April 13, 2008

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Actualité | International

Kenya: l'opposant Odinga Premier ministre d'un cabinet de sortie de crise

NAIROBI (AFP) — Le président kényan Mwai Kibaki a annoncé dimanche la nomination du chef de l'opposition Raila Odinga au poste de Premier ministre, en rendant publique la composition d'un gouvernement de coalition devant régler la sanglante crise post-électorale qui a ébranlé le pays.

Ce gouvernement de "grande coalition", selon l'expression de M. Kibaki, devra s'attacher selon lui à "construire un nouveau Kenya", après les violences politico-ethniques qui ont suivi la contestation par l'opposition de l'élection présidentielle du 27 décembre, entachée de graves irrégularités.

"Construisons un nouveau Kenya où la justice est notre bouclier (...) et où la paix, la justice et l'abondance existeront à travers notre pays", a ajouté M. Kibaki lors d'une allocution retransmise en direct par les télévisions kényanes depuis la présidence à Nairobi, en présence notamment de M. Odinga.

Dans le cadre du gouvernement de coalition, Uhuru Kenyatta - fils du premier président du pays Jomo Kenyatta et représentant le camp présidentiel - et Musalia Musavadi, représentant le Mouvement démocratique orange (ODM) de M. Odinga, ont également été nommés vice-Premiers ministres.

Le camp présidentiel et l'ODM se répartissent les porte-feuilles ministériels dans ce cabinet, conformément à un accord conclu le 28 février entre MM. Kibaki et Odinga, sous la médiation de l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, pour mettre fin aux violences politico-ethniques.

La contestation par l'opposition de la réélection de M. Kibaki a plongé le Kenya - pays jusque lors considéré comme un modèle de stabilité dans une région particulièrement troublée - dans une crise politique majeure, qui a fait 1.500 morts et plus de 300.000 déplacés, essentiellement dans les semaines qui ont suivi le scrutin. Depuis la signature de cet accord, les négociations entre les deux camps avaient été marquées par la méfiance et les accusations réciproques de vouloir saboter l'application du texte.

L'accord avait certes été entériné à l'unanimité par le Parlement le 18 mars, mais les tractations sur la formation du gouvernement s'étaient ensuite enlisées. MM. Kibaki et Odinga avaient finalement affirmé le 3 avril être tombés d'accord sur la taille et la composition de ce gouvernement prévoyant la création d'un poste de Premier ministre destiné à M. Odinga. Mais deux jours plus tard, leurs deux camps avaient une nouvelle fois affiché leurs désaccords profonds sur l'attribution des postes clés du gouvernement, entraînant une suspension des discussions. Face à la perspective d'un nouveau blocage politique susceptible de provoquer d'autres violences, la communauté internationale avait multiplié ces derniers jours les pressions sur les dirigeants kényans pour qu'ils trouvent un terrain d'entente sur le partage des porte-feuilles ministériels.

Les craintes de nouvelles violences avaient été ravivées par des manifestations fustigeant les retards dans l'annonce du cabinet. Ces manifestations ont éclaté en début de semaine à Nairobi dans le bidonville de Kibera, fief de M. Odinga où les affrontements politico-ethniques et la répression policière du début de l'année avaient été particulièrement meurtriers. En début de semaine, Washington, allié traditionnel du Kenya, avait réclamé la formation "sans plus de délai" d'un gouvernement de coalition. En l'absence d'un tel gouvernement, les Etats-Unis "établiront leur propre jugement sur les responsabilités ayant conduit à l'échec dans la mise en oeuvre de cet accord et agiront en conséquence", avait prévenu la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice.

 
Raila Odinga nouveau premier ministre du Kenya
J.B. (lefigaro.fr) Avec AFP et AP - 13/04/2008 -

Le chef de l'opposition a été nommé par le président Mwai Kibaki en application d'un accord de réconciliation prévoyant un partage du pouvoir.

Le président kényan Mwai Kibaki a annoncé dimanche la nomination du chef de l'opposition Raila Odinga au poste de premier ministre.Il rendait publique la composition d'un gouvernement de coalition devant régler la sanglante crise post-électorale qui a ébranlé le pays, après la réélection contestée de Kibaki en décembre dernier.

Dans le cadre du gouvernement de coalition, Uhuru Kenyatta, représentant le camp présidentiel et Musalia Musavadi, représentant le Mouvement démocratique orange (ODM) d'Odinga, ont également été nommés vice-premiers ministres, a ajouté Kibaki lors d'une allocution retransmise en direct par les télévisions kényanes. Uhuru Kenyatta est le fils de Jomo Kenyatta, héros de l'indépendance du Kenya et premier président du pays. Le camp présidentiel et l'ODM se répartissent l'ensemble des portefeuilles ministériels. S'exprimant à la présidence kényane à Nairobi, en présence notamment de Raila Odinga, le chef de l'Etat a indiqué que le nouveau gouvernement de «grande coalition», selon l'expression de Kibaki, devrait s'attacher à «construire un nouveau Kenya», après les violences politico-ethniques qui ont suivi la contestation de l'élection présidentielle du 27 décembre entachée de graves irrégularités.

La contestation par l'opposition de la réélection de Mwai Kibaki a en effet plongé le Kenya dans une crise politique majeure, qui a fait 1.500 morts et plus de 300.000 déplacés. Un accord de réconciliation nationale, signé le 28 février dernier sous la médiation de l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, avait prévu la création d'un gouvernement de coalition entre les partisans de Kibaki et ceux d'Odinga. Cet accord avait été entériné à l'unanimité par le Parlement le 18 mars.

 
Zimbabwe: la bataille électorale se déplace sur un terrain procédurier
HARARE (AFP) — La bataille électorale au Zimbabwe entre lundi dans une phase procédurière, l'opposition exigeant en justice la publication des résultats de la présidentielle du 29 mars, le parti du président Robert Mugabe réclamant un nouveau décompte des suffrages. Le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, est en Afrique du Sud lundi pour des "entretiens privés" alors que les résultats de la présidentielle du 29 mars se faisaient toujours attendre, a indiqué un ancien parlementaire en exil. "Il a une série d'entretiens privés et retourne (au Zimbabwe) ce soir", a déclaré Roy Bennett, ancien député du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) en exil en Afrique du Sud. M. Bennett s'est refusé à tout détail sur la teneur de ces entretiens comme sur les interlocuteurs du candidat à l'élection présidentielle au Zimbabwe, qui a revendiqué samedi la victoire contre le président Robert Mugabe. Un tribunal de Harare doit se prononcer lundi sur un recours du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) demandant la public-
action immédiate des résultats, au motif qu'ils ont été affichés dans les bureaux de vote et sont donc connus depuis plus d'une semaine. L'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir) a refusé dimanche la proposition du leader du MDC Morgan Tsvangirai de mise en place d'un gouvernement d'union nationale et a contre-attaqué en appelant la commission électorale à recompter les suffrages. Le MDC "nous a approchés pour former un gouvernement d'union nationale", a déclaré un haut responsable du parti, Patrick Chinamasa, ajoutant que la Zanu-PF "a rejeté cette approche". "Nous ne pouvons pas travailler avec le MDC car nos objectifs politiques et nos aspirations sont aussi différentes que le jour et la nuit", a ajouté Chinamasa, cité par l'hebdomadaire d'Etat The Sunday Mail.

Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, brigue un 6e mandat face à Tsvangirai, arrêté à plusieurs reprises et passé à tabac par la police l'an dernier. Dimanche, le MDC a plaidé devant un tribunal de Harare pour la publication des résultats de la présidentielle, dont Tsvangirai avait la veille revendiqué la victoire. Mais l'avocat de la commission électorale a répondu qu'elle avait besoin de temps pour vérifier les chiffres. La Zanu-PF a réagi en demandant à cette institution de "recompter et examiner tout le matériel électoral", arguant d'"erreurs et de mauvais calculs", selon The Sunday Mail. "C'est ridicule de demander un nouveau décompte quand les résultats n'ont même pas été annoncés", a rétorqué le porte-parole du MDC, Nelson Chamisa, soupçonnant le régime de les "tripatouiller". La Zanu-PF ayant accusé l'opposition de vouloir annuler la redistribution des terres aux noirs, des vétérans de la guerre d'indépendance, dont Mugabe est le héros, ont envahi certaines des dernières fermes appartenant à des blancs.

La plupart ont été dispersés par la police. Mais, selon un syndicat de fermiers, une poignée de ses partisans les plus durs du chef de l'Etat occupaient encore dimanche deux exploitations.

Décision attendue de la Haute Cour du Zimbabwe dans la crise post-électorale
EuroNews - 04/06/08 -

Au Zimbabwe, tous les regards sont tournés vers la Haute Cour. Les juges de cette instance suprême doivent dire aujourd'hui si oui ou non, il est possible d'annoncer les résultats de l'élection présidentielle. Le premier tour du scrutin a eu lien il y a plus d'une semaine. Et depuis, un bras-de-fer oppose les deux principaux candidats.

D'un côté, le président sortant, Robert Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans. Comme il sent que la victoire électorale risque de lui échapper, il réclame un nouveau décompte. En face, Morgan Tsvangirai, opposant historique. Chiffres à l'appui,il affirme avoir gagner la présidentielle dès le premier tour : "si les juges annoncent qu'il faut un second tour, alors, on va contester, prévient-il. Selon nos résultats, on est au dessus de la barre des 50%. Et même avec 49%, je suis gagnant. Car de toutes les manières, j'ai 5 ou 6 points de plus que mon adversaire. Donc je suis le vainqueur indiscutable." Le chef de l'Etat sortant, Robert Mugabe, et ses partisans maintiennent que l'opposition n'a pas gagné la présidentielle. Mais dans cette crise post-électorale, le parti de Mugabe, la ZANU-PF, n'est plus en position de force : il a perdu la majorité lors du scrutin législatif il y a dix jours. Fragilisé, le camp Mugabe pourrait se radicaliser.

C'est la crainte manifestée par certains au Zimbabwe : que la crise politique ne dégénère en guerre civile. Pour éviter un tel scénario, plusieurs habitants se sont rassemblés ce dimanche dans des églises ou dans des temples pour prier pour la paix dans le pays. La décision de la Haute Cour du Zimbabwe est attendue dans la matinée.

 
Zimbabwe: Le président Mugabe pourrait participer à un second tour

Caroline Stevan , avec les agences - Samedi 5 avril 2008 - La commission électorale n'a toujours pas publié les résultats de l'élection présidentielle tenue le 29 mars. Le parti au pouvoir conteste sa défaite aux législatives. Six jours après l'élection présidentielle du samedi 29 mars, le sort du Zimbabwe restait vendredi soir très incertain. Les résultats officiels tardent à être publiés, Morgan Tsvangirai, le leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), revendique toujours la victoire face à Robert Mugabe, tandis qu'un responsable du parti au pouvoir a annoncé la tenue d'un second tour. Le MDC a déposé un recours pour obliger la commission électorale à déclarer le vainqueur sans tarder; la loi zimbabwéenne prévoit normalement la promulgation du décompte six jours après la tenue du scrutin, c'est-à-dire hier

Crimes contre l'humanité
Certains observateurs, dès lors, assurent que l'actuel président essaie de gagner du temps pour négocier sa sortie.

A la tête de l'Etat depuis près de trente ans, Robert Mugabe a conduit son pays à la ruine. Héros de l'indépendance au début des années 1980, l'octogénaire est aujourd'hui un tyran encombrant. «Il ne peut pas troquer son retrait de la scène politique contre l'exil et l'immunité, affirme un expert. Ses méfaits relèvent du crime contre l'humanité, ils ne sont donc ni amnestiables ni prescriptibles. La seule chose qu'il puisse revendiquer est qu'on ne confisque ni ses biens, ni ses terres, ni ceux de son entourage. C'est difficile à accepter pour le MDC, car cela irait à l'encontre de la réforme agraire qu'il a promise.» Des discussions seraient également en cours entre l'opposition et les forces de sécurité du pays, cherchant à assurer leur maintien en cas de changement de régime.

Deux scénarios, dès lors, restent envisageables. L'organisation d'un second tour d'abord - si aucun des deux candidats n'a obtenu la majorité nécessaire de 50% des voix. Une éventualité qui semblait se profiler vendredi soir. D'aucuns craignent dans ce cas que le chef de l'Etat n'en profite pour amender la Constitution en sa faveur ou imposer la loi martiale après avoir provoqué quelques violences. «Nous avons sous-estimé la menace (de l'opposition), mais nous allons élaborer une stratégie précise pour le second tour et nous le remporterons, sans aucun doute», a déclaré vendredi un membre du bureau de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF), formation de Robert Mugabe. Mercredi déjà, le quotidien d'Etat The Herald avait ouvert la voie en évoquant la possible tenue d'un deuxième scrutin.

Opposition majoritaire au parlement

La dernière hypothèse, enfin, serait la proclamation pure et simple d'une victoire au premier tour de l'actuel président. Ce dénouement ne manquerait pas d'entraîner des violences à travers le pays - une grande partie de la population espérant le départ du vieux dirigeant -, lesquelles seraient sans doute suivies d'une vague de répression.

Pour mettre un terme aux spéculations, la présidence slovène de l'Union européenne a appelé vendredi la commission électorale zimbabwéenne à publier «sans nouveau délai» les résultats de l'élection présidentielle. L'Afrique du Sud a elle aussi pris position en ce sens, mais pour en finir avec les «complots» de certains médias internationaux accusés de mener «une campagne organisée» contre le régime de Harare. La commission électorale a cependant rendu public le décompte des législatives - également organisées samedi passé. La Zanu-PF a perdu la majorité qu'elle détenait depuis vingt-huit ans à la Chambre des députés, au profit du MDC qui dispose désormais de 109 sièges sur 210. Un résultat aussitôt contesté par les vaincus.
 
Un changement de régime au Zimbabwe plongerait la région dans l'embarras

JOHANNESBURG (AFP) — L'éventualité d'un changement de régime au Zimbabwe plonge dans l'embarras les pays d'Afrique australe qui ont toujours soigneusement évité de critiquer en public le président Robert Mugabe.

Si le chef d'Etat de 84 ans, qui règne sur le Zimbabwe depuis l'indépendance en 1980, était finalement poussé à abandonner le pouvoir, la région devra assumer ses années de silence face aux violations des droits de l'Homme. D'un autre côté, la fraternité des anciens combattants de l'indépendance qui gouvernent toujours les pays d'Afrique australe devrait pousser un soupir de soulagement à l'idée de ne plus avoir à faire avec un voisin dérangeant. La relation entre un Morgan Tsvangirai, l'actuel chef de l'opposition au Zimbabwe, devenu chef de l'Etat zimbabwéen et le président sud-africain Thabo Mbeki serait "au mieux polie", estime l'analyste Moeletsi Mbeki

"Il est évident que le gouvernement (de Pretoria) a au fil du temps trouvé toutes sortes d'excuses pour Mugabe. Un gouvernement dirigé par le MDC (le Mouvement pour le changement démocratique de Tsvangirai) ne peut guère s'attendre à ce que celui de Thabo Mbeki se montre amical envers le MDC." Selon le chercheur en sciences politiques, par ailleurs frère du chef de l'Etat sud-africain, la Communauté de développement d'Afrique australe a quant à elle "perdu presque toute crédibilité". Les observateurs de l'organisation régionale de 14 pays a déclaré les élections générales du 29 mars "crédibles et pacifiques" avant que le moindre résultat ne soit publié. L'issue de la présidentielle n'était toujours pas connue six jours après le scrutin. Pour Ebrahim Fakir, du Centre d'études politiques de Johannesburg, la médiation entre le pouvoir et l'opposition au Zimbabwe, confiée en mars par la SADC à Mbeki, a permis de modifier la loi électorale afin que les résultats soit affichés sur les bureaux de vote.

"La médiation n'a pas toujours été aussi pathétique qu'on a pu l'entendre", a-t-il ajouté, estimant que ces affichages publics avaient contribué à empêcher le pouvoir de manipuler le vote. Les deux analystes attribuent le succès du MDC, qui a évincé la majorité de 28 ans de la Zanu-PF à la chambre des députés, à l'ampleur de la crise économique qui secoue le Zimbabwe, avec une inflation annuelle record à plus de 160.000%. Mugabe "ne s'est jamais préoccupé que de rapports entre races, poursuivant à jamais son combat contre l'ancienne puissance coloniale britannique et dépossédant l'homme blanc" tandis que son pays sombrait, a lancé Moeletsi Mbeki. Les médias sud-africains hésitaient quant à eux vendredi sur le rôle effectif joué par leur président dans l'issue du scrutin.

Dans un éditorial, le quotidien The Citizen estimait que la misère de millions de personnes aurait pu être évitée si Thabo Mbeki avait fait preuve de "davantage de courage." "Quelles qu'aient été les conséquences de la diplomatie discrète de Mbeki, positives ou non, elles doivent être mesurées à l'aune du mal qui aurait pu être évité grâce à une attitude plus ferme plus tôt." A l'inverse, l'analyste Tony Heard saluait dans le Business Day le succès diplomatique de Mbeki, estimant venue "l'heure d'ôter nos chapeaux devant la personne qui a favorisé de façon si discrète un dénouement si spectaculaire".

En tout état de cause, même avec Tsvangirai au pouvoir, le Zimbabwe devra travailler avec ses voisins, conclut Fakir. "Ils devront maintenir les relations régionales, que ça leur plaise ou non."

 
Zimbabwe: deux journalistes étrangers arrêtés au grand dam de l'Occident

HARARE (AFP) — Le régime zimbabwéen, qui avait opéré une sélection draconienne des journalistes étrangers autorisés à couvrir les élections générales du 29 mars, a été au bout de sa logique en arrêtant deux reporters non accrédités, au grand dam de l'Occident. Le correspondant du quotidien américain New York Times, Barry Bearak, 58 ans, et un journaliste britannique de 45 ans ont été arrêtés jeudi à leur hôtel de Harare et inculpé pour violation de la très stricte loi sur les médias. Selon leurs avocats, le procureur général a estimé qu'il n'y avait pas lieu de les poursuivre et qu'ils devraient être libérés, mais ils restaient en détention vendredi soir.

"La police a très clairement fait comprendre que leur libération serait d'une décision politique", a ajouté Me Beatrice Mtetwa. Leur détention se déroule sur fond de tension croissante au Zimbabwe, où la commission électorale n'avait toujours pas annoncé le résultat de la présidentielle six jours après le scrutin

"A la lumière de la situation politique, il est impératif que tous les journalistes, locaux et internationaux, puissent travailler librement", a réagi l'organisation de défense de la presse, The Committee to Protect Journalists (CPJ). "Dans ce climat d'extrême tension (...) cet incident grave ravive la crainte d'un coup de force", a renchéri Reporters sans Frontières (RSF), tandis que l'association de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch, craignait "une vague de répression sur l'opposition et la société civile".

Comme ces organisations, Washington et l'Union européenne ont appelé Harare à libérer les journalistes.

"Les journalistes et les organisations non-gouvernementales doivent pouvoir faire leur travail", a lancé la Maison Blanche, alors que l'UE manifestait "son inquiétude". Mais, pour le régime de Robert Mugabe, le tort revient aux journalistes. "Nous avons d'autres journalistes étrangers qui ont suivi la procédure et travaillent légalement, et là nous avons deux personnes qui se sont crues au dessus de la loi", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police nationale, Wayne Bvudzijena. Le gouvernement a refusé de délivrer des accréditations à la plupart des étrangers qui désiraient couvrir ce scrutin décisif pour le président Robert Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ex Rhodésie britannique en 1980.

Avant les élections, le gouvernement avait averti qu'il se montrerait sévère envers ceux qui opèreraient illégalement. Il avait accusé les reporters d'être des espions au service de l'Occident qui, dans la rhétorique du pouvoir, cherche à renverser Mugabe. Le ministre de l'Information Sikhanyiso Ndlovu avait affirmé que certains médias avaient installé des "dispositifs d'espionnage par internet dans notre pays". Et de lancer: "le gouvernement n'accueillera pas aimablement cette propagande impérialiste!" Au coeur de la répression: la très stricte Loi sur l'information et la protection de la vie privée, promulguée à la veille de la précédente élection présidentielle de 2002.

A l'époque, elle avait été invoquée pour fermer au moins quatre quotidiens indépendants, si bien qu'aujourd'hui il n'y a aucune télévision ni radio privée au Zimbabwe. Le seul quotidien national, le Herald, est contrôlé par l'Etat. Vendredi, Harare a reçu le soutien de l'Afrique du Sud -- souvent critiquée pour sa "diplomatie discrète" envers son voisin. Pretoria a accusé "certains médias internationaux" de mener "une campagne orchestrée" pour discréditer le régime du président Mugabe. Pour le ministre adjoint des Affaires étrangères Aziz Pahad, "le rôle de la communauté internationale, notamment des médias, est de soutenir les efforts déployés par les Zimbabwéens pour relever leurs défis et non d'être des instruments de complots et de déstabilisation."

 

Zimbabwe: l'opposition crie victoire, Harare met en garde contre un "coup d'Etat"

30/03/2008 HARARE (AFP) - L'opposition au Zimbabwe a revendiqué la victoire dimanche aux élections générales avant l'annonce officielle des résultats, en dépit d'avertissements du pouvoir qui met en garde contre un "coup d'Etat". "A ce stade, cela ne fait aucun doute, il faudrait un miracle pour que nous ne remportions pas cette élection. Nous avons gagné cette élection", a déclaré dans la nuit le secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) Tendai Biti.

"Nous n'accepterons pas une élection volée", a-t-il affirmé devant la presse. Selon les premiers résultats assemblés par le MDC dans les deux plus grandes villes du pays, "nous avons remporté les 12 sièges de députés à Bulawayo et 28 sur 29 à Harare", a précisé M. Biti. La majorité de la population vit toutefois dans les zones rurales du Zimbabwe, traditionnellement favorables au président Robert Mugabe , héros de l'indépendance et initiateur de la réforme agraire. Tôt dimanche, des partisans de l'opposition étaient descendus dans les rues des banlieues populaires de la capitale, chantant et dansant. "Le soleil s'est couché et le Vieux s'en va", scandait ainsi un groupe d'une trentaine d'hommes et de femmes, en allusion au soleil levant symbole

du dissident Simba Makoni et au président Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis plus d'un quart de siècle. La Commission électorale zimbabwéenne, chargée de veiller au bon déroulement du scrutin et du dépouillement, a exprimé dimanche son "inquiétude" face à la revendication de la victoire par l'opposition.

"Ces résultats ne sont pas les résultats officiels des élections", a déclaré son directeur exécutif, Lovemore Sekeramayi. "Les résultats officiels seront annoncés à la nation par la Commission." Le secrétaire d'Etat à l'Information, George Charamba, a lui aussi mis en garde le MDC dans le journal gouvernemental Sunday Mail. Le chef du MDC Morgan Tsvangirai "annonce des résultats, déclare le MDC et lui-même vainqueurs, et ensuite? Il se proclame président du Zimbabwe? Ca s'appelle un coup d'Etat", a-t-il lancé.

Pour le MDC toutefois, la manoeuvre vise à "protéger les résultats" du parti. "Nous ne faisons pas confiance à la Commission électorale, qui n'est pas indépendante", a affirmé M. Biti. 5,9 millions de Zimbabwéens étaient appelés aux urnes samedi. Le président Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980, se présentait pour un 6ème mandat à la tête d'un pays à l'économie dévastée, face à Morgan Tsvangirai et Simba Makoni, un ancien ministre des Finances. Il s'est défendu samedi de chercher à truquer le vote, qui a réuni pour la première fois les élections présidentielle, législatives, sénatoriales et municipales.

"Il n'est pas dans nos habitudes de frauder aux élections (...) Ma conscience ne me laisserait pas en paix si j'avais triché", a-t-il déclaré. Mais une équipe d'observateurs africains a exprimé dès samedi sa "profonde inquiétude" après la découverte de milliers d'électeurs fantômes dans un district du nord de Harare. L'opposition mise sur l'état de déliquescence de l'économie, qui rend la vie quotidienne insupportable: l'inflation dépasse l'entendement à plus de 100.000% par an, quatre adultes sur cinq sont au chômage et les produits de première nécessité ont disparu des magasins.

Le délabrement économique de l'ancien grenier à grain d'Afrique australe, selon les critiques à l'encontre du régime, remonte à la réforme agraire lancée dans la précipitation en 2000. Les terres ont été redistribuées à des proches du régime et à de petits paysans sans formation ni équipement. Pour M. Mugabe, la faute en incombe aux sanctions imposées par l'Occident depuis des élections estimées frauduleuses en 2002, qui visent les proches du pouvoir. Il a axé sa campagne sur le rejet de l'ancienne puissance coloniale britannique et de ses alliés.

L'opposition revendique la victoire au Zimbabwe
30/03/2008 Reuters - L'opposition du Zimbabwe a revendiqué la victoire face au président sortant Robert Mugabe, au pouvoir depuis 28 ans, sur la base des premiers résultats de l'élection de samedi. "C'est un moment historique pour nous tous. Nous avons remporté cette élection, nous avons gagné cette élection", a déclaré Tendai Biti, secrétaire général du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principale formation d'opposition, devant des journalistes, des diplomates et des observateurs. Les habitants du Zimbabwe ont voté samedi à l'occasion des élections les plus cruciales du pays depuis son accession à l'indépendance. L'opposition a accusé Mugabe, qui est âgé de 84 ans, d'avoir truqué le scrutin pour se maintenir au pouvoir en dépit des énormes difficultés économiques dans lesquelles se débat le pays. Des observateurs africains ont également dit avoir découvert des registres électoraux où figuraient des milliers d'électeurs fantômes. Selon Biti, les premiers résultats collectés par les représentants du MDC dans les bureaux de vote créditent leur dirigeant Morgan Tsvangirai de 66% des suffrages dans la capitale Harare, un bastion de

l'opposition Tsvangirai aurait également pris des voix à Mugabe dans les zones rurales où le président sortant est bien implanté. Il serait ainsi arrivé en tête dans la province de Masvingo, dans le sud du pays, et dans la Province de Mashonaland-Centre, au nord de la capitale, où le MDC n'a remporté aucun siège de député depuis 2000.

SILENCE DU CAMP MUGABE

Cette tendance favorable à l'opposition concernerait également la province de Mashonaland-Ouest, d'où Mugabe est originaire. Dans la deuxième plus grande ville, Bulawayo, un autre fief de l'opposition, Tsvangirai dispose d'une légère avance, selon Biti, sur l'ancien ministre des Finances, Simba Makoni, qui se présente également contre Mugabe. Makoni serait en revanche en tête dans la province de Matabeleland-Sud avec 45% des voix.

"Ce n'est qu'un échantillon de ce qui nous parvient de toutes les provinces. De notre point de vue, un (renversement) de tendance est impossible", a dit Biti, qui a précisé que l'opposition communiquerait un plus grand nombre de résultats à 08H00 GMT. L'entourage du président Mugabe, qui a démenti les accusations de fraude, n'a pour l'instant pas réagi aux déclarations de l'opposition. La Commission électorale a fait savoir qu'elle commencerait à rendre publics des résultats officiels dans la journée. Les résultats définitifs des élections présidentielle, législatives et municipales ne sont pas attendus avant plusieurs jours. Avec les contributions de Cris Chinaka, Stella Mapenzauswa, Nelson Banya et Muchena Zigomo, version française Gwénaelle Barzic

 

Le Zimbabwe paie les choix de Mugabe Avec une inflation de 1 800 %, la population, plongée dans la misère, survit grâce au marché noir.
Avec une inflation de 1 800 %, la population, plongée dans la misère, survit grâce au marché noir. «J e suis furieux,  peste un Européen, installé depuis trente ans au Zimbabwe. Mon fils a besoin d'un appareil dentaire, et vendredi l'orthodontiste voulait 30 millions de dollars zimbabwéens  [2 500 dollars US au taux de change parallèle, ndlr]. Quand j'ai pu rassembler cette somme, mardi, la facture était passée à 50 millions !»  L'hyperinflation ­ près de 1 800 % par an, un record mondial ­ est un fléau au pays de Robert Mugabe. Dans les magasins, les prix grimpent tous les jours. Après l'indépendance de 1980, le Zimbabwe a fait figure de pays modèle en Afrique, avec une économie agricole et minière prospère, des infrastructures développées et un bon niveau d'éducation. Mais, dans les années 90, les coupes imposées par le FMI dans les services publics ont entraîné un mécontentement social, qui s'est traduit, sur le terrain politique, par la création du parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), du syndicaliste Morgan Tsvangirai. Monnaie de singe.  Le Zimbabwe a alors commencé sa descente aux enfers : craignant de perdre les élections de 2000, le président Mugabe a lancé une violente réforme agraire, qui a abouti au départ de la plupart des 4 500 fermiers blancs. Pilier de l'économie, la production agricole ­ notamment celle du tabac, grand fournisseur de devises étrangères ­ s'est effondrée. De nombreuses industries de transformation ont fermé leurs portes, entraînant un chômage massif, et le gouvernement a eu recours à la planche à billet, plongeant le pays dans la spirale de l'hyperinflation. Il existe désormais deux sortes de citoyens au Zimbabwe : ceux qui ont accès à des devises étrangères et qui les changent au cours parallèle, cent fois plus avantageux ; et les autres, qui dépendent du dollar zimbabwéen, devenu monnaie de singe. «Mon mari ne peut même plus payer le bus pour aller travailler,  se plaint Gloria Mauta, 47 ans. Le ticket coûte 5 000 dollars, alors que comme maçon il ne gagnait que 100 000 dollars par mois  [5 dollars US] ».  La famille de Gloria survit en vendant des fruits dans la rue, à la sauvette. «Régulièrement, la police saisit la marchandise.»  Depuis l'opération Murambatsuina  («Vidons les ordures»), lancée en juin 2005 pour chasser quelque 800 000 pauvres hors de la ville, le commerce de rue est interdit. Dans son salon, le lecteur de DVD témoigne de la relative aisance passée de cette famille, dont les trois enfants partagent un seul lit. L'aînée, Numsa, 26 ans, marche deux heures par jour jusqu'à son travail. La seconde, Juliet, 17 ans, devait passer son bac cette année. «Mais on ne pouvait plus payer les frais de scolarité annuels de 300 000 dollars. Beaucoup de familles sont dans ce cas»,  constate sa mère. Chaque jour, pour le repas de midi, la famille mange de la farine de maïs, avec quelques légumes du potager. «On ne peut même plus acheter du pain, à 3 000 dollars. Regardez mon frigo : il est quasi vide ! Une fois par semaine, on mange de la viande hachée. Parfois, ma soeur me ramène du riz du Botswana.»  Un quart des 12 millions de Zimbabwéens vivraient désormais à l'étranger, principalement en Afrique du Sud. Ce sont eux qui font vivre les familles restées au pays. Marché noir.  Le commerce transfrontalier alimente aussi le marché noir : les voyageurs ramènent même du sucre d'Afrique du Sud, alors que le Zimbabwe en exporte. Mais le gouvernement a imposé des prix tellement bas pour certains produits de base qu'il est impossible d'en trouver dans les magasins. L'électricité, aussi importée d'Afrique du Sud, est subventionnée à grand frais, mais les coupures sont devenues quasi quotidiennes. Les profits du marché noir sont réinvestis dans la Bourse d'Harare, qui ne s'est jamais aussi bien portée. Les beaux quartiers, avec leur luxuriante végétation tropicale, font toujours belle figure. Mais dans les quartiers populaires, beaucoup de familles ne font plus qu'un repas par jour.
Kofi Annan président d'un prix de la bonne gouvernance en Afrique
LONDRES (AFP) - lundi 02 avril 2007 - 12h56 - L'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a été nommé dimanche président du jury du prix Mo Ibrahim, une récompense de cinq millions de dollars en dix versements qui sera décernée chaque année à un chef d'Etat africain ayant promu la bonne gouvernance. Ce comité de six personnalités comprendra également le médiateur de l'ONU pour le Kosovo Martti Ahtisaari, l'ancien haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme Mary Robinson, et le conseiller spécial du directeur général de l'UNESCO Aicha Bah Diallo. En feront aussi partie Ngozi Okonjo-Iweala, ancien ministre nigérian des Finances et des Affaires étrangères, et l'ancien Premier ministre tanzanien Salim Ahmed Salim, également ancien secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine (OUA). "La bonne gouvernance et le leadership sont cruciaux pour trouver des solutions aux vastes défis auxquels est confrontée l'Afrique", devait déclarer M. Annan au cours de l'annonce de la composition du comité à Genève. Il devait également formuler l'espoir que le prix "encouragera une nouvelle génération de jeunes dirigeants" à relever ces défis. Ce prix de cinq millions de dollars (3,97 millions d'euros) a été créé en octobre dernier par le multimillionnaire soudanais Mo Ibrahim. Il sera décerné pour la première fois cette année. Son montant est largement supérieur à celui du prix Nobel de la paix (1,3 million de dollars). Le prix, qui sera réparti en dix versements annuels de 500.000 dollars (397.000 euros), récompensera un chef d'Etat africain quittant le pouvoir et s'étant distingué dans ses fonctions par son action en matière d'éducation, de développement économique, de santé et de droits de l'homme, mais également de transparence de son administration. Le lauréat percevra de plus, à l'issue des dix ans, une pension annuelle de retraite de 200.000 dollars (159.000 euros) jusqu'à sa mort. Il bénéficiera enfin tous les ans d'un financement de 200.000 dollars pour soutenir un projet de développement de son choix dans son pays.La fondation Mo Ibrahim lance par ailleurs de l'Index Ibrahim pour la Gouvernance de l'Afrique, une échelle
de notation des pays qui donnera aux Africains des repères sur la qualité et la probité du travail de leurs dirigeants. "Cinq millions de dollars pour récompenser les bons dirigeants, ce n'est rien quand il s'agit d'une question de vie ou de mort", avait déclaré en octobre M. Ibrahim. "Nous voulons célébrer celui qui sera parvenu à sortir son peuple de la pauvreté (car) cela mérite le plus grand prix du monde", avait-il dit.
Zimbabwe: un leader de l'opposition inculpé pour incitation à la violence affirme son avocat
Arthur Mutambara, leader d'une des composantes de l'opposition zimbabwéenne, va être inculpé pour incitation à la violence publique, après avoir été de nouveau interpellé samedi, a déclaré son avocat. Mutambara a été interpellé à l'aéroport international de Harare alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Afrique du Sud, selon un responsable de son parti. "Il (Mutambara) est en train d'être inculpé pour incitation à la violence publique", a déclaré à l'AFP son avocat, Me Harrison Nkomo. "Ce sont les mêmes charges pour lesquelles il a été inculpé la semaine dernière, et que la Haute cour a rejetées. Nous agissons maintenant pour qu'il puisse quitter les cellules de la police. Nous avons écrit une lettre en ce sens à la police et au bureau du procureur général", a-t-il ajouté. Mutambara faisait partie d'un groupe de 49 autres personnes, parmi lesquelles figurait le leader d'une autre fraction du Mouvement démocratique pour le changement (MDC), Morgan Tsvangirai, qui avaient subi
des violences lors de leur détention après leur arrestation par la police avant un rassemblement de l'opposition, le 11 mars. Mutambara, ancien leader étudiant, a été élu en février à la tête d'une fraction du MDC à la suite d'une scission dans le parti. L'autre fraction est dirigée par son leader historique, Morgan Tsvangirai, qui a quitté l'hôpital vendredi. Son avocat a ajouté qu'il allait déposer lundi en référé une demande de libération de son client devant la Haute cour de justice . La police, de son côté, a annoncé avoir identifié les principaux responsables de l'attaque au cocktail Molotov menée contre un commissariat à Harare la semaine dernière, selon des informations publiées dans la presse. Le porte-parole de la police, Wayne Bvudzijena, cité par le journal Sunday Mail (proche du pouvoir), a affirmé que l'identité des suspects responsables de cette attaque, attribuée à des militants d'opposition, avait été établie. Deux femmes policiers avaient été blessés lors de cette attaque. Par ailleurs, Nelson Chamisa, porte-parole du MDC, dirigé par Morgan Tsvangirai, a été "grièvement blessé à la tête" dimanche "par des agents de la sécurité" à l'aéroport d'Harare, a déclaré un responsable du MDC. Nelson Chamisa a été agressé par des hommes, soupçonnés d'être des agents de la sécurité d'Etat alors qu'il se rendait à l'aéroport d'où il devait s'envoler pour Bruxelles . Il devait y participer à une réunion des ACP ( Afrique , Caraïbes, Pacifique) et l'Union européenne, a déclaré à l'AFP le porte-parole de Tsvangirai, William Bango. Chamisa "a été violemment battu ce matin sur le chemin de l'aéroport par des agents de la sécurité (...) Il devait participer à une réunion ACP-UE à Bruxelles . Les agents de la sécurité ont pris son passeport, ordinateur et ses bagages. Il a été grièvement blessé à l'oeil", a ajouté le porte-parole. "C'est vraiment grave. Il a été grièvement blessé à la tête", a poursuivi M. Bango. Une partie de ses bagages a été pillée. Chamisa faisait partie d'un groupe de 49 autres personnes, parmi lesquelles figurait Morgan Tsvangirai, qui avaient subi des violences lors de leur détention après leur arrestation par la police avant un rassemblement de l'opposition, le 11 mars. Il est devenu le quatrième membre de l'opposition a avoir été empêché de quitter le pays durant les deux derniers jours. ( Source Yahoo)