October 14, 2006 |
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| Déchets toxiques : dix décès et plus de 100 000 consultations recensés à Abidjan -
LEMONDE.FR
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| Côte d'Ivoire n'en a toujours pas fini avec les déchets toxiques déversés en août par le navire Probo-Koala . Vendredi 13 octobre, le ministre de la santé ivoirien a annoncé que les autorités avaient enregistré 10 décès, 69 hospitalisations et plus de 100 000 consultations médicales de personnes intoxiquées par les émanations de ces déchets toxiques. Le précédent bilan, publié fin septembre, faisait état de 8 morts, 69 hospitalisations et plus de 90 000 consultations médicales. En août, le Probo-Koala , affrété par une multinationale ayant son siège aux Pays-Bas, a accosté à Abidjan, porteur des déchets dont il avait auparavant tenté de se débarrasser sans succès aux Pays-Bas. Les 528 tonnes de déchets – un cocktail de pétrole, sulfure d'hydrogène, phénols, soude caustique et composés organiques sulfurés – avaient été par la suite déversées, en partie à l'air libre, dans des décharges ou des terrains vagues de la capitale économique ivoirienne. Depuis, le navire battant pavillon panaméen a poursuivi sa route jusque dans le port de Paldiski, en Estonie, où il a été immobilisé fin septembre par l'Etat estonien à la suite d'interventions de l'organisation écologiste Greenpeace, puis de la Côte d'Ivoire. Pour mettre un terme à cette crise, l'Estonie a annoncé, jeudi, qu'elle traiterait les déchets toxiques se trouvant encore à bord du navire avant de l'autoriser à reprendre la mer. Il a été convenu que le navire transporterait lui-même les déchets du port de Paldiski jusqu'à celui de Sillamae, à 200 kilomètres à l'est de la capitale, Tallinn, ont annoncé les responsables gouvernementaux. "CE N'EST PAS UN POISON SPÉCIFIQUE" Des responsables de l'environnement seront présents à bord du bateau pour s'assurer que le transfert des déchets se fera conformément à la législation, a annoncé le ministère de l'environnement. Ils seront par la suite déchargés dans des camions et transportés par la route jusqu'à l'usine de traitement. Une équipe d'enquêteurs ivoiriens, qui s'est rendue en Estonie à la fin de la semaine dernière, a demandé aux autorités estonniennes d'immobiliser le Probo-Koala , comme caution pour les dommages causés en Côte d'Ivoire. Les responsables estoniens ont rejeté cette demande, en invoquant l'absence d'accords légaux entre les deux pays. Le parquet estonien a en outre estimé que le bateau n'était plus intéressant "en tant que preuve" . Les autorités estoniennes avaient cependant insisté pour qu'une solution soit trouvée pour les résidus trouvés dans le bateau, avant un feu vert de départ du navire. Jeudi 12 octobre, le premier ministre estonien, Andrus Ansip, lui-même chimiste de formation, a déclaré que les déchets trouvés en Estonie à bord du navire n'étaient pas aussi dangereux que certains médias locaux l'avaient indiqué. "Il n'y a rien qui devrait faire peur, ce n'est pas un poison spécifique" , a-t-il déclaré. |
| Laurent Gbagbo à propos des déchets toxiques : “Je demande pardon, nous n'avons pas été assez vigilants” |
Le chef de l’Etat Laurent Gbagbo a procédé samedi à l’investiture du chef du village d’Anonkoua Kouté dans la commune d’Abobo. Dans son adresse à la population, celui-ci est largement revenu sur le dernier scandale des déchets toxiques. Pour lui, l’autorité au plus haut niveau de l’Etat a failli à sa mission de veille. Ci-dessous l’intégralité de sa déclaration. “ Nous sortons de la crise. Nous sommes en train de sortir de la crise. Chaque fois que les crises sont en train de finir, vous voyez que le diable grouille. Il grouille parce qu’une petite honte vaut mieux qu’une grande honte. Donc, le diable grouille. Mais retenez que Dieu parle même par la bouche de ses ennemis. Quand les Israélites étaient en Egypte, et qu’ils allaient sortir. Ce n’est pas Moïse qui a décidé que tous les premiers nés d’Egypte allaient mourir. C’est le Pharaon qui a décidé que puisque Moïse s’entête et qu’il a fait venir sur l’Egypte toutes les plaies, et bien il faut que ses soldats partent et qu’il mette à mort tous les premiers nés des enfants d’Israël. Quand Moïse l’a appris, il a dit. Oh Dieu, par la bouche de Pharaon, je viens de frapper l’Egypte d’un mal dont il ne se relèvera plus jamais. C’est le Pharaon lui-même qui a prononcé la malédiction sur lui. Les gens parlent. Mais comme ils n’ont aucune foi en Dieu, ils ne savent pas qu’ils parlent d’eux-mêmes. Ils ne savent pas que les malheurs qu’ils appellent, ils les appellent sur leur peuple. Ils seront frappés eux-mêmes. Quant à nous, nous sommes sereins. Toujours sereins. Vous avez vu déjà un chef d’Etat, on lui fait la guerre, les nations s’excitent de partout. Même ceux qui n’ont rien à voir avec cela. Chacun parle. Mais je les regarde parce que je sais que leur voie n’est pas la voie de la Côte d’Ivoire. Ils marchent dans la brousse, ils hurlent. Alors que nous, nous marchons sur la terre et nous parlons. C’est toute la différence. Aujourd’hui, je sais exactement où je vais. Je sais exactement où j’emmène la Côte d’Ivoire. Je sais que l’ancienne formule est terminée. Et quand je dis que c’est terminé, c’est vraiment terminé. Et que nous allons vers des solutions nouvelles. Ces solutions nouvelles arriveront. Nous ne sommes plus disposés à ce que quelqu’un d’autre vienne faire la paix pour nous. A ce que quelqu’un d’autre vienne faire notre paix. Notre paix sera notre paix parce qu’elle sera faite par nous et pour nous. C’est cela qui est la nouvelle voie. Notre paix sera notre paix parce qu’elle sera faite par nous, pour nous et pour nos enfants. Nous ne laisserons plus quelqu’un prétendre qu’il nous aime plus que nous-mêmes. Personne ne peut nous aimer plus que nous-mêmes. Je dis d’avance à tous ceux qui prétendaient cela qu’ils se trompent et que plus jamais, je ne les laisserai prétendre qu’ils nous aiment plus que nous-mêmes. Nous nous aimons suffisamment et nous savons ce qui est bien pour nous. Nous ne ferons pas ce que les gens nous dictent. Je ne suis pas président de la République pour travailler sous la dictée de quelqu’un. Je ne suis ni gouverneur, ni sous-préfet, ni préfet, ni représentant de quelqu’un. Je suis chef de l’Etat élu par son peuple. C’est tout. Je voudrais dire un grand yako à toutes les populations d’Abidjan pour les déchets toxiques. Je voudrais vraiment, au nom de l’Etat de Côte d’Ivoire, demander pardon à toutes les populations du district d’Abidjan. Demander pardon parce que nous, notre rôle, c’est d’être devant pour que eux, ils vivent. Si on nous a dépassé et qu’on leur a donné la mort, même à domicile, c’est que nous autres, nous n’avons pas été assez vigilants. Tout ce que nous pouvons faire maintenant, c’est de rattraper. Il nous aurait fallu être vigilants d’abord pour que l’ennemi ne nous dépasse pas. On nous a dépassés et on a atteint le peuple que nous étions chargés de protéger. Je vous demande pardon. A vous tous, les populations d’où que vous veniez, vous tous qui habitez le district d’Abidjan, au nom de l’Etat de Côte d’Ivoire, je vous demande pardon. Je vous demande pardon parce qu’on n’est pas à la tête de l’Etat pour rien. Mais aujourd’hui, si je me mets à pleurer, cela ne règle aucun problème. Mais au moins, quand tu as perdu ton fils que tu aimes, tu cherches à savoir pourquoi et comment il est mort, pour que tes autres enfants ne meurent pas ainsi. C’est pourquoi, je vais faire les enquêtes jusqu’au bout du monde. Pour retrouver les criminels. Et je peux vous dire que dès lundi (Ndlr : aujourd’hui), une délégation de sept personnes s’en vont en Estonie où le bateau a été bloqué. Je leur livre les billets pour enquêter sur le contenu du bateau ”. Propos recueillis sur la 1ère par José S. Koudou |
| scandale des Déchets toxiques:Anaky fait de nouvelles révélations |
| Le Patriote No. 2103 du Lundi 2 Octobre 2006 Le Président du MFA était face à ses militants ce week-end pour échanger avec eux. « En Côte d'Ivoire, certains font tout pour dissimuler l'affaire des déchets toxiques, mais la Hollande fera éclater la vérité », a déclaré samedi Anaky lors d'une rencontre avec ses militants au siège du MFA. L'ancien ministre des Transports a indiqué que Greenpeace avait réussi à saisir enfin les papiers du Probo Koala et les a mis en lieu sûr. Il est aussi revenu sur les affirmations des armateurs selon lesquelles ils avaient eu l'autorisation des autorités ivoiriennes pour déverser la substance mortelle à Abidjan. Lesquelles ? Anaky pense qu'il faut les retrouver. Pour lui, le navire aurait pu être bloqué à Abidjan, mais certains ont voulu qu'il parte. Pourquoi ? Anaky se pose encore ces questions. Le Président du MFA a, par ailleurs, déploré que la Pétroci ainsi que le ministère des Mines aient été oubliés dans cette affaire. «Le Probo Koala est tout de même un pétrolier et c'est au quai Petroci qu'il a accosté. Ne l'oublions pas», a-t-il insisté. Anaky a accusé Mamadou Koulibaly, pour ce qui est de sa tentative d'assassinat, qui l'a exposé à la vindicte populaire en l'accusant, dans la presse, d'avoir perçu des milliards de ces déchets. Et de révéler que ce qui lui est arrivé était bel et bien un attentat savamment planifié. «Lorsque j'étais avec le Général Mangou, une haute personnalité l'a appelé, non pas pour s'enquérir de mon état de santé, mais pour savoir si j'étais mort». En ce qui concerne la formation du gouvernement, il a dit qu'il s'agissait d'un gouvernement typiquement anti- Anaky et anti MFA. «Nous attendons toujours que Banny nous consulte pour que nous obtenions notre ou nos postes au gouvernement. Sachez que entre Joël N'Guessan et le MFA, il n' y pas de problème. C'est une bonne chose qu'il soit au gouvernement. Notre problème c'est avec Banny qui n'a pas respecté les accords». Pour ce qui est de l'après octobre 2006, Anaky a déclaré que «quelque chose de fort se prépare actuellement contre le RHDP et le G7». N'étant plus au gouvernement, il a annoncé qu'il se consacrerait désormais et entièrement à son parti. «Je serai ici matin midi et soir et c'est d'ici que nous penserons les vraies luttes», a-t-il dit, ajoutant que c'est pour cela que toutes les instances du parti sont mises en veilleuse. Tous les intervenants ont salué cette décision du Président tout en le félicitant de son passage télévisé qui a, selon eux, permis à l'opinion de savoir la vérité. Notons que la tension était vive au siège du MFA. Pour des raisons de sécurité, ordre avait été donné aux agents de sécurité de ne plus laisser quelqu'un avoir accès une fois le Président en place. Et c'est en ce moment que des militants conduits par Kipré Stéphane sont arrivés. On a même évité de justesse une bagarre. Car, c'est pratiquement par la force que ce dernier a voulu arracher le micro à Kpanhi Siméon pour dénoncer cette mésure, mais la réaction des autres militants l'a emmené à calmer le jeu. B.C.N |
| Deux cadres français de Trafigura inculpés en Côte d'Ivoire |
| Deux cadres français de Trafigura inculpés en Côte d'Ivoire
ABIDJAN (Reuters) - Les autorités ivoiriennes annoncent l'inculpation de deux cadres français de la société multinationale Trafigura Beheer BV, affréteur du navire à l'origine de la pollution toxique à Abidjan qui a fait au moins sept morts. Claude Dauphin, directeur du groupe, et son responsable pour l'Afrique de l'Ouest, Jean-Pierre Valentini, sont poursuivis pour infraction à la législation sur les déchets toxiques et empoisonnement et ont été placés en détention provisoire. "Les deux Français ont été arrêtés hier et conduits à la MACA (Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan) à la suite d'un interrogatoire avec le juge d'instruction", a déclaré le chef de cabinet du ministère de la Justice . "Ils sont inculpés d'infraction à la législation de déchets toxiques et d'empoisonnement", a précisé Honoré Aly Yeo. Les deux hommes n'avaient pu embarquer ce week-end à bord d'un avion à destination de Paris et leurs passeports leur avaient été confisqués. Dans un communiqué, la direction de Trafigura Beheer BV se dit "choquée" par l'arrestation de ces deux cadres qui, dit-elle, "travaillaient avec les autorités en tant que témoins dans le cadre des enquêtes en cours". La multinationale, enregistrée aux Pays-Bas, avait affrété le Probo Koala, un navire dont ont été extraites les boues toxiques déposées dans une dizaine de décharges à ciel ouvert de la région d'Abidjan et qui sont à l'origine de sept décès et de milliers d'intoxications. Selon Trafigura, les déchets incriminés sont un mélange de gazole, d'eau et de soude caustique résultant du nettoyage des cuves du navire. La firme assure avoir communiqué aux autorités ivoiriennes la nature des déchets et dit s'être assurée au préalable de leur "élimination sûre". Les experts qui ont analysé les déchets ont indiqué qu'ils semblaient renfermer du sulfure d'hydrogène, un composé chimique qui peut être mortelle à forte concentration. Des spécialistes du groupe français Séché ont commencé dimanche à nettoyer les sites pollués. Les opérations devraient durer deux semaines. |
| Côte d'Ivoire: la pollution fait tomber deux ministres |
| ABIDJAN (AFP) - samedi 16 septembre 2006 - 16h12 - Le Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny a nommé samedi deux nouveaux ministres des Transports et de l'Environnement dans la nouvelle équipe constituée à la suite du scandale des déchets toxiques, dont les opérations d'enlèvement doivent débuter dimanche. M. Banny a présenté samedi au président Gbagbo un nouveau gouvernement qui comporte six changements (deux remplacements et quatre arrivées à des nouveaux postes) par rapport au précédent gouvernement d'union nationale, en conservant le même équilibre entre mouvance présidentielle, opposition et rébellion. Anaky Kobenan, ministre des Transports, et Jacques Andoh, de l'Environnement, sont les seuls ministres à perdre leur portefeuille par rapport à l'équipe précédente, dont M. Banny avait annoncé la démission le 6 septembre à la suite de la pollution. Celle-ci a provoqué la mort de sept personnes et l'hospitalisation de 23 autres, selon le dernier bilan officiel fourni jeudi, qui faisait état de plus de 26.000 consultations médicales liées à des intoxications. Le nouveau gouvernement compte 36 membres, soit quatre de plus (deux ministres et deux secrétaires d'Etat) que le précédent, a précisé samedi midi le porte-parole de la présidence, Désiré Tagro, en annonçant sa composition sur le perron de la résidence présidentielle. Il institue deux nouveaux ministères, l'un des Droits de l'Homme et l'autre de l'Administration du territoire, issus de la scission du ministère de la Justice, pour le premier, du ministère de l'Intérieur, pour le second. Deux nouveaux secrétaires d'Etat, l'un à la "bonne gouvernance" et l'autre à la protection civile, font également leur entrée dans le gouvernement. Aux Transports, Abdel-aziz Thiam, directeur général de la Sitarail (société ivoirienne des chemins de fer) remplace Anaky Kobenan, président du MFA, un petit parti d'opposition. Le ministère de l'Environnement change de titulaire, Daniel Aka Ahizi prenant la succession de Jacques Andoh, mais reste détenu par le Parti ivoirien des travailleurs (PIT, opposition) dont sont issus les deux hommes. Les quatre autres nouveaux arrivants sont Joël N'Guessan (ministre des Droits de l'Homme), du MFA, et trois membres de la société civile: Daniel Bamba Cheick (ministre de l'Administration du territoire), Ginette Yoman Ursule (secrétaire d'Etat chargé de la bonne gouvernance) et Noël Yao (secrétaire d'Etat chargé de la protection civile). Premier ministre de transition nommé en décembre 2005, M. Banny avait annoncé la démission de l'ensemble de son gouvernement à la surprise générale, en invoquant ses "négligences" dans l'affaire des déchets toxiques. Il a également suspendu de leurs fonctions le directeur général des douanes, le directeur du port autonome d'Abidjan, le gouverneur du district d'Abidjan et du directeur des affaires maritimes du ministères des Transports, soupçonnés de "défaillances" dans cette affaire. Les déchets toxiques ont été déversés dans la nuit du 19 au 20 août sur une dizaine de sites d'Abidjan, en majorité des décharges publiques, par une mystérieuse société ivoirienne, Tommy, qui les avait déchargés d'un navire grec, le Probo Koala, affrété par un négociant international, Trafigura. L'enlèvement des déchets, dont la quantité déversée reste inconnue (Tommy en a déchargé 528 tonnes du Probo Koala, selon le gouvernement) devait débuter dimanche sous la houlette de la société Trédi, filiale du groupe français Séché, spécialiste du traitement des déchets, choisi par M. Banny. Les spécialistes de Séché comptent dans un premier temps sécuriser les lieux et confiner les déchets, avant de pomper les substances liquides susceptibles de contenir des produits toxiques avec des camions citernes spécialisés, qui seront acheminés vers des installations spécialisées en Europe. |
| Pollution à Abidjan: plus de 10.000 consultations, l'affréteur prêt à collaborer |
| ABIDJAN (AFP) - mardi 12 septembre 2006 - 16h32 - La multinationale Trafigura, affréteur du navire qui a déversé les déchets toxiques fin août à Abidjan, s'est dit prête à collaborer avec les autorités ivoiriennes, alors que plus de 10.000 personnes ont consulté des médecins en raison des émanations des déchets. "Nous allons passer aujourd'hui le cap des 10.000 consultations" depuis la fin août, a indiqué cette source sous couvert d'anonymat. Celle-ci a souligné que le nombre de personnes intoxiquées était inférieur au nombre des consultations, seule chiffre (avec le nombre de morts) donné jusqu'ici pour évaluer les conséquences sanitaires de la pollution. "Il y a moins de personnes intoxiquées que de consultations, car les mêmes patients viennent parfois se faire examiner plusieurs fois", a-t-elle expliqué. Le gouvernement avait fait état de près de 9.000 consultations lundi. Le nombre de morts dus à ces intoxications était toujours de six mardi, selon cette source. Les victimes, des habitants d'Abidjan, ont été intoxiquées par les émanations de déchets chimiques déversés dans la nuit du 19 au 20 août dans une dizaine de décharges publique de la ville par une compagnie ivoirienne qui les avait déchargés d'un navire grec. La multinationale Trafigura, affréteur du navire qui a apporté les déchets toxiques à Abidjan, s'est déclarée mardi "très inquiète" et a indiqué avoir envoyé des responsables sur place pour aider les autorités à déterminer "ce qui s'est passé après le déchargement". "Trafigura est très inquiète au regard des informations publiées sur la santé de la population d'Abidjan et recherche activement par quels moyens elle peut aider les autorités", indique la multinationale, dont le siège est aux Pays-Bas, dans un communiqué publié sur son site internet. "De hauts responsables de la compagnie sont actuellement à Abidjan et travaillent avec les autorités pour essayer d'établir ce qui s'est passé après le déchargement des déchets", ajoute-t-elle. Trafigura est l'affréteur du Probo Koala, un navire appartenant à la compagnie grecque Prime Marine Management INC, qui a déchargé selon le gouvernement ivoirien 581 tonnes de déchets toxiques fin août à Abidjan. Comme elle l'a fait au début de l'affaire, Trafigura clame son innocence en réaffirmant avoir respecté "toutes les conventions internationales" sur le traitement des déchets et toutes les dispositions prévues par la législation invoirienne en fournissant les documents nécessaires. Elle précise que les déchets sont issus du mélange de résidus pétroliers (essence notamment) et de la soude caustique utilisée pour nettoyer les cuves du navire après chaque livraison. Ce mélange est stocké après chaque lavage dans un compartiment spécial du navire prévu à cet effet, précise-t-elle. Le déchargement de ce qui devait être des "eaux usées", selon le port d'Abidjan, a été effectué par la société locale Tommy, qui a ensuite déversé les déchets dans une dizaine de décharges publiques d'Abidjan, entraînant l'intoxication de près de 9.000 personnes et la mort de six d'entre elles. Trafigura souligne avoir "demandé par écrit à Tommy" de s'occuper de ces déchets en respectant les normes de sécurité. Elle précise en outre que le Probo Koala est arrivé à Abidjan en provenance du Nigéria, où il avait livré de l'essence convoyée depuis Paldiski (Estonie). Selon Trafigura, le navire devait, entre l'Estonie et le Nigéria, décharger ses déchets à Amsterdam, mais que cela n'a pas été possible "car la société qui devait le faire a voulu renégocier les termes du contrat". Les autorités néerlandaises ont de leur côté indiqué début septembre que l'opération, qui devait se faire en juillet, avait été annulée en raison de plaintes concernant la nocivité des produits déversés. Pour ne pas retarder la livraison de sa cargaison au Nigéria et "récolter une amende de 250.000 lors du prochain voyage à Padilski", dit-elle, elle a alors décidé de déverser ses déchets ailleurs, après la livraison au Nigéria. Trafigura a alors choisi le port d'Abidjan, "l'un des ports les mieux équipés d'Afrique de l'Ouest", jugé "le plus approprié en raison de sa position géographique et de sa capacité à traiter les eaux usées". Trafigura se définit comme un groupe de trading spécialisé dans le marché de l'énergie et des métaux de base, avec 55 bureaux dans 36 pays. |
Déchets toxiques à Abidjan: la compagnie néerlandaise à l'origine de la pollution s'explique et offre son aide |
AMSTERDAM (AP) - La compagnie néerlandaise à laquelle sont attribués les déchets toxiques qui auraient causé la mort de trois enfants ces dernières semaines à Abidjan, en Côte d'Ivoire, s'est défendue jeudi d'avoir agi illégalement et a assuré "rechercher activement des moyens" de venir en aide aux victimes. La veille, l'ensemble du gouvernement ivoirien a présenté sa démission face à la colère de la population après la mort des trois enfants et les risques persistants. La compagnie Trafigura Beheer a déclaré dans un communiqué que les déchets provenaient du pétrolier Probo Koala et étaient les résidus émanant du nettoyage du navire après le déchargement du carburant. "Il y a eu négligence dans le maniement des déchets, malgré la divulgation par la compagnie auprès des autorités de ses contenus et une demande écrite (...) que les déchets soient traités en accord avec les lois du pays", selon le communiqué de Trafigura. Selon la compagnie néerlandaise, les déchets ont été traités par une entreprise locale nommée "Tommy", certifiée selon Trafigura pour ce genre d'opération. "Trafigura recherche activement des moyens d'offrir de l'aide, de concours avec les autorités locales, de n'importe quelle façon, pour aider les victimes", assurait encore le communiqué. Selon un rapport des autorités ivoiriennes, les déchets contenaient, entre autres produits chimiques, de l'hydrogène sulfurique, qui en doses concentrées peut entraîner le décès d'un être humain. Ce produit diffuse une odeur caractéristique d'oeuf pourri, dont se plaignaient les habitants. La France a annoncé mercredi l'envoi "immédiat" d'une "mission d'évaluation des risques de pollution", "pour circonscrire les risques et limiter les effets de cette pollution sur les populations des quartiers touchés" à Abidjan, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères. La radio publique ivoirienne annonçait jeudi que cette équipe devait arriver très prochainement sur place. AP |
| Affaires des déchets toxiques: démission du gouvernement ivoirien |
| ABIDJAN - Le Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny a présenté mercredi soir au président Laurent Gbagbo la démission de l'ensemble de son gouvernement à la suite de sa "faillite" dans l'affaire des déchets toxiques à Abidjan, a-t-on appris de sources concordantes. M. Gbagbo a accepté cette démission et a chargé M. Banny de former un nouveau gouvernement avant 16H00 (locales et GMT) jeudi, a indiqué à l'AFP une source proche du Premier ministre. "M. Banny a présenté la démission de son gouvernement en raison de sa faillite et de ses négligences dans l'affaire du déversement des déchets toxiques à Abidjan", a-t-elle ajouté. La démission du gouvernement a été confirmée à l'AFP par Alain Lobognon, porte-parole de la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui comptait quelques ministres dans le gouvernement d'union nationale de M. Banny. "En attendant la fin des enquêtes, le Premier ministre a demandé des sanctions ciblées contre des personnes liées directement et indirectement à cette affaire, notamment le directeur général du port autonome d'Abidjan (PAA) et le directeur général des Douanes, qui sont suspendus de leurs fonctions", a ajouté la source proche du Premier ministre. Avant d'annoncer la démission totale du gouvernement, M. Banny avait dans un, premier temps annoncé le limogeage des ministres des Transports et de l'Environnement, a-t-elle précisé. Les déchets toxiques, convoyés à Abidjan par un navire étranger et deversés dans des décharges publiques de la capitale économique ivoirienne à la fin du mois d'août, ont intoxiqué près de 1.500 personnes et provoqué la mort de deux fillettes. Premier ministre de transition désigné par la communauté internationale début décembre 2005 pour mener à bien le processus de paix, Charles Konan Banny avait formé son gouvernement d'union nationale le 28 décembre avec des membres de la mouvance présidentielle, de l'opposition et de la rébellion des FN. |
| Le gouvernement démissionne après l'affaire des déchets toxiques |
| ABIDJAN (AFP) - jeudi 07 septembre 2006 - 0h14 - Le Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny a annoncé mercredi soir la démission de son gouvernement, acceptée par le président Laurent Gbagbo qui l'a chargé d'en former un nouveau, à la suite de l'affaire des déchets toxiques qui ont contaminé au moins 1.500 personnes à Abidjan. "M. Banny a présenté la démission de son gouvernement au président en raison de sa faillite et de ses négligences dans l'affaire du déversement des déchets toxiques à Abidjan", a annoncé à l'AFP une source proche du premier ministre. M. Banny a annoncé cette décision à l'issue d'un conseil de gouvernement extraordinaire organisé dans l'après-midi à Yamoussoukro (centre). M. Gbagbo a accepté cette démission et a chargé M. Banny de former un nouveau gouvernement avant 16H00 (locales et GMT) jeudi, a précisé la source proche du Premier ministre. La démission du gouvernement a été confirmée à l'AFP par Alain Lobognon, porte-parole de la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui comptait plusieurs ministres dans le gouvernement d'union nationale de M. Banny. "En attendant la fin des enquêtes, le Premier ministre a demandé des sanctions ciblées contre des personnes liées directement et indirectement à cette affaire, notamment le directeur général du port autonome d'Abidjan (PAA) et le directeur général des Douanes, qui sont suspendus de leurs fonctions", a ajouté la source proche du Premier ministre.
Le gouvernement d'union nationale de M. Banny, Premier ministre de transition désigné par la communauté internationale début décembre 2005 pour mener à bien le processus de paix, était en place depuis la fin décembre. Il comprenait des membres de la mouvance présidentielle et d'autres partis de gauche, de l'opposition et de la rébellion des FN, qui contrôlent la partie nord du pays depuis leur tentative de coup d'Etat contre le président Gbagbo en septembre 2002, le sud, dont Abidjan, étant toujours sous autorité gouvernementale. Dans la journée, le gouvernement, qui n'avait jusqu'ici pas communiqué sur le nombre de victimes de la pollution, avait admis que "plus de 1.500 personnes" avaient été intoxiquées depuis la fin août, et confirmé la mort de deux fillettes, les premiers décès recensés dans cette affaire. "La prise en charge des malades intoxiqués est gratuite et les médicaments de première nécessité sont délivrés tout aussi gratuitement", a précisé le ministre ivoirien de la Santé Rémy Allah Kouadio. Pour faire face à cette situation, le gouvernement ivoirien a lancé un appel à l'aide internationale, auquel la France a répondu en annonçant dans l'après-midi "l'envoi immédiat" sur place d'une mission d'experts. Selon des sources concordantes, les déchets ont été déversés dans plusieurs décharges d'Abidjan par une société ivoirienne, Tommy, qui les avait déchargés du Probo Koala, un navire appartenant à la compagnie grecque Prime Marine Management INC mais affrété par la société multinationale Trafigura. Prime Marine Management INC a confirmé mercredi que le bateau avait bien "vidangé" des déchets toxiques, mais souligné que l'opération était "légale". Trafigura a également indiqué que l'opération s'était faite en accord avec les autorités ivoiriennes, en précisant que les déchets étaient un mélange de gazole, d'eau et de soude caustique. Selon le consulat de France à Abidjan, les déchets ont été déversés "sauvagement" et "à l'air libre" sur au moins "neuf sites" de la capitale économique ivoirienne, qui compte près de 4 millions d'habitants. Les victimes se sont plaintes de vomissements, éruptions cutanées, malaises, diarrhées et maux de têtes. Le président ivoirien a promis mercredi des "sanctions exemplaires" contre les responsables de cette pollution. Plusieurs centaines d'habitants ont de nouveau manifesté mercredi à Abidjan, pour la troisième journée consécutive, afin d'exprimer leur colère face à cette pollution. Alors que le Rassemblement des républicains (RDR, opposition) avait accusé lundi le gouvernement d'avoir laissé polluer en toute connaissance de cause, la rébellion FN s'est dite mercredi "étonnée" de sa "lenteur" à réagir face à cette "bêtise". |
| L'ONU s'apprête à sanctionner des proches du président Gbagbo |
| LE MONDE | 06.09.06 | 14h44 |
| Ce n'est plus qu'une question de jours, assure-t-on dans les milieux diplomatiques. Dès la semaine prochaine, si ce n'est avant, les Nations unies devraient sanctionner trois personnalités, toutes proches de la présidence ivoirienne, pour leur rôle dans les violences qui ont secoué le pays en juillet. "Il s'agit de gros poissons, des amis du chef de l'Etat, Laurent Gbagbo" , assure une source diplomatique française sans vouloir citer les noms. Selon d'autres sources, le comité des sanctions de l'ONU viserait notamment l'ancien premier ministre Pascal Affi N'Guessan, l'actuel chef du parti présidentiel, le Front populaire ivoirien (FPI), et le président du Parlement, Mamadou Koulibaly. Les sanctions prévoient un gel des avoirs financiers à l'étranger et une interdiction de voyager hors du pays. Elles s'appliquent déjà à trois acteurs de la crise ivoirienne (dont deux chefs "patriotes") mais c'est la première fois que le cercle officiel de la présidence est concerné. Les sanctions, qui n'attendent plus pour être rendues publiques que le feu vert du Trésor américain, interviennent sur fond d'impasse politique. Une réunion des ténors politiques ivoiriens (chef de l'Etat, opposants, ex-rebelles) s'est tenue, mardi 5 septembre, à Yamoussoukro, la capitale, sous l'égide du premier ministre, Henri Konan Banny, sans résultat probant. Les obstacles à l'organisation d'une élection présidentielle fin octobre (désarmement, élaboration de listes électorales fiables) demeurent. La situation est bloquée et la prochaine réunion mensuelle du Groupe de travail international (GTI), le groupe de contact chargé par l'ONU de suivre le processus de paix, vendredi 8 septembre à Abidjan, ne pourra que le constater. Maintenant que l'impossibilité de respecter le calendrier électoral initial est acquis, il s'agit de trouver une solution de rechange. Il en sera question le 20 septembre à New York dans l'enceinte des Nations unies et, surtout, le 17 octobre, où le Conseil de sécurité votera une nouvelle résolution concernant la Côte d'Ivoire. Une nouvelle étape s'ouvrira. L'enjeu, pour les Français - en première ligne dans ce dossier - et certains de leurs alliés africains est clair. Faute de pouvoir écarter Laurent Gbagbo de la présidence (son mandat est officiellement achevé depuis près d'un an), il s'agit de le neutraliser pendant une ou deux années, le temps d'organiser des élections incontestables. "Les acteurs de la transition doivent être neutres" , fait-on valoir à Paris. Aux yeux de la France, l'objectif passe d'abord par une suspension de la Constitution de façon à empêcher le président Gbagbo de s'opposer à l'action du premier ministre de transition, qui a le plein soutien de Paris. "Le pouvoir reviendrait à (M.) Konan Banny. Et l'inauguration des chrysanthèmes serait pour Laurent Gbagbo" , résume un responsable français. Pour l'heure, il s'agit d'un voeu pieux. Jean-Pierre Tuquoi |