motivations dans un pays qui avait connu des élections présidentielle et législatives parfaitement libres, pour la première fois, en 2007.

Lepoint.fr : Qui sont les putschistes ?
Lemine Ould Med Salem : Ce putsch a été mené par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, le chef du bataillon de la garde présidentielle, qui est la force d'élite mauritanienne, et le général Ould Cheikh Mohamed Ahmed, chef de l'armée. Ces deux officiers faisaient partie des instigateurs du putsch d'août 2005 contre le régime autoritaire du président Maaouiya Ould Taya, au pouvoir depuis 1984. Un putsch qui avait débouché sur un processus de transition démocratique exemplaire, puisque c'est l'unique fois où un pays membre de la ligue arabe a connu des élections législatives et présidentielles pluralistes avec des résultats reconnus par tous comme transparents et crédibles.

Lepoint.fr : Pourquoi ce putsch ?
L. O. M. S. : Officiellement, il s'agit, selon eux, de sauver la démocratie et de remettre sur les rails le processus démocratique qu'ils ont inauguré au sein de la junte en portant Ely Ould Mohamed Vall à la présidence de la République, en août 2005. Dans les faits, un bras de fer oppose le président déchu et les principaux chefs de l'armée après la constitution d'un gouvernement d'ouverture le plus large possible, en mai dernier. Deux partis de l'ancienne opposition y ont fait leur entrée, ainsi que quelques figures du régime de l'ancien président Taya. C'est ce qui a poussé, sous l'impulsion des généraux, certains députés, tous issus de la majorité présidentielle, à déposer une motion de censure. Un nouveau gouvernement a donc été formé, le mois dernier, sans pour autant donner satisfaction aux députés frondeurs, qui ont à nouveau menacé de déposer une motion de censure, tout en demandant la convocation d'une session extraordinaire du Parlement et la mise en place d'une commission d'enquête chargée de vérifier le fonctionnement et le financement de la fondation caritative que dirige l'épouse du chef de l'État. Ce dernier a tenté de reprendre la main en décidant ce matin (mercredi 6 août) de démettre les principaux chefs de l'armée, qui ont immédiatement riposté en le destituant.

Lepoint.fr : Quelle importance joue l'armée en Mauritanie ? Quelle voie de sortie pour les putschistes ?
L. O. M. S. : Tous les présidents, jusqu'en 2007, étaient issus de l'armée. Depuis le coup d'État militaire de juillet 1978, l'armée est devenue le principal pilier de la vie politique et des institutions, même si, constitutionnellement, elle n'a pas plus de pouvoir que l'armée d'un pays démocratique standard. Cette prise de pouvoir militaire est donc en violation de la légalité. Sauf que ce coup d'État n'a pas donné lieu à des manifestations d'opposition. La majorité présidentielle et le principal parti de l'ancienne opposition l'ont approuvé. Le fait aussi que les putschistes n'aient pas suspendu le Parlement, les partis politiques, les syndicats, la presse indépendante, leur donne la possibilité de se présenter comme étant mus par des motivations essentiellement démocratiques. Je pense que le nouveau conseil d'État présidé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz - le nouvel homme fort dans le pays - finira par annoncer l'organisation prochaine d'une élection présidentielle.

Lepoint.fr : Les relations franco-mauritaniennes peuvent-elles être affectées par ce putsch ?
L. O. M. S. : Pour la forme, la France va évidemment condamner le coup d'État. Pour le fond, elle ne devrait pas être très mécontente de la destitution du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. La Mauritanie est une sorte de voie de passage entre le Maghreb et l'Afrique de l'Ouest. La France est donc très soucieuse de la stabilité de ce pays. Or, la Mauritanie connaît l'émergence d'un phénomène islamiste, notamment avec l'assassinat de quatre Français, le 24 décembre 2007, qui coïncide justement avec l'arrivée au pouvoir de Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Alors que l'ancien régime, puis la junte, avaient fait du combat contre l'islamisme politique l'un de ses principaux objectifs, le président renversé aujourd'hui avait légalisé un parti islamiste, remplacé le week-end universel du samedi et dimanche par le week-end islamique du jeudi et vendredi et construit une mosquée au sein de la présidence, ce que ses prédécesseurs n'avaient jamais fait. Tous ces éléments n'étaient pas très appréciés par les partenaires occidentaux de la Mauritanie.